Chapitre 36 : Laisse-moi partir …
Bonsoir tout le monde !
Voilà le chapitre 36 !
Comme toutes les semaines je tiens à remercier toutes celles qui sont encore là après tous ces chapitres et celles qui prennent le temps de me laisser un com à chaque fin de chapitre ! ^^
Allez je vous laisse et on se retrouve en bas !
Chapitre 36 : Laisse-moi partir …
PDV Edward
Je n'avais pas prévu ma réaction au moment où je me retrouverais devant les bureaux de la compagnie pour la première fois depuis des mois.
Pendant un long moment, je fixais le building sans pouvoir faire un seul pas pour y entrer.
J'ignorais totalement ce qui allait se passer à l'intérieur, ni quel sort allait m'être réservé. J'avais donc du mal à mettre un pied devant l'autre et à me rendre à ce rendez-vous où j'étais certainement déjà en retard.
Me traitant mentalement de lavette, je finis par reprendre contenance et par me durcir pour éviter de réagir comme un adolescent pré-pubère si je tombais sur une certaine personne en talon haut.
Honnêtement je ne pensais pas qu'elle soit là. Je la voyais mal accepter ma venue et m'attendre assise tranquillement dans le bureau d'Aro.
Déjà il était clair qu'elle n'était au courant de rien concernant son plan loufoque et de plus j'étais sans doute la dernière personne qu'elle avait envie de voir. Il était donc normal qu'elle cherche à m'éviter, soit en se terrant dans son bureau de PDG soit en étant carrément absente des locaux.
Je penchais plus pour la deuxième option, après tout Aro était tout à fait capable de débarquer dans son bureau avec moi sur ses talons pour la forcer à prendre part à cet entretien mystérieux.
Je me présentais à l'accueil et on me jeta un drôle de regard que je décidai d'ignorer avant de prendre l'ascenseur. C'était comme revenir des mois en arrière, comme si rien ne s'était passé.
A l'époque, je priai pour que les relations entre Bella et moi évoluent. Après tout j'avais de l'espoir de la voir un jour dans mes bras. C'était des rêves. Ils étaient moins douloureux à l'époque que les souvenirs. Savoir que l'intimité et la passion avaient existé entre nous était pire que d'imaginer qu'elles pourraient exister.
Quand les portes s'ouvrirent sur les bureaux je fus surpris de voir Jacob et Carmen m'attendre devant les portes de la cage de fer.
Je m'avançais vers eux et leur serrer la main.
Je n'avais pas vu l'assistant de Bella depuis le jour du procès où il était venu à mon secours et m'avait sorti de là.
Je ne pus m'empêcher de lui adresser un sourire rassurant et chaleureux quand je le regardais.
Je n'avais jamais eu l'occasion de le remercier. Sans lui je serais sans doute en prison pour un crime que je pensais réellement avoir commis. Même si je n'étais pas innocent dans cette affaire, je n'étais pas un meurtrier et tout ça, était grâce à lui.
Jacob me surprit quand il me rendit mon sourire et me salua en utilisant mon prénom, ce qu'il n'avait jamais osé faire auparavant.
- Edward … content de vous revoir …
- Moi de même …
Et j'étais sérieux.
J'ignorais pourquoi il était là à m'attendre mais en tout cas j'étais content qu'il l'ait fait.
- Monsieur Cullen … Monsieur Aro vous attend …
Je hochai la tête dans sa direction et elle se dirigea vers le bureau de son patron. Avant de la suivre je me tournais vers Jacob afin de dire ce que j'avais sur le cœur depuis tous ces mois.
- Je n'ai pas eu l'occasion de le faire avant mais … je tiens à vous remercier …
Il savait parfaitement de quoi je parlais. Mais avant que je n'aie pu ajouter quoi que ce soit, il me stoppa d'un geste de la main.
- J'aurais dû parler bien avant vous savez …
- Vous l'avez fait … c'est la seule chose qui compte …
Il aurait pu ne pas le faire du tout et je serais dans une toute autre situation en ce moment. Alors je refusais qu'il culpabilise pour quelque chose qui n'était pas de sa faute.
Il était un enfant à l'époque et personne ne pouvait le blâmer d'avoir eu peur.
- Allez retrouver Monsieur Philips … il a une proposition pour vous …
Je fronçais les sourcils mais il me désigna Carmen qui m'attendait quelques mètres plus loin. J'hochais la tête pour saluer Jacob et me décidais à avancer, intrigué de nouveau.
Une proposition ?
Aro Philips ? Associé de la femme qui voulait m'enfermer ?
Je doutais que cette proposition ait à voir avec le travail. Il savait parfaitement que ma situation était précaire depuis ma sortie de prison. Il ne pouvait pas ne pas être au courant. C'était dans tous les journaux.
Il ne pouvait pas non plus ignorer que Bella était derrière la résiliation de certain de mes contrats.
Carmen poussa la porte du bureau d'Aro et j'entrais dans la pièce.
Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis non seulement Aro et Marcus mais aussi Isabella Masen Voltury en chair et en os devant moi.
Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit là.
Oh certes, au vu de son expression elle n'avait aucune envie de se trouver devant moi mais visiblement Aro n'avait guère du lui laisser le choix.
Elle me fixait durement les mains liées devant elle dans une attitude qui n'était pas sans me rappeler celle qu'elle avait eue au début de notre collaboration. Sauf qu'avant, elle ne me détestait pas, nous étions juste des étrangers l'un pour l'autre.
Prenant mon courage à deux mains, je m'approchais du trio et tendis ma main à chaque frère avant de faire de même avec Bella.
Sauf que cette fois, nous n'étions en présence que des frères Philips. D'un air supérieur et plein de dédain, elle me toisa quelques secondes avant de se détourner et de prendre place sur son siège.
Je pinçais les lèvres face à son attitude mais ne pouvant rien dire sans exploser, je me contentais de m'asseoir à mon tour sur le siège que me désignait Aro.
J'encaissais le coup alors que je me retrouvais à son exact opposé, Marcus faisant office de barrière entre nous.
Aro prit place et je me concentrais sur lui, de nouveau curieux de savoir ce que je faisais là. Au vu de l'attitude de Bella, elle était là parce que son associé l'avait sans doute forcée à être présente.
Que Marcus soit là, renforçait cette idée.
- Alors Edward venant en au fait tout de suite … je suis certain que vous vous demandez pourquoi je vous ai fait venir ici …
Sans rien dire, j'hochais la tête. Il ne m'avait pas plus éclairé que quelques instants auparavant, j'attendais juste la suite.
- Si vous êtes là c'est pour affaire …
Je plissais les yeux suspicieux. Etait-il vraiment sérieux avec sa proposition de travail ?
- Je comprends votre surprise Edward mais … il n'y a aucune entourloupe dans ma proposition …
J'avais un petit doute quand même sur ces intentions. Il y a moins de quatre mois, leur seul but était de m'enfermer derrière les barreaux et maintenant il me proposait des contrats ?
Je me concentrais de nouveau sur les paroles d'Aro qui continuait de déblatérer sur sa proposition inattendue.
- Ce que je vous demande c'est de réfléchir à ce que je vais vous proposer … et de lire le contrat au cas où vous pensait que nous sommes le genre à vous faire des coups bas …
Il avait raison, je n'avais aucune confiance en lui et en la compagnie. Ils étaient bien du genre à me faire signer un truc louche et je ne tenais pas à mettre ma société un peu plus dans le pétrin.
Fut un temps, j'aurais signé les yeux fermés mais maintenant après tout ce qui s'était passé, je ne pouvais pas être aussi inconsidéré.
- Je vais d'abord vous expliquer ce que je veux … sachez tout d'abord que cette proposition vient de mon fait et non de quelqu'un d'autres (traduction : pas de Bella !). Je suis conscient qu'après ce qui s'est passé il y a quelques mois, vous ne vous attendiez pas à cette convocation. Mais aujourd'hui, les choses sont différentes … avec le contrat que nous venons de signer hier, Isabella est débordée et ne peux assumer d'autres contrats. Or nous avons été choisis pour un hôtel sur Seattle. Un projet de grand envergure que je me suis engagé à monter à la place d'Isabella pour la décharger de ces contrats à répétition et lui laissez du temps libre … mais comme vous le savez l'immobilier n'est pas ma branche … je ne connais que les fondamentaux et même en étant aidé par l'équipe … eux non plus ne peuvent pas travailler plus de 15 heures par jour … or les délais sont très courts … j'ai donc pensé à vous …
- Vous voulez vous associé avec moi ? Mais pourquoi ? Demandai-je incrédule, les yeux écarquillés sous la surprise.
Il hocha la tête.
- Oui … parce que je connais votre travail tout simplement …
- Après tout ce qui s'est passé ?!
Je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'œil à Isabella qui regardait Aro avec des yeux de tueuses. Apparemment, son envie de meurtre n'était pas dirigée entièrement vers moi.
- Ecoutez Edward …. Nous avons eu tort de mêler la vie privée et la vie professionnelle (par nous il voulait dire elle surtout !)… ce qui s'est passé il y a quelques mois n'aurait pas dû interférer dans le travail que vous fournissiez ici … certes le projet en collaboration avec Isabella serait devenu impossible mais les choses auraient dû être fait plus proprement. Et surement pas de cette manière …
Ces paroles provoquèrent ma colère jusque-là contenue. Comment osez-t-il après l'état actuel de ma société ? J'étais conscient que ce n'était pas lui le véritable coupable mais j'avais besoin que Bella entende ce que j'avais à dire même si ce n'était pas à elle que je m'adressais.
- Vous le reconnaissez ? Ma société est au bord de la faillite, Aro ! Vous avez fait pression sur mes clients pour qu'ils cessent leur collaboration avec moi ! J'ai dû utiliser mes propres comptes pour payer mes employés … je n'ai presque plus rien … je suis conscient qu'à vos yeux j'étais coupable et que je le suis encore … et je l'accepte mais … pas ma société … pas mes employés, ce sont des centaines de personnes honnêtes avec des familles, une vie … un salaire dont ils ne peuvent pas se passer … ils ont besoin de leur travail … et vous avez failli les faire pointer au chômage … pour une erreur que j'ai commise moi, pas eux !
Je regardais de nouveau Bella qui avait la tête complètement tournée vers la fenêtre. J'aurais aimé voir ses yeux pour connaître les émotions qui la traversaient.
- Je comprends … je ne peux pas revenir en arrière mais je vous propose un contrat aujourd'hui …
Il n'eut pas le temps de continuer que le téléphone posé près de lui sur son bureau se mit à sonner de façon stridente.
Il leva un doigt quelques instants avant de prendre le combiné et de s'annoncer.
La conversation dura quelques instants avant qu'il ne raccroche en se levant.
- Je vais vous demander quelques instants … Marcus peux-tu venir avec moi ?
Son jumeau parut surpris mais il n'insista pas vraiment et les deux frères quittèrent la pièce me laissant seul avec la femme qui hantait mes rêves depuis longtemps maintenant. Je me demandais si ce n'était pas un coup prévu par Aro. Il ne faisait jamais rien au hasard et j'étais presque certain qu'il en allait de même pour cette situation.
Le silence était pesant entre Isabella et moi. Elle ne me regardait pas, préférant rester droite sur son siège en une attitude totalement figée.
- Je ne signe rien si tu ne le veux pas …, soufflai-je doucement sans la regarder.
J'adoptais la même attitude qu'elle afin de ne pas la brusquer.
J'avais l'impression de passer mon temps à ne pas la brusquer afin d'obtenir son approbation. Qu'avait-elle fait de moi ? Elle me détestait mais j'étais assez maso pour continuer d'espérer.
Un pauvre type voilà ce que j'étais devenu … un pauvre type s'accrochant comme un désespéré aux dernières miettes qu'elle voulait bien me donner.
Elle se leva brusquement et s'approcha de la fenêtre pour regarder vers l'extérieur me tournant complètement le dos.
Pour ne pas rester en retrait, je me levais à mon tour pour m'approcher d'elle. Mais je restai à bonne distance, me plantant à environ un mètre en croisant les bras sur ma poitrine.
- Je suis sérieux Bella …
- Ne m'appelez pas comme ça ! S'écriai-t-elle en se tournant vers moi les poings serrés.
Je restai un moment interdit face à sa colère soudaine. Mais j'aurais sans doute dû le prévoir.
J'étais trop familier et elle avait du mal à le tolérer.
- Plus jamais … ajouta-t-elle. Je suis Madame Voltury et rien d'autre …
- Vraiment ?
S'attendait-elle vraiment à ce qu'on revienne au vouvoiement et à l'emploi du 'madame' pour m'adresser à elle ? J'avais tenu cette femme dans mes bras, nous nous connaissions intimement, on avait vécu quelque chose, elle ne pouvait pas le nier. Et je ne pouvais surement pas revenir aux vous et aux 'madame' !
- Tu t'attends vraiment à ce que je t'appelle Madame ?
- C'est la seule chose que vous avez gagné en jouant le jeu que vous avez joué …
- Je n'ai pas joué … je n'ai jamais joué avec toi …
Ma voix avait viré vers les aigues à la fin de ma phrase.
Comment pouvait-elle inventer une chose pareille ! Elle savait que j'étais sincère … elle ne pouvait pas bafouer ce qu'on avait vécu.
Elle me regarda avec un air mauvais sur les traits et se mit à éclater de rire. Mais rien à voir avec ce que j'avais déjà entendu. Les notes acerbes et mauvaises dans son ton étaient parfaitement discernables.
- J'en doute fortement … et j'ai été assez naïve pour tomber dans le panneau …
Ne pouvant me retenir, je m'approchais d'elle et posais mes mains sur ses bras pour la secouer. Sous le choc elle tenta de se dégager mais je resserrais ma poigne pour la maintenir en place.
- Tu n'as aucun droit de penser que j'ai toujours voulu ça ! J'étais sincère du début jusqu'à la fin ! Je n'ai jamais joué avec toi et encore moins avec les filles … je voulais construire quelque chose … je n'ai jamais prévu que mon plus lourd secret était relié avec ton passé … mais quand j'ai compris il était trop tard … et ensuite je … j'ai manqué de courage parce que je savais que ça finirait ainsi …
- Alors tu m'as baisé en espérant que je sois assez accroc à toi pour te pardonner le fait que tu étais en partie responsable de la mort de mon frère !
Elle ne se contrôlait plus elle non plus employant des termes que je n'aurais imaginés dans sa bouche, revenant au tutoiement. J'avais de nouveau ma Bella en face de moi, pleine de fougue.
Je préférais cent fois, cette femme pleine de colère mais rempli d'émotion que la pâle copie froide qui me toisait comme si je n'étais rien de plus qu'un insecte gênant.
Au moins en cet instant je pouvais lui faire dire ce qu'elle ressentait.
On pouvait communiquer, même si ce n'était que par des cris.
- Je ne t'ai jamais baisé Bella ! Tu m'entends ! Jamais ! Nous avons fait l'amour … je t'ai aimé, je t'ai révéré … tu ne peux pas te manquer de respect à ce point-là … j'aurais tout fait pour toi … et je suis encore capable de le faire … même si tu me détestes, même si tu préférerais me voir derrière les barreaux ou même mort qui sait … je ferais tout ce que tu me demanderas !
Ses yeux écarquillés et sa bouche ouverte, me prouva que j'avais réussi à l'atteindre pour la première fois depuis longtemps. Je la vis réfléchir à mes paroles et comprendre que je ne plaisantais pas.
Pour me pardonner, il fallait une grande force d'âme et de caractère, sans doute trop pour elle mais je voulais au moins qu'elle comprenne que le petit laps de temps que nous avions vécu ensemble comptait.
Tout ce que nous avions vécu comptés quoi qu'elle en dise.
- Je ne veux pas te voir mort …, murmura-t-elle tout bas difficilement.
Je lui adressais un sourire et ne pus m'empêcher de poser ma main sur sa joue.
Le contact dura trois secondes mais durant ce temps nous fûmes enfin Edward et Bella et rien d'autre.
- Disparait de ma vie …
Ces mots me coupèrent le souffle et je relâchais sa joue tout en reculant.
- Disparait … apparemment nous ne pourrons pas faire autrement que de se supporter professionnellement mais … pour le reste je ne veux plus jamais avoir à faire à toi … jamais …
- Tu es en colère et je peux le comprendre … mais n'ai-je pas le droit de l'être moi aussi ?
Elle ne pipa mot alors que je reculais et lui jeter un regard mauvais.
- Moi aussi, je suis fou de rage Bella, contre l'injustice de la situation ! Je n'ai jamais voulu ce qui est arrivé à ton frère, ni ce qui est arrivé à Tanya. Je n'avais que 18 ans. Crois-tu vraiment que je voulais leur mort ? Tu m'as trainé devant les tribunaux, tu m'as humilié devant l'ensemble du monde, tu ne penses pas que moi aussi j'ai le droit de t'en vouloir !
Elle détourna le regard mais j'attrapais son menton pour la forcer à me regarder. Se sentant agresser, elle se débattit comme une diablesse mais je ne la lâchais pas.
- Mais vas-y ! Vas-y déteste moi !
- Ça t'arrangerait bien, n'est-ce pas ? Que je te haïsse ? Au moins je ne bousculerais plus la petite bulle de confort que tu as construite autour de toi ! Mais c'est raté Bella ! Je ne ferais surement pas ce que les autres ont fait ! Je ne t'abandonnerais pas !
Je finis pas la lâcher et par reculer pour lui laisser l'espace dont elle avait besoin. Mais à ma grande surprise, c'est elle qui fit un pas vers moi.
- Ils ne m'ont pas abandonné ! Ils sont morts ! Mort Edward !
Ses yeux brillaient alors qu'elle se détournait de moi pour regarder par la fenêtre.
- Ils sont juste mort, rien de plus.
- Certes, mais tu ne peux nier que tu l'as pris comme un abandon de chaque personne que tu as aimé. Et moi … ce que j'ai fait … pour toi il s'agit de trahison …
- Comment veux-tu que je le prenne autrement ? Comment veux-tu que je réagisse ? Que je t'accueille à bras ouvert ? Tu m'as menti pendant des semaines ! Tu étais là le jour de la mort de Quil … et Tanya … tu l'as mise dehors. Elle est venue à toi après … et tu l'as rejeté !
- Comment voulais-tu que je réagisse ? Tu as conscience que seulement quelques mois auparavant, j'avais vu ton frère mourir ? Pour moi j'étais celui qui l'avait tué Bella ! Je n'ai jamais pensé que James l'avait abattu de sang-froid ! Si je l'avais soupçonné …
- Qu'aurais-tu fait au juste ? Tu n'aurais sans doute pas agit différemment, Edward ! Et tu le sais !
Le silence s'étendit entre nous alors que nous n'avions pour seul horizon le paysage s'étalant derrière la fenêtre du bureau d'Aro.
- Alors qu'est-ce qu'on fait ? On joue les étrangers ? On travaille ensemble mais on fait comme si rien ne s'était jamais passé ? Je peux disparaitre aussi professionnellement, tu sais. Je peux partir et tu n'auras plus à me supporter ! Lui lançais-je les yeux dans le vide.
- Non … comme Aro l'a dit, la vie privée et la vie professionnelle sont deux choses différentes … Aro a besoin de toi pour le projet … je ne peux pas le mettre en place et lui n'est pas professionnel dans ce domaine. Tu es le meilleur pour ce contrat, de cela il a réussi à me convaincre … Mais je ne veux pas du reste Edward, je ne veux plus … je vais me calmer … je vais … je vais faire ce qu'il faut … laisse-moi un peu de temps … mais …
- Faire ce qu'il faut ?
Je n'arrivais pas à saisir le sens de ses paroles, ni même comprendre où elle voulait en venir mais je voyais bien à son ton que même si je lui posais la question elle ne me répondrait pas.
- Disparait de ma vie, je te le demande … J'ai besoin que tu me laisses partir. Vis ta vie, je ne m'en mêlerais plus et je tiens à ce que tu fasses de même. Ce sera comme si je n'avais jamais existé …
Abandonner … je venais de lui dire exactement le contraire. Mais comment combattre alors que même moi je n'y croyais plus.
Tourner la page, n'est-ce pas ce que mon frère avait essayé de me faire comprendre ?
Quand je regardais Bella, j'entr'apercevais tout ce que j'aimais en elle. Mais le passé était trop lourd entre nous, les mensonges, les dissimulations et la douleur pesaient sans doute trop gros dans la balance, pour que nous arrivions à reconstruire les fondements d'une relation. Mieux valait sans doute laisser tomber.
Partir et ne pas se retourner.
Ma famille était le plus important pour moi. Aucun d'entre eux ne m'avait laissé tomber durant le procès, ils m'avaient tous soutenu et surtout chacun d'entre eux m'avait laissé le bénéfice du doute.
Mais pas Bella.
Elle, elle m'avait accusé, trainé dans la boue et piétiné pour alléger son cœur meurtri.
Voyant qu'elle attendait une réponse, j'hochais plusieurs fois la tête comme un automate conscient que j'allais devoir mettre en place ce que je lui avais promis.
Comme si elle n'avait jamais existé ?
Très bien. Elle avait gagné.
- Très bien … alors faisons cela … Madame Voltury …
Employer son nom de famille (celui de Dimitri) et se madame me brisa le cœur, un peu plus. Mais c'est ce qu'elle voulait. Je ne lui ferais pas le plaisir de m'écrouler devant elle. Je devais garder bonne figure parce que je n'étais pas une lavette. Cette colère en moi était tellement forte que j'avais envie de taper dans quelque chose pour me défouler.
Cette fois, j'abandonnais parce qu'elle me le demandait et que je lui devais.
Je le devais aussi à ma famille.
Isabella Masen Voltury n'était pas faite pour moi et je n'étais pas fait pour elle.
Voilà le fin mot de l'histoire.
- Je vous remercie … Monsieur Cullen.
Il n'y avait aucune chaleur dans ces mots, rien du tout mis à part du soulagement. Sans doute celui d'être certain que je n'allais pas chercher à la revoir en dehors du boulot.
Pour la première fois depuis que je l'avais rencontré tant de mois auparavant, c'est un regard de profond mépris et surtout de dégoût que je portais sur elle.
Elle tourna les talons et alors qu'elle s'approchait de la porte je ne pus m'empêcher d'ajouter quelque chose pour mettre fin à cette histoire et enfin tourner la page.
- J'étais sincère Bella … je l'ai toujours été … même sur ce palier devant chez toi ou dans cette salle lugubre de la prison … j'étais sincère …
Elle s'arrêta quelques instants sans pour autant se tourner vers moi, préférant me présenter son dos.
- Je sais … inconsciemment je l'ai toujours su … et c'est ce qui fait le plus mal …, murmura-t-elle tout doucement avant d'ouvrir le battant.
Elle disparut, me laissant seul avec mon cœur brisé et surtout mes regrets infinis.
Je l'avais perdu, de cela j'étais certain.
Quand Aro revint dans le bureau, je notais sa surprise quand il s'aperçut que j'étais seul. Apparemment il ne s'attendait pas à ce que Bella ait quitté la pièce. Mais c'était sans compter sur la grande Isabella qui était plus imprévisible que n'importe qui sur cette terre.
- Alors Edward que pensez-vous de ma proposition ?
Je le fixais quelques instants sans rien dire avant d'hocher la tête. Je voulais accepter non seulement pour moi mais aussi pour ma société qui en avait grandement besoin.
- Quand doit-on commencer ?
Il me sourit, content apparemment que je sois partant pour ce projet. De toute manière il devait se douter que je ne pouvais pas refuser une occasion aussi belle.
Bien entendu je devais lire le contrat qui nous lierait mais Aro ne pourrait rien y gagner à essayer de me faire un coup bas.
Après tout, j'avais plus à gagner qu'à perdre dans cette histoire. Travailler avec Aro Phlips serait sans doute une expérience intéressante.
L'associé de la « Voltury Compagny » se leva et farfouilla dans des dossiers avant de me tendre une pochette de taille moyenne.
- Voici le contrat … je vous laisse le lire avant de me rejoindre dans ma salle des maquettes … nous pourrons ainsi commencer à mettre en place certaine proposition.
Visiblement désireux de commencer au plus vite, il s'attendait à ce que les formalités ne prennent que peu de temps afin que l'on puisse se concentrer sur l'essentiel. Je ne pus qu'hocher la tête pour lui faire comprendre que j'étais d'accord avec l'idée.
Autant éviter de perdre du temps.
Il me fallut une bonne heure pour tout étudier et pour apposer ma signature près de celle d'Aro de Marcus et celle de Bella.
Je me levais ensuite afin de rejoindre mon nouveau collaborateur.
Au moment où je sortis du bureau, je ne fis que trois pas avant de tomber sur quelqu'un que je ne m'étais pas attendu à voir ici.
- Kiara ?
En entendant son nom l'adolescente se tourna afin de me faire face.
- Edward …, laissai-t-elle échapper en me détaillant de ses yeux bleus clairs.
Certain qu'elle allait me réserver le même traitement que sa mère, je me préparais à une explosion de sa part mais rien ne vint.
En observant bien la jeune fille, je me rendis compte qu'elle n'avait aucune colère en elle. Du moins aucune dirigée, contre moi.
Je ne l'avais pas vu depuis le jour où sa mère avait été interrogée à la barre et j'avais l'impression de ne pas avoir voir la même adolescente devant moi. Je savais pour l'avoir lu dans les journaux, qu'elle était partie en Suisse au mois de septembre et qu'elle n'était pas rentrée depuis.
Apparemment ce séjour loin de sa mère lui avait fait du bien.
C'était comme si elle avait vieilli. En la détaillant, je remarquais que son look avait de sérieuse ressemblance avec celui de sa mère. Bien que je la trouve jeune, pour porter des talons aussi hauts, les chaussures à ses pieds, auraient facilement pu appartenir à Bella et sa robe lui allait à merveille.
Elle était magnifique, une véritable jeune fille de presque 16 ans maintenant.
- Laisse-moi te dire que tu es très jolie Kiara.
- Je vous remercie …
Elle m'adressa un petit sourire avant de s'approcher de moi les bras croisés.
- Comment allez-vous sinon … ? Après le procès …
Je haussais les épaules.
- J'ai appris pour le contrat … c'est bien que vous puissiez travailler avec Aro.
Je ne pus qu'acquiescer pourtant étonné qu'elle soit au courant d'une telle chose.
Elle porta son attention sur ses mains et je compris qu'elle voulait me dire quelque chose.
- Vas-y Kiara … tu peux me dire ce que tu veux …
Je vis la reconnaissance dans son sourire et dans ses yeux.
- La passé de ma mère … le procès … vous lui avez fait du mal vous savez …
Je me détournais de son regard perçant et un brin en colère pour me concentrer sur mes paroles. Si je n'arrivais pas à convaincre la mère peut-être que la fille elle pourrait entendre ce que j'avais à dire.
- Cela n'a jamais été mon intention … j'ai juste été lâche … et complétement stupide … mais je n'ai jamais voulu faire de mal ni à ta mère ni à toi et encore moins à tes petites sœurs …
- Vous savez … je vous en ai beaucoup voulu … énormément même … puis j'ai compris … j'ai compris que si vous n'aviez pas avoué la vérité c'est que vous ne pensiez pas pouvoir … parce que vous aimiez ma mère et que vous ne vouliez pas la perdre … en fait c'est Charlotte qui me l'a dit …
Conscient qu'elle avait parfaitement raison, je décidais de ne rien répondre à ça.
Les filles de Bella étaient aussi perspicaces et intelligentes que leur mère. Mais elles étaient surtout moins en colère et trahis par ce que j'avais fait.
- Mais si je dois au moins voir un avantage à toute cette histoire c'est que … Aro m'a dit que ma mère voulait me parler … en fait il m'a forcé à rentrer … parce que ma mère … je crois qu'elle va me dire la vérité …
Je relevais mon regard vers elle et je vis parfaitement l'espoir que reflétaient ses prunelles. Et en cet instant j'étais vraiment heureux que cette adolescente obtienne enfin ce qu'elle attendait depuis si longtemps. La vérité.
- Je te le souhaite Kiara, du fond du cœur …
Elle secoua la tête et me fixa quelques instants avant de jeter un coup d'œil derrière moi. Suivant le mouvement, je vis Bella approcher suivit de Lise et de Charlotte.
Je me dépêchais de reculer ne voulant pas attirer l'attention sur moi.
Kiara de son côté avait perdu son petit sourire et son visage serein. Elle arborait maintenant un air dur et une attitude déterminée.
Comment pouvait-elle être si douce avec moi un instant et si haineuse l'instant d'après avec sa propre mère ?
- Kiara ! S'écrièrent Charlotte et Lise heureuses de retrouver leur sœur après ces longs mois.
Assister à ces retrouvailles me réchauffa le cœur. Pouvoir revoir Charlotte et Lise me combla de joie.
J'étais vraiment heureux de constater qu'elles allaient bien.
Kiara ne fit que hocher la tête en direction de sa mère pour lui dire bonjour alors qu'elle serra ses deux sœurs contre elle.
Au moins, elle ne hurlait pas après Bella. C'était au moins un point de gagner.
Ma joie fut de courte durée, quand Isabella Masen Voltury m'adressa un regard de tueuse. Elle avait visiblement envie que je m'en aille le plus vite possible.
M'approcher de ses filles ne faisait définitivement pas partie de ses plans. Mais il était trop tard Charlotte m'avait déjà vu.
J'eus soudain le droit à quatre paires de prunelles braquées sur moi.
Comme je m'y étais attendu. Ni Lise, ni Charlotte ne s'approchèrent de moi.
Ne voulant pas les perturber d'avantage, je ne leur adressais qu'un sourire avant de disparaitre le plus rapidement possible.
Je devais rejoindre Aro.
J'avais promis à Bella de sortir de sa vie privée et j'allais tenir ma promesse. Je n'avais pas réussi à tenir mes autres promesses envers elle ni envers les filles mais celle-là je voulais la respecter parce que je ne voulais pas les faire souffrir plus que ce n'était déjà le cas.
Alors vos avis ? Je les attends avec impatience :)
Je me doute que certaine d'entre vous vont finir par tuer Isabella mais … j'espère que vous comprendrez ces raisons quand elles vous seront expliquer … je n'en dirais pas plus pour ne pas gâcher le suspens de la suite mais je tenais à le relever.
La semaine prochaine … le retour de Kiara ! ^^
Bonne semaine à toutes !
