Chapitre 44 : Pas notre maman …
Coucou tout le monde !
Et voilà l'arrivé du chapitre 44.
Ca n'a pas été une semaine simple pour moi car après trois ans de bon et loyaux service mon ordinateur a décidé de me lâcher mardi … il doit aller en réparation mais en attendant écrire est devenu un calvaire …
J'essaye de faire ce que je peux notamment avec celui que l'on me prête mais il est assez horrible à utiliser … je vais faire en sorte que cette panne n'interfère pas dans la publication des chapitres mais je ne promets vraiment rien …
Je préviendrais au besoin …
En tout cas, un grand merci pour celles qui sont toujours là et qui prennent toujours le temps de me laisser un petit mot pour chaque chapitre !
Allez bonne lecture, on se retrouve en bas ^^
Chapitre 44 : Pas notre maman …
PDV Edward
BBBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP
Le sanglot qui monta en moi semblait si gros que j'avais l'impression qu'il allait m'étouffer et me faire tomber à genoux sous le poids de la douleur intense qu'il provoquait.
Partie … Bella était partie …
Je ne cessais de regarder mon père qui s'acharnait toujours. Je ne voyais pas le visage de Bella, je n'apercevais que ces cheveux mais l'idée même de voir ses beaux traits éteints et sans vie, me donna envie de hurler. Les tremblements de Kiara près de moi étaient irrépressibles.
C'était sa mère. Bella était sa mère.
Bella …
Comment allions nous faire sans elle ? Comment allais-je faire pour vivre dans un monde où elle n'était plus ?
Je n'y survivrai pas, je n'y arriverai pas.
Bip bip bip bip
Je restai un moment sous le choc alors que les yeux écarquillés, je portais mon regard sur l'électrocardiogramme qui s'était remis à biper. J'étais ahuri, la bouche ouverte, tentant de comprendre.
La ligne plate qui se dessinait sur l'écran depuis un long moment, émettait maintenant un signal.
- Maman ?
L'espoir perçant dans la voix de Kiara, me confirma que je n'étais pas entrain de rêver.
Le cœur de Bella venait de repartir. Elle respirait.
Elle vivait.
- Je vais vous demander de sortir, monsieur, mademoiselle, nous demanda Kate avec un regard compatissant. Nous devons nous occuper de Madame Voltury.
Je sentis Kiara hocher la tête mais j'étais trop choqué pour arriver à esquisser le moindre mouvement.
- Edward ?
Je portais mon attention sur Kiara, qui le visage strié de larmes, semblait sur le point de défaillir. Il fallait que je me reprenne, ne serait-ce que pour elle.
Je ravalais le sanglot qui m'obstruait la gorge et essuyais mon visage humide. Après un dernier regard à Bella et surtout à mon père qui était absorbé par l'examen clinique qu'il était entrain de lui faire passer, je passais un bras autour des épaules de Kiara et sortit de la chambre.
J'ignorais qui d'elle ou moi cherchait le plus le contact mais le fait est que nous étions pressé l'un contre l'autre dans une attitude tout à fait normal, comme si j'avais toujours été son père, et qu'elle avait toujours été ma fille. Elle avait ses bras enroulés autour de mon torse et sa tête enfouit dans mon épaule.
- Je vais demander au docteur Cullen de venir vous voir dès qu'il aura fini l'examen de Madame Voltury.
- Combien de temps vous pensez que …
Elle secoua la tête montrant son ignorance.
Je serrais un peu plus Kiara contre moi alors que l'infirmière nous reconduisait dans la salle d'attente.
Une fois seuls de nouveau dans cette salle froide sans âme, Kiara s'écarta de moi et se passa la main dans les cheveux, les tirants en arrière.
Elle porta ses yeux humides sur moi et ouvrit la bouche avant de la refermer, puis de la rouvrir de nouveau. Elle m'observa un long moment et je me demandais ce qu'elle voyait réellement dans mes prunelles.
Je n'avais pas de paroles réconfortantes, pas de belles phrases toutes faites qui pourrait la soulager. Kiara était trop grande pour croire aux bobards que je pouvais inventer. Nous savions l'un comme l'autre que la situation était grave, que la vie de Bella était en jeu et que nous ne pouvions rien faire pour l'aider. Comment étais-je censé la rassurer alors que j'étais moi-même pétrifié ?
- Ce que tu ressens est encore plus fort que moi n'est-ce pas ?
Dans un premier temps, j'eus du mal à comprendre ce que sous-entendait sa question.
- Tu aimes maman … tu es complétement amoureux d'elle …
Je me mordis la langue et le sang envahit soudain ma bouche. Cette douleur physique était plus gérable que celle que j'avais au cœur en ce moment.
Kiara n'était pas entrain de me poser une question. Elle savait parfaitement qu'elle était la réponse. Ma réaction ne trompait personne.
Je baissais la tête si bien que je ne vis pas Kiara se jeter sur moi et enrouler ses bras autour de moi. Tout d'abord choqué, je la pressais ensuite dans ce qui fut la première véritable étreinte que je partageais avec ma fille.
J'ignore combien de temps nous restâmes ainsi mais cela me parut extrêmement court quand elle finit par s'écarter. Mais cette étreinte était un soulagement, une bénédiction. En me reculant, je tombais sur le visage inquiet d'Aro qui apparemment avait compris qu'il venait de se passer quelque chose.
- Bella vient de faire un arrêt cardiaque …
- Est-ce qu'elle est … ?
Kiara secoua la tête en même temps que moi. Nous le vîmes prendre une profonde respiration comme pour se calmer. Il souffla et ferma les yeux en se passant la main dans les cheveux soulagé lui aussi.
Je n'ajoutai rien et m'installais sur ma chaise de plastique près de Kiara, Aro de l'autre côté.
L'attente me parut durer une éternité. Les yeux rivés sur la porte, je sursautais au moindre petit mouvement qu'elle avait. Il fallut une heure à Carlisle pour revenir mais je paniquais en plongeant dans ses prunelles. A son expression, je compris que les nouvelles n'étaient pas vraiment bonnes.
- Son état est stable mais … Isabella est tombée dans le coma.
J'échangeais un regard avec Aro. Une main sur son front et une autre sur ses hanches, il semblait encaissé comme nous, cette nouvelle information. Kiara porta ses deux mains à sa bouche.
- Je ne vais pas vous mentir en vous disant qu'elle va bien … son état est grave et pour être honnête j'ignore si elle supportera une nouvelle attaque cardiaque. Nous la surveillons comme de l'huile sur le feu … je suis désolé mais maintenant il ne reste plus qu'à attendre …
- Vous ne savez pas quand elle va se réveiller ? Demande la petite voix fluette de Kiara.
Ou si elle allait se réveiller.
Carlisle taisait les mots mais je l'avais parfaitement compris.
- Je crois que j'ai besoin d'air …
Kiara prit une nouvelle fois la direction de la sortie et cette fois je ne cherchais pas à la suivre. Je savais qu'elle avait besoin de s'isoler pour pouvoir encaisser tout ça.
Aro s'éloigna également et je le vis tirer de sa poche un téléphone. Il pianota quelques instants avant de le porter à son oreille.
- J'aurais aimé t'apporter de meilleure nouvelle …
J'hochai la tête avant d'adresser à mon père un sourire sans joie.
- Tu viens de lui sauver la vie papa.
- Elle est morte Edward. Cliniquement Isabella est morte durant plusieurs minutes … pour être honnête avec toi j'ignore totalement comment son cœur a pu repartir de façon aussi subite …
Je ne répondis rien, pas vraiment certain que de toute façon il y avait quelque chose à ajouter.
- Elle va y arriver Edward … tu dois garder espoir …
Il posa sa main sur mon épaule.
- Je vais allez voir ton frère … tu devrais peut-être rentrer quelques heures et emmener Kiara avec toi … Isabella est stable … au moindre changement je te préviens immédiatement …
- Merci papa.
Il m'adressa son expression bienveillante avant de s'éclipser doucement.
- Vous voulez que je vous dépose ? Demande Aro qui était revenu près de moi.
J'hochai la tête et nous prîmes la direction de la sortie.
Pouvoir enfin voir le soleil et respirer l'air frais me procura un bien fou. J'eus l'impression de faire le plein d'oxygène pour la première fois depuis un long moment.
Accroupi contre un mur, Kiara avait les yeux dans le vide et une expression de profonde douleur sur les traits. Je m'agenouillais devant elle et pris ses mains dans les miennes.
- Je vais rentrer quelques heures pour prendre une douche et changer de vêtement. Je crois que nous avons tous les deux besoin de faire une pose quelques instants … nous reviendrons ce soir …
Je vis qu'elle allait protester mais je ne lui en laissais pas le temps.
- Kiara ont en a besoin toi et moi … Que vont dire Charlotte et Lise en nous voyant ainsi ? Tu crois vraiment que je partirais si je savais qu'il pouvait arriver quoi que ce soit à ta maman ?
Elle parut poser le pour et le contre un long moment avant d'acquiescer et de me suivre.
Elle monta à l'arrière de la voiture d'Aro et posa sa tête contre la vitre, observant le paysage qui défilé. Je n'avais pas l'impression qu'elle le regardait vraiment.
Seulement dix minutes après, je la vis lutter contre ses paupières lourdes et perdre la bataille. Même dans le sommeil ses traits ne se détendirent pas.
- Je vous remercie de ce que vous faîtes pour elle … et pour les filles …, me lança Aro en actionnant son clignotant pour engager la voiture dans le carrefour.
- J'aime ses enfants … certes apprendre ma paternité a été un choc et pour être honnête j'ai encore du mal à l'appréhender mais je sais que j'aime ses enfants …
Et les liens de sang n'avaient rien à voir là-dedans.
- Je crois que vous avez tout simplement besoin d'y réfléchir …
Il avait raison bien sûr. J'étais parvenu à la même conclusion que lui. Pour l'instant, ce n'était pas le moment de penser à ce que cette nouvelle information allait provoquer dans ma vie.
Mais plus tard, je pourrais me pencher sur ce que je voulais faire pour l'avenir et surtout de ce que j'allais faire avec Kiara et avec Bella.
Je crois que j'avais tout simplement besoin d'en parler avec cette dernière pour savoir ses sentiments réels vis-à-vis de ma paternité. Je doutais fortement qu'elle est accueilli l'information avec joie. Quant à l'adolescente, la première concernée, que ressentait-elle sur le fait que je sois son père biologique ?
- Ecoutez Edward, j'ai une faveur à vous demander …
- Je vous écoute …
J'étais curieux de connaître ce qui rendait son ton aussi grave.
- Nous ignorons combien de temps Isabella va rester dans le coma … ni combien va durer son séjour à l'hôpital … je sais qu'elle a pris des mesures en ce qui concerne ses filles … mais je ne pense pas que le fait qu'elles soient prises en charge par une assistante sociale soit la meilleure solution pour elles en ce moment. Elles ont besoin de rester toute ensemble. J'ignore si je fais le bon choix, ou si c'est ce qu'Isabella veut mais … j'aimerais que votre famille prenne soin d'elles. Je me doute que vous allez garder Kiara avec vous … je voudrais que vous fassiez de même avec Lise et Charlotte du moins jusqu'à ce que la situation soit plus claire …
Sa demande bien que totalement inattendue de sa part, ne faisait qu'écho à ce que j'avais dans la tête depuis le début.
- Vous n'avez pas besoin de me le demander … il est hors de question que Lise, Charlotte et Kiara soient séparées, surtout pas en ce moment … je vous remercie … pour cette confiance … au vu de ce qui se passait entre Bella et moi …
Je doutais qu'elle soit d'accord avec le fait que je garde les filles avec moi, mais les envoyer dans un foyer ou laisser le soin à Aro de trouver une gouvernante qu'elles ne connaissaient pas pour prendre soin d'elles, n'était pas une option envisageable.
Certes, elle avait quelqu'un pour prendre soin d'elles au quotidien, mais si Aro n'avait pas soulevé cette option c'est que la femme en question ne pouvait pas s'installer à la villa de manière quotidienne durant une durée indéterminée.
Il était hors de question que je les laisse tomber dans une telle situation. De plus, je savais que ma famille serait là pour m'aider à gérer tout ça.
- Isabella était en colère, trahie mais je doute qu'elle me reproche mon initiative à son réveil. Je ne suis pas la meilleure personne qui soit pour prendre soin des filles. Elles ont besoin d'être rassurées, d'avoir une présence constante à leur côté et je sais que vous et votre famille serait là. Madame Cope s'occupe très bien d'elle mais elle ne peut pas vivre à la villa durant je ne sais combien de temps … pas avec les fêtes qui arrivent …
J'hochais la tête avant de reprendre la parole.
- Je pense qu'elles auront besoin de leurs affaires. J'aurais une discussion avec elles se soir avant de passer à la villa et de les emmener chez moi.
- Je viendrais aussi pour leur expliquer … au cas où.
Aro engagea la voiture dans ma rue et s'arrêta devant le bâtiment. L'arrêt soudain réveilla Kiara qui parut un instant désorientée.
Je fis un signe de tête à l'associé de Bella et descendit du véhicule. Je claquais ma portière et j'entendis Kiara faire de même. L'entrainant à l'intérieur du bâtiment, nous montâmes ensuite dans l'ascenseur nous emmenant à mes quartiers.
Quand j'ouvris la porte de mon appartement, j'eus l'impression que cela faisait une éternité que je n'y avais pas mis les pieds alors que c'était la veille seulement que ma fille avait passé la porte.
- Si tu allais prendre une douche pendant que je cherche quelque chose à manger … je vais te préparer des affaires à moi …
- On va rester avec toi … pendant que maman … enfin pendant qu'elle est à l'hôpital ?
Elle n'était apparemment pas si endormie que ça dans la voiture.
- Oui à moins que tu ne le veuilles pas …
Elle parut réfléchir à mes paroles et son instant d'hésitation me fit un peu mal avant que je ne me rappelle que sa défiance était logique. Nous étions une sorte d'étranger l'un pour l'autre. Je ne pouvais pas lui demander de m'accorder une confiance que pour l'instant je ne méritais pas.
- Je te remercie de faire ça pour maman …
- Je le fais surtout pour vous tu sais … certes Bella y est pour quelque chose mais … je vous aime beaucoup toutes les trois et ainsi nous allons pouvoir nous soutenir dans cette épreuve …
Elle hocha la tête à mes mots avant de tourner les talons et de prendre la direction de la salle de bain.
Pour ma part, je me dirigeais vers la cuisine et après avoir farfouillé le frigidaire pour constater le désolant vide régnant à l'intérieur, je sortis un paquet de pâtes du placard. Après avoir mis l'eau sur le feu pour qu'elle puisse bouillir, je pris la direction de la seconde chambre de mon appartement.
Les lits que j'utilisais pour mes neveux et ma nièce allaient parfaitement convenir pour les filles. Je donnerais ma chambre à Kiara et pour ma part, le canapé du salon serait parfait.
Comme j'avais l'habitude de tenir les lieux rangés et fonctionnels, je n'avais rien de particulier à mettre en ordre. Je sortis un pantalon de survêtement et un pull à moi qui iraient sans doute trop grand à l'adolescente mais qui avaient au moins le mérite d'être propre.
Je retournais dans la cuisine et mit les pâtes dans l'eau avant de m'installer sur une de mes chaises.
Perdu dans mes pensées, je n'entendis pas Kiara entrer dans le salon et se diriger vers moi. Je sursautais donc sous la surprise, quand je détectais un mouvement à la périphérie de mon champ de ma vision.
- Tu peux prendre la salle de bain … je m'occupe des pâtes …, dit-elle la voix basse et les doigts croisés.
- Merci.
Lui laissant le contrôle de notre repas, je quittais la cuisine en silence et sans rien ajouter.
Me détendre sous l'eau me procura le plus grand bien et je restai un peu plus longtemps que prévu. Mes muscles étaient totalement noués et je me rendis compte à quel point j'étais crispé et surtout au bord de l'explosion.
Quand je rejoignis Kiara, elle avait dressé le couvert avec ce qu'elle avait trouvé dans mes placards.
Je fus heureux l'espace d'une courte seconde qu'elle ait pris l'initiative de mettre la table et de ne pas se sentir gêner. C'était un minuscule pas, mais pour moi s'en était un quand même.
Kiara était relativement à l'aise ici et ne paraissait pas intimidée.
Je pris place près d'elle avec un énième sourire sans joie, et attrapais ma fourchette pour me rendre compte que mon ventre bien que vide, j'avais la gorge trop nouée pour avaler quoi que ce soit. Pendant plusieurs minutes, je picorais quelque peu mais l'appétit n'était vraiment pas là.
- Je n'ai pas vraiment d'appétit … me lança Kiara qui avait l'air tout aussi peu motivée que moi.
Ses paroles faisaient échos aux miennes. Je regardais son assiette pleine et ses joues creuses. Je ne pouvais pas lui ordonner d'avaler ce que moi-même je n'arrivais pas à faire.
- Cinq bouchés chacun ? Qu'est-ce que tu en dis ?
Lui lancer et me lancer un défi, était peut-être la solution.
Elle me jeta un regard suspicieux avant de sourire légèrement et de porter la fourchette à sa bouche. Elle en remplit cinq avant de poser l'ustensile sur son assiette et de me défier de faire de même.
Guère désireux de la décevoir en ne respectant pas mes paroles, je me forçais à porter à ma bouche, mâcher puis avaler.
Ça n'avait pas vraiment de goût mais au moins mon estomac n'était pas vide.
Je me levais pour débarrasser les vestiges de notre repas raté avant de mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle. Kiara m'aida dans la tâche avant de s'asseoir sur le bord de mon canapé.
- J'aimerais aller voir mes sœurs …
Son besoin était parfaitement compréhensible.
- Je vais appeler ma mère … il est 18 heures, je pense qu'ils seront à l'hôpital.
Et en effet quand j'eus Esmée au téléphone, elle m'informa qu'ils n'allaient pas tarder à se rendre au chevet d'Emmett. Les visites étaient enfin accordées.
Avant de partir pour les rejoindre, j'appelais Jessica afin qu'elle s'occupe du rapatriement de ma Volvo qui a cette heure devait surement pourrir dans une fourrière. Elle me donna des nouvelles de la société. Tout allait bien. Mon assistante gérait tout d'une main de maître et je lui donnais carte blanche, n'étant pas d'humeur à travailler.
Les clients étaient timides, les contrats peu nombreux mais cela reviendrait. Avec l'offre d'Aro, il ne pouvait pas en être autrement. De toute manière, en ce moment j'avais vraiment d'autres préoccupations.
Comme il allait surement falloir un délai pour récupérer ma voiture, j'attrapais les clefs de ma Vanquish. En général, je ne la sortais que très rarement du garage mais cette fois-ci je n'allais certainement pas jouer les difficiles et de toute manière je n'avais aucun autre moyen de locomotion.
- Je vais prendre les rehausseurs de Jade et Seth pour tes sœurs.
Kiara ne répondit rien et tendit les bras quand je lui passais les sièges entreposés dans un placard de l'entrée.
Il nous fallut trois quart d'heure pour revenir à l'hôpital.
Esmée était devant l'entrée et semblait nous attendre. Lise et Charlotte étaient à ses côtés guettant visiblement notre arrivée. Quand les fillettes aperçurent leur sœur, elles s'élancèrent vers elle et lui sautèrent dans les bras pour la serrer aussi fort qu'elles le purent.
- Comment va maman ? Demanda Charlotte en s'écartant ensuite de son aînée
- On va pouvoir la voir ? Questionna Lise en même temps, le visage plein d'espoir qu'il allait falloir briser.
Je vis le doute sur le visage de Kiara qui visiblement ne savait plus quoi répondre. L'adolescente se tourna vers moi et me demanda de l'aide d'un seul regard.
Décidant de rester le plus proche de la réalité que possible, je m'accroupis près de l'adolescente pour être à hauteur des fillettes.
- Charlotte Lise … ne vous inquiétez pas … votre maman va bien mais pour l'instant elle dort très profondément. Ses blessures sont très importantes et pour pouvoir guérir elle va dormir pendant longtemps …
- Ca veut dire quoi longtemps ? Demanda Lise la tête penchée sur le côté.
- Je l'ignore chérie mais longtemps.
La petite fille fronça les sourcils et se tourna vers Charlotte.
- Je comprends pas … si maman elle dort, on peut la secouer pour la réveiller … je peux le faire moi. Je vais souvent réveiller maman, le matin …
- C'est plus compliqué que ça Lise. Ta maman est dans un sommeil très profond …
Son visage se déforma et ses prunelles s'emplirent de larmes.
- Mais je veux voir maman moi !
Kiara la prit dans ses bras et consola sa jeune sœur qui semblait ne pas comprendre ce que nous tentions de lui dire.
- Mais si maman elle dort … on va aller ou nous ? Lança Charlotte en fixant sa sœur aînée.
- Nous allons rester avec Edward, lui répondit-elle.
L'enfant me détailla puis revint vers Kiara et prit une profonde inspiration.
- On peut la voir maman ?
J'ignorais si montrer Bella aux filles été une bonne idée. J'avais déjà du mal à la voir dans cet état alors je n'osai imaginer des enfants aussi jeunes. Mais peut-être qui si elles pouvaient la voir quelques instants, elles seraient rassurer.
- Je vais voir ce que je peux faire.
Ma mère me jeta un regard incertain et je compris qu'il y avait peu de chance que mon père autorise la visite.
J'enlaçais Esmée et nous entrâmes tous dans l'hôpital. Rosalie, Alice et Jasper se trouvaient déjà là dans la salle. Les enfants étaient bien entendu à leur côté.
Je serrais chacun d'un contre moi avant de demander des nouvelles d'Emmett. Visiblement Carlisle était avec lui en ce moment.
- Je vais aller les voir …
- Je t'accompagne …, proposa Rosalie en attrapant mon bras.
Je laissais les filles avec une partie de ma famille et me laissais guider par la belle-sœur.
- Tu tiens le coup ? Me demanda-t-elle quand nous eûmes atteins la porte de la chambre de mon frère.
Je ne pus qu'hausser les épaules à sa question.
- J'ai connu de meilleurs jours mais ça va aller …
Je passais la demi-heure suivante avec mon frère qui se portait comme un charme et qui n'avait rien perdu de son appétit.
Sous les yeux de mon père, il me demanda carrément de lui rapporter un bon hamburger de chez Mac'do avec une double portion de frites, parce que « la bouffe était vraiment à chier dans cet endroit de fou ».
Il eut au moins le mérite de me faire rire et de me rassurer quant à son état de santé. Il demanda des nouvelles de Bella et comme le reste de la famille m'apporta son soutien.
Il lut le désespoir dans mes yeux mais il ne fit aucun commentaire alors qu'il posait sa main sur mon épaule en un geste réconfortant.
Quand ses yeux se portèrent sur sa femme, il lui ordonna presque de ramener les enfants chez eux, selon ses termes personne n'avait besoin de le veiller.
A première vue, la sortie de mon frère était déjà prévue d'ici trois jours. Trop selon lui mais il sembla se ranger à l'avis de mon père qui obligea mon frère à rester tranquillement allongé sur son lit pour prendre soin de lui et se reposer.
Les enfants furent autorisés à venir voir leur père et je laissais la petite famille à la joie de leur retrouvaille.
Je fus ému et surtout rassuré. Ils allaient bien et c'était le plus important.
En sortant de la chambre, j'eus enfin le loisir de m'entretenir avec mon père.
- Lise et Charlotte voudraient voir leur mère ...
- Ce n'est pas une bonne idée, fils, tu le sais. Nous venons de transporter Isabella en chambre … de plus ce n'est pas un endroit pour des petites filles. Je peux peut-être autoriser une courte visite dans quelques jours mais pour l'instant cela me semble prématuré et cela risque de provoquer plus de dégâts que d'en réparer.
Je m'attendais à cette réponse, et ne fus guère surpris qu'elle soit négative.
Il avait à faire à ce genre de situation tous les jours, sa réponse était donc murement réfléchie.
- Comment va-t-elle ? Demandai-je crispé d'entendre la réponse.
- Elle va aussi bien que nous pourrions le penser dans de telles circonstances …
Bien sûr.
Je papillonnais des yeux pour empêcher mes larmes de couler. Ce n'était pas le moment de craquer. J'avais des responsabilités, ce que je n'avais jamais eu auparavant.
Les enfants et ma fille comptaient sur moi. Je ne pouvais pas défaillir maintenant.
- Ecoute mon fils, retourne avec les filles. Occupe-toi d'elles ce soir. Tu ne peux plus rien faire, mis à part laisser le temps agir. Les fillettes ont besoin de se retrouver ailleurs qu'ici. Et puis Kiara à peut-être 15 ans mais je t'assure qu'elle a autant besoin de quitter cet endroit que ses petites sœurs.
J'aurais aimé protester et dire à mon père que je ne pouvais pas quitter l'hôpital, que je ne pouvais pas laisser Bella, je venais de le faire. Pourtant je savais qu'il avait raison.
- Tu me préviendras … enfin je veux dire toi ou …
- Tu seras le premier informé s'il y a quoi que ce soit … je te le promets.
Je détaillais le visage de Carlisle pendant de longues secondes afin de vérifier qu'il ne me mentait pas pour me rassurer. Mais mon père avait toujours été parfaitement sincère dans ces moments là.
Il posa sa main sur mon épaule et me la pressa légèrement.
- Va mon fils, va rejoindre ta fille … tes filles …
Je fronçais les sourcils mais je ne fis aucune remarque alors que je m'exécutais.
En entrant dans la salle des urgences, j'eus la surprise d'y trouver Aro près des enfants.
Lise qui jusque-là se trouvait sur les genoux de Kiara, sauta sur ses pieds et courut dans ma direction.
Elle s'accrocha à mes jambes et tendit son petit visage humide vers moi. Ses yeux étaient embués par les larmes, et elle avait des plaques rouges qui s'étendaient sur ses joues.
- Maman, ou est maman ?
J'aurais aimé lui répondre qu'elle était juste là, que sa maman allait bien et qu'elle l'attendait. Mais je ne pouvais rien faire mise à part l'attraper sous les bras et la hisser sur ma hanche pour la serrer contre moi.
- Chut, Lise chérie, calme-toi ça va aller,
Ses sanglots intarissables me brisèrent le cœur une nouvelle fois. Je souffrais, Kiara aussi mais au moins nous comprenions pourquoi. Mais Lise était encore une petite fille.
- Maman, maman !
- Lise mon ange, calme toi tu te fais du mal.
Je la serrais aussi fort que je le pouvais mais rien ne semblait pouvoir la calmer. Elle appelait sa mère sans discontinue pensant sans doute que ses cris finiraient par être entendus. Je la sentais se débattre contre moi mais je ne la lâchais pas.
En regardant par-dessus la tête de l'enfant, j'aperçus Charlotte et Kiara s'avancer vers nous.
La plus veille serrée sa sœur cadette qui ne semblait pas dans un meilleur état.
- Sortons d'ici, déclarai-je assez fort à travers les cris de Lise, pour être entendu.
L'adolescente hocha la tête et après avoir lancé un dernier regard à une Esmée visiblement émue par la scène qu'elle voyait, j'entrainais tout le monde au dehors.
Nous atteignîmes la voiture au moment où les cris de la fillette commencèrent à baisser en intensité. Je la berçais continuant à la serrer contre moi et bientôt ses sanglots se firent plus étouffés. Je l'installais sur le siège auto et l'attachais bien solidement pour éviter qu'elle ne s'agite durant le trajet.
Je claquais la portière le plus doucement possible et me retournais vers un Aro au visage fermé.
- Je vais vous suivre jusqu'à la villa … les filles vont avoir besoin de leurs affaires …
Peut-être que retrouver leurs peluches, leurs doudous pourrait aider Lise et Charlotte à supporter l'absence de leur mère, même si ce n'était qu'un piètre substitut.
L'associé de Bella hocha la tête à mes paroles mais n'ajouta pas un mot, se contentant de tourner les talons.
Il nous fallut trois quart d'heure pour atteindre la maison.
Les valises des fillettes étant déjà prête en raison du voyage qu'elles étaient censées faire, je n'eus qu'à les charger dans le coffre. Je restais dans la voiture avec les deux cadettes attendant que Kiara rassemble ses effets personnels.
Elle ne mit qu'un petit quart d'heure à revenir et reprendre place à l'arrière entre ses deux sœurs.
- Prenez soin d'elles Edward, et je vous en prie aux moindres soucis, je veux que vous m'appeliez.
- Je le ferais.
Il pinça les lèvres d'un air grave avant de me laisser partir.
Ce n'est qu'une heure plus tard que je portais une Lise totalement épuisée dans le petit lit d'ordinaire réservé à mon neveu. Je laissais à Kiara le soin de mettre sa petite sœur en pyjama et retournais au salon, ou je trouvais Charlotte assise sur le sol devant le canapé.
Je pouvais parfaitement me rendre compte de l'effort qu'elle déployait pour ne pas fondre en larmes. Elle voulait se montrer forte, exactement comme sa mère.
Mais comment demander à une enfant de seulement 8 ans de ne pas s'effondrer dans de telles circonstances ?
Je m'installais à ses côtés et je la pris dans mes bras. J'ignorais si elle attendait ce moment de tendresse mais quoi qu'il en soit, elle se mit à pleurer au moment où sa tête toucha mon épaule.
- Je veux pas que maman parte, je veux pas me retrouver toute seule … maman a promis qu'elle serait toujours là … elle a promis …
Les sanglots contenus dans la voix de la fillette étaient déchirants.
Elle accusait sa mère de crime qu'elle n'avait pas commis. Bella se battait pour vivre. Carlisle avait été formel.
- Je sais Charlotte, je le sais. Mais ce n'est pas sa faute … il faut que tu gardes espoir. Ta maman est la personne la plus forte et la plus déterminée que je connaisse … crois-moi elle va se battre … elle va se battre pour rester avec vous …
Charlotte releva le visage vers moi et me regarda dans les yeux.
- Il lui a fait beaucoup de mal, le méchant monsieur ? Elle a très mal ma maman, n'est-ce pas ? C'est pour ça qu'elle va dormir pendant longtemps ?
Je ne voulais pas lui mentir mais je ne pouvais pas non plus lui dire la totale vérité. Ce n'était qu'une enfant.
- Oui, James a fait du mal à ta maman, c'est pour ça qu'elle va dormir pendant longtemps et qu'elle ne pourra pas être avec vous. Je sais que ce n'est pas pareil, que l'on ne se connait pas vraiment, mais, je vais rester avec vous, durant tout le temps ou votre maman dormira …
Charlotte parut réfléchir à mes paroles. Son visage était crispé dans une expression de profonde réflexion démontrant qu'elle ne prenait pas mes paroles à la légère.
- Maman nous a dit que tu étais parti … que tu ne viendrais plus nous voir … j'ai écouté la télévision … et les pleurs de maman. Tu lui as fait mal toi aussi …
Je fus un instant interdit par les paroles de Charlotte. Sans le savoir, la fillette venait de porter des mots sur ce qui faisait mal. Je souffrais de me voir comparé à un être aussi sadique que James Nomades. J'aurais aimé crier face à l'injustice d'une telle situation mais je ne le fis pas. Charlotte ne faisait que rapporter ses conclusions sur une situation qu'elle ne comprenait qu'à moitié.
- Tu as raison … mais je pense que ce qu'il se passe entre ta maman et moi est beaucoup plus compliqué …
- Tu es le papa de Kiara … c'est ce que maman a dit … mais je comprends pas parce que tu ne connaissais pas maman quand Kiara était un bébé …
Il n'était pas difficile de comprendre que la fillette avait essayé d'analyser ce qu'il s'était passé dans cet entrepôt. Lise était bien trop jeune pour s'être arrêté dessus mais pas Charlotte.
Du haut de ses 8 petites années, j'avais l'impression qu'elle faisait preuve de beaucoup d'empathie, plus que Jade qui avait pourtant le même âge.
- C'est parce que je ne suis pas la véritable fille de maman, Charlotte …
Kiara venait d'entrer dans le salon. Le regard qu'elle posait sur sa jeune sœur était hésitant comme si elle avait peur du jugement de sa cadette.
- Je comprends pas …
L'adolescente prit une profonde inspiration avant d'avancer et de s'installer sur le canapé près de nous. Je suivis le mouvement et me relevais pour m'installer près de Kiara. La fillette, elle, ne bougea pas.
- Tu te rappelles quand maman parlait de sa sœur ?
- Tanya ?
Kiara hocha la tête et porta son attention sur ses mots comme si elle cherchait à organiser ses idées au mieux.
- C'est elle qui m'a donné naissance. Elle et Edward m'ont conçu, ce sont mes parents biologiques. Comme maman et Dimitri sont tes parents.
La bouche de la fillette s'ouvrit en grand et ses sourcils se froncèrent alors qu'elle gardait le silence. Elle écarquilla ensuite les yeux visiblement choquée.
- Alors on est pas sœur ?
Les lèvres de Charlotte frémirent et elle porta sa main à sa bouche. Je vis parfaitement ses yeux s'humidifier et j'eus envie d'intervenir surtout quand Kiara sembla encaisser le cou reçu. C'était la plus grande peur de l'adolescente, être rejetée.
Mais ce n'était pas ma conversation. C'était celle des deux sœurs, je n'avais pas à m'en mêler.
- Par le sang non. Nous sommes cousines. Mais je me moque du sang tu sais. Pour moi, Lise et toi vous êtes mes petites sœurs … et Isabella est ma maman, comme la tienne. Je vous aime et tout ça ne change rien pour moi et j'espère que pour toi non plus…
Charlotte hocha la tête vigoureusement avant de bondir sur ses pieds et de serrer Kiara contre elle. L'étreinte entre les deux sœurs me réchauffa et permit à mon cœur de se remplir d'espoir. L'espoir de voir les choses s'améliorer et de pouvoir assister aux retrouvailles de ses trois enfants avec leur mère. L'espoir de voir Bella se réveiller, pas seulement pour moi mais pour elles.
- Tu es ma sœur aussi Kiara. Je t'aime très fort.
- Moi aussi mon ange. Je t'aime plus que tout.
Elles se serrèrent l'une contre l'autre durant un long moment avant que Charlotte ne relève la tête et ne porte son regard, si semblable à celui de sa mère, sur moi.
- Alors tu es le papa de Kiara ?
Ayant encore du mal à appréhender cette douloureuse vérité que j'avais si longtemps ignoré, je ne sus quoi répondre à la fillette qui me regardait droit dans les yeux.
Coupé de la parole, je ne pus qu'hocher légèrement la tête en signe d'assentiment.
- Oui c'est mon papa …
- Tu as un papa …
Ce n'était pas une question. La fillette assise sur les genoux de sa sœur, avait le regard vide et on percevait parfaitement dans ses mots une pointe de jalousie.
Comme si elle enviait à sa sœur ce qu'elle-même n'aurait jamais, ce que confirmèrent ces propos suivants.
- Tu as de la chance …
Je me tournais vers Kiara qui ne semblait pas vraiment quoi répondre à ce qui venait d'être dit. Je devais avouer que moi non plus j'ignorais quoi dire et quoi faire.
Il s'agissait d'une situation délicate et il n'y avait certainement pas de bonne ou de mauvaise réponse.
- Tu vas vivre avec Edward maintenant ?
Voilà une question inattendue. J'ignorais totalement ce que voulait faire Kiara.
Bien sûr, même si j'avais tenté de ne pas trop penser à ma nouvelle paternité tellement j'étais préoccupé par la santé de Bella et le bien-être des filles, il allait bien falloir que je sache ce que j'allais faire maintenant.
Même si Bella me rejetait en se réveillant, même si elle voulait continuer à m'en vouloir et à me faire payer mes crimes passés, nous étions liés maintenant par autre chose que de simples contrats entre nos sociétés.
J'étais le père biologique de sa fille. Nous allions forcément devoir nous côtoyer pour le bien de l'adolescente. Si j'étais sûr d'une seule chose, c'est que je voulais apprendre à connaître ma fille. Je voulais faire partie de sa vie et qu'elle fasse partie de la mienne qu'importe l'avenir.
Mes regrets étaient immenses, concernant sa mère, ma culpabilité pour Tanya, pour Bella, mais même si je ne pouvais pas réparer les dégâts que j'avais causé, je n'allais surement pas abandonner mon enfant.
Si Kiara m'acceptait comme père, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour mériter le titre de 'papa'. J'aimais Kiara, bien avant de savoir qu'elle était ma fille biologique, il me serait facile de m'attacher à ce petit bout de femme.
Plongeant mes prunelles dans celles de ma fille, je sondais leur profondeur pour connaître les réponses à mes questions. Kiara me donnerait-elle une chance de lui prouver que nous pouvions nouer une relation ? Me laisserait-elle entrer dans sa vie ?
- Quand maman sera réveillée, je reviendrais à la maison avec vous. Ma maison est avec vous Charlotte mais … j'ai besoin de connaître Edward … alors je viendrais souvent le voir … je crois que lui et moi avons besoin d'apprendre à nous connaître … n'est-ce pas ?
Les derniers mots de sa phrase m'étaient adressés. Il était étrange de constater sa vulnérabilité dans de tels moments alors que d'ordinaire elle semblait une jeune fille sûre d'elle.
- Je le crois aussi et je l'espère.
Ne pas être trop pressant pour ne pas lui faire peur.
Charlotte nous regarda à tour de rôle durant notre échange avant de reporter ses yeux chocolat sur ses mains.
- Je suis contente pour toi …
Le silence tomba et la peine de la fillette ne m'échappa pas, pas plus qu'à Kiara. Cette dernière releva le menton de sa sœur pour pouvoir la regarder.
- Qu'est ce qui t'arrive Charlotte ?
- Moi aussi j'aurais voulu un papa … comme mes copines … mais je sais que ça arrivera jamais. Parce que mon papa à moi … il est au ciel.
J'aurais tellement aimé dire à cette enfant que je voulais bien être son papa de cœur. Ces fillettes étaient si attachantes, elles étaient dans une telle demande d'amour et de tendresse. Il ne m'en avait pas fallu beaucoup pour m'attacher à elles, pour les aimer comme si s'étaient les miennes.
Si Bella pouvait trouver en elle la force de me pardonner, j'étais certain que notre histoire ne pouvait que fonctionner.
Avant toute cette histoire de ces derniers jours, j'étais en colère contre Bella pour ce qu'elle m'avait fait, à moi mais aussi à ma famille. Mais bien que je n'avais pas oublié, avoir manqué de la perdre définitivement avait annihilé le sentiment de trahison que j'avais ressenti également.
Je n'avais certes pas oublié et une sérieuse discussion s'imposée mais je n'oublierais jamais la douleur et la terreur que j'avais ressenti en entendant le long bip résonner dans cette chambre lugubre de l'hôpital.
Carlisle l'avait dit lui-même. Cliniquement Bella était morte dans cette chambre. Les enfants et moi l'avions perdu. Mais elle était revenue. Elle s'était battue comme elle l'avait toujours fait.
Complétement plongé dans mes réflexions je n'entendis pas vraiment Kiara se lever et aider sa sœur à en faire de même.
- Et si nous mangions avant que tu n'ailles te coucher ? Proposa Kiara en entrainant sa petite sœur dans la cuisine.
Je suivis le mouvement et me mis à la conception d'une salade à base de tomate, de maïs et de thon. J'y ajoutais de la salade verte et des carrés de fromages.
Quand je posais le tout devant les filles qui s'étaient chargées de mettre la table, j'eus le droit à de petits sourires.
C'est le silence qui entoura notre repas avant que Kiara n'ordonne à sa cadette d'aller prendre une douche avant de se mettre au lit. Sans bronche la petite fille l'écouta et elle disparut dans la salle de bain.
Prenant son rôle de grande sœur très au sérieux, Kiara la suivit me laissant le loisir de m'occuper de la vaisselle. Je ne les entendis pas ressortir de la pièce et se diriger sur le canapé ou l'adolescente se mit à lire une histoire.
Je compris rapidement qu'il s'agissait de Raiponce et je ne pus m'empêcher de m'asseoir pour écouter la jeune fille lire. J'étais impressionné par l'attitude quasi maternelle de Kiara. Elle s'occupait de ses sœurs comme l'aurait fait une véritable maman à sa place, comme l'aurait fait Bella si elle avait été là.
La complicité qui avait pourtant fait défaut à leur relation depuis plusieurs mois, paraissait intacte malgré la douleur et la triste, emmagasinées. C'était beau à voir et ça me donnait de l'espoir pour l'avenir.
Kiara finit par demander à sa sœur d'aller se coucher. La fillette se tourna vers moi et sans que je m'y attende elle s'approcha et posa sa main sur mes épaules. Je me baissais à sa demande et elle posa ses petites lèvres sur ma joue.
- Bonne nuit …
Sous la surprise, je fus un instant interdit avant de lui souffler une bonne nuit à elle aussi.
Kiara revint dans le salon seulement quelques minutes plus tard. Elle me jaugea quelques instants avant de se poster près de la fenêtre et de contempler le paysage au dehors.
Toujours installé sur ma chaise, je ne savais pas vraiment ce que je devais faire ou dire.
Malgré toute ma connaissance avec les enfants au travers de mes neveux et de mes nièces, j'ignorais comment gérer une adolescente de 15 ans. Kiara était ma fille mais je ne la connaissais pas vraiment, ni ses goûts, ni ses attentes, ni ses passes temps. Tout ça m'était totalement étranger.
Je connaissais son passé et son besoin désespéré de connaître la vérité mais c'était tout. Le reste m'était inconnu.
Et apparemment je n'étais pas le seul à être perdu.
- Je ne sais pas comment agir … je ne sais pas ce que je dois dire ou faire … j'ai imaginé des milliers de fois retrouver mon père biologique mais je n'ai jamais vraiment su comment j'agirai avec lui. Je me suis toujours dit que les choses seraient naturelles que je saurais au moment voulu mais la vérité c'est que je suis morte de peur. Nos retrouvailles devaient être belles, j'aurais aimé qu'elles soient simples mais ce n'est pas le cas … ma mère est dans le coma et les médecins sont incapables de dire si elle va vivre … pour être honnête … je ne sais plus vraiment ou j'en suis.
J'écoutais attentivement le discours de la jeune fille. Le doute et la peur qu'elle évoquait étaient parfaitement visibles sur son visage.
Sa terreur de perdre sa mère, mélangée à tout ce qu'elle avait appris ses derniers temps sur les circonstances de sa naissance, cela faisait beaucoup pour une seule personne.
Mais Kiara était forte. Je ne la connaissais pas tant que ça mais je savais qu'elle ne se laisserait pas abattre. Elle était le portrait de Bella et cette femme n'avait jamais abandonné. Elle avait traversé les obstacles, toutes les épreuves que la vie mettait sur son chemin. Certes elle en avait gardé de nombreuses séquelles mais elle était toujours là et je priai pour qu'il en aille de même aujourd'hui.
- Je n'ai jamais pensé que mon père pouvait être quelqu'un de bien … dans ma tête c'était un poltron … ou alors un mec louche … je ne sais pas trop mais en tout cas ce n'était pas quelqu'un de bien …
Pour ma fille j'étais cette personne visiblement et j'en éprouvais une certaine fierté. Elle ne partageait pas le point de vue de Bella.
- Quand j'ai lu la lettre de Tanya … tout prenait sens dans ma tête. J'ai imaginé que c'était James. Pendant tout le temps que j'ai passé avec lui j'ai vraiment cru qu'il était responsable de mes jours mais … encore une fois Tanya a menti … et maman n'a rien dit …
- Tanya ne savait peut-être pas qui était ton père … peut-être imaginé-t-elle que s'était James. Tu sais Kiara je t'épargne certain détails mais … nous avons toujours utilisé ce qu'il fallait pour éviter … enfin éviter un accident … j'ignore comment Tanya est tombé enceinte … mais je dois bien t'avouer que même moi je n'ai jamais rien soupçonné. Quand à Bella … peut-être ne lui en as-tu pas laissé le temps …
Après tout Kiara avait pris la poudre d'escampette dans la nuit. Bella n'avait certainement pas eu le temps d'avouer à sa fille qui était son véritable paternelle.
Qualifier ma fille d'accident n'était pas simple mais dans les faits c'était la vérité. Même si découvrir ma paternité était déroutant, j'en étais heureux maintenant mais j'ignorais s'il en aurait été de même des années avant. J'aimais croire que oui mais pour être honnête, je préférais ne pas me poser de question à ce sujet.
J'étais fou à l'idée d'avoir raté une grosse partie de sa vie que je ne pourrais jamais rattrapé mais elle était là devant moi maintenant et personne ne pourrait m'empêcher de profiter des 15 prochaines années et de toutes celles qui suivraient.
Kiara parut réfléchir à mes paroles avant de me regarder et de m'adresser un petit sourire. Il n'atteignait pas ses yeux mais au moins il m'était clairement adressé.
- J'aimerais apprendre à te connaître … j'aimerais savoir qui tu es … et je veux que tu saches qui je suis … je t'ai toujours apprécié bien avant que je sache que tu étais mon père mais … je ne peux pas t'appeler papa … parce que pour l'instant tu ne l'es pas …
- Et je ne te le demanderais pas Kiara … je dois faire mes preuves et je suis tout à fait d'accord avec toi la dessus, je ne mérite pas ce titre … pour l'instant …. Mais laisse-moi te prouver que je peux l'obtenir … laissons-nous tout simplement du temps pour devenir père et fille …
L'adolescente hocha la tête avant de reporter son regard sur la fenêtre. Je m'approchais d'elle et posais ma main sur son épaule. Sans que je m'y attende, elle se tourna d'un seul coup et enroula ses bras autour de mon torse pour me serrer contre elle.
Une seconde interdit, je passais mes mains dans son dos et je la serrais contre moi enfouissant mon visage dans ses cheveux et respirant son odeur.
J'avais tellement de regrets.
J'avais raté son enfance, je n'avais assisté à aucun des moments que des parents partagés normalement avec leurs enfants : sa naissance, sa première dent, ses premiers mots, ses premiers pas, son entrée à l'école, ses chagrins, ses déceptions, ses joies, ses souvenirs.
Je ne partageais rien de tout cela.
En partageant ce moment avec mon enfant, je pensais à ce que je pourrais faire maintenant, non pas pour rattraper ces moments car cela serait à jamais impossible, mais pour en créer qui ne soient rien qu'à nous.
Kiara finit par se détacher de moi mais pas encore près à la lâcher complétement je gardais mes mains sur ses bras pour la retenir.
Les larmes avaient remplis ses yeux et elles s'échappaient de ses prunelles pour tomber librement sur ses joues et le long de son cou.
- Que se passe-t-il Kiara ? Qu'est ce qui t'arrive ?
- Je … je … je ne veux … pas la … perdre … je t'ai trouvé … je ne veux pas … que ça signifie … maman … pas ma maman …
Ce moment que j'avais redouté depuis deux jours étaient entrain d'avoir lieu. Kiara craquait.
Elle avait été forte, n'avait pas flanché, à aucun moment.
Mais maintenant que nous étions ici loin de l'hôpital et donc loin de Bella, au calme, la jeune adolescente prenait la pleine mesure de ce qui était entrain de se passer.
Bella avait échappé de peu à la mort, deux fois. Mon père lui-même ne savait pas comment elle était revenue.
Mais en cet instant après avoir rassuré ses sœurs, la jeune fille prenait sans doute la pleine mesure de la gravité de la situation et de ce qui s'était déroulé durant ses deux derniers jours. Nous ne l'avions pas évoqué mais James avait passé plusieurs heures avec elle.
J'ignorais s'il l'avait touché de manière non approprié. Il ne l'avait pas violé, elle l'avait affirmé mais quand était-il du reste ?
Il avait pu lui sortir tout un tas de choses et surtout je savais qu'il avait porté la main sur elle. Il l'avait frappé pour qu'elle se tienne tranquille. Kiara n'avait pas dit un mot à ce sujet, ni à moi ni à personne d'autres.
Je savais que lui poser la question ne servirait sans doute à rien. Elle était aussi têtue que sa mère il y avait donc peu de chance pour que j'obtienne une réponse.
Elle vivait en ce moment précis, le contre coup de toute cette histoire.
Moi aussi l'aurais-je sans doute, mais pour le moment peu préoccupé par ma personne, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour apporter de l'aide non seulement à Kiara mais également à charlotte et à Lise.
J'allais me battre à leur côté.
Je ne les lâcherais pas, jamais.
Et voilà pour le chapitre 44 !
Il me tarde comme chaque dimanche de connaître vos précieux avis ^^
Je sais que pour la plupart d'entre vous ce n'est pas ce à quoi vous vous attendiez, Bella est tombée dans le coma … son réveil ne sera pas pour tout de suite puisque pour le prochain chapitre point de vue de Kiara !
A la semaine prochaine enfin je ferais tout pour !
Passez une bonne semaine !
