Chapitre 32 : Pas mon fils

Bonsoir tout le monde !

Alors tout d'abord je veux adresser un grand MERCI à toutes celles m'ayant laissé des reviews toutes plus passionnantes à lire les unes que les autres !

Cela faisait un moment que je n'en avais pas eu autant et je dois dire que j'ai été particulièrement touché par chacune d'entre elles ^^pouvoir connaître vos suppositions vos interrogations et surtout vos attentes pour la suite est géniale alors un grand merci encore !

Je devrais avoir un peu de temps dans la semaine je tâcherais de vous répondre à chacune

En espérant qu'il en ira de même pour celui-ci que vous attendez surement avec impatience !

Allez on se retrouve en bas … bonne lecture !


Chapitre 32 : Pas mon fils

PDV ?
Qui aurait pu penser que cette histoire aurait une telle tournure ?

Je n'étais qu'un enfant, à l'époque, un simple enfant … et pourtant, je savais que j'aurais dû parler. Me taire avait sans doute était la chose la plus égoïste que j'avais faite dans ma vie parce que non seulement maintenant les choses étaient catastrophiques mais surtout parce que j'avais trahi la mémoire de mon ami en dissimulant la vérité sur les circonstances de sa mort.

Je n'étais en vérité qu'une lâche.

Mais quand on est un enfant et qu'on a à faire à ce genre de personne, on ne réfléchit pas toujours de manière rationnelle. J'ai juste voulu me protéger et épargner le semblant de vie qu'il me restait à l'époque.

J'étais conscient que personne ne soupçonnait que je savais. J'étais là ce jour-là moi aussi, bien caché, c'est dans doute pour cette raison que j'étais toujours en vie aujourd'hui.

Je crois qu'Edward Cullen m'avait vu mais il y avait peu voir pas de chance, qu'il se souvienne de mon visage. De toute manière j'avais trop changé pour que quiconque s'en rende compte.

Je n'étais plus un enfant depuis longtemps. J'étais un adulte désormais et je savais que me taire était seulement une des preuves de ma lâcheté. Elle voulait faire enfermer la mauvaise personne seulement parce qu'elle ne savait pas la vérité.

Elle avait juste besoin que justice soit faîte pour enfin tourner la page.

Je n'avais pas assisté au procès mais Isabella s'était confiée. Edward Cullen allait être condamné pour un crime qu'il pense avoir commis, que tout le monde pense qu'il a commis et que pourtant je savais qu'il n'en était rien.

Arriverais-je à me regarder dans un miroir sachant que cet homme bien, était enfermé ? Serais-je moi un homme bien de laisser faire une telle chose ?

En jetant un coup d'œil à mon porte-bonheur, je pris une profonde inspiration et me levai de mon bureau. Les risques importaient peu désormais, il fallait agir pour que justice soit enfin rendu à Quil et à sa sœur.

PDV Edward

- Je ne pensais pas avoir à vous dire ça mais … il est temps pour vous de passer un accord, Monsieur Cullen …

Le sanglot bien distinct de ma mère fut la seule chose dont j'eus parfaitement conscience.

Enfermé dans cette salle de visite qui sentait le renfermée, je me rendis compte pour la première fois que se serait sans doute la seule manière que j'aurais de voir mes parents durant les prochaines années.

Non que j'aie un jour songé à m'en sortir mais la réalité était entrain de me frapper douloureusement et je me rendais enfin compte, et de manière assez douloureuse, de ce qui allait rythmer mon futur dans un avenir pas si lointain que ça.

Même si je ne regrettais en aucunement ce que j'avais vécu avec Bella, je devais bien avouer que si j'avais pris conscience avant des conséquences de mes moments de folie, je n'aurais pas agis de la même manière.

Cette histoire allait bien au-delà de Bella et de moi.

Elle incluait aussi Charlotte, Lise et Kiara, ma famille et ma société.

Jamais je n'avais pensé que perdre ce pour quoi j'avais travaillé si dur durant de longues années, me provoquerait autant de peine.

J'avais obligé ma mère à cracher le morceau.

« Cullen Immobilier » n'allait pas bien et malgré l'acharnement de Jessica, d'Esmée, d'Emmett et de Jasper, le dépôt de bilan était une dure réalité qu'il était nécessaire de considérer à la date d'aujourd'hui.

Certes, la société pouvait tenir le coup encore quelques semaines mais si la situation ne se débloquait pas alors je perdrais définitivement tout … jusqu'à ma liberté.

Après mon comportement au tribunal, je n'avais plus été autorisé à participer à l'audience.

Ma mère venait tout les soirs pour me faire un bilan détaillé et je savais que cela n'était pas bon, comme le confirmait les propos tenus par mon avocat de malheurs.

Les deux balles tirés et le petit garçon étaient passés à la trappe et l'assistant du procureur avait clairement insinué devant tout le monde que je ne pouvais que mentir.

Même maintenant je me demandais comment tous ces gens pouvaient croire aussi facilement à la version de James rapporté par Bella.

Certes mon histoire ne collait pas et je me posais d'énormes questions sur ce qu'il s'était réellement passé ce soir-là mais comment leur prouver que mes propos étaient la vérité alors que je n'avais strictement rien pour le confirmer ?

Au moins, l'avantage d'avoir voulu étrangler mon avocat en plein tribunal, c'est que Bella n'était plus sa cible et qu'il n'avait pas cherché à en savoir plus sur le potentiel père de Kiara.

Celle-ci d'ailleurs n'était pas revenue selon ma mère.

- Un accord ? Répéta mon père abasourdi. Mais Edward n'a rien fait …

- Il n'y a plus de présomption d'innocence Monsieur Cullen, sans nouvelle preuves solides pour discriminer votre fils, il va être condamné. Maintenant la seule chose dont vous devez vous préoccuper c'est de la sentence qu'il va purger.

Je fermais les yeux et me concentrais sur ma respiration.

Alors voilà … c'était fini.

La bataille s'arrêtait là.

J'étais d'accord avec Maître Jones pour une fois.

A quoi bon se battre, c'était perdu d'avance.

Je voyais bien dans les prunelles de mes parents le désespoir. Ils continuaient d'espérer un miracle mais j'étais conscient que les miracles n'existaient que dans les films. Nous n'étions pas dans un film et je n'étais pas le héros qui s'en sortait toujours. Il était enfin temps de l'admettre.

- Quel accord je peux espérer obtenir ? Demandai-je à mon avocat.

Aux yeux de tous j'étais un meurtrier et à mes yeux aussi je l'avais été durant des années. A quoi bon savoir qui avait tiré la deuxième balle, qui était ce jeune garçon … j'étais presque certain que cela n'allait pas beaucoup arranger mes affaires.

Ma mère se leva d'un bond de sa chaise de plastique et sortit de la pièce sans doute pour me cacher ses larmes qui devaient couler librement sur ses joues.

J'imaginais parfaitement ce qu'elle pouvait ressentir en ce moment même et je me faisais l'effet d'un minable d'oser lui faire vivre ça.

- Quelques années de prison si vous plaidez coupable … 5 peut-être 10 ans …

Rien par rapport à ce que je risquais si j'allais jusqu'au bout du procès, rien par rapport au fait que j'avais définitivement perdue la femme que j'aimais.

Je hochai la tête pour signifier mon accord à maître Jones. Je voulais juste en finir maintenant qu'importe ce qui allait se passer.

Ma société, Bella, ma liberté … j'avais perdu tout ce que j'avais.

Je me levais à mon tour et après avoir saluai brièvement mon père, je demandais à ce que l'on me ramène dans ma cellule.

En arrivant à destination, je ne pus m'empêcher de regarder autour de moi. J'analysais ces quelques mètres carrés qui serraient pour les prochaines années, l'endroit où je passerais le plus de temps.

La vie dont j'avais tant rêvée s'était définitivement envolée. Qu'importe ce qui pouvait bien m'arriver.

Me battre ne signifiait plus rien si au final la seule personne qui comptait, voulait ma perte.

PDV Bella

Dans les yeux de Kiara ne s'étendait que haine et souffrance.

J'avais essayé de retenir ma fille mais elle avait claqué la porte sans me laisser la possibilité de parler.

De toute façon, cela n'aurait pas servi à grand-chose. Elle ne voulait pas entendre ce que j'avais à lui dire.

Elle était persuadée que même sous serment, même en ayant promis de dire toute la vérité rien que la vérité, j'avais menti devant une salle entière. Et pourtant Dieu seul savait que ce n'était pas le cas.

J'ignorais qui était le père de ma fille.

Le sanglot qui me consuma, m'obligea à mettre un genou à terre.

Quinze jours. Cela faisait exactement 15 jours que j'avais témoignés dans cette salle de tribunal et pourtant cela ne cessait de me hanter jour et nuit.

Kiara avait disparu, j'ignorais totalement ou elle pouvait se trouver.

Je tremblais à l'idée qu'il puisse lui arriver n'importe quoi. Il n'y avait aucun mouvement sur son compte bancaire, preuve qu'elle n'avait pas utilisé d'argent.

J'avais appelé toutes ces copines, toutes ces connaissances mais personne ne l'avait vu depuis des mois. C'est en entendant les propos de certaines de ses meilleures amies d'enfance que je pris vraiment la mesure de la souffrance de Kiara.

Elle n'avait plus personne. Ces meilleures amies que je connaissais depuis son entrée au collège n'avait visiblement plus aucune nouvelle d'elle depuis longtemps et ne s'attendait pas à en avoir.

Kiara ne s'était pas seulement éloignée de moi, elle avait également rayé toutes les personnes qui l'entouraient jusqu'alors, toutes celles qui avaient comptés pour elle. Mais où était donc passé mon enfant ? Ou était la petite fille que j'avais élevée ? Celle que j'avais portée et aidée à grandir ? Ou était ma Kiara ?

Personne n'avait su me dire ou elle pouvait être. Comment pouvait-elle vivre sans argent dehors toute seule ?

Il pouvait lui arriver n'importe quoi, je n'étais même pas certaine que je serais au courant. C'était comme si je revenais des années en arrière et que j'apprenais brutalement que mon frère était mort depuis plusieurs jours et qu'il était déjà enterré.

A l'idée qu'elle pouvait subir le même sort que Quil ou se retrouvait à faire comme Tanya, mon estomac se retourna et je rendis le peu que j'avais avalé il y a de cela quelques heures.

Maintenant que mon enfant était peut-être en danger, je me demandais si me taire était réellement la meilleure solution.

La vérité ne serait sans doute pas pire que le mensonge.

Au moins Kiara serait fixée.

Mais comment lui avouer que j'étais sincère quand j'affirmais ne pas savoir qui était son père ? Comment lui faire comprendre que je l'aimais et que j'étais prête à tout pour la protéger ?

- Isabella, vous avez une visite …

Le domestique en charge du bon ordre de la maison, venait d'entrer dans le bureau dans lequel je m'étais réfugiée depuis des heures.

La maison me paraissait déserte et elle l'était.

Pour éviter à Charlotte et Lise de se retrouver encore perturber par tout ce qui se passait en ce moment, je les avais envoyé en colonie.

Il était prévu qu'elles fassent le tour de notre beau pays. Je n'avais donc que des contacts téléphoniques avec mes filles depuis près de trois semaines.

Heureusement, le procès prendrait fin d'ici quelques jours et mes enfants seraient de retour à la fin de la semaine.

- Qui est-ce Seth ?

- Elle s'est présentée comme étant Esmée Cullen.

Je marquais un temps d'arrêt.

Je n'étais pas certaine que j'avais vraiment envie de parler à cette femme. Je n'avais rien à lui dire. Et je ne voulais surtout rien entendre d'elle.

Mais je ne pouvais pas faire comme si elle n'était pas venue jusqu'ici pour me parler. Je n'avais pas vraiment le cran de la renvoyer sans autre forme de procès comme je l'aurais fait avec quelqu'un d'autre.

Il s'agissait d'Esmée Cullen et quoi que j'en dise, j'admirais cette femme et je ne voulais pas me montrer désobligeante avec elle. Je réfléchis durant un moment pesant le pour et le contre avant de me lever et de me diriger vers le salon.

Madame Cullen était là, à m'attendre, droite comme un I, me tournant le dos. Elle était face à la fenêtre et admirait le paysage extérieur parfaitement visible en ce début de journée.

Le bruit que je fis en entrant dans la pièce, la fit se retourner vers moi et j'eus un petit choc l'espace d'un instant.

Cette femme que j'avais toujours prit pour une force de la nature et qui paraissait d'ordinaire si jeune, était ridée et fatiguée. Les deux poches bleues qu'elle arborait sous les yeux me firent l'effet d'une douche froide.

J'avais égoïstement pensé que j'étais la seule à souffrir mais je devais bien me rendre à l'évidence que ce n'était pas le cas. Esmée Cullen était une mère avant tout et je m'en prenais délibérément à son fils, m'en servant comme d'un exécutoire.

- Qu'est-ce que vous êtes venues chercher ? Demandai-je avec tout le calme dont j'étais capable.

J'essayais de me contrôler afin d'éviter d'enfoncer encore un peu plus le couteau dans les plaies à vif de cette femme qui n'avait, somme toute, rien demandé à personne.

- La justice pour mon fils …

Pour tenter de ne pas perdre mon sang-froid, je resserrais les doigts sur mes pouces à m'en faire mal aux jointures.

- La justice est entrain d'avoir lieu Madame Cullen …

- Ce n'est pas la bonne et vous le savez …

Je détournais le regard et me rendis compte que le domestique n'avait pas quitté la pièce. D'un seul mouvement de main, je lui ordonnais de partir et il s'exécuta en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Il n'avait pas à assister à ce genre de conversation qui ne regardait personne.

- Ce n'est pas de la justice et vous le savez …

Sa voix se brisa sur les derniers mots et je me forçais à rester de marbre. Réagir était la dernière chose souhaitable.

- Mon fils n'est coupable que d'une seule chose … il était là au mauvais endroit ou mauvais moment nous le savons toutes les deux …

Je tournais le dos à Esmée Cullen pour me reprendre.

- Vous êtes une mère vous aussi … vous pouvez comprendre …

- Bien sûr que je vous comprends, m'écriai-je en faisant volte-face … c'est pourquoi je ne vous ai pas encore demandé de quitter ma maison mais je peux vous assurer que pour ce qui est de votre fils …

Mes dents étaient trop serrées pour que j'arrive encore à dire quelque chose de cohérant.

- Il n'y a que l'amour pour se transformer aussi rapidement en haine …

Je fermais les yeux et vacillais sous l'effet de la violence intense qui me traversa. J'eus un besoin viscérale d'écraser mon point sur le premier exécutoire qui se trouvait sur mon passage.

Esmée Cullen venait de dire exactement ce que je ne voulais pas entendre.

De l'amour ? Pour l'homme qui avait détruit une vie innocente ? Qui m'avait fait croire non seulement à moi mais aussi à mes filles que l'avenir pouvait être meilleur pour nous alors qu'il était bien pire ?

Comment faire comprendre à des enfants que l'homme qu'elles considéraient comme leur ami ne reviendrait pas ? Ce n'est pas elle qui avait lu la tristesse sur leurs frimousses, pas elle qui avait dû leur faire comprendre que désormais s'était de nouveau nous quatre enfin nous trois au vu de la situation avec Kiara, ce n'est pas elle, encore qui avait dû affronter leurs pleurs et qui avait dû leur mentir pour éviter qu'elles ne posent trop de questions et puis ce n'est pas elle qui avait vu leur petits fronts se plisser quand elles s'étaient rendu compte que j'étais redevenue une coquille vide.

- Vous vous moquez de moi ?

- Non Madame Voltury …

Le silence tomba pendant lequel je n'eus aucune envie d'ajouter quoi que ce soit. Par respect pour Madame Cullen, je n'allais pas la mettre dehors mais j'étais à deux doigts de lui demander de quitter cette maison.

- Edward n'est pas un meurtrier ! Je connais mon fils et je sais qu'il n'aurait jamais pu faire du mal à un enfant …

J'eus un rire mauvais mais l'éclair que je perçus dans les iris de la mère d'Edward provoqua une drôle de sensation en moi.

Face à mes propres réactions, je ne pus m'empêcher de me hérissai. Je ne pouvais pas faire d'état d'âme, ce n'était pas le moment.

- Ecoutez madame Cullen, rentrez chez vous … je n'ai plus rien à dire sur le sujet.

Son visage s'affaissa mais je me forçais à rester indifférente.

Au moment, où je me détournais, je sentis une pression sur mon poignet. Esmée Cullen n'en avait visiblement pas fini avec moi. Elle avait encore des choses à dire.

- Madame Cullen, cela ne sert à rien … j'ai déjà jugé Edward et pour moi il est coupable que le jury rende son verdict ou non ...

Elle parut ahurie par la fougue de mes paroles. Visiblement elle ne s'était pas attendue à un tel débordement de ma part.

Je tentais de me maîtriser mais ce n'était pas toujours simple non plus. Je n'étais pas faite de glace contrairement à ce que certain pensait, il m'arrivait de déraper et ces derniers temps cela devenait une habitude de perdre le contrôle de moi-même.

Mes nerfs étaient à vif et la tension qui habitait mon corps ne cessait de s'intensifier au fils des jours.

Cela avait commencé le soir ou James avait détruit mes rêves d'avenir avec Edward, le soir ou j'avais compris que j'étais définitivement condamné à vivre seule pour le reste de mes jours parce que le bonheur ne m'était tout simplement pas permis.

Ni le mien, ni celui de mes enfants.

Pour ma part, c'était presque devenu une habitude mais pour mes filles, je ne devais pas renoncer.

Elles devaient avoir un avenir meilleur que le mien, il était hors de question que je les entraine dans ma perte. Elles avaient la vie devant elles.

En réponse à mes paroles, Esmée ferma les yeux et réprima un gémissement.

Je comprenais sa démarche. En tant que mère, j'aurais agis exactement de la même façon pour sauver mon enfant. Je ne pouvais pas lui en vouloir et dans un certain sens, ce n'était pas le cas. Je la comprenais parfaitement. Moi aussi je serais capable de tout si la vie de Lise, Charlotte ou Kiara était en jeu.

On parlait de la liberté de son fils.

- Ecoutez … je … je vous comprends … à votre place … j'aurais sans doute agit de la même manière … mais je ne peux tout simplement pas ignorer que votre fils … à ôter la vie à mon petit frère …

Et cela ne pouvait pas s'arranger d'un simple coup de baguette magique. Sans parler de tout ce qui avait découlé de cette trahison.

J'avais tellement prié pour que tout ceci soit un cauchemar. J'avais versé tant de larmes en suppliant le ciel de me laisser être heureuse … de me laisser Edward.

J'étais même allé jusqu'à hurlera au ciel, dans la nuit noire, sous une pluie diluvienne d'arrêter de me faire souffrir ainsi.

Mais chaque matin je me réveillais avec cette même sensation de vide et le besoin de faire payer à cet homme le mal qu'il me faisait.

Pourquoi cela me faisait-il aussi mal ?

- Il m'a trahit Esmée … il m'a regardé droit dans les yeux et il m'a menti …

Le silence tomba durant lequel seul les bruits de la maison retentissaient à mes oreilles.

Esmée finit par prendre une profonde inspiration. De ses doigts elle essuya ses larmes ayant coulées sur ses joues.

- Je le sais … je le sais parfaitement … mais c'est de sa liberté dont on parle … mon tout petit ne peut pas finir derrière les barreaux … vous ne l'avais pas vu … il n'a rien de commun avec les brutes épaisses de ses lieux …

J'imaginais parfaitement son désarroi. La peur en voyant les hommes qui partageaient l'existence de son fils.

Esmée Cullen était entrain de me mener exactement là où je n'avais pas envie d'aller.

- Madame Voltury je vous en conjure … ne laissez pas Edward enfermer … vous savez comme moi que même si votre petit frère est mort de sa main … il n'a jamais voulu lui faire de mal … il était là tout simplement …

- Madame Cullen …

- Regardez-moi et dîtes moi que je mens ! Dîtes moi que mon fils est un être calculateur et froid qui a orchestré la mort de Quil de sang-froid ! Dîtes moi que vous êtes certaine que James Nomades est innocent ! Dîtes moi que vous n'avez aucun doute sur la culpabilité d'Edward !

J'ouvris la bouche pour le lui dire mais mes mots s'étranglèrent dans ma gorge. Je ne pouvais pas !

Je ne pouvais pas lui mentir droit dans les yeux. Je n'étais pas Edward.

Bien plus que de la croire coupable, c'était ses mensonges qui me faisaient du mal parce que je le croyais honnête. Sans parler de Tanya … selon ses dires Tanya était venue demandé de l'aide et lui, ne l'avait pas aidé. Il n'avait même pas cherché à comprendre ce qu'elle voulait. Je ne saurais probablement jamais ce qu'elle avait en tête pour se rendre directement chez Edward après m'avoir laissé toute seule avec ma fille dans cette cabane sordide ou Kiara était née.

Mais les faits étaient là. Tanya était morte quelques jours plus tard.

Esmée Cullen recula de quelques pas en voyant mon mutisme.

- Vous voyez … vous n'y arrivait pas … mon fils n'est pas le meurtrier que vous tentez de dépeindre !

Toujours privée de la parole, je me détournais et lui tournais le dos.

Sentant qu'elle n'allait plus s'attarder très longtemps, j'en fus soulagée. Il fallait qu'elle parte avant que je ne m'effondre pour de bon.

- Vous voulez que je vous avoue quelque chose …

Je fronçais les sourcils attendant qu'elle rassemble ses pensées. N'avait-elle pas dit assez de chose déjà ? Ne m'avait-elle pas fait assez de mal ?

Ce qu'elle avait à me dire était visiblement difficile à formuler et j'eus presque peur quand elle rouvrit enfin la bouche.

- Si vous, vous lui vouez une haine féroce … lui … il continue de vouloir vous protéger … il est prêt à tout pour vous épargner …

Je m'en étais rendue compte et si au départ, j'avais voulu l'étrangler quand il s'était interposé lors de mon interrogatoire, je m'étais également posé tellement de questions sur le but de son attitude.

Il n'avait plus rien à gagner de vouloir me préserver. Alors pourquoi ?

- Maître Jones ne vous a pas épargné … et dieu sait qu'il s'était battu pour éviter que vous vous retrouviez dans cette situation … alors que vous … vous cherchez à le priver de sa liberté, à lui prendre sa société qu'il a mis des années à construire … cela ne vous fait rien d'être bientôt responsable du licenciement de centaine de personnes ?

Je n'avais rien à répondre à ça. Que pouvais-je donc lui dire ?

Les émotions qui me traversaient sans cesse, ne me laissaient aucun répit. La haine était la seule chose que je devais conserver. Me permettre d'autres sentiments ne pouvait que me mener à ma perte.

Mais elle avait raison sur un point. La société d'Edward.

J'avais été trop loin. Je le savais. Aro me l'avait bien dit. Lui retirer le contrat de Dubaï était une chose, lui prendre les autres en était une autre, bien différente. Il ne s'agissait pas seulement de lui, mais surtout de ces employés. Le souvenir de Jessica était gravé dans mon esprit. Si je n'avais pas eu Jacob, j'aurais pu aisément l'engager. Cette femme était une perle.

Qu'avais-je fait ?

- Partez Esmée. Partez … je vous en prie …

Ma voix n'était qu'un petit éclat. Je ne voulais rien entendre de ce qu'elle avait à me dire. Elle m'obligeait à réfléchir à mon comportement … à Edward. Elle était juste entrain d'enfoncer la lame plus profondément dans mon cœur meurtri.

Il était temps de mettre un terme à la conversation et de recouvrer enfin mon calme.

La mère d'Edward finit par obtempérer et se dirigea enfin vers la porte. Au moment où je pensais être tranquille, Esmée Cullen parut se raviser et par se stopper sur le seuil de la pièce. Je me demandais vaguement ce qui lui arrivait. Elle avait la tête tournée vers la droite et à son profil je remarquais sans mal le froncement de ses sourcils.

Je suivis son regard et tombais sur un cliché de mes enfants. Elle avait été prise un an auparavant, avant que Kiara ne change et ne devienne ce qu'elle était maintenant.

Elle resta un long moment à regarder mes filles avant de se retourner vers moi, suspicieuse.

- Quelque chose me turlupine depuis votre interrogatoire …

Je fus prise au dépourvue par le soudain revirement de cette femme qui ne semblait pas vouloir quitter ma demeure.

Qu'avait-elle encore à me dire ? De mon point de vue, nous avions fait le tour de la question, il n'était donc plus nécessaire de s'attarder.

J'attendis curieuse mais bizarrement tendue qu'Esmée se mette à table.

L'interrogatoire dont j'avais eu le droit avait été musclé et je m'en étais sortie de justesse. Mon aveu avait choqué beaucoup de monde. Les questions concernant Kiara étaient plus virulentes que jamais.

- Comment une mère ne peut-elle pas savoir qui est le père de son enfant ?

Je me durcis face au ton soudain accusateur de la mère de famille. Elle n'avait plus rien de la mère éplorée qu'elle était quelques instants auparavant.

- Ou voulez-vous en venir …

J'étais glaciale parce que le mauvais pressentiment qui s'était emparé de moi, ne cessait de s'intensifier. Esmée n'était pas plus avenante non plus.

- Je me suis posée la question. J'ai tourné ce problème dans tous les sens … mais maintenant en regardant vos filles … cela me semble évident …

Elle reporta son attention sur le portrait de Kiara, Charlotte et Lise.

- Maître Jones n'a tout simplement pas posé les bonnes questions, n'est-ce pas Madame Voltury ?

Une sueur froide me traversa et coula le long de mon dos. J'aurais dû me méfier bien avant.

Il n'y avait qu'une femme, une mère pour comprendre mon attitude et mes paroles.

Je venais de m'en rendre compte.

- Il a demandé l'identité du père de Kiara mais … je suis presque certaine que ce n'est pas cette question-là qui importe …

Je me forçais à l'immobilité attendant ma sentence. J'aurais dû la mettre dehors bien avant. J'aurais dû la sortir de chez moi. Mais il était trop tard.

- Ou voulez-vous en venir ?

Le son de ma voix était droit, égale. Elle ne reflétait pas l'ouragan faisant rage dans mon cœur.

- Vous le savez très bien … tout est clair maintenant … le père n'est pas vraiment le problème dans cette histoire nous le savons toutes les deux … maître Jones n'aurait pas dû s'acharner avec cette question …

Je me mordis la joue ce qui fit couler le sang dans ma bouche. Je ne sourcillais même pas face à la douleur. Elle était préférable en cet instant.

- Il aurait plutôt dû demander … qui était sa mère … n'est-ce pas ?


Taaaddamm !

Le moins que l'on puisse dire c'est que j'attends avec impatience vos avis ?!

Et oui on avance dans les révélations ^^

Pour la semaine prochaine … grande révélation en perspective et surtout des réponses à certaine de vos questions bien sûr

Bonne semaine à vous et à la semaine prochaine !