Heeey ~ Voilà le quatrième chapitre de Freedom. J'espère que vous apprécierez ! Enjoy.

(Et n'oubliez pas les reviews, muhuhu)


Je suis parti à l'aube.

Pas recousu, les bandages poisseux de sang, mais trop agacé par les regards compatissants des infirmières et Dr. Collins. Je voulais être tranquille. Je voulais pas de leur pitié de merde. Rentrer chez moi n'était pas une option, alors je me suis cassé chez Morgan. Tant pis s'il n'y avait pas de place à cause de sa fratrie, j'avais trop peur d'affronter l'autre timbrée.

Mon ventre me faisait un mal de chien, la blessure était encore ouverte et je sentais le sang affluer contre la plaie.

A mon passage, les gens se sont écartés comme si j'avais la peste. J'aurais bien ricané si respirer ne me faisait pas suffisamment mal. Ce crétin était obligé d'avoir un nom au bout de l'alphabet. Au lieu de Wells, pouvait pas s'appeler Andrews ?

Ma marche a semblé durer des heures, et les escaliers se succédaient les un après les autres sans que je puisse au moins atteindre la lettre R. Et les gens se demandaient ce que je foutais là. Et j'avais de plus en plus mal, chaque secondes étant une douleur de plus, une goutte de sang en moins. Est-ce que je vais crever ? Bonne question, hâte de voir le résultat.

Quand je me suis enfin retrouvé devant la porte de mon mec, j'avais ma combi' complètement imbibée de sang frais, et je devais être aussi pâle qu'un cadavre. Et putain, qu'est-ce que j'avais mal.

Quand Morgan m'a ouvert, il a poussé un grand cri et m'a fait entrer sans attendre.

- Qu'est-ce t'as foutu ? S'est-il écrié d'une voix suraiguë.

- Ma mère …

Il a mit un moment à comprendre ce que j'essayais de lui dire, parce que mes marmonnements n'étaient plus très clairs. Il m'a prit dans ses bras, et m'a déposé dans son canapé avec peine. Je l'ai vu fouiller dans un tiroir, et quand il en a tiré un stimpack, j'ai paniqué.

- Ne me touche pas avec cette merde !

Il savait que j'avais fini par faire une addiction à cette saloperie. Les stimpacks ne guérissent pas, ils apaisent la douleur, et, c'est vrai, augmente la production d'hémoglobine. Même si ma blessure s'était refermée, j'avais continué à en prendre, me rouvrant le bide à l'occasion pour obliger le Dr. Collins à m'en filer sans broncher.

J'avais joué à un jeu dangereux, et j'avais perdu. Je garderais une cicatrice à vie, et si par chance cette plaie venait à vraiment se refermer, je continuerais à avoir mal si on y touche. Désavantage d'être un junkie : on se met souvent en danger pour avoir sa came.

- Tu ne vas pas commencer à faire ton chieur, Blake.

Je déteste quand il m'appelle comme ça.

- Ne me touche pas.

Mais ma voix était si faible qu'elle s'est perdue dans ma gorge. Il a piqué une veine de mon bras avec l'embout, et a appuyé sur l'injecteur. Mon corps a tout de suite reconnu le produit. C'est Morgan lui même qui m'a désintoxiqué en se ruinant pour acheter un addictol. J'ai toujours fais en sorte de lui rembourser mes dettes depuis.

Des larmes ont roulé sur mes joues, et j'ai hurlé de rage. Mon corps s'est convulsé, sous l'effet du stimpack. Le sang s'est arrêté de couler, peu à peu, et dans les secondes qui ont suivi, je me suis évanoui.

Je n'ai pas rêvé, du moins, à mon réveil, je ne me souvenais de rien. Morgan était agenouillé auprès de moi, caressant mon visage du bout de la main avec une anxiété presque palpable.

- Hey …

- Salut toi. Comment tu te sens ?

- Comme quelqu'un qui vient de perdre presque un litre de sang. Mais t'inquiète pas, je commence à avoir l'habitude.

Je me suis relevé un peu sur le canapé, avec l'aide de Morgan, et j'ai remarqué qu'il m'avait enlevé ma combinaison. J'avais froid, et une douleur désagréable m'a tordu le ventre. Il m'avait recousu et avait nettoyé la blessure. Je lui étais reconnaissant, et pourtant …

-Tu n'aurais pas dû me donner ce putain de stimpack.

- Si je ne l'avais pas fait, tu serais mort, et moi aussi.

J'ai baissé les yeux.

- Merci.
- Je t'aime.

Je l'ai serré avec faiblesse dans mes bras, et je me suis laissé aller, inhalant l'odeur de sa peau comme si ça avait été le plus doux des parfums. Je serais resté longtemps comme ça, mais la joie ne dure jamais longtemps entre les murs de l'abri 100. C'est la vie.

- OUVREZ, PAR ORDRE DU SUPERVISEUR !

Là, j'ai paniqué sévère. Les frères et soeurs de Morgan se sont rassemblé autour de nous, et à la seconde d'après, la porte s'est ouverte pour laisser entrer une troupe de patrouilleurs, pointant leurs armes sur nous.

- Morgan Wells, Luka Blake, vous êtes en état d'arrestation pour avoir enfreint la loi 38 de l'abri 100. Veuillez nous suivre dans le calme.

- Il est blessé, a plaidé Morgan d'une voix suppliante.

Ils ne l'ont pas écouté et m'ont empoigné sans douceur pour me traîner hors de la couverture. Les enfants se sont tassés dans un coin, horrifiés.

- Habille-toi, m'a lancé un garde en me balançant ma combinaison.

Quand j'eu terminé d'enfiler mon uniforme, ils nous ont tiré hors des appartements de Morgan. Deux gardes sont restés avec les enfants.

J'avais vraiment peur pour la première fois de ma vie. Ma main s'est serrée sur celle de Morgan.

Ils nous ont emmené dans les niveaux supérieurs, le plus près possible de la porte. Là où était le bureau du Superviseur. Mais ce n'était pas là qu'ils nous embarquaient, mais dans les salles de jugement.

Je tremblais comme une feuille ; parce que j'avais perdu beaucoup de sang, et parce que je voulais pas crever. Ils n'allaient pas nous juger. Ils allaient nous abattre comme des chiens, parce qu'on étaient des putains d'Imparfaits. Un sourire crispé s'est formé sur mes lèvres. Mes dents claquaient les unes contre les autres, et j'avais du mal à avancer.

- Entrez là dedans.

On s'est exécuté, mais chaque cellule de mon corps me hurlait de fuir. Est-ce que j'avais vraiment le choix ?

C'était une salle circulaire, vide, froide. J'ai sentit une sueur froide rouler le long de ma colonne vertébrale. Merde. Merde merde merde. Pas comme ça. Pas maintenant. Pas Morgan.

- S'il-vous-plaît, à gémit Morgan, ne lui faites pas de mal. Il est encore mineur. Il n'y est pour rien, c'est moi qui l'ai influencé …

Je savais qu'il mentait. C'est moi qui suis venu le voir en premier. C'était il y a deux ans, j'étais encore plus paumé que maintenant, j'étais accro aux stimpack, et je voulais crever. J'étais allé me cacher de ma tarée de mère dans les niveaux inférieurs, là où étaient les générateurs.

Et il était là, souriant, trop gentil, trop compréhensif. Je l'ai tout de suite aimé. Je l'ai embrassé en premier. On se murmurait des promesses dans le noir, quand personne ne pouvait nous voir. On voulait fuir, aller dehors, refaire notre vie. Être heureux. Et nos rêves étaient en train de partir en fumée.

- Ta gueule l'Imparfait, on va en finir vite, si ça peut te rassurer …

Son enculé de pote a gloussé, tapotant son armé à la ceinture comme pour accompagner les paroles de celui qui venait de parler.

Et là, tout s'est figé.

Tout.

L'autre a sorti son arme.

Il l'a pointé sur Morgan.

Il a tiré.

Et ils sont sortis en riant.

En riant.

Après avoir tiré sur Morgan.

Sur Morgan.

J'ai poussé un hurlement de pure douleur. Je tenais le corps de celui que j'avais tellement aimé. Il respirait avec difficulté, le sang remontant dans sa gorge, fatalement, et il pleurait. Je pleurais avec lui.

Sa main droit s'est levée avec difficulté, et a appuyé sur le bouton ouvrir de son Pip-Boy. Le lecteur s'est ouvert sur une holobande. Son regard s'est fait suppliant, et terriblement doux. J'étais secoué par des sanglots incontrôlables. Il ne devait pas mourir. Il ne pouvait pas …
Pourtant, j'ai attrapé l'holobande, et il a fermé les yeux. Pour toujours.

Pour toujours.

J'ai vomi aussitôt, incapable de regarder ce spectacle plus longtemps. Je ne pouvais pas y croire. Il n'était pas mort. Il méritait bien mieux que ça.

J'ai encore vomi.

La bile me brûlait la gorge, emportant avec elle tous mes souvenirs heureux.

Il est mort.

Je serais l'holobande dans mon poing comme s'il s'agissait de ma bouée de sauvetage. Qu'est-ce qu'elle contenait ? Pourquoi maintenant ? Les questions se bousculaient dans ma tête, et j'avais peur. Peur de vivre.

J'ai inséré l'holobande dans le lecteur de mon pip-boy.

"Salut Luka, si tu écoutes cette holobande, sois tu l'as piqué avant le jour J, soit je te l'ai donné en main propre, peu importe les conséquences qui m'y ont mené. Je voulais te dire deux choses …

Premièrement : sache que je t'aime comme un fou, tu es la meilleure chose qui me soit arrivé et tu es une personne formidable. Je ne souhaite qu'une chose, c'est que tu sois heureux, et c'est pour cette raison que nous arrivons à la deuxième chose que je devais te dire.
Luka, il est primordial que tu saches qu'à partir du moment où le Superviseur apprendra que quelqu'un d'autre que lui même est courant de ce que je m'apprête à te révéler, je ne donne pas cher de notre peau. Il faut cependant que je garde une trace de tout ceci pour que tu puisses t'échapper s'il m'arrive quelque chose.

Luka, il y a un moyen de sortir de l'abri. Le Superviseur nous a menti : il y a un moyen. Il est nécessaire de brancher ton Pip-Boy au tableau de commande, et de rentrer le mot de passe suivant : Price. Il n'a jamais changé le mot de passe depuis qu'il est aux commandes, il croit que personne ne trouvera jamais le moyen de sortir.

Tu te demandes peut-être comment moi, un agent de nettoyage, ai pu mettre la main sur des informations pareilles ? Je t'imagine sourire, là. Ouais, t'as tout juste, j'ai fais le nettoyage dans le bureau du Superviseur eeet disons que j'ai un peu fouillé. Juste un peu.

Voilà, tu sais tout.

N'oublie jamais, je t'aime par dessus tout."

Mon coeur s'est brisé. J'étais brisé. Je voulais tout détruire. Mes doigts s'enfonçaient dans les coutures de la blessure. Je sentais la douleur m'iradier comme pour me demander d'arrêter ça, mais la douleur psychologique prenait le dessus. Le sang roulait le long de mes doigts, et j'arrivais presque à sentir la chair à vif. Je voulais mourir. Là, maintenant. Je ne voulais pas sortir.

Et les mots de Morgan me frappèrent.

Non, je devais vivre, à n'importe quel prix. Je devais vivre pour donner une raison à ce qu'il avait fait. Je devais sortir immédiatement. Et je devais emmener son cadavre avec moi.
Je me suis relevé avec difficulté, le ventre toujours douloureux, et je me suis appuyé contre le mur pour attraper Morgan sous un bras et le relever.

C'était un poids mort, et il pesait encore plus lourd ainsi, mais je devais l'emmener dehors. Je lui devais au moins ça. Je me suis traîné jusqu'à la porte, et je me suis caché à côté. La première personne qui entre, je l'assomme. Mon corps souffrait, je tremblait comme un drogué en manque, et je devais traîner avec moi le cadavre de mon mec. Difficile de faire mieux dans la catégorie "Vie de Merde".

Le verrou de la porte a fait un bruit, et ça a été mon signal. J'ai posé Morgan délicatement, et je me suis relevé, prêt à frapper l'enculé que se présenterait à moi.

Un pied a fait irruption dans la pièce, et j'ai pas réfléchit, frappant de toute mes forces avant de me jeter sur la personne qui venait à présent de tomber.

Sauf que c'était cette idiote de Nolwenn.

- Merde, me dis pas que t'es de leur côté …

Je ne l'ai pas lâchée, méfiant, et j'ai attendu qu'elle s'explique … Avant de me rappeler qu'elle ne pouvait pas parler. J'ai libéré ses mains, plaçant la mienne sous son menton, prêt à l'étrangler si elle faisait le moindre geste suspect.

Si j'avais bien appris une chose, c'était qu'on ne pouvait faire confiance à personne.

Quand j'ai lu les quelques lignes qu'elle me présentait, je me suis reculé, toujours prudent, et je lui ai laissé son espace vital pour retourner chercher Morgan.

- Et qu'est-ce qu'on fait, maintenant, Einstein ? Je suppose que tu as un plan, si t'es venue ici de ton plein grès ?

Bien sûr qu'elle n'avait pas plan. Elle était juste complètement folle, pour oser venir me chercher alors que je suis un condamné à mort.

Et elle a secoué la tête, me confirmant l'inexistence de ses neurones. Bon, on était dans la merde jusqu'au cou, génial. J'adore. Youhou.

- Je sais comment sortir.

Je l'ai regardé droit dans les yeux, déterminé à me casser de ce trou à rat.

- Tu vois cette holobande ? - Je lui ai montré le dernier cadeau de Morgan - Elle contient le mot de passe du terminal du Superviseur. Si on y parvient, on peut ouvrir le verrou à distance, et après … Après, on branche notre Pip-Boy au panneau de commande et on se casse.

Le hic, c'était qu'il fallait atteindre le bureau du Superviseur, qu'il ne soit pas là, et réussir à ouvrir la porte suffisamment rapidement pour que je ne me fasse pas choper.

- Personne ne t'a vu ? Tu peux retourner chez toi, en espérant qu'on ne découvre pas que tu m'as aidé. Merci, sinon. Tu n'étais pas obligée.

Sur ces mots, j'ai hissé le corps de Morgan sur mon dos. L'avantage de sa maigreur et de sa taille, c'était qu'il n'était pas aussi lourd qu'un homme normal. Je me suis avancé vers la porte, et la sortie n'était pas comme je me l'étais imaginé en entrant. J'étais vivant. Et pas lui. Les larmes affluaient au coin de mes yeux, mais je me refusais de pleurer devant elle. Quand je me suis retourné, elle était là, droite, fière, et me regardait.

Quand elle a commencé à faire ses gestes chelous, j'ai compris qu'elle venait.

- Merde, t'es vraiment timbrée toi.

Mais j'ai souris. C'est un bon début, je suppose. Je voulais partir, et laisser cette vie de merde loin derrière moi.

Le plan, c'est de s'infiltrer dans le bureau du Superviseur - j'ai toujours voulu faire ça - et entrer le mot de passe de son terminal pour ouvrir la porte. S'il m'arrive quelque chose, il faut que tu saches que c'est Price, le mot de passe. Oh, et si je crève avant de passer la porte, emmène Morgan à l'extérieur. S'il te plait.

J'ai avancé, rapidement. Il fallait descendre encore un niveau, et on serait aux portes … Et au bureau du Superviseur. C'était quitte ou double.

- Je veux que tu attendes avec Morgan à la porte. Dès que tu entends l'alarme, ouvre la porte en branchant ton Pip-Boy au panneau de commande, et ne m'attends pas. Prends-le avec toi, et cassez vous. Pigé ?

On est arrivé à la porte plus vite que prévu. J'ai posé la cadavre de mon mec au sol, et je l'ai regardé, brisé. Il avait l'air si calme, si paisible. Je retins mes larmes, encore une fois.

- Reste là. Ne bouge pas. Sous aucun prétexte.

J'ai regardé une dernière fois Morgan, et je suis parti dans la direction opposé, là d'où on venait, mais au lieu de prendre les escaliers pour remonter, j'ai pris le couloir sombre qui menait à l'antre de la bête.

Mon ventre me faisait un mal de chien, mais je ne pouvais pas abandonner maintenant. On était si proche du but maintenant, et j'avais embarqué Nolwenn dans mes histoires. Je pouvais pas l'abandonner comme ça. J'ai avancé. Encore, et encore. Le couloir était étroit, uniquement décoré par les tuyaux de plomberie sur le côté, et il n'y avait de place que pour une personne.

Et au bout, la porte.

Aucune lumière à l'intérieur. Rien. Pas de mouvement. C'était ma chance.

Je suise entré, déterminé. La pièce était petite, mais je ne pouvais pas m'attarder à la détailler : je devais trouver le Terminal. Et il m'attendait sur le bureau, au centre, ma clé de sortie.

Je me suis attablé, et je l'ai allumé.

Mot de passe demandé.

Price.

Mot de passe accepté.

Entrées personnelles du Superviseur.

Affaires publiques.

Listing des habitants de l'abri 100.

Commandes de la porte.

J'y étais.

Un clic, et j'allais ouvrir cette putain de porte. Un clic, et l'alarme allait être déclenchée. Est-ce que j'allais avoir le temps de rejoindre la porte ? Si les gardes me coinçaient dans ce couloir, j'étais mort. J'ai pris mon courage à deux main, et j'ai sélectionné "Commandes de la porte".

Déverrouillage de la porte en cours, veuillez patienter.

Mais je n'ai pas patienté. Je me suis levé de la chaise, et j'ai couru comme un dingue jusqu'à la porte. Au moment,où je l'ai passé, l'alarme s'est déclenchée. Elle était ouverte. Et l'abri entier était au courant de son activation.

J'ai redoublé d'effort.

Quand je suis arrivé au bout, j'ai entendu des bruit de pas effréné en haut des escaliers. J'ai accéléré, si c'était encore possible.

Quand j'ai débarqué dans la salle de la porte, Nolwenn était encore là, à deux pas de sortir. Complètement barge. J'ai couru jusqu'à elle, qui portait encore Morgan, mais les gardes ont déboulé, pointant leurs armes sur moi.

- Ne bougez plus.

J'ai pas écouté, et j'ai rejoins Nolwenn.

- Revenez immédiatement, au nom du Superviseur. Vous avez trois secondes avant d'être abattus sur-le-champs.

- Comme vous avez abattu Morgan ?

L'un d'eux a ricané. Il a baissé un peu son arme, et m'a regardé.

- Ouais, comme on a buté ton mec et sa fratrie. De la vermine, ils ne méritaient pas mieux.

Un froid. Un silence. Ma gorge qui se serre et mon coeur qui se serre. Les enfants … Tous morts. Ils avaient osé tuer des enfants. Je me suis de nouveau retourné, et sans attendre, j'ai poussé Nolwenn et Morgan du haut de la porte, et ils sont tombé de la rampe pour dégringoler le long d'un passage en terre. Je les ai suivis à la seconde d'après, quand les balles se sont mises à voler.

- Tant pis, a crié un garde, on referme la porte. Ils peuvent aller crever dehors.

- J'ai paniqué. C'était comment dehors ?

J'ai pas eu le temps de réfléchir, car la porte s'est refermée lentement, et nous nous sommes retrouvé dans le noir complet. J'ai tatonné autour de moi. Nous étions dans un passage de terre. La terre. De la vraie terre, pas celle des jardinières synthétiques de l'abri. C'était de la terre sèche, peut-être même de la pierre, parce que c'était vraiment dur et froid, et que ça ne s'éffritait pas.

- Nolwenn, si t'es là, essaye de suivre ma voix et de me rejoindre avec Morgan.

Quand j'ai entendu ses doigts claquer et sa main effleurer mon bras, j'ai sursauté et lui ai saisis la main pour éviter de la perdre. Alors on a avancé dans le noir, doucement, et je sentais qu'on montait une pente. Autour de nous, le passage était étroit, mais moins que celui qui menait au bureau du Superviseur parce qu'on pouvait passer à deux. Il n'y avait pas d'obstacle, juste un chemin, entouré par la pierre froide.

Je sais pas combien de temps on a avancé, mais au bout d'un moment, j'ai cru voir de la lumière au loin. C'était faible, à peine visible. J'ai serré la main de Nolwenn, et on a accéléré le pas. Et j'avais mal. Vraiment mal.

Quand on a approché, j'ai enfin pu voir qu'il y avait une porte. Je l'ai touché, et je crois que c'était du bois. A travers les trous, on apercevait la lumière. La vraie lumière. Celle du soleil, dont j'avais tant rêvé. Mon coeur s'accéléra. On y était enfin.

Et j'ai poussé la porte.

La lumière était si violente, si agressive, que j'ai crié avait de me protéger avec mon bras. Je suis resté un moment comme ça, avant de me redresser lentement, les yeux plissés et d'essayer de discerner quelque chose. C'était flou, mais ça devenait de plus en plus net au fur et à mesure que je m'habituais à la lumière du soleil. Et enfin, j'ai pu voir le monde.

Un vaste désert, avec des collines, des arbres morts et des buissons d'épines. En bas, il y avait les ruines de ce qui semblait être un village. On était sur le haut d'une grande colline. Derrière moi, il y avait Nolwenn.

- On a réussit, ai-je murmuré. On l'a fait !

Ses yeux se sont agrandis, et elle a voulu me dire quelque chose. L'instant d'après, un flingue s'est collé à ma tempe, et une voix douce m'a murmuré à l'oreille avec un drôle d'accent :

- Un geste brusque et je vous descend, les morveux.

Je me suis évanoui.

Putain de vie à la con.