Chapitre 15 : Tomber ...
Coucou tout le monde !
Tout d'abord je tiens vraiment à m'excuser pour ne pas avoir poster la semaine dernière ... j'ai de gros problèmes avec Internet ces derniers temps et j'ai énormément de mal à ma connecter au site ...
Espérons que ces soucis soient résolus ...
En tout cas je tiens à vous remercier d'être toujours là malgré tout ...
En ce qui concerne les reviews, je ne vous oublie pas et je vous répondrais dans la semaine ^^ merci pour toutes ces gentilles remarques, vous êtes d'un grand encouragement :)
Allez après deux semaines je vous laisse découvrir ce chapitre contenant quelques petites révélations !
On se retrouve en bas !
Bonne lecture ...
Chapitre 15 : Tomber
PDV Edward
Elle venait avec nous. Je n'étais pas certain d'être bien éveillé et pourtant c'était sans doute le cas. Isabella Masen Voltury avait accepté ma proposition de passer l'après-midi avec les enfants et moi.
J'avais peine à y croire, il s'agissait d'Isabella Masen Voltury, la femme la plus froide que j'avais jamais rencontré.
Un deuxième coup à la porte, me ramena sur terre et je compris réellement que cette femme devant moi perchée sur ses talons haut venait d'accepter ma demande de passer la journée avec moi.
Je secouai la tête afin de me remettre les idées en place et plongeai mes prunelles dans les siennes.
- Je pense que nous allons devoir partir au plus vite …, murmurai-je en rejoignant les enfants dans la pièce adjacente alors qu'elle attrapait son sac.
Les quatre petites têtes relevèrent la tête à notre entrée et un immense sourire s'étendit sur les visages des filles d'Isabella.
Visiblement les fillettes ne s'étaient pas attendues au revirement de leur mère. Il était vrai que moi non plus d'ailleurs. J'ignorais quelle mouche l'avait piqué mais autant profiter de cet instant. Ayant Liam d'un côté et Lena dans son maxi-cosy de l'autre il m'était difficile de bouger.
Ma collaboratrice prit les choses en main et referma la porte derrière elle avant de désigner du doigt le fond de la pièce qui donnait accès à un renfoncement ou se trouvait des portes d'ascenseur.
Je la regardais interrogatif mais elle haussa les épaules en appuyant sur le bouton.
- Madame Voltury ? Appela Carmen qui ne comprenait pas tout à fait ce que fabriqué la PDG.
- Carmen, dîtes à Aro que j'ai pris mon après-midi et que par conséquent je vais rester avec mes filles durant cette journée. Je serais là demain à 8 heures sans faute.
Carmen écarquilla les yeux mais elle ne pipa pas un mot. De toute manière on ne tenait pas tête à Isabella. Les portes s'ouvrirent et elle entraina les 4 plus grands (bizarrement très silencieux) dans la cage de fer. Nous avions l'air de deux évadés de prison ayant pris en otage des enfants innocents.
Elle enclencha le bouton et l'ascenseur se mit en mouvement.
- Vous êtes venus en voiture ? Demanda-t-elle après quelques instants.
- Oui … mais je ne suis pas certain que nous tenions tous dans ma Volvo.
Elle rit doucement avant que les portes ne s'ouvrent sur un parking souterrain qui me paraissait immense. Une centaine de voitures se trouvait autour de nous, allant de la petite citadine, aux 4x4 en passant par la voiture de sport.
Tout en regardant autour de moi, pour admirer certain spécimens, je la suivais dans mot dire, les enfants trainant derrière moi.
Elle se dirigea vers une Audi flambant neuve d'un noir immaculé qui brillait de milles feux sous la faible lueur des néons.
Elle sortit un trousseau de clef de son petit sac et l'auto bipa. Charlotte et Lise grimpèrent à l'arrière, sur leurs sièges respectifs avant que leur mère ne reporte son attention sur moi.
Elle désigna Lena et inconsciemment je resserrais ma prise autour de la hanse du maxi-cosy.
- Donnez-moi la petite, je vais l'installer sur le siège avant pendant que vous allez chercher votre voiture avec les trois grands.
Je restai un moment interdit alors qu'elle prenait le bébé d'autorité et qu'elle le mettait à l'avant. Visiblement mon hésitation n'était pas à son goût et elle semblait s'impatienter. Pour ma part, j'avais à redire sur la situation.
- Euh … vous êtes sûre ?
Elle plissa les yeux et m'adressa un regard interrogatif.
- Et pourquoi je ne le serais pas ?
Elle paraissait limite offensée que je puisse douter un instant et remette ces capacités en cause. Mais rien ne me disait que cette femme savait tenir un volant. Je n'allais surement pas partir sans rien dire.
- Depuis quand n'avez-vous pas touché un volant ? Demandai-je d'une voix un poil trop aigüe, ce qu'elle remarqua tout de suite au vu de son regard noir.
Elle ouvrit la bouche avant de la refermer puis de la rouvrir. Ses prunelles étaient mauvaises et me lançaient des éclairs. Ses bras se croisèrent sur sa poitrine et je me demandais vaguement ce qu'il m'avait pris de poser une question pareille.
- Qu'est-ce que vous êtes entrain d'insinuer au juste ? Que puis-ce que je dirige une compagnie et que j'ai un chauffeur particulier … je ne sais plus me conduire seule ?
De nouveau son expression était indéchiffrable si bien que je ne savais pas si elle était sérieuse ou si alors elle allait véritablement me gifler pour ce que j'osai penser d'elle.
Pour moi la question était tout de même légitime. Je n'allais pas confier le bébé de ma sœur à une femme qui n'avait pas touché un volant depuis qu'elle était installée dans le siège de PDG. Je n'étais pas aussi inconscient et Alice me tuerait.
- Notez que je n'ai pas employé les mots … Je me demande juste si il vous arrive souvent de prendre un volant …
- Sachez, Edward … que je suis une inconditionnelle de la vitesse … et qu'il m'arrive souvent de faire des balades en voiture derrière le volant …
Elle insista sur les trois derniers comme si il fallait insister sur les mots pour que je comprenne. Malgré cette petite remise en place, je ne pus m'empêcher de trouver son air de défi adorable.
Elle se mit à secouer la tête faisant valser quelques mèches de ses cheveux.
- Nous perdons du temps … fit-elle distraitement remarquer.
Je lui adressais un sourire d'excuse comprenant que si nous trainions trop nous n'allions aller nulle part.
- Retrouvons nous près de central park … sur le parking …, proposa-t-elle en s'installant derrière le volant.
J'hochais la tête tout en me dépêchant car je ne voulais pas décevoir les enfants qui semblaient vraiment impatients de cette journée.
- Faîtes attention à la petite …, ne pus-je m'empêcher de souffler.
Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, j'entrainais Seth, Jade et Liam dans le fond du parking.
Il ne nous fallut que 10 minutes pour retrouver la voiture. J'évitais de penser au fait que j'avais laissé l'enfant de ma sœur aux mains d'une PDG internationale que j'appelais maintenant par son prénom.
Si quelqu'un m'avait dit le matin même que la journée apporterait son lot de surprise, je ne l'aurais sans doute pas cru.
Quand je me garais sur le parking ou nous nous étions donnés rendez-vous, Isabella était déjà là avec ses filles entrain de nous attendre sur un banc près de l'entrée.
Je fis descendre les enfants et ils se mirent à courir dans tous les sens visiblement bien en forme.
J'installais Liam dans la poussette canne que je gardais dans la voiture.
Comme il m'était impossible de pousser deux engins, je devais garder le maxi-cosy de Lena dans la main. Avec un peu de chance, une certaine personne allait parler afin de me décharger.
- Pourquoi ne pas installer la petite dans le landau ? Me demanda Isabella qui avait parfaitement compris mon manège.
- J'attendais que vous me proposiez votre aide justement…
Elle se mit doucement à rire apparemment nullement offensée et prit les reines de la poussette de Liam me laissant le loisir de m'occuper de Lena.
Voir évoluer Isabella dans un parc avec ses talons vertigineux et sa robe blanche immaculée me donna presque envie de rire et je compris bien vite que nous n'allions pas pouvoir marcher bien loin et encore moins faire un marathon.
Ses talons glissés sur les petits cailloux du chemin et bien qu'elle ne lâchait pas un mot, je me doutais que cela ne devait pas être facile d'avancer.
Après seulement une centaine de mètres je m'arrêtais et en voyant que ma progression avait stoppé elle se tourna vers moi.
Je penchais la tête sur le côté et désignais ces pieds.
- Vous êtes certaine que vous allez pouvoir marcher avec ces engins de tortures aux pieds ?
- Et vous suggérez ?
Elle me mettait au défi de trouver une solution. Ce côté joueur qu'elle avait depuis le début de la journée était une facette d'elle que je découvrais avec délice.
Isabella était une femme forte avec du caractère pas seulement dans sa vie professionnelle. Cela faisait partie de sa personnalité et j'aimais ça. Je devais même avouer que j'adorais ces joutes verbales sans réelles conséquences. Elle se détendait en ma présence et oubliait cette part de sophistication qui la faisait s'emmurer dans des principes vieux et rétrogrades.
Elle s'exprimait vraiment sans se brider. Elle donnait libre court à elle-même ce qu'elle n'avait jamais vraiment fait quand j'étais dans les parages.
- Vous avez peut-être une solution à me soumettre ? Je serais ravie de l'entendre ! S'exclama-t-elle un brin sarcastique.
- Vous avez le choix entre marcher pied nu, marcher dans la pelouse ou ne pas marcher du tout.
Elle me jeta un drôle de regard avant de se redresser et d'enlever ses chaussures de la manière la plus impériale possible. Comme il s'agissait d'elle, le geste était raffinée et légèrement hautin mais elle essayait plus de répondre à mes mots par des gestes que de me faire comprendre que je ne lui arrivais pas à la cheville. Cette femme était vraiment incroyable.
Je la connaissais suffisamment maintenant pour savoir qu'elle ne se voyait pas tout à fait clairement.
Je ne pus m'empêcher de rire quand à ses manières mais je m'arrêtais bien vite face à son regard noir.
Il ne me fallut guère de temps pour me rendre compte que quand Isabella Masen Voltury ne portait plus ses chaussures outrageusement hautes, je la dépassais d'une tête et demie.
- Pourquoi ne pas s'installer dans l'herbe ? Proposa-t-elle en désignant l'ombre que formé un platane s'élevant à perte de vue.
J'hochai la tête incapable de parler et portais les deux poussettes près de l'endroit ou Isabella s'était installée. Elle avait étalé une nappe à carreaux afin d'éviter de tacher sa robe d'un blanc immaculé.
Assise de cette manière personne n'aurait pu dire qu'elle était à la tête d'un empire. Cette facette que je découvrais d'elle après deux mois de silence faisait bondir mon cœur. Aujourd'hui elle paraissait accessible. Entourée de ces filles, elle était avant tout une maman et non plus la PDG que j'avais toujours vu jusqu'à présent.
En regardant autour de moi, je pouvais affirmer qu'en cet instant j'étais heureux et je ne me rappelais pas de la dernière fois que j'avais éprouvé ce sentiment. Je n'étais même pas certain de l'avoir ressenti un jour.
Liam jouait près de nous avec des brins d'herbes, Lena dormait à points fermés et les enfants s'amusaient à se courir après alors que la femme dont j'étais désespérément amoureux prenait un bain de soleil en fermant les yeux offrant son visage à la brise de cette fin de matinée.
Ainsi, j'avais tout le loisir de l'observer et de m'imprégner de ses traits. J'aurais pu rester ainsi pendant des heures sans bouger ni même cligner des yeux.
Ce furent les quatre chenapans qui me ramenèrent à la réalité.
- Tonton ! On a faim …, lança Jade qui apparemment avait été désignée comme porte-parole du groupe ce qui ne m'étonnait guère.
Cette enfant avait le même tempérament que sa mère.
Un regard échangeait avec ma collaboratrice et nous nous mîmes doucement à rire. Si nous, nous pouvions parfaitement sauter un repas ce n'était pas le cas des enfants.
- Je pense qu'il va falloir nourrir ce beau monde, murmura Isabella en se levant avec grâce.
Visiblement elle était entrain de chercher ou nous pouvions les emmener. J'étais presque certain qu'il s'agissait d'un endroit huppé ou la nourriture était équilibrée et surtout sans calories. Je ne pouvais pas laisser faire ça. Jade et Seth n'allaient certainement pas accepter de manger des légumes ou tous aliments y ressemblant.
- Et pourquoi n'irions-nous pas dans un fast-food ? Lançais avec un grand sourire.
Au regard que me lança ma collaboratrice, j'eus l'impression que je venais de tuer son chat devant elle. Le mot « fast-food » ne faisait apparemment pas parti de son vocabulaire ce qui ne m'étonnait pas plus que ça en y repensant.
- Un fast-food ?
Ne parlait-on pas la même langue qu'elle me regardait comme un extraterrestre ?
- C'est quoi ? Demanda Lise en penchant son adorable petite tête sur le côté une manie qu'elle avait tiré de sa mère apparemment.
Je n'eus pas le temps de répondre qu'on me coupa l'herbe sous le pied.
- C'est un endroit où on mange des hamburgers et des frites, t'es bête ou quoi ! S'exclama Seth qui se demandait apparemment de quelle planète venait son amie.
Il levait les yeux au ciel en se moquant d'elle comme le faisait la plupart des enfants. Il donnait des coups à Jade dans le but que sa sœur se moque avec lui.
- Seth ! Le grondai-je en attrapant doucement son petit bras afin de le rapprocher de moi. Est-ce que tu peux t'excuser auprès de Lise … ce n'est pas sa faute si elle ne sait pas ce qu'est un fast-food …
Seth baissa la tête, signe qu'il comprenait que je ne plaisantais pas et qu'il venait de faire une bêtise. La petite se sentait mal et regardait sa mère comme si s'était de sa faute et qu'elle était idiote de ne pas comprendre. Comment pouvait-elle savoir de quoi il s'agissait si on ne le lui avait jamais expliqué ?
Dans leur monde, nous n'allions pas manger des hamburgers et des frites. Ce n'était pas la faute de cette enfant si personne ne lui avait montré ces joies toutes simples.
Seth s'exécuta sans broncher avant de prendre place près de sa sœur qui paraissait perplexe mais qui ne disait rien.
En me concentrant sur Isabella, je me rendais compte qu'elle s'était fermée comme une huître sans vraiment que j'en connaisse la raison.
Je n'allais pas la laisser ruminer et je décidai de prendre les choses en main avant qu'elle ne dise quoi que ce soit.
- Allons au fast-food, annonçai-je en installant les enfants dans les poussettes. On commandera des hamburgers, des frites et des nuggets. On va les noyer dans le ketchup et la mayonnaise et nous ressortirons avec 5 kilos en plus, m'exclamai-je essayant de faire revenir la bonne humeur chez les enfants.
Fort de cette résolution les quatre petits bouts suivirent mon enthousiasme et se remirent à sauter partout.
- Merci, murmura Isabella alors qu'on prenait le chemin de la sortie.
Je fus surpris par ses mots et je marquais un temps d'arrêt pour l'observer.
- Pourquoi me remercier ?
Elle haussa les épaules alors que nous sortions du parc.
- Je n'ai jamais emmené les filles au fast-food. Il y a tellement de choses que je n'ai jamais faites avec elles …
Son regard était dans le vide et je comprenais à quel point cette femme avait de nombreux regrets. Sa vie professionnelle prenait tellement de place dans son existence et dans celles de ses filles qu'elles n'avaient plus vraiment le temps de faire autre chose. Il était plus que temps de réagir, il fallait qu'Isabella reprenne les choses en main.
- Il n'est jamais trop tard …
Elle m'adressa un sourire triste avant que je n'appelle les enfants pour qu'ils ne s'éloignent pas de nous.
Cinq minutes plus tard on pénétrait dans cet endroit fétiche pour Seth et Jade mais totalement inconnu pour Lise et Charlotte.
Je pris la direction des opérations et sous les directives des deux aînés de mon frère et de ma belle-sœur, je choisis en deux minutes les repas de tout le monde.
Installés à une table un peu reculée par rapport aux autres, les enfants étaient des piles électriques et je dus les calmer afin que nous puissions nous entendre. Nous devenions le centre d'attention du restaurant et ce n'était pas vraiment le moment que quelqu'un ne reconnaisse Isabella.
Je déposais un repas devant chacun d'eux et piochait un peu dans le mien pour Liam. Je n'étais pas certaine que Rosalie soit super contente de ce repas pour lui mais je n'avais guère le choix et puis une fois de temps en temps ne pouvait pas lui faire de mal.
Des cris de Lena me firent comprendre qu'elle venait de se réveiller et que quelque chose n'allait pas pour elle.
En humant l'air ambiant, je ne pouvais pas me tromper quant à l'origine de ce petit souci.
Je prévins Isabella qui avait compris sans que je ne parle et me levais pour me diriger vers les toilettes.
Il me fallut dix minutes pour changer ce bébé gigotant dans tous les sens et pour revenir à table. Alors que le repas des enfants était bien entamé, Isabella n'avait pas touché au sien.
- Vous ne mangez pas ? Lui fis-je remarquer en désignant son plateau intact devant elle.
Elle secoua la tête.
- En fait … cela doit faire des années que je n'ai pas eu l'occasion d'ingurgiter un repas aussi gras et non diététique.
Je fronçais les sourcils essayant de déterminer si elle était sérieuse ou non.
- Alors c'est l'occasion de renouer avec les bonnes vieilles habitudes …
Je pris mon hamburger à pleine main et je mordis dedans de bon cœur ce qui fit rire les enfants et choqua ma collaboratrice.
Je devais bien avouer qu'elle détonait complétement dans le décor.
Même si sa robe était l'une des plus simples que je lui avais vu porté, elle restait tout de même trop habillée, quant à sa personne tout entière, elle était beaucoup trop raffinée et sophistiquée pour ce genre d'endroit.
J'eus envie de rire quand elle attrapa du bout des doigts le hamburger. Son annulaire et son auriculaire étaient levés vers le haut. Elle ouvrit doucement la bouche pour mordre délicatement dans la nourriture comme si il s'agissait d'un met rare qu'il fallait déguster.
Un peu plus et elle me demandait une fourchette et un couteau pour pouvoir le manger.
Je ne fis aucun commentaire afin d'éviter de la vexer. Elle continua à manger doucement et avec raffinement mais au moins elle mangeait. Ses filles étaient beaucoup moins précautionneuses et elles gobaient leurs repas avec enthousiasme comme s'il s'agissait du repas le plus délicieux qui soit.
Quand le repas fut terminé, nous prîmes la direction de la sortie pour entrer de nouveau dans le parc ou les enfants se défoulèrent au ballon.
Liam et Lena étaient tous deux endormis.
- Maman maman ! Appela soudain Charlotte en déboulant devant nous. Viens jouer avec nous !
La petite attrapa la main de sa mère et tira dessus pour la faire se lever.
Isabella qui visiblement n'avait pas l'air vraiment ravie se leva tout de même.
Par curiosité je les suivis du regard tout en ayant un œil sur les deux bambins endormis.
Isabella Masen Voltury était franchement un spectacle à voir dans cette tenue blanche et sans chaussure dans un parc de la ville.
- Vous venez Edward ? Me demanda-t-elle malicieuse.
Peu habitué à ce qu'elle m'appelle par mon prénom j'eus du mal à répondre mais je finis par hocher la tête. De toute façon, au vu de son expression elle ne me laissait pas vraiment le choix.
- Les enfants, levez vos chaussures, ordonnai-je en faisait de même de mon côté.
Si nous jouions au ballon il y avait de grande chance que les garnements s'en donnent à cœur joie et je ne donnais pas cher des orteils de ma collaboratrice avec les chaussures.
- Maman Lise et moi contre Seth Jade et toi ! Décréta Charlotte en s'accrochant à sa mère.
Isabella et moi hochâmes la tête et la partie fut engagée.
Nous avions délimité deux zones de tirs assez éloignée l'une de l'autre pour éviter tout conflit.
- C'est partie ! S'écria Jade en fonçant tête baissée sur le ballon.
Alors que les enfants formés un tas Isabella et moi restâmes en retrait à les observer. C'est Lise qui sortit vainqueur de cette bataille (je pense surtout que certaine main avait été mise) et lança avec un grand coup de pied le ballon à sa mère qui fut surprise.
Isabella courut derrière pendant quelques secondes avant de revenir dans l'autre sens pour marquer.
J'étais tellement subjuguée par cette image qu'elle réussit à me passer devant et à marquer sans que je ne bouge d'un pouce.
- Mais tonton ! S'écrièrent mon neveu et ma nièce outrés.
Quand je récupérais la balle après ce but mémorable, je me fis pardonner en réussissant à tirer à plus de quatre mètre des cages.
- Oué !
Le ballon fut remis au centre et de nouveau on se le batailla jusqu'à ce qu'Isabella le récupère. Décidé à me venger du premier but, je me mis à courir derrière elle. Bientôt on se mit à faire du sur place. Je la bloquais complètement, elle ne pouvait plus passer.
Isabella s'accroupit et attrapa la balle dans ses mains pour se relever avec.
- C'est interdit ce que vous faîtes, madame !
Elle éclata de rire avant de se mettre à courir de nouveau.
- Venez la chercher, me défia-t-elle en filant comme une fusée.
Elle n'avait pas besoin de me le dire deux fois, je me mis à la pourchasser. Je l'attrapais seulement quelques mètres plus loin en l'entourant de mes bras.
Son rire était si doux et clair qu'il me réchauffait à l'intérieur. Je l'avais tellement peu entendu ce rire franc et sans retenu.
- Allez maman ! Allez tonton ! Crièrent les enfants visiblement très impliqué dans notre bataille.
Je collais Isabella contre moi et réussit à attraper le ballon que j'envoyais plus loin. Les quatre grands se mirent à courir alors qu'Isabella et moi nous reprîmes notre souffle.
Un regard vers ma collaboratrice m'appris que ces yeux brillés et que son teint était coloré.
Elle n'avait jamais été aussi magnifique qu'en cet instant.
- Je pense que j'en ai assez pour aujourd'hui, déclara-t-elle en rejoignant notre couverture sur l'herbe ou dormaient encore les deux bambins.
Je pris place à côté d'elle et l'observait alors qu'elle s'allongeait dans sur le sol pour prendre le soleil.
- Il y a tellement longtemps que je n'avais pas vécu une journée comme celle-là … merci Edward, murmura-t-elle sans me regarder vraiment préférant le ciel d'un bleu limpide.
- Vous n'avez pas à me remercier …
J'étais heureux qu'elle ait eu cette journée et surtout d'avoir pu en faire partie. Tout le monde allait ressortir heureux de ces quelques heures et c'est ce qui comptait.
Isabella se redressa et plongea ses yeux chocolat dans les miens.
- J'y tiens pourtant … Vous êtes le premier à m'avoir parlé ainsi depuis des années ... et aussi étrange que cela puisse paraître … je vous en remercie … les vrais sentiments, les vrais émotions … ce sont devenus des concepts étrangers autant pour moi que pour les gens qui m'entourent …
Depuis près de quatre mois que je la connaissais maintenant, jamais elle ne s'était livrée autant qu'aujourd'hui. Elle parlait comme si j'étais devenu un de ses proches. Je ne me faisais guère d'illusion bien entendu sur ce qui allait se passer par la suite mais je prenais tout ce que je pouvais tant qu'elle voulait bien me l'accorder. Peut-être que demain, nous allions revenir à des relations froides et distantes mais aujourd'hui ce n'était pas le cas et je tenais à en profiter.
- Vous avez souffert …
Je ne voulais pas pousser le bouchon trop loin de peur qu'elle ne se referme comme une huître. Elle secoua la tête comme pour refouler mes propos.
- Peut-être mais mes filles n'ont pas à porter ce fardeau avec moi …
Je ne pouvais pas lui donner tort. Elles étaient trop jeunes pour subir le poids d'un deuil ou même la pression du milieu social dans lequel évoluait leur mère. Mais je n'étais pas certain que la remarque était réellement pour Lise et Charlotte. Les petites filles en avaient plus qu'assez du manque d'attention de leur mère mais elles n'étaient sans doute pas au courant de son passé. Trop jeune pour comprendre la raison exacte du chagrin d'Isabella, elles ne devaient pas en connaître la cause et puis la PDG était assez douée pour cacher ses sentiments à la face du monde. Ses filles ne devaient pas faire exception.
Par contre, il n'en allait pas de même avec l'aîné. A 15 ans, il serait étonnant qu'elle ne sache rien.
- Vous parlez de Kiara n'est-ce pas ?
Elle hocha la tête.
- Elle n'a que 15 ans et elle est déjà cynique …
La fille avait l'âge de sa mère quand cette dernière était tombée enceinte. Une enfant encore, pourtant elle avait assumé ces responsabilités et on ne pouvait que l'admirer pour ça d'avoir réussi là ou beaucoup d'autres auraient échoués.
- Comment étiez-vous à 15 ans ?
Elle eut un rire méprisant. Je me demandais comment nous en étions arrivés à cette conversation. Les paroles que nous échangions étaient entrain de ruiner petit à petit la joie qu'elle avait éprouvait durant ces quelques heures.
- Cynique sans doute … j'étais orpheline … mon frère venait de trouver la mort … quand à ma sœur …
Elle laissa sa phrase en suspens. Cette femme avait perdu les seuls repères qu'elle avait réussi à avoir au fil des années, comme si le destin s'était acharné contre elle. Comment pouvait-on survivre à autant de drame ? Sans parler de son mari plus de quatre années auparavant.
Elle se tourna vers son sac à main d'où elle sortit un porte-monnaie en cuir.
Elle fourragea quelques instants avant de sortir un cliché.
- Ils étaient si jeunes … tous les deux …
Je réfléchis quelques secondes avant de poser la question qui me brûlait les lèvres.
- Que s'est-il passé ?
Le silence tomba entre nous alors qu'elle observait le cliché que je ne voyais pas de là ou je me trouvais.
- Ils ont été tués …
Les mots me firent mal et je posais ma main sur son bras pour lui signifier que j'étais là.
- Il n'avait que 9 ans … ma sœur en avait 18. Ils n'auraient jamais dû mourir … à un an d'intervalle …
Elle releva la tête vers moi. Ses yeux étaient baignés de larmes qui ne coulaient pas. Elle les retenait à grand peine, sans doute pour ne pas montrer ses faiblesses.
Je ne pus m'empêcher de me rapprocher d'elle et de tendre les mains.
J'ignorais si elle allait accepter mon réconfort mais j'attendis durant de longue seconde une réaction de sa part. Elle finit par s'approcher de moi et je la pris dans mes bras pour la serrer contre mon cœur.
J'aurais tellement voulu porter ce poids à sa place, lui dire que maintenant j'étais là que je pouvais l'aider à surmonter tout ça et qu'elle n'avait plus à le faire seule.
Mais Dimitri Voltury était passé par là avant moi et sans doute lui avait-il promis la même chose. Pourtant il était mort, là laissant avec ses filles et une compagnie à s'occuper.
Sans parler du poids de mon passé. Je refusais que l'enfoiré qui me faisait chanter s'en prenne à elle.
Je l'aimais trop ainsi que ses filles pour leurs faire ça.
C'est la conclusion que j'avais tiré depuis ces 8 dernières semaines. Mais j'avais si peu de volonté quand il s'agissait d'elle que mes résolutions fondaient comme neige au soleil.
J'étais dans une impasse. Je m'étais trop impliqué, j'étais allé trop loin avec elle pour faire marche arrière maintenant.
Plus que d'accepter mon réconfort, elle se blottissait contre moi et respirait le parfum imbibant ma chemise et je m'imprimais du sien, m'en délectant à plein poumon. En dehors du baiser échangé deux mois plus tôt, il s'agissait d'un de nos premiers contacts intimes et je voulais savourer chaque moment passé parce que j'ignorais s'il y allait en avoir d'autre.
Elle finit par s'écarter et par relever la tête vers moi. Il n'était pas difficile de lire dans ses yeux la souffrance et le chagrin qu'elle ressentait.
- J'aimerais faire plus que des mots …, chuchotai-je dans le creux de son oreille.
- Vous faîtes déjà beaucoup … malgré ce que j'ai dit … ce que j'ai fait …
- Vous vous protégez voilà tout …
J'étais certain qu'en cet instant, si je l'avais embrassé elle ne m'aurait pas repoussée. Son attitude était trop étrange, ses barrières étaient trop fragiles pour qu'il en aille autrement. Mais je ne voulais pas profiter de sa faiblesse et la tirer à mon avantage pas quand elle semblait si vulnérable.
Je ne savais pas ce qui l'avait mise dans cet état mais elle était à fleur de peau.
Je baissais la tête vers les enfants qui dormaient toujours avant de poser mon regard sur le cliché qu'elle avait laissé choir sur la couverture.
Quand mon regard croisa celui des personnes qui s'affichaient sur le papier glacé je me tétanisais sur place. Ma respiration devint difficile alors qu'une bile me monta à la bouche. Si je n'avais pas eu Isabella contre moi je crois qu'en cet instant je serais entrain de vomir mon repas de ce midi.
Isabella qui avait remarqué ma soudaine crispation, s'écarta et en deux secondes se retourna vers le cliché qu'elle prit dans ses mains.
- Ce sont mon frère et ma sœur …, crut-elle bon de préciser.
Ces mots me firent encore plus de mal et soudain j'eus envie de m'enfuir à toute jambe.
M'enfuir et ne plus jamais revenir pour oublier.
Oublier ce que je venais de comprendre, de découvrir.
Mon passé celui-là même que j'aurais voulu enfouir au plus profond de moi revenait me hanter. Comme si je n'avais pas le droit de vivre une vie normale.
De toute façon pourquoi en aurais-je eu le droit ?
Je devais payer pour ce que j'avais fait, payer pour le crime dont j'étais entièrement responsable.
Parce que sur ce papier glacé, c'était le portrait de la femme qui m'avait entrainé dans cette histoire qui m'avait fait croire que transgresser les règles donnaient un sentiment de liberté ce que à l'époque je n'avais pas.
Quant au petit garçon … cet enfant si innocent et qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, simplement parce qu'il avait une sœur complétement malade.
Cet enfant dont le visage m'apparaissait tous les matins quand j'ouvrais les yeux. Ce visage doux et innocent qui me rappelait sans cesse que j'étais un meurtrier. Et aujourd'hui, ce même visage qui me faisait comprendre que j'étais en partie responsable de la souffrance de la femme que j'aimais.
Ce visage qui appartenait à l'enfant que j'avais tué ...
Alors qu'en pensez vous ?
Vous vous attendiez à ça ? Une partie du passé de nos deux héros est révélé !
Prochain chapitre ... apparition d'un nouveau personnage pas si nouveau que ça !
A la semaine prochaine sans faute !
