Hey, petit retard occasionnel ... Voici le chapitre, et bonne lecture !
Je restai allongée sur le sol froid à fixer le plafond. Je passai mes journée ici maintenant au lieu d'aller en classe. Cela ne servait à rien alors autant rester ici tranquillement. J'avais encore une lèvre gonflée après la raclée de la veille … Pff … Putain de Parfaits de merde.
Mon inscription au crayon avait disparu … Ça, ils l'avaient remarqué, la bande d'idiots … Enfin, je me redressai lentement et attrapais mon petit sac : j'y trimbalais maintenant mon carnet entamé, et deux autres que j'avais trouvé en fouillant dans l'abris. J'avais même trouvé des crayons de couleurs ! Pour vous dire !
Je ne voulais pas les user. Ils étaient trop précieux pour moi. Je me demandais un instant comment allait Luka. J'étais partie avant lui. Le temps que mes parents arrivent pour me ramener dans ma chambre.
Enfin … Pour l'instant, je vagabondai dans les couloirs. Parfois, je m'arrêtais dans un coin désert pour dessiner. En ce moment, je reprenais chaque habitant de l'abris en lui dessinant des traits Imparfaits. J'aimais bien aussi parfois rester immobile des heures, l'oreille plaqué contre le métal de la porte …
Mais rien … Il n'y avait jamais le moindre son … C'était déprimant.
Cette nuit je n'étais pas rentrée chez moi … Non, j'avais passé ma nuit dans mon coin près de la porte … C'était presque devenu une obsession. Je voulais tant aller dehors. Je pourrais rester des heures assise à la fixer en priant pour qu'elle s'ouvre. C'était en partie pour ça que j'avais un sac. Si elle s'ouvrait, je bondirai dehors.
Et adieu cette vie dans laquelle je n'étais qu'un oiseau en cage. Quitte à mourir, autant le faire en sentant le vent sur mon visage et en découvrant l'extérieur. C'était complètement con … Cela ne servait à rien même …
Je roulais sur le côté pour me mettre face à tout les visages que j'avais dessiné. Tous unique. Ils avaient mêmes des noms. Je les touche du bout des doigts. Lentement ils disparaissent … J'avais l'impression de voir mon futur.
Je sortis mon carnet à dessin pour m'occuper. Ce que je fis ? Un auto portrait. Coup de crayon par coup de crayon, je plaquai mon image sur la page. Il était ressemblant … Mais avec des petits détails en plus ou en moins. Je finis par entourer mon visage des mots « Si je me tais, c'est pour laisser mes mots mûrir ». Et je me mis à colorier le dessin, avant de le détacher du bloc de dessin et de le laisser par terre.
Il était raté. J'avais envie de le déchirer, mais je le posai juste sur des tuyaux. Pas envie de déchirer une page. Je la repris finalement avant de la plier et de la glisser derrière un tuyaux. Je voulais éviter que l'on remarque trop facilement, histoire de cacher au maximum ma présence. Pas question de me faire choper par ces abrutis de Parfaits pour
« Non productivité et destruction de matériel ».
Pour un Imparfait la sanction était lourde. Pour un Parfait … Cela aurait valu une réprimande … Pas plus. J'entendis soudain un bruit de pas et des voix. Je me redressai à moitié et tendis l'oreille. Le … Superviseur, et un autre homme qui parlaient.
Un chef de section ! Je ne connaissais pas son nom mais il venait de parler d'un homme qui visiblement avait enfreint une des lois fondamentales de l'abri. Il eut le bruit d'une tape sur l'épaule. Puis celui de quelqu'un tapotant sur un Pip-boy et parler pour envoyer un message. Hein ?! J'entendis le nom de Morgan … Et celui de Luka … Là, je ne comprenais rien.
Je me mordis le pouce ne réfléchissant. Je ne pouvais contacter Luka. Je ne pouvais pas le contacter, et sortir avec les gens encore là … Non, c'était risqué de me faire prendre. Et je pouvais être traitée de complice !
Mais j'aimais bien Luka … Que faire … ? Il eut une nouvelle tape sur l'épaule et des bruits de pas. Je me redressai encore un peu. Le Superviseur était parti … Restait plus que le gros. Je serrai les poings et sortis sans bruit de derrière les tuyaux. Je donnai une tape sur l'épaule du « Parfait ». Il se tourna et mon coup de poing le frappa violemment dans le visage. Il poussa un grognement de douleur, mais je le frappai de nouveau. En plein visage de nouveau. Mes coups étaient vifs, et je réussis à l'envoyer au tapis.
Cela ne servait à rien concrètement, à part à me défouler. Bon … Le truc c'était que je savais pas où ils avaient conduit mon camarade Imparfait. Je me mordis le pouce en commençant à paniquer. J'attrapai mon sac. Bon … Ils devaient être en haut non ? Quelque part où les corps seraient facilement gérables … Je commençai à courir en essayant de me souvenir de la position des salles. Mais … Aucune idée … Il allait falloir que je cherche.
Je me mis à courir dans les couloirs en restant au même étages. C'était ici qu'il y avait le plus d'impasse et d'autres choses. Enfin … Je faillis manquer un embranchement où je m'y glissais aussitôt, et vis une porte au fond. J'allais aussi vite que possible. Je vis les gardes et aussitôt après, un coup de feu.
Je sursautai et me blottis contre les tuyaux près d'eux.
Il y eu un hurlement.
Luka ?
Le bruit d'un corps qui chute.
Le rire gras d'un garde.
La voix d'un garde demandant à son collègue le mot de passe.
"Death" …
Merci.
Ils partirent en riant en se moquant de Luka et son ami.
OK … Vous deux, je vous retrouve et je vous casse la gueule.
Je massai mes poings endolori en guettant le moment où les pas des gardes seraient loin. Parfait. J'avançai sans bruit jusqu'à la porte, et où je du attendre nerveusement quarante secondes que l'écran change et que je puisse taper le code. Mes mains tremblaient. La porte s'ouvrit et je rentrai dans la pièce avant de me figer devant le cadavre d'un homme aux beaux cheveux noirs.
Un coup de poing me surpris et je tombai au sol sans comprendre ce qu'il m'arrivait. Non mais … On se calme là !
Je me redressai en frottant ma tempe en fusillant du regard Luka. Je venais l'aider … Et lui, il me cognait ! Je le regardai droit dans les yeux avant de tirer mon carnet pour griffonner un « Je viens t'aider putain ! » Et de rajouter un « Tu peux lâcher ma gorge ? ».
Je rangeai mes affaires et m'approchai de lui pour l'aider à porter le corps de son copain, jusqu'à ce qu'il me demande si j'avais un plan. Mmh … Euh … Non ? … J'avais pas réfléchis, pour tout dire. Je secouais donc la tête. Bon … On pouvait pas trop sortir de l'abris, sinon c'était ça que j'aurais fait.
Ah ? Apparemment, il avait un moyen de sortir ? Je haussai un sourcil pour l'inviter à continuer … Mmh … Il a la solution. On va sortir de l'abris.
OK ! Je hochai la tête pour lui faire comprendre que j'étais d'accord avant de désigner le corps de son ami et de pointer la main vers la porte. Lui, on l'amène ou ?
J'écoutai vaguement mon compagnon, il prit le corps de son ami sur son dos et commença à partir.
Rentrer chez moi … ? J'avais tabassé quelqu'un … Et puis pour ma vie ici … Je secouai la tête. Il s'arrêta et me fixa. Je m'approchai de lui et pointai mon doigt sur ma poitrine avant de le montrer lui. Ce signe voulait dire : ensemble. Pas le temps de ressortir mon carnet. On devait faire vite. Il sourit en m'insultant. Je haussai les épaule avec un vague sourire avant de le suivre sans attendre.
Je hochai la tête à toutes ses instructions. Bon, je n'étais pas la tête pensante mais bon … J'avais de bonnes jambes et je savais casser des gueules. Lui, il était le cerveau. C'était une bonne chose. Chacun ses capacités.
Quand il a posé le cadavre au sol j'ai attendu qu'il me laisse le prendre sur mon dos. Il était bougrement léger celui là … Enfin bon. J'obéis à Luka et me préparai avec soin. Je jetais un coup d'œil à ma cachette. Enfin ! Mes prières n'avaient pas été vaines …
Mais j'aurais tellement préféré de ne pas avoir à payer le prix de la vie de l'ami de Luka. J'avais l'impression d'entendre des bruits de pas autour de moi. Si j'avais pu parler, j'aurais discuté avec le cadavre. Mais étant muette, j'étais silencieuse et plus tendue qu'une corde de poulie. Le moindre son un peu fort me faisait sursauter.
Luka … S'il te plait, bouge …
Heureusement, le gros porc était toujours dans les pommes. Pour faire bonne mesure, je lui flanquai un nouveau coup de pied dans le visage. Sa mâchoire craqua.
L'alarme sonna, me faisant sursauter violemment …
Vite ! Vite ! Je branchai maladroitement sur mon pip-boy sur la panneau de contrôle pour ouvrir la porte … Vite putain !
La porte s'ouvrit lentement en grinçant de tous ses engrenages Je plissai les yeux devant … La lumière absente … Hein ? Bon … Il devait faire nuit ! J'entendais des bruits de pas et de bottes. La porte commençait à s'ouvrir. Je tournai la tête vers l'entrée de la pièce … Personne encore … Luka bouge toi ! Si je peux sortir mais que tu es pas là … C'est con ! Je jure de faire une magnifique tombe à ton ami ! Quitte à le porter des journées entières. Mais je le laisserais pas près de l'abris.
La porte était ouverte ! Pas totalement mais … De quoi passer, à peine.
Pas de Luka. J'attendais encore un peu. La porte bougeait avec une de ces lenteur …
Et voilà Luka !
Et les gardes !
J'écoutai leur dispute quand il fut à ma hauteur … Quand le garda parla de l'élimination de la famille du pauvre garçon, mon sang reflua lentement de mon visage. Luka … Au moment où je me tournai vers lui, il me poussa du haut de la porte. Je serrai les lèvres et me luttai pour ne pas glisser sur le terrain de terre avant d'abandonner et de me laisser rouler le long de la pente. Il faisait sombre et frais.
Au bout d'un moment, la chute s'arrêta et je pu me redresser lentement. Je soulevai dans mes bras le corps de l'ami de Luka. Bon … Je ne savais pas du tout où on était, mais … Ah ! Luka ! Il était là !
J'aurais voulu savoir siffler, mais au lieu de quoi, je claquai des doigts pour lui dire où j'étais, avant de m'approcher. Je tâtonnai un moment avant de lui toucher le bras. Après avoir hissé son ami sur mon dos je lui pris la main. Par peur de ne pas pouvoir le retrouver.
J'ai marché à côté de lui avec plaisir de sentir sa main dans la mienne. Parce que c'était rassurant. Au moins … Je n'étais pas seule. L'idée de découvrir le monde avec quelqu'un me rassurait.
On marcha longtemps avant de commencer à apercevoir la lumière. On avança encore. Luka semblait avoir mal. Mais je ne « dis » rien. Je le tirai même un peu. Je plissai déjà les yeux face à la lumière filtrant de derrière une porte en bois.
Quand Luka l'ouvrit, je détournai la tête en fermant les yeux pendant de longues minutes avant de lentement les cligner pour regarder le paysage. Des collines nues, des arbres mort et des ruines … C'était le dehors !
J'inspirai un grand coup avec un large sourire en regardant autour de moi.
Tournant la tête vers lui, j'ouvris la bouche en voyant un homme une brûlure sur l'œil droit et arborant des cheveux blancs poser tranquillement un pistolet sur sa tempe. Si j'avais pu … J'aurais levé les mains … Mais j'ouvris simplement la bouche toute grande.
Comme si je pouvais hurler..
