Chapitre 43 : Vivre ou mourir ?
Bonsoir tout le monde ! Et voilà le chapitre 43 qui fait son entrée ^^
Tout d'abord un grand merci à toutes pour vos reviews toujours aussi passionnantes ! Vous êtes toujours là et cela me fait grand plaisir !
Je ne m'attarderais pas ce soir parce que je me doute que vous devez être impatiente de connaître le sort de Bella …
On se retrouve en bas ..bonne lecture !
Chapitre 43 : Vivre ou mourir ?
PDV Bella
Je n'ai jamais vraiment réfléchit à la manière dont j'allais mourir. Mais mourir à la place d'un être cher me semble une fin enviable.
La mort était si proche de moi depuis des années, et pourtant elle ne m'avait jamais tendu les bras. Elle s'était contentée de me prendre mes proches en m'épargnant.
A chaque fois …
Au moins, pour la première fois, j'avais enfin eu le courage de faire ce qu'il fallait.
Ma fille irait bien. Kiara avait la vie sauve et c'était la seule chose qui avait de l'importance à mes yeux.
Quand James avait levé son arme sur elle et que j'avais compris qu'il allait tirer, me prenant mon enfant sous mes yeux, la seule chose à laquelle j'ai pensé c'est « pas elle », pas ma fille.
Je pouvais tout accepter me relever d'à peu près tout mais pas de la mort d'un de mes enfants. Elles étaient mon tout, mon monde et mon cœur. Elles étaient ma vie.
Je ne me souvenais pas vraiment du reste après m'être jetée en avant, dans l'ultime espoir de sauver mon enfant. Je n'avais d'abord ressenti aucune douleur quand j'avais baissé les yeux sur mon corps après que les balles m'aient percuté, mes jambes avaient justes cédés sous mon poids. La seule chose dont j'avais pris conscience un peu plus tard, c'est les supplications de ma fille et le regard intense d'Edward ensuite.
Ces yeux si verts dans lesquels j'avais plongé durant des secondes qui m'avaient parues des heures. J'avais tellement de choses à lui dire et pourtant alors que la vie s'échappée de mon corps, rien n'était sorti de ma bouche pas plus que de la sienne.
Je n'avais pas pu lutter contre se sommeil dévastateur qui m'emportait loin de lui et loin de mon enfant. Les cris, la douleur et surtout l'odeur de sang m'échappaient totalement alors que je fermais les yeux et que j'étais enveloppée d'une douce torpeur m'accueillant les bras ouverts, me réconfortant, m'apaisant pour la première fois depuis de longues années.
J'y avais plongé certaine que maintenant je ne souffrirais plus.
C'était comme dans les films. La lumière blanche et cette envie irrépressible d'être enfin libérée du poids que l'on portait sur les épaules. Mais bien que j'étais prête à rejoindre cet endroit qui semblait m'appeler, qui semblait si paisible et merveilleux, je n'avais pas réussi à avancer.
Une douleur sourde comparable à un coup de poignard m'avait traversé le corps et je m'étais pliée en deux sous le poids de la souffrance qui d'un coup revenait en flèche.
Des bruits de sirène de pompier, des cris, des paroles chuchotées, des bips incessants ... puis plus rien.
Malgré ce que je pensais, je n'avais pas réintégré mon corps mais j'étais dans cet endroit inconnu ou il n'y avait strictement rien et cela depuis un moment, enfin je crois.
Je n'avais plus mal ce qui était déjà un bon point, mais je n'étais pas non plus dans une très grande forme comme si la lassitude s'était emparée de moi.
Le gris s'étendait à perte de vue devant moi et même en avançant je ne voyais rien d'autre que ce gris à l'infini.
J'ignorais depuis combien de temps j'étais là, le temps ne semblait pas s'écouler ici, mais soudain un son retentit autour de moi, le premier depuis un moment.
BBBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPP ….
Se son était vraiment agaçant, bien trop fort à mes oreilles et j'avais beau tourner la tête pour jauger l'environnement autour de moi, je ne voyais strictement rien. Je n'avais aucun moyen de savoir d'où il provenait et surtout comment l'arrêter.
- C'est toi …
Je me tournais d'un seul coup vers le son de cette voix et je restai un moment interdite face à la personne devant moi. Je devais rêver ou j'étais morte, il ne pouvait en être autrement.
- Non, tu n'es pas encore morte mais … cela ne saurait tarder …, répondant à ce que je n'avais fait que penser.
Je regardais l'homme avec l'impression que mon cœur battait plus fort, et que ma vie reprenait.
- Dimitri …
Mon premier amour m'adressa un doux sourire alors que mes jambes refusaient de bouger. Il était là devant moi pour la première fois depuis des années.
Je n'avais pas pu lui dire au revoir. Il m'avait abandonné comme ma famille l'avait fait avant lui mais il était là, il était revenu et je ne parvenais pas à y croire.
- Dimitri …
- Bonjour mon amour.
Sa voix profonde était la même que dans mon souvenir mais sa beauté elle avait été flétrie par les souvenirs ternes que j'avais emmagasinés. J'avais oublié une partie de son visage, de ses expressions sans m'en rendre compte.
Comme je ne parvenais pas à bouger, c'est lui qui s'avança doucement de sa démarche souple et sans complexe, que je lui avais longtemps admirée. Il posa sa main sur ma joue et m'attira à lui ne rencontrant aucune résistance de ma part.
L'étreinte ne fut pas celle à laquelle je m'attendis, ni celle dont j'avais eu le droit tant d'années auparavant. Il n'y avait pas de chaleur, pas de réel contact. C'était comme si il n'était pas vraiment là et que j'étais entrain de tout imaginer, comme si je n'étreignais que le vide.
- Je ne comprends pas …., murmurai-je d'une voix mal assurée.
Qu'importe mes faiblesses et mes larmes, Dimitri avait été mon mari, je n'avais pas à faire semblant ici.
- Tu es entrain de mourir Bella …
Le gris autour de nous changea et je me retrouvais dans une salle blanche ou le bip se fit plus strident encore.
Je me tournais vers la source de ce son et me retrouvais face à un lit ou une femme était entrain de subir une réanimation cardiaque. Carlisle Cullen tenait les électrodes. Il donnait des ordres avant de poser l'appareil sur la poitrine de la jeune femme dont je ne voyais toujours pas le visage.
- Maman !
Je tournais la tête vers ce cri pour voir Kiara dans les bras d'Edward, le visage déformé par le chagrin et la terreur intense qu'elle ressentait. Edward semblait dans le même état qu'elle, il semblait perdu à bout de force. En reportant mon attention sur la femme allongée sur ce lit, je me rendis compte avec un temps de retard que c'était moi.
La jeune femme allongée sur le lit, ses cheveux pendant dans le vide, c'était moi.
- Mais …
L'incompréhension peignit mes traits alors que je regardais Dimitri près de moi.
Il me sourit tristement et je compris que je n'étais entrain de rien imaginer. C'était trop réel. Je me voyais partir, loin, très loin de mes enfants.
- Tu es entrain d'abandonner …, murmura Dimitri la voix basse et claire ou je ne percevais aucun reproche subjacent. .
- Je t'en prie ! Fais quelque chose ! Je ne peux pas la perdre ! Elle ne peut pas m'abandonner. Pitié dis-lui qu'elle doit rester, j'ai besoin d'elle ! J'ai besoin d'elle !
Les mots de Kiara me déchirèrent alors que je regardais en vain le docteur Cullen essayait de me faire revenir. J'étais là pourtant, j'étais juste là mais je ne parvenais pas à esquisser un seul pas pour revenir.
BBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP …
Le docteur Cullen stoppa tout geste au-dessus du corps, de mon corps. Il abandonnait.
- Mais …
- Le choix t'appartient Bella …
- Pardon ?
Je me tournais vers Dimitri qui avait un sourire bienveillant sur ses lèvres.
- A partir de là, soit tu décides de retourner avec eux … soit tu viens avec nous …
Je me regardais sans réellement comprendre ce qu'il était entrain de me proposer.
Je reportais mon regard sur Kiara et sur Edward dans les bras l'un de l'autre.
Il m'aimait.
Son visage ravagé par les larmes, ses traits déformés par le chagrin et son besoin viscérale de se raccrocher à l'enfant que Tanya lui avait donné, Edward Cullen ne pouvait que m'aimer.
« Non ! Non … tu ne peux pas abandonner … tu ne peux pas …
- Je suis désolé …
- Non je t'en prie, tu ne peux pas abandonner ! Essaye encore une fois. Je t'en prie. On ne peut pas la perdre ! On ne peut pas, c'est ma femme … papa pitié !
- Maman ! »
Ses mots si durs, leurs peines si grandes alors que je n'étais que spectatrice de ce tableau.
- Mais ils sont entrain de souffrir, ils sont entrain de …, m'écriai-je soudain hors de moi.
Je voulais lever leur souffrance, je voulais effacer cette terreur sans nom dans les yeux de mon enfant.
Sans que je ne dise quoi que ce soit de plus, le paysage autour de moi changea et je me retrouvais dans une pièce étrange que je ne reconnus pas tout de suite.
- Dimitri je t'en prie arrête ! Je ne comprends pas ce que tu veux …
La seule chose importante était le présent, je n'avais rien à faire du reste.
- Ton passé, ton présent et ton futur. Tu dois en passer par là …
Il utilisait cette voix raisonnable et son ton doux comme il en avait l'habitude quand je me comportais de manière déraisonnable. Il avait toujours utilisé ce genre de ton avec moi. Mais c'était il y a tellement longtemps que j'avais l'impression que ces souvenirs appartenait à une autre vie.
Je n'étais plus une gamine à qui nous donnions des ordres, j'étais devenue trop indépendante pour ça.
Quand je regardais autour de moi, les souvenirs affluèrent et je pris conscience rapidement de l'endroit où nous nous trouvions. Je reconnus parfaitement le lieu puisqu'il avait hanté mes rêves de petite fille durant des années entières.
Le jour où tout avait basculé.
A côté de nous, à environ un mètre ou deux, se trouvait deux petites filles entrain de jouer avec des poupées qu'elles avaient eu récemment ça aussi je m'en rappelais. Elles semblaient insouciantes et surtout totalement absorbées par ce qu'elles étaient entrain de faire à savoir donner à manger à leur poupée.
Une femme d'une trentaine d'années et un homme vêtu d'un uniforme de shérif entrèrent dans la pièce. Leurs yeux reflétaient clairement la pitié et surtout la tristesse qu'ils ressentaient tous deux.
- Bella, Tanya ? Je suis Amanda, je suis une amie de votre maman et de votre papa.
Mon moi âgé de seulement 5 ans se tourna vers la femme qui était tout simplement une assistante sociale et en rien une amie de mes parents. L'homme était le coéquipier de mon père.
Je regardais la dame pendant un long moment alors que Tanya était toujours entrain de jouer avec ses poupées en rien perturbée.
- Ou elle est maman ?
Je fermais les yeux très fort pour ne pas entendre les mots qui m'avait hanté tellement d'années durant et qu'il m'arrivait parfois d'entendre encore.
- Elle n'est pas là. Elle n'est plus là, petit ange. Ta sœur, ton frère et toi vous allez devoir venir avec moi.
- Mais … je peux pas … maman et papa vont arriver du restaurant et si on est pas là et bin ils vont pas être content. On peut pas venir avec vous. Déjà c'est maman et papa qui devaient venir à l'école …
La petite fille, moi, attrapa la poupée et la tendit à l'assistante sociale qui la regarda avec indulgence et surtout avec pitié.
- Mais vous pouvez attendre avec nous … comme Lala le fait …
Tanya à mes côtés adressa un grand sourire à la femme alors qu'elle me prenait la main pour se remettre à jouer avec moi.
- Je n'ai pas compris …je n'ai tout simplement pas compris …, soufflai-je les larmes aux yeux.
- Tu n'avais que 5 ans.
J'étudiais le visage de cette femme qui avait eu la lourde tâche de mettre fin à mes rêves de petite fille. C'était étrange de constater à quel point une personne si jeune soit-elle pouvait grandir d'un seul coup en l'espace d'un court lapse de temps.
- C'est le jour où tout a basculé pour toi …
La remarque de Dimitri eut au moins le mérite de me faire revenir à moi.
- Pourquoi Dimitri ? Pourquoi me faire revivre tout ça ? Je n'en ai pas la force … je ne comprends même pas ce qui est entrain d'arriver …
Le monde autour de moi tourbillonna et seulement quelques secondes plus tard, ce fut une toute autre image que j'eus le droit de visionner.
- Tu es tout simplement à un croisement Bella.
- Vivre ou mourir ? Compris-je immédiatement sans avoir besoin de réfléchir.
Il haussa les épaules et me désigna une petite fille d'environ 8 ans assise dans son coin, la pièce sordide autour d'elle était composée d'un lit superposé et d'une table de chevet. Quelques peluches très défraichis jonchées le sol et rien n'était accroché sur les murs.
La pièce reflétait assez bien la pauvreté et surtout la froideur de l'endroit.
Cette fillette s'était moi bien entendu. Me voir maintenant me provoqua un choc. La solitude et la peur que je semblais ressentir étaient parfaitement tangibles.
- Alors tu vas me montrer toute les étapes de mon enfance ?
- Ce n'est pas moi qui décide Bella, c'est toi.
Je fronçais les sourcils pour lui faire comprendre que je n'avais aucune envie de revoir ça. Je voulais enterrer ce passé. A quoi bon revivre à travers ces images ce que j'avais vécu ?
- Je ne suis là que pour t'accompagner.
J'étudiai son visage un long moment constatant seulement maintenant qu'il était en légère transparence comme une espèce de projection astrale. J'avais un esprit cartésien, je ne croyais pas à toute ces choses spirituelles ou ces phénomènes paranormaux. J'avais besoin d'une explication logique et force m'était de constater, qu'en cet instant, il n'y en avait aucune.
Mon mari mort était entrain de me montrer des brefs moments de mon passé, des souvenirs que je savais détenir et que pourtant je tentais d'enfouir depuis des années.
Il n'y avait aucune logique à ça, aucune explication que je pouvais avancer pour expliquer comment je me retrouvais dans une telle situation.
- Laisse toi faire Bella …
Décidant que pour le moment il n'avait pas tout à fait tort, je me tournais vers la petite fille que j'étais.
Je me souvenais parfaitement de ce jour-là.
Je me rappelais de la peine et surtout de la faim qui me tenaillait alors que les gens chez lesquels nous vivions m'avait envoyé me coucher sans manger. La raison ? J'avais refusé de donner l'endroit où se trouvait Tanya qui était en vadrouille comme d'ordinaire.
J'étais restée là durant des heures à attendre qu'ils veuillent bien me donner quelque chose mais je m'étais endormie sur le sol sans rien dans le ventre. Le lendemain Tanya n'avait pas réapparut et j'avais été forcé de faire toutes les corvées à la place de tout le monde.
Au moins lui, ne me frappait pas et ne s'était pas servi de mon torse pour éteindre sa cigarette.
Mon moi fillette s'éloigna et fut bientôt remplacé par une enfant de quelques années de plus.
Ma rencontre avec Renée.
C'est avec le sourire que je me vis approcher cette femme dont j'avais presque oublié le visage. Elle était la première à me témoigner autre chose que de la pitié, de la colère ou du dégoût. Je vis son sourire bienveillant alors qu'elle me tendait un livre dont je reconnus parfaitement la couverture : le premier tome d'Harry Potter.
Il avait été le premier d'une longue suite de roman qu'elle m'avait prêté au fils des années.
- Je me suis toujours demandé quelle genre d'enfant tu étais …, me lança Dimitri que j'avais presque oublié tellement j'étais absorbée par le profil de Renée. Je n'ai jamais pensé que tu étais du genre garçon manqué …
Et pourtant ...
La mode est moi nous n'étions pas passée par la même porte quand j'étais plus jeune.
Ce n'est qu'en épousant Dimitri que j'avais commencé à m'y intéresser. Avant j'étais partisane de la tenue confortable et non de la dernière tenue à la mode, de toute façon je n'aurais jamais pu prétendre à porter les vêtements que j'achetais en quantité à Kiara, Charlotte et Lise. Je vivais par procuration cette enfance que je n'avais pas eue.
Quand on devait évoluer dans le genre d'endroit où j'avais mis les pieds, le but n'était certainement pas de se faire remarquer, mais bel et bien de se fondre dans le décor. Je l'avais parfaitement compris avec Tanya.
- Je détestais les robes …
Enfin surtout celle que portait ma sœur, trop courte, trop moulante, trop vulgaire.
Il se mit à rire et je ne pus qu'esquisser un sourire à mon tour en entendant se son qui avait peuplé mes souvenirs durant de nombreuses années.
Nouveau changement, cette fois je devais avoir environ 14 ans. Il s'agissait du jour où j'avais appris la mort de Quil.
Bien entendu, je n'avais jamais oublié l'entrée de la directrice du foyer dans ma chambre rangée au carré.
« - Je dois te parler .. ton frère est mort il y 6 jours …il a déjà été enterré »
Le souvenir afflua dans ma tête alors que je voyais l'image prendre vie devant moi. Quand la femme sans cœur sortit de la pièce, je vis parfaitement mon moi adolescente, serrer les dents et envoyer son point dans l'unique miroir accroché au mur.
Je me rendais compte aujourd'hui que mon accès de rage pure, aurait pu me coûter bien plus que quelques points de suture.
Le cri déchirant que je poussais fit parfaitement écho à celui dont je me souvenais. Mes yeux étaient demeurés secs pourtant alors que je m'affalais sur le sol à bout de force, la chambre autour de moi ressemblant à une scène de destruction.
J'avais littéralement retournée la pièce sous le poids du chagrin et des larmes que mes yeux n'avaient pas versées.
- J'avais l'impression que mon monde était entrain de s'écrouler … une nouvelle fois … c'est pour ça que je l'ai suivi.
Comme je m'y attendais, l'image d'après, me montrèrent Tanya qui s'était faufilé dans mon dortoir en pleine nuit alors que j'avais toujours les yeux grand ouverts rivés sur le plafond. Elle n'avait rien eu à dire pour que je rassemble mes quelques affaires et que je la suive sans broncher.
J'eus le droit à un rapide défilé de notre escapade avant d'en venir au seul moment vraiment important.
La naissance de ma fille.
J'eus un choc face à mon expression de béatitude complète quand j'accueillis ce minuscule petit bébé dans mes bras.
- Tu étais si jeune …
Dimitri avait raison. Mon visage n'était encore que celui d'une enfant. Mes joues n'en avaient même pas encore perdues leurs rondeurs alors que je serrais ma fille dans mes bras.
- Attend ! Demandai-je quand l'image devint floue puis s'éloigna de moi.
J'aurais aimé pouvoir savourer ce moment heureux.
- C'est toi qui décide Bella …
Le film de mon passé avait fait un bond en avant de plusieurs années, me montrant maintenant jeune femme. J'étais dans une rue bondée, entouré de gens pressés. Je tenais la main d'une Kiara qui n'était pas plus haute que trois pommes. Elle regardait autour d'elle impressionnée par ce qui se passait autour de nous. C'était quelques jours après notre emménagement à Seattle.
- Tu te rappelles de ce jour ?
Comment aurais-je pu oublier ?
Je me vis du haut de mes 18 petites années, traverser la route et me presser pour déposer Kiara à la garderie. Je me rappelais parfaitement de mes pensées à ce moment-là alors que j'étais entrain de calculer le temps qu'il allait me falloir pour me rendre au campus et surtout l'excuse que j'allais pouvoir inventer pour justifier d'arriver 30 minutes après le début du cours.
J'avais veillé tard la veille après avoir couché Kiara, pour pouvoir réviser et je n'avais pas entendu le réveil sonner.
Je me vis parfaitement foncée aussi vite que les petites jambes de Kiara le permettaient puis l'attraper dans mes bras et me retourner d'un coup pour percuter de plein fouet un jeune homme sans doute aussi pressé que moi.
Je me vis relever lentement la tête dégageant mes cheveux fous de mon visage et tomber sur un sourire ironique et le magnifique visage de Dimitri.
- Je me rappelle avoir pensé à quel point tu étais belle, ébouriffée et surtout inconsciente du monde qui t'entourait.
- Moi je croyais que j'étais entrain de rêver …
Nous deux au milieu de la rue entrain de nous observer un long moment avant que Kiara ne m'appelle et brise l'enchantement qui nous avait enveloppé.
- J'ai toujours pensé que ce qui t'avait fait reculer, c'est le fait que tu comprennes que j'avais un enfant …
Mes paroles firent écho au mouvement de recul de Dimitri dans cette vision de mon passé. Je me vis serrer mon enfant contre moi un peu plus fort alors que je retombais brutalement du nuage ou je me trouvais.
- Ce qui m'a fait reculer, c'est le fait que tu avais un enfant et donc très probablement un compagnon servant de père à ce bout de chou.
- Heureusement que tu as pensé à faire de l'humour sur le père de Kiara …
Le rire de Dimitri se mélangea au mien alors que dans notre souvenir, il s'adressait à Kiara avec un grand sourire, lui parlant de son père et du fait qu'elle ne me ressemblait pas du tout.
- Je n'ai pas de papa … maman et moi on est que toutes les deux ..
- Oh vraiment ? Je suis désolé jolie Kiara …
Il ne semblait pas vraiment désolé en me proposant un dîner le soir même sans autres formes de procès.
Je me vis parfaitement refuser l'invitation tout en m'éloignant. Je savais que j'en mourrais d'envie mais les circonstances étant ce qu'elles étaient à l'époque, je savais ne pas avoir le temps pour ce genre de chose.
- Tu as insisté …
- Parce que je savais que nous étions faits l'un pour l'autre …
Ses mots me firent mal alors que je me tournais vers lui.
- Vraiment ? Tu es pourtant mort Dimitri.
J'eus envie de me donner une claque alors que je prenais la mesure de ce que j'étais entrain de lui dire.
- Brutal … mais vrai …, acquiesça-t-il en me détaillant.
Je secouai la tête alors que l'enterrement de Dimitri se dépeignit devant moi.
- Tu m'avais promis …
- Je le sais …
Ses paroles firent monter les larmes à mes paupières. Je me pris la tête entre les mains pour tenter d'échapper à cette vision me montrant avec Kiara devant ce cercueil de bois ou je savais que le corps ravagé de Dimitri se trouvait.
- Tu me manques … tu me manques tellement …
Je sentis sa main se poser sur mon épaule.
- Tu me manques aussi …
Ma vision se brouilla alors qu'un sanglot m'échappa. Dimitri ne prit pas la peine de me prendre dans ses bras. Son étreinte bien que réconfortante ne serait qu'illusion. Si je me réveillais un jour, il ne serait pas là pour me soutenir. Il ne faisait plus parti de ma vie depuis longtemps.
- Tu as tellement changé Bella … tu n'as plus rien à voir avec cette jeune femme que nous venons de voir …
- Le deuil change les gens tu sais …
- La compagnie aussi …, affirma-t-il alors qu'une vision de moi perchée sur mes talons aiguille apparut maintenant devant nos yeux.
J'ignorais de quand datait ce souvenir. Je ne me rappelais pas de ce jour-là. Quand je travaillais à la compagnie, les jours se succédaient et se ressemblaient tous.
- Si j'avais un jour pensé que tu serais à la tête de la compagnie …
- Comme quoi … tout le monde a sa part de mystère …
Dans ce nouveau souvenir, je me vis parfaitement donner des ordres et me faire obéir par les employés se trouvant autour de moi.
Soudain Aro entra dans la pièce dans laquelle je me trouvais et sembla chercher quelque chose ou quelqu'un. Quand ses yeux se posèrent sur moi, il m'appela et je me tournais vers lui doucement l'air guère surprise.
Les mots qui sortirent de sa bouche me firent comprendre que je me trouvais face à une autre première rencontre.
Edward.
Je me vis parfaitement hocher la tête à ses paroles puis me concentrer sur ce que j'étais entrain de faire. Je savais que j'avais quitté le bureau avant de revenir pour cette fameuse réunion.
Quand je me tournais vers Dimitri je me rendis compte qu'il était entrain de m'observer.
- Pourquoi es-tu entrain de me montrer ça ?
- La vraie question est surtout pourquoi toi tu as envie de revivre ça ?
Je secouai la tête alors que je me vis entrer dans cette salle pleine d'homme d'affaire. Je n'avais aucune envie d'y aller. En général c'était autant d'heures d'ennuie pour moi. Les hommes passaient leur temps à me détailler de la tête aux pieds et je n'apprenais pas grand-chose que je ne savais pas déjà.
Mais pas cette fois-ci.
- C'était différent, tellement différent.
Je parlais de notre rencontre à nous bien sûr. Avec Dimitri c'était plus fougueux, plus immédiat mais avec Edward, les sentiments étaient venus progressivement, presque de façon vicieuses alors que je baissais ma garde. Ils étaient plus profonds.
- Tu es différente Bella …
- Tu devrais être jaloux ?
Je me rappelais parfaitement de la jalousie de Dimitri quand nous étions ensemble, mêmes alors que j'étais mariée et enceinte, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver ces sentiments de possessivité à mon égard.
- Je suis mort Bella, lui il est parfaitement vivant.
- Je ne suis pas certaine de lui pardonner un jour …
J'ignorais s'il comprenait de quoi je voulais parler, mais ses paroles me donnèrent la réponse.
- Le pardon demande une grande force d'âme Bella. Il est beaucoup plus difficile à accorder que la haine. La colère et le mépris c'est facile …
Je ne répondis rien à Dimitri alors que le moi du souvenir posais ses yeux sur Edward.
Je savais qu'extérieurement je n'étais que statue de glace, figée dans mon attitude de femme d'affaire sure d'elle, mais intérieurement, les émotions faisaient rages dans mon cerveau et dans mon cœur.
Je nous observais Edward et moi =, ses yeux à lui me détaillant mes prunelles à moi le fuyant.
Je revins à moi par la demande de Dimitri.
- Et si nous passions au présent ? J'aimerais que tu me montres mes enfants …, chuchota-t-il difficilement.
Je fronçais les sourcils alors que l'image devant nous changea de nouveau comme un écran de télévision en beaucoup plus réaliste.
Je me retrouvais bientôt dans une sorte de parc, près d'un grand arbre.
Devant moi, j'aperçus Lise, Charlotte et les enfants de Rosalie et d'Emmett entrain de jouer au ballon.
Ils se dépensaient comme des fous dans l'herbe. Esmée, Alice et Jasper étaient assis sur un banc et ils surveillaient les enfants comme de l'huile sur le feu.
Je m'attardais un moment sur les visages de mes filles. Elles avaient l'air joyeux mais elles ne semblaient pourtant pas si épanouis que ça. La tristesse voilant leur regard était bien trop présente sur leur visage de poupée.
- Elles sont tellement belles … Charlotte te ressemble de plus en plus … Elisabeth … elle est magnifique …
Pour la première fois, je perçus une véritable émotion dans le ton de sa voix et la peine surtout qu'il ressentait. Il n'avait jamais tenu Lise dans ses bras puisque j'étais enceinte quand il est mort. Je ne savais même pas que j'attendais un enfant. Nous étions en essai bébé depuis seulement deux mois. Quand à Charlotte, elle n'était encore qu'une toute petite fille de presque 4 ans.
- Tu aurais dû être là… tu aurais dû les élever avec moi …, dis-je durement.
J'avais conscience d'être mauvaise, et surtout injuste envers lui. Mais cette période était si sombre pour moi.
- Je sais … mais on ne choisit pas son destin, mon ange … je suis mort et je ne connaitrais jamais mes enfants. Je n'entendrais plus le doux son de leur voix m'appeler papa, je n'assisterais à aucun des moments importants de leur vie … c'est trop tard pour moi … mais toi … tu as la possibilité de les voir grandir.
Il désigna les filles qui continuaient de lancer la balle sans l'enthousiasme qui les caractérisait souvent. Charlotte a seulement 8 ans qui était si sérieuse, Lise qui comprenait des choses dont la plupart des enfants de son âge, se moquait.
Et Kiara … dans cette chambre d'hôpital entrain de pleurer sur mon corps pour l'instant mort …
- C'est à partir de là que deux choix s'offrent à toi Bella. Tu as deux possibilités … soit tu abandonnes et nous serons ensemble pour toujours, soit tu te bats pour permettre à nos filles de ne pas vivre la même chose que toi …
La vision changea et je me retrouvais dans un cimetière.
Je me concentrais sur ce qu'il se passait devant moi comprenant qu'il s'agissait du futur.
Une jeune femme d'une trentaine d'années, était entrain de marcher le long des dédales de tombes. Sa démarche était assurée mais on la sentait hésitante et surtout bercé par le chagrin.
Elle avait le visage baissé et portait dans ses mains un bouquet de fleurs, des freesias, mes préférées. Elle était habillée de manière très sophistiquée, le genre de vêtement que je pouvais aisément porter pour aller travailler.
Elle s'arrêta soudain devant une tombe et sembla reprendre son souffle avant de s'adresser à la pierre froide parsemée d'écriture que je ne pouvais lire.
- Bonjour maman …
Le choc fut intense alors que je me rendais compte qu'il s'agissait de Kiara. J'avais devant moi, ma fille dans sans doute 15 ans.
- Un an de plus … j'ai remporté un contrat aujourd'hui. Papa m'a aidé. Il me fait peur tu sais. J'ai peur de le perdre aussi. Il … il travaille beaucoup trop … depuis que Lise est partit à la fac … il s'est replongé dans le travail … c'est pire qu'avant … comme toi … Charlotte est inquiète aussi, elle a enfin décidé de se remettre sérieusement à ses études. Je pense que d'ici 10 ans elle devrait enfin obtenir un diplôme.
« Mais on va bien … enfin … autant que la situation le permet … Tu me manques … tu nous manques tellement maman. Pourquoi tu es partit ? Pourquoi ? Les choses auraient été tellement différentes si tu avais été là avec nous durant toutes ces années …
- C'est ce que je me dis chaque jour …, lança quelqu'un derrière Kiara.
Je restai un moment la bouche grande ouverte quand je portais mon regard derrière ma fille.
Edward se trouvait là et il n'avait rien de commun avec celui qu'il était aujourd'hui, enfin celui que j'avais toujours connu.
Il avait vieillit, considérablement vieillit. Ces 15 années qui semblaient s'être écoulées avaient marquées ses traits, provoquées de profondes ridules dans le coin de ses yeux, et durcit l'expression de sa bouche.
L'éclat si caractéristique de ses prunelles avaient disparu et ses yeux étaient éteints. Il avait coupé ses cheveux presque à ras et surtout ses vêtements bien que sophistiqué apparemment, ne semblait pas tout à fait convenir à sa taille, ils étaient trop grands.
- Charlotte et Lise arrivent …
Il baissa la tête avant de s'approcher lui aussi de la tombe, ma tombe.
Le silence tomba durant plusieurs minutes alors qu'ils se tenaient l'un à côté de l'autre. Puis le bruit de talons claquant contre le sol, se fit entendre. Deux jeunes femmes, mes filles, entrèrent dans l'image et leur expression me fit froid dans le dos. Elles semblaient si perdues et anéanties.
- C'est toi … te perdre à était le choc de leur vie …
- Je ne suis que leur mère … elles auraient dû passer à autre chose …
- Tu es passée à autre chose après la mort de ta famille Bella ?
Je restai muette sachant pertinemment qu'il avait raison, mais j'avais fait ma vie malgré tout. Face à cette vision d'horreur, dont j'aurais aimé ne jamais connaître l'existence, je me rendais compte d'une chose avec un léger temps de retard.
- Charlotte et Lise vivent avec Edward ?
Dimitri haussa les épaules alors que je savais que mon analyse était la bonne. Edward prendrait soin de mes filles. Si je décidais d'embrasser ce chemin-là il prendrait soin de mes enfants.
- C'est un homme bien.
Je savais qu'il avait parfaitement raison.
- Deux avenirs tu m'a dit ?
- Je ne peux te montrer l'autre avenir Bella … parce que pour l'instant il n'existe pas … tu es morte dans cette pièce … puisque tu es avec moi … et cette autre avenir est totalement dépendant des décisions que tu prendras …
BBBIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP
Quand j'entendis la voix de Dimitri s'affaiblir, je me retournais d'un coup pour le voir s'effacer.
- Attend … attend encore un peu, j'ai tellement de chose à te dire …
Je ne voulais pas qu'il parte maintenant. Je voulais profiter de sa présence tant qu'il était encore là. Une sorte d'au revoir que nous n'avions jamais eu … à moins que je reste avec lui …
- Tu dois prendre ta décision Bella, tu n'as plus que quelques secondes … tu dois choisir de vivre ou de mourir … je suis mort, on ne parle pas avec les morts …
Je fermais les yeux afin de lutter contre l'émotion qui m'emplissait en comprenant que j'étais à un tournant.
- Je t'aime Dimitri …
Et je l'aimerais toujours, quoi que je puisse décider.
- Je sais … tu es la femme de ma vie, mon amour, mais je ne suis pas l'homme de la tienne …
Il devint un spectre fantomatique alors qu'une lumière se mit à briller derrière lui.
Il me tendit la main et je compris que si je le suivais alors ce serait fini.
- Dimitri …
- Tu peux choisir d'arrêter de souffrir mais tu peux également choisir de vivre Bella. Souffrir c'est vivre. Si tu choisis de me suivre, tu seras heureuse. Ta maman, ton papa, ta sœur, ton frère … nous sommes tous là, nous t'attendons …
Je me tournais vers ce lit puis vers Dimitri.
Il n'était plus seul à ce moment-là.
- Oh mon dieu …, articulai-je difficilement éclatant en sanglot.
Maman, papa, Quil et Tanya … ils étaient près de Dimitri et ils me souriaient tous. Ils n'avaient pas changés d'un poil, exactement comment la dernière fois que je les avais vu.
Je fis plusieurs pas en avant me rapprochant de la lumière, me rapprochant d'eux.
Le visage d'enfant de Quil était si jeune, à peine plus âgé que Charlotte. Papa et Maman, j'avais presque le même âge qu'eux mais je m'en moquais comme d'une guigne.
Quand à Tanya … effacé ce qu'elle m'avait fait, effacé ses erreurs du passé, elle n'était plus que ma sœur, ma grande sœur que j'aimais tant.
J'avais tellement besoin d'une étreinte, de les sentir autour de moi.
Ils étaient ma famille. Ils m'appelaient. Ils étaient devant moi à seulement quelques petits mètres, je n'avais que quelques pas à faire et je serais enfin libre et avec eux.
J'avais le droit de sentir leur étreinte se refermer autour de moi, j'en avais tellement besoin.
25 ans d'attente. Pouvoir entendre leurs mots me réconforter comme une petite fille.
Ils me proposaient mon rêve le plus secret, mes espoirs d'enfant. Ils étaient près de Dimitri et leurs spectres s'effaçaient.
Je m'effaçais aussi. J'étais entrain de disparaître comme eux.
Je regardais de nouveau le lit d'hôpital sur lequel j'étais allongée puis ma fille dans les bras de son père.
Un choix …
Vivre ou mourir ?
Les larmes coulaient le long de mes jours en regardant mon papa et ma maman.
- Je vous aime tellement …, leur lançais-je en levant ma main vers eux. Tellement …
Le choix s'imposa à moi. Il n'y en avait qu'un seul possible.
La lumière faiblit soudain. Le sourire de Dimitri me percuta et je ne pus m'empêcher de lui répondre.
- Je t'aime … dîmes nous à l'unisson.
Oui je l'aimais. Je l'aimerais toujours. Ma famille aussi …
Il n'y avait qu'un seul choix possible …
PDV Edward
BBBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP
Bip bip bip bip
Et voilà !
Et non je ne suis pas si sadique que ça contrairement à ce que certaine disaient ! ^^
Il me tarde de connaître vos avis sur ce chapitre un peu spécial par rapport à d'habitude …
Pour le prochain chapitre, du point de vie d'Edward …
En tout cas passez toutes une bonne semaine et à dimanche prochain !
