Chapitre 42 : L'attente …
Bonsoir tout le monde !
Et oui vous ne rêvez pas pour une fois je ne poste pas si tard que ça ^^
Comme d'ordinaire ma semaine s'est bousculée et nous sommes déjà dimanche ! Je n'ai pas répondu encore à tout le monde mais j'ai lu vos reviews pour le dernier chapitre et je tiens à souhaiter la bienvenue à celles qui viennent d'arriver ) Pour certaine vous avez lu « il n'y a pas d'âge » et je suis vraiment très heureuse de vous retrouver !
Un grand merci comme toujours à toutes celles qui continuent de m'encourager à chaque fois !
Nous quittions Bella en mauvaise posture dans le dernier chapitre … je vous laisse lire la suite que vous devez attendre impatiemment je l'espère !
On se retrouve en bas !
Chapitre 42 : L'attente …
PDV Edward
Avec la vitesse d'Aro, nous parvînmes à l'hôpital en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Il se gara devant le bâtiment des urgences, faisant fit du panneau « interdit de stationner et de s'arrêter ».
C'est à trois que nous déboulâmes dans le hall relativement vide en cette fin de soirée.
- Venez ! S'exclama Aro en désignant dans un même mouvement un bureau ou se trouvait deux femmes en blouse blanche.
Elles s'étaient retournées vers nous à notre entrée fracassante. Ni nos visages contusionnés, ni nos vêtements en piteux état, ne leur échappèrent.
- Nous sommes là pour une jeune femme qui vient d'arriver, des blessures par balle … Isabella Voltury ! Leur lança Aro dont la voix semblait tremblante.
Il n'était pas dans un meilleur état que nous me prouvant à quel point lui aussi tenait à elle. Aro était maître de lui en toute circonstance or à cet instant il avait vraiment l'air vulnérable, pour la première fois depuis que je l'avais rencontré des mois auparavant.
Mon dieu Bella !
- Monsieur calmez-vous … vous êtes dans un hôpital ! Lui lança durement l'infirmière me faisant penser qu'elle ne savait vraiment pas à qui elle était entrain de s'adresser.
Avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit à cette femme, je fus pousser en arrière sèchement et une adolescente furibonde me passa devant pour se planter devant l'infirmière ébahie, les poings serrés.
- On vous a posé une question ! Je suis Kiara Masen Voltury, vous savez la fille de la Présidente Directrice Générale de la Voltury Compagny. Ma mère vient d'être emmené ici et son état est critique, j'exige de savoir sur le champ où elle est ! Je me moque comme d'une guigne de vos excuses débiles !
Le ton de l'adolescente était tellement dur qu'aucun de ses mots n'admettaient de répliques. Certes l'infirmière ne faisait que son travail, mais Kiara était tellement inquiète et terrifiée qu'elle ne se rendait pas compte que la jeune femme n'y était pour rien.
Bien entendu, les deux femmes ne semblèrent guères heureuses de la façon dont Kiara s'était adressée à elles. Elle pouvait passer pour une gosse de riche croyant que le monde lui était du. Mais loin de profiter de tout ça, Kiara voulait simplement connaître l'état de santé de Bella, tout comme Aro et moi. Peut-importe la méthode pour y arriver.
Kiara n'était pas une gosse de riche qui pensait avoir le monde à ses pieds. Elle était la simplicité incarnée.
En vraie professionnelle, l'infirmière à laquelle Kiara s'en était prise ne perdit pas son calme un seul instant, et on pouvait l'admirer pour ça.
Elle gratifia l'adolescente d'un regard compréhensif.
- Ecoutez, nous venons effectivement de prendre en charge une jeune femme blessée par balle, les médecins l'ont emmené en salle d'opération … ils viendront vous voir dès qu'ils en sauront plus … mais pour le moment je vais vous demander de prendre un siège et d'attendre … je ne peux rien vous dire de plus …
J'entendis parfaitement le sanglot que réprima Kiara, alors qu'un frisson la prit de la tête au pied.
Dans un besoin viscéral de la protéger, je ne pus qu'enrouler mes bras autour de son corps frêle. Elle semblait si fragile. Par chance et pour me réchauffer le cœur également, elle ne me repoussa pas.
- Ecoutez … vous semblez blesser … dit-elle en s'adressant à Kiara et moi. Venez … nous allons vous soigner …
Quand l'infirmière s'approcha de Kiara, cette dernière fit un bon en arrière me heurtant de plein fouet me faisant remarquer pour la première fois que j'avais mal aux côtes. Apparemment j'avais été touché. Je ne pus m'empêcher de porter ma main sur mon flanc droit.
- Je me moque d'être soigner … je veux savoir comment va ma mère !
Le cri de désespoir de Kiara faisant parfaitement écho à ma propre souffrance de ne pas savoir comment allait Bella.
J'étais juste entrain de vivre un cauchemar.
- Edward … Kiara … allez-vous faire soigner … regardez-vous … vous en avez tous les deux besoins … on ne peut rien savoir tant qu'Isabella se trouve en salle d'opération …
Les mots d'Aro m'atteignirent et je compris qu'il avait raison, bien entendu. Il était le plus raisonnable de nous trois. Sans compter que je devais trouver ma mère également.
L'état de santé de Bella ne m'avait pas fait oublier le sort de ma famille, et celui des enfants.
Avant de monter avec Aro dans l'Audi de Bella, Esmée m'avait ordonné de suivre Kiara. Elle avait affirmé que je n'avais pas à m'inquiéter pour eux, qu'ils arrivaient et que ma priorité pour le moment était Bella et Kiara bien entendu. Je savais que mon frère était blessé mais il était conscient, je l'avais vu avant de partir.
Ma famille devait se trouver dans cet hôpital également, sans parler des enfants, de mes nièces, mes neveux, Charlotte et Lise.
Les filles devaient être mortes de peur de se retrouver seules, sans leur maman et sans leur grande sœur. Mais au vu de nos états, se présenter ainsi devant elles pourraient leur faire plus de mal que de bien. Le sang recouvrant les vêtements de Kiara, ses bras et son visage appartenait à Bella. Comment l'adolescente allait-elle pouvoir expliquer ça à ses sœurs ?
Kiara finit par comprendre qu'elle devait elle aussi se faire soigner et elle suivit une femme faisant apparemment parti du corps médicale, peut-être une aide-soignante.
1 heure. C'est le temps qu'il leur fallut pour conclure que j'avais une côte fêlée, plusieurs bleus assez vilains sur le torse et un sur la cuisse et des points sur l'arcade sourcilière. Avant de monter à l'étage ou apparemment il était nécessaire que je fasse une radio pour savoir si j'avais autre chose de non repérable par le toucher, je demandais à l'infirmière qui accompagnait celle que l'adolescente avait engueulé à notre entrée, et qui s'appelait Kate, si elle avait des nouvelles de ma famille.
Esmée, Alice, Rosalie et les enfants étaient dans la salle d'attente alors que Jasper et Emmett étaient comme moi entrain de se faire soigner.
Apparemment il s'agissait juste d'une formalité pour le premier mais mon frère lui était en salle d'opération. Il avait reçu une balle dans la jambe et une autre avait effleuré son bras, provoquant une profonde entaille.
Ces jours, ni même sa jambe ou son bras, n'étaient en danger et j'en fus extrêmement soulagé. Si on pouvait appeler ça de la chance, il en avait quand même eut, plus que Bella et j'en étais vraiment heureux et soulagé pour lui, pour nous.
Quand je passais la porte des urgences avec un tout nouveau pansement sur l'arcade et ficelé comme une momie par une bande autour de mon torse, la première personne que je vis, ce fut ma mère.
Elle se leva quand elle m'aperçut à son tour, tournant la tête à mon entrée.
Littéralement à bout de force, je restais planté là, dans les yeux si doux qui m'avaient toujours rassurés. En voyant ma profonde détresse que j'exprimais enfin, elle se précipita vers moi et me serra contre elle. Je pus noter avant qu'elle ne s'enroule autour de moi, qu'elle allait bien. Ma mère allait bien.
- Ca va aller Edward, je te le jure que ça va aller !
La ferveur de ses mots me rappela mon enfance. A la mort de mon grand-père maternelle, j'étais anéanti. J'avais 14 ans et je venais de perdre l'un des repères de ma vie. Il était ce papy gâteau que chaque enfant rêve d'avoir, cet homme généreux qui m'avait donné tellement d'amour.
Le jour de son enterrement, Esmée m'avait dit les mêmes mots d'une voix brisée par la perte de son père. Et elle avait eu raison.
Nous ne l'avions jamais oublié mais nous avions continué à vivre notamment pour lui.
Mais aujourd'hui cette phrase n'avait pas le même sens. Elle me faisait une promesse en l'air nous le savions tous les deux.
Elle n'avait pas de prise sur la vie de Bella. Elle ne pouvait rien faire. Mon père en revanche avait les armes pour la sauver.
Je savais qu'il était entrain de se battre pour qu'elle reste en vie.
Je sais qu'il préférerait sans aucun doute être avec sa famille, avec ma mère avec mes frères blessés eux aussi, mais il était là-bas dans cette salle d'opération, faisant ce pour quoi il avait consacré une partie de sa vie. Il essayait de sauver Bella, il tenait sa vie entre ses mains.
L'énormité de la situation me frappa d'un coup et ma respiration se bloqua.
- Ma … man … !
L'appel eut du mal à franchir mes lèvres alors que ma mère m'attirait à elle.
Je posais ma tête contre son épaule et je laissais échapper quelques larmes, incapable de me retenir.
Bella, c'était Bella allongée sur le billard, criblée de balles, tirées par un sadique qui voulait violer Kiara. Bella était forte mais j'ignorais si elle l'était suffisamment pour survivre à ça.
Je sentis ma mère m'entrainer avec elle et je fus ensuite pousser en arrière sur un siège de plastique, dont la dureté me fit gémir de douleur.
Conscient que si je craquais maintenant, je ne pourrais sans doute plus m'arrêter, je tentais par tous les moyens de me reprendre en papillonnant des yeux. Il me fallut un moment pour combattre le sanglot irrépressible qui montait en moi.
Quand je relevais enfin la tête du cou de ma mère qui ne cessait de me caresser les cheveux pour m'apaiser, j'aperçus mon petit lutin de sœur, les traits tirés mais un sourire sur les lèvres.
- Je suis tellement désolé, Lili … si tu savais …
- Ce que tu peux être idiot ! Me lança-t-elle à travers son visage elle aussi strié de larmes. Tu n'y es strictement pour rien !
Elle enroula ses bras autour de moi et je me serrais contre ma petite sœur, comme nous le faisions quand nous étions plus jeunes et que l'un de nous avait besoin de réconfort. Je sentis une main sur mes cheveux et quand je relevais la tête, je vis le doux sourire de Rosalie.
- On est avec toi Edward … on le sera toujours …
Emu par les mots de ma belle-sœur, j'ouvris un de mes bras pour l'enlacer elle aussi. C'est un coup sur ma cuisse qui me fit relever la tête, Jade et Seth s'étaient joint à nous pour cette étreinte familiale.
J'eus du mal à réprimer mes larmes quand je constatais la fatigue qui se lisait clairement sur leurs petits visages. La terreur récemment éprouvée avait fait quelques dégâts sur eux et mon sentiment de culpabilité revint. Je me doutais que si Alice, Rosalie ou Esmée prenait conscience de mes pensées elles me fusilleraient du regard mais je ne pouvais pas faire taire mon cerveau la dessus.
Sans moi et mes erreurs passées, James Nomades n'aurait pas attaqué ma famille, les enfants n'auraient pas à vivre avec ce traumatisme et surtout mon frère n'aurait pas été blessé.
Je papillonnais de nouveau des yeux avant de m'écarter de ma famille et de me lever.
Je devais me ressaisir avant que Kiara ne revienne. Je devais être fort.
Au même moment, j'aperçus Charlotte et Lise en retrait, installées plusieurs sièges derrière nous. Elles étaient blottis l'une contre l'autre, et me regardaient avec des larmes dans les yeux.
Elles semblaient si seules et surtout encore terrorisés par toute cette histoire.
Charlotte protégée sa jeune sœur, en la serrant contre elle. Elle me regardait avec des larmes dans les yeux, ne sachant pas visiblement qu'elle attitude adoptée.
Aro, près d'elles, ne semblaient pas savoir comment s'en sortir. Marcus qui était arrivé entre temps, se trouvait près de son frère et il semblait aussi inquiet que lui.
Les deux frères avaient tenté de consoler les enfants mais visiblement elles étaient sourdes des propos des associés de leur mère. Aro tourna la tête vers moi sentant sans doute mon regard, et ses prunelles me fixèrent un long moment, insondable comme si il était entrain de me jauger mais au même moment Kiara poussa la porte des urgences entrant dans la salle d'attente ou nous nous trouvions.
- Kiara !
Les cris mêlés de Charlotte et Lise, résonna un long moment dans la pièce silencieuse jusque-là.
Les deux fillettes se précipitèrent vers leur sœur qui les accueillie à bras ouvert, accroupie sur le sol. Heureusement, quelqu'un avait eu la présence d'esprit de lui donner une blouse simple en coton gris et un pantalon assortit permettant aux enfants de ne pas être choqués par le sang.
Il ne me fut pas difficile d'apercevoir les bandages autour des poignets de l'adolescente, ainsi que les pansements sur son visage.
- Maman ? Ou est maman ? Demanda Lise, agitée.
L'adolescente releva la tête et sembla regarder autour d'elle comme si elle cherchait quelque chose, ou quelqu'un. Quand son regard croisa le mien, je vis une larme couler le long de sa joue.
Sentant son désarroi, je m'approchais dans le champ de vision des fillettes.
Lise et Charlotte m'aperçurent alors que je m'agenouillais près de Kiara.
- Les filles … votre maman a été … blessée … quand vous êtes partie … alors les médecins sont entrain de la soigner pour qu'elle aille mieux.
- Elle va aller au pays des anges ? Comme notre papa ?
Le visage de poupée plein de désarroi de Lise, me brisa le cœur et j'eus du mal à me reprendre. Comment pouvais-je lui affirmer que sa maman serait bientôt de retour alors que personne ne le savait ?
Dans ma tête, Bella ne pouvait pas mourir. Un monde sans elle, ne serait pas un monde, ce serait juste un enfer pour moi. Une femme aussi forte, aussi pleine de vie ne pouvait pas s'éteindre ainsi. Elle ne pouvait pas laisser ses enfants seuls alors qu'ils avaient encore besoin d'elle.
Quand je regardais Lise, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que Bella avait à peine un an de plus qu'elle quand elle s'était retrouvée orpheline.
Elle non plus n'avait rien demandé à personne et pourtant le malheur l'avait frappé sans pitié.
Bella ne pouvait pas faire vivre à ses filles ce qu'elle-même avait vécu.
Mais à l'heure actuelle, je ne pouvais pas mentir aux enfants en affirmant que tout irait bien. Je ne pouvais pas leur faire de faux-espoir.
- Je ne sais pas Lise … mais ta maman est forte. Votre maman est une battante et je sais qu'elle va tout faire pour rester avec vous.
Leurs yeux se remplirent d'eau au fur et à mesure qu'elles comprenaient que la situation était grave.
Mais personne ne pouvait leur cacher la vérité, ce n'était pas bien.
- Je veux pas que maman parte ! Je veux pas !
Lise éclata en sanglot et je l'attrapais pour la serrer contre moi lui faisant sentir que j'étais là.
Certes je n'étais pas celui qu'elle voulait, ou plutôt celle, mais je tenais à leur faire comprendre qu'elles n'étaient pas seules pour autant.
Je me relevais avec Lise dans les bras alors que Kiara avait les yeux dans le vide. Charlotte elle ne semblait pas en meilleur état.
Il était plus de deux heures du matin. Les fillettes étaient épuisées. Elles devaient se reposer loin de tout ça. Attendre ici, ne ferait qu'ajouter à leur stress.
Sans compter que ce n'était pas un endroit pour des enfants.
Je ne pouvais pas demander à une des femmes de ma famille de prendre les enfants pour les mettre en sureté. Leurs maris respectifs étaient entrain de se faire ausculter et opérer dans cet hôpital.
Au moment où je pensais ça, Jasper fit son apparition, tout aussi épuisé que nous autres.
Il m'adressa un signe de tête et se dirigea vers sa femme pour la prendre dans ses bras avant de prendre Lena endormie dans son maxi-cosy aux pieds d'Alice.
Il étreignit Esmée puis sa sœur.
- Edward ? Appela soudain Rosalie. Les enfants … ils ne peuvent pas rester ici.
- J'y ai pensé … soufflai-je incertain de ce que je pouvais demander ou non.
Mais chanceux, la nature intuitive d'Alice apparut au bon moment et elle me lança un sourire. Pâle par rapport à ceux qu'elle arborait d'ordinaire mais au moins il avait le mérite d'être là.
- Nous allons les emmener. J'ai vu qu'il y avait un hôtel juste à côté … ils doivent se reposer après ce qu'ils ont vécu …
J'hochais la tête dans leur direction.
- Tu es d'accord Kiara ?
- Pour elles oui … moi je reste ici !
Son ton n'admettait pas de réponse. Elle entendait bien rester coûte que coûte.
Conscient que je n'avais rien à dire sur le sujet et que de toute façon, je ferais pareil qu'elle, je m'adressais aux fillettes aussi doucement et calmement que possible.
- Les filles … ma sœur Alice va vous emmener avec Seth, Liam et Jade … pour que vous puissiez faire dodo …
- Non ! Me coupa Charlotte, horrifiée à l'idée. On peut pas laisser maman !
- Charlotte, tu tombes de fatigues et regarde Lise …
La fillette se retourna vers sa grande sœur comme pour lui demander son aide mais Kiara s'accroupit devant elle.
- Cha … je reste ici. Je ne quitte pas maman une seule seconde … mais vous vous avez besoin de dormir … fais ça pour moi, s'il te plait ma puce …
Une larme coula le long de la joue de l'enfant alors que Lise relevait la tête de mon cou pour nous observer à tour de rôle avec son visage juvénile.
- D'accord …
Elle avait l'air tellement triste, tellement au bout du rouleau.
Sentant mon désarroi, Alice s'approcha de nous et de sa voix douce, essaya de convaincre les enfants de venir avec elle et Jasper.
- Vous vous rappelez de moi ? Leur demande-t-elle avec un sourire rassurant. Mon mari Jasper, et Lena mon bébé, nous allons allez dans un autre endroit pour pouvoir dormir. Seth, Jade et Liam vont venir avec nous … C'est juste pour le reste de la nuit … dès que vous le voudrez on reviendra ici …
- Et s'il arrive quelque chose à maman ? Demanda Lise en retenant avec mal un sanglot. J'essuyais ses larmes avec ma main mais elle était trop fatiguée pour se contrôler encore.
- Il ne lui arrivera rien.
La ferveur de Kiara empêcha sa sœur de répliquer quoi que ce soit.
Alice tendit ses bras vers Lise, qui accepta de se laisser porter par ma sœur. Charlotte suivit le mouvement en attrapant sa main alors que Jasper porté Lena dans ses bras. Ma mère les accompagnait afin de les aider à coucher les enfants. Elle reviendrait dès qu'il serait tous endormis.
Après le départ de tout le monde, je me retrouvais avec Rosalie, Kiara, Aro et Marcus.
L'attente commença alors.
Ma mère revint après une heure et son petit sourire mélancolique, me démontra que tout s'était bien passé. Les fillettes étaient enfin endormies bien profondément, permettant ainsi que je me détende au moins sur ce point.
La grande horloge située sur un des murs blancs de la pièce, rythmait le temps et j'avais presque l'impression de me balancer en cadence avec le bruit de l'aiguille.
Quand les petites lueurs de l'aube éclairèrent la salle, une infirmière entra dans la pièce et nous regarda à tour de rôle.
- Vous êtes la famille d'Emmett Cullen ?
Ma belle-sœur se leva de son siège et se précipita presque sur la jeune femme en même temps que ma mère.
- Monsieur Cullen est sorti du bloc, il est en salle de réveil. Tout s'est bien passé.
Le soupir de soulagement d'Esmée et de Rosalie dut parfaitement audible et j'en étais heureux.
Ma famille allait bien. De ce point de vu, je n'avais plus à m'inquiéter.
- Nous pouvons le voir ? Demanda la belle blonde pleine d'espoir.
- Quelques minutes seulement … il doit se reposer …
Ma mère se tourna vers moi et hocha la tête dans ma direction pour me rassurer avant de quitter la pièce avec ma belle-sœur.
- Je suis contente … que … la famille aille bien …
La petite voix enrouée de Kiara venait de retentir pour la première fois depuis des heures.
Quand je me tournais vers elle, la première chose qui me frappa, se fut ses cernes violets démontrant assez la fatigue qu'elle éprouvait.
Je ne pus m'empêcher de tendre le bras pour l'enrouler autour de ses épaules et ainsi la serrer contre moi. A mon grand étonnement, elle se laissa faire et je pus pour la première fois serrer contre moi celle qui était devenue mon enfant en seulement quelques heures.
J'avais encore du mal à comprendre les implications de cette nouvelle révélation, ni même à me faire à cette idée et pour être honnête je n'y avais pas vraiment réfléchit pour l'instant, mon attention étant pour l'instant axée sur la survie de Bella. Mais j'étais heureux de ma paternité, coupable de tous ce que j'avais raté mais heureux.
- J'ai l'impression d'être passée dans une machine à laver … c'est comme si … je venais de prendre 20 ans en une seule journée …
- Ta mère va s'en sortir … elle ne peut pas … il ne peut tout simplement pas en être autrement …
Elle releva la tête vers moi et je vis ses yeux se remplirent de larmes.
- Elles étaient pour moi … ses balles … elles auraient dû me tuer moi …
La simple idée me retourna l'estomac.
- Kiara je t'interdis de penser une chose pareille ! Bella ne va pas mourir … et toi non plus d'ailleurs … ta mère … oui elle t'a sauvé mais … elle vient juste de te prouver à quel point elle t'aime, elle n'a même pas réfléchit une seconde. Tu ne l'as pas vu mais moi oui. Quand elle a compris que James allait tirer sur toi, elle s'est jetée devant leur trajectoire. Tu ne dois pas te sentir coupable pour la décision de ce taré de James … ou de celle de Bella … tu n'y es pour rien !
Elle hocha mais je voyais bien qu'elle n'était pas convaincue. De toute façon, je doutais qu'elle croit quoi que ce soit tant que Bella ne serait pas sorti d'affaire et ne le lui dirait pas elle-même.
Kiara baissa son regard sur ses mains, se concentrant sur ses doigts serrés les uns contre les autres.
- J'ai compris la haine de ma mère … j'ai compris pourquoi elle pensait qu'elle devait vous faire payer …
- Je ne le savais pas Kiara … à aucun moment je n'ai soupçonné la vérité ...
Elle secoua la tête comme si tenir en place représentait un trop gros effort. Le tumulte de sentiments qui la traversait sans doute était trop intense pour qu'elle arrive à penser de façon cohérente.
J'avais tant de peine pour elle, et pour moi.
Je ne la connaissais pas. Cette adolescente était ma fille, j'étais l'auteur de ses jours et pourtant je ne la connaissais pas.
- Je le sais … et elle aussi je crois … cette histoire … elle est horrible. J'ignore comment réagir …je n'arrive pas à réfléchir … je n'arrive pas … à l'envisager.
Je hochai la tête. Je comprenais, bien sûr que je comprenais. J'étais exactement dans le même état d'esprit qu'elle.
- Ecoute … pour le moment, je crois que nous avons tous les deux besoins de nous concentrer sur Bella … elle a besoin de toi et de tes sœurs et moi … j'ai besoin de la savoir en vie … j'ai besoin d'être ici. Nous avons tout le temps pour parler de ça … avec Bella, avec ta mère.
Au moment où elle acquiesça, Kate, l'infirmière qui m'avait soigné passa la tête dans la pièce où nous nous trouvions.
Quand elle nous vit, elle s'avança vers nous.
- Vous êtes de la famille de Madame Voltury ?
Kiara fut la première à se remettre sur ses pieds et à faire face à l'infirmière.
- Comment va ma mère ?
- Elle est toujours en salle d'opération … je ne vais pas vous mentir … son état est grave. Votre mère a perdu énormément de sang et a fait un arrêt cardiaque sur la table.
- Mais elle va s'en sortir … hein ? Demanda Kiara la voix brisée par les larmes qu'elle ne pouvait contenir.
Je vis une main se poser sur l'épaule de l'adolescente et je compris un peu tard qu'il s'agissait d'Aro qui tentait de soutenir la jeune fille.
- Nous l'ignorons, mademoiselle ... le docteur Cullen doit finir de l'opérer et surtout les prochaines 24 heures seront décisives … nous en saurons plus à ce moment-là …
Kiara poussa un cri et se plia en deux sous l'effet de la douleur qui la traversa en entendant ses paroles peu optimistes. Comme un écho amplifié, je ressentis toute la peur et la terreur qu'éprouva la jeune fille au moment où Kate lui faisait comprendre que sa mère était peut-être toujours en vie à l'heure actuelle mais rien ne disait qu'elle le serait encore dans deux heures ou à la fin de la nuit. Pour l'instant, la seule chose que nous pouvions faire, c'était attendre.
- Ecoutez, votre mère est une battante, croyez-moi, peu de personnes serait arrivés jusqu'ici en vie ... le docteur Cullen fait tout ce qui est en son pouvoir pour la sauver et il ne lâchera rien … vous ne devez pas perdre espoir … ayez confiance en eux …
Kate nous lança un sourire bienveillant et tourna les talons nous laissant digérer l'information qu'elle venait de nous apporter.
Les sanglots de Kiara emplirent la pièce mais au moment où nous tentâmes de nous approcher d'elle, elle recula vivement refusant le contact.
Elle partit en courant vers la sortie. Mon premier réflexe fut de m'élancer après elle mais une main s'enroula autour de mon bras m'empêchant de bouger.
- Laissez-là … elle a besoin d'être seule …
- Mais …
- Aro a raison, me coupa Marcus avec un regard compréhensif, vous ne l'aiderez pas en partant à sa recherche. Kiara est quelqu'un d'assez solitaire. Elle a besoin d'un moment, seule pour pouvoir faire le point avec elle-même.
J'allais pour lui répondre mais je fus coupé par deux hommes à l'allure de cow-boy, qui pénétraient dans la salle des urgences, un des deux porté un uniforme de flic alors que l'autre était habillé en civil.
Je poussais un soupir guère heureux de les voir débarquer ici. Je me doutais qu'ils finiraient par venir mais je m'attendais à ce qu'il respecte au moins le fait que Bella était sur une table d'opération entrain de se battre contre la mort.
Je n'avais aucune envie de répondre à leurs questions, aucune envie de savoir ce qui s'était passé après notre départ.
James était mort, abattu par les hommes cagoulés quand il avait tiré sur Bella, c'était la seule chose qui importait.
- Messieurs Philips, Monsieur Cullen, je suis l'Inspecteur Barnes. Je suis l'agent responsable de l'enquête concernant James Nomades … j'ai besoin que vous répondiez à quelques questions …
- Ecoutez je comprends que vous vouliez parler de ce qui s'est passé dans cet entrepôt mais … je ne peux pas quitter l'hôpital … je ne peux tout simplement pas …
- Je comprends et je ne vous le demande pas, peut-être pourrions-nous nous mettre un peu à l'écart … je ne vous importunerai pas plus que nécessaire, ne vous en faîtes pas …
Conscient que je n'avais guère le choix, je le suivis.
Les questions furent multiples et surtout le temps me parut très très long jusqu'à ce que je puisse rejoindre la salle des urgences. Ils avaient de multiples interrogations. Ils voulaient tous savoir notamment la raison pour laquelle James en voulait tellement à Bella.
En dehors de Tanya et de sa folie, j'ignorais toujours pourquoi il l'avait pris ainsi pour cible. L'inspecteur Barnes ne semblait pas saisir la raison pour laquelle il s'en serait pris à Bella alors qu'il devait se douter que les choses ne pouvaient que mal finir. En y réfléchissant bien, il n'avait pas tout à fait tort.
En cherchant vengeance auprès de Bella, il devait se douter qu'il se conduisait à sa propre perte et d'ailleurs le futur l'avait prouvé mais alors pour qu'elle autre raison prendre de tels risques ? Les flics étaient sur la même longueur d'onde que moi.
C'est la tête pleine de question que je rejoignis la salle des urgences où Aro et Marcus n'avaient pas bougé. Kiara était revenue et s'était rassise sur sa chaise en plastique les yeux dans le vide, attendant sans bouger. Elle avait l'air si mal en point, si fragile.
J'aurais voulu la forcer à aller s'allonger mais je ne pouvais rien faire. Elle ne me le permettrait pas.
Je n'étais rien. Je n'avais aucun droit et je ne pouvais pas prendre le risque de la braquer contre moi.
Ma mère entra au même moment que moi et dès qu'elle me vit elle s'approcha.
- Tu tiens le coup mon poussin ?
Je haussais les épaules lui faisant comprendre que je ne tenais pas vraiment à parler de mon état actuel.
- Comment va Emmett ?
- Il va bien. Rosalie est restée avec lui. Alice m'a appelé, je vais aller les rejoindre pour les aider avec les enfants. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de les emmener ici … ce n'est pas un endroit pour les eux. Quand à Lise et Charlotte … elles ne peuvent pas voir leur sœur dans cet état. La petite tient à peine debout et elle fait peine à voir. Les enfants sauront que quelque chose ne vas pas …
- Elles le savent déjà …
- Je sais mais … tant que … enfin tant qu'Isabella est en salle d'opération ... il vaut mieux tenter de les préserver … je vais m'en occuper. Avec Alice et Jasper, nous allons les emmener quelque part pour leur changer les idées, peut-être un zoo, ou quelque chose. Je les emmènerais en fin de journée. C'est mieux comme ça …
- Et si l'une d'elles comprend et ne veux pas ?
J'avais du mal à croire que Charlotte se laisse faire si facilement. Elle savait que sa mère était mal, elle l'avait parfaitement compris.
- Je te la rapporterais … mais essayons d'abord. Je t'appelle au moindre souci.
J'hochais la tête d'accord avec le plan de ma mère qui me serra contre elle avant de s'éclipser.
- Votre mère a eu raison … ce n'est pas un endroit pour Lise et Charlotte …
Je me tournais vers Aro qui se trouvait juste derrière moi.
- Elle fera ce qu'il faut pour tenter de les préserver.
Il secoua la tête en signe d'assentiment et se tourna vers Kiara.
- Je crois qu'elles ne sont pas les seules à avoir besoin de souffler.
- Comment voulez-vous que je parvienne à l'éloigner d'ici ?
- Vous êtes son père biologique non ?
Je le tournais choqué vers lui, la bouche grande ouverte. Jamais je ne m'étais attendu à ce qu'il sache.
Il m'adressa un sourire qui n'avait rien de joyeux. Il semblait plutôt mélancolique et surtout nostalgique face à la situation.
- Comment suis-je au courant ? Je connais assez Isabella pour savoir quand elle ment et quand elle est parfaitement honnête. Je sais depuis un long moment que Kiara n'est pas sa fille biologique. Quand votre lien avec Tanya a été établit, il ne m'a pas fallu longtemps pour deviner que vous étiez le père de cette enfant. Je suis un homme assez perspicace …
Je restai un moment muet face à ces nouvelles révélations. L'avantage c'est que je n'avais pas besoin de le mettre au courant ni de faire attention à mes paroles. J'ignorai ce que Bella voulait que l'on fasse maintenant, ni même Kiara d'ailleurs. J'étais un père fantôme pour l'instant, ou tout du moins un simple géniteur, rien de plus. Je ne méritais surement pas le titre de père.
- Et vous n'êtes pas entrain de préparer une injonction pour m'interdire d'approcher Bella ou Kiara ?
Il me regarda très surpris par mes paroles. Visiblement il ne s'était pas attendu à ce genre de remarque de ma part.
- Pourquoi ferais-je une chose pareille ?
- Parce que vous avez toujours été contre une relation entre Bella et moi. J'imagine que mon nouveau lien de parenté ne vous enchante guère !
Il eut un rire mais qu'il sembla vite maitriser en se souvenant de l'endroit et surtout de la situation dans laquelle nous nous trouvions.
- Vous me connaissez bien mal Edward … j'aime Isabella, je ferais beaucoup pour elle. Et comme tout ami j'ai son bonheur à cœur et celui de ses enfants. J'ai toujours tenté de la préserver même du temps ou Dimitri était encore parmi nous. Isabella est quelqu'un d'unique. Elle a tellement souffert et ça continu … la preuve aujourd'hui. Je ne voulais tout simplement pas qui lui arrive encore quelque chose. Le futur n'a-t-il d'ailleurs pas prouvé mes dires ?
Il avait raison bien sûr mais je n'allais pas lui faire le plaisir de l'admettre devant lui. Il sembla le comprendre parce que de nouveau il eut un soupçon de rire, vite réprimé.
- Vous êtes quelqu'un de bien. Je l'ai su dès l'instant ou je vous ai rencontré. Mais comme tout un chacun vous avez fait des erreurs et vous avez fait souffrir ceux que vous aimiez. Je ne dis pas que vous aviez 100% tort, mais en tout cas vous n'aviez surement pas raison dans cette affaire. Mais je suis sûr d'une chose … vous aimez Isabella.
Je ne confirmais ni n'infirmais ces dires. Je me contentais de rester de marbre.
- Je sais que vous l'aimez … et aussi bizarre que cela puisse paraître … j'ai confiance en vous …
Il m'étudia un long moment et il vit parfaitement le choc que provoquèrent ses paroles, avant de me presser l'épaule et de se rasseoir sur son siège.
J'en fis de même essayant de reprendre mes esprits, et l'attente recommença une nouvelle fois.
Vers 11heures, Marcus fut forcé de quitter l'hôpital pour se rendre à la compagnie. Visiblement il y avait un problème qu'il était nécessaire de gérer au plus vite. Aro du le rejoindre 1 heure plus tard. L'enlèvement était visiblement parvenu aux oreilles de tous les journalistes et une conférence de presse se relevait nécessaire si les frères Philips ne voulait pas une émeute. Je dus promettre à Aro de le prévenir aux moindres soucis qui surviendraient ici.
Tournant aux cafés et aux nombreuses allées et venues dans la petite pièce que je commençais à haïr au plus aux points, je gardais mon calme comme je le pouvais mais le silence et surtout l'attente commençait à me peser sévèrement. Je n'étais pas certain que j'allais pouvoir continuer ainsi longtemps.
Il était environ 14 heures quand mon père fit son apparition sur le pas de la porte, me faisant presque croire à une mauvaise blague de mon cerveau.
- Papa !
Kiara se leva en même temps que moi alors que Carlisle s'approcha de nous, le visage lasse et surtout les yeux injectés de sang. Il nous détailla quelques instants avant de se passer la main dans les cheveux, lasse.
- Isabella est sortie du bloc. Son état est stable pour le moment … j'ai réussi à réparer les dégâts causé par les différents impacts de balles mais elle a perdu énormément de sang. Maintenant cela ne dépend plus que d'elle. Mais croyez-moi, cette femme est une vrai battante, je suis confiant !
- Quelle sont ces chances ? Demanda Kiara craintive ayant peur de la réponse que pouvait lui fournir mon père.
- Tout dépend d'elle. Les prochaines 24h seront décisives.
L'adolescente poussa un soupir. Ce n'était pas vraiment un soulagement mais c'était plus que quelques heures auparavant.
- Je peux la voir ?
Au regard de mon père, je compris que la réponse qu'il aurait donné à n'importe qui serait non. Mais Kiara était vraiment mal en point et je me doutais qu'elle avait besoin de voir par elle-même que sa mère était encore en vie.
- S'il vous plait. Même 2 minutes. J'ai besoin de la voir.
Mon père plongea ses prunelles bleues dans ceux de la même teinte que … ma fille, sa petite-fille, et acquiesça. Trois générations. Nous avions trois génération de Cullen ici et je ressentis une immense fierté l'espace de quelques secondes.
- Je vais t'accompagner … Edward tu peux venir également.
Je n'étais pas certain d'en avoir vraiment le droit mais j'étais dans le même état que Kiara. J'avais besoin de voir Bella.
Mon père nous conduisit dans un dédale de couloirs blancs pour s'arrêter près d'une porte d'où ressortait un homme en blouse blanche.
- Docteur Cullen.
- Docteur Newton.
Le dit médecin, s'éloigna et mon père ouvrit la porte nous la gardant grande ouverte pour que l'on puisse entrer.
Kiara fut la première à passer la tête avant que je ne la suive de près.
Les larmes me montèrent aux yeux quand je les posais sur le lit au centre de la pièce où se trouvait une Bella que je n'avais encore jamais vu. Elle avait l'air si fragile, si absente en cet instant. Elle était reliée, par tout un tas de fil, à des machines qui provoquées des bruits agaçants mais qui prouvaient que son cœur battait toujours et qu'elle était encore là quelque part.
Elle avait un tube dans la bouche et une perfusion plantée dans son bras droit alors qu'un de ses doigts était pris dans ce qui devait être l'électrocardiogramme. Une de ses mains était plâtrée jusqu'au milieu de son avant-bras de même pour sa jambe droite. Une large bande entourée sa tête et elle avait de multiples pansements sur le visage ainsi qu'un œil au beurre noir qui était tellement bleus d'ailleurs, que je n'avais jamais vu ça.
Ca ce n'était que ce que je pouvais voir. Je devinais aux déformations du drap que les dégâts s'étendaient sur les parties que je ne pouvais pas analyser.
- Oh maman !
Kiara se précipita au chevet de sa mère et de nouveau les larmes envahirent ses yeux.
- Je crois qu'elle a besoin d'un moment avec elle, murmura mon père m'attrapant le bras pour me faire reculer.
Bien que j'eus envie de hurler que moi aussi, je voulais être à ses côtés et l'aider dans cette épreuve, je n'étais certes pas celui qu'elle chercherait à voir si elle se réveillait maintenant.
Je suivis donc mon père et je sortis de la pièce.
Sitôt la porte refermée, je m'appuyais contre le mur et me laissais glisser sur le sol la tête dans les mains.
Je sentis des bras forts s'enrouler autour de moi et comme un enfant j'acceptais bien volontiers l'étreinte de mon père dont j'avais énormément besoin en cet instant.
- Elle va s'en sortir, Edward. Crois-moi j'ai rarement vu une femme qui possédait autant de force en elle.
- Je lui en voulais tu sais, après tout ça. Je l'aime bien sûr mais je lui en veux aussi de ne pas avoir trouvé cette force en elle pour me pardonner.
- C'est un sentiment normal, tu sais mon fils. Elle t'a trainé devant les tribunaux et elle t'a pris beaucoup de ce que tu avais.
- Et moi je lui ai pris sa sœur.
Au lieu de me répondre, mon père parut réfléchir à mes paroles. Il savait que j'avais raison. Je n'avais pas aidé Tanya alors qu'à nous deux nous aurions pu faire tomber James des années auparavant. Si j'avais ne serais ce qu'écouter ce qu'elle avait à me dire, peut-être que j'aurais eu la chance de voir grandir Kiara et de connaître Bella avant.
- Tu sais Edward … avec des si on pourrait refaire le monde. C'est vrai, tu n'es pas venu en aide à cette jeune fille mais même si tu l'avais aidé qui te dit que James n'aurait quand même pas exécuté Tanya ? Qui te dit que Kiara n'aurait pas payé pour les fautes de ses parents ? La seule chose qui importe aujourd'hui, c'est que tu as une fille, une adolescente qui ne demande que d'être aimé. Tu aurais pu ne jamais connaître son existence mais la vie t'offre cette seconde chance, saisis-là. Kiara en a besoin et toi aussi. Sois le père qu'elle n'a jamais eu et que pourtant elle a toujours rêvé d'avoir.
Les paroles de mon père se frayèrent un chemin dans ma tête alors que je prenais conscience que oui il avait raison.
- Et Bella ?
- Si tu veux qu'elle te pardonne, tu dois d'abord te pardonner toi-même. Tu as fait des erreurs mais tu les reconnais. Je doute qu'elle ne soit pas sensible à ça. Isabella est une femme intelligente mais tu sais la perte et le chagrin change les gens. Je ne la connais pas beaucoup mais je sais reconnaitre les personnes qui ont besoin d'aide et crois-moi elle en a besoin. Tu n'es pas le seul à devoir accepter ton passé. Je pense que vous avez besoin chacun de conclure ces chapitres là pour pouvoir avancer ensemble et peut-être être heureux … enfin. Il va vous falloir du temps, beaucoup de temps mais je ne doute pas de votre réussite.
Quand je plongeais dans ses yeux, je fus submergée par l'amour que je ressentais pour mon père. Sans lui et sans ma mère je ne serais certainement pas celui que j'étais maintenant.
- Je suis fier de toi mon fils, vraiment très fier de l'homme que tu es devenu.
Je ne pouvais que croire ce qu'il me disait. Il y avait trop de ferveur dans ses mots.
- Je t'aime papa.
- Moi aussi mon fils.
Il me prit dans ses bras et je le serrais contre moi, pour une étreinte dont je ne me souvenais plus avoir eu le droit depuis longtemps.
- MAMAN !
Le cri me glaça le sang. Durant une seconde ni moi ni mon père ne bougeâmes puis d'un coup je fus sur mes pieds.
Le vacarme qui emplit soudain le couloir dans lequel je me trouvais me frappa au moment où je compris que le cri venait de la chambre de Bella. C'était Kiara.
Je suivis mon père, au pas de course.
- Infirmière ! Cria-t-il en prenant conscience de ce qu'il se passait dans la pièce.
Kiara se trouvait près de Bella et avait porté ses mains à sa bouche. Elle avait les yeux exorbités alors qu'elle ne quittait pas le visage de sa mère.
Je me rendis compte de ce qu'il se passait au moment où j'entendis le long bip résonner dans la chambre.
BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPP …
- Passez-moi le défibrillateur ! Injectez-lui 1 mg d'adrénaline ! Ordonna mon père en ouvrant en grand la chemise d'hôpital de Bella, dévoilant sa poitrine. Oh non Isabella, je ne vais certainement pas vous laisser partir … surement pas ! Vous allez rester avec nous ! Chargez à 150 !
Il posa les électrodes sur son torse me permettant au passage de voir les pansements qui recouvraient son épaule, son torse et son ventre, et demanda à tout le monde de reculer. Le corps de Bella se souleva quand le courant la traversa.
BBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP …
- Chargez à 200 !
Nouvelle décharge.
BBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP ….
Bella …
Ma vision se brouilla alors que je me retenais au battant de la porte pour ne pas tomber. J'entendis une personne me secouer et je compris qu'elle allait me faire sortir. Je me dégageais avec autant de force que je le pouvais.
- Sortez-les de là ! Chargez à 250 !
De nouveau ce bip. Le cœur de Bella ne repartait pas. Il ne repartait plus.
Je la perdais. J'étais entrain de la perdre.
- Maman ! Pitié non, maman je t'en prie !
Ma fille. Ma petite fille.
Je clignais des yeux pour tenter de chasser les larmes s'y étant agglutiné et m'obstruant la vue. Kiara se débattait comme une diablesse pour échapper à Kate.
Je voulais la rejoindre mais mes pieds ne me portant plus, la seule chose que je parvins à faire c'est regarder devant moi.
- Chargez à 300 ! Allez, vos filles ont besoin de vous … Kiara, Charlotte et Lise … mon fils ... Isabella je vous en prie !
Mon père posa de nouveau les électrodes sur le corps de Bella qui eut une secousse et fut propulsé vers le haut encore une fois.
- Allez Isabella, je sais que vous pouvez le faire …
BBBIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP
Mon cœur déjà en lambeau s'éparpilla sur le sol.
Je ne pouvais pas la perdre. Kiara ne pouvait la perdre. Charlotte, Lise …
- Maman !
Les cris de Kiara résonnaient dans la pièce, ses sanglots, ses supplications alors qu'elle se jetait presque contre moi me bousculant.
- Je t'en prie ! Fais quelque chose ! Je ne peux pas la perdre ! Elle ne peut pas m'abandonner. Pitié dis-lui qu'elle doit rester, j'ai besoin d'elle ! J'ai besoin d'elle !
Je serrais mon enfant contre moi alors que le silence emplit de nouveau la pièce.
BBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP …
Comme au ralentit je vis mon père les mains en l'air, les électrodes dans les mains, horrifié par ce qui se passait.
Bella …
- Non ! Non … tu ne peux pas abandonner … tu ne peux pas …
Il se tourna vers moi, vers nous et je vis une larme couler le long de sa joue.
- Je suis désolé …
- Non je t'en prie, tu ne peux pas abandonner ! Essaye encore une fois. Je t'en prie. On ne peut pas la perdre ! On ne peut pas, c'est ma femme … papa pitié !
- Maman !
Carlisle nous regardait et ne semblait plus savoir quoi faire.
Le bip continuait de résonner dans ce silence macabre, prouvant que Bella n'était plus.
Je portais mon regard sur elle.
Sa tête était penchée sur le côté, sa joue touchant les draps blancs. Ses cheveux si beaux, pendaient par-dessus le lit et tombés en cascade de boucles brunes.
Cette femme était mon univers, mon tout. Je ne pouvais pas la perdre.
Mais ils abandonnaient. Mon père, les infirmières, les aides-soignants … ils étaient tous entrain d'abandonner.
- Injectez lui 1 mg d'adrénaline !
Carlisle eut soudain une secousse et approcha de nouveau les électrodes de la poitrine de Bella.
- Mais docteur …
- Faîtes ce que je vous dis !
Son ton n'admettait pas de réplique.
- Charger à 300 !
BBBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP …
- Isabella, il faut que vous reveniez ! Allez Bella !
Le cri de Kiara fit écho au mien alors que mon père s'acharnait parlant toujours à mon amour, tentant de la ramener. Je ne voyais plus rien alors que la réalité faisait jours dans ma tête. Elle était partit.
Bella était partit.
Bella …
Kiara tout contre moi se débattait mais je la tenais fermement avec les dernières forces qu'ils me restaient.
- Docteur Cullen !
BBBBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP ….
Alors vos avis ?
Fin de chapitre bien sombre j'en ai conscience mais qui j'espère vous a touché …
Pour le prochain chapitre, il sera sans doute un peu étrange mais j'espère que vous apprécierez !
Bonne semaine à toutes et à dimanche !
