Sirius se réveilla tôt ce matin là, bien qu'il n'ai pas dormi beaucoup la nuit précédente, il n'arrivait pas à fermer l'œil pensant à son ami perdu. Albus était resté avec lui toute la nuit, l'écoutant parler de Remus, de leur amitié, du temps qu'ils avaient passé ensemble, de leur année Poudlard, et Potter avait comprit l'importance qu'avait eut Remus dans la vie de Sirius. Il fut un de ses piliers, la voix de la sagesse. Le loup avait été là lors des moments les plus difficiles de sa vie et pour lui, son ami méritait mieux qu'une mort pour une guerre qui n'avait pas lieu d'être. Il aurait dû avoir une vie remplie de bonheur avec sa femme et son fils.

Albus était donc resté toute la nuit près de Sirius, l'écoutant, lui faisant parler que des bons moments, essayant que Sirius ne déprime pas trop, ne se concentre pas trop sur sa perte. Il avait insisté pour Sirius ne dorme pas seul, il savait que l'animagus allait être encore plus mal une fois seul dans sa chambre et il voulait éviter cela.

Il avait entraîné Black dans son ancienne chambre qui était maintenant celle d'Albus. Sirius fut plus qu'étonné de voir la chambre qui l'avait accueillie de si nombreuses années remise à neuf. Alors que les autres pièces de la maison étaient méconnaissables, celle ci gardait, par quelques éléments, son aspect originel. Sirius en fut heureux et il eut la même sensation de plénitude et de sécurité qu'il avait lorsqu'il entrait dans cette pièce étant enfant et adolescent.

Les deux hommes avaient continué à parler, tous les deux allongés de son côté du lit, se regardant. Tout avait été plus calme, et Sirius en apprit plus sur l'enfance d'Albus. Al avait eut une enfance plus qu'heureuse, ce qui ne fut pas une surprise pour Sirius, il savait que son filleul avait tout fait pour ses enfants et que Severus donnerait tout pour les gens qu'il aimait. Mais il fut plus étonné de savoir qu'Albus avait eut du mal à trouver sa place dans la fratrie, Lily et James étaient tous deux de grands sportifs et farceurs, il détonnait lui qui aimait faire des potions avec son père et rester tranquille. Cet écart entre lui et son frère et sa sœur se creusa un peu plus lorsqu'il fut envoyé à Serpentard alors que les autres étaient des Griffondors. Il n'avait comprit que bien plus tard, que ce n'était pas grave qu'il soit différent d'eux, qu'il n'avait pas besoin d'être comme eux pour qu'ils soient proches. Et c'est à ce moment qu'ils sont devenus vraiment soudés.

Sirius avait aimé qu'Albus se livre à lui, il devait avouer qu'il ne connaissait pas grand chose du garçon qui parlait très peu de lui, il était heureux d'en apprendre un peu plus sur son hôte. Et se concentrer sur les paroles d'Albus lui permettait pendant quelques minutes de ne plus penser au chagrin qu'il ressentait à cause de la mort de Remus.

Sirius se réveillait donc, pour le première fois depuis longtemps, dans son ancienne chambre. Il avait ce mélange de sensation familière et nouvelle dans cet endroit. Il était encore tôt en ce début de journée, le soleil venait à peine de percer le ciel sombre de la nuit et le quartier commençait doucement à se réveiller. C'était le moment préféré de la journée de Sirius, lui hyperactif adorait ce moment de pure calme. Chaque début de journée avait ce goût de renouveau qu'il aimait particulièrement, surtout à son adolescence.

Sirius se leva et s'installa sur le rebord de la fenêtre, il l'ouvrit et regarda le jour se lever, le soleil éclairait de plus en plus le quartier, les bâtiments, le parc en face de chez lui, la ville s'éveillait. Prit dans sa contemplation il ne vit pas que l'air frais entrant dans la chambre avait réveillé l'endormi toujours au lit.

Albus resta un petit moment à s'étirer tranquillement dans le lit avant de remarquer l'absence de Sirius à ses côtés. Il eut un sursaut et chercha le brun du regard, il fut donc rapidement soulagé de le voir encore dans la pièce. Albus s'avança vers lui, et posa délicatement une main sur l'épaule de Sirius, qui lui sourit.

« Ça va ?, demanda simplement Albus.

- Oui ne t'inquiète pas.

- Que fais tu ?

- Je regarde le jour se lever.

- Ah, d'accord

- Albus ? Tu pourrais m'emmener voir la tombe de Remus ?

- Si tu veux. On ira cet après-midi.

- Merci. »

Albus resta un moment avec Sirius avant d'aller préparer le petit déjeuner, il fallait qu'au moins l'un des deux bouge de cette état de contemplation sinon il ne bougerait pas de la journée. Rapidement la journée commença, Sirius retrouva Albus de lui même et fit de son mieux pour entretenir la discussion avec son hôte, bien qu'il ne pensait qu'à une chose, Remus. Mais le sujet de cet ami d'enfance ne sorti pas de la matinée, seulement après le déjeuner, au moment de partir.

Albus emmena donc Sirius dans son garage pour prendre leur moyen de locomotion. Se disant que ça plairait à Black, Al' prit sa moto pour le plus grand bonheur de son invité.

« Elle est superbe, dit Sirius

- Tu as vu ça ! Avant j'avais celle de papa, mais j'ai eu un accident avec.

- La moto de Harry ressemblait beaucoup à celle ci non ?

- Oui ! Comment le sais-tu ?

- C'était la mienne. Tu l'as plantée ?

- Euh... Oui, désolé. »

Sirius eut un petit rire en voyant la mine gênée d'Albus avant que celui ci s'installe sur sa moto et lui donne un casque.

« Aller, installe toi. »

- Albus n'eut pas besoin de le dire deux fois pour que Sirius se place derrière lui, Black avait hâte qu'il démarre, lui qui n'avait pas eut l'occasion de remonter sur une moto depuis la nuit où il avait perdu James et Lily. Cette sensation de liberté et de plénitude qui l'envahi quand Albus décolla lui avait terriblement manqué. Il profita un maximum et ne vit pas la demi-heure de route passée. Lorsqu'Albus se posa près d'un cimetière, tous les sentiments liés à la perte de son ami reprirent le dessus, comme si, ce trajet n'était juste une parenthésée dans sa journée.

Albus emmena donc Sirius devant la tombe de son ami, il resta un peu en retrait laissant à Black un moment d'intimité. Sirius eut du mal à réaliser que ce qu'Albus lui avait dit était vrai. Il regarda autour, pour se rendre savoir avec qui son ami voulait construire sa vie, Nymphadora Tonks Lupin. Sa petite cousine aussi avait perdu la vie dans cette guerre. Sirius resta un instant à regarder les deux tombes qui se trouvaient en face de lui avant de fondre en larmes. Albus le prit dans ses bras, et le soutien contre lui.

« Sirius, je suis là ça va aller.

- Ils méritaient pas ça. Pourquoi eux et pas moi ?

- De quoi parles tu Sirius ?

- Ils avaient une vie, ils ont eut un enfant tu m'as dis. Moi je n'ai rien, j'ai rien laissé. Alors pourquoi me redonner une chance et pas à eux.

- Tu l'as dis Sirius, ils ont eut la chance de vivre leur vie, contrairement à toi. Et ils ont choisi de se battre, ils ont choisi d'être présent contre Voldemort, comme beaucoup de sorciers. Ils ont vécu leur vie, courte malheureusement, mais ils ont eut le temps de s'aimer, d'avoir une famille, d'être heureux ensemble. Alors oui, c'est injuste qu'ils n'aient pas pu continuer ce qu'ils ont commencé mais tu ne peux pas y faire grand chose.

- Je ne sais pas si ce que tu dis c'est plein de sagesse ou plein de connerie.

- Je vote pour le premier. Dit Albus en serrant un peu plus Sirius contre lui, Rentrons, on est resté bien assez longtemps. »

Albus ne laissa pas le temps à Sirius de répondre, avant même qu'il ne s'en aperçoive, Black était déjà assis derrière Al' sur la moto et le conducteur décollait. Inconsciemment Sirius s'accrocha plus fortement que ce qu'il n'aurait dû à Albus, qui le laissa faire. La présence de Potter le rassurait et il n'avait pas envie de le cacher. Cette fois ci, le voyage ce fit beaucoup trop lentement au goût de Sirius qui rêvait de retourner dans la maison où il séjournait.

Aussitôt arrivait, Albus, entraîna Sirius dans la cuisine et il leur fit un thé à tous les deux avant qu'ils ne s'installent dans le canapé du coin salon. Aucun mot n'avait été prononcé avait que les deux hommes soient assis sur le sofa.

« Déprime pas s'il te plait Sirius.

- Comme ce que tu as fais ces deux dernières années ? Répondit Sirius sans faire attention à l'indélicatesse de ses paroles.

- Lily t'en a parlé ?

- Elle m'a juste demandé comment tu allais et elle a aussi dit qu'elle ne t'avais pas vu depuis deux ans.

- Ah.

- Tu veux en parler ?

- Tu sais même pas de quoi on parle.

- C'est pas grave, tu m'écoutes me plaindre depuis que je suis chez toi, si tu le veux ça peut être à ton tour.

- Ok »

Albus laissa un blanc et bu quelque gorgé de thé, comme pour gagner quelques instants avant cette discussion.

« Tu as déjà été amoureux au point d'avoir envie de tout plaquer pour être avec l'autre ?

- Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de tomber amoureux.

- Tu as bien de la chance.

- Tu es l'un des rares à dires ça mais bon. Vas-y explique moi.

- C'était un moldu, je les rencontrais dans un café près d'ici. On a tout de suite accroché, on était fusionnel, au point où j'ai voulu lui montrer, lui parler de notre monde. Je voulais pas avoir de secret pour lui.

- Oh non... Il...

- Il m'a traité de monstre, je l'ai dégoutté. Bien sûr il m'a quitté mais je continuais à le croiser tous les jours, j'arrivais pas à supporter ses regards ou ses remarqués agressives, alors quand on m'a proposé un reportage à l'autre bout du monde j'ai dis oui, je voulais juste ne plus le voir. Mais c'était un contrat de deux ans, donc je suis revenu que quelques jours avant ton retour. J'ai juste eu une peine de cœur, comme il y en a toujours eu et comme il y en aura toujours.

- Même si ça arrive souvent, ça doit pas être plaisant.

- C'est comme ça, je ne peux rien y faire, et maintenant à toi.

- De quoi, à moi ? demanda Sirius

- J'ai juste une question. Ton ancienne vie te manque ?

- C'est difficile à dire. Dans un sens oui, j'y étais moins perdu, mais je connaissais le monde qui m'entourait, mais je n'étais pas comme je suis maintenant.

- C'est à dire ?

- Comme tu le sais peut-être, j'ai passé plus d'une dizaine d'année à Azkaban, et quand je me suis enfuis, je n'étais plus moi même. Grâce à ma forme animagus, j'ai pu atténué le phénomène mais j'ai complètement perdu la raison. Je confondais même Harry et James. Mais depuis que je suis sorti du voile, j'ai l'impression, que tout est rentré dans l'ordre, mon esprit est apaisé si je puis dire.

- Tu vois il y a des bons côtés à être à mon époque. »


A Suivre...