Bonsoir,

désolée pour le retard, petite baisse de motivation,

Merci pour vos reviews.

Alors pour répondre à Redfoxiy,

j'en suis à la moitié par rapport à ma prévision.

En fait, après ce chapitre,

j'entame la seconde moitié de l'histoire...

Chapitre The Heart of a Dragon,

Voilà, bonne lecture...


Dans l'appartement du Kurogane, le silence angoissant de l'attente était meurtri par les sons de frottements sur le sol et les murs, ponctués ça et là par le bruit de l'eau et de gouttes tombant dans cette même eau. Luxus et Lévy nettoyaient les tâches de sang. Agenouillée sur le parquet, perdue dans ses pensées, elle frottait une zone du vieux bois avec vigueur, bien plus qu'il ne le fallait. Cherchant à tout effacer jusqu'à cette vision effroyable du corps de Gajeel dans son sang, apparaissant sans cesse devant ses yeux. Mais c'était en vain… A cette vision s'ajoutait un vieux souvenir toujours présent au plus profond des son être…une mare de sang…

Dans l'attente de nouvelles, espérant qu'elles seraient bonnes, Lévy ne pouvait s'empêcher de craindre le pire. Elles seront bonnes…puisqu'elle s'occupe de lui. Elle était à ses côtés et le soignait, cette inconnue. Elle y arriverait, Luxus lui avait affirmé. Mais la bleutée ne la connaissait pas, Gajeel ne lui avait jamais parlé de cette jeune femme, celle qui comptait pour lui.

Elle frottait encore et encore, inlassablement…plus fort,

Plus profond…

Enlever le liquide pourpre qui avait été bu par le bois…

Plus rien,

Ne plus penser à rien…

Tel était son souhait…

Elle revoyait le visage inquiet de la jeune femme. Son visage reflétait l'innocence même, la douceur, une jolie femme aux longs cheveux bleus foncés, un peu plus grande que Lévy, avec des yeux chocolat, vêtue d'un jean bleu et d'une tunique verte. Du haut de ses vingt-trois ans, elle était en cinquième année de médecine. Et elle l'aimait…Oh oui ! Elle l'aimait, d'un amour si fort qu'un lien particulier existait entre eux…

Alors qu'elle se concentra enfin sur une nouvelle tâche, l'inspectrice entendit la porte de la chambre de Gajeel se fermer. Elle cessa son activité tout comme Luxus, posant son éponge dans la bassine. Elle se releva. Tout en se frottant les genoux, elle fixait la sortie du couloir, les yeux remplis d'espoir, mais une angoisse certaine l'étreignant, se manifestant par son estomac noué et sa gorge sèche. Cependant, un sourire dessiné sur le visage de l'étudiant en médecine calma la jeune femme. En voyant les regards interrogateurs de Luxus et Lévy, elle ne perdit pas plus de temps avant de répondre.

- Toutes ses blessures ne sont que superficielles, il n'y a donc pas besoin de l'hospitaliser. Je l'ai nettoyé et pansé ses blessures. Informa-t'elle. Il est sous sédatifs, mais il faudra s'occupé de lui jusqu'à qu'il régénère suffisamment son sang. Je vais donc rester avec lui.

- Hors de question, dit Luxus d'un ton sec attirant l'attention des deux jeunes femmes sur lui. Gajeel me tuerait si tu n'assistais pas aux cours, enfin il essayerait et l'idée me fait chier.

Le futur médecin afficha une mine contrariée face à cette affirmation du blond, alors Lévy décida de se porter volontaire.

- Je peux rester, dit-elle. J'ai des notions en médecine, enfin des bases.

La bleue retrouva son sourire en regardant la jeune inspectrice.

- Bien, je vais contacter le vieux et je te ramène à Crocus, conclut Drear en prenant son portable.

Il partit dans le couloir tandis que Lévy reprit son labeur, elle ne voulait pas penser surtout pas. S'accroupissant près de la bassine, elle empoigna son éponge déjà bien abîmée et la fit glisser sur le sol. L'étudiante l'observa un petit moment avec une expression bienveillante, puis elle alla chercher une éponge et revint à côté de la bleutée et commença à faire de même. Puis elle commença à parler la comportementaliste d'une voix suave :

- Je suis désolée d'avoir pointée une arme sur vous, mais comme il n'avait pas répondu sur son portable, ni rappelé, je me suis inquiétée, alors je suis venue…Il m'avait dit que des personnes lui en voulaient, des personnes qui ne comprenait que la manière forte, j'ai donc fait ce qu'il m'a appris.

- Tu n'es pas la première à pointer une arme sur moi, rigola Lévy afin de détendre la jeune femme.

Surtout que le dernier avant elle n'était autre que Gajeel. Ironisa-t'elle intérieurement.

- Vraiment ? Dit la bleue. Enfin, cela ne m'étonne pas si vous travaillez avec Gajeel.

- Tu peux me tutoyer, permit l'inspectrice. Nous travaillons ensemble depuis peu, mais je lui dois la vie, précisa Lévy pensive.

L'étudiante élargit son sourire en apprenant cela.

- Je suis contente de savoir qu'il a fait quelque chose de bien. La jeune femme s'arrêta, elle semblait triste tandis que Lévy la regardait, intriguée. Je ne sais pas ce qu'il fait avec Luxus, mais je sais qu'il se rachète une conduite…Il a fait des choses terribles, mais c'était pour moi, dit-elle avec culpabilité. Pourtant, il m'en a toujours protégée, comme le grand frère trop protecteur qu'il est…

Oui…Elle l'aimait…elle l'aimait d'un amour fraternel, comme une petite sœur adore son grand frère. Et il l'avait caché des gangs, même de Fairy Tail. Seuls Luxus, Makarov et Juvia connaissaient l'existence de Wendy, la petite sœur du Kurogane. Ils ne portaient pas le même nom de famille, elle étudiait à Crocus et cet appartement devait rester inconnu afin que personne ne connaisse leur lien. Son enfance n'avait pas dû être des plus faciles à se cacher en permanence, craindre que les gangs découvrent le point faible du dragon d'acier, d'où ce lien si fort entre eux. Mais elle se disait aussi que Gajeel devait se sentir profondément seul, il mentait à Fairy Tail, il mentait au gang et il mentait à sa sœur, créant une membrane hermétique autour de lui. Il n'était plus un détenu, mais il restait prisonnier de ses mensonges afin de protéger sa sœur. Elle continua de se confier à la bleutée, cherchant ainsi à évacuer la peur qui s'était emparée d'elle quelques minutes auparavant.

- Je n'ai pas connu notre mère, je n'avais qu'un ans quand elle est mort. Mais notre père était vraiment génial, sauf qu'il a disparu lorsque j'avais trois ans. Nous nous sommes retrouvés seuls et Gajeel a tous pris sur lui. Il ne voulait pas que l'on soit séparé. Nous n'avions plus de famille et un orphelinat, ce n'est pas l'idéal…alors il a fait en sorte de subvenir à nos besoins. Puis après y a eut Juvia qui était avec nous, maintenant je vais à la fac, mais j'ai l'impression que mon frère est seul.

Ses yeux dans le vide, la petite sœur du Kurogane semblait tellement triste en faisant cette constatation. Puis la jeune femme sortit de sa transe mélancolique et tourna la tête vers Lévy, un sourire illuminant à nouveau son visage.

- Mais il a Fairy Tail et il y a toi, dit-elle enjouée.

La bleutée se sentit gênée par cette affirmation, elle hoqueta d'étonnement.

- Nous…nous…je…, nous ne sommes que collègues, bégaya-t'elle en rosissant.

- Oui, mais tu as l'air d'être quelqu'un de bien, je sais que tu veilleras bien sur lui. Affirma la jeune étudiante confiante.

- Si tu le dis, concéda Lévy tout bas en souriant légèrement et en posant son regard sur le sol.

- Bon Wendy, on va partir, dit Luxus en revenant vers elles.

Les deux jeunes femmes se redressèrent, l'étudiante alla prendre son sac sur le canapé. Luxus se tourna en direction de Lévy.

- Je te ramènerai des affaires, envoie un message à Lucy, précisa-t'il.

- Oui, merci, sourit la bleutée.

Puis elle dirigea ses orbes noisette sur la jeune femme qui s'approcha d'eux. Elle l'enlaça.

- Au revoir Lévy, j'étais heureuse de te rencontrer, dit-elle avec joie.

- Moi aussi, répondit la bleutée en la serrant.

- Je reviens ce week-end, ajouta Wendy en se séparant.

- D'accord, sourit l'inspectrice.

Ils sortirent ensuite de l'appartement sous le regard de la bleutée. Une fois la porte fermée, Lévy resta plantée quelques minutes. La pièce était silencieuse, trop silencieuse, ce silence l'angoissait, elle tourna la tête en direction du couloir. Puis, elle avança doucement avec hésitation, elle n'était pas sûre de vouloir voir ce qu'il y avait dans cette chambre, elle fixait cette porte close comme si un monstre pouvait s'en échapper. Jamais ce couloir d'à peine deux mètre n'avait semblé aussi long. Elle arriva…elle caressa le bois et abaissa la poignée, cette vision revenait encore et encore… Quelle flic nulle je fais ! Incapable de se contrôler ! Elle inspira avec forte et ouvrit la porte. L'ouverture lui fit découvrir le dragon déchu, allongé sur le dos dans son lit, une couverture lui arrivant à sa taille. Elle s'approcha, s'agenouillant sur le lit à côté du brun, elle vit les coutures et les pansements sur son corps. Les larmes lui montaient aux yeux…Elle pleura…

- Crétin ! Crétin ! Crétin ! Répéta-t'elle avec rage et douleur…


Depuis deux jours Lévy jouait le rôle d'aide soignante pour un patient pour le moins récalcitrant, mais la ténacité de la bleutée dépassait celle d'un dragon borné et ronchon. Bien sûr Luxus lui avait apporté des vêtements ainsi que de quoi travailler et quelques courses. Elle s'était installée dans le salon, elle lisait d'ailleurs tranquillement allongée sur le canapé, vêtue d'un minishort en jean et d'un débardeur jaune, ses lunettes au cadre rouge sur le nez, Panther Lily dormant en boule sur son abdomen. Soudain, un bruit sourd de chute provenait de la chambre de Gajeel, un bruit qui inquiéta les deux colocataires. Lévy se leva et se précipita dans la chambre. Elle découvrit le brun étendu de son long sur le sol à côté du lit, ne portant qu'un boxer. Il essayait de se relever à l'aide de ses avant-bras, grimaçant de douleur et jurant. Il détestait cet état de faiblesse. Elle s'approcha de lui tentant de prendre son bras droit, il la repoussa.

- P'tain, j'ai pas besoin de toi et ta force de crevette, Shorty ! Ragea-t'il.

- Tu parles trop pour un type qui n'est pas capable de se lever tout seul, rétorqua-t'elle en faisant une nouvelle tentative.

Elle prit le bras épais du Kurogane pour le mettre sur ses petites épaules. Il émit des râles de douleur.

- J'te jure, tu m'énerves, maugréa-t'il.

- Tu voulais faire quoi ? Demanda-t'elle sèchement.

- J'veux me laver, je pue, répondit-il.

Elle arriva à le trainer jusqu'à la salle de bain, elle le fit s'asseoir sur le rebord de la baignoire.

- Tu pourras tenir ? Demanda-t'elle avec bienveillance.

- P'tain arrête de me faire chier ! Maugréa-t'il.

Je prends ça pour un oui… Il se tenait avec ses deux mains, tandis que la jeune femme attrapa l'élastique de son boxer. Il lui prit le poignet, elle l'interrogea du regard et comprit en voyant l'expression sérieuse du jeune homme.

- J'ai déjà vu des hommes nus, précisa-t'elle. Et puis c'est de bonne guerre, tu m'as bien vue nue, ajouta-t'elle en souriant.

Il la laissa donc faire, elle s'accroupit pour descendre le vêtement. Elle fit un léger sourire en voyant des piercings, là où elle ne s'y attendait pas. Une fois le vêtement retiré, elle l'aida à entrer dans la baignoire vide. Soigneusement, elle défit les pansements. Puis elle prit le pommeau de douche pour y faire couler de l'eau chaude très doucement. Munie d'une éponge pour le corps qu'elle humidifia, elle commença par l'approcher quand il éloigna sa main de lui.

- Tu me prends pour un mioche, Shorty, ronchonna-t'il avec un regard meurtrier

- Non, pour un stupide dragonnet qui s'est laissé vider de son sang, rétorqua-t'elle d'une voix mielleuse.

Il serra les dents, piqué à vif par cette remarque.

- Tsss…

- Si tu prends une douche normale, tu ouvrirais tes blessures, crétin, expliqua-t'elle.

Sur ces mots, elle commença à nettoyer le corps du dragon, doucement, délicatement. Elle débuta par les bras, puis le torse, elle était méticuleuse et douce. Le ténébreux la surveillait au départ. Puis il examina sa soigneuse que lui-même trouvait d'une patience angélique, il serait parti dès le premier jour à sa place, partant de sa petite main, son bras très finement musclé, son épaule dénudée, il arriva à sa mèche de cheveux azur ondulée, cachant un petit visage enfantin restant sérieux et concentré sur sa tâche. Elle n'exprimait rien d'autre pas de lassitude, pas de dégoût, pas de mépris, pas d'excitation. Même si le dernier point le vexait quelque peu dans sa virilité, ce professionnalisme de la jeune femme, montrant qu'elle ne le jugeait pas, le rassurait. De plus, les soins que lui procurait la jeune femme le détendait, il se laissa aller, fermant les yeux, lâchant un soupire de soulagement. Arrivée à l'entre-jambe, elle utilisa la douche avec peu de pression, le massant, il fit un léger sourire, il n'avait pas suffisamment de sang pour être excité, mais au fond il n'avait pas à se plaindre. Elle le rinça délicatement.

- Redresse-toi, dit-elle.

Il obéit avec peine à cause de la douleur, se tenant par les avant-bras. Elle recommença son opération sur le dos du brun. Elle s'appliqua dans cette toilette. Elle lava ses cheveux, lui demandant de se pencher, le ténébreux obéissait, se laissant dorloté. Une fois finie, elle l'essuya, le sécha, puis elle l'aida à se relever. Un bras sur ses épaules, elle le guida au lit où elle l'allongea. Elle lui remit un sous-vêtement propre, le brun fulminait, il en pouvait plus d'être ainsi comme une larve. La bleutée rapporta de quoi faire des pansement propre de la salle de bain. S'agenouillant à côté de lui, elle commença à ouvrirent des sachets de compresses. Il l'observait encore.

- T'as connu beaucoup d'hommes ? Demanda-t'il curieux.

Lévy hoqueta à cette question et considéra le Kurogane, ce dernier était tout ouï. Cette question la surprenait réellement, Gajeel n'était pas du genre à s'intéresser à la vie personnelle de qui que ce fut. Et lui, le ténébreux taciturne lançait une discussion ! Elle devait être dans un monde parallèle.

- C'est intime comme question, dit-elle en reprenant sa tâche.

- Je t'ai donné une douche et tu viens de me nettoyer le cul, j'crois qu'on a passé un cap au niveau intimité.

Elle émit un petit rire.

- Ce n'est pas faux, dit-elle en haussant les sourcils rapidement. Et bien, tu as lu mon dossier donc tu sais que j'ai été mariée. Et avant, il n'y avait eu qu'un seul homme, mon premier, lorsque j'avais dix-neuf ans.

- Pas plus ? S'étonna-t'il.

- Non, répondit-elle en coupant du sparadrap. Cela ne m'intéresse pas vraiment…

- T'es lesbienne ? Interrogea-t'il en haussant un sourcil.

Elle gloussa.

- Non, d'après mon ex-mari, je suis plutôt dans la catégorie frigide, ironisa-t'elle.

- C'est pour cela qu'ça pas marché ? S'enquit le brun.

- Entre autre, mais le fait qu'il ait couché avec ma seule amie à la fac, ma demoiselle d'honneur lors de la fête du mariage, sa collègue, puis sa secrétaire et d'autre femmes qui me son totalement inconnues et… à lui aussi, n'a pas aidé à préserver notre couple, dit-elle avec sarcasme. Il faut que tu retournes.

Gajeel se mit sur le ventre non sans mal, puis la jeune femme s'exécuta sur les plais de son dos.

- Il n'a pas d'honneur, affirma-t'il.

Elle jeta un coup d'œil sur le visage de Redfox, il semblait très sérieux. Elle trouvait qu'il était un poil hypocrite sur ce coup.

- Drôle d'affirmation pour un homme qui couche avec une femme différente chaque soir, dit-elle.

- C'est pas la même chose, rectifia-t'il. Il t'a fait une promesse. Si un mec peut pas tenir sa queue, il n'a pas à faire ce genre de truc.

Elle le fixa. Il avait raison, Lévy le savait. Gajeel était certainement plus honnête en ne promettant rien à ces femmes que Droy en l'épousant alors qu'il savait qu'il ne serait pas fidèle et en reportant sa responsabilité sur elle.

- C'est vrai, confirma la bleutée en reprenant sa tâche. Et toi ?

- Que des trucs pour le cul, répondit-il simplement.

- Rien de sérieux ? Demanda-t'elle.

- Chui pas ce genre de mec, Shorty, ricana-t'il.

- Luxus non plus, pourtant il a Mira, argumenta-t'elle.

- Mira c'est la femme de sa vie, c'est pas pareil.

- L'autre jour, à Sabertooth, il était avec une femme…

- Jenny, c'est une amie de la démone, elle nous dépanne. Répondit Gajeel. Ça fait bien d'avoir un mannequin à son bras, ajouta-t'il avec un sourire en coin.

- J'ai cru que…

- Il ne le ferait jamais, puis s'il tentait, Erza lui couperait les couilles.

- Effectivement, c'est un risque, ria Lévy.

Puis elle arriva sur sa blessure la plus importante, un long trait partant de son flanc droit, ce qui la calma et effaça son sourire. Elle l'examina avec tristesse.

- Pourquoi tu n'as rien dis pour Phantom Lord ? Reprocha-t'elle tristement.

Il se raidit légèrement en entendant la voix tremblante de la jeune femme, mais il garda les yeux rivés sur la fenêtre.

- Tu aurais pu mourir, ajouta-t'elle.

- Il m'en faut plus pour me buter, rétorqua-t'il las.

- Tu aurait dû le dire, affirma-t'elle.

- T'es chiante à t'occuper de mes affaires, râla-t'il.

- Je suis ta coéquipière, ce sont un peu les miennes. Et puis, tu as pensé à Wendy ?! Hurla-t'elle.

- Pourquoi tu crois que chui toujours en vie ?! Ragea-t'il avec véhémence et amertume.

Lévy écarquilla les yeux, elle n'osait rien répondre à cela, elle vit le dragon totalement démunit. Il souffla.

- Ces mecs, ils ont le droit de vouloir se venger, dit-il plus calmement. Chui pas un type bien, Shorty…

- Alors tu veux mourir ? Demanda-t'elle choquée.

- J'le mériterais, affirma Gajeel le plus sérieusement du monde.

La bleutée sentait son cœur se serrer, elle resta figée, cette affirmation du brun était terrible.

- T'as fini ? Demanda-t'il froidement.

- Oui, murmura-t'elle timidement.

- Chui crevé, dit-il pour qu'elle s'en aille.

Elle descendit du lit et alla ranger les pansements dans la salle de bain. Alors qu'elle partit en direction de la sortie de la chambre, Gajeel qui s'était mit sur le dos, l'interpella.

- Shorty, chai t'es compact, mais prend la chambre de Wendy au lieu de rester sur le canapé, la clé est à l'entrée.

- D'accord, dit-elle.

Elle n'ajouta pas plus, elle savait que le brun s'était muré dans son mutisme habituel. Lui parler plus n'aurait que compliqué les choses. Elle retourna au séjour, retrouva la clé de la chambre de Wendy dans le placard de l'entrée. Elle rassembla ses affaires et partit à la porte qui faisait face à la chambre de Gajeel. Elle l'ouvrit et découvrit une chambre un peu plus petite que celle du brun, avec un lit double, un bureau et une penderie. Il y avait des chatons en déco, des rideaux de couleur verte à la fenêtre. Elle posa son sac au sol. Elle se jeta sur le lit et lâcha un soupire déchirant…Wendy n'avait pas tord, son frère était seul…

Au quatrième jour, bien qu'il fut toujours un peu fatigué, Gajeel arrivait à marcher. Il devait être quatre heures du matin environ quand il eut envie de manger. Il s'était préparé un sandwich qu'il engloutit rapidement. Il retourna dans sa chambre quand il entendit des sanglots venant de la chambre de Wendy, la lumière était allumée. Il ignorait s'il devait faire quelque chose, mais après réflexion...

- Tsss…j'ai déjà assez d'emmerdes comme ça, se dit-il en partant dans sa propre chambre.

Au milieu de l'après-midi, Lévy travaillait avec un ordinateur portable sur le bureau de Wendy, lorsque le dragon posa dessus une boîte en carton. Elle l'interrogea du regard…Gajeel restait inexpressif.

- Tsss…siffla-t'il avant de partir.

Curieuse, la jeune femme ouvrit le carton après s'être levée. Dedans, il y avait des enregistrements vidéo et des dossiers papiers, tous ne concernaient qu'une seule personne : Gajeel Redfox.


- Hey ! Le Kurogane, t'as de la visite, héla un matton.

Gajeel, âgé de vingt ans, portait des vêtements du centre carcéral de Crocus, une combinaison orange, un bandeau jaune tenait sa longue chevelure ébène en arrière. Il descendit de son lit, celui du dessus, et sortit de sa cellule de six mètres carrés. Il partit en direction du couloir pour aller en direction du parloir. Le garde le suivant, il attendit devant une première porte, on le menotta aux poignets et aux chevilles, puis une seconde porte s'ouvrit. Le surveillant lui indiqua la salle individuelle, il ouvrit et fit entrer Redfox. Le ténébreux découvrit la personne qui voulut lui parler assis près de la table, il écarquilla les yeux, Makarov Drear, le vieux à cause de qui il était là.

- Bonjour mon garçon, dit le vieil homme.

- chui pas votre garçon, le vieux, aboya Redfox.

- Comme tu veux, assis-toi, dit-il sur un ton bienveillant en montrant la chaise face à lui.

- J'vois pas ce qu'on a à se dire, rétorqua Gajeel en tournant les talons, il allait rappeler le garde quand…

- Juvia est inquiète pour toi et pour ta sœur, Wendy, dit-il.

Il se raidit, se retourna, le regard noir…

- Ne touchez pas à elle ! Menaça-t'il.

- Je ne suis pas José, ta sœur n'a rien à craindre de moi, assura Makarov.

- C'est ce que vous avez dit à mon père avant qu'il disparaisse ? Demanda Redfox sur un ton ironique.

Le vieil homme baissa les yeux, une expression grave se dessina sur son visage.

- J'ignore ce qui est arrivé à Métallicana, mais peut-être que tu veux savoir ce qui c'est passé.

- Tsss…Comme si j'avais qu'ça à faire le vieux, cracha-t'il pleine de dédain.

- Tu as des projets plus important en ce moment ? Se moqua le directeur de Fairy Tail.

Gajeel soupira.

- Crachez votre morceau ! Grogna-t'il.

- J'ai une proposition à te faire, une proposition pour te faire sortir d'ici, dit Makarov.

Interloqué, le dragon d'acier vint s'affaler sur la chaise face au vieil homme, et l'interrogea du regard.

- Je veux que tu viennes travailler pour moi, affirma l'homme à la moustache blanche.

Un sourire narquois s'afficha sur le visage du brun.

- Tsss…J'ai quoi en échange, dit-il incrédule.

- Tu sortiras d'ici pour rejoindre Fairy Tail et Wendy sera protégée, répondit le directeur de Fairy Tail.

- Gihi, et les gars que j'ai tabassés, les braquages, les mecs que j'ai butés, les amphétes …C'est pas contraire à vos principes tous ça ?

- Il va bien sûr falloir que tu fasses preuve de ta bonne volonté.

Gajeel ria à gorge déployée, puis il se leva brusquement prenant un air carnassier. Makarov resta stoïque.

- Si je vous rejoignais, ce serait pour buter la salamandre et vous après de mes propres mains, dit-il d'une voix grave.

Puis il s'éloigna et tapa la porte pour appeler les gardes.

- On peut aimer la solitude Gajeel, mais personne ne peut vivre seul en permanence, dit calmement Makarov.

Le ténébreux hoqueta en entendant cette phrase, puis la porte s'ouvrit…


- Juvia pense que Gajeel devrait réfléchir à la proposition du directeur Makarov.

Juvia était venue quelques jours après, le passage de Makarov Drear, voulant à tout prix raisonner son ami.

- P'tain, Juvia, arrête te me faire chier avec ça ! Dit-il las.

La jeune femme afficha une expression contrariée face à l'entêtement de son ami.

-Mademoiselle Wendy serait fière de Gajeel, s'il choisissait cette voie, argumenta-t'elle. Elle a besoin de son frère.

Elle disait vrai et Redfox le savait. Bien sûr Fairy Tail lui offrirait une sorte de rédemption et il pourrait effectivement obtenir la fierté de sa sœur. Mais être le Kurogane…Il l'avait été depuis tellement longtemps, il en avait bavé pour le devenir… Le ténébreux semblait perdu en cet instant entre ce qu'il voulait et ce qu'il y avait de mieux à faire pour sa soeur.

- Elle est triste, ajouta Juvia avec amertume. Gajeel fait du mal à la seule personne qui compte pour lui.

- Qu'elle ne vienne jamais ici, ordonna-t'il avant de se lever avec un air renfrogné.

Songeur, il partit. Sur le chemin pour rejoindre sa cellule, il récupéra les amphétamines qu'il avait payées auprès d'un détenu. Arrivé, il s'appuya sur le lit du haut, il regarda son sachet de pilules entre ses doigt, réfléchissant, que devait-il faire ? Il soupira.

- Putain, ragea-t'il en frappant la barre du lit.

Il alla à la cuvette des toilettes, jeta le sachet dedans et tira la chasse.

- Hey, le matton, j'veux téléphoner ! Cria-t'il.


Accoudé au téléphone, il fit un numéros, il attendit que quelqu'un réponde…

- Ouais, c'est Gajeel, j'veux qu'elle disparaisse de mon dossier, donnez lui une nouvelle identité, j'veux que vous lui payez ses études quand elle en fera, j'dirais oui que si vous m'accordez ça.

- D'accord, mon garçon, répondit la voix au téléphone.

- Vous me libérez quand ? Demanda le brun.

- Quand nous estimerons que tu seras prêt, dit la voix.

- Ça veut dire quoi…

La personne avait raccroché.

A partir de ce jour, Gajeel ne prit plus d'amphétamine qu'il consommait régulièrement pour les combats de rue. La désintoxication fut violente, il tomba malade plusieurs fois. Mais il refusait tout substitut même venant de l'infirmerie. Il était suivi par le psychologue de la prison. Il prit le boulot dans l'atelier de sidérurgie de la prison et suivait les cours proposés, évitant les autres détenus un maximum afin de ne pas créer de rixes. Au bout d'un an et un mois, il fut convoqué par la commission de liberté surveillée, il comprit d'où venait cette initiative en voyant Makarov parmi ceux qui étudiaient son dossier…


Lévy avait visionné les films qui portaient sur les discussions que Makarov et Juvia avaient eu avec lui. Les rapports de conduite de Redfox, ils différaient du tout au tout entre la première et la deuxième année. La première année étaient jalonnée de bagarres dans lesquelles il avait été impliqué, suspecté d'agression sur d'autre détenu surtout des délinquants sexuels. Sa toxicologie révélait la consommation d'amphétamine, le rendant plus violent. Tous cela n'apparut plus durant la seconde année. Le rapport psychologique, mutisme, comportement violent, colère, sentiment d'abandon, traumatisme de l'enfance, elle trouva les indications sur le suicide de la mère de Wendy et Gajeel, ainsi que le rapport de police sur les morts de trois cambrioleurs chez leurs parents lorsque Redfox avait cinq ans. Cela faisait un jour, qu'il lui avait permit d'entrer dans ce qu'il avait de plus enfouis en lui, elle ne put s'empêcher de l'étudier méticuleuse, essayant de découvrir qui pouvait être le Dragon d'acier. Assise en tailleur sur son lit, vêtue d'une simple robe blanche, elle ferma le dernier dossier quand…

- Oï !

Elle sursauta de surprise et se retourna.

- Gajeel ?! S'exclama-t'elle les yeux écarquillés derrière ses lunettes.

Il allait mieux, même s'il peinait à rejoindre à la chaise du bureau, il portait juste un large pantalon en tissu noir. Il fixa la jeune femme, l'incitant à lui révéler ce qu'elle en avait déduit sur lui. Elle retira ses lunettes, une mine triste s'affichait sur son visage.

- Tu as vraiment tué à l'âge de cinq ans la première fois, affirma-t'elle.

Il hocha de la tête pour dire oui.

- Les cambrioleurs, mais aussi ceux qui ont violé ta mère, dit Lévy.

- Il n'y avait que moi et ma mère dans la maison, elle m'avait caché dans sa penderie. Ils étaient trois, ils l'ont prise sur le lit et l'on violé un par un. Dans la penderie, j'ai trouvé l'arme de mon père, chui sorti. Et jl'ai vu, ce type entre les cuisses de ma mère, elle pleurait, elle saignait… et elle continuait à supplier qu'on me fasse pas de mal quand les mecs m'ont remarqué, une profonde amertume s'afficha sur son visage, ses muscles étaient tendus.J'ai tiré sur les mecs, en pleine tête, puis le recule du flingue m'a fait lâcher et ma mère l'attrapa pour buter les deux autres…

- Seulement, neuf mois après, Wendy vint au monde, constata Lévy.

- Elle ne le sait pas et elle ne doit jamais le savoir. Mon père a fait comme si c'était sa fille. Ma mère…le brun déglutit. Elle n'a pas su passer à aut'chose.

- Avoir un enfant d'un viol est extrêmement dur à vivre, elle a dû voir son violeur à travers Wendy. Analysa-t'elle. D'où le fait que tu ne supportes pas les violeurs. Tu t'es senti abandonné par tes parents et tu as été privé d'enfance pour que Wendy puisse en avoir une. Mais je crois que cela te plaisait d'être…le Kurogane, dit-elle en ancrant ses yeux noisettes dans ceux du jeune homme.

Il répondit à son regard avec un sourire en coin, il était fasciné par l'intelligence de cette femme.

-Ouais, dit-il sans détour. Là d'où je viens, tu es une merde ou le pied qui écrase la merde, j'ai vite choisi mon camp. Leur foute la trouille, c'était le pieds. Ils chiaient tous dans leur froc en me voyant… ouais, j'aimais tabasser ces connards. J'étais quelqu'un…

- Mais tu ne voulais pas que ta sœur te voix ainsi, ajouta Lévy.

Ils se regardèrent se comprenant entièrement sur ce sujet.

- Maintenant tu sais c'que chui, dit-il en se levant.

-Cela ne fais en rien de toi quelqu'un de mauvais, dit-elle avec conviction. Il est normal de vouloir être respecté.

- Tsss…

Il continua sa marche dans le couloir. Elle descendit de son lit et le suivit.

- Je suis sincère, ajouta-t'elle déterminée.

Il se retourna la plaqua contre le mur et la toisa, les deux mains la maintenant faiblement par les épaules.

- J'ai vu ton regard la première fois que tu m'as vu, t'avais la trouille, dit-il avec hargne.

- Et là, tu vois de la peur ? Dit-elle en ouvrant grand ses yeux.

Il fixa les grands orbes noisette et il y retrouva cette lueur de détermination encore et toujours, tandis que la colère montait en lui. Finalement, il ne comprenait pas cet entêtement.

-Tu n'es pas le Kurogane, le kurogane n'est qu'un mensonge, le mensonge que tu as créé pour ne pas que tu réalises qui tu es en réalité, expliqua-t'elle.

- Ah ouais ! Et chui qui ? Ragea-t'il.

-Quelqu'un de seul, affirma-t'elle.

Un silence se fit, le regard du brun se fit moins violent, plus perdu, puis la bleutée continua.

-Tu n'y peux rien, tu te sens seul, quoique tu fasses, tu as beau être entouré, Fairy Tail, Wendy, Yajima, Sue. Malgré tous cela, tu te sens seul, parce que tu penses que tous ces gens t'abandonneront à la première occasion, comme ta mère et comme ton père…Ils t'ont privé de ton enfance, ils t'ont privé de ce sentiment de sécurité que doivent fournir tout les parents, même si ce n'était pas volontaire. Cette idée est ancrée en toi, elle te ronge jour après jour... Tu en veux à tes parents, alors tu as utilisé la haine, la violence pour masquer tous cela…

La jeune femme parlait avec tant de conviction, que Gajeel comprit qu'elle parlait en connaissance de cause.

- Et toi, ton masque c'est quoi ? Demanda-t'il.

La jeune femme hoqueta et tourna la tête regardant vers le sol.

- Une tendance à tout rationaliser, à chercher à tout comprendre et un sourire forcé pour rassurer les gens, répondit-elle les larmes aux yeux. Elle déglutit. Nous sommes tous les deux prisonniers des mensonges.

Le ténébreux mit son index sous le menton de la jeune femme, la faisant lever la tête pour qu'elle le regarde. Leurs yeux se retrouvèrent à nouveau.

- Pourquoi tu pleures la nuit ? Demanda-t'il avec moins de violence dans son ton.

Elle hoqueta de surprise, cette discussion prenait une tournure inattendue pour elle.

- Je…J'ai perd…

Un raclement de gorge venant du séjour l'interrompit. Wendy était revenue, elle semblait gênée, malgré son sourire.

- Je n'aurais pas dû vous déranger, dit-elle.

Gajeel se redressa.

- Non, tu ne déranges pas, dit Lévy, j'allais prendre une douche, s'excusa-t'elle troublée.

- J'vais faire à bouffer, tu m'aides gamine, dit Gajeel en s'approchant de sa sœur.

Maintenant que Wendy était là pour le week-end, Lévy pouvait repartir à Fairy Tail, passant à autre chose... Elle avait éliminé tous les profils possibles, il était temps de découvrir qui était Zeleph…


Voilà, un chapitre plus sur Gajeel...