Portés disparus

Salut à tous :D

On se retrouve pour... Le huitième chapitre, déjà ?!

On approche donc de la fin, malheureusement... Mais ne vous en faites pas, entre les drabbles Étrangers au Cratère et la suite sur laquelle je bosse, y'aura de quoi faire ;)

Peter, je m'excuse platement d'avoir mis Kimi en danger. Cependant, je ne le regrette pas le moins du monde :D Elle a droit elle aussi à son aventure ;)

Énorme câlin de remerciement à Hakukai, ma beta lectrice :)

Bonne lecture !

Kimi était paniquée.

Tout son bras droit était presque transparent, et son épaule commençait elle aussi à s'effacer doucement. Les quatre hommes étaient cloués sur place, autant par le phénomène étrange que par la détresse de la jeune fille.

Krayn reprit cependant très vite ses esprits et alla relever une Kimi sanglotante pour la faire asseoir sur le canapé du salon de Mahyar. Il sentait encore sa main invisible, mais ses doigts semblaient s'étioler doucement sous les siens. Ses trois amis suivirent le mouvement comme des automates, perdu devant ce qu'il se passait devant eux.

Pendant que Bob essuyait gentiment les larmes abondantes qui roulaient sur les joues pâles de l'adolescente et que Seb tentait de la réconforter, Fred alla examiner rageusement la statuette de métal qui avait blessé leur protégée.

« -Satanée babiole, grommela-t-il, si ça ne tenait qu'à moi, je la balancerai par la fenêtre...

-Oui, et tu assommeras un passant avec, rajouta Bob pour détendre l'atmosphère. L'échec critique nous poursuit, tu sais !

Kimi sourit et agrippa, de sa main colorée, celle de Krayn pour la serrer légèrement.

-Merci, souffla-t-elle. Quitte à disparaître, au moins je l'ai fait en essayant de retrouver mes amies...

-Ne dis pas ça, lui intima Seb, bouleversé. On... On va trouver une solution, hein les mecs ?

Le silence était sans appel.

-Si vous revoyez les filles, continua Kimi, dites-leur qu'elles ont été les personnes les plus chères à mes yeux. Remerciez-les pour moi, s'il vous plaît...

-On le fera, lâcha le streamer sans la lâcher, solennel. »

La jeune fille, dont tout le corps était peu à peu devenu transparent, ferma les yeux, un peu soulagée.

Les quatre hommes s'échangèrent des regards attristés : même elle disparaissait...

Ils n'eurent bientôt plus que du vide sous leurs doigts. Plus aucune trace de Kimi ne subsistait.

Plus rien.

Ils s'autorisèrent à verser des larmes amères pour nouvelle leur amie si vite partie.

Au petit matin, Thorcas, malgré ses plans de vengeance et de fuite, était toujours entravé. Ses blessures le faisaient souffrir et sa pierre, bien dissimulée sous l'épaisse étoffe de son vêtement, l'avait plusieurs fois brûlé au cours de la nuit. Akunar, se doutant qu'il y avait un problème pour que son fidèle espion ne lui donne plus de nouvelles, avait cessé d'essayer de le contacter.

Théo sortit de la tente commune et se dirigea d'un pas assuré vers l'elfe noir.

« -Alors, monsieur l'espion, vous avez bien dormi ?, demanda-t-il, pince-sans-rire.

Il se heurta à un silence buté.

-Très bien, ne me répondez pas...

Le paladin s'éloigna, rejoignant ses amis qui venaient à peine de se réveiller. Tous déjeunèrent et Koschei se dévoua pour apporter un peu de gruau à leur prisonnier.

-Vous vous appelez comment ?, demanda-t-elle, curieuse.

Silence. La jeune femme soupira.

-Vous savez, j'ai entendu votre proposition hier soir, reprit-elle à voix basse. Rubéale et Tem ne sont peut-être pas intéressées, mais moi oui...

Thorcas reprit espoir devant l'air sincère et décidé de l'apprentie assassin.

-Je me nomme Thorcas, dit-il simplement.

-Koschei, s'inclina-t-elle. Je vous propose un truc: je vous libère discrètement, mais je vous rejoins plus tard. J'ai quelques comptes à régler ici...

Le regard des deux comploteurs glissa vers le reste du groupe et plus particulièrement vers l'apprentie paladin qui souriait, assise à côté de son maître d'armes.

-Je vois, acquiesça Thorcas. Mais je préférerai que vous fuyiez avec moi.

-Vous n'êtes pas en position pour négocier, lâcha Kosch'. Ou vous me dites où vous retrouver, ou vous restez à moisir aux mains de mes... compagnons, sort qui s'annonce funeste.

L'espion soupira et céda :

-La demeure de mon maître se trouve près de Châteaubrume, révéla-t-il, vous n'aurez qu'à demander aux habitants. Il est connu comme le Loup Blanc.

-Châteaubrume hein ?, pensa tout haut la jeune renégate. C'est où ?

-A trois jours de marches, vers l'ouest.

-Merci bien, Thorcas.

Alors que l'elfe tendait ses poignets à sa libératrice, il se prit une monstrueuse baffe qui le laissa pantelant.

-Pas bien futé, l'assassin, se moqua Koschei, qui venait de se redresser. Merci pour tous ces précieux renseignements qui nous seront très utiles à moi et mes amis. Par contre, ne vous attendez pas à un coup de main de ma part, je suis fidèle à mes compagnons. »

La jeune femme s'éloigna, laissant Thorcas fulminant de colère. Mentalement, il pria tous les dieux et démons qu'il connaissait pour que celle qui l'avait mené par le bout du nez meure sur-le-champ.

« -Châteaubrume ?, demanda Grunlek, heureux que son plan ait fonctionné. Cette ville est connue pour sa fabrication de statuettes en métal et les grottes immenses au flanc de la montagne qui domine le village.

-Je me demande quand même à quoi ressemble le chef d'un si piètre espion, sourit Myfanwi. Sérieusement, se faire repérer par Bob, puis attraper par Théo et enfin se faire tirer les vers du nez par Koschei, faut le faire !

-Oui, rajouta Balthazar, hilare, et surtout avaler l'énormité de Miss assassin...

-« Des comptes à régler »…, lâcha Maddey, amusée, avant de partir dans un grand éclat de rire qui gagna finalement tout le groupe. »

Ils finirent leur petit-déjeuner et installèrent Mahyar et leur prisonnier dans la charrette tirée par Hermès, l'elfe correctement bâillonné et attaché.

La troupe leva le camp à l'aube, se dirigeant vers l'ouest pour enfin obtenir les réponses à leurs questions.

Akunar remua, sortant de son demi-sommeil. La pièce, sombre, était seulement éclairée par une lumière bleutée. Une arche métallique, forgée par les artisans nains les plus renommés de la région, semblait vibrer sous la charge magique qui la traversait, créant des arcs électriques de toute beauté autour d'elle.

Le maître des lieux jubilait. Sa proie allait arriver !

Il avait failli perdre espoir.

Pourquoi cet abruti de Mahyar Shakeri avait-il cru judicieux d'envoyer ce lien à d'autres gens ? La statuette piégée, qui devait remplacer le MJ dans son bureau jusqu'à la morsure d'une proie, avait été séparée en plusieurs morceaux. Un vrai désastre ! Sans parler du fait que sa cible avait été transportée à des kilomètres de son repère, en compagnie des six inconscientes qui avaient ouvert le lien magique.

Mais, sûrement par l'action d'un dieu quelconque, tout était rentré dans l'ordre. Thorcas avait retrouvé la trace de sa cible, et la ramenait ici. La statuette avait été rassemblée par des humains en quête de leurs amis, et la fille du groupe s'était fait mordre par le dragon métallique.

Pour un peu, et s'il le pouvait, il en aurait presque sifflé un air joyeux.

Une perturbation dans les arcs électriques le fit sortir de ses pensées.

Sa proie arrivait...

Quelques maisons modestes, trois forges tenues par des nains en sueur devant leur enclume, et un château en ruine, le tout blotti au pied d'une montagne immense et rocailleuse, Châteaubrume n'était guère impressionnante, mais pour nos aventuriers, elle signifiait bien des choses.

La réponse à leurs interrogations, enfin, après des semaines passées dans le Cratère à se demander ce qu'ils faisaient là.

Mahyar allait beaucoup mieux. Son corps, maintenant habitué aux sorts de soins du paladin et de la druidesse, cicatrisait lentement mais sûrement. Désormais, il se faisait un devoir de marcher aux côtés de ses amis, comme avant leur combat contre les brigands.

Il discutait avec Balthazar et Théo sur la meilleure marche à suivre pour aborder le maître de Thorcas sans provoquer de guerre ouverte, au grand regret de l'inquisiteur belliqueux.

Grunlek et Temtaranne, comme à leur habitude, parlaient des plantes trouvables dans cette région plus humide du Cratère, suivi par Rubéale qui n'écoutait que d'une oreille distraite. De l'autre, elle tentait de repérer Éden, qui n'allait par tarder à rentrer de sa chasse quotidienne.

Hakukai et Shin bavardaient tranquillement, un peu plus en avant que le reste du groupe, le maître élémentaire évaluant les progrès de son élève sur ses pouvoirs surhumains.

Maddey et Myfanwi bataillaient amicalement derrière la charrette, surveillant d'un œil un Thorcas toujours furibond et attaché qui gisait dedans. Koschei dirigeait l'attelage, alerte, tout en écoutant la conversation de Mahyar et des deux aventuriers.

Arrêtant un passant dans les rues du village, ils constatèrent l'air effrayé qui se peignit sur les traits de l'honnête homme qu'ils questionnaient en mentionnant le fameux « Loup Blanc ».

« -Vous... Vous tenez vraiment à rencontrer ce monstre ?, bégaya le villageois.

-Bien sûr, s'exclama Bob, désigné d'office pour demander leur chemin. Pourquoi, vous ne connaissez pas son adresse ?

-Je la connais, malheureusement, frissonna leur interlocuteur. Il habite hors du village, dans la grotte où mène ce chemin, expliqua-t-il en désignant un sentier de terre vers sa droite. Bonne journée, messieurs dames. »

Il repartit d'un pas rapide, visiblement terrifié.

Les aventuriers se regardèrent, puis haussèrent les épaules avant d'emprunter le chemin terreux indiqué par le paysan.

Kimi se retrouva seule, plongée dans le noir. Seule une légère lumière bleutée, provenant de derrière elle, éclairait la salle dans laquelle elle se trouvait et qu'elle devinait gigantesque.

Quel était cet endroit ?

La jeune fille fit un pas, puis deux. Elle rencontra une matière rugueuse, qui semblait composée de tuiles. Elle écarquilla ensuite les yeux.

Ce n'était pas des tuiles.

C'était des écailles.

Un œil jaune et reptilien se posa sur elle, tandis que son esprit luttait contre ce qu'elle venait de découvrir.

Là, en face d'elle, se trouvait la réplique géante et vivante de la statuette métallique qui l'avait fait disparaître de son monde.

Elle hurla, tandis que la tête du dragon devant elle s'agita doucement.

« Bienvenue, humaine. »

Quoi, déjà la fin ?!

Le temps passe si vite lorsqu'on est en bonne compagnie...

Et oui, j'adore les cliffangers ;)

On se retrouve la semaine prochaine, si mes très chères amies de la fanbase ne m'ont pas tuée avant.

Les reviews sont lues et appréciées ^^

Qu'Euthanasie vous couvre de câlins,

Temtaranne.