Chapitre 39 : Rendez-moi ma fille …

Bonsoir tout le monde !

Et non ce n'est pas une hallucination ! Après trois semaines je suis enfin de retour ! En premier je tiens à vous présenter à toutes mes plus plates excuses … Un problème d'ordinateur m'a empêché de poster dimanche dernier … un peu plus et c'était l'histoire entière que je perdais

Heureusement, tout fini bien et je peux enfin réécrire et surtout poster de nouveau !

Comme je suis désormais en vacance, je répondrais dans la semaine à toutes vos reviews laissées ces derniers temps … je tiens d'ailleurs à remercier chacune d'entre vous pour votre soutien et surtout toutes vos remarques, suggestions et tout le reste !

Bon assez parlé, je vous laisse découvrir ce chapitre que vous attendez surement depuis un moment …


Chapitre 39 : Rendez-moi ma fille …

PDV Edward

- Edward, cela fait un moment que Kiara est dehors, me fit remarquer mon père.

Conscient que je venais de me faire la même remarque, je fronçais les sourcils en constatant que l'heure était déjà bien avancée sur l'horloge accrochée au mur juste en face de moi. La jeune fille était dehors depuis bien trop longtemps maintenant, sans parler du froid glacial de ce mois de décembre qui devait surement la congelée depuis le temps.

Je me levais presque d'un bond sous les yeux inquiets de mon père, et après avoir enfilé mon manteau, je sortis à l'extérieur par la porte fenêtre que Kiara avait emprunté presque une demi-heure avant.

Je fus instantanément frappé par le vent polaire qui s'engouffra dans mes vêtements, jusque sous ma peau, et me fit frissonné violemment.

Je regardais autour de moi mais ne vit Kiara nulle part. Le cœur battant, je pris conscience que ma respiration était entrain de s'accélérer. J'analysais les environs rapidement. Comme la neige était épaisse et que le vent n'avait pas encore eu le temps de recouvrir ces traces (bien heureusement !), je pus aisément suivre la direction de ses pas qui disparaissait à l'angle de la maison.

- Kiara ! Criai-je dans ce grand espace blanc, espérant qu'elle me réponde et apparaisse devant mes yeux.

Mais je n'obtins aucune réponse.

Commençant franchement à m'inquiéter, je me mouvais plus rapidement et avançais malgré la neige qui s'agglutinait. En tournant à l'angle de la maison, je restais un moment interdit quand j'aperçus la couverture, celle que j'avais donné à la jeune fille, sur le sol. Me précipitant à toute jambe, je ramassais l'objet en proie à une soudaine terreur, regardant autour de moi dans l'espoir que ceci n'était qu'une sinistre plaisanterie.

Mais je savais que ce n'était pas le cas.

Sur le sol, il y avait deux empreintes. Deux types d'empreintes, dont l'une paraissait beaucoup plus grande que l'autre.

- Non ! KIARA ! Hurlai-je à plein poumons, l'écho de mon cri résonnant dans ce vaste espace dénué de toute vie.

Je courus aussi vite que la neige me le permit, trébuchant même parfois, dans la direction des traces de pas. Je stoppais net près de la clôture à une centaine de mètre plus loin. Le grillage avait été coupé et un trou béant gisait maintenant entre les branchages.

Le cœur battant, je continuais mon avancée mais mon mauvais pressentiment sans parler de la sueur froide qui me remontait le long du dos, étaient assez parlants.

Quand les traces de pas furent remplacées par des marques de pneu me montrant qu'une voiture avait été stationnée là durant un moment, je compris vite ce qu'il venait de se passer presque sous mes yeux. La voiture devait certainement avoir rejoint la route maintenant et de là, il me serait impossible de savoir où elle était allée.

- Oh non ! KIARA ! M'époumonai-je une nouvelle fois, terrorisé. Non non non ! KIARA !

J'hurlais durant de nombreuses secondes, l'écho de mon cri se répercutant dans la forêt environnante. Je tournais sur moi-même espérant sans y croire que l'adolescente apparaisse soudain, devant mes yeux.

Tentant de reprendre mon souffle, je me pliai en deux sous le poids d'une douleur intense dans le ventre et dans l'estomac. La nausée qui s'empara de moi, me fit presque perdre pied.

J'aurais voulu continuer de hurler le nom de la jeune fille comme si cela pouvait changer quelque chose, mais je me ressaisis le plus vite que je pus, conscient que ce n'était pas le moment de craquer.

La priorité était Kiara. Je devais la retrouver.

Donc au lieu de m'écrouler, je repris le chemin de la maison, courant à en perdre haleine. J'entrais comme un fou par la baie vitrée provoquant des cris de surprises.

Verrouillant la porte derrière moi, je me tournais vers ma famille qui semblait choquée.

- Emmett, Jasper, papa ! Vérifiez que tout est verrouillé dans la maison ! Maintenant !

Comprenant que je ne plaisantais pas, ils ne posèrent aucune question et s'exécutèrent dans la seconde. Les aidants, je me dépêchais de fermer chaque porte, chaque serrure que je trouvais sur mon passage.

Il ne fallait pas que quelqu'un réussisse à entrer.

Je n'avais aucun doute sur l'identité de celui qui était derrière tout ça. James était le seul à vouloir ma peau coûte que coûte, le seul capable d'entrer ici. Il avait dû la traquer ou alors moi. Il devait savoir pour Kiara, il avait dû nous suivre depuis le début et je n'avais rien vu.

Il devait sans doute être loin maintenant, mais je ne pouvais prendre aucun risque alors que mes neveux et mes nièces étaient dans cette maison, mes sœurs et mes frères, mes parents.

Mais Kiara était avec lui, j'en étais certain et dieu seul savait ce qu'il était capable de lui faire.

- Edward que se passe-t-il ? Ou est Kiara ? Demanda ma mère au bord des larmes alors que je revenais dans le salon.

- Ecoutez, écoutez-moi très attentivement ! Kiara a disparu … elle a été enlevée … il y avait une voiture qui stationnait près de la forêt. Elle a dut nous suivre Kiara ou moi et il est tombé sur elle dehors. Je dois prévenir Bella elle est sans doute en danger elle aussi tout comme Charlotte et Lise. Il faut que vous restiez là. Ensemble. C'est James, ça ne peut être que lui. J'en suis convaincu. Mais ce mec est dangereux, il est capable de tout. Il vient d'enlever une adolescente ! Que je sois disculpé ne faisait pas parti de son plan et maintenant je suis certain qu'il veut la vengeance. J'aurais dû m'en douter avant, Bella aussi.

- Mais Edward ?! S'écriai ma sœur, terrorisée.

Les enfants étaient en larmes, Rosalie semblait avoir envie de vomir tellement elle était blanche quand à mon frère et Jasper, ils ne paraissaient pas en meilleur état.

Je sentis la culpabilité me ronger en voyant ce que j'étais entrain de leur faire subir contre mon gré.

J'aurais tellement aimé leur dire que tout allait bien se passer mais ce n'était plus des enfants, leur mentir ne ferait qu'empirer les choses.

- Je suis désolé, tellement désole de vous faire vivre ça. Mais je suis certain qu'ici vous êtes en sécurité.

Je l'espérais en tout cas parce que je ne pouvais pas m'occuper de Kiara et de James et me préoccuper en même temps pour la sécurité de ma famille.

- Tu vas ou comme ça ? Demanda Emmett me voyant rassembler mes affaires à toute vitesse.

Son ton claqua dans le silence de mort de la maison.

- Je dois prévenir Bella, Emmett, je dois aider à sortir Kiara des mains de cet enfoiré !

J'aurais aimé qu'il comprenne mon besoin viscéral de venir en aide à cette femme qui me détestait tant et surtout à sa fille qui n'avait rien demandé à personne. Je ne pouvais pas me tenir à l'écart de ça. Kiara était avec moi. C'est moi qui l'avais emmené chez mes parents et maintenant elle était en danger.

J'aimais cette adolescente, tout comme Charlotte et Lise. Il était de mon devoir de tout faire pour qu'elles soient en sécurité elles aussi.

- Elle ne voudra jamais que tu l'aides ! Cette femme te déteste Edward … mais … merde à la fin ! Tu dois rester avec nous et protéger notre famille ! C'est le rôle des flics ça ! Tu dois les appeler !

Je secouai la tête. Je comprenais son point de vue bien sûr mais je ne pouvais pas répondre à son appel.

Cette femme me détestait peut-être, et je ressentais une certaine rancœur également contre elle, mais les filles, Kiara n'avaient rien à voir avec tout ça.

- Les flics ne nous serons d'aucune aide ! Ils n'ont pas su attraper James depuis des mois tu crois vraiment qu'ils pourront le retrouver maintenant qu'il a Kiara ?

Je leur taisais bien entendu une partie de ce que je pensais. Le fait qu'ils seraient toujours plus en sécurité si j'étais loin d'eux. James voulait sans aucun doute me faire payer d'être libre alors qu'il était recherché, s'en prendre à Bella et la détruire pour avoir osé déjouer ses plans. C'était notre peau qu'il voulait et pour cela il utilisait toutes les armes dont il disposait.

Emmett et Jasper étaient assez forts pour prendre soin de leur femme et des enfants.

Moi je devais aider Kiara.

- Tu n'es même pas certain que c'est ce malade qui a enlevé Kiara ! Peut-être qu'elle n'a même pas été enlevé !

Je me tournais vers mon grand frère et lui lançait un regard de profond reproche.

- Quelqu'un a coupé le grillage, une voiture stationnait à environ 200 mètres, vers le flanc est de la rivière, sans parler des empreintes de pas que j'ai trouvé, il te faut d'autres preuves pour conclure à l'enlèvement de Kiara ?! C'est James, je le sais, je le sens Emmett. Elle est danger, c'est mon devoir de l'aider !

Et j'allais le faire, avec ou sans l'accord de ma famille, avec ou sans l'accord de Bella elle-même.

J'affrontais mon frère du regard. Il avait beau peser 20 kilos de plus que moi et être rompu à la pratique des combats, j'étais plus déterminé.

- Emmett, l'appela ma mère qui semblait reprendre contenance. Edward doit aider, laisse le partir …

Surpris que ma mère me laisse faire si facilement, je me tournais vers elle au moment où elle s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras.

- Fais attention à toi mon fils, je t'en supplie … reviens moi en un seul morceau !

- Ne t'inquiète pas maman …

Je ne pouvais pas lui mentir alors je préférais me taire. J'ignorais ce que j'allais trouver en partant. Je ne savais même pas ce que j'allais faire quand je serais devant Bella.

Mais quoi qu'il en soit je pouvais la remercier pour sa compréhension et son acceptation.

- Je dois y allez …

- Je sais …

Je la serrais fort dans mes bras souhaitant presque redevenir un enfant pour que ma mère puisse me dire que tout irait bien. Je pris une profonde inspiration alors que je m'écartais d'elle. Sans un mot mon père suivit le mouvement et me serra dans une étreinte forte à son tour.

Quand je m'écartais d'eux, je me tournais une dernière fois vers ma famille pour leur donner les dernières recommandations.

- N'ouvrez surtout pas … à qui se soit …

Je voyais bien dans les yeux de mon frère, de ma sœur et de ma belle-sœur qu'ils n'étaient pas d'accord avec ma décision mais aucun d'entre eux n'allait tenter de m'empêcher de partir.

Ils savaient que de toute façon je n'écouterais personne. J'avais pris ma décision même si selon moi ce n'en était pas vraiment une.

Après un dernier regard sur les membres de ma famille, je tournais les talons et me précipitais dehors pour rejoindre ma voiture, entendant la porte se verrouiller derrière moi.

Ils seraient en sécurité ici. Emmett, Jasper et mon père étaient à l'aguet, je savais qu'ils étaient en mesure de protéger notre famille.

Actionnant la première, je lançais ma voiture à toute vitesse sur l'asphalte, me préoccupant peu de la neige qui recommençait à tomber et qui pouvait rendre le sol glissant. J'en avais minimum pour une demi-heure de voiture étant donné la vitesse à laquelle je roulais, ce n'était pas le moment de trainer.

Au plus je perdais du temps maintenant, au plus c'était des secondes et des minutes que Kiara devait passées avec James.

Cet enfoiré n'avait sans doute pas encore appelé Bella, dans le cas contraire cette dernière me l'aurait sans doute fait savoir. L'espace d'un instant, je repensais aux paroles de mon frère concernant les flics. Les impliquer dans la recherche de Kiara n'était pas une bonne idée.

James était prêt à tout et je refusais de mettre l'adolescente en danger d'une quelconque manière. J'étais presque certain que Bella serait d'accord avec moi sur ce point.

En pensant à cette dernière, je me rendis compte à quel point il allait être difficile de lui annoncer que sa fille avait disparu alors qu'elle était avec moi.

Bella aurait une autre raison de m'en vouloir et se serait légitime bien entendu. Je n'avais pas protégé l'adolescente alors que j'avais dit à sa mère que je le ferais.

Attrapant mon téléphone, je composais le numéro de la PDG, me demandant si elle allait décrocher en voyant mon numéro s'afficher sur l'écran.

Déjouant mes pronostics les plus pessimistes, elle répondit dès la première sonnerie allant même au-delà de mes espérances.

- Tu n'as aucun droit de …

Bien entendu ces mots étaient crachés d'une manière virulente comme si à cet instant elle n'avait que moi comme ennemi à abattre.

- Bella ! La coupai-je avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit d'autre. Ou es-tu ?

- Pardon ? Répondit-elle outrée visiblement que j'ose lui poser une telle question.

- Je t'ai demandé ou tu étais !

Ma voix était dure et mon ton n'admettait pas de réplique. Ce n'était pas le moment qu'elle me cri sa haine au visage. A cet instant nous avions autre chose à faire que régler nos comptes.

- Pourquoi tu me le demandes ? Que se passe-t-il ? Kiara ?

- Bella, je t'en prie !

Il était nécessaire qu'elle arrête de s'opposer à moi, j'arrivais à la bifurcation, dans quelques instants, je serais en ville et je devais savoir maintenant ou elle se trouvait pour pouvoir la rejoindre.

- Bella j'ai besoin d'une réponse maintenant !

Crier à travers le combiné n'était certainement pas une bonne idée. Pourtant, elle me surprit en me fournissant enfin une réponse.

- Je suis à la compagnie, ou est ma fille ?

Plutôt que de lui répondre je pris la décision d'attendre d'être en face d'elle.

- J'arrive, attend moi dans ton bureau, je suis là dans 10 minutes !

- Mais attend …

Je coupais la communication au moment où je fus obligé de donner un coup de frein magistral pour ne pas rentrer dans un taxi juste devant moi. J'étais en ville, un samedi après-midi, les rues étaient bondées malgré le froid du mois de décembre, même en prenant des raccourcis, je fus à la compagnie seulement 20 minutes après mon coup de téléphone.

Sans nulle doute que Bella devait se ronger les sangs et préparer mon exécution. J'aurais sans doute dû lui parler avant mais je ne pouvais pas lui dire ça au téléphone. J'ignorais avec qui elle se trouvait. Nous ne devions prendre aucun risque pour le bien de l'adolescente.

Garant ma voiture en double-file devant le building, je pris à peine le temps de la verrouiller que je me précipitais vers les ascenseurs dont je pressais frénétiquement le bouton.

J'eus l'impression qu'il mit des heures à arriver. Les gens me jetèrent de drôles de coup d'œil alors que je montais dedans et pressai le numéro de l'étage des bureaux de Bella.

La montée fut rapide comparée aux nombres d'étages, mais j'eus de nouveau la sensation qu'une éternité s'écoula.

James devait être déjà loin avec Kiara, dieu seul savait ce qu'il pouvait lui faire en ce moment. Cet homme était un malade, un fou-furieux, il était capable de tout y compris s'en prendre à une adolescente de 15 ans qui n'avait rien demandée à personne.

La chance de Kiara résidait dans le fait qu'elle était peut-être sa fille. J'avais du mal à l'envisager mais cela restait une possibilité pour elle, peut-être une chance infime. Je priai en tout cas pour qu'il ne lui arrive rien, pour qu'elle tienne le coup le temps que nous puissions la retrouver saine et sauve.

Les portes s'ouvrirent enfin sur l'étage que je visée et je me mis à courir jusqu'au bureau de Bella ou pour une fois Jacob ne se trouvait pas.

J'ouvris vivement le battant sans frapper et me retrouver dans cette pièce ou je n'avais pas mis un pied depuis des mois. Tout en refermant la porte pour éviter les oreilles indiscrètes, je vis le regard de Bella s'assombrir encore si c'était possible, lorsqu'elle me vit. Elle se leva de son fauteuil et s'approcha de moi pour me mettre une gifle monumentale dont j'étais certain d'avoir encore la marque dans les prochaines heures, autant sur la joue que dans mon cœur.

- Comment as-tu osé ? Comment …

Elle était dans un tel état de rage, qu'elle avait du mal à décoller les lèvres pour pouvoir parler. Sa fureur dans un tout autre moment m'aurait sans doute impressionnée mais pas ici, pas maintenant alors que nous avions d'autres chats à fouetter.

- Isabella écoute moi, m'exclamai-je voyant bien qu'elle était vraiment hors d'elle et qu'elle ne se contrôlait plus.

J'attrapais ses poignets et tentais de la stabiliser alors qu'elle semblait vouloir revenir à la charge et m'en coller une deuxième.

- James a Kiara !

Elle resta un moment interdite la main dans le vide avant d'ouvrir la bouche.

- Qu … quoi ?

Elle baissa son bras et je vis ses yeux se voiler.

- Elle était dans le jardin chez mes parents… et je n'ai rien entendu … il s'y est introduit en coupant le grillage …

Les yeux de Bella se voilèrent de larmes alors qu'elle me regardait sans vraiment comprendre.

- Non …

Elle se mit à secouer la tête alors que la vérité commençait à faire jour dans son esprit.

- Non … pas mon enfant … pas ma fille ! Je vous en prie non … pas elle !

Elle se détacha de moi pour mettre les mains sur son visage et respirer profondément. Il était clair qu'elle tenait à garder contenance pour éviter de perdre pied.

- Bella, ou sont Charlotte et Lise ?

- Je les ai envoyées en colonie le temps que la situation se calme … avec Kiara …

Elle regarda autour d'elle avant de prendre le téléphone, posé sur son bureau et de composer un numéro.

Elle aboya plus qu'elle ne donna des ordres à quelqu'un (sans doute des gardes du corps) à l'autre bout du combiné.

Il ne me fallut guère de temps pour comprendre la tournure de la conversation !

- Vous deviez veiller sur elles ! Comment avez-vous pu ? Je me fiche que ce camion était au milieu de la route !

Comme elle commençait à devenir hystérique, je posais ma main sur la sienne et lui intimai l'ordre de raccrocher sans demander plus de détail.

Fait étrange, elle m'écouta et reposa le combiné sur son socle.

- La voiture qui conduisait Charlotte et Lise au camp, c'est retrouvé bloquée par un accident … ils les ont laissé quelques instants pour aller voir et … les filles ont disparu … Edward mes filles …

Secouée d'un sanglot énorme, je la pris dans mes bras et la serrais contre moi.

- On va les retrouver. Je te le jure que nous allons les retrouver !

- Si ils leur arrivent quelque chose …

- Il ne leur arrivera rien … Bella tu dois te ressaisir … il faut que nous ayons les idées claires …

Je crois que mes mots n'étaient vraiment pas les bons car quand elle les entendit elle s'écarta de moi et me jeta un regard glacial.

- C'est facile à dire, ce sont mes filles pas les tiennes … elles ne sont rien pour toi !

Je pouvais comprendre la peur et la colère qui l'animait mais bien que j'étais responsable, je ne tenais pas non plus à servir d'exécutoire à sa rage.

- Détrompe toi ! J'aime tes filles et j'en serais malade s'il leur arrivait quoi que ce soit ! Je suis là pour t'aider, ce n'est pas moi ton ennemi pour l'instant …

Je savais aux plis de sa bouche qu'elle aurait voulu me répondre quelque chose de cinglant.

- Si tu n'étais pas entré dans nos vies …

- Peut-être … tu as raison. Mais peut-être pas … James est complètement malade …

Me coupant d'un geste, elle préféra s'éloigner de plusieurs pas de moi pour s'asseoir dans son fauteuil de PDG.

Prenant sa tête dans ses mains, je la vis tenter de se reprendre alors qu'elle semblait réfléchir à comment agir maintenant.

- On ne peut pas prévenir la police du moins pas tant que James n'a pas pris contact avec nous ... on ignore s'il nous surveille ou non … il pourrait très bien nous écouter en ce moment !

Bella me jeta un coup d'œil horrifiée et se mit à regarder frénétiquement autour d'elle. Comprenant vite que de toute manière, James avait été assez intelligent pour tout dissimuler, elle finit par secouer la tête résignée.

- Pourquoi tu es là ? Après ce qu'il s'est passé … tu ne devrais pas être là !

Ces mots me firent mal mais je pris le parti de ne pas y faire trop attention. Pour elle je n'avais rien à faire ici, pour moi, c'était la seule place ou je pouvais être.

- Parce que contrairement à ce que tu penses moi je ne te déteste pas … et je ne te détesterais jamais … quoi qu'il se soit passé …

Les yeux dans les yeux, je me fis la remarque que s'était la première fois depuis des mois qu'elle ne me regardait pas avec haine et rancœur. Je n'avais pas ma Bella devant moi mais je n'avais pas non plus cette femme trahie que j'avais moi-même provoquée.

Elle parut réfléchir à mes paroles mais la sonnerie du téléphone nous fit tous les deux sursauter.

Le silence de plomb qui régnait dans la pièce était presque plus assourdissant en dehors de ce carillon strident.

C'était James, ça ne pouvait être que lui.

Je fis signe à Bella de décrocher et après une profonde inspiration, elle tendit la main vers le combiné.

- Isabella Voltury ?

Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, sa voix était claire et douce, à mille lieux du tumulte de sentiments qu'elle devait ressentir à l'intérieur. Je n'entendis rien de la voix à l'autre bout du fil mais le regard qu'elle me lança me fit comprendre que je ne m'étais pas trompé.

James ne pouvait décemment pas attendre trop longtemps pour savourer sa victoire. Il voulait faire payer Bella, il était entrain d'exécuter sa vengeance.

Mais pourquoi elle ? Pourquoi pas moi ?

J'étais le principal responsable de la situation actuelle, sans moi il ne serait pas rechercher pour meurtre et pour tant d'autres choses.

Cette histoire devait cacher quelque chose.

En reportant mon attention sur Bella, je la vis presser le bouton du haut-parleur et pauser le combiné sur son socle.

- Bonjour Edward.

Sa voix enjouée nous montra sans mal qu'il contrôlait totalement la situation, me donna envie de lui arracher la tête.

Cet homme avait tué de sang-froid un gamin de neuf ans seulement, sans aucune raison apparente, dieu seul savait ce qu'il était capable de faire maintenant qu'il avait les filles avec lui.

- Si vous saviez combien de fois j'ai imaginé cet instant depuis trois mois …

Son rire mauvais me donna des frissons et je ne pus m'empêché de m'approcher de Bella et de lui prendre la main. Bizarrement, elle ne la retira pas et je pus ainsi sentir la chaleur de ses doigts.

- James … les filles n'ont rien à voir avec cette histoire …

- Tu crois vraiment ? Moi je crois qu'elles ont tout à voir …

Apparemment toute trace d'humour avait disparu de sa voie. Si je l'avais eu en face de moi je ne suis pas certain que j'aurais pu me contrôler bien longtemps avant de lui faire payer ce qu'il était entrain de faire à Bella et surtout aux filles.

- Si tu touches à un seul de leurs cheveux …, menaçai-je les dents complétement serrées imaginant sans mal ce qu'il pouvait leur faire.

- Que vas-tu faire ? Me tuer ? Voilà quelque chose de risible sachant que tu es un lâche qui a cédé au chantage durant 10 longues années !

Je ne pouvais le nier et cela me mit encore plus en colère.

Je sentis la main de Bella tenter d'échapper à l'emprise de la mienne. Je la laissais reprendre ses doigts au moment où elle se leva pour contourner le bureau comme si elle avait besoin de mettre de la distance entre nous. Ce qui, à n'en pas douter, était le cas.

- D'ailleurs, j'ai une bonne surprise pour toi …

Je fronçais les sourcils quand j'entendis le bruit d'une porte dans le combiné. Il y eut un instant de silence qui me parut très long avant qu'une petite voix ne retentisse.

- Edward ?

- Maman ?

J'eus une sueur froide en me rendant compte que ma mère était avec lui.

- Edward ! Gémit-elle, alors que je distinguais également ma sœur derrière elle.

Chacun des visages de ma famille, mon père, ma mère ma sœur mon frère, ma belle-sœur, mon beau-frère et surtout mes nièces et mes neveux déroulèrent devant mes yeux et mes jambes cédèrent. Je me rattrapais in-extrémis au pan du bureau mais des stylos et autres fournitures valsèrent au sol.

Ce n'était pas possible.

Comment avait-il pu arriver à avoir ma famille de façon aussi rapide …

- Edward, je ne sais pas où sont les enfants !

- Tututu, fit soudain la voix de James coupant ma mère, Madame Cullen quand même … vous avez donc oublié ce que je vous ai dit …

C'était encore pire que ce que j'avais imaginé.

J'étais donc également une cible.

Il savait que je serais prêt à tout si on ajoutait ma famille à l'équation.

- Je me suis dit que la vengeance serait vraiment totale si ta chère famille faisait partie du décor, tu ne trouves pas Edward ?

Bella, que j'avais presque oublié, c'était de nouveau approcher de moi et je sentis ses doigts s'enrouler autour des miens. En la regardant, je me rendis compte qu'elle venait de retrouver une carapace. Elle ne plierait pas, elle venait de passer en mode guerrière et elle n'était pas prête à le laisser gagner.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- En voilà une bonne question, jolie Isabella … si jolie … vous savez que vous éveiller merveilleusement les sens d'un homme …

Je n'aimais pas la façon dont il prononçait son prénom et encore moins ses paroles. Il paraissait bien trop familier avec elle, bien trop pervers.

Une pensée qui jusque-là ne m'avait pas traversé, me donna une nouvelle sueur froide en seulement quelques minutes.

Il était capable de tout. Du peu que je savais et surtout du peu que j'avais vu et entendu, il était bien trop familier avec Bella. Il n'avait eu de cesse de se servir de Tanya, je savais qu'il aimait son jouet, mais cela faisait des années qu'elle était morte. Maintenant il avait sa sœur devant lui, j'étais terrifié de ce qu'il pourrait lui faire si elle se trouvait à ses côtés.

Si la vie des filles étaient en jeu, Bella serait prête à tout. Si elle se trouvait au pied du mur elle lui donnerait tout ce qu'il voudrait, y compris elle.

Bella en vint à la même conclusion que moi au vu de son expression. Pourtant forte de son attitude rigide, elle ne broncha pas.

Tant que je serais vivant, il ne la toucherait pas, ni elle ni les filles.

- Tu ne la toucheras pas, tu m'entends enfoiré !

Les mots étaient sortis sans que je n'aie pu me retenir. J'évitais soigneusement le regard de Bella, elle ne devait guère être ravie.

Il tenait les rênes, il avait tous les gens que nous aimions. Il menait le jeu, la dernière chose à faire était de l'énerver.

- Tu crois vraiment … je peux très bien me servir sur la jolie Kiara …

C'était encore pire que ce que j'imaginais.

- Ne touchez pas à ma fille … dîtes nous ce que vous voulez … on fera exactement ce que vous nous direz …

Bella se soumettait. Je savais que s'était ce qu'il fallait faire mais je ne pouvais m'empêcher de me dire que c'était exactement ce qu'il cherchait. Il voulait la soumission complète de Bella et sans aucun doute la mienne aussi.

- Voilà des paroles enfin censées … mais il va d'abord falloir sortir de ce building … on se retrouve dans dix minutes …

Ne m'attendant pas à ce soudain revirement, je restais un moment interdit devant le téléphone sans tonalité.

- On doit sortir …, me lança Bella en attrapant son sac et son manteau posé sur un des sièges devant son bureau.

- Bella ? Nous n'allons quand même pas lui obéir ?!

Elle me jeta un regard noir et pinça les lèvres en enfilant son vêtement.

- Crois-tu que nous ayons le choix ? Il a ta famille Edward, il a les filles … il est capable de tout … il veut violer une gamine de 15 ans …

- Sa propre fille ?

J'avais lancé cette phrase exprès pour la choquer mais elle ne sembla pas relever, visiblement elle savait que j'étais au courant.

- Tu l'as dit toi-même, il n'a aucune limite !

Elle ouvrit la porte du bureau et je courus derrière elle pour ne pas être distancée. Même avec des talons et une tenue tout sauf confortable, elle se déplaçait plus vite que moi.

Plusieurs employés se retournèrent à notre passage se demandant surement ce que nous faisions ensemble et surtout pourquoi nous avions l'air aussi pressés.

Un coup d'œil à ma montre me fit comprendre que 10 minutes seraient justes pour arriver à sortir d'ici.

Bella tapa presque du pied en attendant l'ascenseur.

- Nous aurions dû prendre l'autre ascenseur …

Celui dissimulé dans le fond de la pièce située derrière son bureau.

Quand il daigna enfin arriver, nous entrâmes d'un seul mouvement et j'appuyais sur le bouton 0. Heureusement qu'il était vide, je pus aisément poser la question qui me taraudait.

- Qu'est-ce qu'on fait ensuite ?

- Je l'ignore …

Au moins elle était sincère.

Il n'était pas difficile de constater qu'elle essayait de tout intérioriser. Elle se devait d'être dure et prête à tout pour ses filles mais je la connaissais assez pour savoir qu'elle pouvait se briser à tout instant.

J'aurais aimé être capable de la rassurer mais mes paroles seraient sans doute veines.

Je n'étais pas celui qu'il fallait pour la calmer.

Les portes s'ouvrirent enfin et on put sortir du bâtiment … pour constater que ma voiture était entrain d'être embarquée par la fourrière.

Bella se rendant compte de ce qui se déroulait sous nos yeux, comprit avant moi que nous n'aurions pas le temps de débattre avec les agents et me fit un signe de tête. Je la suivis sans un mot dans le building. Elle m'entraina le long du couloir bondé pour un samedi et sans adresser un mot aux réceptionnistes éberluées, se dirigea vers une porte dissimulée derrière les ascenseurs.

Elle attrapa un trousseau de clef et on se retrouva dans un escalier.

On atterrit dans un garage. Des centaines de voitures se trouvaient là. C'était le fameux garage, celui que je n'avais vu qu'une fois quand Bella avait pris la fuite avec moi, le jour où je m'étais rendu compte que celle que j'aimais été lié à mon passé.

Je reconnus aisément l'Audi de Bella.

Elle la déverrouilla et se tourna vers moi, les clefs dans la main.

Sans que je m'y attende elle me tendit le trousseau et je compris qu'au vu de son état, il serait dangereux pour elle de prendre le volant maintenant.

On prit place dans l'habitable et après avoir pressé la clef, j'actionnais la première pour sortir de cet endroit.

Dans d'autres circonstances, j'aurais apprécié conduire une nouvelle voiture surtout une aussi souple mais je n'y fis même pas attention alors que le téléphone de Bella se mit à sonner au moment où je m'engageais dans la rue.

Elle fouilla un instant pour en ressortir son mobile dont elle pressa le bouton « répondre ».

- Nous sommes sortis … entrée ouest ? Mais … il a raccroché !

Elle décolla son téléphone de son oreille et le regarda un instant éberluée.

- Qu'a-t-il dit ?

- Il veut que nous allions à l'entrée ouest de Central park … près de la 8ème avenue.

J'étais aussi perdu que Bella quant à ses intentions. Voulait-il s'assurer que nous n'étions pas suivit ? Ou tout simplement nous faire tourner en bourrique pour s'amuser et nous pousser à bout ?

Dans tous les cas, sa méthode serait sans doute efficace, je ne serais pas très patient. Pas en sachant que les filles et ma famille était avec lui et que pendant ce temps il pouvait arriver n'importe quoi.

Ce malade était capable de tout et j'avais peur de l'imaginer près des personnes que j'aimais. Il savait comment nous faire du mal, notre famille pouvait nous détruire, tous les deux.

- Mais que cherche-t-il au juste ? S'énerva Bella en claquant ses mains sur ses cuisses.

Elle regardait par la fenêtre le paysage qui défilait sous ses yeux. Elle ne devait même pas le voir réellement. Je pouvais parfaitement imaginer ce qui lui traversait l'esprit en ce moment.

- Bella …

- Tais-toi Edward, je ne veux pas entendre que tout ira bien tu sais parfaitement que tout peut arriver. A mes filles, à ta famille … cet homme est prêt à tout ! Et une fois que nous les aurons rejoint … je ne donne pas cher de nos vies à ce moment-là … tu le sais parfaitement.

Je trouvais ces mots durs, ces paroles vraiment macabres.

A quoi s'attendait-elle ? Pensait-elle vraiment que nos vies étaient foutues à partir du moment où l'on se retrouverait devant James ?

- Bella … Tu ne vas certainement pas là-bas pour mourir !

Je stoppais la voiture à quelques pas de l'entrée ouest devant un building qui n'avait pas grand-chose à envier à celui de la compagnie avant de descendre de voiture. Je n'étais guère certain de voir la voiture au même endroit en revenant mais à cette heure s'était le cadet de mes soucis.

- Parce que tu penses que j'ai le choix !

Ces mots me coupèrent le souffle un instant alors qu'elle sortait de la voiture.

Soudain mu par une colère inédite, je descendis à mon tour et c'est au pas de charge que je contournais le véhicule pour attraper son bras.

- Je te l'interdis tu m'entends !

Je hurlais presque sous la terreur que me provoquait ses paroles que je n'osais même pas imaginer. Elle ne pouvait pas y aller ainsi. Elle devait se battre contre ce malade, elle devait y aller avec la conviction qu'elle serait prête à tout pour sortir vivante, avec ses filles, de cette histoire.

- Je t'interdis de penser que tu ne pourras pas t'en sortir indemne ! Pourquoi chercherait-il à te tuer tu as beaucoup plus de valeur vivante Bella !

Elle secoua la tête et donna un grand coup de bras pour que je la lâche.

- Peut-être pour l'argent mais … tu ignores le reste … Tu ignores tout …

- Qu'est-ce que tu entends par là ?

J'avais du mal à la suivre. Pour moi il était clair que l'appât du gain était la première motivation de James. Il devait ignorer toute l'histoire pour Kiara, personne n'était même au courant que Tanya était sa mère biologique, il y avait peu de chance pour qu'il se doute de quelque chose. A moins qu'il soit le père de Kiara …

Plusieurs choses auraient alors un sens.

Mais pourquoi jouer à ce jeu avec nous ? Pour ma part il voulait me faire payer d'avoir déjoué ses plans et d'être sorti de prison un peu trop tôt mais pour Bella et ses filles ? Si l'appât du gain n'était pas sa seule motivation, quel pouvait être ses autres motifs ?

Il jouait gros en s'attaquant à Bella, il devait le savoir.

- Ce n'est vraiment pas le moment pour que je t'explique … mais … James n'est que la partie immergée de l'iceberg …

Sans rien ajouter d'autre, elle me tourna le dos et traversa la rue pour rejoindre l'entrée du parc.

Restant un moment immobile à me demander ce qu'elle pouvait bien sous-entendre pas là, je finis par avancer à mon tour et par la suivre.

Nous étions maintenant à l'endroit demandé par James mais qu'étions nous censé faire au juste ? Je me tournais pour pouvoir voir quelque chose mais rien ne me semblait suspect, rien en tout cas qui ne méritait que je m'y attarde. Il en allait de même pour Bella au vu de son expression.

Une cabine téléphonique se mit à sonner à une cinquantaine de mètres de nous alors que personne ne se trouvait à côté.

Je me mis à penser que ça pouvait se dérouler comme dans les films et que James s'était peut-être cru dans une série télévisée.

Attrapant la main de Bella, qui semblait ne pas vraiment comprendre où je voulais en venir, je me dépêchais d'atteindre le mobile et décrochais juste avant la dernière sonnerie.

- J'ai presque cru que vous n'alliez pas y arriver.

Son rire joyeux me donnait vraiment des envies de meurtres.

Comment des hommes aussi sadiques et surtout aussi malade pouvait exister ? Il y avait tant de gens bien qui perdait la vie chaque jour alors que ce taré était toujours sur cette terre.

- James ! On va arrêter de jouer maintenant ! Ou sont nos familles ?

Je sentis presque la colère s'emparer de lui. Me taire était sans doute une meilleure option mais je ne pouvais pas le laisser jouer avec nous comme il semblait décider de le faire.

- Vous allez faire ce que je vous dis et vous allez le faire bien gentiment dans le cas contraire … je me chargerais de la jolie petite frimousse que j'ai à côté de moi.

- Aïe ! Hurla soudain une petite voix fluette que je n'eus aucun mal à reconnaître !

- LISE !

Bella qui avait parfaitement entendu le cri de son enfant même à travers le combiné, eut soudain le visage blême.

Ayant presque l'impression qu'elle allait s'écrouler, je passais mon bras autour de ses épaules et elle ne me repoussa pas, se pressant même contre moi.

- Arrête, arrête ! Tu n'as vraiment aucune décence ! Comment peux-tu t'en prendre à une enfant de 4 ans !

Le visage de poupée de la fille de Bella m'apparut. Elle n'avait rien à voir avec tout ça. Elle n'avait rien fait, ce n'était qu'une enfant.

Le cri de la fillette se calma et je n'entendis bientôt plus que des gémissements en arrière-plan.

- Alors vous allez faire ce que je vous dis maintenant ? Parce que j'ai un tas de mômes ici …

Je contrôlais les mots sortant de ma bouche sous risque qu'il s'en prenne de nouveau à la fillette.

Devant mon absence de réponse, j'entendis de nouveau son rire. Il prenait mon mutisme comme un assentiment à ses paroles alors qu'il s'agissait juste pour moi d'une méthode pour éviter de dire quelque chose que je pourrais regretter.

- Bien … alors revenons-en à nos moutons … vous allez entrer dans le parc … à environ 1 km il y a une autre cabine téléphonique … on se retrouve là-bas.

Il raccrocha et je reposais le combiné sur son socle.

Tenant toujours Bella contre moi, je la sentis parfaitement essayée de se reprendre. J'aurais voulu la calmer mais je ne trouvais aucun mot pour apaiser son angoisse et la peur qui la tétanisait.

Je ne pouvais que continuer de la soutenir sans un mot. Retrouver ses filles et savoir qu'elles allaient bien été la seule chose qui importait.

Je l'entrainais donc dans le parc à la seule force de mes bras.

En ce samedi après-midi, nombre de famille était là à jouer avec la neige fraichement tombée.

Le soleil d'hiver bas dans le ciel permettait de chauffer l'air suffisamment pour ne pas avoir froid même si il ne fallait tout de même pas y rester des heures sous peine d'attraper une pneumonie.

Je marchais aussi vite que je le pouvais avec Bella qui, portant toujours ses talons vertigineux avait bien du mal à ne pas glisser sur ce terrain caillouteux à la base et recouvert de ce voile blanc aujourd'hui.

Parvenant non sans mal à la cabine, je ne fus pas surpris quand j'entendis la sonnerie retentir.

Cette fois il nous envoya à l'entrée nord ou nous dûmes prendre un taxi qui nous conduisit sur la 25ème avenue puis un second qui lui nous amena sur la 45ème.

Sans le vouloir nous étions trimballés de taxi en taxi, de cabine téléphonique en cabine téléphonique. Bientôt on dut se débarrasser de nos téléphones dans une poubelle et de tout appareil géo-localisant.

Il devait bien être 18 heures soit presque 5 heures depuis que je m'étais rendu compte de la disparition de Kiara quand quelque chose changea dans sa manière de procéder.

Nous ne montâmes pas dans un taxi mais dans une berline noire aux vitres teintées. Nous étions séparés du chauffeur par une vitre, de ce fait je ne pouvais jauger le conducteur mais je compris sans doute en même temps que Bella, que la course était finie. Cette dernière murée dans son silence et prête à tout pour maintenir sa carapace était comme d'ordinaire tirée à quatre épingle malgré notre escapade dans les rues de New-York.

Elle n'avait pas émis une seule plainte, n'avait même laissé échapper une seule émotion depuis le cri de sa fille et le moment où elle s'était écartée de moi pour marcher seule.

Mes cris au chauffeur n'avaient servi à rien et mes questions étaient demeurées sans réponse.

Je préférais me concentrer sur ça plutôt que sur la terreur nouvelle qui montait en moi.

J'avais peur non seulement pour ma famille, pour les filles mais aussi … pour Bella.

J'avais peur de ce qu'elle pouvait faire une fois devant cet homme qui avait osé toucher son enfant. J'étais terrifié à l'idée qu'elle soit prête à tout pour se venger, exactement comme elle l'avait fait avec moi. Elle n'avait pas hésité une seule seconde à me détruire sans même chercher à avoir mon point de vue avant. De quoi était-elle capable quand la vie de ses filles était en jeu ?

Je l'avais certes déjà perdue depuis longtemps mais l'idée qu'elle puisse disparaître de ce monde, que James puisse la tuer par simple vengeance, me retournait l'estomac.

La voiture stoppa environ une demi-heure après que nous soyons montés et je sentis le chauffeur descendre. Conscient qu'il s'éloignait, je compris parfaitement que nous devions maintenant sortir à notre tour. J'ignorais totalement ou nous étions, me doutant seulement que nos familles ne devaient pas être loin.

Je sortis le premier et je fus frapper par le vent assez violent qui me glaça jusqu'aux os. La fraicheur de ce début de soirée était bien tombée et en tournant la tête, je vis qu'elle était accentuée par le fait que nous étions au bord de mer.

En jetant un coup d'œil autour de nous, je compris vite l'endroit où nous avions été conduis. Le port.

Les conteneurs ne pouvaient pas me tromper.

Sauf que maintenant que le chauffeur avait disparu, nous nous retrouvions au milieu de ces grandes boites de ferrailles sans savoir où nous devions aller.

Nous n' avions pas de portable donc aucun moyen d'être contacté par personne.

- Ils ne doivent pas être loin, me dit Bella, s'exprimant pour la première fois depuis des heures.

Sa voix était claire et précise ne reflétant en rien la bataille faisant sans aucun doute rage en elle.

- Tu as probablement raison … mais la question c'est où ?

Elle haussa les épaules tout en resserrant son manteau autour d'elle. Pas forte couverte, elle devait être congelée avec ses vêtements de bureau qui n'avait rien de commun avec les grosses doudounes d'hiver. Son visage était rouge et ses mains étaient violettes montrant parfaitement qu'elle devait se réchauffer avant de trouver la mort dans ce froid glacial.

Je déboutonnais ma parka et sans attendre qu'elle ne proteste, je la posais sur ses épaules provoquant un regard surpris.

Elle ne devait même pas s'être rendu compte qu'elle était congelée.

- Mais …

- Ne proteste pas … nous devons trouver les filles et ma famille.

Se serait mentir que de dire que je n'avais pas froid seulement vêtu d'une petite veste de laine et d'un pull de coton mais ma grosse écharpe me maintenait au moins le cou au chaud.

Elle n'eut l'air guère convaincu mais ne lui laissant pas le choix, je l'entrainais à ma suite le long des conteneurs qui avaient vraiment l'air de tous se ressembler.

Apercevant plus loin les entrepôts, je fus vite décourager quand je me rendis compte que nous n'avions aucun moyen de nous retrouver.

- Regarde là-bas … il y a de la lumière ! S'exclama soudain Bella en me montrant à environ 200 mètres une fenêtre d'où s'échapper des éclats de lumière.

- Peut-être.

Marchant rapidement jusqu'à l'endroit, je compris bien vite que Bella avant sans doute vu juste.

La porte située dans une sorte d'impasse étroite entre deux entrepôts vieillots, était ouverte comme si on nous attendait.

Je vis très bien Bella me contournait pour entrer mais je la retins un instant.

- Je t'en prie Bella, quoi qu'il puisse se passer dans cet endroit de malheur … promet moi que tu feras tout pour te battre … jure moi que tu ne donneras pas ta vie pour faire payer James pour Quil et pour les filles … jure le moi !

La terreur était de nouveau bien présente dans ma tête. J'avais peur pour ma famille, j'avais peur pour les filles mais j'avais peur par-dessus tout pour cette femme prête à tout pour obtenir vengeance, au péril de sa propre vie.

- Comment … ?

- Je sais ce que tu vas me dire. Je n'ai aucun droit, aucun devoir de te parler de cette manière mais même si tu parais oublier ce que nous avons vécu même si je ne suis plus rien pour toi, la réciproque est loin d'être vraie … je te le demande pas seulement pour moi. Tu as trois filles et elles ont besoin de toi … comme moi. Il faut nous battre … ensemble …

Je tus le fait que j'étais prêt à tout pour les maintenir tous en vie. Je protégerais Bella, les filles et ma famille. Mais j'en serais incapable si Bella se jetait elle-même dans la gueule du loup.

Je pouvais survivre dans un monde où je savais qu'elle vivait mais je serais incapable de continuer si elle venait à mourir.

- Promet le moi …

Elle plongea son regard dans le mien et bien que je sentais son besoin d'entrer pour retrouver enfin ses enfants, elle prit le temps de me donner ce que je voulais.

- Je te le promets.

Les yeux dans les yeux je lis enfin au fond de ses prunelles ce que je n'avais pas vu depuis des mois. La tendresse.

De la tendresse qu'elle m'adressait à moi.

Ne pouvant m'en empêcher, je passais ma main sur son cou oubliant à quel point mes doigts étaient glacés et approcher son visage du mien. Je posais brièvement mes lèvres sur les siennes profitant de son inattention passagère pour tirer la situation à mon avantage. Pour la première fois depuis des mois, elle était à moi et j'aurais voulu prolonger encore l'instant. Mais il fallait s'écarter.

Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, ou esquisser le moindre geste, je me tournais vers la porte délabrée.

C'est ensemble que nous entrâmes dans ce que je pensais être notre destin.

J'avais la détermination d'un loup et la rage d'un lion. Je sauverais ma famille … toute ma famille.


Alors vos avis ?

Je les attends comme toujours avec grande impatience !

Pour le prochain chapitre … confrontation !

Passez toutes une bonne semaine, à la semaine prochaine !