Chapitre 18 : Rendez-vous (partie 1)

Coucou tout le monde !

Et voilà l'arrivée du chapitre 18 qui se sera fait un peu attendre et j'en suis désolé.

Je suis particulièrement débordée ces derniers temps et je n'ai pas eu le temps de poster la semaine dernière, je suis vraiment désolé de ne plus être aussi régulière dans mes posts qu'au début et malgré mes promesses mais ce n'est pas toujours simple.

En tout cas je ferais tout pour poster maximum tous les 15 jours !

Je tenais à remercier chacune d'entre vous pour les reviews que vous me laissez à chaque fois, cela me touche énormément !

allez je vous laisse avec la suite et le rendez-vous de nos deux héros que vous attendez avec impatience, j'en suis certaine ^^

bonne lecture !


Chapitre 18 : Rendez-vous (partie 1)

PDV Edward

Isabella était assise à l'avant de ma voiture sur le siège passager, juste à côté de moi.

J'étais obligé de vérifier toutes les deux minutes que je ne rêvais pas car la situation me paraissait tellement étrange mais à la fois si normale … si il avait été question d'une autre femme.

Sauf que c'était Isabella Masen Voltury avec sa sophistication légendaire, sa robe à 20 000 dollars et ses talons ressemblant plus à des échasses qu'à de véritables chaussures.

Et elle était installée à côté de moi regardant le paysage qui défilait sous les fenêtres de la voiture.

C'était assez incroyable mais pourtant je ne pouvais en douter, c'était la stricte réalité.

Elle avait les mains croisées sur ses cuisses et elle ne bougeait pas d'un pouce, pourtant elle paraissait tout à fait sereine ce qui était déjà un bon point.

Le silence n'était pas pesant dans la voiture, il était juste un troisième compagnon faisant partie du voyage. Il s'était posé entre nous et honnêtement je ne ressentais pas le besoin de le briser.

Je savais ou je devais l'emmener. Ce n'était pas un de ces restaurants pompeux ou il nous servait des entrées minuscules dans de grandes assiettes, des repas hors de prix ou il était inutile d'espérer ressortir rassasié.

Je ne voulais pas l'emmener dans ce genre d'endroit qu'elle devait sans doute côtoyer souvent. Je voulais lui montrer un autre genre de standing.

Mes parents avaient l'habitude de se rendre dans un établissement un peu spécial à la sortie de la ville. Il était très éloigné du centre-ville et surtout la route était plutôt longue pour se aller jusque là-bas mais j'étais persuadé que le restaurant valait parfaitement le temps de route.

Par contre, je n'étais pas certain qu'Isabella se tienne tranquille pendant toute la durée du chemin.

D'ailleurs au bout d'un quart d'heure elle ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche.

- Vous comptez nous emmener ou ?

Fier d'avoir pour une fois anticipé une de ces réactions, je lui adressais un sourire éblouissant.

- Je préfère garder la surprise …, répondis-je énigmatique.

Elle ne fit pas de commentaire mais je vis parfaitement sa bouche s'étirer en un petit sourire à son tour, comme si ma remarque lui avait plu.

- Je ne me souviens plus de la dernière fois que quelqu'un a pris la peine de me faire une surprise positive … en dehors de mes enfants je veux dire …

Cette femme vivait vraiment dans un autre monde. Ou alors la vie qu'elle avait traversée jusque-là ne lui avait pas permis de profiter des choses simples de la vie. Les surprises étaient la base. Tout le monde devrait faire des surprises aux gens qu'on aime.

- Et bien c'est une erreur, vous devriez être couverte de surprise …

Elle me jeta un drôle de regard avant que son téléphone ne sonne.

Je vis parfaitement l'hésitation se peindre sur son visage alors qu'elle tirait l'engin de son sac mais quand elle lut le correspondant, un sourire s'afficha.

Je fus un peu sur le qui-vive durant un bref instant avant de comprendre de qui il s'agissait.

- Charlotte ? …

Il y eut un silence pendant lequel j'essayais de tendre l'oreille pour connaître la teneur des propos de la petite fille.

- Ah … et bien Aro a raison, ce n'est pas un rendez-vous d'affaire …

Admettre ça à sa fille de 8 ans n'était visiblement pas la chose la plus facile pour elle, ce que je comprenais parfaitement. Après tout, à cet âge-là il n'était pas rare qu'ils interprètent les choses à leur manière.

- Charlotte ! La gronda-t-elle.

- Très bien … oui je te raconterais espèce de chipie … Bonne nuit ma fille … Embrasse tes sœurs …
Elle raccrocha avant de remettre le mobile dans son sac.

Pour ma part, je fixais la route mais mon léger sourire montrait que j'avais compris la teneur des propos de Charlotte.

Visiblement la fillette avait voulu obtenir des détails de la sortie imprévue de sa mère. J'osai espérer qu'elle était heureuse pour elle. Vu la réaction d'Isabella, j'étais certain que s'était le cas.

Il y eut le silence pendant quelques secondes avant qu'elle ne se tourne vers moi.

- Vous souriez …, constata-t-elle en me détaillant.

- Vous me faîtes sourire …

J'étais certain qu'elle allait me demander pourquoi pourtant elle ne le fit pas.

Elle se contenta de rester silencieuse jusqu'à ce que je me gare sur le parking du restaurant.

Il s'agissait d'un édifice tout en pierre qui était entouré de végétation faisant de cet endroit un lieu un peu rustique.

Je me garais rapidement avant de sortir et de faire le tour de la voiture.

Isabella était habituée à ce genre d'attitude, elle m'attendit donc et me tendit sa main quand j'ouvris la portière pour elle.

Elle sortit facilement et avec grasse de la voiture et je la conduisis jusqu'à la porte.

Incertain au départ, je me rendis compte rapidement qu'aucune des serveuses que je connaissais n'était là ce soir. Je me détendis donc et demandais une table près du bord de l'eau à l'extérieur.

Le soleil n'était pas encore couché et le temps était radieux pour manger dehors.

L'homme en costume nous conduisit vers la terrasse qui n'était pas vraiment fréquentée et nous proposa un endroit un peu isolé. J'aurais d'ailleurs pu l'en remercier.

Je tirais la chaise pour ma collaboratrice avant de m'asseoir en face.

Isabella regardait tout autour de nous afin d'admirer au mieux l'environnement.

Nous étions au bord d'une petite étendue d'eau, à la couleur presque bleu cristal. Il était entouré d'arbuste en fleur qui donnait une image magnifique. Une cascade dans le fond apportait un bruit apaisant à l'ensemble. Le soleil qui était entrain de se coucher en arrière-plan amenant des couleurs vives à l'eau et détendant lui aussi, à sa façon l'atmosphère.

- C'est magnifique …, chuchota-t-elle en se tournant vers moi.

Elle était droite sur sa chaise avec les mains croisées mais son sourire en disait long sur ce qu'elle ressentait réellement. Elle était détendue et je tenais à ce qu'elle le reste.

Le soleil jouait dans ses cheveux noués en chignon et lui donnait des couleurs lui allant merveilleusement. Ses joues étaient colorées et ses yeux pétillés, à mille lieux de la tête qu'elle faisait quand j'étais entré dans son bureau en début d'après-midi.

- Mon père à l'habitude d'emmener ma mère ici … l'ambiance leur plait beaucoup …

Elle hocha la tête apparemment d'accord avec ce que je venais de dire.

- Vos parents ont très bon goût.

Un serveur surgit soudain à nos côtés et nous présenta les menus. Je n'avais guère envie de me plonger dedans, le plat du jour suffirait bien et de toute façon je n'étais jamais déçu avec ces plats.

Je posais le carnet avant de me concentrer sur Isabella à moitié cachée derrière le sien qu'elle consultait avec sérieux.

Il lui fallut plus longtemps que moi pour arriver à une réponse et quand le serveur revient elle commanda exactement la même chose que moi : le plat du jour.

L'homme disparu de nouveau pour passer notre commande et je restai seul une fois de plus avec ma collaboratrice.

Elle regardait l'assiette posait devant elle et apparemment le malaise que j'attendais depuis que nous étions parti venait de faire surface.

Elle ne savait pas vraiment comment agir et elle était crispée ce que je voulais vraiment éviter. Il fallait que je dise quelque chose avant qu'elle ne se renferme sur elle-même définitivement.

- Parlez-moi de vous …, lui lançais-je en la regardant droit dans les yeux.

Elle haussa les sourcils l'air de se demander si je venais de sortir d'un asile de fou.

- Je ne parle pas de la Isabella que je connais, je veux parler de celle que vous gardez à l'intérieur. Je me moque du côté professionnel, je le connais depuis le temps. Je veux parler de celle que vous êtes réellement.

Elle baissa le regard avant de se pincer la lèvre en signe de nervosité. Ce geste provoqua chez moi des papillonnements dans le bas de mon ventre.

Je fus si surpris que je restai quelques instants sans voix avant de reprendre mes esprits.

- Il n'y a pas grand-chose à connaître …

- Je suis certain du contraire … j'aimerais apprendre à vous connaître réellement et pas seulement en tant qu'Isabella Masen Voltury.

Elle eut un rire sans joie avant de reporter son attention sur moi.

- Que voulez-vous savoir ?

- Ce que vous voulez bien me dire … n'importe quoi …

Elle parut réfléchir un moment avant de se lancer.

- Vous voulez connaître Bella …

Je fronçais les sourcils un court instant avant de comprendre de qui elle parlait.

- Bella …, murmurai-je en faisant rouler le prénom sur ma langue.

Elle hocha la tête mais sans vraiment me regarder comme si elle ne s'était pas attendu à me révéler ce genre de détails.

- C'est mon père qui m'appelé ainsi parce que je n'aimais pas vraiment Isabella …

- Pourtant vous vous faîtes appelé Isabella par tout le monde maintenant … je n'ai jamais entendu …

C'est ce moment que choisit le serveur pour nous apporter nos repas. Pour être honnête je ne regardais même pas ce qu'il y avait dans mon assiette. J'attendais juste que l'homme s'éclipse de nouveau mais il n'avait pas l'air vraiment pressé quand il proposa un verre de vin à Isabella.

Cette dernière le renvoya d'un geste de la main comme elle savait si bien le faire. De nouveau nous fûmes seuls. Le serveur était partit la queue entre les jambes, au sens propre du terme.

- C'est sans doute ma façon de tenir les gens le plus à distance possible … la dernière personne m'ayant appelé ainsi … c'était Dimitri …

Elle avait les yeux dans le vide. Parler de son mari défunt était apparemment encore douloureux pour elle. Je me demandais dans quelle mesure elle avait aimé cet homme.

Elle parlait peu de lui en général, ne l'évoquant qu'au détour d'une conversation de temps à autre si bien que je ne savais pas réellement ce qu'elle avait vécu avec lui. L'avait-elle aimé au point de toujours porter son deuil quatre ans plus tard ? L'avait-elle aimé suffisamment pour se fermer à toute autre forme d'amour après sa mort ?

- Et puis … Bella n'existe plus depuis longtemps …

Je tendis ma main vers la sienne posée sur la table et enroulai mes doigts autour des siens.

Elle releva la tête vers moi et ses yeux chocolat se noyèrent dans les miens.

- Bella est toujours enfui au plus profond de vous sauf qu'elle se cache … elle ne veut plus souffrir …

Ses yeux se mirent à briller et je compris qu'elle retenait difficilement ses larmes.

Isabella Masen Voltury était sur le point de craquée et ne savait plus à quoi se raccrocher pour ne pas sombrer … encore.

- Souffrir … je crois que j'aurais dû me prénommer ainsi à la naissance …

Si j'avais été à sa place, si j'avais perdu ce qu'elle avait perdu, je serais surement dans un piteux état.

La petite Bella orpheline était meurtri au fond d'elle. Elle avait accordé son amour et sa confiance à tant de gens pour finir seule finalement. Pourtant et malgré la douleur, elle était toujours debout encaissant les coups qu'elle avait reçus au fils des années, se forgeant une carapace. Elle tenait toujours sur ses deux jambes en attendant sans doute la prochaine catastrophe, tétanisée.

- J'aimerais vous dire qu'il ne vous arrivera plus rien …

Elle eut un rire cynique en retirant sa main de la mienne.

- Ma fille de 15 ans va être envoyé en pension à plus de 6000 kilomètres de moi … je vais la perdre et tout ça pour quoi … la compagnie de Dimitri ? De l'argent à ne plus savoir qu'en faire ? Qui est Isabella Masen Voltury, mise à part une coquille vide ?

Elle était en pleine crise existentielle. Elle remettait en question tout ce qu'elle avait construit jusque-là. Quelle se confie à moi pour quelque chose d'aussi personnelle était une marque de confiance. Isabella Voltury ne se confiait pas à la première personne venue.

- Vous n'êtes pas une coquille vide … vous ne seriez pas arrivé là si s'était le cas … vous avez des problèmes avec les sentiments mais qui n'en aurait pas à votre place ?

Nos repas embaumés autour de nous mais ni elle ni moi nous n'y avions touché. Pourtant je n'allais pas le lui rappeler, elle me parlait et je voulais l'écouter se confier.

- Quand à Kiara … pourquoi prendre une décision aussi radicale ?

- Ma fille a des problèmes … de gros problèmes. Elle vient de se faire renvoyer de l'école ou elle était. Et ses fréquentations … je ne veux pas qui lui arrive quelque chose. Lui coller un garde du corps pour la surveiller ce n'est pas la solution … j'ai déjà du mal à les supporter … Kiara n'acceptera jamais …

Cette gamine n'avait que 15 ans. Je savais que beaucoup de jeune vivaient loin de chez eux dans une pension mais je me demandais si dans le cas de cette enfant il s'agissait de la bonne solution.

Après tout ne ferait-elle pas les mêmes bêtises en étant loin de sa mère ? Ne serais ce pas pire de l'envoyer loin de ce qu'elle avait toujours connu ?

Le véritable problème venait sans doute de toute la souffrance que portait sa mère. Nous en avions déjà parlé, Kiara avait endossé une partie du fardeau d'Isabella alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Un fardeau trop lourd pour une gamine. Elle s'était endurcie à un âge où elle aurait dû apprendre à vivre tout simplement.

- Et puis il y a le reste …
Quelque chose dans son expression me fit comprendre qu'elle ne développerait pas sur le reste.

Bien entendu, j'aurais aimé savoir de quoi il retournait mais je ne tenais pas à la bousculer.

- J'aimerais savoir quoi dire mais …

- Il n'y a rien à dire …

Le silence tomba entre nous. Elle fixait son repas comme si elle ne le voyait pas, ses yeux étaient totalement vitreux.

- C'est vraiment étrange … je ne suis pas quelqu'un de très loquace mais … avec vous …

Elle n'alla pas au bout de sa phrase mais je compris ou elle voulait en venir.

Elle se confiait à moi parce que d'une certaine manière elle m'accordait une confiance que je ne méritais pas.

- Vous vous confiez …

Elle hocha la tête avant de me regarder dans les yeux.

- Vous ne me forcez pas à parler et j'ose espérer que vous ne me jugez pas …

Le jugement des autres était son lot quotidien. Les remarques acerbes et les commentaires méchants devaient faire partis de son travail. Mais il était certain qu'elle avait l'habitude d'être attaqué professionnellement. Aro et Marcus ne devaient sans doute pas la louper quand ils avaient quelque chose à dire. Je l'avais parfaitement vu avec Aro.

Il n'appréciait pas la relation qu'Isabella développait avec moi, il ne lui avait pas fallu longtemps pour faire part de son ressentiment.

En revanche, sa vie privée et tout ce qui la touchait de près ou de loin était bien gardée. Ses associés avaient un droit de regard à n'en pas douter mais je doutais qu'elle ait été se confier au sujet de sa famille ou de ses filles. Ses sujets en général, elle devait les garder pour elle.

- Je vais être honnête avec vous. Je vous admire énormément. Pas seulement sur le plan professionnel. Vous êtes douée et surtout très intelligente. Mais au-delà de ça … vous êtes forte … après tout ce que vous avez vécu … vous avez été amputé comme un soldat parti à la guerre et ayant été blessé mais pourtant vous continuez à vous battre malgré tout … moi-même je ne suis pas certain que j'aurais eu la force …

Je pensais chaque mot que je venais de lui dire mais je pouvais voir à son expression qu'elle n'aimait pas vraiment les compliments.

Elle haussa les épaules comme si ce que je venais de lui dire n'était pas la stricte vérité. En somme elle ne me croyait pas ou du moins pas entièrement.

- Si vous aviez eu une raison de continuer vous auriez eu la force …

Elle parlait de Kiara bien entendu.

Elle avait continué pour son enfant, pour qu'elle ait une vie meilleure que la sienne. Elle les avait sortis de la misère, certes avec l'aide d'un tiers mais j'étais certain que même si elle n'avait pas rencontré Dimitri Voltury, Isabella Masen serait devenu tout autant importante que maintenant. Peut-être pas de la même façon mais importante quand même.

- Dimitri était un homme bien et sans lui je n'en serais peut-être pas là mais avant tout c'est Kiara qui m'a aidé.

- Vous êtes réellement une bonne mère … et croyez-moi, j'ai eu un exemple de la mère parfaite.

- Est-ce que je me trompe en affirmant que vous n'êtes pas objectif ?

Je me doutais que cette femme m'avait percé à jour. Les sentiments que j'éprouvais pour elle, étaient aussi voyant qu'une affiche lumineuse dans une nuit noire.

Du moins selon moi. Elle devait s'en être rendu compte depuis le temps.

- Vous devriez manger votre plat … il est entrain de refroidir …, dis-je d'une voix un peu bourrue près à conserver le peu de dignité qu'il me restait.

Elle me jaugea quelques instants avant de s'attaquer à son repas sans rien dire de plus. Mon amour propre n'avait donc pas à en souffrir.

Nous passâmes l'essentiel du plat ainsi que du dessert dans un grand silence avant qu'elle ne reprenne la parole au moment du café.

- Il y a une question que je me pose depuis un moment …

Elle me sondait du regard aussi sérieuse que quand elle menait une négociation décisive de la compagnie.

- Je vous écoute …

J'étais curieux de savoir ce qu'elle pouvait bien se demander sur mon compte. J'avais l'impression d'avoir dévoilé beaucoup de chose devant elle.

Peut-être trop, en tout cas plus que ce que j'aurais voulu au départ.

- Vous ne semblez pas être le genre de personne à privilégier votre vie professionnelle à votre vie privée … et pourtant vous n'avez pas de famille à vous … vous n'avez pas de regrets ?

Depuis que j'avais posé mes yeux sur elle, mes regrets étaient infinis.

Parce qu'une bêtise d'adolescent m'empêchait de m'engager à corps perdu dans cette histoire.

- Bien sûr que j'ai des regrets … les enfants sont le plus grand espoir de la vie … j'aurais rêvé être père et transmettre l'éducation ainsi que les valeurs qui m'ont été enseignées. Mais la vie ne se déroule pas toujours comme on veut.

C'était le moins que l'on puisse dire. Bien entendu je n'avais que 33 ans, mais je ne voyais qu'une seule personne au titre de mère de mes bambins.

- Je pense que vous le savez …

Elle hocha la tête avant de boire une gorgée de café. Elle paraissait réfléchir à mes paroles.

Visiblement elles avaient du sens pour elle.

Son brusque mouvement de tête vers la droite me prit un peu au dépourvu. Je tournais la tête dans la direction qu'elle fixait et je fus abasourdi d'y voir un homme en costume noir.

Je l'avais déjà vu auparavant puisqu'il s'agissait d'un des gardes du corps d'Isabella.

Il n'était pas vraiment discret et il détonnait réellement dans ce décor plutôt romantique.

Les clients du restaurant le fixaient en fronçant les sourcils avant de faire un rapide tour des gens attablés à la terrasse.

Visiblement ils avaient compris que cet homme était un garde du corps et en général ce genre de type protégé une personnalité.

Ce que je ne comprenais pas c'est pourquoi il ne lui lâchait jamais la grappe. Ils étaient perpétuellement derrière elle. Comment pouvait-on vivre en étant constamment surveillés ?

La PDG était avec moi, je ne voyais pas bien ce qu'il pouvait lui arriver de bien méchant lors d'un repas comme le nôtre.

Isabella porta son attention sur moi avec un air désolé avant de détourner la tête.

Cela m'avait déjà interpellé auparavant mais jamais de façon aussi marqué.

La présence de ces hommes cachait autre chose. Ce n'était pas possible autrement.

- Il y a quelque chose que je ne comprends pas … pourquoi est-ce qu'ils vous suivent partout où vous allez ? Je veux dire … oui vous êtes riches et certain sont jaloux mais … cela ne veut pas forcément dire que vous devez être suivit à chaque heure de la journée …

Elle me fixait droit dans les yeux comme si elle était entrain de jauger le degré de confiance qu'elle m'accordait. J'avais donc raison depuis le début. Cette histoire de garde du corps cachait quelque chose et visiblement c'était grave.

- Comme vous le savez je pense, l'avion dans lequel se trouvait Dimitri s'est crashé alors qu'il partait en voyage d'affaire à Hong Kong. Selon les médias et la police il s'agit d'une défaillance technique … mais c'est faux … Dimitri a été tué.

Je restai un long moment à la regarder sans pouvoir rien dire.

Etait-elle sérieuse ou alors essayait-elle de jouer avec mes nerfs ? Quoiqu'il en soit son visage était figé alors qu'elle me fixait sa tasse désormais vide devant elle.

- Mais pourquoi ? Enfin je veux dire … si la police …

- L'inspecteur chargé de l'affaire était persuadé qu'il s'agissait d'un accident. Ils ont cherché, une enquête a été ouverte mais nous n'avons jamais pu prouver qu'il s'agissait d'un meurtre. Ils ont fini par me dire que je me faisais des idées et que de toute façon je n'avais aucune preuve …

- Vous n'en êtes donc pas sûre …

- Pour moi tout comme pour Aro et Marcus cela ne fait aucun doute … Dimitri savait piloter un avion. Il était fou de ces engins. Il voulait être pilote quand il était plus jeune et il le serait devenu s'il n'y avait pas eu la compagnie. Il connaissait ces engins sur le bout des doigts … et il vérifiait toujours ces appareils avant de voler …

Elle croyait en ce qu'elle disait. Elle en était même persuadée.

Ce que je trouvais étrange c'est pourquoi ne pas tarauder l'inspecteur alors pour qu'il continue à enquêter.

- Pourquoi personne n'en a jamais rien su ? Je veux dire, Dimitri Voltury était un homme riche et pourtant les médias n'ont pas cherché plus que ça.

Je me souvenais parfaitement de l'affaire à l'époque. Durant des semaines les journaux télévisés avaient fait de cette affaire leurs gros titres. La mort du PDG avait été une catastrophe dans le monde des affaires … enfin jusqu'à ce que sa femme enceinte … dont personne ne connaissait l'existence avant son mariage, avait pris les rênes.

- La mort de Dimitri ne les a occupé qu'une semaine … la société est passée ensuite … avant que je ne lui vole la vedette. Mon ascension à la tête de la compagnie les intéressait beaucoup plus.

Elle croyait dure comme fer dans la mort de son mari. Elle était sûre d'elle.

Cela faisait trois meurtres non résolu autour d'elle.

C'était à se demander si quelqu'un ne lui en voulait pas.

Est-ce que cela était une coïncidence ? Ou seulement un coup du destin ?

- Depuis que je suis à la tête de la compagnie … Aro ne veut prendre aucun risque … le plus souvent il en fait trop … mais je me dis que ce n'est pas seulement ma vie qu'il protège … celles de mes filles aussi …

Je comprenais mieux l'attitude de l'associé d'Isabella à mon égard.

Il refusait que quelqu'un ne l'approche de trop près. Le plus comique c'est qu'il avait entièrement raison. J'étais sans doute un très grand danger pour elle.

Le silence perdura quelques instants avant que le serveur ne nous coupe une nouvelle fois avec la note.

D'autorité, j'attrapais le ticket de caisse que je mis sous le coude avant de lui tendre ma carte bancaire sans même regarder la note finale.

Le serveur repartit avec l'addition mais sans pourboire (je n'allais surement pas lui en donner un avec la manière dont il avait relooké Isabella).

Isabella ne fit aucun commentaire mais j'étais trop penché sur les émotions de cette femme pour louper le froncement de ses sourcils.

- En venant ici vous avec accepté que je paye l'addition …, lui rappelai-je avec une pointe d'espièglerie.

Pour une fois que j'avais le dernier mot, je tenais à en profiter au maximum.

- C'est un rendez-vous que nous venons d'avoir …, murmura-t-elle tout bas en regardant son assiette.

Elle avait sans doute du mal avec le concept mais pourtant il s'agissait bien de cela. Nous venions d'avoir un premier rendez-vous. Une sorte d'aveu entre nous signifiant que nous n'étions pas indifférents l'un à l'autre.

- Oui … mais inutile de se prendre la tête avec ça … ça n'engage à rien du tout …

Elle était plus craintive qu'une biche prise dans les phares d'une voiture. Je ne pouvais pas être trop pressant avec elle.

- C'est ce que vous voulez ? Enfin … j'aimerais savoir ce que vous pensez de tout ça … ce que vous attendez de moi … je veux dire … nous nous sommes embrassés … mais pourtant nous n'avons jamais parlé …

A son expression je pouvais voir qu'elle était totalement perdue. Je n'avais plus devant moi la PDG mais seulement une femme marquée par les épreuves qui était terrifiée à l'idée de s'engager dans quelque chose dont elle ne maitrisait pas entièrement les aboutissants.

Elle préférait savoir ce que j'avais en tête pour se préparer sans doute à la suite. Sauf que je n'avais pas la moindre idée de ce que nous allions faire.

Fermant les yeux un bref instant je me levais de ma chaise une seconde plus tard pour aider une Isabella un peu surprise.

Je lui attrapais le bras et sorti du restaurant.

Le garde du corps nous suivit à bonne distance mais sans jamais nous importuner. Au bout de quelques instants, j'oubliais complétement sa présence et j'entrainais ma collaboratrice dans un petit parc en face du restaurant.

Une grande fontaine était entourée de banc et de pelouse. J'y fis asseoir Isabella qui avait un mal fou à marcher dans les graviers.

Elle s'installa mais je restai debout, incertain de ce que je devais dire ou ne pas dire.

- Pour être honnête avec vous … quand je vous ai aidé l'autre jour j'avais bien une arrière-pensée … vous me plaisez Isabella …


Alors qu'en pensez-vous ?

Première partie du rendez-vous ... heureux ? ou déçu ? Laissez-moi une petite review pour me donner vos avis !

pour la semaine prochaine, on continue avec le rendez-vous ...et surtout une sérieuse conversation entre notre cher Edward et Isabella !

a bientôt !