Chapitre 16 : Je ne sais plus …
Coucou tout le monde !
Rapide passage sur le site pour poster le chapitre avant d'aller dormir !
Il est tard donc je ne vais pas m'attarder mais je tiens à remercier toutes celles qui m'ont laissé des com sur le chapitre précédent … j'ai été heureuse de constater que vous avez pour la plupart appréciés la fin du chapitre ! Certaine s'y attendaient d'autres pas du tout … je suis heureuse d'avoir créé la surprise pour la plupart !
Je vous remercie vraiment d'être encore là après tous ces chapitres et j'espère que vous prenez toujours autant de plaisir à lire que j'en prends à écrire (même si c'est plus rare ces derniers temps) !
Allez bonne lecture et bonne nuit tout le monde ! ^^
Chapitre 16 : Je ne sais plus …
PDV Edward
Je restais un moment muet, sans pouvoir rien dire.
Je n'avais tout simplement pas la force de prononcer une parole ou de faire quoi que ce soit.
J'étais trop abasourdi et trop choqué. Ma seule envie était de prendre les enfants et de m'enfuir à toute jambe.
Comment est-ce que je pouvais encore regarder cette femme dans les yeux alors que maintenant certaine pièces du puzzle se mettaient en place sous mes yeux ? J'étais totalement impuissant face à la situation.
C'est moi qui étais en partie responsable de la mort de son frère, cet enfant innocent qui n'avait rien demandé à personne. Jusqu'à présent je n'avais jamais pensé que mon sombre passé me revienne en pleine face de cette façon.
Et pourtant ce soir-là, gravé dans ma mémoire depuis plus de 15 ans, ma vie avait basculé. La culpabilité, la souffrance et la peur avaient pris possession de ma vie. Les jours, les semaines et les mois ayant suivis le drame avaient été pour moi un véritable enfer.
Un enfant était mort ce soir-là et ce par ma faute. J'ignorai totalement jusqu'à ce jour qui il était parce que j'avais tout bonnement refusé de mettre un nom sur les traits de cet enfant.
Je m'étais enfuit sans me retourner, gravant juste son visage sans vie dans ma mémoire afin de bien me rappeler qu'une vie avait pris fin juste parce que j'étais un gamin de riche qui avait tenté de franchir les limites que ses parents lui imposaient.
Bien sûr que je n'avais jamais voulu que les choses tournent ainsi et que je n'étais surement pas le seul responsable et pourtant cela ne changeait rien à l'histoire. Je ne me sentais pas moins coupable pour autant.
Isabella bien trop proche de moi, me regardait de ses yeux chocolat si intenses et si tristes. J'aurais tellement voulu effacer ce chagrin de ces traits. La femme forte et sure d'elle que j'avais toujours vu jusqu'à présent laissée tomber les barrières au moment où il était impératif que je reconstruise les miennes. Je ne serais jamais le héros dont Isabella Voltury avait besoin dans sa vie. Je n'aurais jamais du prétendre au rôle.
J'avais tué son frère, j'étais en partie responsable de cette souffrance qu'elle portait en elle.
Que je ne sois pas le seul responsable, que je n'ai jamais voulu faire de mal à ce gamin ne changeait rien à l'histoire. J'avais pressé la détente et il était tombé sous l'impact de la balle.
J'étais donc un meurtrier. Le meurtrier de son frère.
Je ne pouvais pas m'écarter maintenant de la femme que j'aimais plus que tout, elle ne comprendrait pas ma soudaine attitude et la dernière chose à souhaiter était de rajouter un peu de sel sur ses plaies brulantes.
Pourtant je ne pouvais pas non plus rester près d'elle, pas avec cette soudaine révélation qui me donnait envie de me mettre moi-même une balle en pleine tête.
Si je lui dévoilais la vérité maintenant, elle me tuerait, sans aucun doute, de ses propres mains et je me laisserais faire.
Je mériterais entièrement son mépris et sa haine. Comment le destin pouvait-il me jouer un tour de ce genre ? Comment pouvait-il s'acharner ainsi ?
C'était sans aucun doute le prix à payer pour mes erreurs, un prix fort peu élevé si on y réfléchissait bien. Un enfant avait perdu la vie et moi j'allais perdre la femme de ma vie.
J'ignorais totalement comment me sortir de cette situation parce que dans un cas comme dans l'autre, cela signifiait encore de la souffrance pour Isabella.
Mais ne valait-il pas mieux partir maintenant que les choses étaient à peine commencées ?
Ce sont les cris de Liam qui me ramenèrent à la réalité et m'aidèrent à échapper à mes abimes de peine. Je pris le bébé dans mes bras pour le serrer contre moi m'y accrochant comme à une bouée de sauvetage. L'enfant était grognon sans doute de ne pas avoir assez dormi pourtant il acceptait mon étreinte se blottissant contre moi.
Je respirai son odeur de bébé à plein poumons tentant de calmer mes nerfs. Quand je fus certain d'avoir recouvrait un semblant de sérénité, je relevais la tête vers Isabella dont l'expression me fit penser l'espace d'un instant qu'elle avait vu un fantôme.
Ne comprenant tout d'abord pas pourquoi elle avait l'air si choqué, je jetais un coup d'œil dans la direction qu'elle scrutait et je me rendis bientôt compte de la raison de sa soudaine raideur.
Trois hommes en complet, lunette noire et kit main libre à l'oreille se trouvaient à seulement quelques mètres de nous l'air de ne pas plaisanter du tout.
Ils étaient tout droit sortis des séries policières que ma sœur adorait regarder quand nous étions plus jeunes.
- Je crois que la balade est terminée, murmura Isabella en observant ses filles qui avaient cessés de jouer avec Jade et Seth remarquant tout comme nous la présence menaçante.
Les quatre enfants se précipitèrent vers nous alors que ma collaboratrice se levait pour chausser ses talons vertigineux.
Alors que deux des rigolos avaient stoppé leurs avancées à environ trois mètres de nous, l'un d'eux s'approcha pour être à portée de voix sans crier.
- Madame Voltury …, énonça-t-il froidement avec sa posture de videur de bar.
Ce n'était vraiment pas le type de mec que j'aurais abordé spontanément dans la rue. Il n'avait pas l'air de plaisanter et tenait à le faire savoir. Qu'Isabella soit PDG ne semblait pas plus le dérangé que ça. Il avait une mission la concernant visiblement et il en viendrait à bout qu'importent les obstacles se dressant sur sa route.
- Alec.
La voix de la mère de famille était froide et coupante. Apparemment Isabella le connaissait et l'interruption de ce pingouin était tout sauf la bienvenue.
- A qui dois-je ce débarquement ? Demanda-t-elle durement sans une once de chaleur.
J'avais toujours su qu'elle pouvait être glaciale quand elle le voulait mais si auparavant je l'avais déjà vu tendue ou en colère ce n'était rien par rapport à cet instant.
J'avais devant moi la femme que dépeignait les médias. Cette beauté glacée faisant la une des journaux internationaux.
- Monsieur Philips était inquiet … il m'a donc chargé de vous retrouver …
Elle ne dit rien de plus mais son ressenti était palpable. Elle leva le menton comme pour signifier que cet homme n'était rien de plus qu'un caillou dans sa chaussure.
- Veuillez attendre un peu plus loin je vous prie … je vais rassembler mes affaires et nous pourrons y aller …
Le garde du corps ne broncha pas d'un pouce.
- Monsieur Philips m'a demandé de ne pas vous quitter un seul instant une fois que je vous aurais retrouvé.
Ce pauvre homme n'avait aucune idée de ce qu'il venait de dire là. Isabella n'allait certainement pas se laisser faire comme ça.
Elle avait beau peser la moitié de son poids et avoir près de 20 cm de moins que lui avec ses talons, elle n'allait pas se démonter pour autant.
- C'est moi votre patronne, c'est donc moi qui fixe les règles …
Elle avait insisté sur chaque mot prenant pour cela son air supérieur.
Mais cet homme qu'elle prenait pour bouc-émissaire n'était en fait qu'un simple employé prenant son travail un peu trop à cœur. Il ne faisait qu'appliquer ce qu'on lui avait demandé, rien de plus.
Il ne pouvait pas discuter un ordre direct d'Aro Philips même pour Isabella.
- Désolé Madame Voltury mais pas aujourd'hui. Maintenant je vous demanderais de nous suivre sans plus tarder.
Isabella était complétement sidérée d'être ainsi traiter. A sa place, je l'aurais sans doute était aussi.
Elle se tourna vers ses filles qui avaient une mine triste, elles étaient apparemment résignées, avant de rassembler ces affaires et de revenir vers moi. Elle devait obéir, elle n'avait pas le choix.
- Merci Monsieur Cullen pour cette journée … je n'oublierais pas …
Elle m'adressa un sourire mais un de ceux qui n'atteignaient pas ces yeux.
- Au revoir, murmura-t-elle en se redressant.
Elle suivit les gardes du corps et les petites en firent de même trainant les pieds sans pour autant faire de commentaires.
Quelques instants plus tard, elles avaient disparues.
Pour la première fois depuis que je la connaissais, je me demandais pourquoi une telle attitude.
Isabella était une personne influente, elle avait de l'argent … beaucoup d'argent, plus qu'elle ne pourrait en dépenser dans une vie mais l'attitude des frères Philips, d'Aro surtout, était incompréhensible.
Ses deux gardes du corps ne la quittaient jamais, elle était perpétuellement accompagnée de quelqu'un, même à Dubaï, elle ne pouvait pas se déplacer seule.
Envoyer plus de quatre hommes à sa recherche sous prétexte qu'elle n'était pas là où elle aurait dû être …
Ses gardes du corps cachaient quelque chose. J'étais presque certain qu'ils n'étaient pas seulement là parce qu'elle était riche à souhait et que des personnes étaient jalouses.
Il y avait plus derrière cette histoire.
J'aurais aimé lui poser directement la question pourtant je savais que je n'en avais aucun droit.
J'étais lié à cette femme d'une façon abominable. Bien avant de la rencontrer en chair et en os, bien avant de tomber amoureux, nous étions liés.
J'avais tué son frère.
Le dégoût de moi-même était omniprésent depuis bientôt 16 ans maintenant pourtant il n'avait jamais été aussi fort qu'en cet instant. J'avais détruit ma propre vie, mes propres chances d'être heureux un jour.
Est-ce le prix à payer pour mes erreurs passées ? La peine capitale avait donc cette forme là pour moi ?
Tentant de me calmer pour ne pas affoler les enfants déjà perturbés par tout ça, j'essayais de rester le plus serein possible.
Heureusement, les bouts de choux étaient silencieux quand je les ramenais à mon appartement. Ils s'éparpillèrent et s'occupèrent aisément avec leurs jeux. Même Liam ne se fit pas remarquer.
Je passais le reste de l'après-midi dans un état un peu second à me demander la manière de me sortir aux mieux de cette histoire sans pour autant trouver de solution. Il n'y avait pas d'échappatoire.
Je ne pouvais pas faire plus de mal encore à Isabella.
Il était tard quand Alice vint chercher Lena. Une chance pour moi qu'elle était pressée, elle n'eut pas le temps de remarquer mon état.
Le lendemain, c'est Rose et Emmett qui vinrent chercher leurs bambins et la joie des enfants et des parents de se retrouver était belle à voir.
Je me retrouvais donc seul … de nouveau et comme toujours.
N'ayant pas le courage d'aller travailler, je restai cloitrer dans mon immense appartement désormais vide à ressasser.
J'ignore si la solitude y était pour quelque chose mais au court de cette journée morne et sans vie, une impulsion me poussa à prendre mon ordinateur afin de faire ce que je n'avais jamais voulu faire auparavant.
Jusqu'à aujourd'hui, j'avais tout fait pour oublier cette histoire, je ne voulais plus y penser.
J'ignorais totalement le prénom de ce petit garçon, mais ce devait être le même que celui d'Isabella.
A l'époque, j'avais guetté les infos pour savoir si quelqu'un en parler. Mais ça n'était jamais arrivé. J'avais toujours pensé qu'il s'agissait d'un gosse des rues pourtant ce n'était pas le cas visiblement.
Pourquoi alors n'étais-ce jamais apparut dans les journaux ? Isabella avait un nom mais pourtant les journalistes d'habitude si friand du moindre de ces faits et gestes n'en avait jamais parlé.
La seule chose qui transperçait dans son passé et qu'elle avait vécue en famille d'accueil après la mort de ces parents dans un accident de voiture comme elle me l'avait raconté. Puis quand elle a eu sa fille Kiara, elle a pris un appartement et cumulé le travail, les cours du lycée et le bébé durant plus de trois ans. Elle a obtenu une bourse d'étude lui permettant de prendre en charge une partie de son cursus. Ainsi elle a pu payer la première année. Les suivantes ont été financées par Dimitri.
Il n'y avait aucune trace de son frère et de sa sœur.
Quelque chose clochait.
Je fis une recherche au nom d'Isabella Masen. Mais il n'y avait strictement rien de plus que ce que je savais déjà. Un autre détail me fit réfléchir, avant ces 20 ans, mis à part la mort de ces parents qui d'ailleurs n'apparaissait nulle part, il n'y avait rien. Elle apparaissait comme fille unique. Son père et sa mère seraient morts un soir en rentrant du travail. Elle serait visiblement originaire du Texas, un endroit pommé dont personne ne connaissait le nom.
Elle n'avait pas l'accent du Sud mais plutôt celui de l'ouest, surtout quand elle s'énervait.
Il n'y avait aucun témoignage ni même mention du nom de la famille d'accueil.
L'université CUNY ou elle avait fait ses études était mentionné. On recueillait un témoignage de certains des professeurs qu'elle avait eu.
Comment une personne aussi publique qu'elle pouvait-elle avoir une bibliographie aussi mince ?
Enfin mis à part si elle n'était pas Isabella Masen avant 20 ans mais une autre personne ce qui pouvait expliqué bien des choses notamment le fait que ni son frère ni sa sœur ne soient mentionnés quelque part.
Je fis des recherches sur la mort d'un petit garçon d'environ 9 ans, 15 ans avant et rapidement je trouvais un journal dont l'entreprise avait fermé quelques années en arrière.
Il faisait allusion à la mort d'un petit garçon dans une ruelle sensible d'un quartier de Seattle. Les photos me donnèrent envie de vomir et j'eus l'impression de revenir 16 ans en arrière comme si cette histoire venait d'avoir lieu.
Le petit garçon avait un nom.
Quil Charlie Swan.
Connaître son identité et mettre un nom sur ce visage étaient encore plus horrible. Ce petit garçon avait maintenant une identité.
Il existait.
Il ne faisait aucune illusion à une quelconque famille, comme si ce meurtre n'avait pas beaucoup d'importance.
Je comprenais la rage d'autant plus vive d'Isabella. En plus d'avoir été tué alors qu'il n'était encore qu'un enfant innocent, son frère n'avait bénéficié d'aucune enquête de police.
Personne n'avait parlé de son meurtre comme si cela n'était pas réellement important.
Je lançais une recherche sur le nom de famille Swan et j'obtins rapidement une réponse.
« Le chef de la police de Forks, état de Washington, Charlie Swan et sa femme Renée trouvent la mort dans un accident de voiture. Ils laissent derrière eux trois orphelins qui seront placés en famille d'accueil le temps de leur trouver une famille »
Je fis défiler l'article afin de le lire en entier et j'eus ma réponse à la fin.
« Leur fille aînée Tanya, 8 ans et leur cadette Isabella 5 ans seront placées en foyer alors que leur petit frère de trois mois sera confié à une famille qui sont intéressés par l'adoption ».
Mon regard resta rivé sur le nom Isabella.
Une photo à la fin de l'article des trois enfants me fit comprendre que la fillette était Isabella Masen Voltury.
Je ne pouvais pas me tromper sur ce visage que j'avais aperçu sur le cliché qu'elle avait chez elle.
Isabella Masen Voltury était née sous le nom d'Isabella Swan.
Elle avait sans doute changé d'identité quand elle s'était mariée avec Dimitri.
Je comprenais mieux ce qu'elle sous entendait qu'elle n'était pas meilleure que moi.
Elle n'était pas née avec une cuillère en argent dans la bouche.
Je le savais déjà auparavant mais aujourd'hui je prenais bien la mesure de celle qu'elle avait été avant de devenir si influente et si connue.
Les remarques de Caïus Vladescu avaient maintenant du sens pour moi. Il devait connaître une partie de ces origines sans tout savoir bien entendu car j'étais certain qu'il en jouerait pour la descendre en flèche, il s'amusait donc à jouer avec pour la provoquer.
Ses découvertes me firent l'effet d'une bombe et j'eus du mal à reprendre pied.
Le week-end fut long pour moi.
Je ne savais pas vraiment quoi faire, ni comment agir. Essayant de me vider la tête, je me plongeais dans le boulot mais même là, j'avais du mal à me concentrer.
Ce n'est que le mardi suivant que j'eus des nouvelles de la compagnie.
Je n'aurais rien du éprouver quand je reçus cet appel de Jacob et pourtant ce fut le cas. Je me sentis plus vivant ce qui n'aurait jamais dû être le cas.
Il me prévint qu'il y aurait une soirée à la fin de la semaine et visiblement Isabella tenait à ce que je j'y assiste.
Refuser aurait été la meilleure chose à faire mais je ne le fis pas. Je ne mis que deux secondes à accepter. Je ne pouvais pas me tenir loin de cette femme même si je l'avais voulu. Elle m'avait touché d'une manière que jamais auparavant je n'avais ressenti une chose pareille.
J'étais totalement perdu. Je me trouvais à un carrefour de ma vie. Soit je continuais à mes risques et périls soit je stoppais tout.
Sauf que j'étais conscient que j'avais beau le vouloir, je n'y arriverais pas, tout simplement parce que j'avais cette femme incroyable dans la peau.
Quand le samedi soir pointa le bout de son nez, j'étais prés bien avant l'heure.
Jacob m'avait informé qu'une limousine passerait me prendre devant chez moi pour m'emmener à la soirée organisée par quelqu'un dont j'avais déjà oublié le nom tellement je m'en moquais.
Au départ je voulais m'y rendre seul car je tenais à pouvoir rentrer quand j'en avais envie. Mais quand l'assistant d'Isabella m'avait parlé de la voiture, sa proposition n'admettait en fait pas de réplique.
Un ordre à peine voilé.
A l'heure fixée, je descendis au bas de mon immeuble ou la limousine était déjà là.
Un homme en costume noir était debout près de la portière qu'il me tenait ouverte.
Encore un garde du corps sans doute au vu de la carrure de l'homme.
J'entrais dans le véhicule et je fus surpris d'y voir Isabella en tenue de soirée ainsi que les frères Philips à ses côtés.
Elle avait le visage grave mais ses yeux grands ouverts étaient dirigés vers moi et ils brillaient comme si elle était contente de me voir sans oser le montrer.
Ses barrières étaient entrain de tomber au moment où les miennes se devaient de se mettre en place.
Je m'installais sur la banquette en face de ma collaboratrice qui souriait. Isabella Masen Voltury souriait et s'était à moi.
- Bonjour, lançais-je avec un air assuré que je ne ressentais pas du tout.
Pour la première fois ni Aro, ni Marcus ne me tendirent la main et me répondirent du bout des lèvres.
Quand je plongeais mes yeux dans ceux d'Isabella, je la vis pincer les siennes. L'attitude de ces associés l'exaspérée apparemment. Moi aussi, si j'étais honnête.
La limousine se mit à rouler et le silence lui s'installa. La présence d'Aro et de Marcus était gênante et j'aurais aimé qu'ils ne soient pas là afin que je puisse parler librement avec ma collaboratrice. Prendre mes distances n'était pas encore pour aujourd'hui.
Il fallut plus de 20 minutes pour parvenir à cette soirée. La limousine stoppa et le chauffeur- garde du corps vint ouvrir la portière. Aro et Marcus descendirent et je les suivis.
Je me retournais le premier et tendit la main vers ma collaboratrice qui étrangement l'attrapa pour sortir du véhicule.
L'électricité palpita entre nous alors que je baissais le regard sur son corps sans pouvoir vraiment m'en empêcher. Jusque-là je m'étais forcé à ne pas la regarder mais cela devenait difficile.
Elle portait une robe verte d'eau, à bustier, dont le décolleté était assez impressionnant. Une bande en argent était entortillée sous sa poitrine. Le tissu du fond de robe descendait jusqu'à ses pieds et était fendu tout le long de sa jambe droite jusque très haut sur sa cuisse. De la dentelle transparente le recouvrait et jouait subtilement avec ses courbes. Cette robe était moins osée que celle qu'elle portait pour le dernier gala mais elle était tout aussi magnifique. Sa coiffure différée de celle qu'elle arborait d'ordinaire, ils étaient sur le côté et tombés sur une de ses épaules en boucles anglaises ce qui couvrait un peu son décolleté. Pour finaliser sa tenue elle portait une étole dans les mêmes tons, ce qui la couvrait sans doute de la morsure du froid de ce début de soirée.
Ses escarpins étaient de couleur argenté et toujours aussi haut.
Pour résumer et comme à son habitude elle était à tomber.
Après être sorti de la limousine, Aro s'approcha d'elle pour la conduire sans doute jusqu'à la salle où avait lieu la soirée mais Isabella entoura sa main sur mon bras et me désigna d'une main d'avancer.
Sans faire de commentaire, je m'exécutais prenant la direction de la salle. Elle était déjà pleine de monde.
Nous descendîmes les escaliers lentement et je sentais sur moi les regardes des gens aux alentours. Des dizaines de prunelles nous relookaient de la tête aux pieds, enfin surtout moi. Apparemment notre entrée venait de faire sensation.
Inutile de chercher la cause de ce soudain intérêt. Isabella était à mon bras et non à celui d'Aro ou de Marcus ce qui était exceptionnelle surtout pour elle. Même si il n'y avait rien entre elle et moi, elle s'affichait avec un autre homme que ses associés. Un homme qui était inconnu jusque-là.
Alors qu'on atteignait la dernière marche un groupe d'homme s'approcha de nous.
Il s'agissait de certains collaborateurs de la compagnie.
Isabella ne lâcha pas mon bras durant les deux heures qui suivirent. Je ne connaissais pas la plupart des hommes et sans doute grâce à la présence d'Isabella, je récoltais un certain nombre d'adresse et de numéro de téléphone.
Elle était entrain de booster mon entreprise avec son franc-parler, son charme et sa fraicheur. Elle parlait de notre projet de Dubaï qui venait d'être finaliser et celui qui allait voir le jour. Elle était détachée et directe comme toujours tout en mettant en avant notre collaboration plus qu'efficace sur ce dossier. J'ignorais ce qu'elle cherchait, à parler ainsi de mon entreprise et surtout de moi comme elle le faisait.
Pourtant malgré ce flot de parole de sa part, elle restait distante et froide et plaçait toujours en premier cette distante pour éviter qu'ils ne s'approchent trop près d'elle. Ce sentiment était encore plus présent ce soir. C'est là que je me rendais compte qu'elle s'était énormément détendue en ma présence depuis le début de notre collaboration et bien que je ne l'ai pas bien remarqué au début, cela me sauté aux yeux ce soir.
Au bout d'un long moment et quand la conversation fut enfin terminer, je m'empressai de l'entrainer vers le buffet pour éviter qu'elle continue son marathon.
Elle déclina les amuses bouches que je lui présentais mais accepta le verre de vin rouge. Elle leva son verre dans ma direction avant de tremper les lèvres.
- Vous êtes très … bavarde … ce soir …, murmurai-je en la fixant droit dans les yeux.
- Il faut profiter de chaque occasion …
J'esquissai un sourire avant de l'imiter et de prendre un verre de vin à mon tour.
- Votre retour jeudi, c'est bien passé ?
Le mien avait été assez horrible face à ce que j'avais compris mais je m'étais également inquiété pour elle après le débarquement des gardes du corps qu'Aro avait envoyé à ses trousses.
Elle haussa les épaules sans répondre pour autant. Sauf que je n'allais pas lâcher le morceau.
- Isabella ? L'appelai-je en me mettant devant elle afin qu'elle soit forcée de me regarder.
Elle leva ses yeux parfaitement maquillés et me jaugea un moment avant de prendre la direction de la terrasse.
Je la suivis sans un mot et nous nous retrouvâmes dehors comme la première fois ou nous avions assisté ensemble à une soirée.
- Vous prenez des droits … Monsieur Cullen …
Je lui adressais un clin d'œil qui la laissa bouche bée un moment. Avec elle, c'était si facile d'oublier le reste. Mon passé, ce petit garçon, plus rien n'avait de sens mis à part cette femme devant moi.
Elle occultait parfaitement le reste. Je me sentais vivre à son côté.
- Et vous êtes plus familière, Madame Voltury …
Ses yeux furent soudain insondables comme si elle réfléchissait à mes propos avec sérieux alors qu'il s'agissait d'une simple blague. Oui elle se détendait légèrement à mon contact mais j'adorais ça.
- C'est vrai … mais un ami m'a dit un jour que certaine personne pouvait encore avoir de vrais sentiments ... et qu'il fallait laisser une chance aux gens qui nous voulaient du bien …
Mes paroles, en gros.
J'étais un ami … bien que cela ne soit pas assez pour mon cœur masochiste, elle était entrain de s'ouvrir à moi ce qu'elle trouvait impensable deux mois auparavant.
- Pourquoi un tel revirement ? Que s'est-il passé en deux mois ?
Elle resta silencieuse tellement longtemps que je crus qu'elle ne me répondrait pas. Pourtant elle finit par ouvrir la bouche.
- Rien sans doute mais … ces deux derniers mois ont été tellement intenses …
Elle ne répondait pas à ma question, je le savais et elle aussi.
Elle constatait seulement.
- Je m'étais habituée à votre présence … je ne pensais pas que notre collaboration … me … manquerait …
Les mots sortaient difficilement de sa bouche, elle ne voulait pas avouer la vérité. Cette femme était tellement marquée par les drames que le simple terme « sentiment » était trop dur à supporter pour elle. Le mur qu'elle avait construit s'ébranlait.
- Vous voir tous les jours m'a manqué également …
Ce n'était pas tout à fait la même chose. Elle parlait de travail mais je parlais d'elle. Elle en avait conscience mais elle prit le parti de faire comme si je n'avais rien dit.
Elle me surprit totalement quand elle se tourna vers moi et leva son verre de vin dans ma direction.
- Levons nos verres à notre collaboration …
- Qu'elle soit encore longue et riche …
Je choquais mon verre avec le sien sans la quitter des yeux une seule seconde. Elle porta le met à ses lèvres et j'en fis de même.
En cet instant, elle était presque accessible et elle était d'autant plus désirable. Comment une femme pourtant pas bien grande pouvait me réduire à un tel état de transe simplement d'un regard ?
Elle allait ajouter quelque chose quand Aro apparut soudain à ces côtés.
- Isabella … je vous cherchais …
Et bien maintenant il venait de la trouver et je n'étais pas certain que ce soit pour le mieux.
Isabella esquissa un sourire mais il était trop raide pour être parfaitement sincère. Apparemment, quelque chose n'allait pas entre les deux associés. Il y avait comme un malaise et je trouvais ça bizarre surtout pour des personnes qui s'entendaient bien d'ordinaire.
Je me demandais brièvement si cela avait un rapport avec le jeudi précédent ou si le désaccord était plus ancien.
- Nous avons besoin de vous …
Il lui tendit sa main qu'Isabella fut forcée d'accepter.
- Excusez-moi Monsieur Cullen …
Et il l'entraina vers la salle. Aro Philips aurait-il quelque chose à reprocher à son associé ?
Peut-être cela avait-il un rapport avec la soudaine relation ambigüe que nous entretenions.
Je la regardais s'éloigner avec l'impression que c'était la bonne chose à faire mais cette douleur au creux de la poitrine me rappelait que je n'avais aucune envie de la laisser partir.
Je restai quelques instants sur la terrasse avant de rejoindre la salle de bal.
Je cherchais Isabella du regard et je la trouvais bientôt entourés d'un groupe d'homme d'affaire dont parmi eux se trouvait Caïus Vladescu.
Je ne pus m'empêcher de me précipiter vers elle comme si ma présence pouvait changer quelque chose.
Isabella participait à la conversation de manière active et bizarrement Caiüs Vladescu se taisait.
Bientôt les hommes se dispersèrent y compris Aro et Marcus et ma collaboratrice se retrouva de nouveau à la merci de l'autre détestable.
Je me postai à ses côtés bien décidé à le remettre à sa place à la moindre parole déplacée.
Il jaugea Isabella de la tête au pied avant d'esquisser un sourire ironique.
- Vous me surprendrez toujours … vous avez presque l'air d'une bourgeoise …
Quelqu'un avait-il le cran de remettre une bonne fois pour toute cet homme à sa place ?
J'avais bien envie de le faire moi-même mais je n'étais pas certain de la réaction d'Isabella si je jouais au chevalier servant.
- Et vous vous êtes presque respectueux …
Elle lui avait répondu. Pour la première fois depuis que je la connaissais elle ne l'avait pas laissé dire ce qu'il voulait.
Visiblement je ne fus pas le seul à être surpris puisqu'il fronça légèrement les sourcils avant de reprendre son masque mauvais.
- Ne jouez pas avec moi Isabella, vous ne gagnerez pas à ce jeu-là …
Il l'a regardait avec des éclairs dans les yeux comme si il avait envie de la tuer sur place. Qu'avait-elle pu bien faire de si grave pour qu'il ait un tel sentiment de haine envers elle ?
- Est-ce une menace ?
La voix de ma collaboratrice était dangereusement basse comme si elle était prête à attaquer au moindre instant.
Cette histoire avec Caïus Vladescu était une autre énigme à ajouter aux nombreuses autres que j'avais déjà.
Il y avait des pans entiers de la vie d'Isabella qui m'était inconnu et je me rendais compte que je n'étais sans doute pas au bout de mes surprises avec elle.
- Une clarification seulement …
Si j'avais été libre de mes mouvements, j'aurais sans doute collé mon point dans la tronche de ce bourgeois bedonnant.
Soudain quelqu'un nous rejoignit et une nouvelle fois je crus que le sol était entrain de se dérober sous mes pieds. Mais quand cela allait-il s'arrêter ?
- Ah je vous attendez justement ! Entendis-je Caïus s'exclamer en accueillant le nouveau venu avec un grand sourire alors que j'avais envie de m'évanouir.
L'homme me regardait avec un air mauvais sur le visage. Il était parfaitement conscient de mon malaise et il s'amusait avec. Ce sadisme je le connaissais parfaitement depuis 10 ans.
- Isabella, je tenais à vous présenter mon nouveau collaborateur … James Nomade.
Isabella hocha la tête mais ne s'avança pas. L'homme lui rendit son geste avant de me tendre la main.
Je n'eus d'autre choix que de la lui serrer.
- James va apporter son aide pour notre projet …
Je n'écoutais plus rien parce que cet homme venait tout droit de sortir de mon passé noir. L'homme qui me faisait chanter, celui qui avait le moyen de me détruire, non seulement ma société mais aussi ma relation avec Isabella.
James Nomade, mon maître chanteur, celui qui était là le jour où j'avais pressé la détente sur ce pauvre gamin innocent et qui était en partie responsable de sa mort.
Celui sans qui tout cela ne serait jamais arrivé.
Alors qu'en pensez-vous ? Pas trop déçu ?
Edward est vraiment coincé ! Que pensez-vous qu'il va faire ?
Et James ?
Pour le prochain chapitre …. On continue dans les révélations !
A la semaine prochaine !
