Chapitre 45 : Vivre sans toi …
Bonsoir tout le monde,
Rapide passage pour poster ce chapitre qui permet de comprendre certaine chose du passé !
Un grand merci à toutes pour vos reviews toujours aussi passionnantes ^^
Certaine ne s'attendait pas au coma de Bella alors que d'autre oui. C'est un choix et j'espère que vous comprendrez pourquoi dans la suite !
Allez, assez de blabla je vous laisse lire et on se retrouve en bas …
Chapitre 45 : Vivre sans toi …
PDV Kiara
Trois jours.
Cela faisait trois long jours que ma mère était tombée dans le coma et il n'y avait aucun signe d'amélioration pour le moment. Elle restait désespérément immobile dans ce lit d'hôpital, désespérément éteinte.
J'aurais aimé croire qu'elle allait finir par se lever dans un proche avenir, que la vie allait redevenir normal mais l'espoir s'effilochait à mesure que le temps s'écoulait. De toute manière la vie n'avait jamais vraiment été normale.
L'état de mes petites sœurs n'était pas au beau fixe non plus, mais elles s'étaient psychologiquement.
Lise était ingérable, enchainant les crises à répétition. Elle qui avait toujours été une enfant très calme, j'avais du mal à la reconnaître tant elle était insupportable. Quand à Charlotte, elle essayait de rester calme la plupart du temps mais je me levais souvent la nuit et j'entendais ses pleurs qu'elle étouffait dans son oreiller.
Elle tentait de cacher ses yeux rougis mais je n'avais pas besoin de l'analyser avec soin pour les remarquer. Je ne faisais aucun commentaire j'attendais qu'elle m'en parle mais elle restait muette ce qui m'inquiétait encore plus que les crises de Lise.
Nous tentions tant bien que mal avec Edward de gérer la situation mais je ne pouvais ignorer que nous échions lamentablement. Mes sœurs avaient besoin de notre mère. Elles avaient besoin d'être rassurées par la seule capable de le faire.
Edward ne s'était pas rendu au travail depuis trois jours non plus et je doutais qu'il puisse se soustraire longtemps à ses responsabilités. Je comprenais parfaitement qu'il avait une société à faire tourner.
Aro venait nous voir tous les jours et je prenais des nouvelles de la compagnie mais il était évasif dans ses réponses ce qui me rendait suspicieuse. Je savais d'après ses quelques réponses que là non plus les choses n'étaient pas florissantes. Visiblement il se passait quelque chose et les associés de ma mère étaient inquiets que la situation ne s'aggrave.
J'avais essayé d'en savoir plus bien sûr mais je n'avais obtenu rien d'autre qu'un haussement d'épaule et une phrase sans fondement comme quoi tout allait s'arranger.
Pour l'instant rien ne s'arrangeait et j'avais plus tendance à penser que les choses iraient en empirant.
Je rendais visite à ma mère aussi souvent que je le pouvais mais avec les filles, qui demandaient beaucoup d'attention, ce n'était pas facile.
Nous nous relions beaucoup avec Edward mais nous ne pouvions jamais être ensemble à l'hôpital pour éviter que les filles ne soient seules. Mon nouveau père me laissait y aller en général aussi souvent que je le voulais, m'accompagnait même, alors que pour sa part, il ne restait jamais longtemps.
Deux jours auparavant, nous avions eu le droit à la visite de la police. J'avais du raconter encore et encore ce qui s'était passé durant cet enlèvement. J'aurais voulu les envoyer bouler. Pourquoi cherchait-il aujourd'hui la vérité alors qu'ils avaient été incapables de la trouver pour Tanya ou pour Quil à l'époque ?
Le fait que nous soyons la famille Voltury devait-il forcément changer quelque chose maintenant ?
Ils n'avaient en rien aidé ma mère avant pourquoi sous prétexte qu'elle était quelqu'un maintenant, auraient-ils plus de succès ?
Visiblement peu contents que je remette en cause leur savoir-faire et leur compétence, j'avais été vertement remise à ma place mais cela ne m'avait pas empêchée de les fusiller du regard tous autant qu'ils étaient.
Ils n'avaient pas retrouvé James, résultat il avait tué Tanya et Quil, il m'avait enlevé et s'il arrivait malheurs à ma mère aujourd'hui, ils seraient également responsables de sa mort.
Je n'avais aucune confiance en eux.
A aucun moment Edward assis juste à côté de moi ne m'avait interrompu. De toute façon je ne suis pas certaine que je l'aurais laissé faire.
J'avais de la rage à évacuer et ils étaient pour l'instant les seules que je pouvais directement accuser.
James était mort et ses complices avaient tous été arrêté. Ils n'étaient rien de plus que des pommés engagés pour l'occasion. C'était James le cerveau, eux n'étaient que des pions dans un échiquier.
Cette histoire était finie maintenant et quand ma mère se réveillera, ses mots seront d'autant plus vrais.
Pour l'heure, je me trouvais dans la Volvo d'Edward, mes petites sœurs se trouvaient à l'arrière et regardaient le paysage comme si s'était la chose plus intéressante qui soit. Je savais pourtant qu'elles n'en avaient strictement rien à faire de ce qui se passait à l'extérieur.
J'avais mal de les voir aussi renfermées et surtout aussi tristes. Je me doutais qu'au vu des circonstances elles ne pouvaient être aussi exubérantes que d'ordinaire mais mon cœur saignait de les voir dans cet état.
Si ma mère venait à ne pas se réveiller, dieu seul savait ce que ça aurait comme conséquences. Non seulement sur moi mais aussi sur elles … et sur Edward.
Je me préoccupais de mes petites sœurs et la plupart du temps cela me détournait un peu du souci que je me faisais pour maman. Au moins, mon attention était axée sur autre chose.
Mais quand je posais mes yeux sur Edward, sur ce nouveau père dont je n'avais jamais soupçonné l'existence, j'étais inquiète aussi.
Il avait les yeux vides et bien qu'il faisait preuve d'un calme olympien et d'une patience d'ange avec Charlotte et plus particulièrement avec Lise, il était comme vide lui aussi. Comme nous.
Assis derrière le volant, il avait pris la décision ce matin en se levant de nous rendre chez ses parents.
Pour être honnête, j'aurais préféré ne pas avoir à les affronter de nouveau.
Bien sûr, j'avais revu Carlisle et Esmée depuis trois jours mais concentrée sur ma mère et sur son état, je n'avais pas eu besoin de les affronter directement.
Je voyais le regard d'Esmée Cullen me sonder de ses prunelles bleues chaque fois que je me trouvais dans la même pièce qu'elle. Elle me mettait mal à l'aise pour être honnête.
Je n'en avais pas parlé à Edward mais j'étais intimement convaincue qu'elle savait pour moi, bien avant que James ne lâche la bombe dans cet entrepôt sordide. J'ignorai comment elle avait pu découvrir une vérité si bien gardée mais le fait est que j'étais certaine de moi.
Esmée Cullen n'était pas choquée ni surprise par la soudaine paternité de son fils alors que dans une telle situation ma propre mère aurait sans doute péter une durite.
Certes la mère d'Edward (ma grand-mère donc par conséquent) n'avait pas beaucoup de point commun avec la mienne, mais j'étais certaine que mes suppositions étaient les bonnes.
Quand nous fûmes arrivés à destination, je descendis calmement de voiture avant d'aider mes petites sœurs à faire de même.
Lise pourtant si peu timide d'ordinaire, passa ses bras autour de ma jambe et enfouis son visage comme pour se cacher.
Je la hissais sur ma hanche et cette fois sa tête finie dans mon cou. Je pris la main de Charlotte et quand Edward nous rejoignit, on avança vers la porte qu'il ouvrit sans frapper. Comme la première fois où j'étais venue, il nous conduisit vers la cuisine où se trouvaient déjà Esmée et Carlisle.
Ils nous attendaient justement et quand ils nous aperçurent, ils se levèrent pour venir à notre rencontre.
Edward embrassa ses deux parents mais aucun des deux ne s'approcha de nous.
- Bonjour les filles, murmura Carlisle en nous observant chacune à notre tour.
Son sourire était bienveillant et il tentait de nous apaiser avec les armes qu'il avait.
- Vous avez faim ? Esmée a fait des gaufres … vous en voulez ?
La première réaction de mes sœurs fut de secouer la tête dans un signe de négation mais le médecin était tenace et il n'allait certainement pas se contenter de ce refus muet.
- Et comment voulez-vous devenir grande et forte sans manger de gaufres ?
- C'est pas bon le sucre …maman elle dit qu'il faut pas en manger beaucoup …
La voix de Lise était incertaine mais je fus un instant soulagée en la voyant sortir de mon cou et regarder le père d'Edward.
Je ne pus m'empêcher de rire doucement. Je reconnaissais là, la répartie de ma petite sœur qui à seulement 4 ans avait déjà un fort caractère.
- Oui mais c'est bon les gaufres, tu ne crois pas ?
Lise regarda le plat avant de se tourner vers moi.
- Je peux, tu crois ?
- Bien sûr que tu peux manger ses gaufres. Ça te ferait du bien, non ?
Lise n'avait pas mangé grand-chose depuis trois jours donc qu'elle accepte maintenant d'avaler ses gaufres était déjà un grand pas, même si ce n'était pas le plat le plus diététique qui soit.
Je posais ma sœur sur le sol et elle s'avança à pas hésitant vers le comptoir. Elle chercha à monter sur le tabouret mais comme elle était trop petite Carlisle entreprit de l'aider.
Esmée, spectatrice jusque-là, posa une assiette devant la petite qui marqua un temps de pose avant de prendre la gaufre et de la porter à sa bouche.
Elle savoura quelques instants avant de regarder Charlotte.
- C'est trop bon … tu veux manger toi aussi ?
Ma sœur parut hésiter avant de se joindre à Lise.
Aucune d'entre elles n'avaient de sourire jusqu'aux oreilles mais au moins elles paraissaient sereines et elles mangeaient surtout.
Carlisle était entrain de les distraire en parlant de choses heureuses et il obtenait une réponse de la part de mes deux petites sœurs.
Sans que je m'y attende, l'émotion me submergea soudain et quand je croisais le regard d'Esmée, je craquais et je sortis de la pièce pour éviter à mes sœurs de voir mon état.
Je débouchais sur le salon et je me postais devant la fenêtre.
J'aurais aimé sortir mais avec ce qui s'était passé la dernière fois que j'avais mis le nez dehors, je restai un moment bloquée devant cette fenêtre sans pouvoir esquisser le moindre geste.
J'essayais de ne pas penser à ce qui s'était passé avec James et la plupart du temps j'y parvenais mais parfois ça me revenait et j'avais du mal à passer à autre chose.
Cela passerait surement mais pour le moment, ne pas pouvoir en parler me pesait quelque peu. J'aurais voulu me confier et la seule personne à laquelle je pouvais le faire était pour l'instant dans le coma entrain de se battre pour sa propre vie.
J'entendis distinctement des pas derrière moi et je compris sans avoir besoin de me retourner qu'Esmée était derrière moi.
Je m'attendais à ce qu'elle dise quelque chose mais elle ne fit aucune remarque et je lui en fus gré.
Je n'avais pas besoin de ses phrases vides de sens sur le fait que tout allé s'arranger.
Personne ne le savait pas même Carlisle.
A quoi bon devenir médecin si même eux était incapable de sauver ma mère ?
- Ta maman est forte …
- Je le sais.
Mais parfois la force ne suffisait pas. Ma mère avait trop souffert et je pourrais comprendre si elle lâchait prise. Comment pourrais-je lui en vouloir d'abandonner après tout ce qu'elle avait vécu ?
Je ne pourrais pas l'accepter mais je le comprendrais.
- Elle ne vous abandonnera pas …
- Comment vous le savez ?
- Parce que si j'étais à sa place je n'abandonnerais pas … jamais …
Je haussais les épaules et croisais les bras sur ma poitrine. Esmée était bien gentille mais me rassurer importait peu pour l'instant. Je ne croirais à ses paroles que le jour où ma mère serait réveillée et que je pourrais enfin la serrer contre moi. A ce moment-là je pourrais enfin lui dire merci non seulement pour ce qu'elle avait fait pour moi mas également d'être ma mère, le jour où je pourrais enfin présenter des excuses pour ce que j'avais fait.
- Vous ne connaissez pas ma mère …
- Non … mais l'amour qu'elle ressent pour vous trois et le même que j'ai pour mes enfants … pour mes petits-enfants …
Le dernier mot me fit tourner la tête vers elle et je détaillais son visage durant un long moment. Ce que je pus y lire me confirma ma théorie.
- Vous saviez … vous saviez bien avant l'arrivée de James …
Je fus presque choquée quand elle baissa les yeux en signe de culpabilité.
Un mouvement au coin de mon œil me fit tourner la tête et je vis Edward entrer dans le salon les yeux rivés sur sa mère.
Visiblement il était aussi choqué que moi sur cette révélation soudaine.
- Maman ?
Esmée se tourna vers son fils et lui adressa un sourire d'excuse.
- Quand j'ai vu Kiara pour la première fois, j'ai éprouvé une sorte de malaise … j'aime me dire que je l'ai su dès le départ mais … le jour ou Isabella a avoué qu'elle ne savait pas qui était le père de Kiara dans cette salle de tribunal, c'est à ce moment-là que j'ai eu les premiers doutes … je suis allée chez elle quelques jours après. Au départ je voulais seulement la supplier d'abandonner ses poursuites mais elle te vouait une telle haine, c'était peine perdu. Et puis en tombant sur une photo de Kiara …
« C'est comme si tout était devenu clair … j'ai compris que Kiara n'était pas la fille biologique d'Isabella.
PDV Esmée
Flashback
- Il aurait plutôt dû demander … qui était sa mère … n'est-ce pas ?
Le visage horrifié d'Isabella ne me trompa pas et je compris que je venais de viser juste.
- Vous dîtes n'importe quoi … je vous demanderais de quitter ma maison … vous …
- Vous savez que j'ai raison.
La terreur qui s'était emparée d'elle était tout à fait inédite pour moi. Je n'avais jamais vu une personne ressentir une peur aussi soudaine pour de simple parole.
- Vous n'êtes pas la mère biologique de cette adolescente …
Le silence tomba entre nous avant qu'Isabella ne se détourne pour me cacher ses sentiments et surtout les émotions qui la traversaient à la simple évocation de sa maternité remise en cause.
Mais j'étais mère également et il n'y avait pas mieux qu'une mère pour en comprendre une autre.
- Qu'est-ce que vous voulez ? Quel est votre prix ? La sortie de votre fils ?
Sa question me choqua quelque peu quand je compris qu'Isabella Masen Voltury pensait que j'allais la faire chanter. J'étais prête à tout pour faire sortir mon fils de prison mais certainement pas à jouer avec l'équilibre d'une adolescente qui apparemment n'avait aucun soupçon sur ses origines maternelles. Je ne m'abaisserais jamais à de tels actes.
- Vous savez parfaitement que je ne vous ferais pas chanter … mais je veux la vérité madame Voltury … si Kiara n'est pas votre enfant … de qui est-elle la fille ?
Gardant obstinément le silence, je compris que la PDG n'allait certainement pas éclairer ma lanterne. Elle ne me fournirait aucune réponse sur sa vie et encore moins sur celle de sa fille.
- Je sais compter vous savez … 15 ans, c'est cela ? Votre frère a été tué en octobre … Kiara est née 8 mois plus tard environ … je me suis renseignée … et je sais parfaitement compter … elle est la fille de votre sœur n'est-ce pas ?
Une larme s'échappa de l'œil d'Isabella et je compris que la aussi j'avais visé juste.
Tanya était la mère de Kiara.
Une vérité fit soudain jour dans mon esprit.
Si Tanya était la mère biologique de Kiara alors Edward pouvait parfaitement être son père. Les dates correspondaient en tout cas et je savais bien entendu que mon fils avait eu des relations avec cette jeune fille.
En détaillant le visage d'Isabella, elle n'avait apparemment pas fait le même rapprochement que moi. Comment l'aurait-elle pu ?
Elle n'avait pas ressenti cette sensation étrange quand elle avait posé ses yeux sur l'adolescente. Un sentiment d'avoir enfin trouvé une partie de moi dont j'ignorais avoir perdu l'existence.
C'était comme si mon cœur savait avant mon cerveau que je venais de trouver ce que je cherchais depuis longtemps.
Peut-être les gens trouverait-il cela étrange mais s'était des impressions que je ne m'expliquais pas moi-même.
Le cœur d'une mère et d'une grand-mère.
- Si votre sœur est la mère biologique de Kiara … Edward … mon fils est-il son père ?
Le choc que provoquèrent mes paroles, fit écarquiller les yeux de la PDG. Elle n'y avait même pas pensé une seconde.
- Je vous demande pardon ? Kiara n'est pas la fille d'Edward ! Ce n'est pas possible enfin … il … je …
- Vous savez que c'est parfaitement probable …
Le cri de la PDG me fit mal au cœur et j'éprouvais énormément de compassion pour cette jeune femme qui essayait tant bien que mal de se sortir de ce chagrin et surtout de cette peur qu'elle ne cessait de ressentir pour son enfant.
Parce que oui, je savais et elle aussi, que Kiara était son enfant même si elle ne l'avait pas porté. Les liens de sang n'avaient que peu d'importance. Isabella était la mère de Kiara, je ne remettrais jamais en cause sa maternité.
- NON ! Tanya m'a affirmé dans la lettre qu'elle m'a laissé que ce n'était pas quelqu'un de bien, qu'il était dangereux non seulement pour elle mais surtout pour Kiara. Elle m'a affirmé qu'il fallait que je la tienne éloigner de lui à n'importe quel prix !
Alors il était fort probable que Tanya Swan s'était trompé.
J'étais sûre de moi.
Je notais au passage le « quelqu'un de bien ». Serait-il possible qu'Isabella est de la considération pour mon fils ? Tout espoir n'était-il pas perdu ?
- Edward ne peut pas être le père de Kiara …
- Et si votre sœur s'était trompée ? Et s'il y avait des chances pour qu'Edward soit son père ?
Le regard horrifié d'Isabella me fit comprendre que pour elle, c'était impensable.
- Elle ne m'aurait pas menti la dessus aussi, ce n'est pas possible …
Pour Isabella se serait sans doute la goutte d'eau faisant déborder un vase déjà trop rempli. Une énième trahison de la part de sa sœur et peut-être de mon fils aussi, de son point de vue.
- Qu'est-ce que vous attendez de moi ? Je … je ne peux pas … je ne sais pas … même si il est son père …
Je m'approchais de la jeune femme et pris ses mains dans les miennes. Elles étaient glaciales. Isabella craqua complètement quand je fis mine de la prendre dans mes bras. La serrant contre moi comme l'aurait sans doute fait n'importe quelle mère, je ne pus m'empêcher de me demander comment une femme si jeune supportait de porter autant de souffrance en elle.
Isabella n'était pas un monstre, même si elle était celle qui voulait la perte de mon fils.
Je la serrais de brèves secondes avant qu'elle se ressaisisse.
- La seule chose à faire pour être sûr de ce que j'avance … c'est un test de paternité … faîte le Isabella … pour Kiara …
Isabella ne mit guère de temps pour hocher la tête.
Fin du flashback.
- J'ai pris une mèche de tes cheveux le lendemain, quand je suis venue te rendre visite à la prison … et je l'ai donné à Isabella. Elle a fait appel à un petit laboratoire privé sous un faux nom pour éviter tous problèmes. Les résultats lui sont parvenus seulement une semaine plus tard …
- Alors tu le savais ? Me demanda mon fils les yeux écarquillés.
- Oui. Mais j'attendais qu'Isabella parle à Kiara. Je sais que j'aurais dû t'en parler bien avant Edward. J'en suis consciente … mais Isabella avait besoin de temps pour parler à Kiara. Elle était notre priorité. J'ai accepté de lui laisser du temps, je voulais que les choses se fassent au mieux pour tout le monde, surtout pour elle.
« Quand Isabella m'a appelé il y a une semaine, elle m'a dit que Kiara serait de retour d'ici quelques jours et qu'elle avait prévu de lui parler enfin de vive voix sans faux semblant. Il fallait que la vérité vienne d'elle Edward, c'était son rôle et celui de personne d'autre. Il était convenu qu'une fois qu'elle aurait parlé à Kiara, Isabella viendrait te voir, elle-même pour tout te révéler sans rien te cacher. C'était prévu. Je te le jure …
- Mais enfin … j'ai vu Bella l'après-midi ou elle a révélé la maternité de Tanya à Kiara! Et elle m'a demandé de sortir de sa vie ! Elle m'a jeté ! Encore une fois, maman alors qu'elle savait très bien que j'étais le père de sa fille !
Mon fils souffrait et je voyais dans yeux le sentiment de trahison à l'idée que moi non plus je n'ai pas été honnête avec lui. Ce n'était pas du tout mon intention. Je ne voulais pas blesser mon enfant, je voulais juste protéger ma petite fille.
Kiara de son côté, restait interdite et elle regardait Edward sans trop oser dire ou faire quoi que ce soit. J'aurais aimé savoir ce qu'elle pensait.
Mais j'avais eu mes raisons à ce moment-là. Si mon fils avait eu Isabella au téléphone, il aurait parfaitement compris pourquoi j'avais préféré me taire.
- Quand Isabella m'a appelé pour me dire que tu étais le père de Kiara … elle m'a demandé pardon … elle était anéantie tu sais … jamais elle n'avait soupçonné ta paternité …
La sincérité dans la voix de la PDG, ces excuses douloureuses d'avoir ignoré cette vérité pourtant sous ses yeux. Personne ne pouvait lui en vouloir pour ça.
Je le lui avais fait comprendre mais elle m'avait presque supplié de me laisser parler à Kiara. Nous savions toutes les deux que s'était la meilleure solution.
- Mais elle savait que dorénavant la seule solution était de vous dire à tous les deux la vérité, continuai-je en sortant de mes pensées. Vous deviez le savoir ! C'était la seule solution … je lui ai juste accordé du temps pour qu'elle se fasse à cette idée ! Kiara devait rester la priorité Edward … imagine un instant ce par quoi elle est passée. J'ai juste voulu protéger tout le monde.
J'avais conscience que mes explications pouvaient paraitre bancales mais pourtant c'était l'exacte vérité. Dans cette histoire, je n'avais jamais cherché à blesser mon enfant, je voulais juste préserver cette adolescente inconnue qui se révélait être la première de mes petits-enfants.
Quand je sondais le regard de la jeune fille, je lisais surtout sa surprise mais elle ne paraissait pas en colère. Mon fils en revanche pinçait les lèvres et me regardait comme si je venais de le blesser. Je souffrais qu'il puisse penser ça de moi.
- Edward, écoute-moi, c'était le rôle d'Isabella … c'était à elle de te mettre au courant. Même si tu avais parlé … comment aurais tu réagi ?
Il fallait que je lui fasse comprendre. C'était essentiel.
Son regard se fit légèrement plus doux mais il se détourna et quitta la pièce au moment où mon mari y entrait.
Il fit naviguer son regard de Kiara à moi avant de revenir à l'adolescente. Finalement il m'adressa un regard interrogatif voulant apparemment que je m'explique. Mais je n'en eus pas le temps, Kiara se racla la gorge.
- Je comprends … et je vous en remercie … je n'aurais pas pardonné à ma mère si je l'avais appris de quelqu'un d'autre qu'elle. C'était son rôle, son devoir de tout me raconter.
Des larmes me parvinrent aux paupières alors qu'une folle envie de serrer cette adolescente contre mon cœur me terrassa.
- Je dois vous avouer que je ne sais pas ce que c'est d'avoir des grands-parents … d'avoir des oncles, des tantes et surtout un père … je n'en ai jamais eu. J'ai besoin d'un peu de temps, Edward a accepté de m'en donner …
Une vive émotion s'empara de moi. Cette enfant possédait une intelligence et surtout une gentillesse naturelle. Isabella avait accompli un travail remarquable. Je ne pourrais jamais assez remercier cette jeune femme d'avoir recueillie Kiara et de l'avoir élevée comme sa propre fille.
Le temps qu'elle demandait, était bien naturelle. Comment pouvait-elle nous accepter dans sa vie alors qu'elle ne nous connaissait pas ?
Sur le visage de Kiara on pouvait parfaitement y lire l'inquiétude et l'amour qu'elle portait à sa mère et à ses petites sœurs. Elle tenait bon le choc malgré tout ce qui lui tombait dessus. Elle ne craquait pas et ne le ferait sans doute pas.
Les marques laissées par James étaient encore bien vives et me donnaient des hauts le cœur mais la jeune fille était forte. Cette force d'esprit et de de caractère était sans doute le fait d'Isabella également.
Isabella ne pouvait pas abandonner.
Aucune de ses filles ne pourraient se relever d'une telle épreuve … pas plus que mon fils.
Je ne pouvais rien faire mise à part prier le ciel d'épargner la mère de ma petite fille, la femme que mon enfant considérée comme la sienne.
Reportant mon attention sur Kiara, je m'approchais d'elle et je vis Carlisle en faire de même.
Mon mari me prit la main et me sourit tendrement me montrant qu'il comprenait et qu'il me pardonnait d'avoir gardé ce secret durant ces longs mois.
Il était mon pilier mon roc, sans lui je n'en serais pas là.
- Tu peux prendre tout le temps que tu veux du moment que tu nous promets de faire de la place pour nous dans ton cœur …, murmura Carlisle en posant prenant de sa main libre celle de l'adolescente.
- Je vous le promets …
Posant ma main sur les leurs, j'adressais un sourire à ma petite-fille qui me le rendit les larmes aux yeux.
PDV Edward
Je n'arrivais pas à y croire.
Ma mère savait.
Elle savait depuis trois longs mois mais elle n'avait jamais songé à m'en parler.
Comment avait-elle pu me dissimuler ça alors que j'avais déjà perdu 15 ans de la vie de Kiara ?
Et Bella ?
Je venais d'avoir la confirmation qu'elle n'était au courant de ma paternité que depuis peu de temps. Comment avait-elle bien pu prendre la chose ?
Mal sans aucune doute au vu de la haine toujours plus vive qu'elle me témoignait depuis ma sortie de prison. Mais pourquoi ne m'avait-elle rien dit lorsque nous nous étions revus à la compagnie seulement une semaine plus tôt ?
Son attitude hautaine, ses envies que je disparaisse de sa vie était sans doute légitimes mais elle devait savoir que jamais je n'abandonnerais Kiara.
J'avais été exclu de sa vie durant 15 longues années, elle devait se douter que jamais je n'accepterais de rester à l'écart après avoir pris connaissance de ma paternité.
Elle me connaissait assez pour le savoir.
Alors pourquoi m'avait-elle rejeté une fois de plus ?
Je devais bien avouer que la colère et le mépris que je ressentais pour Bella depuis ma sortie de prison venait encore de s'intensifier. Comment pouvait-on à la fois aimer une personne et ressentir un tel ressentiment pour elle ?
Je voulais que Bella s'en sorte, j'aurais fait n'importe quoi pour qu'elle se réveille maintenant et que je puisse me plonger dans ses prunelles chocolat. Mais si telle était le cas et que j'avais de nouveau cette chance, elle me devrait des explications. J'avais besoin d'entendre de sa bouche ce qu'elle me taisait depuis des mois.
J'avais conscience que ce serait sans doute la conversation la plus dure que je n'aurais jamais avec elle mais si nous voulions repartir sur de bonnes bases nous en avions besoin.
C'était nécessaire pour Kiara.
Quand à ma mère, je savais que je ne lui en voulais pas vraiment. J'éprouvais une certaine colère certes, mais son intention avait juste été d'épargner Kiara. Je ne pouvais lui reprocher d'avoir tenté de gérer au mieux la situation.
J'étais dehors depuis un long moment quand j'entendis le grincement caractéristique de la porte fenêtre derrière moi. Kiara emmitouflée dans son manteau, se tourna vers moi et je lus parfaitement dans son regard à quel point elle était fatiguée par toutes ces révélations qui ne cessaient de l'assaillir.
- Je suis désolé Kiara.
J'ignorais pour quelle raison je tenais tant à m'excuser mais pourtant se furent les seules mots qui me vinrent à l'esprit quand je posais les yeux sur ma fille.
- Pas moi.
Et je le lus sur son visage. Elle ne tenait aucune rigueur à ma mère et je compris que je ne le devais pas non plus. Pas après ce qu'elle avait fait pour moi ces derniers temps.
Elle, mon père et toute ma famille n'avaient jamais cessés d'être là pour moi.
Hésitant car j'étais peu certain qu'elle accepte un geste de ma part, je tendis les bras vers Kiara qui avec un sourire triste, avança.
Elle enroula ses bras autour de moi et je serrais mon enfant contre mon cœur.
Ce n'était pas facile. Kiara et moi avions du mal à trouver la bonne attitude l'un envers l'autre. Mais j'osais espérer qu'avec le temps nous y parviendrons.
Ce n'était simple pour aucun de nous mais ensemble nous pouvions surmonter cette épreuve.
On se rapprochait, c'était pour l'instant la chose la plus importante.
- Edward ! Appella soudain mon père en sortant la tête par la fenêtre.
Son ton pressant et surtout son visage inquiet me remplit de terreur et j'eus l'impression soudain qu'il était arrivé quelque chose à Bella. Dans le même état Kiara prononça le mot maman et Carlisle la rassura.
- Ta mère va aussi bien que possible ne t'inquiète pas, ce n'est pas ça … la compagnie …
Dans un même mouvement, Kiara et moi rentrâmes en courant presque pour retrouver ma mère devant la télévision la télécommande à la main.
Je me tournais vers le grand écran à temps pour voir la journaliste de CNN devant les bureaux de la compagnie.
« D'après nos informations, les actions de la sociétés sont en baisses vertigineuses menaçant l'empire Voltury. Les frères Philips actuellement dans les bureaux de la compagnie mènent un combat acharné pour tenter de redresser la barre mais les actions sont toujours en baisses constantes malgré tous leurs efforts. Si la société viendrait à faire faillite, se serait des milliers d'emplois menacés. Personne à l'heure actuelle n'est capable de dire d'où vient cette soudaine chute. Comment une compagnie de cette ampleur peut-être connaître un tel problème ?
« Rappelons que l'associé majoritaire de la compagnie, Isabella Masen Voltury, la femme du défunt Dimitri Voltury, est actuellement entre la vie et la mort à l'hôpital privé de Beth Israël à New-York suite à des blessures par balles orchestrées par un homme du nom de James Nomades. D'après nos sources cet homme aurait enlevé les trois filles de Madame Voltury ainsi que la famille d'Edward Cullen. Nous ignorons pour l'instant ces motivations exactes mais tous portent à croire que le suspect en avait après l'argent de la famille Voltury et surtout la vengeance. Rappelons-le, il est le responsable de la mort du frère cadet d'Isabella Voltury.
« Le pronostic vitale de madame Voltury étant engagée, il est impossible pour le moment de savoir si la chute brusque des actions de la compagnie ait un lien avec le fait que leur principal associé est aujourd'hui entrain de se battre pour sa vie. Ou si cela est dû à quelque chose de plus profond comme la révélation du passé de leur tête pensante.
« Quoi qu'il en soit, nous avons pour le moment les yeux fixés sur l'aptitude des frères Philips à remettre une société de cette ampleur sur les rails et surtout sur la vie de celle que nous considérons aujourd'hui comme l'une des femmes les plus riches d'Amérique et surtout l'une des plus controversées.
Je me retournais vers Kiara qui était aussi choquée que moi.
- C'est une blague ! S'exclama-t-elle les poings serrés.
J'avais bien peur que non.
Je vis parfaitement la jeune fille saisir son téléphone et pianotait dessus. Elle attendit un long moment mais il n'y eut aucune réponse visiblement à en juger par la colère qui inondait son visage.
Elle tenta un deuxième appel mais toujours sans succès.
- Personne ne répond ! Edward, je dois y aller …
- Kiara …
- J'irai avec ou sans ton aide ! S'écria-t-elle hors d'elle.
Que gagnerait-elle à se rendre là-bas ?
Je la vis fulminer et se tourner pour attraper son sac et se diriger vers la porte.
Je courus après elle et la rattrapais sur le perron.
- Kiara, arrête, qu'est-ce que ça t'apportera d'y aller ?
- Tu ne comprends pas !? C'est la compagnie de Dimitri, celle de ma mère ! Il est hors de question qu'elle perde ça aussi ! Hors de question ! Elle ne perdra plus rien ! Jamais !
J'avais plus l'impression que si Bella perdait la compagnie elle serait alors libérée d'un poids.
- Tu ne peux pas comprendre ! C'est la compagnie … et je sais que maman malgré ce qu'elle dit, aime son boulot ! Ce sont des milliers de personnes qui sont menacés, Jacob, Carmen … je connais ces gens, ce sont des gens biens … on peut peut-être aider ! Même si ce n'est pas grand-chose ! Je ne laisserais rien arriver à la compagnie !
Le discours enflammé de ma fille me laissa un goût amer mais je compris qu'elle avait juste besoin de se raccrocher à ce qu'elle pouvait.
Elle ne voulait pas que sa mère en se réveillant s'aperçoive qu'elle avait perdu le seul salut qu'elle avait depuis des années.
La compagnie de son mari.
J'hochais la tête soudain en proie à une jalousie inédite, et me tournais vers mes parents.
Je n'eus pas à les convaincre de prendre soin des fillettes pendant notre absence. Les filles relativement calmes, me surprirent en acceptant de rester avec Carlisle et Esmée.
Me sentant coupable de les laisser comme ça, je me rassurais en sachant qu'elles étaient entre de bonnes mains et qu'elles semblaient plus heureuses que depuis les trois jours qui venaient de s'écouler.
Je montais en voiture et Kiara prit place à mes côtés après avoir embrassée ses sœurs.
Il nous fallut 45 minutes pour atteindre les bureaux de la compagnie.
Une foule de journaliste se trouvaient devant les portes, repoussée par des hommes en complets noirs à l'allure austère.
Les gardes du corps qu'avaient engagé Aro après l'enlèvement.
Il en avait posté devant la chambre de Bella, elle était surveillée 24h/24h et nous aussi.
J'ignorais pourquoi de telle précaution mais je n'avais pas encore eu l'occasion de lui poser la question.
Je comprenais mieux son silence depuis deux jours.
J'étais aussi surpris que les journalistes par ce scénario catastrophes qu'ils semblaient envisager.
La compagnie, faire faillite ? Voilà qui serait une chose plutôt étrange quand on songeait à l'ampleur du phénomène. Rien ne pouvait ébranler une société de cette ampleur. Même le passé de Bella n'y avait pas réussi et dieu savait que les journalistes avaient essayé de la descendre pourtant.
Quand les gardes aperçurent Kiara puis moi par la force des choses, puisque je me trouvais juste derrière la jeune fille, ils nous laissèrent un passage nous permettant de nous faufiler jusqu'à la porte.
Je les remerciais d'un hochement de tête et dirigeais Kiara vers l'ascenseur. La montée me parut longue comme chaque fois que je montais dans cette cage de fer.
Les portes finirent par se rouvrir et Kiara sortit la première les yeux écarquillés. Je l'étais autant qu'elle.
Je n'avais pas l'impression du tout d'être dans les bureaux de la « Voltury Compagny » au vu de l'effervescence et surtout du brouhaha qui ne cessait d'enfler. L'endroit était d'ordinaire si calme et tranquille, dans une ambiance plutôt studieuse alors qu'aujourd'hui, c'était tout l'inverse.
Les employés étaient bruyants, et surtout ils semblaient s'agités dans tous les sens.
Visiblement les journalistes n'avaient pas tout à fait tort sur le cataclysme de la compagnie à en juger par l'atmosphère électrique.
Kiara se ressaisit rapidement et s'élança vivement vers le bureau d'Aro. Je la suivis sans mot dire, mais avant d'atteindre la porte, nous fûmes interpeller.
- Kiara ? Edward ?
On se retourna d'un même mouvement pour tomber sur un Aro plus épuisé que jamais. Son assistante Carmen était à ses côtés et ne semblait pas plus fraîche que son patron. Jacob nous rejoignit et hocha la tête dans notre direction.
- Qu'est ce qui se passe ? Souffla l'adolescente.
Aro intima l'ordre de se taire avant de nous passer devant pour ouvrir la porte. Nous le suivîmes tous, et il referma le battant quand tout le monde fut entré.
Je fus le premier qu'il regarda quand il se retourna.
- Comment vont les filles ?
- Elles vont aussi bien que la situation le permet … Aro, est-ce la vérité ?
Il eut un sourire triste avant de s'installer sur son siège d'associé.
- Oui, c'est vrai. Et malgré toutes mes compétences, toutes nos compétences, la situation s'empire d'heure en heure.
Il paraissait vraiment las, à bout de nerfs. Je savais qu'il n'avait pas ménagé sa peine pour tenter de redresser un navire qui était mystérieusement entrain de couler.
- Mais enfin … comment une compagnie de cette ampleur peut-elle prendre l'eau de cette manière ?
- Parce qu'elle est basée sur un fond d'investissement. Ce ne sont que des actions appartenant à un tiers. Isabella en est l'actionnaire majoritaire comme Dimitri avant elle, d'où leur poste de Président Directeur Général. Je possède des parts et Marcus aussi mais depuis quatre jours, le prix des actions chutent par 10 voire 20 dans certain cas, et elles sont vendues par nos investisseurs. Quelqu'un est entrain de les racheter à des prix dérisoires. Le conseil d'administration est submergé et nous n'avons pas de solution pour endiguer ce fléau. Je ne comprends même pas pourquoi elles ont chutées de façons aussi vertigineuses en l'espace de si peu de temps.
- On ne peut rien faire ?
- Non … pas tant qu'Isabella ne sortira pas du coma. Elle est la seule qui peut donner son accord pour racheter les actions avant les autres. Que Marcus et moi soyons d'accord ne changent rien, nous ne possédons que 40 % des parts.
Je restai perplexe, ne comprenant pas vraiment ce qu'il entendait par là. Je n'étais pas expert dans la gestion de société de cette ampleur, j'avais déjà du mal avec la mienne.
- Mais enfin c'est irréel, vous devez bien avoir une solution pour le cas ou ma mère serait dans l'incapacité comme maintenant ? S'écria Kiara hors d'elle. Enfin Aro, vous n'étiez pas à l'abri qu'elle tombe malade ou qui lui arrive quoi que ce soit !
Il parut réfléchir avant de se tourner vers la jeune fille.
- Oui. Dans le cas de situation d'urgence, nous devons nommer un PDG intérimaire capable d'assumer la charge d'Isabella à sa place. Si elle a des enfants majeurs, ce serait leur rôle mais dans le cas ou ni vous ni vos sœurs n'avaient 18 ans, Marcus et moi devons par conséquent nommés quelqu'un puisqu'Isabella n'a laissé aucune directive. Cette personne doit être acceptée à l'unanimité par le conseil d'administration. Dans ce cas-là chaque décision importante doit être approuvée par l'ensemble des protagonistes. Et nous sommes dans ce cas-là.
- Alors nommez quelqu'un ! Hurla Kiara incrédule.
Elle écarta ses mains en signe d'incompréhension et attendit une réponse d'Aro.
- En qui avez-vous assez confiance dans votre entourage, Kiara pour donner les reines même de façon temporaire de la compagnie ? Qui est capable d'assumer un tel rôle et de garder la tête froide durant tout le temps que durera le coma de votre mère ? Nous n'avons personne d'aussi fiable et d'aussi droit pour tenir une telle tâche !
- Donc vous allez abandonner ? Vous allez laisser la compagnie tomber dans les mains de je ne sais trop qui ?
La voix de ma fille montée vers les aigues alors qu'elle regardait l'associé de sa mère avec incrédulité. Elle était choquée que l'homme qui semblait d'ordinaire si fort paraissait à cet instant découragé et prêt à abandonner.
Je pouvais comprendre Kiara mais Aro avait raison, il allait demander à un tiers de l'aider et ce n'était pas facile pour un homme tel que lui.
Un coup à la porte et Marcus entra dans la pièce avec un ordinateur.
- Aro, il y a du changement. Les actions sont entrain de se stabiliser. J'ai découvert qu'elles étaient achetées par une seule et même personne. Le compte dont il se sert vient apparemment des îles Caïmans mais impossible de remonter plus haut.
Le frère d'Aro nous fit un signe de tête avant de reporter son regard sur l'écran qu'il se mit à pianoter.
- Nous allons trouver une solution Kiara, ne vous faîtes pas de soucis.
Je me sentais mal à l'aise dans cette pièce. Ce n'était pas ma place, je n'avais rien à faire ici.
Kiara elle ne semblait pas vouloir partir, comme si le fait qu'elle soit présente dans les locaux pouvait changer quelque chose.
- Vous savez qui ma mère nommerait si elle le pouvait, vous le savez parfaitement.
A l'expression qu'affichait l'associé d'Isabella, je compris que la jeune fille avait misé juste. Bien entendu qu'il savait mais il semblait ne pas apporter autant de crédit que la mère de Kiara sur cette personne.
- Qui ? Demandai-je car Kiara et Aro ne semblaient pas vouloir cesser leur confrontation.
J'admirais vraiment la ténacité et la force de caractère de ma fille mais s'opposer à Aro ici et maintenant n'était certainement pas une bonne idée.
- Jacob.
L'intéressé écarquilla les yeux et sembla réellement choqué.
- Pardon ?
- Isabella a souligné un jour que Jacob serait la personne en qui elle aurait le plus confiance. Elle allait faire les papiers pour lui donner la responsabilité.
- A moi ? C'est une blague ?
Jacob paraissait tellement choqué, que l'idée même lui semblait saugrenue. Je devais bien avouer qu'il n'était pas le seul à le penser.
- Est-ce que vous pensez que je rigolerais sur un sujet aussi sérieux ? Et dans des instants aussi graves ?
Sa voix était dure et n'admettait pas de répliques.
- J'étais là, lança Marcus s'attirant les regards de tout le monde. Et j'étais d'accord avec Isabella. Jacob est sans doute la meilleure option que nous avons.
Le silence de plomb qui accueillit cette remarque était tellement oppressant que je me demandais les pensées réelles de Marcus et d'Aro. Ce dernier n'était pas d'accord avec l'idée mais avait-il vraiment le choix ?
Aro dont la décision finale était attendue de tout le monde, se tourna vers Jacob.
- Est-ce que vous vous sentez capable de travailler à nos côtés ?
Jacob paraissait vraiment terrifié par l'idée et je le vis hésiter un long moment mais avant que quiconque ait pu dire quoi que ce soit il parut se ressaisir.
- J'ignore si je serais à la hauteur …
- Nous serons à vos côtés … Isabella a raison, vous êtes son bras droit depuis de longues années et vous connaissez la société … elle avait confiance en vous et chez elle c'est un mot qui signifie beaucoup alors … je vais suivre ses désirs …
Aro se leva et s'approcha de l'homme qui semblait impressionné plus qu'autres choses.
Quand l'associé de sa patronne lui tendit la main, il la lui prit après une profonde inspiration.
- Je serais à la hauteur …
Cette fois il était convaincu par ce qu'il disait.
Et j'en étais persuadé moi aussi.
Et voilà !
J'attends comme toujours vos précieux avis ^^
Pas de Bella pour ce chapitre malheureusement … pour le prochain une petite discussion Edward/Aro
Bonne semaine à toutes et à la semaine prochaine !
