Enquête

Salut les gens :D

On se retrouve pour le chapitre hebdomadaire de Portés Disparus. Déjà le chapitre 6 ...

Encore merci, je ne vous dirai jamais assez ce mot :3

J'aimerai remercier en particulier Peter Queen, reviewer anonyme de son état, qui a laissé sur le dernier chapitre une review qui (je l'avoue) m'a fait pleurer en plein milieu du CDI du lycée.

Peter, je suis heureuse de voir que tu prends mon histoire avec autant de sérieux. A la base, c'était en effet un moyen de déconner avec des situations délirantes. Mais, en voyant mon premier chapitre, je me suis dit que ce serait dommage de tout gâcher en partant dans tous les sens, et j'ai décidé d'en faire un texte « sérieux ». Et je suis très heureuse de voir que ça plait ^^ Ne t'en fais pas, on rentrera à la maison et tu pourras nous couvrir de câlins ;)

Un gros merci à Hakukai, la beta-lectrice attitrée de cette fanfic ;)

Bonne lecture à tous ^^


Ils avaient fait le tour de la France pour se rendre là où avaient disparu les six jeunes filles.

Dans chaque chambre, ils avaient retrouvé un morceau de métal ciselé qui s'emboîtait parfaitement avec les autres, le tout formant un dragon aux ailes déployées, d'un gris ferreux, ses yeux de rubis brillants dans leur orbite, la gueule grande ouverte comme s'il s'apprêtait à cracher du feu. Le matériau semblait presque pur, mais la technique de sculpture était ancienne et archaïque.

Kimi avait eu beau chercher dans tous les livres qu'elle connaissait une trace historique de cette statuette, la jeune fille n'avait absolument rien trouvé d'intéressant.

Depuis qu'elles s'étaient volatilisées, la plus jeune du groupe se sentait terriblement seule : plus de discussions abracadabrantes sur Facebook, plus de conférences Skype pour parler de tout et de rien, plus de parties de jeu de rôle le dimanche matin ... Elle était morose, et seule la présence des joueurs de Mahyar arrivait à la tirer hors de sa mélancolie.

Eux aussi regrettaient amèrement leur Maître du Jeu, et mettaient tout en œuvre pour retrouver le fameux homme au bouc. Ils avaient reçu de nombreux messages de soutien de la part des fans à propos du MJ disparu, mais personne ne l'avait aperçu récemment.

« -C'est pas possible, ils doivent bien être quelque part !, s'énerva Fred en frappant du poing sur la surface en bois lisse.

Tous les cinq étaient rassemblés autour de la table dans l'appartement toujours désert de Mahyar, revenus à leur point de départ. Au milieu de leur groupe était déposée la mystérieuse statuette métallique qu'ils avaient réussi à assembler.

-Il faut continuer à chercher, dit posément Bob, la tête entre les mains, réfléchissant à toute vitesse. On a la preuve qu'il y a un lien entre ces enlèvements, les sept pièces du dragon étaient chez eux ...

-C'est sûr qu'il y a un lien entre les disparus, mais je ne suis pas certain que cette statue ait un lien avec les kidnappeurs, contra Krayn en se massant les tempes. Quel malade ferait ce genre de chose ?

-Le même genre de malade qui enlève six jeunes filles et un homme, lâcha sombrement Sebastien, qui regardait intensément ses amis. »

Kimisukiro ne disait rien, se contentant de tourner et retourner leur « preuve » entre ses doigts. Elle savait le débat des quatre compères inutile, et préférait mobiliser son esprit sur la suite des évènements.

Soudain, elle crut sentir quelque chose de mobile dans la gueule du dragon. Elle fronça les sourcils et engagea plus profondément son doigt dans la bouche du monstre, avant de sourire légèrement : la langue semblait activer quelque chose !

Un rapide regard vers ses compagnons lui apprit qu'elle n'arriverait pas à attirer leur attention sur sa trouvaille.

Elle appuya.

Les hommes furent alertés par le cri strident de la jeune fille, tandis que celle-ci considérait avec surprise et douleur la mâchoire du dragon refermée sur son index. Le sang perlait et les gouttes tombait une à une dans la gorge de la statuette aux dents pointues, tandis que les yeux du reptile métallique rougeoyaient brièvement.

C'était une matinée froide et brumeuse d'automne. Grunlek revenait tout juste des ses ablutions dans la rivière. Il laissa son regard se diriger vers le lointain, tentant en vain de repérer son ami parti en ville, mais rien ne se profilait à l'horizon. Le nain reporta donc son attention sur la clairière près de la route et prit son temps pour observer le camp : Rubéale préparait déjà le repas avec l'aide de Shin et Temtaranne tandis que Myfanwi et Maddey sortaient de la tente en se frottant paresseusement les yeux. Koschei, allongée en chien de fusil, somnolait près de Mahyar, veillant sur le sommeil fiévreux du MJ et Balthazar, comme à son habitude, entretenait avec attention le feu. Sans rien dire, le mécaniste alla cueillir quelques plantes dans le but de préparer une infusion pour le blessé.

Shin remuait lentement le ragoût, essayant de ne pas penser à son élève partie avec Théo. Il espérait sincèrement qu'elle arrivait à se contrôler seule, malgré sa peur viscérale de la foule.

Quand il était plus jeune, il avait détruit un village tout entier à cause de trois paysans qui le regardaient avec un peu trop de curiosité et d'insistance... Il se rassura un peu en se disant qu'il l'avait bien entraînée et mise en garde, et se concentra sur la nourriture qui commençait à dégager un appétissant fumet.

Tem, une fois le repas mis à cuire, se dirigea vivement vers le maître du jeu. Koschei la regarda poser sa main sur le torse se soulevant avec difficulté de l'homme au bouc et faire briller sa paume d'une douce lueur. Le sommeil du blessé s'apaisa, et la druidesse tituba un instant.

« -Les sorts de soins sont toujours inefficaces ?, demanda l'assassin avec une pointe d'espoir dans la voix, vite étouffée par le regard désolé de son amie.

-Non, son corps refuse toujours le pouvoir de la Lumière, soupira celle-ci. Théo et moi ne pouvons que le soulager un peu...

-Quelle idée aussi de devenir Mage des Ténèbres, grommela la garde-malade en s'étirant comme un chat. »

Éden fit de même, puis se dirigea d'un pas souple vers les fourrés. Avec un peu de chance, la louve leur ramènera des lapins ...

Le brouillard se leva plus tard dans la matinée, laissant paraître un soleil timide mais réconfortant. Balthazar quitta la proximité des flammes, tout en observant les jeunes femmes qui s'activaient dans tout le campement : elles semblaient encore terriblement choquées par le combat qui s'était déroulé il y a deux jours mais semblaient déterminées à se reprendre en main et à continuer sans penser au passé.

Le demi-diable sourit tristement : elles devront vivre avec le sang de ces hommes sur leurs mains, mais elles l'acceptaient désormais. Lui et ses compagnons les avaient bien formées, elles avaient réussi à surmonter cette épreuve, qui n'avait rien de simple.

Le mage se souvenait très bien de sa première victime : longtemps, il en avait fait des cauchemars sanglants ...

« -Bob, tu peux venir m'aider ?, lança une voix hésitante.

L'appelé se retourna vers Myfanwi, qui semblait un peu perdue. Il se dirigea alors vers la jeune femme, un sourire avenant sur le visage.

-Qu'est ce qui se passe, Myfan ?, demanda-t-il.

La manieuse de hache observait avec perplexité la mère du jeu d'osselets qu'il lui avait donné il y a peu. L'os de mouton teint en rouge semblait luire doucement dans la main de la jeune aventurière, et la lumière semblait d'origine magique. Il tendit la main pour saisir la pièce de jeu, mais, quand il l'effleura des doigts, une vague de chaleur l'envahit subitement.

Le démon en lui rugit soudain, prenant brutalement la place aux commandes de son corps.

La guerrière vit avec horreur le rouge envahir les yeux bruns de son ami, tandis qu'un sourire sadique, dévoilant de longs crocs, se peignait sur son visage à l'expression démente.

Tous cessèrent leurs activités en entendant la voix caverneuse et inhumaine franchir les lèvres du demi-diable.

« -Pauvres fous, engagés dans un complot qui vous dépasse...

Le monstre se dirigeait lentement mais sûrement vers Mahyar, pendant que celui-ci, toujours inconscient, commençait à s'agiter.

-Laissez-moi au moins abréger les souffrances de ce misérable humain, continua la Bête en tendant sa main vers le blessé.

Tous sentirent leur sang se glacer dans leurs veines. Le démon menaçait leur ami et Théo, qui d'habitude gérait ce genre de crises, était loin du campement.

La créature leva le bras au dessus de sa tête, prête à abattre le maître du jeu souffrant, mais se figea soudainement. Il resta immobile pendant quelques secondes avant de s'effondrer au sol, révélant derrière lui une Myfanwi un peu étonné mais très fière d'avoir réussi son coup désespéré :

elle tenait sa hache comme une batte de baseball et venait d'en assener un puissant coup à Balthazar, ce qui, étonnamment, avait fonctionné à merveille. Les attributs démoniaques de leur ami se résorbèrent petit à petit, tandis qu'il se redressait difficilement en se tenant douloureusement le crâne.

-Bon sang, tu n'y es pas allé avec le dos de la cuillère, dit-il plaintivement avec sa voix normale, au grand soulagement de tout le monde.

-C'était ça ou tu nous tuais tous, répliqua Myfan en haussant les épaules, ne regrettant en rien son geste.

-... Pas faux, finit par répondre piteusement le mage. »

Il s'excusa platement et prévint ses compagnons de ne surtout pas toucher à cet osselet qui lui avait fait perdre le contrôle. Tem lui fit un léger bandage à la tête, tandis que les autres observaient avec méfiance le bout d'os.

Ils finirent par décider de le détruire, ne voulant pas risquer de déclencher quelque chose d'incontrôlable en gardant avec eux cet étrange objet. En deux coups d'épée de Maddey, la mère fut réduite à l'état de poudre d'os.

Thorcas tomba à genoux dans l'herbe humide, haletant. Il n'avait pas prévu que le démon se réveillerait au contact de sa tentative de contrôle mental via l'os ... Il voulait juste essayer de manipuler la fille pour lui soutirer quelques informations, mais visiblement, il avait lamentable échoué et avait manqué de peu la mort de celui que son maître désirait vivant.

Il grinça des dents : maudit soit Akunar ! Pourquoi voulait-il de cet insignifiant humain qui était entre la vie et la mort ?

Il ne comprenait pas pourquoi son maître s'entourait d'humains pour son plan. Pourquoi devait-il donner des missions importantes à ces mortels fragiles ?! Il était bien plus puissant qu'eux tous réunis !

L'assassin secoua la tête, touchant avec un certain contentement ses oreilles pointues révélant sa nature elfique : lui au moins, ne mourrait pas après quatre-vingts ridicules années sur cette terre, et pourrait voir l'ascension de son maître sur le Cratère. Mais il était loin de comprendre tout son plan, en particulier la partie concernant le dénommé Mahyar Shakeri. Il avait intérêt à avoir des pouvoirs digne de ce nom, pour être tant demandé par Akunar...

L'elfe noir se redressa lentement, vidé de son énergie. Il lui faudra recommencer son contrôle mental plus tard, une fois pleinement reposé.

Il s'éloigna sans bruit dans la forêt, ne voyant pas le regard intrigué d'un demi-diable posé sur lui...

A des lieues de là, ne se doutant pas une seule seconde du drame que leurs amis venaient d'éviter, Hakukai et Théo avançaient paisiblement, la jeune semi-élémentaire menant avec aisance la charrette tirée par le grand hongre gris qu'ils venaient d'acheter. Lui et Lumière semblaient s'apprécier, et avançaient d'un bon pas. Les deux voyageurs espéraient rejoindre leurs compagnons avant la nuit, et avaient progressé sans pause toute la journée.

« -Finalement, tu t'es bien débrouillée en ville, dit Théo, impressionné par l'agoraphobe.

-Shin m'a donné quelques astuces pour me contrôler, sourit Haku, fière du compliment.

Le grand cheval de trait s'ébroua, faisant tanguer le véhicule sur lequel l'arbalétrière était perchée.

-Holà, tout doux, Hermès, le calma la jeune femme.

-C'est quand même un drôle de nom, commenta le paladin, juché sur son propre cheval.

-C'est le nom d'un dieu dans une ancienne civilisation de notre monde, le dieu messager, raconta doucement l'étrangère en fixant le vide devant elle, un peu rêveuse. Il a des chaussures ailées et est le plus rapide des dieux, je trouvais cela approprié... »

Tout en écoutant les paroles de son amie, Théo regardait le ciel qui se teintait petit à petit d'orange et d'indigo. Il soupira en comprenant qu'ils ne pourraient atteindre le campement ce soir, et signala à la conductrice de la charrette qu'ils allaient s'arrêter pour la nuit.

Les aventuriers s'enroulèrent dans leurs chaudes couvertures, plongeant dans un sommeil réparateur après cette longue journée de route.


On avance doucement, mais on avance...

J'espère que ce chapitre vous aura plu ;)

Les reviews sont les bienvenues et sont prises en compte.

EDIT: Avec ce chapitre, j'ai dépassé la barre des 10 000 mots, une première pour moi. Je n'ai jamais autant écrit sur un même scénario.

Merci les gens *^*

Qu'Euthanasie veille sur vous,

Temtaranne.