Chapitre 37 : Douloureuses vérités
Bonsoir tout le monde !
Me voilà avec le chapitre 37 que vous attendiez toutes ! Je tiens à vous dire un grand merci à toutes pour les reviews que vous m'avez laissé sur le chapitre précédent !
Je doute que vous attendez la suite avec impatience … donc on se retrouve en bas ^^
Bonne lecture !
Chapitre 37 : Douloureuses vérités
PDV Kiara
J'étais de retour.
Cela faisait des mois que je n'avais pas mis les pieds dans cette maison et revenir me fit comprendre que je n'avais jamais été mieux que loin d'ici.
A l'instant où j'avais posé les yeux sur ma mère toute la colère contenue depuis mon départ était revenue en flèche. Aro m'avait promis une explication de sa part et je l'attendais avec impatience.
Après des années à attendre qu'elle daigne enfin me dire la vérité, c'était le premier espoir qu'elle me donnait.
Je voulais y croire, vraiment. Parce que j'en avais besoin.
J'avais réellement besoin qu'elle m'avoue enfin la vérité.
Je n'arrivais plus à avancer, savoir était devenu une véritable obsession.
Depuis le jour où ma mère avait été appelé à la barre, je m'étais rendue compte qu'elle me cachait bien plus que ce que je pensais au départ.
Pourquoi était-elle autant déterminée à me dissimuler les circonstances de ma naissance ? J'avais passé des jours loin de la maison à me terrer dans un hôtel minable du Bronx pour éviter de voir ma mère. Mais pourtant ça n'avait rien changé. Elle refusait de parler.
Qu'avait-elle de si dur à m'avouer pour qu'elle préfère se taire et me perdre plutôt que de dévoiler ce passé ?
J'avais tout imaginé et pourtant j'étais certaine qu'aucune de mes suppositions n'étaient la bonne.
Au moment où je m'étais rendue au sein de la compagnie pour retrouver ma mère et mes sœurs, j'avais compris rien qu'à l'expression de son visage que cette vérité que je cherchais tant à trouver ne serait pas simple à entendre.
Et puis j'avais vu Edward Cullen.
Je lui en avais tellement voulu après avoir découvert la vérité sur son compte. Il n'avait pas seulement trahi ma mère, il avait aussi inculqué de l'espoir à mes sœurs et elles avaient été tristes quand elles avaient compris que non il ne serait pas leur nouveau papa.
Charlotte et Lise étaient beaucoup trop jeunes pour se rappeler de Dimitri et la seule chose qu'elles voulaient, c'était vivre la même chose que leurs copines, entourées de leur papa et de leur maman.
Ce qu'elles ne savaient pas c'est que la vie ne se déroulait pas toujours aussi bien. En fonction de qui ma mère ramènerait, il n'était pas certain qu'il nous accepte.
Tout le monde n'était pas enclin à s'encombrer des enfants gênant issus de précédentes unions.
Mais s'était comme si Edward faisait partit de cette catégorie rare, enfin de ce que j'en avais vu.
Dommage que la suite ne se soit pas passée aussi bien. Quand il avait été acquitté, j'avais compris qu'il y avait peut-être une chance qu'il ne soit pas le vrai coupable dans cette affaire mais j'étais comme ma mère sur ce point, la trahison ne pouvait être effacée d'un coup de baguette magique.
Et puis j'étais partie et un soir j'avais eu Charlotte au téléphone et là j'avais compris.
La peur de perdre quelqu'un à qui on tenait faisait faire beaucoup de choses.
Charlotte ne comprenait pas pourquoi Edward ne venait plus à la maison puisque je cite « il aimait maman de tout son grand cœur ». En lui demandant plus d'informations, j'avais compris qu'il lui avait avoué ça, sans état d'âme et sans faux semblant.
Je savais qu'il aurait pu mentir mais j'en doutais fortement.
Edward Cullen avait fait une erreur et quand il l'avait découverte il était trop tard pour revenir en arrière. Et la suite avait montré qu'il avait fait la plus grosse bêtise de sa vie. Parce que je connaissais assez ma mère pour savoir qu'elle ne lui pardonnerait jamais de l'avoir trahit ainsi.
Pour elle, il avait tout simplement joué tout comme les autres, il avait juste été plus fourbe puisqu'il était parvenu à ses fins.
Je n'en avais jamais parlé avec ma mère mais je savais qu'elle était dégoutée non seulement par lui mais aussi par elle-même. Elle s'était trompée et chez la grande Isabella Masen Voltury, c'était une possibilité exclue.
C'est Aro qui m'avait parlé du retour d'Edward au sein de la compagnie et à travers ces paroles j'avais compris qu'il y avait une raison à tout ça.
Il ne donnait pas du boulot à Edward par simple besoin. S'il l'avait vraiment voulu, il se serait débrouillé tout seul pour le contrat. Aro était suffisamment intelligent pour ne pas avoir besoin d'aide la dessus, vu le nombre de fois où il avait prêté main forte à ma mère. Il cachait autre chose et j'étais certaine que ça avait tout à voir avec son associé.
Il ne faisait rien au hasard et le fait qu'il m'en ait parlé sans que je ne lui aie rien demandé ne pouvait que confirmer mes soupçons.
Mais bien entendu lui poser la question directement, ne changerait pas grand-chose alors il allait juste falloir attendre qu'il veuille bien s'expliquer. En tout cas cette décision mettait ma mère dans tous ces états. Elle était folle de rage de voir l'homme qu'elle détestait sans doute le plus au monde en ce moment, déambuler dans les bureaux alors qu'elle aurait voulu le voir n'importe où ailleurs mais surement pas devant ses yeux.
Je pouvais le comprendre mais ces lamentations et ces cris n'avaient rien changé et Edward était quand même le nouveau collaborateur d'Aro, obligeant ma mère à lui faire face durant un long moment.
Voulant voir absolument ça de mes propres yeux, je m'étais rendue à la compagnie après avoir débarqué sur le sol des Etats-Unis et bien entendu j'étais tombée sur Edward lui-même.
Echangée quelques mots avec lui m'avait permis de comprendre que ma conclusion et celle de Charlotte sans doute, était la bonne. Peut –être que tout espoir n'était pas perdu.
Sans trop savoir pourquoi, je le voulais comme beau-père moi aussi.
Après Dimitri, je m'étais juré de ne plus jamais aimé un autre homme que mon vrai père, je m'étais juré de faire la misère à tout homme entrant dans la vie de ma mère mais pour une raison obscure, Edward Cullen avait réussi à détourner cette idée.
Tant d'autre à sa place m'aurait royalement ignoré, tant d'autres m'auraient engueulé sans chercher à comprendre, et puis le pardon était bien plus dur à accorder que la haine.
C'était facile de haïr et de juger mais pas de comprendre et de pardonner.
Et moi je voulais lui pardonner.
Vous me direz, je pouvais accorder la même chose à ma mère, et j'allais le faire. Le jour où elle cesserait de me mentir en me regardant droit dans les yeux. Et il fallait que ce jour arrive.
En rentrant à la maison avec la limousine, le silence était seulement entrecoupé par les babillages de mes deux sœurs qui ne cessaient de parler pour rien dire.
Je savais que ma mère ne parleraient pas tant que les petites ne seraient pas couchées et j'étais d'accord avec elle. Je ne voulais pas être coupé dans cette discussion qui allait sans doute marquer un tournant dans ma vie.
L'attente était horrible, et pour éviter d'exploser, je préférais allée m'enfermer dans ma chambre.
Je ne voulais pas risquer de braquer ma mère et qu'elle décide que je ne pouvais pas entendre ce qu'elle avait à dire.
Je fis l'effort de les rejoindre tout de même pour le dîner et je suivis Lise quand elle me le demanda afin de lui lire une histoire, ce que je n'avais pas fait depuis des lustres.
M'éloigner de mes petites sœurs était la pire idée que j'avais eue dans cette cavalcade à la vérité. Lise et Charlotte étaient les seules à laquelle je pouvais me raccrocher et elles aussi, je les avaient éloignées.
Elle s'endormit rapidement et je sortis de la chambre à pas léger pour éviter de la réveiller.
En refermant le battant, je pris une profonde respiration et je sentis mes mains s'humidifier sous la peur toute nouvelle que je ressentais.
J'étais prête pourtant, j'attendais ce moment depuis tellement longtemps.
Mais quand les tremblements s'y mirent je compris que j'étais terrifiée parce que je savais que ce que j'allais apprendre était à mille lieux de ce que j'avais imaginé.
Je descendis à pas lent les escaliers et je fus surprise de ne pas voir de lumière dans le salon.
Pourtant ma mère était là, face à la fenêtre regardant vers l'extérieur. Les lumières de la piscine transperçant la fine pellicule de neige qui commençait à tomber et la végétation hivernale, donnaient un spectacle magnifique à l'ensemble. Je savais que ce paysage plaisait à ma mère. C'était en partie la raison pour laquelle elle n'avait jamais vendue cette baraque, malgré la mort de Dimitri.
A mon avis, elle était un mausolée dans lequel nous nous terrions irrémédiablement, mais elle n'avait jamais voulu s'en séparer.
Je m'approchais doucement, serrant mes mains entre elles pour tenter de calmer mon cœur erratique. C'était ce que je voulais.
- J'aime cette endroit … pas seulement parce que c'est grandiose et qu'il respire la richesse mais … parce que ici j'ai de bons souvenirs …
Ces paroles me ramenèrent quelques années en arrière. Dimitri m'avait appris à nager dans cette piscine, il avait joué tellement de fois avec moi dans ce jardin et il s'était assis avec ma mère autour de cette table pour m'aider avec mes devoirs. Nous avions regardé tant de films sur ces canapés et colorié sur ces tables basses.
- Nous avons été heureuses …
Dimitri était un homme bon, et un bon père.
Je le savais.
Il m'avait aimé, j'en étais certaine. Quoi que peut en dire le reste du monde, ça je le savais.
Je n'étais peut-être pas sa fille mais si je pouvais affirmer une chose s'était ça.
J'aimais Dimitri et il m'aimait aussi.
- Il me manque … Dimitri me manque …, souffla ma mère avec des accents tremblants dans la voix.
J'avais peut-être perdu un père dans cet accident mais je savais que ma mère elle avait perdu son amour. Elle était belle quand elle aimait.
- Cette conversation aurait été tellement plus … facile … si il avait été là …
Pour elle sans doute mais pour moi, l'issu serait sans doute la même.
Pour adopter une attitude pareille, je devais le connaître, ou alors les circonstances de ma naissance étaient ignobles.
De plus en plus terrifiée, je fis dérouler dans ma tête toutes les possibilités.
Ma mère se retourna vers moi et en voyant que je tremblais, elle me força à m'asseoir avant de prendre place en face de moi.
- Ce que je vais te révéler ne vas pas être plus aisé à dire pour moi qu'il ne va être facile pour toi de l'entendre …
Facile ? Encore ce mot. La vie en générale n'était pas facile et pourtant nous vivions quand même dans ce monde compliqué !
- J'aurais voulu … que tu n'apprennes jamais la vérité …
Ses yeux s'embuèrent de larmes alors qu'elle posait ses mains l'une contre l'autre en enroulant ses doigts exactement de la même façon que moi.
Une larme coula le long de sa joue et j'eus un pincement au cœur comme à chaque fois.
Je ne voulais pas la faire pleurer.
- Mais je comprends que tu veuilles connaître la vérité … mais avant toute chose … je veux que tu saches que je t'aime Kiara … je t'aime plus que ma propre vie, plus que le ciel ne compte d'étoiles et que je ferais n'importe quoi pour toi …
J'avais la gorge trop nouée pour dire ou faire quoi que ce soit. Mais sa déclaration me toucha malgré tout.
Ma mère me le disait rarement maintenant que j'avais grandi. Même avant que les choses ne dérapent, elle avait du mal à formuler ces quelques mots que j'aimais entendre pourtant.
Je la vis prendre une profonde inspiration avant de plonger ses prunelles dans les miennes.
- Pour que tu comprennes Kiara … il faut revenir 25 ans en arrière. Bien avant ta naissance … quand tes grands-parents sont morts … il faut que tu comprennes que c'est ce jour qui a changé nos vies. Rien ne se serait passé ainsi s'il n'y avait pas eu cet accident. De Tanya et moi, j'étais celle qui s'en sortait le mieux. Pour une raison que j'ignore, Tanya a toujours été un esprit faible, elle s'est toujours fourrée dans les pires embrouilles et j'essayais de réparer ces bêtises. Grandir en foyer puis être balloté de famille d'accueil en famille d'accueil, n'aide pas à la stabilité d'un enfant.
« Je détestais ça mais au moins Tanya et moi étions ensembles. Quil lui … il était plus jeune que nous et il y avait des possibilités pour qu'il soit adopté. Nous n'avons jamais vécu ensemble mais en général nous arrivions à le voir de temps en temps. D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours veillé sur tout le monde, je tentais de couvrir Tanya et de réparer ses bêtises. J'ai même été jusqu'à voler, mentir, dissimuler pour elle. J'étais plus jeune et pourtant, j'étais celle qui veillait sur nous. C'est de sa faute si nous avons fait autant de famille en peu de temps, si nous n'avons jamais pu nous établir quelque part. Elle trouvait toujours un moyen pour nous faire virer et je suivais. J'ai toujours suivit. Les familles dans lesquelles nous atterrissions étaient de pire en pire. Nous n'avons pas toujours été bien traités.
« Cela a duré des années jusqu'au jour où nous avons terminé dans un foyer, sans doute le pire de tous. J'avais 10 ans et elle 13. Il s'agissait d'un établissement pour jeunes difficiles. C'est à ce moment-là que les choses sont vraiment devenues invivables surtout pour Tanya. Elle s'était liée à un groupe de gamin plus vieux, ils devaient avoir environ 16 ans. Comme je n'avais que 10 ans, aucun d'eux ne voulaient de moi dans leur groupe alors le plus souvent je restais seule dans mon coin avec un bon livre qu'une des femmes s'occupant de nous acceptait de me prêter. L'ironie s'est qu'elle s'appelait comme ma maman, Renée.
« Elle a été la seule à me donner un tant soit peu de chaleur durant mon enfance. Comme j'avais quelque peu échappé à l'influence de Tanya, je m'étais calmée et j'aimais passer du temps avec elle. Renée m'avait convaincu que l'école était nécessaire et que je pouvais m'en sortir parce que j'étais intelligente. Cela a duré trois ans. Trois ans pendant lesquelles Tanya s'est éloignée, elle est devenue quelqu'un d'autre. Elle a fini par quitter le foyer à seulement 16 ans pour suivre un homme louche qu'elle avait rencontré durant l'une de ses nombreuses fugues.
« Je n'ai compris que bien plus tard, ce qu'elle faisait quand elle est partie. Vendre son corps était sans doute la solution la plus facile pour elle, pour avoir tout ce qu'elle voulait. C'était tellement naturelle pour elle, elle ne comprenait pas pourquoi je me battais ainsi pour m'en sortir … Mais je ne voulais pas de sa vie facile … je voulais un travail, un mari, une famille et surtout une vie dont je pouvais être fière … mais j'aimais ma sœur … et mon frère que je voyais un peu plus souvent depuis que j'étais dans ce foyer. Certes ce n'était pas le grand standing et je n'étais pas heureuse vu la dureté de l'endroit mais Renée était là et je me confiais énormément à elle. Mais un jour, quelques jours après le départ de Tanya, elle est venue me voir et m'a annoncé qu'elle partait. Elle suivait son mari sur la côte est. J'étais déjà tellement habituée à ce que les gens me laissent tomber que je n'ai même pas pleurer …
« Je me suis donc retrouvée toute seule de nouveau. J'ignorais ou se trouvait Tanya et les autres enfants n'étaient pas très gentil avec moi, surtout que la plupart savait ce que ma sœur faisait en dehors. J'ignorais d'ailleurs comment ils étaient au courant mais le fait est que je payais quand même. Les garçons plus âgés que Tanya avaient fréquenté s'en prenait violemment à moi … je pense qu'ils voulaient me faire payer d'avoir été éconduit par ma sœur. Ils me faisaient vivre un enfer. Ils ont mis le feu à la cantine en prétendant que s'était de ma faute. Je me suis retrouvée dans ce que nous appelions la salle de pénitence. J'y ai vécu trois mois et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'étais pas vraiment bien traité non plus … mais cela n'avait pas vraiment d'importance parce que j'étais folle de rage. J'avais l'impression que quoi que je fasse, tout le monde n'en avait rien à faire.
« Dans mes excès de colère, j'ai été jusqu'à battre un enfant de mon âge parce qu'il trouvait marrant de me piquer mon goûter … avec le recul je me rends compte que mon attitude était vraiment puérile. Il me restait Quil, lui il était là même si je ne le voyais presque jamais. J'aurais dû me raccrocher à lui et non détruire le peu que j'avais. Mais j'étais perdue et je voulais juste arrêter de perdre ce que j'aimais.
« Tanya est revenue un jour environ un an après être partie, et comme une idiote j'ai encore accepté ces excuses. A sa demande, j'ai caché la drogue qu'elle avait sans même lui poser de questions. Je pensais qu'ainsi elle en consommerait moins. Mais les surveillants sont tombés dessus et ils ont bien entendu conclus qu'elle m'appartenait. J'ai fini dans une maison de correction alors que je venais d'avoir 14 ans. J'y suis restée 6 mois avant de revenir au foyer ou bien entendu je continuais d'expiés ma rage comme je le pouvais. Le jour de l'anniversaire de Tanya, quelle ne fut pas ma surprise quand elle est arrivée avec Quil. Ce fut une merveilleuse journée. La première que je passais en famille depuis tellement longtemps … J'ignorais seulement qu'il s'agissait du dernier ou je verrais mon frère vivant. Quil est mort quelques semaines plus tard … Tanya était je ne sais ou … encore et moi je … j'étais devenue complètement folle … j'en voulais à la terre entière … encore plus qu'auparavant …
« Je n'ai même pas pu assister à son enterrement … j'étais devenue invivable … j'avais si mal … ma famille, c'était Tanya et Quil et je savais que j'étais entrain de les perdre comme j'avais perdu mon papa et ma maman … je priais toutes les nuits pour que Tanya revienne … il ne me restait plus qu'elle … je n'avais même plus Renée pour m'aider. Peut-être que si elle avait été là, les choses auraient été différentes … mais un soir ce que j'espérais le plus c'est produit …
« Elle était là et je n'ai pas réfléchit deux secondes … je suis partie sans qu'elle ait besoin de me dire quoi que ce soit … je l'ai suivi sans me poser la moindre question… certaine que j'avais besoin d'elle pour vivre …
Je fermais les yeux. Je savais que le moment n'allait pas tarder. Ma mère tremblait et cela était assez rare pour que je le souligne.
Elle était entrain de me dévoiler un pan de sa vie que j'ignorais jusque-là. Jamais auparavant elle ne m'avait parlé ainsi. Elle ne se livrait pas préférant rester seule dans sa douleur.
Le silence tomba et je la vis organiser ses pensées dans sa tête comme pour trouver la bonne formule à ce qu'elle allait me révéler.
- C'est cette nuit-là que j'ai appris ton existence …
- Donc tu étais déjà enceinte en partant de l'orphelinat ?
Je vis ma mère fermer les yeux très forts et une larme s'échappant de son œil, coula le long de sa joue, lentement.
Je la suivis jusqu'à ce qu'elle arrive sur sa veste qu'elle avait sans doute remise avant que je n'arrive, comme si elle avait froid.
Ce qui était sans doute le cas puisqu'elle tremblait de tout son corps.
- Je n'étais pas enceinte en partant de l'orphelinat Kiara …
Je secouai la tête. Elle l'était forcément puisqu'elle venait de dire qu'elle avait appris que j'existais … cette nuit … là …
Mon cœur s'arrêta et une sueur froide me traversa. Je me mis à secouer la tête dans tous les sens pour éviter à l'information de pénétrer mon cerveau.
NON !
Je sentis mon cœur s'arrêter de battre alors que je commençais à comprendre.
- Je ne suis pas ta mère biologique Kiara … je suis ta tante …
Je lâchais un hoquet de stupeur. Les larmes emplirent mes yeux et j'eus soudain du mal à respirer.
- Non …
Jamais … même dans mes pires cauchemars, je n'avais imaginé un truc pareil. Ma mère, ou plutôt ma tante, me regardait avec de l'eau dans les yeux. Elle pleurait tout comme moi.
Je voulais la vérité et je l'avais. Ce n'était tout simplement pas celle à laquelle je m'attendais.
PDV Bella
Ma fille … ma petite fille …
- Pourquoi … ? Mais pourquoi ? Ne cessait-elle de répéter en se balançant d'avant en arrière.
- Ca n'a jamais rien changé Kiara ...
- Tu rigoles ou quoi ? Ça change tout ! TOUT !
Elle se leva en agitant ses mains.
Elle craquait et je comprenais parfaitement pourquoi.
Je lui avais menti toutes ces années. Et même si j'avais des raisons de l'avoir fait, elle ne pouvait les comprendre maintenant. Pas alors qu'elle voyait son monde s'écroulait.
- Tu m'as menti ! Tanya … bordel … Tanya est ma mère !
- Elle t'a porté, elle t'a mise au monde … mais je suis ta mère ! Je t'ai élevé, j'étais là à chaque moment important de ta vie … et dès le début avant que je sache que tu deviendrais ma fille … je me suis battue pour toi …
Abattue et surtout en proie à des sanglots incontrôlables, elle s'effondra au sol et je ne pus m'empêcher de la rejoindre et de la prendre dans mes bras. Pour la première fois depuis longtemps, elle me laissa la toucher et je pus serrer mon enfant contre moi.
- Je t'aime Kiara … je ne suis peut-être que ta tante au départ mais je t'aime autant que Charlotte et Lise … je serais capable de tout pour toi … je sacrifierais ma vie si il le fallait …
Elle releva la tête de mon buste et plongea son regard bleu azur, la copie exacte de ceux de Tanya, dans les miens.
- Comment a-t-elle pu … 15 ans … tu n'avais que 15 ans …
Je posais ma main sur sa tête pour pouvoir l'embrasser sur la tempe. J'aurais tellement voulu la protéger et continuais à la couver pour qu'elle ne souffre pas.
Mais je ne pouvais décemment pas l'enfermer dans un cocon en attendant que le monde soit plus sûr pour elle. Je ne pouvais pas la protéger indéfiniment sous prétexte que je refusais qu'elle souffre.
Tanya faisait partit de son histoire, que je le veuille ou non, Kiara aurait dû être ma nièce et non ma fille. Si ma sœur avait été une femme normale, elle aurait tout abandonné pour son enfant et elle se serait battue comme je l'avais fait.
Devenir mère à 15 ans n'avait jamais fait partis de mes objectifs mais à partir du moment où Tanya était venue me chercher pour me demander de l'aide, je n'avais pas hésité un seul instant. J'étais prête à tout pour cet enfant. J'étais revenue à l'orphelinat et j'avais affronté les pires insultes pour elle. Je m'étais sortie de cette galère et j'avais entreprit des études pour que mon enfant ne berce jamais dans le même monde que sa mère biologique.
Parce que Kiara était ma fille, que je l'ai porté ou non, cela ne changeait rien à mes yeux.
Je savais avant sa naissance que sa vie ne serait pas rose, parce que Tanya n'était pas capable de se sacrifier pour donner un avenir à sa fille pas plus que le géniteur du bébé. Moi j'en étais capable et c'est ce que j'avais fait.
J'avais tout fait pour elle et je le referais sans doute mille fois s'il le fallait.
- Charlotte … Lise … ce sont mes cousines …
Cette révélation si brutale pour elle, ne faisait que remettre en question son monde. Je savais dès le départ que ce jour finirait par arriver mais je n'avais jamais pensé que ce serait aussi tôt.
Je n'avais jamais vraiment prévu de lui dire la vérité. Pourquoi l'aurais-je fait ? La vérité était parfois pire que le mensonge.
Kiara était si jeune, trop jeune pour comprendre véritablement les implications de cette révélation.
Mais elle était entrain de se détruire pour savoir alors je n'avais guère eu le choix. Et aujourd'hui on en était là.
- Ecoute-moi Kiara, Charlotte et Lise sont ce que tu veux qu'elles soient … et moi aussi … je n'ai pas eu besoin de te porter dans mon ventre pour savoir que j'étais ta mère … je n'ai eu qu'à me pencher sur ton berceau pour te regarder dormir … je n'ai eu qu'à te voir grandir dans le ventre de Tanya … je n'ai eu qu'à te tenir contre moi alors que tu posais tes petits yeux bleus sur le monde …
Le silence tomba et je sentis les sanglots se répandre de nouveau en elle, comme si elle ne parvenait pas à mettre en place ses pensées. Je me doutais de ce qui devait lui passer par la tête.
Elle avait entendu tellement de choses sur Tanya qu'elle se demandait sans doute pourquoi elle.
Mais on ne choisissait pas sa famille et dans son cas, c'était d'autant plus vrai qu'elle n'avait rien à voir avec sa génitrice.
- Raconte-moi … j'ai besoin de savoir …
Je hochais la tête et la sentis s'éloigner de moi pour se rouler en boule. Elle entoura ses bras autour de ses jambes et me regarda intensément les yeux brillants.
Toujours sur le sol, je me reculais légèrement pour m'appuyer sur le canapé, les jambes repliées sous moi.
- Cette nuit-là quand Tanya est venue me chercher, nous sommes montées dans un vieux tacot qu'elle avait volé quelques heures plus tôt. Je n'ai posé aucune question durant les trois heures de route. Ce n'est qu'une fois arrivées à destination qu'elle m'a annoncé sa grossesse.
« Je me rappelle avoir regardée son ventre puis elle … avant de sourire. Dans un premier temps, je n'ai pas réfléchit à ce que Tanya était … ni aux implications de cette grossesse … nous étions plus que deux, elle et moi mais avec lui … nous pouvions redevenir une vraie famille … un peu étrange certes mais je ne doutais pas que l'on pouvait s'en sortir … en se battant ensembles on pouvait y arriver …
« J'étais si heureuse quand Tanya m'a dit qu'elle ne voulait pas tuer son bébé … mais quand elle a souligné le fait de le donner à l'adoption … j'ai hurlé … j'ai crié si fort. Elle ne pouvait pas faire vivre à ce bébé, ce que Quil, elle et moi avions vécu …elle ne pouvait pas être si égoïste. Je l'ai secoué pour qu'elle retrouve ses esprits et elle m'a alors affirmé qu'elle ne pouvait pas prendre de décision tout de suite.
« Je lui ai dit que je resterais avec elle, pour l'aider. Durant les mois qui ont suivi, nous avons vécu une véritable vie de nomades, allant d'endroit lugubre, à des cabanes malfamées dont je me souviens encore de l'odeur nauséabonde. Au plus le ventre de Tanya grossissait au plus il lui devenait difficile de se déplacer et je savais que nous allions devoir arrêter de bouger dans peu de temps … je faisais des petits boulots par ci par là pour ramener un peu d'argent et nous nourrir toutes les deux … je savais que notre situation était précaire et que une fois que le bébé serait là, il serait alors impossible de continuer à vivre ainsi.
« Alors j'ai demandé à Tanya de revenir à l'orphelinat, j'étais certaine qu'il existait des trucs pour les mères célibataires … elle m'a regardé avec cet air de raillerie comme si j'étais folle et m'a alors dit que jamais plus elle ne mettrait les pieds dans ce genre d'endroit.
« J'étais parfaitement consciente qu'elle devait changer vite d'avis mais j'avais peur que ce ne soit pas le cas … pourtant tout était tellement clair dans ma tête. Je n'avais que 15 ans et je savais que je serais capable de commencer à travailler pour aider ma sœur … j'étais certaine que je pouvais concilier le travail et les études en parallèles. Il fallait juste que Tanya me donne la chance de lui prouver qu'on pouvait y arriver …
Je fis une pose dans mon récit, consciente que j'arrivais à un passage que j'aurais préféré garder sous silence mais qui était pourtant décisif dans ce récit.
Ce que j'étais entrain de dire à ma fille, je ne l'avais révélé qu'à une seule autre personne. Dimitri.
Il avait été le seul au courant et seulement parce que les marques étaient trop visibles pour être cachées.
« Cela devait faire environ 6 mois que nous étions sur les routes, donc à peu près au 7ème mois de grossesse de Tanya quand nous sommes tombés sur un motel sordide aux environs de Dallas … Elle était entrain de se reposer dans la chambre, j'étais dans le salon et cela faisait déjà 24 heures que je n'avais rien avalé. Mon ventre gargouillait si fort. J'avais tellement faim, alors malgré les recommandations de Tanya, je suis sortie. Durant tout le trajet, elle m'avait ordonné de ne jamais sortir sans elle. Je ne devais pas me faire remarquer parce que soit disant des filles comme moi étaient des cibles faciles pour les sales types présents à la pelle dans les endroits que nous fréquentions …
- J'aurais dû l'écouter …
Pour la première fois depuis que j'avais commencé à parler, Kiara me regarda horrifiée une nouvelle fois.
Je la vis parfaitement serrer les points et écarquiller les yeux.
- J'avais presque atteint la supérette du coin quand deux hommes m'ont entrainé dans une ruelle sombre … je … t'épargne les détails mais … quoi qu'il en soit … je me suis retrouvée nue et l'homme qui voulait un peu de piquant dans cette « relation » a sorti un couteau … j'ai hurlé si fort quand il l'a planté dans le bas de mon dos … et quand l'autre était entrain de m'entailler … ils disaient que mes cris seraient d'autant plus jouissif quand ils me … enfin.. Quand ils me violeraient …
« J'ai vraiment cru qu'ils allaient y arriver mais … Tanya est arrivée … et elle avait une arme … ils ont tellement eut peur qu'elle mette ses menaces à exécution qu'ils ont détalé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire et ils m'ont laissé là sur le sol … je me rappelle ces paroles de réconfort alors que je pleurais sous la douleur et sous le contre coup de ce qui aurait pu arriver … de ce qui a failli arriver …
« Elle m'a conduite à l'hôpital ou j'ai été prise en charge tout de suite … mes blessures n'étaient pas graves en soit donc j'ai rapidement été mise en chambre et Tanya m'a rejointe peu de temps après … mais les émotions l'avaient affaiblis et elle a fait un malaise … elle a été hospitalisée et elle a eu le droit à sa première échographie … pouvoir te voir pour la première fois a été une expérience incroyable …
« Tu étais si petite et j'avais du mal à me dire que d'ici quelques mois tu serais là avec nous … une si belle petite fille … cette nuit-là j'ai enfin était certaine de mes choix. J'ai enfin été sûre que demander à Tanya de te garder était ce qu'il fallait faire … parce que à défaut d'avoir sa mère, je savais que tu m'aurais moi et que rien n'y personne ne pourrait changer ça …
« Sauf que si cette nuit m'a conforté dans l'idée que nous pouvions y arriver, je suis certaine que c'est aussi celle qui a dissuader Tanya de prendre soin de toi … Quand nous avons quitté l'hôpital, furtivement bien entendu, car ni elle ni moi n'avions d'argent, nous avons repris la route mais j'avais du mal à tenir dans une voiture, j'avais mal et Tanya était vraiment fatiguée … alors nous avons élu domicile dans une cabane insalubre au abord de la forêt de Seattle … nous avons décidée de rester là-bas … Tanya a perdu les eaux un mois plus tard …
« J'avais tellement peur que quelque chose se passe mal … et pourtant tout a été parfait … quand j'ai vu ta petite tête puis ton corps et que j'ai enfin pu te serrer dans mes bras … j'ai pleuré sur ton si jolie visage de poupée … Tu étais tellement parfaite et tellement belle à mes yeux … un ange, tout simplement …Je me rappelle t'avoir serrer si fort contre moi que tes cris en sont presque devenus assourdissants.
« Je t'ai donné à Tanya et elle aussi elle t'a serré contre elle … nous sommes restée un bon moment toutes les trois. Nous n'avions jamais vraiment discuté du prénom que nous allions te donner. C'est moi qui l'ai choisi … Tanya ne semblait pas vouloir le faire. J'ai compris pourquoi plus tard.
« Presque de manière automate, elle t'a donné le sein sans cesser de te regarder … puis je t'ai lavé et je t'ai habillé d'une petite grenouillère rose que j'avais réussi à acheter avec l'argent gagné dans un café quelques semaines plus tôt … je n'étais guère adroite mais je faisais de mon mieux pour m'occuper de toi. Tanya … elle disait se sentir trop faible pour prendre soin de toi …
« On t'a regardé si longtemps … durant les 4 jours qui ont suivi nous ne nous sommes jamais quittées et puis j'ai parlé … j'ai dit à Tanya que maintenant il était impossible de rester ici … que tu manquais de tout et qu'il te fallait des soins … qu'on ne pouvait pas mettre ta vie en danger sous prétexte que madame Tanya ne voulait pas retourner dans un foyer …
« Le lendemain quand je me suis réveillée et que j'ai dit à Tanya que j'allais essayé de faire des courses, j'ignorais que c'était la dernière fois que je la verrais … En revenant, seulement quelques heures plus tard, la cabane était bizarrement calme … j'ai eu si peur … j'ai tout lâché et j'ai couru vers la boite en carton qui faisait office de berceau … c'est la première chose que j'ai faîte. Je pouvais accepter le départ de Tanya après tout, ce n'était pas la première fois qu'elle m'abandonnait de cette manière … mais pas toi … j'étais terrifiée à l'idée que tu ne sois plus là. Je n'imaginais pas que tu puisses grandir loin de moi avec … Tanya … et pourtant tu dormais … tu dormais comme une bien heureuse … je me suis aperçue que toutes les affaires de Tanya avait disparu et que il ne subsistait d'elle que toi … et deux courriers … un à mon nom … et un au tien…
« J'ai lu la lettre à mon nom … et c'est alors que j'ai compris que … Tanya m'avait caché énormément de chose. Elle était tout simplement entrain d'avouer qu'elle était responsable de la mort de Quil et qu'elle ne pouvait pas prendre soin de toi, que ton père était un meurtrier et que je ne devais surtout pas chercher à la retrouver pour ton propre bien. Que ni elle ni lui ne devait s'approcher de toi parce que … tu pouvais devenir une cible …
« Je me suis rendue compte en cet instant que ce ne serait que nous deux … nous deux contre le monde et qu'importe les projets que j'avais fait avec Tanya. Elle ne méritait pas que je m'arrête sur son départ. Elle était partie sans se retourner, sans essayer de te donner une vie meilleure et surtout sans m'expliquer pourquoi elle se pensait à ce point coupable de la mort de Quil …
« Alors après avoir lu la lettre, je l'ai laissé tomber sur le sol et je t'ai pris dans mes bras. J'ai juré sur ta petite tête que contrairement à Tanya moi, je ne t'abandonnerais jamais et que je serais là pour toi … toujours … comme personne n'avait jamais été là pour moi. Je suis rentrée à l'orphelinat et pour ne pas te perdre et surtout pour te protéger, j'ai menti. Pour moi tu étais déjà mon enfant, je t'aimais comme ta mère aurait dû t'aimer … alors je ne voyais pas vraiment pourquoi je devrais dire la vérité … surtout que Tanya me l'avait demandé également.
« Et tu es devenue mon enfant …
Le silence tomba entre nous et Kiara renifla avant de s'essuyer les yeux.
En la détaillant, je voyais parfaitement le visage de ce petit bébé que j'avais aimé si fort dès le premier instant. Parfois les liens de sang étaient dérisoires par rapport aux sentiments.
Je n'avais pas eu besoin de porter Kiara en mon sein pour savoir qu'elle était ma fille et peu m'importait du jugement des autres.
Je me relevais doucement afin de me diriger vers mon bureau où se trouver le coffre-fort renfermant un tas de documents importants. Je composais le code à dix chiffres avant de prendre deux enveloppes dans le fond, ignorant les autres papiers totalement superflus en ce moment.
Après avoir refermée la petite porte, je m'installais sur le canapé cette fois.
Je savais ce que contenais la première lettre, celle qui m'était destiné mais pas l'autre.
- Je n'ai jamais lu celle qui t'est destinée … elle est restée dans son enveloppe depuis bientôt 16 ans …
Kiara fronça les sourcils alors que je lui tendais le petit carré blanc jaunis maintenant par le temps.
Les larmes de ma fille un instant taris, se remirent à couler alors qu'elle prit ce que je lui tendais la main tremblante.
Doucement, elle ouvrit le seul contact qu'elle n'aurait jamais avec sa mère biologique.
Etrangement, elle parla à voix haute me faisant partagée en même temps qu'elle, ces quelques lignes.
- « Kiara …
Je ne sais pas vraiment comment commencer cette lettre. Je pense que ce sont les mots les plus difficiles que je n'aurais jamais à écrire dans ma vie misérable. Je me doute que ce sont également les seuls que j'adresserais à ma fille.
Et pourtant même si je le regrette je sais parfaitement au fond de mon cœur que s'était la meilleure décision de ma vie. Je me doute que tu finiras par apprendre la vérité même si j'ai demandé à Bella de te la dire que quand tu serais en âge de comprendre et que tu me détesteras. Pourtant je sais que si je reste avec toi, je te détruirais.
Il existe des personnes qui ne sont tout simplement pas faîte pour être maman et je fais sans doute parti de ces gens.
Mais je ne veux pas que tu doutes de l'amour que j'ai pour toi. C'est justement parce que je t'aime que je décide aujourd'hui de partir loin de toi.
Dans la lettre que j'adresse à Bella, je lui demande de prendre soin de toi. Je veux qu'elle soit ta maman. Je ne pourrais rêver meilleure mère que ma sœur chérie pour toi. Elle t'aime déjà comme une folle tu sais et je sais que cela ne changera jamais. Je me doute que tu dois te demander pourquoi je suis aussi lâche de laisser mon bébé à ma petite sœur de 15 ans mais Bella est de la race des gagnantes et je sais que cette lettre peu importe quand tu la liras, me donnera raison.
Je sais que Bella te donnera le meilleur, une belle vie et de l'amour à revendre et puis tu seras son salut aussi. A vous deux, je suis certaine que vous vous en sortirez.
Aime Bella comme ta maman, parce qu'elle le sera toujours.
Je ne suis pas assez forte pour me battre, la lâcheté sans doute.
J'ai tellement de regret et d'excuse à formuler. Tu apprendras surement ce que j'ai fait, à mon frère, à ma sœur et puis le reste. Je n'en ai jamais eu aussi honte que le jour où j'ai posé mes yeux sur toi.
Ne pense jamais aux circonstances de ta naissance, cela n'a pas vraiment d'importance … mais la seule chose que je demande c'est que tu restes loin de ton géniteur. Ce n'est pas un homme bien … il te fera du mal et je refuse de te provoquer plus de souffrance que nécessaire … alors je j'en prie, reste loin de lui …
Ces quelques lignes adressées à mon enfant dans plusieurs années …
Je sais que tu pourras être ce que tu veux plus tard. Ressemble à Bella, ce sera le meilleur exemple que tu pourras prendre dans la vie …elle est ta maman de cœur …
A ma fille, mon enfant … ma Kiara …
Ta maman de sang …Tanya
Et voilà !
Le moins que l'on puisse dire c'est que j'attends vos avis avec grande impatience !
Comme beaucoup d'entre vous l'avez soupçonné depuis plusieurs chapitres, Bella n'est effectivement pas la mère de Kiara, mais sa tante !
Quelles seront maintenant les conséquences de cette révélation sur la jeune fille ? Et sur son entourage ?
Pour le prochain chapitre … se sera la suite de la réaction de Kiara après les aveux de sa mère !
En espérant ne pas vous avoir déçu, passez toutes une bonne semaine et à dimanche prochain !
