Chapitre 41 : Terreur
Coucou tout le monde !
Me voilà avec le chapitre 41 sous le bras !
Un grand merci pour votre soutien sans faille, et bienvenue pour les quelques nouvelles m'ayant laissé des reviews auxquelles je ne peux pas répondre car vous n'avez pas de compte ^^
Pour celles qui se posent la question concernant le nombre de chapitres restant pour l'histoire, pour être honnête je table sur une quinzaine encore sachant que je ne suis pas certaine de pouvoir aborder tout ce que je veux. Je vous tiendrais au courant )
Allez assez blablater … bonne lecture, on se retrouve en bas …
Chapitre 41 : Terreur
PDV Bella
- Alors Madame Voltury … votre réponse ?
Il jubilait littéralement en constatant sur mon visage ma détresse que je ressentais. Il n'y avait pas de choix entre mes enfants. Elles étaient chacune une partie de mon être. Comment pouvez-t-on demander à une mère de choisir ?
- Vous ne pouvez pas me demander ça ! Ce sont mes filles … mes enfants … vous ne pouvez pas me demander de choisir … ce n'est pas humain …
- Mais qui a dit que j'étais humain Madame Voltury ?
Surement pas moi en tout cas !
J'aurais aimé avoir la force de répliquer mais la seule chose que je pouvais faire c'était de regarder mes enfants en espérant pouvoir les sortir de cet endroit de malheurs.
Kiara … Charlotte … Lise ….
Je les avais élevés, toutes les trois. Je les aimais toutes les trois sans distinction aucune. Comment une mère pouvait-elle choisir entre ses enfants ? Il n'y avait pas de choix possible, pas de réponses bonne ou mauvaise.
J'étais au pied du mur, je regardais mes enfants comme si je pouvais, par la seule force de ma volonté, les mettre à l'abri.
Je me moquais bien de ce qu'il pouvait m'arriver mais je refusais que James Nomades touche à un seul de leurs cheveux.
J'étais consciente que je ne pouvais pas laisser la plus petite chance me filer entre les doigts. Les enfants Cullen pouvaient s'en sortir et mes filles aussi, du moins pour deux d'entre elles. C'était tellement horrible de penser une chose pareille. Pourtant la vérité était là.
S'ils sortaient d'ici, les enfants pourraient échapper à la brutalité de ce meurtrier près à tout pour obtenir vengeance et deux de mes enfants, seulement deux d'entre eux pourraient d'échapper.
Mais qu'en serait-il pour celle qui allait rester ?
J'avais lu clairement dans les yeux de James Nomades ce qu'il voulait, de Kiara surtout. Le regard pervers qu'il lui avait jeté, je l'avais déjà lu dans les yeux de mes agresseurs tant d'années auparavant. Je n'avais jamais vraiment oublié cette expression à la fois de luxure et aussi de joie à l'idée de mêler la douleur et les cris à un acte qui devrait être seulement dicté par l'amour et la confiance. Leur but était d'entendre les supplications et de sentir la résistance de leur victime en nous contraignant à un acte que nous ne consentirions jamais.
Si ce n'était pas Kiara, il était capable de prendre Lise, Charlotte ou Jade comme exécutoire pour assouvir ses besoins. Il fallait qu'elles sortent d'ici avant qu'il ne décide de céder à ses pulsions.
Peut-être que si je me donnais à lui alors il les laisserait tranquille. Il y avait aussi Rosalie et Alice.
Elles n'avaient rien à voir dans le conflit, elles non plus ne méritaient pas ça.
Oh certes, mon assurance n'était que façade. Si James Nomades posait ses mains sur moi, il détruirait les dernières onces de forces qu'il me restait. Il anéantirait la seule chose que je possédais encore, mon corps.
J'avais déjà failli être profané une fois, et j'avais mis des années à m'en remettre. Cette fois serait différente, mais pour mes filles je le ferais. J'étais capable de tout supporter si cela leur laissait une chance de vivre.
Si j'avais la certitude qu'aucune d'entre elles ne serait touchée, alors je me mettrais à genoux devant lui et je le supplierais de me prendre moi et de laisser mes enfants, et la famille Cullen en paix.
En regardant Edward, je constatais une expression de profonde détresse dans ses yeux. Il me regardait horrifié, se demandant surement ou mes pensées allaient.
Je m'attardais un instant sur son doux visage, si beau. Il avait des traits tellement harmonieux, des yeux d'une couleur si intense et des cheveux tellement soyeux.
Cet homme avait un visage d'ange.
Quand j'avais découvert qu'il était le père de Kiara, la trahison avait été si vive et si intense, comme une énième lame de couteau qu'il aurait délibérément enfoncée dans mon cœur.
J'étais consciente que si Tanya avait vécue, si elle avait été une mère digne de ce nom, elle et Edward auraient élevés Kiara. Je n'aurais été rien de plus que sa belle-sœur, la sœur de sa femme et rien d'autre.
Les faits étaient là. Le test était assez évocateur et je savais qu'il ne se trompait pas. Edward était le père de Kiara quoi que je fasse.
Esmée Cullen le savait et je me demandais pourquoi elle n'avait pas parlé à son fils de sa paternité.
En me tournant vers elle, je remarquais son regard sur moi.
Cette femme était une mère et une grand-mère, celle de Kiara … et elle voulait les sauver, tout comme moi.
Nous partagions la même détresse, la même terreur qu'il arrive quelque chose à nos enfants.
En cet instant, j'aurais aimé posséder une baguette magique et tout effacer.
J'aurais tout donné pour revenir plusieurs mois en arrière dans les bras d'Edward, pour entendre de nouveau, son « je t'aime » tout contre mon oreille. Je voulais encore une fois plonger dans ses prunelles et constater que j'étais importante pour quelqu'un. Je voulais être aimé tout simplement pour ce que j'étais et non pour ce que je représentais.
J'avais aimé Edward, je le savais maintenant. Qu'elle autre explication pouvais-je apporter au fait que j'avais tant souffert en découvrant l'ampleur de son mensonge et de sa trahison ?
Il était temps d'affronter la réalité en face et de mettre des mots sur les sentiments que j'éprouvais.
« Il n'y a que l'amour pour se transformer aussi rapidement en haine ».
Esmée Cullen avait raison.
Si les choses avaient été différente, j'aurais tout donné pour l'avoir comme belle-mère pour me rapprocher d'elle et enfin ressentir ne serais ce qu'une fois l'amour et la chaleur maternelle. J'aurais épousé Edward et j'aurais enfin donné un père à mes enfants. Nous aurions été une famille.
Peut-être même aurais-je eu la joie d'être une nouvelle fois maman. J'aurais aimé avoir un petit garçon.
Mais les choses ne se passaient jamais ainsi.
Je ne serais jamais avec Edward.
Ce serait trahir Tanya et peut-être aussi Quil, même si Edward n'était pas son meurtrier, de cela j'étais convaincue maintenant. Il n'avait pas tué Quil, c'était James et lui uniquement.
Mais il avait refusé de l'aide à ma sœur, il lui avait claqué la porte au nez alors qu'elle voulait simplement de l'aide pour sortir de ce pétrin dans lequel elle était. Moi qui l'avais toujours pensée lâche, je découvrais que dans les dernières semaines de sa vie elle avait enfin trouver assez de courage en elle pour prendre les armes et se battre comme je l'avais fait avant elle.
Avec des peut-être, je pouvais refaire le monde de mille et une façon, mais les choses étant ce qu'elles étaient, la situation en était là aujourd'hui.
Condamnée à choisir entre mes filles, décidée de qui allait s'en sortir et de qui allaient rester, condamner aussi à haïr un homme que j'avais pourtant aimé quelques mois auparavant, le père de Kiara, l'ex de ma sœur et un des responsables de sa mort.
Il ne l'avait pas voulu, je le savais et je ne referais pas la même erreur qu'avec Quil. Cette fois, je ne le trainerais pas dans la boue pour soulager mon cœur brisé. Je devais simplement me détourner et le laisser vivre sa vie loin de moi.
Charlotte, Lise ou Kiara …
Le claquement de langue de James, me ramena à la réalité et je secouai la tête pour sortir de mes pensées lugubres.
Décidant de me laisser un peu tranquille, il se rapprocha des trois femmes Cullen et se planta devant Alice qui serrait son bébé dans ses bras. Rosalie se postait devant elle dans une attitude dérisoire de vouloir la protéger.
Je ne les connaissais pas. Aucun d'entre eux. Mais ils étaient la famille de Kiara et même si cela me faisait du mal de l'admettre, c'était pourtant la vérité.
Kiara faisait partie de cette famille à cause d'Edward. Ils étaient liés par le sang.
Je ne voulais pas provoquer plus de mal à ma fille. Je savais que mon silence l'avait profondément marquée, mais mon but initial avait seulement été de la préserver.
Je n'avais jamais su qui était son père, j'avais un temps soupçonné James avant qu'Esmée ne me pose la question directement pour la paternité de son fils. Depuis ce jour, je savais que je ne pouvais plus mentir à ma fille. Elle avait le droit de connaître la vérité.
Kiara avait une famille, une vraie famille, je n'avais aucun droit de la privée de cette chance.
J'aurais sans doute pu moi aussi faire partie de cette famille. Esmée Cullen aurait pu s'inquiéter pour moi comme elle s'inquiétait pour sa fille, sa belle-fille ou ses petits-enfants.
J'aurais pu être à cette place.
- Rosalie c'est ça ?
- Qu'est-ce que vous voulez ?
Le ton de la jeune femme blonde était coupant. Le froid cinglant de ces traits me rappelait l'attitude que je tentais désespérément d'adopter jusqu'à ce que James s'en prenne à mes enfants.
- Félicitation vous venez de gagner un ticket pour la liberté …
Comprenant qu'il lui demandait d'accompagner les enfants pour sortir d'ici, elle se tourna vers Alice.
Cette petite jeune femme que je n'avais vu que deux fois m'était apparue comme une personne pleine de vie et toujours souriante. A cet instant, partie cet air jovial, elle avait les larmes aux yeux quand elle serra son bébé contre son sein.
- Donnez le à Alice … le bébé …
James leva un doigt ce qui eut le mérite de faire taire Rosalie. Il n'admettrait pas de réplique de sa part.
- Va-t-en Rosalie, murmura le petit lutin en embrassant sa fille. Sauve-les !
Secouée de sanglots, elle serra son enfant une dernière fois avant de la mettre dans les bras de sa belle-sœur.
- Alice …
- Je t'en prie … on va s'en sortir … mais tu dois les éloigner …
Esmée prit sa fille en larmes dans ses bras et Rosalie parut un instant décontenancée. Elle se tourna vers Jasper et son mari qui semblèrent lui souffler tous les deux la même chose « va-t'en ».
Elle rejoignit rapidement Edward et ses enfants qui s'enroulèrent autour d'elle.
Edward se releva et serra brièvement la jolie blonde qui avait perdu de sa superbe. Il s'écarta alors que James revenait vers moi.
- Alors Madame Voltury … vous avez fait votre choix ?
Je me tournais vers mes filles.
Kiara bien droite les points serrées avec cet air de colère si intense sur les traits, le même que depuis plusieurs mois. Charlotte et Lise serraient l'une contre l'autre, perdues et terrorisées. Aucunes d'entre elles ne devraient être là. Aucunes d'entre elles ne devaient souffrir.
Je voulais effacer cette terreur dans leurs yeux, je voulais les protéger comme je l'avais toujours fait.
Quelle mère serais-je si je n'étais pas capable de protéger mes enfants ?
- S'il vous plait … pas ça …
Ma voix n'était qu'un simple chuchotis mais James était un sadique et j'avais conscience que mon désarroi ne faisait qu'accroître son plaisir. A cet instant, je m'en moquais comme d'une guigne.
La seule chose ayant de l'importance à mes yeux, c'était la vie de mes enfants, la mienne avait peu d'importance.
J'étais prête à supplier si cela pouvait changer quelque chose, je lui donnerais ma vie sans une once d'hésitation si mes filles sortaient d'ici saines et sauves.
James s'approcha de moi et attrapa mon bras d'une main et mon menton de l'autre pour me forcer à le regarder dans les yeux.
Sa poigne sur mon visage me procurait une douleur le long de ma mâchoire mais je n'allais en aucunement me plaindre. Je ne lui accorderais pas ce plaisir.
- Vous voulez que tout le monde reste là Madame Voltury ? Cingla-t-il le regard plus noir qu'un puit sans fond. Encore une remarque et je vais oublier mon instant de bonté et tout le monde restera là !
Il me relâcha brusquement et s'éloigna avec son sourire scotché de nouveau aux lèvres. Il avait eu le dessus sur moi et apparemment il adorait ça.
- Maman …
Je relevais la tête à l'appel de Kiara et ce que je vis dans ses yeux me fit peur.
- Non …
Elle était bien droite, me faisant comprendre dans sa posture toute la détermination qu'elle avait en elle.
- Maman tu sais que c'est la seule solution … tu dois les sauver …
- Ne me demande pas ça …, murmurai-je la voix complètement brisée.
Lui demander ? Elle ne me le demandait pas, elle tentait juste de prendre une décision que j'étais incapable de prendre moi-même. Elle ne pouvait pas. Personne ne pouvait me demander de choisir.
Kiara en avait conscience, elle me connaissait bien, sans doute autant que je la connaissais.
- Maman, m'appela-t-elle tentant de faire appel à ma raison, je suis capable d'encaisser … pas elles ! Elles sont trop jeunes … beaucoup trop jeunes … laissez les partir …
Les larmes s'échappèrent de mes yeux alors que mon aînée était entrain de se sacrifier pour ses sœurs. Elle était jeune elle aussi, encore une adolescente fleur bleue.
Malgré les conflits nous opposant ses derniers mois, je savais la vision qu'elle avait de l'amour.
Quelle adolescente de 15 ans dans une telle circonstance, regarderait sa mère droit dans les yeux et sans ciller lui ordonnerait de sauver ses petites sœurs et de la condamner elle, en partie ?
- Kiara …
- Sauve-les !
Cette fois son ton était péremptoire m'ordonnant de donner ma réponse avant que James ne change brusquement d'avis. Des frissons me parcoururent des pieds jusqu'à la tête alors que je me pliais en deux sous le poids de la douleur.
J'avais une telle haine, une telle soif de tuer ce sadique de mes propres mains, que j'en tremblais.
- Sauve-les !
Je regardais Charlotte et Lise une nouvelle fois et leur nom sortirent de ma bouche sans que je ne puisse rien y faire.
- Dépêchez-vous les filles ! Lança mon aîné n'admettant pas de réplique.
Kiara …
Lise qui avait seulement 4 petites années ne comprenait pas. La seule chose qu'elle fit quand sa sœur la lâcha, c'est se précipiter dans les bras tendus de Kiara, puis dans les miens.
Je serrais mon enfant, mon bébé contre moi. Et si s'était la dernière fois ?
Je la forçais à me regarder.
- Tu vois la maman de Seth et Jade ? Elle va t'emmener très loin d'ici d'accord, tu dois rester avec elle … tout le temps. Je te fais confiance mon petit bout de chou. Maman t'aime, je t'aime très très fort …
- T'aime aussi … Ze veux pas partir sans toi …
Elle secoua la tête envoyant ses belles boucles de part et d'autres de sa tête. Je lissais ses cheveux, respirant l'odeur de mon enfant comme pour tenter de m'apaiser.
- Je sais mais … il faut que tu y ailles … s'il te plaît !
Son petit visage de poupée, strié de larmes fendit mon cœur de maman mais sans savoir comment, elle se détacha de moi et rejoignit en courant Rosalie qui l'accueillit dans ses bras, malgré la présence du bébé.
Quand je me tournais vers Charlotte, je me rendis compte qu'elle, elle savait. Du haut de ses 8 petites années, elle avait compris ce qui était entrain de se passer.
Elle secouait la tête, en signe de négation signifiant par ce geste qu'elle ne pouvait pas obéir.
La seule façon de la faire plier était de faire appel à sa responsabilité de grande sœur, ce que fit Kiara visiblement sur la même longueur que moi.
- Charlotte … tu dois prendre soin de Lise … d'accord ? Pour moi et pour maman … Tu ne peux pas rester là …, lui lança doucement Kiara.
- Mais …
- Charlotte, je t'en prie, va-t'en ! Tu dois partir …
Kiara était dure, elle ne faisait pas vraiment preuve de délicatesse mais elle avait sans doute raison. Elle devait faire comprendre à Charlotte que nous n'avions pas le temps.
- Et vous … ?
- On va vous rejoindre … dès que nous le pourrons ! Laissa échapper sa sœur.
Elle mentait, elle et moi le savions mais au moins Charlotte paraissait quelque peu rassurée et embrassant sa sœur et en me rejoignant.
- Je t'aime mon bébé, de chaque fibre de mon être.
- Je t'aime aussi maman ! Tu dois revenir d'accord ?
- Vas-y et occupe-toi de ta sœur, tu dois veiller sur elle. Tu es une grande fille … je sais que tu en es capable …
Je ne voulais pas mentir à ma fille alors je préférais l'envoyer près de Rosalie plutôt que de proférer des demie-vérités bénéfique pour personne.
- Bon maintenant que les adieux ont été fait ainsi que ce choix … très instructif d'ailleurs … ordinateur ! S'exclama James toujours aussi heureux.
Je lui jetais un regard haineux qu'il réceptionna sans broncher avant de faire ce qu'il m'ordonnait.
10 minutes. C'est le temps qu'il me fallut pour virer l'intégralité de mes comptes bancaires sur un autre compte dont il me donna le numéro.
Laissant mon doigt sur le bouton, je relevais la tête vers Rosalie. Silencieusement, je lui demandais de prendre soin de mes enfants. Je lui confiais la prunelle de mes yeux.
Mère elle aussi, elle comprenait parfaitement sans mots et hocha la tête.
- Ils partent j'appuie !
Il fit un coup de main à Rosalie qui se précipita avec les enfants vers la porte.
Les deux grands s'occupaient des deux plus jeunes alors que Rosalie tenait le bébé.
La Victoria les avait suivis et c'est elle qui ouvrit le cadenas.
Quand ils s'échappèrent, je pressais le bouton et laissais choir l'antique engin sur le sol, n'ayant plus de force, je tombais également.
PDV Kiara
Voir partir mes sœurs me procura un intense soulagement l'espace d'un bref instant qui fut vite remplacé par une vive terreur quand je perçus le regard gourmand de James.
Maintenant que j'étais condamnée à rester là, je savais que mon sort n'allait guère être florissant. Pour garder mon calme et ne pas trahir la peur viscérale que je ressentais, j'essayais de penser au fait que mes petites sœurs ne craignaient rien.
Moi je pouvais encaisser. Pas elles.
Certes je n'avais aucune expérience dans le domaine du sexe, cela ne m'intéressait guère, j'avais d'autres préoccupations, mais au moins je n'étais plus une enfant comme Lise et Charlotte.
Je savais ce que ce James de malheurs voulait de moi et j'étais terrifiée par ce qu'il pouvait m'arriver. Il était capable de tout.
Dans les yeux de ma mère, je lisais parfaitement la terreur qu'elle ressentait à mon égard et je ne pouvais m'empêcher de la partager. Qu'allait-il m'arriver ?
Quand à mon … père …
Il me regardait comme si il ne croyait toujours pas au quelques mots prononcés il y plusieurs minutes.
Edward Cullen était mon père. Ce n'était pas un poltron, ni même ce taré qui était capable de violer des fillettes pour avoir ce qu'il veut, non … c'était un homme bien.
Tanya et Edward étaient mes véritables parents. C'est comme si je venais d'être propulsée dans un monde parallèle et que j'étais entrain de me rendre compte que je ne connaissais pas ma propre vie. Mes repères venaient de voler en éclat.
J'avais depuis longtemps perdu espoir de connaître un jour mon père et maintenant je l'avais devant moi et cela depuis des mois. Il allait me falloir un moment pour arriver à l'encaisser et à comprendre ce que cette nouvelle information allait apporter dans ma vie.
Mais ce n'était guère le moment de me pencher sur ce que je ressentais, surtout pas quand les yeux de James Nomades me détaillaient des pieds à la tête s'attardant à des endroits trop intimes de mon corps. Ce meurtrier avait tué ma mère biologique, mon oncle et maintenant il voulait maman. Il me voulait moi.
Un frisson de dégoût et de peur me parcourut. Je tentais de le lui cacher bien sûr mais je me doutais que je n'allais pas pouvoir jouer les braves encore longtemps. La terreur s'était emparée de mes tripes et mes jambes s'entrechoqués l'une contre l'autre.
Depuis l'instant où j'avais posé mes yeux sur lui dans le jardin des Cullen, je savais que les choses allaient mal se terminer. Je l'avais suivit comme une condamnée se rendant à l'échafaud. Je ne voulais pas qu'il s'en prenne aux Cullen … ma famille apparemment.
Quand je m'étais retrouvée seule avec lui, il avait pris un malin plaisir à me soumettre en me frappant et en me brutalisant. Il m'avait clairement exposé ses intentions ayant des gestes envers moi que j'aurais préféré oublier.
Heureusement sans doute, il tenait à savourer son plaisir, si bien qu'il n'avait pas été très loin dans ces actes.
Quand je m'étais retrouvée, attachée comme un simple animal en cage, dans cet entrepôt glaciale, j'avais tenté par tous les moyens de me détacher. J'ignorais combien j'étais restée de temps transie de froid, à tirer vainement sur les chaines enroulées autour de mes poignets mais une éternité plus tard, la voix de maman m'avait tiré de cette torpeur s'étant emparée de mon corps tout entier.
La voix joyeuse de James près de mon oreille me fit sursauter brusquement et je reculai vivement de plusieurs pas, m'éloignant le plus possible de cet homme. Je ne tenais pas à esquiver des gestes toujours plus intimes de sa part.
En me plongeant dans ses prunelles, je prenais conscience de la noirceur qui les habitait. Il était mauvais. C'est comme si je regardais un abîme sans fond, comme si il n'avait pas d'âme.
- Alors jolie Kiara, on rêvasse ?
Je pris le parti de ne rien lui répondre pas certaine de ma voix et surtout parce que je savais que cela l'agaçait profondément. Mais bien entendu, ce meurtrier ne l'entendait pas de cette oreille. Il eut un mouvement brusque et sans que je comprenne comment, il saisit mes cheveux et tira dessus pour que je tombe à ses genoux.
- Nous allons faire une petite balade toi et moi … se serait dommage tout de même que nous soyons interrompu ici …
Il devait sans doute parler de Rosalie et des enfants qui savaient maintenant ou nous nous trouvions.
- Lâchez là ! Cria ma mère horrifiée de voir James s'en prendre à moi.
Mais sa tentative de sauvetage fut vite étouffée quand elle se retrouva avec le canon d'un revolver sur la tempe. Victoria avait parfaitement prévu son coup.
- Je ne ferais pas ça si j'étais vous Madame Voltury … ne soyez pas horrifiée comme ça … je suis certain que votre jolie nièce et moi allons bien nous entendre !
Sa poigne sur mes cheveux se fit plus dure alors qu'il me força à me relever.
Réprimer mes cris de douleur devenait difficile surtout qu'il avait une solide prise sur mes mèches. J'avais l'impression que mes cheveux allaient s'arracher de mon crâne à tout instant.
- Bon, assez jouez ! Edward tu rejoins tes frères et ton père sans broncher …
J'avais un peu de mal à comprendre ce qu'il cherchait à faire maintenant mais visiblement Edward n'avait guère envie de lui obéir. Pourtant quand James passa son bras autour de mon cou, je vis parfaitement le tressaillement de … mon père qui obtempéra presque aussitôt.
- Victoria, Felix, vous savez ce que vous avez à faire !
- Ce qu'ils ont à faire ? Répétai-je d'une voix mal assurée comme je le craignais.
Les effluves d'eau de parfum de James me piquaient le nez et j'avais du mal à réprimer les hauts le cœur qui me montait dans la gorge. Il était trop près, bien trop près de moi.
- Ne t'inquiète pas jolie Kiara, il n'arrivera rien à ton nouveau papa … j'ai encore besoin de lui …
Bien entendu ses mots ne me rassurèrent pas le moins du monde mais je n'avais rien à répondre à ça.
- Laurent tu t'occupes des deux pleurnicheuses et moi … je vais passer un peu de temps avec Madame Voltury et sa jolie nièce …
Cette fois, James sentit parfaitement le frisson me parcourir de la tête au pied. Son rire en témoignait et il resserra son emprise autour de moi. Son corps était collé au mien et je sentais certaine parti dont j'aurais préféré ignorer l'existence.
Comme une enfant, j'aurais voulu me tourner vers ma mère afin d'être rassurée. Je voulais entendre de sa voix douce que tout irait bien et que je n'avais rien à craindre. Mais j'avais peur de provoquer une réaction trop vive si je la regardais et que James lui fasse du mal.
Je ne voulais pas la perdre.
Edward, qui avait bien entendu compris ce que voulait dire James, se retourna d'un coup et porta son regard sur moi puis sur maman.
- Non ! Laisse les tranquille …
James éclata de rire, se collant encore plus contre moi. Je sentais l'arme sur mon visage, et avoir un engin de mort aussi près de moi me glaça autant que James lui-même.
Mais que cherchait-il au juste ? Tout ça dépassait la simple vengeance contre ma mère, contre Tanya ou contre Edward.
- Tu crois vraiment que je vais partir comme ça ? Demanda-t-il en jouant de sa main armée. Après toutes ces années tu crois vraiment que je vais me contenter d'un peu d'argent ?
- Prend ma vie … fais de moi ce que tu veux mais laisse les …, implora-t-il les mains écartées en signe de reddition. Laisse les partir …
Il parlait avec l'énergie du désespoir tentant de faire naître de la pitié chez ce sadique. Mais je savais que c'était peine perdue.
Il savait que si nous partions avec James, il pouvait nous arriver n'importe quoi. Je le savais et maman aussi sans doute.
Pour la première fois depuis un long moment, je me tournais vers ma mère et je vis l'unique larme couler le long de sa joue et tomber sur le sol après avoir quitté son menton.
Elle s'était relevée mais elle vacillait sur ses jambes.
Qu'était-elle capable de faire pour que nous nous en sortions toutes les deux indemnes ? Beaucoup sans doute.
Je sentis la poigne de James me relâcher et je fus enfin libérer de son emprise. Désireuse de sentir l'amour maternel, je ne demandais pas mon reste et me précipitais dans les bras de ma mère qui était tendus vers moi prête à m'accueillir.
Depuis combien de temps avais-je été privé d'une telle étreinte ? Depuis combien de temps n'avais-je pas eu un geste affectif de la part de ma mère ?
Depuis ma naissance, c'était nous deux. Ça avait toujours été le cas. Je l'avais juste oublié depuis quelques temps.
- Oh mais ta mort va venir bien assez tôt ne t'inquiète pas … D'abord je vais te faire souffrir … je vais m'occuper de ta chère Isabella et de ta jolie petite fille que je ne vais pas tuer bien entendu, rassure-toi. Son visage d'ange va me rapporter un paquet de pognon. Dans certains pays, on paye cher pour bénéficier d'une marchandise pareille … Paul va s'occuper de ton père et de tes frères alors que Victoria va se charger de ta mère et de ta sœur quand à aux mioches … je vais laisser se travail à Laurent …
Je me retournais d'un coup. Il ne pouvait pas faire ça.
Pas eux.
- Vous aviez promis … vous aviez promis de les laisser en paix …
Le rire mauvais me fit comprendre qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait. Il l'avait toujours su.
- Que tu me penses aussi idiot, jolie Kiara est très naïf de ta part … je n'épargne personne. Mais ne t'inquiète pas je n'ai pas prévu de les faire souffrir. Après tout ce n'est pas très marrant …
Je pouvais accepter qu'il s'en prenne à moi, à ma mère ou aux Cullen, mais pas les enfants.
- Si vous touchez à un seul cheveu de mes filles …
La menace de ma mère eut pour mérite de le faire rire encore plus. Ce son était vraiment crispant à mes oreilles et je vis rouge moi aussi.
Il ne pouvait pas faire ça. Il n'avait aucun droit de nous faire du mal. C'était ma famille. Ma mère, mes sœurs, mes grands-parents, mes cousins, mes oncles et mes tantes …
C'était ma famille.
- Enfoiré !
Me détachant de l'étreinte de ma mère, je me jetais littéralement en avant, sur James.
Guider seulement pas la haine et un esprit vengeresse, je m'élançais vers le meurtrier de ma mère, vers celui qui était entrain de détruire tout ce que j'avais.
Ma propre vie n'avait guère d'importance en cet instant.
Ayant l'effet de surprise de mon côté, je réussis à atteindre James de tout mon poids quand je le percutais, ce qui le fit trébucher et tombais sur le sol.
Mais bien entendu, je n'étais qu'une adolescente de 15 ans et il n'eut aucun mal à reprendre ses esprits seulement quelques secondes après. Il roula, me coinçant avec ses jambes.
Il attrapa mes bras et j'eus beau de me débattre rien y fit. Il se tenait à califourchon sur moi et ses mains emprisonnées mes poignets avec une force herculéenne.
Il aurait sans doute profité de la situation si un brusque coup de feu ne s'était pas fait entendre.
James releva soudain la tête d'un coup, desserrant sa prise.
J'en profitais pour faire appel au cours d'auto défense ou ma mère m'avait inscrite le jour de mes 13 ans, et me dégageait de son emprise par une rapide prise.
J'eus énormément de mal à me libérer car il pesait de tout son poids sur moi, mais je réussis à l'atteindre en l'attaquant à un endroit stratégique : ses bijoux de familles.
Je roulais sur le côté et me relevais d'un coup pour apercevoir à temps que le coup de feu venait d'un peu plus loin à l'endroit où se trouvaient les hommes Cullen. Emmett était entrain de se battre avec le baraqué et le combat était au corps à corps alors que Jasper et Carlisle tentait de maîtriser Laurent et Edward Victoria. Esmée et Alice étaient spectatrices de tout ça. Je n'eus guère le temps de m'y attarder car James était entrain de se relever et il avait une arme dans les mains.
Apparemment il avait réussis à la récupérer.
Consciente qu'il allait la braquer sur moi et que tout le monde allait stopper la rébellion, je fermais les yeux attendant le coup de feu mais il n'eut pas lieu.
Quand je rouvris les paupières, ce fut pour voir ma mère se jeter à son tour sur James.
Aro l'avait forcé tout comme moi à prendre des cours pour qu'elle sache se défendre et je voyais bien qu'elle tentait de mettre ça en pratique mais James était beaucoup plus fort qu'elle.
Quand je vis le sang jaillir, et James accroupit sur ma mère, lui donnant des coups comme si il tapait sur un punchingball, je tournais la tête autour de moi pour trouver n'importe quoi susceptible de m'aider.
Il allait la tuer en la frappant ainsi.
Mes yeux étaient brouillés par les larmes, entendant avec une netteté stupéfiante les coups que James portait sur ma mère. Essuyant rageusement mes yeux, je regardais frénétiquement autour de moi.
Quand je trouvais enfin quelque chose, je me précipitais sur une planche de bois aussi vite que je le pus et m'approchais vivement de l'endroit où se trouvait James et ma mère. Ne prenant même pas le temps de réfléchir, j'écrasais l'objet sur la face de minable de James Nomades qui s'écroula de tout son long sur le sol près de ma mère.
- Maman !
Lâchant l'arme de fortune, je me précipitais vers elle et l'attrapais par les épaules.
J'écartais ses cheveux de son visage et je pus constater sans mal les dégâts. Son visage était tuméfié, un de ses yeux était fermé, son nez saignait, son arcade également et sa bouche était fendue.
Quand je baissais mes yeux, je vis parfaitement qu'elle se tenait les côtes. Il lui en avait sans doute cassés une ou deux.
- Maman, ça va ?
- Oui … ne t'inquiète pas … ça va …
Je ne la croyais pas. Elle était en piteux état et je ne savais même pas ce qu'il fallait faire pour l'aider.
Il y eut un deuxième coup de feu et je vis parfaitement ledit Paul braquer le révolver sur Emmett et lui tirait dessus.
Le plus baraqué des hommes Cullen poussa un cri et je compris qu'il avait été touché. Je m'attendais presque à ce que son agresseur réplique une deuxième fois et reprenne le contrôle de la situation mais il n'en fut rien.
Au lieu de ça, il tourna les talons et se dirigea vers la porte du fond pour prendre la fuite, littéralement.
Je compris le pourquoi quand les sirènes de police et des lumières bleus et rouges emplirent la pièce.
Le soulagement m'arracha quelques larmes au moment où je compris qu'en effet tout irait bien.
- Il faut que j'aille ouvrir …
Maman avait besoin de soin. Elle devait aller à l'hôpital et Emmett aussi sans doute au vu de comment il se tenait la jambe, son bras n'avait pas l'air en meilleur état.
Victoria était allongée près d'Edward inconsciente et Felix était retenu par un Jasper concentré et surtout déterminé.
Mais nous étions vivants. Nous étions tous vivant. Je priai pour qu'il en soit de même pour les enfants et pour Rosalie.
Je lâchais maman et me levais mais je ne fis guère de pas.
Un frisson me remonta le long de l'échine et fit dresser les poils sur ma nuque.
Comme au ralentit, je me retournais doucement et plongeais dans deux abîmes noirs me fixant avec détermination.
Je baissais mon regard sur le canon de la même teinte braquait sur ma poitrine.
Cette fois, James ne jouait plus. Disparu le sourire joyeux et la mine réjouie, il savait qu'il avait perdu.
La porte derrière moi était entrain de céder. Ce n'était plus qu'une question de secondes.
James n'avait pas réussis à avoir ce qu'il voulait. Je ne serais pas une de ses putes de plus sur le trottoir. Il ne me violerait pas, ni moi, ni mes sœurs ni ma mère mais il tenait tout de même à accomplir une partie de sa vengeance.
Je déglutis et quand j'entendis les bruits assourdissants, je me préparais à l'impact.
Etonnant qu'à cet instant, j'entendis parfaitement le nombre de balles qui fut tiré par le révolver noir qu'il tenait dans ses mains. Quatre.
Quatre détonations résonnèrent dans l'entrepôt.
Je ne m'en sortirais pas.
Je priai en cet instant pour ma mère, pour mes sœurs et pour … mon père.
Je priai pour qu'ils ne me pleurent pas, du moins pas longtemps. Je ne voulais pas qu'ils se détruisent pendant des années comme maman l'avait fait avec sa famille et tous les gens qu'elle avait perdu.
Le doux visage de maman m'apparut et je soufflais un « je t'aime » lui avouant enfin ce que je ressentais depuis toujours. Elle était ma mère, elle le serait toujours, qu'importe ce qu'il s'était passé. Je l'aimais, comme une fille aimait sa mère.
J'aurais aimé lui dire que je lui pardonnais tout, absolument tout. La seule chose qu'elle avait voulu, c'était ma protection.
Sans elle, je ne serais pas devenue celle que j'étais, sans elle je ne serais pas Kiara Masen Voltury.
Je lui devais tout, j'aurais seulement aimé le lui dire.
Mes petites sœurs, si fragiles que j'avais repoussé durant des mois pour connaître une vérité qui n'avait en rien apaisé mon tourment.
Quatre balles.
Je me crispais attendant, mais la douleur à laquelle je m'étais attendue ne vint jamais.
Je rouvris les yeux à temps pour voir Edward écraser son point sur le visage de James qui ne l'avait apparemment pas vu venir.
Baissant les yeux sur ma poitrine, sur mon ventre, je tâtonnais avec mes mains pour prendre bien conscience que je n'avais rien. Il n'y avait pas de sang, pas de balle. Je n'avais pas été touchée.
J'hoquetais consciente que j'étais face à une incompréhension. James avait tiré, j'avais entendu l'arme.
Je relevais la tête soulagée. Je n'avais pas été touchée. Je n'avais rien. Mes sœurs, maman … elles ne souffriraient pas …
Et puis je vis.
- NON !
Mon cri perçant me parvint de très loin alors que je faillis tomber à genoux en comprenant pourquoi j'étais en parfaite santé en dehors des quelques égratignures sans importance sur mon visage.
Les balles ne m'avaient jamais atteint. Elles avaient été stoppées bien avant. J'étais saine et sauve.
- NON !
Je m'écroulais littéralement déchirée.
Mais pas ma mère … pas elle …
- Maman !
Rampant littéralement jusqu'à elle, je fus prise de nausées quand je vis le sang.
Tout le sang.
- Maman !
Je regardais frénétiquement autour de moi sans oser m'approcher dans un premier temps. Tellement de sang, il y avait tellement de sang. Je fis deux pas supplémentaires, et la soulevais finalement pour poser son dos contre moi et la serrais dans mes bras.
- Maman !
- Ki..a …ra …
- Maman je t'en prie … je t'en supplie … non je t'en prie … les secours vont arriver … ils vont te soigner … maman pitié !
Il y avait tellement de sang, trop de sang.
Je ne pouvais détacher mon regard du visage de ma mère. C'était comme si elle n'avait pas conscience qu'elle était blessée, et surtout qu'elle était entrain de mourir, là sous mes yeux.
Ses prunelles chocolat me regardaient doucement et elle souriait, d'un sourire que je ne lui avais vu que rarement ces dernières années.
- Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi maman ?
J'avais si mal, si mal.
Je le sentais. Elle était entrain de m'échapper, elle partait loin de moi et je ne pouvais rien faire pour l'empêcher. J'étais entrain de la perdre.
- Tu dois … vivre mon ange … je t'en supplie … tu dois aller bien …
- Toi aussi, maman ! Toi aussi. On ne peut pas vivre sans toi … nous avons besoin de toi … Charlotte, Lise et moi … on a besoin de toi …
Elle fut prise de toux et du sang s'échappa de sa bouche.
C'était horrible. Je ne savais pas quoi faire.
- A l'aide ! Me mis-je à crier les larmes coulant à flot le long de mes joues. Je vous en supplie aidez-moi !
Mes sanglots se mêlaient à tout ça alors que je continuais à regarder ma mère dont la vie s'échappait peu à peu de son corps. Je ne pouvais pas la perdre. Je n'avais qu'elle. Lise et Charlotte n'avaient qu'elle.
J'entendais les bruits de pas derrière moi, des détonations comme dans une zone de guerre, et moi au milieu tentant désespérément de garder ma mère avec moi.
- Maman, tu ne peux pas nous faire ça ... tu dois tenir … ils vont arriver ! AU SECOURS …
J'avais conscience de ne pas être entendu à travers le vacarme mais ma priorité était maman.
- Il faut que … tu prennes soin … d'elles … prend soin … d'elles … mon ange …promet le moi … promet moi que tu n'abandonneras jamais … Kiara … tu ne dois jamais abandonner ! Ni tes sœurs … ni toi … ne fais pas comme moi … vivez … vivez votre vie …
Elle aussi avait compris que son état était grave, très grave. Je n'avais pas l'impression qu'elle souffrait. C'était comme si elle était dans un état second et tentait de rester consciente malgré tout.
- Maman …
Elle plongea ses yeux dans les miens et je vis parfaitement l'amour qu'elle me portait. Je n'avais jamais été aussi certaine de ce que je représentais pour ma maman. Jamais auparavant, je n'avais pris la pleine mesure de son dévouement à mon égard.
- Promet … le … moi !
Que pouvais-je faire d'autre que d'hocher la tête et de lui accorder ce qu'elle me demandait.
- Je te le promets …
J'essuyais mon visage pour tenter de voir le visage de ma mère mais de nouvelles larmes me brouillèrent de nouveau la vue.
- Je t'aime Kiara … je t'aime … ma fille … ma vie …
Ses yeux chocolat dans les miens et sa main autour de la mienne, elle me faisait ses adieux. Elle abandonnait alors qu'elle me demandait de ne pas le faire.
Mon cœur saignait et mes sanglots étaient intarissables. Je ne pouvais pas la perdre, pas maintenant, jamais.
J'avais besoin d'elle.
- Bella …, murmura quelqu'un auprès de moi, complètement ravagé.
Je relevais la tête vers Edward qui s'était accroupi de l'autre côté de ma mère. Il avait l'air choqué et surtout terrorisé, ses larmes sans doute aussi abondantes que les miennes, se mélangeait au sang coulant de son arcade boursouflée et entaillée.
- Bella …
Je sentis sa main se poser sur les nôtres, enlacées. Ils se regardaient comme si s'était la dernière fois. Les yeux dans les yeux, ma mère et mon père se parlaient sans qu'un mot ne soit prononcé.
Je sentis soudain de l'agitation autour de nous et en tournant la tête, je vis Carlisle s'agenouiller près de ma mère et prendre la mesure des dégâts. A son expression, je compris que ce n'était pas bon.
Je vis ses lèvres bougées mais je ne saisis aucun mot.
Anesthésiée, je ne remarquais strictement rien.
Edward s'était détourné de maman et il semblait crier en faisant des gestes de la seule main qui lui restait. Je sentis quelqu'un me pousser en arrière et je fus éloigner m'obligeant à la lâcher.
Je ne fis aucun geste de résistance, alors que des bras s'enroulaient autour de moi me serrant. Je ne savais pas de qui il s'agissait, je m'en moquais royalement.
Maman fut bientôt entourée d'hommes en blouse blanche. L'aide que j'avais demandé était là. Ils étaient là et ils ne pouvaient que sauver ma maman. Carlisle restait près d'elle et il était entrain de s'activer. Ses gestes étaient précis, sa bouche semblait parler et donner des ordres.
Je ne voyais Edward nulle part, il avait disparu, mais je ne parvenais pas à détacher mon regard des boucles de ma mère qui était sur le sol.
Ses cheveux si long et si doux qu'elle adorait littéralement.
Je savais à quel point elle aimait les avoir long et pouvoir se coiffer comme elle le voulait. Je ne voyais rien d'autre d'elle alors que quelqu'un était entrain de me faire reculer.
Les bras me lâchèrent et quelqu'un d'autre m'attrapa.
Rien, je n'entendais et ne sentais plus rien.
- Kiara ! Kiara ! Kiara tu dois m'écouter … Kiara !
Une voix insistante me parvint soudain de très très loin. Une main me força à me détourner et je plongeais dans des prunelles émeraude en détresse aussi brisés que les miennes sans doute.
Durant un long moment je ne fis que l'observer comme je ne l'avais jamais fait auparavant.
- Ed .. dward ?
- C'est moi mon ange … c'est moi …
Lui aussi aimé maman. Il l'aimait et elle était entrain de nous échapper.
- Maman …
Je n'arrivais pas à reconnaître ma propre voix alors que je reportais mon attention sur maman.
Les sons me parvenaient de nouveau.
- Elle … ne … peut … pas …
- Non, elle ne peut pas …
Edward me serrait contre lui à m'en faire presque mal mais je m'en moquais. Je voulais avoir son étreinte autour de moi. Soudain il y eut de l'agitation. Carlisle au dessus de ma mère avait posé sa main sur sa poitrine sans doute pour arrêter une hémorragie, ou je ne sais quoi.
Les hommes en blouse blanche l'avait chargé sur un brancard. Ils étaient entrain de l'emmener.
Je voulais la suivre mais je fus stopper par Edward.
- On ne peut pas monter …
- Je ne peux pas la laisser toute seule … je n'ai pas le droit …
Elle n'était pas morte mais si elle s'en allait, je devais être avec elle. Je le devais et il n'allait pas me stopper. Je tentais de me dégager mais il me tenait fermement.
- Isabella !
L'appel me fit tourner la tête et je vis Aro débouler dans la pièce horrifié en posant ses yeux sur ma mère. Je suivis la direction de son regard, ce qui me permit de voir également le corps inerte de James Nomades. La marre de sang s'écoulant de son corps me fit comprendre que lui était mort. Il avait été abattu.
- Non, non pas elle !
Lui aussi aimait ma mère. Elle n'était que son associé au départ mais les années les avait fait devenir des amis. Leur relation était spéciale certes mais ils n'en restaient pas moins des amis tout de même.
Il se tourna vers moi et je vis un instant le bref soulagement quand il me vit debout puis de nouveau une expression d'horreur.
Je baissais les yeux et je vis le sang qui me recouvrait.
Celui de ma mère.
- Ce n'est pas le mien … ce n'est pas le mien !
Sans que je m'y attende, Aro s'approcha de moi et me serra contre lui. Ne l'ayant jamais fait auparavant, je fus d'autant plus surprise qu'il semblait vraiment heureux que je n'ai rien mais tétanisé comme moi par le sort de ma mère.
- Vos petites sœurs vont bien … elles sont saines et sauves …
Comprendre que Charlotte et Lise mais aussi les Cullen allaient bien me retira un poids mais je reportais mon attention sur l'ambulance qui était entrain de partir avec à son bord ma mère qui était entre la vie et la mort.
- Maman …
- Venez …
Je suivis Aro, Edward sur les talons.
Nous sortîmes de l'entrepôt pour nous retrouver dans la petite ruelle adjacente, qui était bondé. Apparemment Aro avait mobilisé bon nombre de personne afin de nous retrouver.
Il nous entraina jusque sur le quai ou se trouvait l'Audi de ma mère.
Il monta derrière le volant et je m'installais à l'arrière alors qu'Edward prenait place à l'arrière.
Visiblement peu désireux de respecter les limitations de vitesse, je sentis la voiture bondir d'un seul coup quand elle fut lancée à pleine puissance sur la route.
Je restais les yeux rivés sur le paysage qui défilait à toute allure devant moi.
Je devais me raccrocher à l'idée que pour l'instant ma mère était encore vivante.
Elle vivait et elle était assez forte pour s'en sortir.
Elle le devait. Non seulement pour moi mais aussi pour Lise et Charlotte. Nous étions toutes les trois autour d'elle.
On avait besoin d'elle. J'avais besoin d'elle.
Autant dire que j'attends avec impatience vos avis ! ^^
Voilà Bella en très mauvaise posture !
Pour le prochain chapitre, la réaction d'Edward, celle des filles, et surtout une question : Bella va-t-elle s'en sortir ?
A la semaine prochaine !
