Waouh... J'ai mis des plomb à m'engueuler entre moi, moi et moi-même pour savoir ce que je mettrai ou ce que je ne mettrai pas dans ce chapitre...
J'ai réussi à me décider, mais cela n'améliore pas ma schizophrénie !
Eh ! Je ne suis pas sadique...un peu, ce qu'il faut...
- Je t'ai envoyée tout ce que j'avais trouvé, confirma une voix via le haut-parleur du smart-phone de la jeune inspectrice.
- Merci Jett, répondit-elle.
La matinée était déjà largement entamée, quand Lévy décida de reprendre ses investigations sur l'affaire du saccage du pub Fairy Tail. De chez elle, elle avait joint Jett pour lui demander les résultats des recherches qu'il avait effectuées avant que cette affaire leur fût destituée, elle en avait aussi profité pour lui dire qu'elle n'éprouvait plus de rancune envers lui, qu'elle comprenait. Il était toujours difficile de rester intègre lorsque l'on avait un couteau sous la gorge. Lévy admit que sous l'effet de la colère, elle avait été trop dure avec lui. Par contre elle refusait de mêler Jett à sa « croisade ». Elle n'était pas sensée continuer d'enquêter et elle commençait à penser que Precht lui avait confié cette affaire dans le but de la virer, ou bien de la faire abattre par Raven Tail. La jeune inspectrice avait conscience que le saccage du pub ainsi que le Kurogane n'étaient que le partie émergée de l'iceberg et qu'elle s'attaquait à quelque chose de beaucoup plus gros qui liait Drear, Hadès, Redfox à Raven Tail. De plus, elle s'était doutée depuis longtemps que les trois gangs majeurs de la ville, qui étaient les plus puissant du pays, avaient aussi un lien entre eux. Leur pouvoir était centralisé dans cette ville, mais quand bien même une ville fut immense, ils ne pouvaient pas ne pas interagir entre eux.
Ses cheveux attachés en hauteur, portant ses lunettes, elle n'avait pas pris la peine de mettre une tenue présentable. Vêtue d'un mini-short en jean et d'un débardeur vert bouteille, la légèreté de ses vêtements était en accord avec la température estivale, plutôt exceptionnelle en cette saison, de la journée. Assise par terre, adossée au canapé, elle examinait les différentes données sur son ordinateur, posé sur la table basse.
- Le garage de Redfox n'a pas fait de commande particulière ces six derniers mois, mais cela ne veut pas dire qu'il n'ait pas puisé dans son stock, précisa Jett.
Cette donnée ne l'étonna pas. En réalité, Lévy pensait que le Kurogane n'avait pas fait cela. Elle ne pouvait pas l'expliquer, mais elle en avait l'intime conviction.
- Je te remercie Jett, ne t'occupe plus de cette affaire. Fais attention.
- Fais attention à toi ! Dit-il. À plus tard.
La bleutée se leva et dégagea le mur face à son canapé amplifiant ainsi le désordre régnant dans son salon. Elle y colla du papier de tableau blanc adhésif et commença à placer les documents. Elle fit un cercle pour Raven Tail dont le chef connut se nomme Iwan Crow, aucune information sur lui. Elle écrivit le nom de Makarov Drear, Gajeel Redfox, Luxus ?, Yajima, Hadès. Puis elle fit deux autres cercles, Tartaros contrôlé par Marde Guille, utilisant comme couverture une maison close, mais on soupçonnait de verser dans la traite des femmes et Orasio sei dont le chef a comme surnom Brain, aucune information sur lui non plus, ce gang trempait dans le trafic de drogue. Elle ajouta à son tableau le père de Gajeel Redfox, Métallicana. Puis elle eut un instant d'hésitation se demandant si c'était sa raison ou ses sentiments qui la poussait à écrire les noms suivants. Son feutre restait à cinq centimètre du tableau blanc. Elle réfléchissait, peut-être n'ai-je juste envie qu'il y ai un lien ? Non, il y a un lien. Elle inscrivit le nom de John et Rina Macgarden. Elle recula examinant son tableau, il manquait des précisions, des noms, des raisons. Elle ne pouvait relier aucune entité entre elles, la seule chose qu'elle traça fut un grand cercle comprenant les trois cercles représentant la triade, elle mit un point d'interrogation, symbolisant l'existence d'un cerveau au-dessus d'eux, une personne ou un groupe de personne tenant tout les ficelles. Son organigramme restait cependant incomplet pour en ressortir une quelconque logique, elle manquait cruellement d'informations. Mais elle savait qui pourrait lui en procurer. Elle prit son portable.
A : M
C'est la gamine, on peut se voir ?
Elle le reposa et alla à son ordinateur pour lire la presse indépendante, à la recherche de nouvelles intéressantes, elle apprit que les scellés du Fairy Tail avaient été retirés, et que, dès ce matin, le pub avait ouvert, étrange un pub qui ouvre le matin. Lévy prit une légère veste en cuir marron ainsi que des boots et sortit.
Elle arriva devant le Fairy Tail, le bâtiment était en travaux, mais un bar avait été aménagé en extérieur sur la terrasse. Elle vit Mirajane Strauss au comptoir, la jeune inspectrice approcha et s'assit sur un tabouret non loin d'une femme à la peau légèrement hâlée aux longs cheveux bruns portant un haut de maillot de bain bleu et un pantacourt marron. Elle devait approcher la trentaine d'année.
- Bonjour, inspecteur, fit la douce voix de Mirajane.
Lévy la regarda, la belle albinos affichait un magnifique sourire angélique empli de douceur et de bienveillance.
- Bonjour, Mademoiselle Strauss, rendit la bleutée en un souriant à son tour.
- Je vous en prie, appelez- moi Mira, dit la barwoman.
- Très bien, Mira.
- Vous voulez commander quelque chose ?
- Non, mer…Avant qu'elle n'eût le temps de finir, le ventre de la bleutée se mit à gargouiller.
Elle avait complètement oublié de manger. En vérité, son côté obsessionnel avait tendance à lui faire oublier de prendre soin d'elle. Habituellement Jett lui rappelait qu'il fallait manger, ou bien sa tante le faisait en la grondant.
- Un sandwich au thon et un jus d'ananas, dit la blanche.
La jeune inspectrice écarquilla les yeux de surprise.
- Comment savez-vous que…
- J'arrive à deviner les préférences des gens dans certains domaines, interrompit Mirajane en ponctuant sa phrase par un clin d'oeil.
- Cela doit être pratique dans votre métier, rigola la jeune policière.
-Effectivement.
Mirajane sortit un verre, un jus d'ananas et un sandwich.
- Merci, Lévy allait sortir de l'argent quand elle fut interrompue.
- Je vous en prie c'est pour vous remercier de nous avoir permis de rouvrir aussi vite, dit la barwoman.
- Je n'y suis pour rien, rectifia la bleutée. D'ailleurs vous avez repris les travaux rapidement ?
- Oui, le bar est ouvert pour l'approvisionnement, et beaucoup son venu pour aider à réparer ce qui a été endommagé. Le directeur ne veut pas que l'on s'accable sur notre sort. Aller de l'avant, c'est ça devise, répondit-elle avec conviction.
- Il est là aujourd'hui ? S'enquit la jeune lieutenant.
- Non.
- Je vois…J'aimerais vous poser une question ? dit la bleutée.
L'albinos fit un petit rire.
- N'est-ce pas là votre travail ? dit-elle.
- Si, mais, j'ai été suspendue…Dit Lévy avec un rire amère.
- Je suis désolée, compatit l'ancien modèle.
- Ne vous en fait pas. Je crains juste que ma question ne vous dérange, dit la policière avec sérieux.
Elle remarqua que la blanche était intriguée suite à cette phrase, mais elle semblait aussi un peu anxieuse.
- C'est-à-dire que…
- Mira ! Encore un verre steup'. Interrompit la femme brune accoudée au bar.
- J'arrive Cana, excusez-moi, je dois à la réserve du pub. Dit-elle à l'inspectrice avant de partir dans la direction du bâtiment.
Cependant, la bleutée ne l'avait quasiment pas écoutée, son attention fut retenue par le prénom de la femme brune, Cana. Que le hasard fait bien les choses ! Elle l'examina. Une très belle femme, accoudée au bar avec son bras droit d'une manière lascive, elle était assise les jambes croisées, ses joues légèrement rougies par l'alcool. Elle faisait face à Lévy. Ses yeux violets un peu vitreux, soulignés par un sourire taquin, interrogeaient la bleutée.
- T'sais que c'est pas poli de fixer les gens comme cela, ma belle ? Dit la femme nommée Cana.
- Désolée, dit Lévy en souriant, mais vous ne seriez pas Cana Albérona ?
- Hein ? S'étonna la brune. Ouaip, on t'a parlé de moi ?
- Je suis de la police.
La brune afficha sa surprise à nouveau et souriait de plus belle.
- J'n'ai rien fait de mal ma belle, enfin rien dont j'me souvienne.
- J'ai juste besoin de savoir où vous étiez avant-hier entre cinq heures et quinze heures ?
Elle émit un rire grivois.
- T'as de la chance, j'm'en souviens plutôt bien, sauf la partie où j'ai pioncée.
Elle but une gorgée du verre que Mirajane venait de lui servir juste après qu'elle fut revenue et continua.
-Je dressais un dragon chez lui, j'ai échoué. C'est plutôt lui qu'il m'a dressée… Plutôt gourmand comme bestiole, et bien monté en plus, dit-elle sur un ton coquin. J'étais avec une copine Lucy et ses magnifiques nichons, ils sont énormes.
Machinalement, Lévy regarda la poitrine de son interlocutrice et en déduisit que le Kurogane appréciait les femmes plantureuses. Pourquoi je pense ça moi ? se tança-t'elle.
- Quand est-ce que vous êtes parti ? Interrogea la bleutée.
- Vers seize heures, il est parti avant, il m'a laissé dormir.
- Et vous l'avez vu partir ?
- Ah…C'est lui qui t'intéresse, j'crois pas qu'il craque pour les flics, mais vu que t'es mignonne t'as tes chances.
Lévy fit un léger rire, évacuant sa gêne due au franc parlé de la femme. Mais elle devait admettre que Cana Albérona était douée pour déstabiliser une personne.
- Je veux juste savoir quand est-ce qu'il est parti ?
- Il était quatorze heures vingt à peu près, j'l'ai entendu s'habiller, alors j'ai regardé le réveil…Hmmm, ce type a des fesses…
- Merci, interrompit poliment la jeune lieutenant, j'ai eu ce que je voulais savoir…
Sur ces mots, elle salua les deux femmes, paya son repas et parti. Elle ne pouvait s'empêcher de sourire en repensant à la conversation qu'elle avait eue avec cette Cana… Elle reçut un message.
De : M
Ok, tout de suite en enfer, gamine.
Le bar du Quattro Cebérus était dans un entresol d'un ancien immeuble. Il était installé dans un des quartiers les plus malfamés de Magnolia. Et pourtant le patron du bar, Golmine, s'évertuait à préserver cet endroit de toute mauvaise fréquentation, quelque qu'elles furent. Il était un fervent défenseur du vrai Hard Rock sans fioritures, passant inlassablement dans son établissement les plus grands groupes de ce style et ayant créé une ambiance en adéquation avec ses goûts. La fumée des cigarettes de ses clients donnait au lieu une atmosphère quasiment irrespirable. C'était dans ce lieu que Lévy devait rencontrer son indique, ici, chez le gardien des enfers. Elle parcourait la salle du regard et vit cet homme d'une cinquantaine d'années, aux cheveux et à la moustache bleus foncés, attablé devant un verre de ce qui semble être du whisky et fumant tranquillement. Ses traits étaient tirés et son visage marqué par l'alcool. Elle alla à sa rencontre s'asseyant face à lui.
- Du whisky ? À cette heure ? dit-elle.
- Il n'y a pas d'heure pour une épave que sa femme a quittée, dont le fils ne veut plus parler et qui finira dans un caniveaux, répondit-il.
Il regardait le fond de son verre, faisant faire des cercles au liquide ambré.
- Et toi gamine, t'es venus vivre, ici. Moi c'est normal, chui un vieux prêt à mourir à tout instant, mais toi t'as le choix…Dit-il en la fixant.
- Je ne suis pas venue pour parler de cela Macao.
Macao Combolt eut été un grand journaliste à l'époque où le journaliste d'investigation signifiait quelque chose. Il savait une multitude de choses sur les gangs et la politique intérieure. Il connaissait les cadavres que cachaient beaucoup d' « honnêtes » citoyens. Il avait fait des recherches sur la mort des parents de Lévy, et avait pris contact avec elle pour cette raison. Puis, très vite, il fut devenu son indique, elle ignorait comment il faisait, mais il était toujours au courant de tout. Cependant la presse appréciait peu que l'on divulguât les secrets de leur chers amis les puissants, ou craignait, à juste titre, les représailles des gangs. Il gardait donc tout pour lui, stockant dans sa mémoire toute information pouvant lui être utile.
- Je croyais pourtant que l'on jouait à celui qui ferait le mieux la morale, dit-il d'un ton sarcastique.
- J'ai besoin d'infos sur Makarov Drear.
- Makarov, j'ai appris qu'il était revenu, son pub a morflé.
- Il faisait quoi ici avant, il a un lien avec Hadès.
- Ouaip, c'est Hadès qui l'a formé, dit Macao.
Lévy hoqueta.
- Makarov était un…
-Un flic, termina l'homme, il a quitté la police, il y a vingt ans, juste après la mort de tes parents, j'ai toujours soupçonné qu'il devait savoir quelque chose. Mais bien avant qu'il parte, y avait déjà des tensions entre lui et ce vieux Precht. Ça avait commencé par une affaire d'il y a trente ans. Ils étaient dessus, tout les deux. Une sale affaire, la première que j'ai couvert, une gamine, Mavis Vermillions, s'était faite buter. j'm'en souviendrais toujours. La presse avait baptisé cette affaire Grimoire Heart. Le cœur de la petite avait été retrouvé sur un livre sur le satanisme. Un truc de détraqué…
G.H., le nom du dossier rouge d'Hadès.
- Et l'on a su qui avait fait cela ?
- C'est ça le problème, Precht a attrapé un gamin, un adolescent un peu paumé, et Makarof était persuadé que ce n'était pas lui. Mais rien n'y a fait, le gamin a été jugé et exécuté.
- Je vois… Mais quel est le lien entre Raven Tail et Makarov ? S'enquit la jeune femme.
- Familial, ironisa le journaliste.
La bleutée ne comprit pas, elle l'interrogea du regard, l'incitant à développer.
- Iwan, le chef de Raven Tail, est son fils, dit-il.
-Alors il ne cherche pas à lui faire peur pour de l'argent, mais à se défendre face à son père, en déduisit la jeune femme.
- Je sais pas trop ce que fais Makarof, maintenant. Ce que je sais c'est qu'il a des amis hauts placés au sein du gouvernement.
- Yajima ?
- Ce bon vieux Yajima, tsss…Je croyais qu'il était sorti du circuit.
- Tu peux me dire ce qu'il faisait au gouvernement ?
-Alors là, tu essayes d'atteindre des horizons dont même moi je n'ai pas été capable d'obtenir une seule information.
Un mur, à nouveau, si Macao ne pouvait pas le franchir cela devait être le mur le mieux façonné auquel elle devait faire face.
- William Redfox, tu connais ?
Il eut un sourire à la mention de ce nom.
- Wiliam Redfox, Métalicana, une force de la nature, il trempait dans des trucs…
- Histoires de gangs ?
- Pas que je sache, pourquoi il t'intéresse ?
- Je pense qu'il a un lien avec la mort de mes parents.
- Je crois qu'il travaillait pour Makarov, d'où le fait que son fils, rempli de haine pour son père, travaille aujourd'hui pour Raven Tail.
- Tu en es sûr ?
- Le Kurogane, on dit qu'il a tué la première fois à l'âge de cinq ans, il est difficile de faire un type plus dangereux que lui, excepté le fils d'Iwan.
- Le fils d'Iwan ?
- Luxus Drear, quand je pense que c'était un bon gamin. Dit-il en souriant avec amertume. Puis il afficha de l'inquiétude. Ne joue pas avec eux, gamine.
- Je fais ce que je veux, rétorqua-t'elle.
- Ce sont types dangereux, y a pas pire qu'eux.
- J'ai encore une question, est-ce que tu sais s'il y a quelqu'un au-dessus des gangs, quelqu'un qui tire les ficelles ?
Il sourit à nouveau.
- Alors t'as deviné ?
- Deviné quoi ?
- Zeleph, c'est le nom qu'on lui donne. Certains disent que ce n'est qu'un mythe, une ombre, d'autre que c'est le plus grand criminel que l'on ait jamais rencontré. Il contrôlerait les affaires de cette triade, utilisant ses pantins pour donner ses directives. Personne ne la jamais vu, je suis persuadé que même les chefs des gangs ne l'on jamais rencontré.
- Alors tu penses qu'il existe ?
- Un peu qu'il existe, jamais cette bande d'abrutis n'auraient pu tenir aussi longtemps sinon.
Elle le savait, il y avait bien quelqu'un qui organisait tout cela.
- Je dois y aller, merci Macao.
Elle se leva.
- Je plaisante pas fait attention, lui dit avec sérieux son contact avant qu'elle fut parti.
- Promis, dit-elle.
Lévy était parti pour Crocus afin de voir sa tante qu'il lui avait demandée de venir la voir. La maison de sa tante était une jolie maison de ville bourgeoise de trois étages, possédant une véranda et un jardin à l'arrière. Il était environ dix-sept heures, Lévy était à l'extérieur, assises près d'une table, elle regardait le jardin. Sa tante Belno était une femme de science, une ancienne botaniste qui avait réussi à percer en politique. Elle occupait une place de conseillère au ministère de la recherche. Lévy avait donc grandit dans ce milieu bourgeois entourée d'intellectuels, ponctué de soirées mondaines et de sorties culturelles. Elle avait eu l'éducation d'une parfaite jeune femme d'une élite moderne, permettant aux femmes d'être indépendantes et cultivées. Un beau gâchis ! Elle n'était pas devenue une universitaire, mais juste une flic. Elle n'avait cependant jamais utilisé de passe-droit, elle avait réussi grâce à ses capacités. Elle cherchait à prouver que si elle était à cette place, c'était par mérite et non pas à cause de sa situation, aux autres, mais surtout à elle. Sa tante arriva avec un plateau en main, elle apportait le thé.
Belno était une femme d'une soixantaine d'années, plutôt grande et mince. Encadrer de ses cheveux blonds son visage, creusé par des rides, reflétait une certaine austérité amplifiée par son nez aquilin, lui donnant un aspect de sorcière. Cette apparence froide et austère cachait une femme faisant preuve d'empathie et profondément généreuse.
- Tante Belno, tu connais un Yajima ?
- Ce vieux fou, rigola-t'elle. Ma fois, c'est un homme sympathique, mais je n'ai jamais réellement bien compris dans quoi il était. Mais je n'ai pas vraiment envie de parler de mon travail.
La bleutée comprenait. Son travail était prenant, elle le laissait toujours à l'entrée de la maison.
- Le jardin est très beau, affirma Lévy, cherchant un sujet de conversation.
- Nous sommes au printemps, tous les jardins sont beaux en cette période de l'année, souligna-t'elle.
- Tu as enlevé les digitales ? S'étonna la bleutée.
Sa tante ne répondit pas tout suite, elle servit le thé, puis posa la théière.
- Je préférais parler de ton nouveau petit ami plutôt que de mon jardin, dit la vieille dame calmement.
Lévy était surprise par cette phrase.
- Mon quoi ? S'étonna-t'elle.
Belno soupira et partit dans sa maison sous le regard ahuri de sa nièce. Elle revint avec une boîte à chaussure qu'elle posa devant la jeune femme. Cette dernière ouvrit la boîte, elle hoqueta en voyant son contenu. Sur le couvercle, un mot avait été écrit.
Pour cette nuit et pour tes jolies fesses Shorty. G.R.
Il s'agissait de ses chaussures, celles qu'elle avait balancées dans une ruelle alors qu'elle poursuivait le Kurogane. Elle restait bouche bée face à cela.
- J'en déduis que tu n'es pas contente de les récupérer ? Dit Belno en voyant la réaction de la jeune femme.
- Tu as vu qui a apporté cela ? S'enquit Lévy anxieuse.
- Oui, il me l'a donnée en main propre.
- Comment était-il ?
- Tu ne sais pas à quoi ressemble ton petit ami ? S'étonna la vieille dame.
- Ce n'est pas mon petit ami, rétorqua la bleutée.
- Mais ce qui est écrit…
- Ce n'est pas ce que tu crois, interrompit-elle en haussant la voix plus que de raison.
- Bon, concéda Belno septique, il était grand avec des cheveux noirs, des yeux rouge, un peu trop de piercings et…
Voyant sa nièce, pensive, rougir, Belno sourit légèrement et continua.
- Et il a un fessier magnifique…
- Belno ! S'indigna Lévy.
La vieille dame rigola, se moquant de la réaction excessive de la jeune femme. La réaction fut d'autant plus grande que c'était la deuxième fois en une journée que la bleutée entendit parler des fesses du ténébreux.
- Je suis vieille, mais je reste une femme, argumenta sa tante.
- Ce n'est pas drôle, c'est un homme dangereux, dit la bleutée avec sérieux.
- Qui a un impressionnant tatouage de dragon sur son torse divinement bien sculpté… taquina la conseillère.
- Belno ! Râla la belle en gonflant les joues. Puis elle eut un instant de réflexion. Comment cela ce fait que tu aies vu son torse ?
- Il a déraciné quelque bambou et enterré les plaques d'acier pour maintenir ceux qui restaient.
Je n'y crois pas, il a conquis ma tante en s'occupant de ses bambous, ce type est vraiment... Elle rageait envers lui.
- D'ailleurs, il m'a expliqué que ses blessures étaient dues à votre rencontre fracassante.
Lévy soupira avec force.
- Tante Belno, c'est un homme dangereux, s'il revient, préviens la police.
- Ils vont me prendre pour une folle. Puis, il me rappelle mon fils, dit-elle avec nostalgie.
Lévy vit la tristesse s'emparer du visage de sa tante. Elles ne parlaient jamais du fils décédé de sa tante. Il avait été son seul enfant, elle n'avait jamais eut envie de parler de lui. Il était déjà mort avant l'arrivée de la jeune fille.
- Mais s'il est dangereux, tu devrais aussi l'éviter, s'inquiéta la vieille dame.
- Ça ira pour moi, dit Lévy avec un sourire qui se voulait rassurant.
- Il y a un poste dans la recherche sur le comportement criminel au bureau royal, je n'ai qu'à dire un mot…
- Non, interrompit la jeune femme, je préfère être sur le terrain, et puis je veux…
- Savoir pourquoi ?
- Oui…Dit timidement la jeune femme en baissant les yeux.
- Je n'ai jamais su comment t'enlever cette idée, regretta la vieille dame. Tu es une jeune fille obsessionnelle comme ton père.
- Je..je sais que tu veux mon bien.
Belno posa sa main sur celle de sa nièce. Ce geste rassurait toujours la bleutée, sa tante était sa seule famille. La seule personne qui la faisait sentir moins seule dans ce monde.
- J'ai perdu un fils et un frère, je n'ai aucune envie de perdre ma fille, dit-elle doucement.
Elle était comme une mère pour Lévy, elle ne voulait pas l'inquiéter. Elle lui sourit à nouveau.
Je ferais attention, dit-elle.
- Tu devrais, oui.
Elle hoqueta en entendant ces mots Tu devrais. Les mêmes mots qu'elle avait entendus la veille résonnaient en elle. Elles continuèrent de discuter de tout et de rien, jusqu'au moment où Lévy partit prendre le train pour Magnolia.
Son train arrivait en gare de Magnolia, durant tout le trajet, elle repensait à ce que lui avait dit Macao, sa tante, mais surtout elle revoyait sa confrontation avec la Kurogane. Elle n'arrivait pas à sortir de son esprit ce qu'il lui avait dit. Il avait cherché à l'embrouiller, c'était certain. Pourtant, elle cherchait à comprendre les quelques mots qui avaient suivi ce murmure, ce « conseil ». Elle se torturait l'esprit, tandis qu'elle sortait de la gare. Puis non loin d'elle, elle remarqua cet homme blond à la cicatrice en forme d'éclair. Il marchait nonchalamment un manteau posé sur ses épaules se soulevant légèrement de temps à autre, il regardait parfois par-dessus son épaule vérifiant qu'il n'était pas suivi. Cet acte intrigua la jeune femme, elle décida donc de le suivre, Luxus Drear.
Prochain chapitre : Orders of the Raven.
