Chapitre 17 : Passé et chantage …

Bonsoir tout le monde !

Et voilà l'arrivée du chapitre 17 !

Tout d'abord je tiens à vous remercier toutes sans exceptions pour continuer à me suivre après tous ces chapitres ! J'espère que l'histoire continue à vous plaire ...

En tout cas je remercie toutes celles qui m'ont laissé une review. Je tiens à leur dire un grand merci de le faire à chaque fois ^^. Je ne leur réponds pas systématiquement mais je peux vous affirmer que je lis attentivement chacune de vos remarques, de vos impressions ainsi que vos suppositions sur la suite …

Ce sera tout pour ce soir, je vous retrouve en bas …

Bonne lecture …


Chapitre 17 : Passé et chantage …

PDV Edward

Je m'étais littéralement enfui quand James était apparu.

Je savais que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne se mette à parler.

A partir du moment où l'argent ne serait plus un facteur déterminant, il n'aurait plus besoin de moi pour l'entretenir et me garder dans ces pattes ne serait plus une option. J'étais certain que si il ne l'avait pas fait avant s'était seulement parce que j'étais plus intéressant pour lui à la tête de ma société que derrière des barreaux.

Je me demandais s'il savait qui était Isabella. Etait-il au courant qu'il était devant la sœur de ce gamin ? Est-ce son plan depuis le début ?

Ce serait étonnant qu'il ignore tout du lien de sang entre les deux. Après tout je n'avais pas eu besoin de faire de grandes recherches pour retrouver la véritable identité d'Isabella.

Connaître l'existence de son frère, un sujet qu'elle ne devait sans doute jamais évoquer avec qui conque, avait bien entendu constituait un sérieux avantage.

Je pouvais maintenant penser, et à juste titre, qu'il allait jouer avec ce lien.

Je me sentais coupable d'avoir laissé Isabella seule pour affronter ces deux hommes mais je ne pouvais pas rester plus longtemps en sa présence. Il allait détruire ma vie et tout ce que j'avais construit jusque-là et le pire était sans doute que je ne pouvais rien faire pour arrêter tout ça.

PDV Bella

Après le départ de mon collaborateur, je m'étais inquiété pour lui ce que je n'aurais jamais dû faire parce que cela ne me regardait pas.

Il paraissait vraiment pâle comme si il était entrain de tomber malade. C'est ce qu'il avait dit d'ailleurs en partant. Bien que je n'en ait aucun droit, j'aurais voulu le suivre pour m'assurer qu'il rentrait bien et qu'il n'aurait pas de problèmes mais personne n'aurait compris mon comportement et surtout pas Aro.

Je m'étais donc retrouvée avec Caïus Vladescu et son nouvel homme de main à n'en pas douter, qui me regardait étrangement.

Ce nouvel arrivant ne m'inspirait pas plus confiance que l'homme d'affaire. Il avait tout du prédateur et le malaise était bien présent. Heureusement Aro était apparu près de moi et je lui en étais gré. Nos relations étaient peut-être tendues ces derniers temps mais je pouvais compter sur lui. Grâce à son intervention, nous avions pu rentrer. Le silence dans la voiture était total.

Ni Marcus, ni Aro ne prononçaient une parole et de mon côté je n'avais pas plus envie d'ouvrir la bouche. Mes associés et surtout Aro dont j'étais la plus proche, n'acceptaient pas la nouvelle relation que j'entretenais avec mon collaborateur.

Il voyait se rapprochement d'un mauvais œil. Je lui avais pourtant affirmé qu'il ne fallait pas s'inquiéter mais il refusait de me faire confiance sur ce sujet. Apparemment il avait un mauvais pressentiment et ne voulait pas que je mélange le travail et ma vie privée.

A ces mots, je lui avais répondu vertement que ce n'était pas mon genre et que de toute manière tout ce qui se passait dans ma vie personnelle ne le regardait pas.

Je ne voulais pas qu'il se mêle de ce qui se passait entre mon collaborateur et moi alors que je n'en savais rien moi-même. J'ignorai totalement ce qu'il était entrain de m'arriver. Dans ma tête ma vie avait toujours été toute tracée mais voilà que je remettais en cause certain de mes choix.

Edward Cullen était différent. Il était le premier à avoir fissuré le mur en bêton armé que j'avais construit autour de moi après la mort de Dimitri. Le perdre avait été une autre grande épreuve de ma vie après ma famille. Il m'avait toujours juré que jamais il ne partirait et pourtant bien que je sache que ce ne soit pas de sa faute, il était partit quand même.

Edward Cullen m'avait touché et après le voyage à Dubaï, j'avais passé beaucoup de temps à réfléchir à notre conversation sur la plage. J'avais analysé chaque parole, chaque mouvement qu'il avait eu.

Ces deux derniers mois avaient été intenses et surtout une suite d'épreuve à traverser.

Kiara venait de se faire renvoyer de son école et Aro m'avait ordonné de faire quelque chose ou il prendrait les choses en main. Ma fille avait tout simplement frappait un autre élève avant de s'en prendre verbalement à une surveillante qui avait voulu les séparer. Si cela ne suffisait pas, dans un accès de colère, elle avait fini par le matériel de classe qu'elle avait envoyé valsé. La note était salée et j'avais dû faire un chèque de plus de 10 000 dollars pour réparer ce qu'elle avait brisé.

J'ignorais totalement ce qui l'avait mis dans cet état. Elle n'était pas du genre à péter les plombs ainsi, du moins avant. La petite fille que j'avais élevée était d'une douceur et d'une gentillesse à toute épreuve. Elle était une bonne élève et non ce cancre qui était à deux doigts de redoubler parce qu'elle n'avait pas ouvert un cahier depuis des mois.

Pour le bien de ma fille, j'avais donc pris une décision radicale. Kiara allait être placée en pension en Suisse à partir du mois de septembre. Je n'avais pas pris cette décision de gaité de cœur mais je n'avais pas le choix. Elle était entrain de mal tourner et je me devais de réagir avant qu'il ne soit trop tard. L'établissement était réputé pour sa sévérité et surtout son respect de l'ordre, exactement ce qu'il fallait à ma fille pour la remettre dans le droit chemin. Du moins je le pensais. La conversation que nous avions eue sur le sujet avait très mal terminée et elle était partie en claquant la porte envoyant dans la manœuvre un vase couteux au sol.

Je me faisais l'effet d'une horrible personne. Me séparer de ma fille, l'envoyer si loin …

Je n'étais pas certain qu'agir de cette manière était la solution. J'avais plus l'impression que cela allait empirer les choses mais dans l'état actuel des choses, la garder ici, la déscolarisé était sans doute pire que tout.

Peut-être que s'éloigner de moi était la solution.

C'était moi le souci. Elle m'en voulait tellement et je savais qu'elle en avait le droit. Je lui avais fait endurer trop de chose. Je l'avais obligé à porter ma souffrance alors qu'elle n'était qu'une enfant.

Et puis je l'avais privé d'un père. Que je ne lui donne pas l'identité de son père biologique était sans doute le plus grand gouffre qui nous séparait.

Le ton et les mots qu'elle avait employé avait été très durs à encaisser. Entendre sa propre fille sous-entendre que j'étais une trainée et que j'étais incapable de savoir qui était son géniteur parce que j'avais couché avec trop d'homme, c'était un choc.

Elle ne me parlait plus depuis cet épisode. Quand à Charlotte et Lise je savais qu'elles souffraient autant que moi de l'attitude de leur aîné qui un an auparavant était toujours présente pour elles. Mon absence n'était pas faite pour arranger les choses.

Je les laissais vivre ce choc toutes seules, n'étant pas présentes pour chacune d'elle.

Dans toute cette histoire, la réapparition d'Edward Cullen avait été un salut, le premier homme à agir presque normalement avec moi et à se soucier un tant soit peu de mes filles et de leur mal être. En général quand il avait quelque chose à dire, il le disait et les conséquences étaient vues par la suite.

Le baiser que nous avions échangé durant le voyage à Dubaï était encore omniprésent dans mon esprit. Mon propre corps m'avait trahi et je lui avais répondu.

Contrairement à ce que pensaient les journaux, je n'avais eu aucune aventure depuis la mort de Dimitri. J'étais bien trop occupée à me construire ma carapace pour faire attention au sexe opposé.

Edward Cullen m'avait eu par surprise.

J'étais consciente de jouer avec le feu avec lui. J'ignorais totalement où cela allait mener pourtant je m'en moquais. Etre autre chose qu'une mère, autre chose qu'une PDG, arrêté de se contrôler en tout instant … voilà des concepts que je réapprenais.

Je reprenais goût à la vie, tout simplement.

Le lundi suivant, je retournais à la compagnie.

Normalement il était convenu avec Edward de commencer le travail du second projet de Dubaï la semaine suivante. Je n'étais donc pas censé le voir avant sept jours.

Je n'aurais pas dû être si déçue et pourtant s'était le cas. Le voir était ce que je voulais.

Je me mis rapidement au travail. La journée fut particulièrement intense et rythmée par des réunions et par la signature de plusieurs contrats.

Il était plus de 20 heures quand je relevais enfin la tête de ces papiers.

J'avais promis à mes filles d'être là quand elles iraient se coucher, il allait donc falloir que je me mette en route rapidement si je voulais leur lire une histoire ou tout simplement les embrasser.

Je m'empressai de rassembler mes affaires mais au moment où j'allais sortir Jacob entra dans mon bureau. J'ignorai qu'il était encore là.

J'avais tellement était absorbé que je ne m'en étais pas rendu compte.

J'allais lui dire de partir au plus vite pour rentrer chez lui mais son air grave m'interpella.

- Que se passe-t-il ?

Mon secrétaire était quelqu'un d'assez joyeux et qui était rarement de mauvaises humeurs en temps ordinaire, pourtant l'expression de son visage, m'informais que quelques chose n'allait pas. Je pouvais affirmer sans me tromper, qu'il avait un souci.

- Un visiteur Isabella … James Nomade.

Un mauvais pressentiment me gagna soudain. Cet homme ne me plaisait pas et apparemment il en était de même pour Jacob.

Je ne pouvais pas le dédaigner, il savait que j'étais là. J'ignorais si Aro et Marcus étaient toujours dans les locaux. Je ne tenais pas plus à savoir que ça ce que cet homme me voulait mais je n'avais pas vraiment le choix. Des problèmes avec Caïus Vladescu n'était pas à souhaiter pour le moment, surtout avec le contrat que la compagnie était entrain de signer avec son entreprise.

C'est Aro qui y avait tenu, me démontrant que cela ne pourrait être que bénéfique. Une association avec lui n'apporterait que des problèmes selon mon point de vue. Marcus avait déjà fait des affaires avec lui et il ne voulait plus renouveler l'expérience. Mais ce n'était pas le cas d'Aro qui y tenait pour je ne sais quelle raison.

Je m'étais donc rangé à son opinion sans rien dire de toute façon ce n'est pas moi qui aurais à faire à lui la plupart du temps, et nous avions signé bien malgré moi. Peut-être que ce James, soit disant son nouveau collaborateur était là pour ça.

- Faîtes le entrer, dis-je à un Jacob à la mine renfrognée.

J'aurais aimé lui demander quel était son problème mais ce n'était pas vraiment le genre de la maison. Je pense qu'une telle interrogation de ma part pourrait soulever certaine questions.

- Isabella …

Je fronçais les sourcils prête à entendre ce qu'il allait dire mais il parut se raviser. Il tourna les talons en secouant la tête et quelques instants après, l'homme aux cheveux blonds pénétra dans mon bureau.

Oubliant l'attitude étrange de Jacob je me concentrais sur James Nomades.

Dès les premiers instants, je sentis le malaise me gagner ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps. L'instinct que j'avais quand j'étais plus jeune se réveilla ce qui était étrange car ce mauvais pressentiment ne m'était arrivé que très rarement et seulement en présence de mauvaise personne.

C'était plus un instinct de conservation qui me mettait en alerte en allumant les warning.

Cet homme était dangereux. J'ignorai comment je le savais mais il n'y avait qu'à le regarder pour le deviner.

Il devait bien mesurer dans les 1m80 et était revêtu d'un costume plutôt chic bien qu'il ne soit pas taillé sur mesure. Ses cheveux étaient longs et noués en queue de cheval bas sur sa nuque. Ses yeux d'un bleu très clair, reflétaient un éclair étrange que je n'arrivais pas à identifier. Son attitude par contre était celle d'un homme nonchalant un peu trop confiant à mon goût.

- Bonjour Madame Voltury, susurra-t-il en me jaugeant de la tête aux pieds comme personne ne l'avait faut depuis longtemps.

J'eus l'impression d'être dévisagé exactement de la même façon qu'il y a quelques années auparavant et le rappel me donnait des frissons.

L'espace d'un bref instant j'eus le sentiment étrange que j'avais déjà vu cet homme quelque part. Son visage m'était familier. Mais j'avais passé les 15 dernières années à refouler un passé trop douloureux, le souvenir était bien trop enfouit pour que je mette un nom sur ses traits.

- Monsieur … sur quel motif dois-je votre visite ?

Que me voulait-il ? Je ne le connaissais pas, du moins je n'en avais pas le souvenir, et je n'avais pas pour habitude de traiter avec les employés.

Je me composais l'attitude la plus dur et la plus supérieure que je pouvais. Heureusement les années passées à être un glaçon m'aidèrent grandement à mettre le masque le plus froid et le plus hautain que j'avais.

Il continua à me détailler un moment de ces yeux bleus perçant avant de se détourner et de jauger la pièce avec un regard critique.

- Vous avez magnifiquement réussit visiblement …

Ces mots me donnèrent un mauvais goût dans la bouche. Cette phrase avait été prononcé de manière tellement subjective que j'étais certaine qu'il y avait un gros sous-entendu derrière cette phrase.

- Pourrais-je connaître le motif exact de votre visite ?

Ma voix était aussi rigide que mon attitude. Je voulais une réponse et je tenais à l'obtenir.

L'homme se tourna vers moi avant de laisser échapper un rire mauvais. Il fit quelque pas dans la pièce et passa derrière le bureau ou il prit le parti de s'asseoir sans que je l'y autorise sur mon siège de PDG. Il pesa son dos sur le fauteuil comme le faisait les hommes avec un pouvoir. Le maître de la situation et j'avais l'impression qu'il l'était bel et bien l'homme du moment.

- Inutile de jouer à ce jeu avec moi Bellissima …

Le surnom me fit ouvrir grand les yeux.

C'était mon surnom … du moins celui que me donnait mon père quand j'étais encore qu'une petite fille et qu'avait repris ma sœur et mon frère durant des années. Peu de gens le connaissait puisque personne ne m'avait appelé autrement qu'Isabella depuis 10 ans.

Quand il aperçut la bref fissure de mon masque, que je laissais échappé l'espace de deux secondes, il se mit à rire de ma confusion passagère.

Cet homme savait qui j'étais, il n'y avait pas de doute.

- Vous ne me reconnaissez pas.

Il s'agissait d'une affirmation et nullement d'une question. Il avait conscience que je n'avais aucune idée de qui il s'agissait.

- Vous ne savez pas qui je suis … mais moi je sais parfaitement qui vous êtes … Isabella Marie Swan ….

A cet instant, je faisais un pas en arrière de 15 ans. Je redevins cette adolescente paumée, orpheline et sans aucun repère. Cette fille rebelle qui devait se battre pour toutes les choses lui tenant un tant soit peu à cœur.

Mais je n'avais jamais baissé les bras pour m'en sortir. La mort de ma famille m'avait fait atteindre le fond mais Kiara avait été mon salut. Bien avant de rencontrer Dimitri, j'avais déjà un pied hors de l'eau. Je lui devais beaucoup mais il n'avait pas été là pour les premières années.

J'avais obtenu le bac et commençais des études pour donner une chance à ma fille. Sans elle, j'aurais sans doute sombré.

En me mariant avec lui, j'avais été obligée de changer d'identité afin de le protéger lui mais aussi Kiara et moi. Dimitri avait tenu à garder cette part de moi, orpheline qui avait réussi à s'en sortir mais j'avais du oublier en contre partie ma sœur et mon frère. J'avais été forcée de lui promettre de ne jamais engager de poursuite pour retrouver leurs meurtriers afin que personne ne découvre que j'étais en fait Isabella Swan, fille de flic d'une petite bourgade et d'une institutrice d'école maternelle, adolescente avec un frère mort dans un quartier malfamé de Seattle et une sœur sans aucun doute prostituée qui vendait son corps à n'importe qui pour un peu de drogue. Une sœur tellement dérangée qu'elle était en partie responsable de la mort de notre petit frère. Elle était là le jour de la mort de Quil et elle n'avait pas levé le petit doigt pour le sauver.

Dimitri refusait que tout ça refasse surface. Avec le temps je l'avais accepté et j'avais fini par oublier qui était Isabella Swan. A la mort de mon mari j'avais distraitement rouvert l'affaire à Seattle mais n'ayant pas utilisé Voltury comme nom les choses n'avaient jamais abouti. L'arme ayant tué mon frère n'avait jamais été retrouvé quand à ma sœur, sans doute un client s'était retourné contre elle.

Je reportais mon attention sur cet homme qui avait parfaitement conscience de ces souvenirs qui revenaient me hanter.

- Qui êtes-vous ?

Cet homme était irrémédiablement relié à mon passé mais je n'avais pourtant aucun souvenir de lui. J'étais certaine que si je l'avais côtoyé je me serais souvenu de lui. Pourtant cette impression de déjà-vu était bien présente.

- Et vous Isabella Swan … qui êtes-vous ? … moi je pencherai pour une imposture …

J'aurais voulu le remettre à sa place mais je doutais que ce soit une bonne idée tant que j'ignorai tout de qui était cet homme.

- Je vous ai demandé qui vous étiez …

Je tentai de garder ma voix la plus posée possible afin de ne pas lui montrer mes véritables émotions.

Ce James eut un rire mauvais qui me donna presque la chair de poule.

- Vous ne pensez pas que je vais vous répondre …

Il croisa sa jambe sur son genou avant de faire des manières avec ses doigts comme pour me faire comprendre qu'il maitrisait la situation et que je ne pouvais rien faire.

- En revanche moi je sais qui vous êtes et qui payerez pour savoir ce que je sais …

Les journalistes bien sûr.

Sa phrase était clairement une menace à peine voilée. J'avais l'impression de tomber à pieds joints dans les embrouilles.

- Vous ne savez rien du tout …

Je bluffais inutile de mentir. Je tenais à connaître ce qu'il savait réellement. Il me regardait avec détermination et je pus enfin identifier cet éclat dans ses yeux. La perversion.

Il savait très bien ce qu'il faisait.

- A l'âge de 13 ans, vous avez mis le feu à la cantine de l'orphelinat ou vous logiez. Vous aviez 14 ans quand vous avez battus un garçon alors que celui-ci vous avait piqué votre gouté et ensuite vous avez envoyé une fille à l'hôpital alors qu'elle ne vous avez rien fait de particulier enfin à part mettre du poil à gratter dans vos couvertures. Vous avez disparu durant des semaines entières. Personne ne savait ou vous étiez ni ce que vous faisiez. Vous êtes revenue avec un bébé ce qui n'est pas très étonnant quand on songe aux garçons tous plus vieux que vous que vous fréquentiez à ce moment-là. Vous n'aviez que 15 ans, ils avaient la vingtaine pour la plupart … Sans oublier la drogue bien sûr …

Une sueur froide me coula le long du dos alors qu'il m'exposa les unes après les autres, une partie de ce que j'avais fait à l'orphelinat. Je n'avais jamais prétendue être une enfant de cœur. Ses paroles étaient la vérité pour la plupart. J'étais une adolescente en quête d'identité. J'avais toujours eu une certaine éloquence ce qui m'avait grandement servit à me sortir de situation délicate et j'en avais eu plus que mon compte. J'étais comme Kiara au même âge, rebelle et pleine de colère.

J'étais prête à faire presque n'importe quoi mais sa dernière accusation était une affabulation totale.

- C'est faux, je n'ai jamais touché à ça …

Je refusais de devenir comme ma sœur qui avait commencé à seulement 14 ans. Durant les deux années qui ont suivis, elle se droguait mais elle était restait avec moi et je la surveillais beaucoup. Etant encore une enfant moi-même, ça n'avait pas été facile. Ce n'était pas la joie à l'orphelinat. Elle en était partie à 16 ans suivant un mec qu'elle venait de rencontrer et c'est à ce moment-là que j'avais commencé à en vouloir à la terre entière.

Mais jamais je n'avais fait la même erreur que Tanya. Par contre, il m'était arrivé de garder sa drogue parfois quand elle revenait me voir. Je ne la voyais que rarement après son départ et je m'étais bien entendu rendu compte qu'elle était entrain de se détruire à petit feu. Alors j'avais fait ce qu'elle me demandait espérant qu'ainsi elle en consomme moins. Sauf qu'il s'agissait là d'illusion.

Des surveillants étaient tombés dessus alors que je n'avais pas fait attention et comme je n'étais plus dans les bonnes grâces de personne depuis mes excès de rébellion, l'incident m'avait valu une maison de redressement à 14 ans.

- Et pourtant j'ai des témoins qui affirment le contraire… et puis sans oublier votre changement d'identité … Isabella Swan … j'ignore combien cela coûte quand on usurpe l'identité de quelqu'un …

C'était pire que tout.

Mon passé ne pouvait pas resurgir ainsi. Je ne pouvais pas faire courir ce risque à la compagnie.

J'avais eu du mal à la reprendre après la mort de Dimitri notamment à cause de mon manque de crédibilité. J'avais fait des études certes mais à la base je n'avais aucune qualification pour diriger l'entreprise. C'est Aro qui m'avait tout appris. Il ne m'avait jamais lâché et je lui devais beaucoup.

Il était au courant d'une partie de mon histoire, bien entendu mais pas de tout. Si elle était révélée au grand jour alors se serait la catastrophe.

Tout le travail que j'avais accompli depuis toutes ces années serait tué dans l'œuf avec de telles accusations. Sans parler de mes associés ou de mes filles.

Kiara était entrain de passer exactement par la même phase que moi bien que j'étais encore plus jeune et je savais où cela m'avait mené.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

J'avais une petite idée du prix de son silence. Je n'avais pas à chercher bien loin pour le connaître.

Il rit de nouveau, se moquant ouvertement de mon changement d'attitude.

Je ne cherchais plus à montrer ma force. Je n'en avais pas. Il tenait les rênes et j'allais devoir le suivre.

- 10 000 dollars pour commencer …

Je le regardais fixement déchargeant dans mon regard toute la haine que je ressentais.

« Pour commencer », qu'allait-il vouloir encore ?

Je tournais ensuite les talons pour appuyer sur un bouton près du bureau.

Un pan de mur bougea et révéla un coffre-fort que je gardais ici.

Je tapais rapidement le code avant de poser ma main sur l'empreinte digitale, je fouillais ensuite dans la paperasse pour en sortir une liasse de billet.

C'était une idée de Dimitri à la base de toujours garder de l'argent liquide ici. On ne savait jamais quand nous allions avoir besoin de liquidité.

En réalité, il y avait 100 000 dollars en petite coupure mais regroupé en liasse de 10 000.

Je refermais le coffre avant de me tourner vers ce James et de balancer plus que je ne posais l'argent sur mon propre bureau.

- Maintenant partez !

De nouveau, ce rire avant qu'il ne prenne la liasse et la mette dans la veste de son costume.

Il se leva et fit le tour du bureau afin de passer près de moi.

Je tournais la tête vers lui essayant de paraitre la plus brave possible.

Il n'était qu'à quelques centimètres de moi mais je me forçais à ne pas reculer.

- Ce fut une joie de faire affaire avec vous … Bellissima …
Il éclata de rire avant de sortir de mon bureau.

Toute la tension accumulait tomba sur moi et je m'écroulais sur le sol.

Le vent était entrain de tourner et j'ignorai comment j'allais pouvoir gérer la situation. Jamais personne ne devait connaître mon passé et encore moins entendre parler de cette histoire. Cela incluait Aro et Marcus.

Ils connaissaient bien entendu ma véritable identité puisqu'ils avaient aidé Dimitri avec ce changement de nom mais je n'étais pas certaine qu'ils sachent réellement qui j'avais été avant 15 ans.

Des coups à la porte de mon bureau me ramenèrent à la réalité.

Je me forçais à me relever au moment où Aro pénétra dans la pièce.

- Isabella que se passe-t-il ? S'inquiéta-t-il immédiatement. Vous êtes blanche …

Pour qu'il me fasse la remarque, c'est que je ne devais pas avoir l'air bien du tout. Il n'était pas du genre à se préoccuper de ça.

- Ce n'est rien Aro, juste un peu de fatigue … je vais rentrer.

Il hocha la tête apparemment guère convaincu mais il n'insista pas.

Dix minutes plus tard je me retrouvais dans la voiture conduit par Alec.

Qui était donc ce James ? Il devait avoir un lien étroit avec mon passé pour connaître toutes ces choses mais je ne me souvenais pas de lui.

J'avais beau fouiller dans ma mémoire rien n'y faisait.

En rentrant chez moi, je montais directement dans la chambre des filles que j'embrassais. Elles s'aperçurent de mon humeur mais ne firent aucun commentaire.

Quand je regagnais ma propre chambre, je m'écroulais sur mon lit tout en fouillant ma mémoire de fond en comble.

Mu soudain par une intuition je me précipitais dans un placard de la pièce fermé à double tour ou je conservais une série de trésor. Des objets ayant appartenu à ma famille ou à mon mari et auquel je tenais particulièrement.

Je sortis un carton ou se trouvait les affaires de ma sœur.

J'attrapai des documents et des photos les unes après les autres avant de tomber sur quelque chose.

Une photo de Tanya, Quil et de moi le jour du 17ème anniversaire de ma sœur, quelques mois avant sa mort. Elle n'était déjà plus celle que j'avais connu étant marquée par les épreuves.

Mais ce n'est pas ça que je cherchais. En arrière-plan se trouvait une moto sur laquelle était installé un homme qui avait revêtu un casque cachant ainsi son visage. Pourtant la queue de cheval était assez explicite pour moi.

C'était Gabriel le copain de Tanya.

A l'époque, je n'avais que son prénom et je n'avais jamais fait attention à lui.

Gabriel et James ne faisaient qu'une seule et même personne visiblement.

Après la mort de Tanya, la police l'avait cherché afin de l'interroger mais il avait disparu.

Je ne l'avais pas vu assez de fois pour me rappeler de lui et il n'avait jamais fait partie de la liste des suspects puisqu'elle l'avait quitté plus d'un an avant sa mort, c'est-à-dire quelque mois après que cette photo ait été prise.

En me souvenant de la conversation que je venais d'avoir avec cet homme, je comprenais mieux d'où il pouvait tirer ses informations. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi avoir attendu tout ce temps ?

Il avait eu 10 ans pour venir et il avait attendu.

Je finis par ranger tout ce bazar et par me coucher. Mais il me fallut un moment pour m'endormir ce soir-là et quand j'y parvins enfin, mes songes furent peuplés de cauchemars.

PDV Edward

Je ne revis Isabella que le lundi suivant comme il était convenu.

Toute la semaine j'avais pensé à elle et à James, et je n'avais cessé de retourner la situation dans tous les sens.

Il n'y avait pas d'issu. Pas de sortie possible.

Je n'avais donc pas le choix.

Isabella et moi ne pouvions pas être ensemble.

Je me présentais au sein de la compagnie à l'heure qu'elle et moi avions fixée en début d'après-midi. Je m'attendais à trouver la même femme que d'ordinaire. Cette beauté froide et distante peut-être un peu plus chaleureuse qu'à l'ordinaire mais rien de très développé.

Pourtant quand je me plantais devant Jacob il avait la tête d'un homme ayant vu un fantôme récemment.

Sans un mot il me serra la main et me fit entrer dans le bureau d'Isabella qui était assise sur son siège droit une comme I, les yeux dans le vide et un masque indéchiffrable sur le visage.

Je fis du bruit en poussant la porte, ce qui lui fit relever la tête mais ses yeux et son attitude étaient hagards.

Sans avoir fait deux pas dans la pièce je pouvais affirmer que quelque chose n'allait pas du tout.

Je la connaissais assez pour pouvoir l'affirmer.

- Isabella ? L'appelai-je doucement en m'approchant d'elle.

Elle ne me répondit rien et j'en fus un instant désarçonné. Je ne savais pas vraiment quoi faire au milieu de la pièce. Mais je ne pouvais pas rester là sans rien faire. Je pris donc l'initiative de contourner le bureau pour me retrouver plus près d'elle.

Elle releva la tête vers moi totalement sonnée. La voir dans cet état me faisait mal. Ce n'était pas elle.

- Bonjour Edward …

Elle m'adressa un sourire mais il était totalement vide.

Oubliant de nouveau mes résolutions, je lui attrapais les mains pour la faire se relever.

Elle portait comme toujours ses talons, son visage se trouvait donc à peu près à ma hauteur.

Sans vraiment réfléchir je portais ma main à son visage et la posais sur sa joue.

- Que se passe-t-il ?

Elle baissa le regard mais je la sentais crispée et surtout sur ses gardes prête à sortir les griffes à tout instant.

- Vous pouvez me le dire …

Elle secoua la tête. Visiblement elle n'était pas prête à parler et je n'allais pas la forcer.

Elle plongea ses yeux dans les miens et durant un long moment, nous restâmes à nous contempler sans bouger.

Les sentiments que j'éprouvais pour cette femme était une voix sans issus. J'approchais mon visage du sien en même temps qu'elle avançait elle aussi. Nos lèvres se rencontrèrent à mi-chemin.

Si au départ notre baiser fut lent et à peine plus lourd qu'un pétale de rose, vite elle enfouit ses mains dans mes cheveux pour rapprocher ma tête de la sienne.

Je m'étais tout le désespoir que je ressentais dans cet échange.

Un désespoir dû au fait que j'étais incapable de m'éloigner d'elle alors que s'était la meilleure chose à faire, un désespoir parce que j'allais la faire souffrir encore, ce n'était plus qu'une question de temps car James allait finir par parler, c'était inévitable.

J'étais au fond du gouffre parce qu'elle s'ouvrait enfin à moi, elle m'embrassait et me serrait contre elle comme si sa vie en dépendait.

Je la serrais aussi fort que je le pouvais comme pour la protéger de ce monde et lui faire enfin voir le bon côté de la vie et de l'amour surtout.

Notre baiser dura un moment. Je perdis la notion du temps mais je m'en rendis compte au moment où je me mis à manquer soudain de souffle.

Elle s'écarta de moi la première et me regarda avec prudence comme pour jauger ma réaction.

- Je suis désole … je n'aurais pas dû …

Elle détourna le regard comme si elle avait soudain honte d'elle-même.

Parfois j'avais du mal à suivre ses émotions. Elle changeait rapidement d'humeur et d'état d'esprit comme si elle ne savait pas elle-même ce qu'elle devait penser de cette situation.

- Je ne vois pas pourquoi …

Elle fronça les sourcils et parut réfléchir un moment.

- Ne me sortez pas une nouvelle fois qu'il s'agit là d'une erreur … ce n'en est pas une et vous le savez !

Elle me jeta un coup d'œil torve avant de s'écarter.

- Ah oui ?

- Oui parfaitement !

De mon côté cela aurait dû en être une bien entendu mais je voulais écarter l'idée de mon cerveau.

Elle se mit à rire un instant avant que son visage ne s'assombrisse de nouveau.

- Mais vous ne pouvez nier que ce n'est pas une bonne idée …

J'en convins difficilement mais pourtant elle avait raison. J'ignorais pourquoi elle se mettait à débattre la dessus après tout il n'y avait pas vraiment à savoir si il y avait eu erreur ou non. La question était plutôt de se mettre d'accord sur ce que nous voulions faire maintenant.

L'entrée soudaine d'Aro Voltury dans la pièce nous empêcha de continuer notre conversation.

L'associé d'Isabella nous regarda à deux fois avant de parler.

Il était temps de se mettre au travail pour le second projet de Dubaï.

L'après-midi fut très studieuse surtout en raison de la présence constante de quelqu'un près de nous. La plupart du temps il s'agissait d'Aro mais les employés de la compagnie pouvaient se trouver entre nous.

Isabella avait repris son masque habituel et se montrait très froide avec tout le monde y comprit Aro lui-même. Rien ne s'était apparemment arrangé entre eux.

Ce qui était d'autant plus étrange c'est le contraste avec son attitude envers moi.

Bien sûr elle n'évoquait aucun sujet mais elle me parlait … normalement et pas par monosyllabe comme les autres.

Pour une fois j'avais un traitement de faveur avec elle.

Il était plus de 20 heures quand madame décréta que la journée de travail était terminée.

La plupart des employés était déjà parti depuis plus d'une heure et Aro avait enfin décidé de nous lâcher un quart d'heure plus tôt pour aller chercher des documents dans son bureau.

Bien entendu il allait revenir mais nous étions tranquille sans doute encore pour quelques minutes.

Isabella finit par renvoyer Jacob chez lui et on se retrouva enfin seule.

Le silence était la troisième personne de la pièce alors qu'elle rassemblait les nombreux documents éparpillés qu'elle rangea dans un porte-folio.

Elle n'avait plus cet air perdu qu'elle arborait en début d'après-midi mais selon moi son attitude de façade cachée en fait tout autre chose.

- Venez avec moi, ne pus-je m'empêcher de lui dire quand elle se retourna.

Elle venait de ranger son bureau et avait l'air de se demander ce que je faisais encore là.

Tant pis pour les conséquences, tant pis pour demain, c'était le moment présent qui comptait.

- Pardon ?

Apparemment elle ne s'était absolument pas attendue à une telle proposition de ma part. Bizarrement moi non plus en me levant ce matin.

- Je vous invite au restaurant … vous savez la sortie ou c'est l'homme qui paye la note …

C'était une petite piqure de rappel sur ce qu'il s'était passé à Dubaï quand nous nous étions rendus au restaurant et que madame avait décidé de me couper l'herbe sous le pied.

Elle ouvrit de grands yeux à la fois choqués et étonnés que je puisse lui lancer ce genre de proposition.

Malheureusement sa réponse fut de nouveau reléguée aux oubliettes quand Aro crut bon d'entrer sans frapper.

Même si lui dire ma façon de penser n'était pas une option, j'avais tout de même bien envie d'ouvrir la bouche pour lui faire comprendre que ce n'était pas vraiment une manière à adopter. On ne rentrait pas dans un bureau qui n'était pas le sien sans avoir frapper au préalable à la porte pour prévenir les personnes à l'intérieur !

- Isabella … je pense qu'il est l'heure de rentrer.

De quoi avait-il peur au juste pour jouer les chaperons comme il le faisait ? Je n'allais pas sauter sur Isabella Masen Voltury … en tout cas pas sans son accord avant.

De plus sa remarque avec des accents d'ordre, comme si elle n'avait pas vraiment le choix et ne pouvait pas opposer de résistance.

Isabella de son côté ne regardait même pas son associé. C'est moi qu'elle fixait depuis un bon moment. Depuis que je lui avais fait cette proposition en fait.

L'espace d'un instant je me demandais si je n'avais pas commis un impaire. Après tout, elle pouvait très mal le prendre. Mais d'un autre côté, elle avait autant cherché à m'embrasser que moi quand j'étais arrivé.

Ce n'était pas la première fois que je l'affirmais mais cette femme était vraiment une énigme dont je ne parvenais pas à avoir la solution complète.

- Vous avez raison … Aro. Il est l'heure de rentrer pour vous …

Elle se tourna vers lui avec un sourire angélique mais déterminé.

- Une longue journée vous attend demain … pour ma part … je ne rentrerais pas tout de suite … Monsieur Cullen et moi avons décidé de sortir …

Elle acceptait. Isabella Masen Voltury venait d'accepter de sortir avec moi dans un restaurant ou je payerais la note !

Aro parut soudain outré au vu de la couleur à laquelle il vira. Il jaugea son associé un moment avant de se tourner vers moi.

Je pris le parti de rester aussi neutre que possible.

- Isabella …

Sa voix était dangereusement bas mais face à l'air buté d'Isabella il renonça et tourna les talons.

On se retrouva donc tous les deux.

- Vous venez de renvoyer Aro Philips pour … dîner avec moi ?

Je n'en revenais pas moi-même de ce qu'elle venait de faire.

- Vous venez de me proposer un dîner ou vous payez l'addition … je n'allais tout de même pas rater cette opportunité …

Je pris quelques secondes pour digérer ce qu'il était entrain e m'arriver avant de tendre la main vers elle.

- Allons dîner alors …

Elle l'attrapa sans un mot et me lança un sourire alors que je l'entrainais hors de la pièce.


Alors qu'en pensez vous ? Pas trop déçu ?

Une partie du passé d'Isabella est enfin dévoilée au grand jour et un Edward pas très sûr de ce qu'il est censé faire !

Pour le prochain chapitre, vous aurez le droit au premier rendez-vous officiel entre Edward et Isabella !

J'attends vos avis avec impatience !

A la semaine prochaine ^^