Chapitre 13 : Souffrances

Bonsoir tout le monde,

Et voilà le chapitre 13. Je vous prie de m'excuser par avance de ne pas avoir répondu à vos reviews. Je le ferais demain dans la journée. Je n'ai pas vraiment eu le temps cette semaine. Beaucoup de chose se bousculent ces derniers temps mais je tiens à remercier pour vos commentaires que je prends toujours autant de plaisirs à lire.

Connaître vos suppositions ainsi que les nombreuses questions que vous vous posez ou tout simplement votre ressentie est une joie à chaque fois ^^

Encore merci à celles qui continuent à me lire. Je prends énormément de plaisir à écrire cette histoire et j'espère que de votre côté c'est également le cas quand vous lisez )

Voilà pour ce soir, on se retrouve en bas !

Bonne lecture …


Chapitre 13 : Souffrances

PDV Edward

J'embrassais Isabella Masen Voltury et ce n'était pas un rêve.

Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle ne me repoussait pas.

Mes lèvres étaient posées sur les siennes et elles bougeaient à l'unisson avec les siennes dans un rythme doux au départ, puis de plus en plus endiablé. J'enroulais mes mains autour d'elle et la serrait contre moi comme j'avais rêvé si souvent de le faire. Je savais au plus profond de moi que je ne voulais plus la lâcher, que je voulais la garder ainsi pour le reste de ma vie et bien plus encore.

Moi le célibataire endurci j'étais prêt à tout pour cette femme au caractère bien trempé, à la beauté époustouflante et surtout au cœur meurtri qui pourtant espéré toujours.

Je soulevais ma main pour la passer dans ses cheveux soyeux si doux que je n'avais vu que très rarement lâchés.

Isabella ne bougeait pas d'un pouce. J'ignorais si s'était à cause de la surprise ou pour une toute autre raison mais le fait est qu'elle ne me repoussait pas ni ne m'avait encore giflé.

Je m'écartais d'elle et je plongeais dans ses yeux chocolat à la couleur incandescente. Jamais elle ne m'avait semblait plus belle qu'à cet instant, ni plus désirable. Les cheveux en bataille à cause de mes mains, les prunelles grandes ouvertes, les pupilles dilatées et surtout la bouche gonflée, elle était le portrait même de la beauté et de la sensualité à l'état pur.

Dans ma poitrine, je sentais battre mon cœur à tout rompre comme si il voulait sortir de moi et lui faire comprendre à quel point les émotions me submergeaient. Je sentais également les battements du sien, désordonnés.

J'ignore complètement combien de temps s'écoulèrent alors que nous nous fixions sans bouger à seulement quelques centimètres l'un de l'autre. Je n'arrivais pas à comprendre ni à interpréter, les émotions qui se bousculaient dans son esprit mais, je me doutais qu'elles devaient être nombreuses. Son cerveau devait gamberger et essayer d'analyser la situation tout comme le mien le ferait mais bien plus tard. Isabella était une femme d'une grande intelligence, réfléchir était comme une seconde nature chez elle.

Pourtant et bien que je ne m'y étais pas préparé, elle finit par bouger. Je m'attendais à ce qu'elle me repousse et qu'elle me colle une droite après tout j'étais littéralement collé à elle mais quand elle esquissa un mouvement se fut pour m'attirer à elle.

Ses mains se mirent en mouvement et elle enroula ses doigts autour de ma nuque pour m'attirer contre son torse. Je me laissais envelopper par ses bras, sa poitrine se collant à mon torse, ces jambes s'enroulant autour des miennes.

Cette fois ci le baiser fut plus dur notamment parce qu'elle y répondait et y mettait une grande fougue.

La femme sans émotion et toujours maîtresse d'elle-même perdait littéralement le contrôle pour la première fois depuis que je la connaissais, c'est-à-dire depuis seulement quelques semaines.

Je la serrais aussi fort que je le pouvais, l'étouffant presque tout en faisant voyager mes mains sur elle. j'aurais tellement la faire fondre en moi pour que nous ne formions plus qu'un seul être. Comment pouvait-on ressentir des sentiments aussi forts et aussi rapides pour une personne alors que finalement nous ne la connaissions pas tant que ça ? J'étais devenu l'esclave de mes sens en ébullition.

Je ne voulais absolument pas l'effaroucher ou la faire fuir en étant trop pressant et pourtant j'imaginais tellement de possibilités avec elle, si elle acceptait que j'entre dans sa vie.

Je faisais voyager mes mains doucement sur elle afin qu'elle s'y habitue.

Isabella Masen Voltury était très loin en cet instant.

Nous aurions sans doute continué encore un long moment mais nous fûmes interrompus par une sonnerie de téléphone. Isabella réagit comme un ressort et s'écarta de moi comme si elle venait de se brûler.

Elle recula de deux bon pas et porta ses mains à son cou. Le téléphone répercutait toujours sa sonnerie stridente dans la pièce brisant ainsi le silence de mort. J'avais l'impression que tout l'hôtel devait l'entendre mais j'étais conscient que ce n'était qu'une impression.

Isabella se détourna de moi et saisit le combiné.

- Isabella … Vol … Voltury ..

Sa voix était rocailleuse et elle se racla la gorge pour se l'éclaircir. Elle me tourna le dos pour parler à la personne qui était à l'autre bout du fil.

Je n'entendis même pas ce qu'elle disait tellement j'étais chamboulé à l'intérieur de moi. Des frissons me parcouraient de la tête aux pieds alors que j'essayais de reprendre contenance. Je tentais de retrouver une allure présentable, en lisant mon costume, froissé par nos baisers.

La conversation entre elle et son interlocuteur ne dura pas plus de quelques minutes avant qu'elle ne repose le cellulaire sur le socle.

Elle se tourna vers moi tout en réajustant le peignoir qu'elle portait.

Elle évitait mon regard et regardait dans toutes les directions sauf dans la mienne.

- Nous sommes en retard … murmura-t-elle tout bas en prenant une profonde inspiration.

J'étais conscient que s'était un moyen détourné pour me dire qu'elle voulait que je parte sur le champ. Elle était juste trop polie pour me le dire directement.

Polie … ou hypocrite …

Je chassais ses idées noires de la tête et attrapais mon attaché-case avant de prendre la direction de la porte.

- Je vais descendre dans le hall … je vous y attends …

Je sortis le plus rapidement possible de la chambre et prit la direction du hall de l'hôtel où je pris place dans un des fauteuils qui étaient mis à notre disposition.

Je tentais par tous les moyens d'oublier ce que nous avions fait. Il fallait que je me concentre sur le boulot. Je ne pouvais pas me permettre d'être distrait par quoi que ce soit et Isabella en faisait partie. Je fermais les yeux et me concentrais sur ma respiration afin de me calmer. Cela fonctionna rapidement et je me sentis plus calme quand j'ouvris les yeux. Je jetais un coup d'œil à ma montre t fut choqué qu'il soit déjà si tard.

Je me doutais que madame ne serait pas prête avant plusieurs dizaines de minutes et je ne me trompais pas. Il me fallut attendre plus de 20 minutes avant qu'Isabella ne sorte de l'ascenseur.

Elle était vêtue comme toujours d'une robe sophistiquée en satin noir, d'escarpins vertigineux et d'une étole enroulée autour de son cou. Elle avait noué ses cheveux en chignon comme à son habitude. Je me demandais comment elle arrivait à se coiffer ainsi en si peu de temps. Mais après tout je n'étais pas spécialiste des coiffures féminines. Peut-être est-ce plus facile qu'il n'en paraissait au premier abord ?

Je me levais quand elle s'approcha de moi.

Bien qu'elle fût aussi impassible que d'habitude, j'étais certain qu'intérieurement elle ne ressentait pas le calme qu'elle montrait de façade.

- Nous devrions y aller … nous sommes très en retard …

C'était moi qui venais de parler en constatant qu'Isabella restait totalement immobile à observer les alentours. Si un jour je m'étais attendu à la voir dans cet état je ne l'aurais pas cru.

La réunion qui se déroula durant les deux heures qui suivirent fut très dures à supporter. Elle était droite et sérieuse comme elle l'était à chaque nouvelle réunion ou même dans la vie en générale enfin de ce que je connaissais d'elle en dehors du travail. Ce qui se résumait à peu de chose il fallait le reconnaître.

Il était plus de minuit quand on put enfin rentrer à l'hôtel sans signature bien entendu. Les hommes d'affaire que nous avions rencontrés avaient besoin d'un temps de réflexion afin d'étudier les propositions que nous leur avions faîtes.

Dans l'ascenseur qui nous amenait jusqu'à l'étage ou se trouvait nos chambres, le silence était pesant. Alors que l'on marchait en silence dans le couloir, je pris conscience du fait que si elle se barricadait dans sa suite, la situation actuelle allait empirer avec les non-dits. Il était enfin temps de prendre son courage à deux mains et de se comporter comme j'aurais toujours dû le faire. Je ne pouvais pas laisser ce moment ternir un peu plus nos relations, déjà pas bien brillantes.

J'attendis qu'elle s'arrête devant la porte de sa chambre pour saisir son poignée et la tourner vers moi.

Elle avait les sourcils froncés au moment où elle porta son regard sur moi. Elle contempla ma main sur son poignet puis de nouveau ses yeux plongèrent dans mon regard.

- Qu'est-ce que vous faîtes ?

Elle paraissait outrée que j'ose envisager de la toucher de cette façon alors qu'elle ne m'avait permis à aucun moment de la faire.

Elle donna un coup sec pour se dégager, recula d'un pas mais elle était acculée contre le battant de la porte ce qui fait qu'elle n'alla pas bien loin. Nous n'étions séparé que d'un tout petit mètre, pas assez pour elle, beaucoup trop pour moi. Elle ne pouvait aller nulle part, pas sans me dégager auparavant ce qu'elle ne ferait sans doute pas. Du moins le supposais-je.

- Il faut que nous parlions… vous en êtes consciente ?

Ma voix était douce, comme si je parlais à un de mes neveux afin de la calmer.

- Je n'ai absolument rien à vous dire …

Je ne pus m'empêcher de sourire à ces mots. Sa réaction était exactement celle à laquelle j'aurais pu m'attendre d'une toute autre femme mais d'elle … Une adolescente aurait pu réagir ainsi avec cette air buté et mauvais sur le visage.

- Ecoutez …

- C'est vous qui allez m'écouter … je ne veux pas parler avec vous … en tout cas pas si cela est hors professionnel … ce qu'il s'est passé tout à l'heure était … une regrettable erreur … voilà … rien de plus … une erreur … alors ce n'est vraiment pas la peine de mettre des mots sur quelque chose qui était une simple broutille et dont je me souviens à peine … bonne soirée.

Elle me poussa sans ménagement, ce que je ne la pensais pas capable, déverrouilla la porte et entra sans plus rien ajouter. Je restai un moment les yeux rivés sur la porte avant de tourner les talons et de gagner ma propre suite.

Insisté empirerait la situation et n'apporterait aucun intérêt.

Durant un long moment, je restai planté dans la pièce avant de me secouer. Après tout je n'allais pas me laisser chambouler encore une fois par cette femme qui me faisait prendre les montagnes russes à chaque fois que nous échangions un mot elle et moi. Je ne pouvais pas me laisser faire par elle. Après tout j'avais ma fierté moi aussi et il n'était pas question qu'elle me la piétine.

Oui j'avais des sentiments très forts pour elle mais ce n'était pas une raison d'être une mauviette !

Je me dirigeais vers la chambre et retirais mon smoking pour enfiler un bas de jogging et un pull ample. Je rabattis le couvre-lit afin de pouvoir m'allonger avec un livre.

Ce n'est qu'au bout d'un quart d'heure que je me rendis compte que je n'avais rien lu du tout. je n'arrivais tout simplement pas à me concentrer. Je revenais sans cesse sur les évènements qui venaient de se dérouler quelques heures avant. Depuis que je la connaissais, Isabella était toujours dans un coin de ma tête et il fallait absolument que j'arrive à m'en défaire.

Je jetais le livre aussi loin que je pus avant de sauter du lit et de sortir à grand pas de la suite prenant à peine le temps de la verrouiller. J'avais vraiment besoin d'air.

Il ne me fallut que quelques minutes pour sortir de l'hôtel et me retrouver sur une plage de sable blanc s'étendant à perte de vue. Il faisait frisquet mais je n'avais pas froid et je trouvais cette fraicheur réconfortante et apaisante.

Je retirais mes chaussures et dans la nuit noire je respirais à plein poumon l'air sein autour de moi offrant mon visage au vent venant de la mer me lavant ainsi de toutes ces questions dans réponses, de ses interrogations sans fin qui me prenait la tête continuellement. Le bruit de ressac en arrière fond était une délivrance face au bruit sonore qui bourdonnait à mes oreilles.

Je me mis à marcher le long de la grève tout en regardant l'horizon si noir ou le ciel se confondait presque avec la mer. Encore un peu et il deviendrait impossible de différencié l'un de l'autre.

J'ignore combien de temps je marchais sans but précis à essayer de me vider la tête. Je ne voulais pas penser et je forçais donc mon esprit à se vider.

Bien entendu cela ne servit à rien du tout quant au bout d'un long moment, je tombais sur une silhouette recroquevillée, assise sur un rocher juste devant moi à quelques mètres.

Isabella était entrain de contempler la mer qui s'étendait à perte de vue devant elle comme je l'avais fait tout à l'heure. Sur le coup j'eus envie de faire demi-tour. Je l'avais assez vu pour la journée mais quelque chose m'empêcha de tourner les talons.

J'ignorais ce que s'était mais se fut la même chose qui me poussa à m'approcher d'elle au lieu de partir sans me retourner.

Elle ne me remarqua qu'au moment où je m'installais près d'elle sur le rocher.

Je ne la touchais pas, je ne voulais pas l'effaroucher plus qu'elle ne l'était déjà. Je regardais dans la même direction qu'elle afin de ne pas faire peser le poids de mes prunelles sur son beau visage.

Pendant un long moment ni elle ni moi nous ne prononcèrent un mot puis Isabella finit par se lever. La robe longue qu'elle portait ainsi que ces longs cheveux bruns détachés, étaient secoués par le vent. Ils volaient dans tous les sens autour d'elle ce qui provoquait une vision merveilleuse.

Parfois je me demandais réellement comment cette femme avait réussi à m'envouter à ce point-là.

Jamais auparavant quelqu'un m'avait touché comme elle. Un simple regard dans sa direction et je devenais aussi mièvre qu'un adolescent transi.

Et cet excès de mièvrerie était mélangé à des réactions totalement adultes et à un besoin viscérale de la protéger à tout prix de ce qui semblait la faire souffrir.

Isabella Masen Voltury avait des secrets et j'étais conscient que tout un pan de sa vie m'était inconnu et pourtant cela n'avait guère d'importance. Je voulais l'aider et j'étais prêt à tout pour y arriver.

- Ce n'était pas une erreur … ni une broutille … vous le savez parfaitement.

Elle ne se retourna pas vers moi mais je savais qu'elle m'avait entendu. Me tournant le dos, je la vis remonter ses bras autour d'elle comme si elle voulait en faire un rempart pour se protéger du monde extérieur. J'avais l'impression que ses mains placées en croix de cette façon étaient un des nombreux signes de la souffrance de cette femme.

Elle prit une profonde inspiration comme si elle allait se lancer dans une course folle.

- Je n'avais que 5 ans … nous étions à l'école … nous étions tellement contentes ma sœur et moi … nous avions un petit frère depuis quelques semaines … il était si beau … et papa et maman étaient si heureux … la maison respirait la joie de vivre … mais il a fallu que cet assassin prenne le volant … qu'il soit totalement bourré …

C'est à ce moment qu'elle se tourna vers moi et ce que je lis dans ses yeux me fit froid dans le dos.

Les ténèbres. Des yeux aussi noirs que du charbon me montrant à moi qu'elle était brisée.

Je n'avais pas besoin qu'elle aille plus loin pour savoir ce qu'il s'était passé.

Les parents d'Isabella avaient pris le volant pour aller chercher leurs filles mais ils étaient tombés sur le chauffeur qui avait sans doute brûlé une priorité percutant la voiture de ses jeunes parents innocents et les tuant tous les deux. Volant et bafouant le bonheur de cette famille, de ces enfants si jeunes pour comprendre vraiment que jamais ils ne pourraient revoir leurs parents et qu'ils seraient à jamais privé de l'amour de leur mère et de leur père.

- Ils sont partis … ils nous ont laissé …

Elle tendit la main vers moi et je remarquais qu'elle tenait un cliché. Je compris parfaitement que c'est à moi qu'il était destiné.

Je l'attrapais donc pour regarder ce qui s'étendait sur le papier glace.

La même photo que j'avais vue dans son bureau.

Une famille heureuse, des gens bien à qui la vie avait été fauchée au milieu de leur jeunesse.

- Puis ensuite … il y a eu mon petit frère … Quil … lui aussi il est mort … et ma sœur après … et ensuite quand je pensais que mes malheurs étaient enfin terminés … quand je pensais avoir trouvé le bonheur … c'est mon mari qui est parti … il m'avait promis pourtant … il m'avait juré de ne jamais me laisser … ils sont tous morts … alors que moi, je suis bien vivante …

J'avais porté ma main à ma bouche face à ce que je j'entendais. L'horreur et la douleur que cela provoqua en moi était accentué par la voix caverneuse qu'elle avait.

Je me doutais de la situation mais j'ignorais à quel point sa vie avait été une longue suite de souffrance. Elle avait perdu l'intégralité de sa famille et n'en avait jamais fait le deuil et voilà que son mari était mort lui aussi en laissant derrière lui trois orphelins et une femme marqué par les deuils qui ne parvenait plus à se reconstruire après tant de douleur.

- Vous ne méritiez pas ça … autant de souffrance …

J'étais affecté par ce qu'elle me dévoilait parce que je me mettais à sa place.

Si j'avais perdu mes parents, ma sœur ou mon frère … rien que d'imaginer ma vie sans l'un d'entre eux, une boule se formait dans mon estomac et j'avais envie de me plier en deux sous le poids de la douleur.

Alors de là à les perdre tous, les uns après les autres. Elle avait espéré, elle avait sans doute prié pour les deuils qu'elle subissait soient les derniers mais quelqu'un était ensuite partis à son tour.

Isabella était toujours devant moi et me regardait droit dans les yeux avec toujours cette lueur macabre au fond de ses prunelles.

- Chacun à sa part de souffrance …

Bien qu'elle essayait de paraître détachée cela ne marchait pas. Une porte venait d'être entrouverte entre nous et je refusais qu'elle se referme.

Je ne prétendais pas être celui qui pourrait la sortir de son chagrin et de cette souffrance qu'elle endurait depuis des années mais je voulais tout du moins essayer de la soulager.

J'étais conscient que bien plus que me battre contre elle, j'allais devoir combattre des morts, des fantômes et des souvenirs pour arriver enfin à la percer à jour.

Etais-je prêt à m'investir totalement dans cette relation ? Est-ce que j'étais celui qui lui fallait ?

Je n'étais pas quelqu'un de bien.

Avec le chantage dont j'étais l'objet je ne pouvais pas me permettre de m'engager dans une relation quelconque encore moins quand il s'agissait de la PDG de la « Voltury Compagny ».

Isabella avait des enfants et à eux aussi je devais penser si je me mettais à poursuivre leur mère de mes assiduités. Je refusais qu'il s'en prenne à eux ou à elle pour me faire passer un message.

Cet homme était capable de tout. .

C'était le dilemme de ma vie.

Mais ces questions n'arrivaient-elles pas trop tard ?

- Vous avez eu plus que la vôtre …

- Aujourd'hui, je veux juste que mes filles soient heureuses … elles n'ont plus que moi … leur père n'avait pas de famille …

Isabella se raccrochait à ses filles comme à des bouées de sauvetage en s'oubliant complétement. Elle ne pensait pas à elle.

- Et vous ? Vous ne vous oubliez pas un peu ?

Elle haussa les épaules et se détourna de nouveau comme pour cacher son visage et les expressions qui y étaient rattachées.

- Ce n'est pas important … de toute façon, je ne peux pas … je trahirai mon mari …

Je ne m'étais pas attendu à une remarque comme celle-là venant d'elle. Moi qui avait toujours pensé qu'elle était ultra moderne et surtout complètement encré dans le 21ème siècle.

- Il est mort … et il ne reviendra pas. Ce n'est pas trahir votre mari que d'essayer de trouver un peu de bonheur auprès de quelqu'un qui saura vous en apporter …

Je fronçais mes sourcils à mes propres paroles ne sachant pas vraiment ce qui me passait par la tête. Pourquoi est-ce que je lui disais des choses pareilles ?

- Et a qui songez-vous au juste … Edward ? Demanda-t-elle en se tournant vers moi.

Ses yeux n'étaient plus aussi noirs que quelques minutes auparavant. Elle avait même un petit sourire au coin des lèvres. Il n'atteignait pas ses yeux mais pourtant il était là.

Elle avait même utilisé mon prénom ce qu'elle n'avait pas fait depuis que nous étions ici. Je savais que cela ne devait rien dire mais pourtant j'étais heureux quand même.

- Moi ? … personne en particulier …

Elle rit doucement avant de redevenir sérieuse.

- De toute façon … pour combien de temps …

- Personne n'en sait rien et vous le savez. Mais vous ne pouvez pas souffrir jusqu'à la fin de vos jours.

Elle s'éloigna de moi pour se rapprocher de la mer.

- Qui vous dit que je souffre ?

- Je le vois vous savez. Vos yeux et votre attitude en parlent pour vous.

- Vous êtes bon lecteur, c'est tout.

Le bruit du ressac derrière nous était de plus en plus assourdissant devenant une présence à part entière.

Je vis très bien Isabella frissonnait face à la fraîcheur qui venait du large.

Je retirai donc mon pull pour le lui mettre sur les épaules. Je savais que le temps qui m'était imparti avec elle était presque épuisé.

Elle ne me regarda pas quand je déposai le vêtement ce contentant de s'emmitoufler à l'intérieur mais elle me remercia doucement avant de reprendre la parole.

- De toute façon … le bonheur comme vous dîtes … combien de temps durerait-il ? Combien d'années, de jours ou d'heures avant de souffrir de nouveau ?

Elle était fataliste et sa vision des choses étaient lugubres mais personne, et surtout pas moi, ne pouvait lui en vouloir.

Les épreuves et les drames qu'elle avait traversés au fil des ans avaient aidés à construire ce mur autour d'elle, un mur qu'elle n'était pas prête à voir s'écrouler.

- Personne n'en sait rien …

J'aurais voulu lui apporter une réponse mais pourtant comme je le disais personne ne savait combien de temps il serait heureux avant que quelque chose vienne lui faucher sa part de bonheur. La vie est un hasard ou il faut savoir prendre des risques. Mais peut-être qu'Isabella n'en était plus capable. Après tout ce qu'elle avait traversé, elle n'était plus envie d'en supporter de nouveau.

Et moi dans cette histoire … n'étais-je pas égoïste de vouloir lui faire croire en quelque chose qui ne pourrait sans doute pas exister ?

Elle n'était pas la seule à devoir prendre une décision.

Etais-je prêt à mettre sa vie en danger ? Ou celle de ces enfants ?

Est-ce que je méritais une femme telle qu'Isabella ?

La réponse était évidente pour moi.

Non.

Isabella se retourna vers moi et me tendit le pull que je venais à peine de lui mettre sur les épaules.

- Alors mon choix est fait … je préfère la vie que je mène à la possibilité de porter un deuil, un malheur ou quoi que ce soit d'autre qui puisse me faire souffrir.

J'attrapais le vêtement et laissais ma main retomber.

Les yeux d'Isabella Voltury était d'un chocolat doux et dans la nuit noire avec cet étendu d'eau derrière elle, elle avait tout de l'apparition céleste.

Elle me regardait intensément quand elle se pencha pour embrasser ma joue.

Cette familiarité entre nous me réchauffa le cœur mais ces mots me dépitèrent.

- Je préfère qu'il en soit ainsi. Bonne nuit Edward.

Je la vis tourner les talons et disparaître petit à petit dans la nuit noire.

Bientôt elle disparut complètement et plus rien ne me prouva qu'elle avait été là quelques minutes auparavant mise à part son parfum bien présent dans les pans de mon pull quand je le portais à mon nez.


Et voilà !

Isabella soulève quelques pierres permettant de se rendre compte du passé qu'elle traine derrière elle.

Pour le prochain chapitre, petit bond en avant et peut-être pourquoi pas un rapprochement ^^

A la semaine prochaine !