Chapitre 19 : Rendez-vous (partie 2)

Coucou tout le monde !

Et voilà la seconde partie du rendez-vous de nos deux amoureux ! Je sais que beaucoup d'entre vous l'attendait et le voici !

Je tiens à remercier celles qui ont pris le temps de me laisser une review ainsi que celles qui continuent de me soutenir après tous ces chapitres.

Je sais que vous l'attendez alors j'arrête mon blabla et je vous laisser lire la suite !

On se retrouve en bas ^^


Chapitre 19 : Rendez-vous (partie 2)

PDV Edward

- Pour être honnête avec vous … quand je vous ai aidé l'autre jour j'avais bien une arrière-pensée … vous me plaisez Isabella …

Au regard qu'elle me lançait je me demandais un instant si s'était vraiment la peine de continuer. Mais de toute façon j'étais déjà lancé, je n'allais pas m'arrêter maintenant.

- Je vous ai déjà exprimé à quel point je vous admirais … mais cette admiration dépasse largement celle qu'éprouverait un ami. Je vous trouve magnifique physiquement bien sûr, comme à peu près toute la gente masculine … je pense que vous savez l'effet que vous produisait sur le sexe opposé … mais je parle surtout de toute votre personne. Vous êtes magnifiques. Vous m'avez quelque peu envouté …

- Edward …

Elle baissa les yeux apparemment peu habituée à des compliments de ce genre. Je pouvais la comprendre, après tout qui étais-je pour lui parler de cette façon ?

Dans ses yeux, bien plus que la gêne, je pouvais y lire un autre sentiment de toute autre nature.

- Je sais que vous êtes terrifiée, je le vois bien. Je le suis aussi … je n'avais pas prévu de vous avouer ça … je devrais me taire tout simplement et arrêter de vouloir vous séduire … pourtant j'ai beau me dire que c'est terminé … que je vais m'éloigner de vous … je ne peux pas …

Je mis mes mains dans mes cheveux et tirés sur mes mèches rebelles. J'avais l'impression de jouer une scène de théâtre dramatique. Tout était réuni à mon sens : deux acteurs souffrants milles morts et une déclaration pathétique qui me faisait sans aucun doute passer pour une mauviette.

Je devais me taire, il était nécessaire que je tourne les talons et que je la ramène pour éviter de faire évoluer cette histoire dont j'avais terriblement envie.

Mais ce n'était pas quelque chose de juste, ni pour elle, ni pour les éventuelles personnes impliquées dans l'histoire.

Pourtant malgré cette mise en garde intérieure, je continuais. Le syndrome de vérité que j'avais dû avaler à mes dépends me forçait à continuer.

- Je veux entrer dans votre vie et apprendre à vous connaître réellement. Vous connaître vous, votre passé et votre présent … je veux tout savoir … je veux que vous ayez confiance en moi … je veux avoir l'espoir de vous ôter une partie de votre souffrance tout en sachant que je ne pourrais jamais tout vous y parvenir. J'aimerais la porter avec vous et vous montrer que s'il y a bien quelqu'un sur qui vous pouvez compter dans ce monde … c'est moi.

Je me tus un instant pour reprendre ma respiration. Isabella était figée comme un bloc de glace.

Seules ses jointures étaient complétement blanchies en raison du pan de tissu de sa robe qu'elle serrait comme si sa vie en dépendait.

Quand je m'en rendis compte, je m'installais près d'elle sur le banc et je décesserais ses points doucement. J'enroulais une de mes mains autour des siennes avant de poser l'autre sur sa joue.

- C'est ça que je veux … mais … je ne vous mérite pas …

J'avais tué son frère, comment pouvais-je vivre avec ça ?

Elle secoua la tête les yeux brouillés de larmes. Isabella Masen Voltury avait fait tomber les barrières.

Pour la première fois que je la connaissais, elle avait fait tomber le masque derrière lequel elle se cachait et elle me montrait enfin cette partie vulnérable de son être.

La voir dans cet état, si brisée par les épreuves, si méfiantes et terrorisée, me fendait le cœur. Cette femme avait assez pleuré dans sa vie, comment pouvais-je encore en rajouter avec ma déclaration pathétique qui n'avait pas lieu d'être ?

- Pourquoi dîtes-vous ça ? Réussit-elle à articuler en plongeant ses prunelles brulantes dans les miennes.

Sous l'effet des larmes, ses iris avaient foncées considérablement. Je ne pouvais m'empêcher de l'admirer encore et toujours.

Cette femme était magnifique dans n'importe quelles circonstances.

- Parce que c'est la vérité …

A cet instant, la vérité justement était au bout de ma langue. A quoi bon garder se secret si lourd ?

Je lui devais bien ça tout de même. Je ne pouvais pas continuer de la regarder en sachant que je lui mentais ouvertement.

Mais j'étais conscient également que si les mots sortaient de ma bouche, les conséquences de mes paroles seraient trop énorme, sans parler du fait que je perdrais Isabella Masen Voltury pour toujours.

La chaleur de son visage sur ma pomme si froide était une bénédiction. Pourtant je me forçais à détacher ma main et à la laisser tomber. Mes réflexions intérieures me gâchaient l'instant et me poussaient à m'éloigner alors que mon cœur criait de se rapprocher encore en toujours.

Bien que ces yeux fussent bordés d'eau, elle ne laissait échapper aucunes larmes.

- Je ne sais plus quoi en penser …, murmura-t-elle à voix basse. Vous dîtes que vous ne me méritez pas mais vous êtes-vous demandé si moi je vous méritais ? Je ne suis pas celle que vous croyiez …

Je me doutais de ce dont elle parlait. Son changement d'identité, sa vie en foyer et ce qu'elle avait dû faire pour s'en sortir la faisait sans doute, réfléchir sur elle-même.

- De quoi parlez-vous au juste ?

La question me parut naturelle, c'était celle qu'elle attendait. Je devais la pousser à se confier, la pousser à me raconter sa vie.

Elle plongea son regard dans le mien et prit une profonde inspiration pour se donner du courage.

- J'ai vécu en foyer … et j'ai fait des choses dont je ne suis pas fière … notamment garder de la drogue pour ma sœur. C'était une toxico … et elle se prostituait pour avoir sa dose … quand elle est morte elle avait un peu moins de 19 ans, battue et violée par un de ses clients sans doute … ce sont des camés qui l'ont retrouvé dans une ruelle. Elle était dérangée vraiment … quelque temps avant sa mort elle m'a déposé une lettre ou elle avouait qu'elle était en partie responsable de la mort de notre petit frère. Elle était là le soir ou il a été exécuté d'une balle dans la tête. Elle savait qui était le meurtrier … elle était là … et pourtant elle n'a rien fait pour le sauver …

Non parce qu'elle était totalement sous l'emprise de James Nomades. Sans elle jamais je ne serais allé dans ce quartier de Seattle, sans elle je n'aurais jamais touché à la drogue et surtout sans elle, je n'aurais jamais été responsable d'un meurtre.

Quand j'avais rencontré Tanya, je voulais juste franchir les limites et me rebeller contre mes parents qui tenaient absolument à ce que je me concentre sur mes études. J'en avais assez de cette pression qu'il faisait peser sur mes épaules depuis que j'étais entré au lycée.

J'avais vu en cette jeune femme si charmante à l'époque, un moyen de m'évader et de dépasser enfin les interdits, de vivre ma jeunesse à fond.

Je n'étais pas un des clients de Tanya. Je ne savais même pas au départ qu'elle était prostituée, rien n'aurait pu me le laisser deviner au départ.

Je l'avais rencontré à la fac. Au début, je pensais qu'elle était étudiante. Je m'étais lourdement trompé et je l'avais bien vite compris.

Nous étions sortis ensemble durant deux mois environ, je ne la voyais que dans mon appartement d'étudiant, jamais chez elle. Maintenant je comprenais mieux pourquoi … elle n'avait pas de chez elle.

Les choses avaient très vite dérapées et la situation m'avait totalement échappé.

Le soir où tout avait basculé, elle m'avait entrainé dans des bars et j'étais déjà bien bourré quand nous étions tombés sur James. A partir du moment où j'avais posé mes yeux sur lui, un mauvais pressentiment s'était emparé de moi mais j'étais bien trop à l'ouest pour y prêter beaucoup d'attention. Pourtant ce type ne m'avait inspiré aucune confiance.

Mais l'alcool et la drogue aidant, je n'étais plus vraiment rationnelle ni même responsable.

A ce moment de la soirée, dans ce bar, je n'avais pas encore compris le véritable métier de Tanya ni même pourquoi ce James était aussi en colère après elle et après moi.

Il nous avait entrainés dans cette ruelle fatidique, dans les recoins sombres. J'étais trop bourré pour me rendre vraiment compte de ce qu'il se passait ni de l'endroit où l'on se rendait, je ne m'étais pas plus rendu compte que nous étions été suivit. Enfin jusqu'à ce que Nomades me colle un point dans la figure.

Il m'avait littéralement battu avant de sortir une arme. J'ignore totalement ce qu'il s'était passé mais en me débattant, il avait perdu son engin de mort et je m'étais retrouvé avec le flingue dans les mains et un James fou furieux qui voulait la récupérée à tout prix. Des coups de feu étaient partis et c'est là que j'avais aperçu ce petit garçon, cet être innocent qui n'avait rien demandé. Mais il était trop tard.

La détente avait déjà été pressée. Je l'avais pressée. L'enfant s'était effondré sur le sol devant mes yeux abasourdi. Un instant de blanc s'était ensuivi. Personne ne bougeait, l'arme était toujours dans ma main. Le recul du tire me donnait des douleurs dans l'épaules. j'ignora pour quelle raison, mais cette douleur s'est imprimée dans mon esprit durant ce bref instant. Puis le flou total.

Je venais de m'évanouir. Quelqu'un m'avait assommé. Tanya ai-je toujours pensé. James était à côté de moi. S'il avait bougé je l'aurais automatiquement vu, même dans mon état.

Quand j'avais repris conscience, il n'y avait plus personne dans la ruelle, mise à part le corps sans vie de l'enfant. Il gisait quelques mètres plus loin. L'arme aussi avait disparue.

Ce n'est que quelques années après que j'avais compris que James l'avait récupéré.

Le jour où ma société avait été montée, il était revenu et je n'avais eu d'autre choix que d'acheter son silence pour ne pas tout perdre parce que l'arme … c'est lui qui l'avait en plus d'une fichu lettre m'accusant de tous les crimes. Il était assez intelligent pour savoir que s'était mes empreintes dessus, pas les siennes sans compter que la version présentée sur le bout de papier était plausible, du moins à mon sens. Et puis les menaces qu'il avait faites peser sur ma famille avaient été plus que convaincantes.

Quand à Tanya, elle était revenue environ un an après le meurtre. Elle avait demandé de l'aide en faisant valoir qu'elle savait que j'étais le meurtrier de son frère. Mais je ne pouvais pas l'aider. J'étais conscient qu'elle avait le moyen de me détruire mais dans ma tête, elle était une camée, prostituée. Si elle me demandait de l'aide c'est qu'elle n'avait plus de contact avec James alors qui pouvait la croire ?

Je m'étais détourné et son corps avait été retrouvé quelques jours plus tard.

Pour ça aussi, la culpabilité m'avait rongé même si à cause d'elle, ma vie n'avait plus jamais été la même.

Aujourd'hui encore, le bruit du révolver résonnait dans ma tête.

C'est moi qui avait pressé la détente ça j'en étais conscient et James aussi. Que je n'ai à aucun moment voulu ôter la vie à cet enfant, je l'avais quand même tué et ça, rien de ce que je pouvais faire n'y changerait quelque chose.

Je reportais mon attention sur Isabella qui baissait les yeux comme si elle avait honte d'avouer ce que sa sœur avait fait.

Pourtant il ne s'agissait pas d'elle. Elle n'était en rien responsable des agissements de son aînée, elle n'avait donc pas à en avoir honte. On ne choisissait pas sa famille.

- Vous n'êtes pas votre sœur …, murmurai-je en lui attrapant les mains.

- Avez-vous fait des recherches sur moi Edward ?

La question avait surement un sens cachée. Je ne pouvais pas lui mentir en lui disant non. Je n'allais pas rajouter d'autres mensonges à ceux que j'avais déjà débités.

Je hochai une fois la tête et elle esquissa un sourire.

- Alors je pense que vous avez compris …

Elle me regardait droit dans les yeux. Je savais parfaitement de quoi elle voulait parler, je ne pouvais pas le nier.

- Vous avez changé d'identité …

Ma réponse ne provoqua pas de réaction particulière chez elle. Avec tout ce qu'elle m'avait avoué, elle se doutait sans doute que j'allais finir par comprendre.

- Je n'ai pas vraiment eu le choix … en épousant Dimitri … mon passé était un trop lourd fardeau. Je me demande comment le secret est resté intact avec les journalistes depuis toutes ces années … mais le fait est que oui … je ne suis pas née Isabella Masen … mais Isabella Marie Swan …

Sans pouvoir m'en empêcher je posais mes lèvres sur les siennes et je l'embrassais de nouveau.

Je la sentis répondre immédiatement à mon baiser et nos langues se mélangèrent dans un ballet rapide.

Les sensations étaient tellement intenses. Jamais auparavant je n'avais ressenti ce mélange de confusion de joie et de peur. Quand je posais mes lèvres ainsi sur les siennes plus rien n'avait d'importance que sa fragrance, le goût de sa peau et sa chaleur.

Conscient pourtant que je ne pouvais rester indéfiniment ainsi, je finis par m'écarter et par poser mon front contre le sien, refusant de briser ce lien temporaire. Je respirais à plein poumons son parfum si particulier mais que j'aimais tant.

- Le mythe tombe n'est-ce pas ?

Elle paraissait sincèrement triste. Elle ne se doutait pas une seconde que je savais déjà tout ce qu'elle m'avouait. J'étais entra in de la trahir rien qu'en me taisant sur ça, une fois de plus.

Elle paraissait si fragile et si normale en cet instant, à mille lieux de celle que j'avais pris l'habitude de côtoyer chaque jour.

Le mythe ne tombait pas non, il se dévoilait tout simplement et j'en étais heureux.

Depuis ces derniers jours, c'était à une toute autre femme dont j'avais à faire.

- Rien ne tombe du tout … mise à part les barrières que vous avec mises entre vous et le monde … ou devrais-je plutôt dire … entre vous et moi …

Un silence tomba de nouveau. Ses yeux se voilèrent durant quelques secondes. Elle était visiblement en pleine réflexion.

- Posez moi la question que vous voulez … je vous écoute … ne réfléchissez pas …

Elle prit une profonde inspiration pour se calmer et pour trouver ses mots. Elle qui n'était d'ordinaire pas loquace sur sa vie privée avait sans aucun doute énormément de mal à exprimer ce qu'elle ressentait.

- Je ne sais pas comment réagir … je n'ai jamais envisagé de me lancer de nouveau dans une histoire … l'idée ne m'a même jamais effleurée … enfin jusqu'à ce que vous débarquiez sur votre beau cheval blanc … je n'ai pas une vie facile … j'ai trois filles qui comptent sur moi … je refuse qu'elles souffrent comme moi j'ai pu souffrir. L'abandon et la solitude sont deux émotions très difficiles à gérer … et cela fait tellement longtemps que nous sommes seules toutes les quatre … j'ignore totalement si j'ai la force de me lancer de nouveau dans quelque chose que je ne contrôle pas … sans parler des filles …

- C'est un lot …, murmurai-je en esquissant un sourire. Ce n'est pas seulement vous … c'est vous quatre …

- Je suis leur mère et je dois penser à elles aussi …

La lionne était de nouveau devant moi. Sa portée était tout ce qu'elle avait et elle comptait bien la protéger du mieux qu'elle pouvait.

- Et c'est ce que vous faîtes … mais vous savez mieux que personne que nous n'avons aucune garantit sur l'avenir …

Je ne pouvais pas lui promettre d'être toujours là. Je ne pourrais sans doute pas tenir ma promesse, inutile de rajouter des mensonges à ceux déjà proférés.

- J'ai besoin de temps … pour comprendre et pour savoir ce que je veux réellement … sur les risques que je suis prête à faire courir à mes filles ou non ... j'ai besoin de réfléchir et je n'y arriverai pas si vous êtes à côté de moi …

Elle s'écarta légèrement et je compris qu'elle avait besoin d'un peu d'air pour pouvoir réfléchir correctement. Isabella Masen Voltury avait trop de sentiments à gérer en même temps et arriver à les interpréter étaient trop compliqué pour elle, surtout quand on les refoulait depuis tant d'années.

Elle s'éventa avec ses mains pour reprendre contenance et finit par se lever. Dans la nuit noire, elle me fit le même effet que quelques mois auparavant sur cette plage de Dubaï. Elle ressemblait en tout point à une apparition.

Comment une femme pouvait-elle être si magnifique autant physiquement qu'intérieurement ?

- Laissez moi du temps …

- Vous avez tout le temps que vous voulez Isabella … depuis le temps vous devriez savoir que c'est vous qui menez la danse …

Elle me regarda étrangement l'espace d'une demie seconde avant d'éclater de rire. Pendant plusieurs minutes, je la vis se tenir le ventre et rire à gorge déployée avant qu'elle ne se rende compte que j'étais entrain de l'observer.

Je ne comprenais pas vraiment la cause de son hilarité mais l'effet même de son rire sur moi suffisait à me faire sourire également.

Elle finit par se calmer après quelques instants et par retrouver son calme.

- Je n'ai jamais été très doué en relation … surtout les relations amoureuses … cela m'étonnerait beaucoup que je tienne les rennes Edward …

- Et pourtant pour moi c'est le cas …

Je ne plaisantais pas une seconde quand j'affirmais qu'elle commandait. Elle avait le pouvoir de décision et j'avais beau essayé de l'influencer elle avait tout de même le dernier mot.

Mes paroles lui firent peur au vu des yeux écarquillés qu'elle m'adressa.

- Vous ne pouvez pas dire ça … j'ignore … je ne sais pas comment fonctionne une relation amoureuse … avec Dimitri … c'est lui qui prenait les décisions … à cette époque, je me contentais de le suivre. Nous n'avons vécu ensemble que 6 ans, 6 petites années durant lesquels j'étais éblouie par mon mari. Ne vous méprenez pas, Dimitri prenait toujours mon avis en considération pour tout mais en général la décision finale lui revenait toujours …

Son couple avec Dimitri Voltury m'apparut soudain sous un nouvel angle que je n'avais jamais encore envisagé.

Cet homme avait les milliards, la popularité, la jeunesse ainsi que la beauté, ou avait-il rencontré Isabella ?

Je ne connaissais que la femme marquée par les épreuves qui s'était endurcie après de multiples deuils mais était-elle déjà ainsi quand il l'avait rencontré ? Etais-ce cette femme terrifiée qui ne demandait qu'à être aimée qu'il avait vu ? Ou avait-il eu droit à un autre visage d'elle ? Comment était-elle lors de leur rencontre ? Pendant leur mariage ?

Aimait-elle toujours son mari ?

Il aurait toujours une place dans son cœur, il lui avait donné deux magnifiques petites filles ainsi qu'une situation, bien que pour Isabella elle pouvait représenter parfois un fardeau trop lourd à porter.

Mais quelle place avait-il encore dans son cœur ?

- Je ne suis pas Dimitri … et vous ne ressemblez sans doute plus du tout à la jeune femme que vous étiez à cette époque … accepteriez-vous que je prenne des décisions à votre place ?

Elle me regarda horrifiée rien qu'à l'idée.

- Vous voyiez … Dimitri Voltury avait pris votre vie en main mais depuis 4 ans vous vous êtes débrouillés pratiquement toute seule et je peux vous dire que cela change beaucoup le caractère. Quant à savoir ce qu'est une relation amoureuse … je peux vous affirmer que je ne suis pas plus connaisseur que vous. Je n'ai eu que peu de relation et la dernière doit remonter à plus de deux ans et avant que vous me posiez la question, je ne suis pas non plus adepte des histoires sans lendemain ou des coups d'un soir.

Isabella Voltury me considéra d'un œil torve quelques instants avant de croiser les bras sur sa poitrine.

- Autant mettre les choses au clair, moi non plus !

Son air mauvais me confirma aisément qu'elle ne s'était guère attendue au tournant que prenait cette conversation.

Je me levais à mon tour et lui prit les mains qu'elle me céda après quelques instants d'hésitation.

- Vous n'aviez pas besoin de le préciser vous savez …

Elle haussa les épaules comme si elle ne me croyait qu'à moitié, ce qui devait surement être le cas.

Le vent frais qui nous balaya soudain la fit frissonner et je me rendis compte qu'elle ne portait qu'une légère robe qui ne la couvrait pas vraiment.

Elle lui allait à merveille comme tout ce qu'elle portait mais elle n'était pas l'idéal pour cette fin de soirée.

Je m'empressais de lui donner ma veste, mais même avec ce rempart de tissus, elle ne devait guère avoir chaud. Elle parut surprise de mon geste mais ne fit pas vraiment de commentaires.

La galanterie n'aurait pourtant pas dû la surprendre.

Il était sans doute temps que je la ramène chez elle. Elle allait finir par attraper mal si je la laissais ainsi dans ce froid.

- Je vais vous ramener chez vous …, chuchotai-je en l'entourant de mes bras.

Elle releva la tête vers moi en hochant la tête.

- Je vous en remercie …

Doucement je l'entrainais hors du parc à pas lent. Le garde du corps toujours à la périphérie de mon regard ne fit aucun commentaire quand je passais avec Isabella devant lui. Il se contenta de nous suivre jusqu'à ma voiture.

Je déverrouillais la fermeture centralisée avant d'ouvrir la portière côté passager pour aider Isabella à s'installer.

J'étais entrain de contourner la voiture quand mon téléphone, resté dans ma poche, se mit à carillonner.

En ouvrant la portière je le tirai de mon pantalon et décrochais.

- Bonsoir, Cullen.

La voix me glaça le sang. Cette pourriture n'avait visiblement pas perdu de temps depuis la dernière fois qu'il avait appelé.

- Je vois que tu t'entends bien avec cette chère petite Bellissima …

Bien sûr qu'il savait qui elle était. Le contraire aurait été beaucoup trop beau pour être vrai.

- Inutile de dire quoi que ce soit, je sais que tu as compris …

Sa voix était enthousiasme et surtout sadique au possible. Il contrôlait la situation dans son intégralité et il jouait avec ça.

- Après tout je ne peux t'en vouloir d'essayer de fraterniser avec la sœur de l'enfant que tu as tué … dis-moi tu crois qu'elle réagira comment quand elle comprendra que tu es l'homme qu'elle cherche à abattre depuis plus de 15 ans ?

J'étais littéralement tétanisé et je ne parvenais plus à me mouvoir. Debout près de la voiture avec Isabella à quelques mètres de moi, j'eus envie de mourir dans l'instant.

Que Dieu me préserve mais cet enfoiré avait raison … qu'est-ce que je cherchais au juste ? A faire souffrir cette femme plus que nécessaire ?

Elle avait eu son lot de mauvaises surprises, de deuils et de chagrin. Je ne voulais pas la faire briser encore plus et c'est surement ce qui allait arriver si elle apprenait la vérité.

- Eloigne-toi d'elle Cullen … ou je vais devoir prendre certaines mesures et … tu perdras tout … je peux te le garantir …

Le long « bip » dans le combiné du téléphone me fit comprendre qu'il avait raccroché.

Le message était clair, je n'avais plus qu'à m'exécuter pour avoir une chance de garder ma liberté. Je n'avais qu'une envie : hurler à en perdre la voix, hurler pour passer toutes cette colère et cette haine que j'avais en moi, hurler enfin pour tenter de maitriser mes larmes ainsi que mon cœur qui se brisait en mille morceaux dans ma poitrine.

- Edward ? Appela Isabella de sa voix douce.

Je me forçais à prendre place sur le siège derrière le volant.

Quand je tournais la tête vers la femme que j'aimais, elle me regardait les sourcils froncés et un air inquiet sur le visage.

- Il est arrivé quelque chose ? Vous …

- Ce n'est rien … ne vous inquiétez pas … juste mes parents … mon père … mon père est malade …

N'importe quoi bien entendu mais je ne pouvais pas lui dire la vérité.

Je me devais de la préserver autant que je le pouvais même si ce n'était pas autant que j'aurais aimé.

- Ce n'est pas grave j'espère ?

Elle paraissait sincèrement touchée par ce que je venais de lui baragouiné ce qui me rendit encore plus minable si s'était possible.

- Non ne vous inquiétez pas … juste un vulgaire rhume de rien du tout qui le rend un peu faible …

J'enclenchais la voiture et je m'empressai de passer la vitesse.

J'allais ramener Isabella chez elle et j'allais me plier à ce que cet homme voulait. Cette fois je n'avais pas le choix. Pour le bien de tout le monde, je n'avais vraiment pas le choix.

Le trajet se déroula dans le silence et je sentais parfaitement l'incompréhension de ma collaboratrice.

Mon attitude était trop étrange pour qu'elle ne s'en rende pas compte.

Il me fallut plus d'une heure pour atteindre la villa.

Le portail s'ouvrit devant moi quand je m'engageais sur le chemin.

Je m'avançais jusque devant la porte et sortis de la voiture. J'ouvris la portière à Isabella et lui tendit la main qu'elle attrapa.

Nos doigts s'emmêlèrent et je sentis ce même courant électrique familier maintenant.

Isabella leva les yeux vers moi et m'adressa un sourire timide qui me fit succomber une nouvelle fois.

Je me jetais sur elle et l'embrassais de tout mon sous comme si ma vie en dépendait ce qui était malheureusement le cas. Je l'embrassais exactement comme un condamné l'aurait fait … comme si s'était la dernière fois.

Quand je finis par m'écarter après plusieurs minutes, elle me regarda les yeux brillant et les lèvres gonflées par nos baisers échangés. Elle était belle et désirable et elle méritait surtout d'être heureuse.

- J'ai passé une très agréable soirée … je vous remercie …

Elle chuchotait comme si elle avait peur d'élever la voix et de briser la quiétude de l'endroit.

- Je suis heureux que cela vous ai plu …

Le silence tomba entre nous. Je la voyais gênée et surtout très mal à l'aise quand à la suite des événements. Je n'allais pas la laisser dans cet état.

- Je vais y aller …

Je déposais un baiser sur son front. Elle releva la tête en m'adressant un sourire plus détendue d'un seul coup.

- Dors bien … ma Bella …

Je lui caressais la joue avant de tourner les talons rapidement et de remonter dans ma voiture.

Sans un regard en arrière je sortis de la propriété.

PDV Bella

La voiture d'Edward disparut à l'horizon et un vide s'installa en moi.

Durant un long moment je restai immobile sur le perron. Cet homme était entrain de me faire revoir l'intégralité de mes résolutions.

Après la mort de Dimitri, il était impossible pour moi d'envisager de refaire ma vie un jour mais … aujourd'hui mon futur je l'envisageais bien autrement.

La relation que j'entretenais avec mon collaborateur prenait un tout autre virage et je ne m'en sentais pas coupable.

J'avais aimé mon mari et je l'aimerais sans doute toujours, il m'avait donné deux merveilleuses fillettes ainsi qu'une situation confortable pour permettre à mes enfants de ne manquer de rien.

Pourtant ce que je ressentais pour Edward Cullen était différent.

J'avais du mal à mettre des mots sur ce que j'éprouvais réellement mais mes sentiments étaient différents.

Edward avait raison sur un point, je n'étais pas certaine que Dimitri aurait apprécié celle que j'étais devenue après sa mort. Je n'étais plus du genre à suivre, c'est moi qui donné les ordres maintenant. Et je serais incapable de revenir à cet état de pauvre petite chose qui acquiesçait aux paroles de son époux.

J'avais changé et surtout j'avais vieilli. Je savais aujourd'hui que j'étais capable de m'assumer toute seule, je n'avais besoin de rien ni de personne pour avancer.

Pourtant l'arrivé de Edward dans ma vie me faisait envisager les choses d'une autre manière. Mais me lancer dans une histoire sans avoir de garanti … étais-je vraiment certaine de vouloir faire ça ?

Je n'étais pas seule, je me devais de faire attention à ce que je faisais surtout en impliquant mes enfants.

Bien sûr, il avait su me rassurer en m'affirmant qu'il était conscient que les filles étaient ma priorité et qu'il les accepté totalement. Une qualité de plus à lui attribuer.

La soirée que nous venions de passer avait ouverte de nouvelles portes à mon futur, un futur où je ne me voyais plus toute seule à souffrir.

La peur que je ressentais était presque aussi grande que la joie. Après tout, il y avait énormément de raison pour que ça ne marche pas, tant de raison qui me poussait à renoncer à tous ces problèmes mais tant d'autres me criant de continuer.

J'étais terrifiée à l'idée de souffrir encore. Ce pieu dans la poitrine était une douleur quasi constante que je parvenais à maitriser maintenant et surtout qui s'atténuait au fur et à mesure que les années passaient. Peut-être parce que j'avais appris à vivre avec et que mes sentiments et mon cœur étaient jusqu'à maintenant bien garder derrière les remparts que j'avais construites.

C'est l'ouverture brutale de la porte d'entrée dans mon dos qui me fit me retourner.

Aro était là.

Je n'avais pas pensé qu'il serait là quand je rentrerais.

A son expression fermée, j'étais certaine qu'il ne m'avait pas attendu par soucis de savoir comment le diner s'était déroulé.

Apparemment je n'étais pas la seule à prendre peur quand à l'issu de cette histoire.

- Isabella nous devons parler …

Il n'était pas accusateur, ni en colère. Il s'agissait juste d'une simple constatation. Je n'avais guère le choix et aucun moyen d'échapper à cette conversation.

C'était ainsi que j'imaginais un père attendre sa fille adolescente après une sortie avec un garçon. Voilà ce que Kiara aurait dû vivre, voilà ce que moi j'aurais dû connaître il y a 15 ans. Ce que nous avions été privées toutes les deux. Mais peut-être qu'il n'était pas trop tard pour ma fille.

- Oui Aro.

Je le suivis jusque dans le salon où il s'installa dans un siège. Je pris place en face de lui et attendit qu'il se mette à parler.

- Ecoutez Isabella … je me rends compte que je me suis mêlé de ce qui ne me regardé pas … je n'ai pas le droit de vous dire quoi que ce soit mais … je ne peux m'empêcher d'être inquiet.

Il était là après la mort de Dimitri, il était là le jour où mon mari m'avait ramené avec lui chez lui.

Contrairement à tout le monde, il n'avait rien dit, il m'avait presque accepté tout de suite.

Aro et Marcus étaient des amis ou tout du moins ce qui s'en approché et ceux depuis le premier jour.

- Et je ne parle pas de la société … je parle de vous … je refuse que vous souffriez encore … ni vous ni les filles … vous êtes fortes Isabella mais comme tout le monde vous avez des limites …

- Aro … j'ai peur aussi … je n'ai jamais envisagé de m'intéresser de nouveau à quelqu'un mais le fait est que … la vie nous réserve plein de surprises …

- Faîtes attention Isabella … je n'ai rien contre Edward Cullen mais nous ne le connaissons pas vraiment en dehors du plan professionnel…

- Que voulez-vous dire ?

Je ne pouvais pas le nier mais il n'y a qu'en le fréquentant que je pourrais le connaître vraiment.

Et j'étais prête à peut-être voir ou cette histoire allait nous mener.

- Avec votre permission j'aimerais mener une enquête plus approfondie sur lui … juste pour être certain que vous ne courez aucun risque …

A mon visage il comprit que je n'étais pas vraiment d'accord avec l'idée.

Je n'allais quand même pas mener une enquête sur l'homme avec lequel j'envisageais de sortir ?!

- Aro ?! M'écriai-je.

- Isabella, s'il vous plait … nous devons nous méfier même de celui qui au premier abord ne représente aucun danger… si vous ne le faîte pas pour vous, pensez au moins aux filles et à moi …

Il jouait avec mes sentiments en prenant les filles à partie et il le savait. Mais avais-je vraiment le choix ? Même si je disais non j'étais certaine qu'il n'allait en faire qu'à sa tête et qu'il allait le faire quand même.

Si j'étais d'accord avec l'idée, il me serait possible de vérifier ce qu'il faisait et surtout l'avancée des recherches.

- C'est d'accord … allez-y mais discrètement !

Il hocha la tête et je me demandais vraiment ce que j'avais accepté.

Une histoire avec Edward pouvait-elle se construire si je commençais déjà à mener des enquêtes sur lui ?

J'avais confiance en lui bien sûr mais cette appréhension que je ressentais de façon courante ces derniers temps me donnait un arrière-goût amer dans la bouche, une sensation que quelque chose allait se passer.

Depuis que j'étais petite, mon instinct ne m'avait jamais fait défaut, les choses n'allaient surement pas changer aujourd'hui.


Alors qu'en pensez vous ?

Déçues ? Ou toujours aussi contentes ? Enfin une partie de ce qui s'est passé il y a 15 ans !

Dans le prochain chapitre, remise en question d'Edward mais surtout … une fin inattendue !

A bientôt !