Portés disparus
Salut tout le monde :D
Aujourd'hui on se retrouve pour le cinquième chapitre de Portés disparus ^^
Je suis immensément heureuse de voir que ça vous plaît ! En cette période un peu compliquée pour moi, ça fait du bien de lire vos reviews :) Merci, vous êtes comme toujours une de mes principales raisons de vivre.
Un grand merci à Hakukai qui se dévoue encore pour la beta lecture de ce chapitre, merci miss :3
(Note de la bêta-lectrice, qui se manifeste : Mais de rien, ma grande, ça me fait plaisir !)
J'espère que cette rentrée s'est bien passée pour vous et que mon chapitre vous plaira,
Bonne lecture!
La jeune fille louchait devant le nombre de tasses de café empilées sur le bureau.
Kimi, car c'était elle, accompagnée de Bob, Fred, Seb et Krayn, s'était rendue dans l'appartement de Mahyar, et ouvrait de grands yeux, tant elle était impressionnée par ce qu'elle voyait.
Des livres de jeux de rôle. Partout. Et du café.
La jeune auteure s'esclaffa brièvement en reconnaissant la tasse bisounours du grand MJ, que tous ses fans avaient découvert grâce à une photo sur Twitter. Krayn la rejoignit et un léger sourire moqueur se dessina sur ses lèvres en voyant l'objet de l'hilarité de la jeune femme.
Les cinq enquêteurs amateurs avaient fouillé l'antre du Maître du Jeu, espérant y trouver des indices mais, à part une chaise de bureau renversée et une fenêtre de conversation Facebook banale ouverte sur l'ordinateur, rien d'anormal.
Cependant, une légère odeur métallique flottait dans la pièce, accompagnée d'un relent de chair grillée.
Seb, en train d'explorer sous le lit de son ami, eut un bref juron. Ses amis se retournèrent vers lui, intrigué, tandis qu'il s'extirpait du dessous de la literie, tenant une sorte de pièce métallique dans la main.
« -J'ai trouvé ça contre le mur, expliqua le Grenier. Je pense que ça a dû tomber en même temps que la chaise et rouler sous le lit.
Les quatre autres personnes se penchèrent sur ledit objet.
Grand comme une phalange, le morceau de fer était finement ciselé et brillant. Une de ses extrémités représentait une tête reptilienne, tandis que l'autre semblait incomplète, comme si d'autres pièces venaient s'y ajouter.
-C'est peut-être un morceau de figurine qui est tombé par hasard, hasarda Fred en haussant les épaules.
-Non, il m'a déjà montré toute sa collection, répliqua Bob en secouant la tête. Rien ne ressemblait à ce bout de métal ...
Kimi pointa l'objet.
-Surtout que je ne vois vraiment pas des fabricants de figurines se ruiner à mettre des rubis à la place des yeux, s'exclama-t'elle. »
En effet, profondément enfoncés dans leur orbite, deux joyaux rouges étincelaient à la lumière du jour déclinant qui filtrait à travers la fenêtre.
Les jeunes filles, n'avaient pas fermé l'œil de la nuit, hantées par le combat de la veille et préoccupées par le sort de leur ami. Elles avaient réagi par instinct, ne faisant pas dans la délicatesse et rendant les coups comme elles pouvaient. Mais une fois l'effet de l'adrénaline dissipé, la vérité les avait heurtées de plein fouet.
Elles avaient tué des hommes. De sang froid.
Leurs visages les tourmentaient tandis qu'elles se serraient étroitement les unes contre les autres près du feu, muettes et choquées, tentant vainement de réchauffer leurs corps tremblants.
Les quatre vétérans les laissaient assimiler les évènements, sachant qu'elles devaient faire le deuil de leur innocence et de leurs mains auparavant vierges de sang.
Seule Temtaranne était en retrait, veillant sans relâche sur un Mahyar au sommeil agité. Sa blessure ne semblait pas s'infecter, mais la jeune druidesse préférait ne pas tenter le diable (même si dans ce cas, il se trouvait dans le campement) et changer le cataplasme d'herbes médicinales toutes les heures.
Théo, de son côté, était soucieux : pendant le combat, les jeunes femmes s'étaient montrées très douées, voir trop douées pour des novices. Le paladin se demandait très sérieusement si leur transfert d'un monde à l'autre ne les avait pas dotées de certaines aptitudes ... Mais l'heure n'était pas aux théories. L'Inquisiteur secoua la tête et finit de seller son cheval avant de s'approcher de ses compagnons.
« -Je retourne en ville pour acheter de quoi transporter Mahyar. Nous n'allons pas attendre qu'il soit complètement rétabli pour se remettre en route, la région est pleine de brigands et l'hiver vient, dit-il gravement. J'ai besoin de quelqu'un pour m'accompagner.
Comme Shin, Bob, Maddey et Myfanwi se levaient, il leur fit signe de se rasseoir.
-J'ai besoin de vous quatre pour défendre les autres, si jamais les deux bandits que nous avons épargnés ramènent du renfort, leur expliqua le chevalier.
-Dans ce cas, je t'accompagne, lâcha Hakukai en se redressant, les yeux gonflés d'avoir trop pleuré durant la nuit.
-Toi, en ville ?, l'interrogea Théo, sceptique.
En effet, les demi-élémentaire détestaient la foule et étaient souvent sujets aux crises d'angoisse.
-Je ne vais pas passer mon temps à te tenir la main pour ne pas que tu te perdes !, rajouta le chevalier.
-Elle est douée en affaires, répliqua Grunlek, prenant la défense de la jeune femme déterminée. Et elle peut te couvrir avec son arbalète.
Le paladin regarda la jeune fille, puis hocha la tête, finalement convaincu. Elle partit alors prendre quelques affaires, en prévision du chemin, et étreignit tendrement ses amies en passant à côté d'elles.
L'inquisiteur la fit monter habilement derrière lui sur Lumière.
-Si nous ne sommes pas revenus dans quatre jours, c'est que nous avons rencontrés des embûches. Mais ne vous aventurez pas loin du campement pour rien, assena Théo. On revient avec une charrette. »
Sur ces mots, l'épéiste et l'arbalétrière s'éloignèrent sur le chemin terreux, évitant soigneusement les lieux du combat de la veille.
Après le départ de leurs deux amis, les cinq jeunes filles furent vaincues par le sommeil et s'enroulèrent dans leurs couvertures, laissant la surveillance du camp à leurs mentors attentifs. Grunlek s'approcha du corps tourmenté de Mahyar, tenant un bol de bouillon de lapin dans sa main métallique. Il redressa lentement la tête du blessé et fit couler le liquide odorant entre les lèvres desséchées de celui-ci.
L'homme au bouc remua lentement la tête et ses yeux s'ouvrirent difficilement, lui laissant voir la mine réjouie du nain.
« -Tu t'es enfin réveillé! Il était temps. Les filles viennent tout juste de se coucher, tu les a manquées de peu, lui murmura l'ingénieur.
Mahyar ne put qu'émettre un râle de douleur qui fit perdre son sourire au Golem.
-Ne te force pas à parler, tu es encore faible, soupira-t-il en lui faisant boire le reste de bouillon. Tu as sacrément morflé pendant le combat ...
Après avoir bu le liquide revigorant, le mage des ténèbres parvint à articuler quelques mots.
-Filles ... vont ... bien ...?
Grunlek eut un sourire attendri en voyant l'homme souffrant qui s'inquiétait, malgré son état, pour ses protégées.
-Elles sont encore sous le choc du combat, mais elles s'en remettront, lui apprit-il. Elle n'ont pas été blessées, contrairement à toi ... »
En entendant cela, le convalescent essaya de bouger, ce qui le fit grimacer de douleur. Finalement, il abandonna et se rendormit, sous les yeux légèrement inquiets du nain.
Shin, quant à lui, veillait sur le repos des cinq jeunes filles épuisées : Myfanwi et Maddey murmuraient quelques phrases sans queue ni tête à propos de décapitation et de vengeance, se retournant dans leur sommeil. Rubéale avait un visage serein, mais ses poings étaient crispés sur ses couvertures trahissant son état d'esprit. Koschei pleurait silencieusement, lâchant des excuses avec une voix larmoyante et pleine de regrets. Temtaranne fronçait les sourcils, serrant dans ses bras son oreiller et marmonnant une liste de plantes médicinales en dormant.
L'archer sourit puis porta son regard dans le lointain, s'inquiétant un peu pour son élève partie avec Théo.
Bob préparait consciencieusement le repas, vidant de leurs viscères deux lapins sous le regard intense d'Éden, qui avait quitté la chaleur de la couche de Mahyar en sentant l'odeur de ses proies favorites.
Hakukai somnolait malgré elle contre le large dos du paladin, épuisée, se réveillant parfois en sursaut quand le cheval faisait un écart inopiné. Elle finit par ouvrir définitivement les yeux à l'approche de la ville, qui semblait s'être vidée de son agitation après le marché, à son plus grand soulagement. L'inquisiteur se dirigea avec détermination vers la plus proche écurie, prêt à acheter à prix d'or de quoi transporter le blessé jusqu'à la Capitale.
« -Lumière sera capable de tirer la charrette tout seul ?, demanda la jeune femme d'une voix pâteuse, encore un peu ensommeillée.
-Cette brave bête a été dressée pour la guerre, pas pour l'attelage, dit Théo. Nous devrons acheter un autre cheval, que nous revendrons avec la carriole une fois arrivés à la Capitale. Les chevaux de trait de cette région du Cratère sont réputés pour leur vitesse et leur endurance... »
Une fois arrivés, le chevalier discuta longuement avec le maréchal ferrant. Celui-ci leur vendit finalement une charrette assez robuste et leur dit d'aller choisir l'animal qui la tractera.
L'attention d'Haku, proche de la Nature, se porta instantanément sur un beau hongre gris pommelé au regard docile. Après avoir réglé les derniers détails, le paladin et la jeune fille partirent louer une chambre pour la nuit, pour repartir le lendemain avec leur nouvelle acquisition.
Dans l'ombre des bosquets, Thorcas observait le camp avec attention : il essayait d'apprendre les habitudes des uns et des autres, et les liens qui les reliaient. Soudain, la pierre qu'il portait au cou se mit à luire d'une légère couleur bleutée, brûlant la peau de son sternum. L'assassin s'empressa d'attraper l'objet magique et ferma les yeux.
Une voix caverneuse résonna dans son esprit.
« -Thorcas, cela fait quelques jours que je n'ai pas eu de tes nouvelles, gronda-t-elle.
-Veuillez m'excuser, seigneur Akunar, mais j'ai été pris par les évènements, s'excusa mentalement Thorcas. Notre groupe de bandits a été vaincu, mais l'un d'eux a réussi à blesser gravement notre cible.
-Gravement, tu dis ?!, demanda le dénommé Akunar.
-Ont-ils fait une erreur, Maître ?, s'inquiéta l'assassin.
-Le plan a changé, lui répondit la voix. Ramène-le-moi vivant.
-Mais Maître, je ... »
La communication coupa brusquement, laissant l'assassin perplexe et dérouté. Il grinça des dents et reporta son attention sur le camp : il allait devoir s'encombrer d'un blessé pour retourner chez lui, et cela ne lui plaisait vraiment pas.
Eh oui, déjà la fin de ce chapitre... Suite la semaine prochaine ^^
Encore merci de me soutenir, vous êtes géniaux.
Des bisous,
Temtaranne.
