Chapitre 46 : Histoire embrouillée
Bon matin tout le monde !
Et oui ce n'est pas un rêve … voici le chapitre 46 après deux semaines d'attente. Je suis désolé pour la semaine dernière. J'avais dit que ça n'arriverait plus mais disons que les évènements qui se sont déroulés jeudi soir à Nice ont un peu perturbé les choses.
Pensées pour les familles et les victimes de cet attentat et j'espère que vous toutes qui me suivaient sur cette histoire allaient bien.
Pour en revenir au chapitre dernier, merci pour vos nombreuses reviews qui me touchent chaque fois un peu plus et merci d'être encore là.
Je pense que vous avez assez attendu, je vous retrouve en bas, bonne lecture !
Chapitre 46 : Histoire embrouillée
PDV Edward
Jacob fut nommé PDG adjoint dans l'heure qui suivit la demande d'Aro. Son discours enflammé avait convaincu tout le monde et malgré le scepticisme de certain, l'associé de la compagnie avait gagné.
Bien entendu les choses ne s'arrangèrent pas comme par miracles.
Conscient que Kiara et moi ne servions à rien, j'aurais aimé quitter les bureaux pour aller voir Bella à l'hôpital avant de retrouver les filles chez mes parents qui devaient se demander où nous étions passés, mais ma fille refusait de quitter les locaux de la compagnie.
Désireuse d'être utile, elle épata Aro quand, dans un geste totalement impulsif, elle décrocha le téléphone qui ne cessait de sonner et renvoya poliment mais avec force la journaliste qu'elle avait au bout du fil.
Après cette mini-victoire, Aro la laissa répondre et elle fut chargée du téléphone ce qui déchargea Carmen qui ainsi pu assister son patron dans sa paperasse.
Comme je n'étais pas vraiment d'une grande aide, je sortis du bureau et m'installais à l'extérieur sur une des chaises réservées aux visiteurs.
C'était tellement étrange. Je n'arrivais pas à me détacher du sentiment de malaise qui m'avait pris depuis que j'avais pris connaissance des difficultés de la compagnie à la télévision.
Cette histoire était de plus en plus étrange.
D'abord l'enlèvement de ma famille, des filles, les paroles de Bella, l'attitude de James, ses phrases à double sens et maintenant ça.
Profitant que personne ne me voyait, je me dirigeais sans faire de vague jusqu'au bureau de Bella, me faufilant le plus discrètement possible à l'intérieur.
Mon intuition était peut-être ridicule mais ce qu'avait dit Bella lorsque nous étions à Central Park était gravé dans mon esprit.
« Tu ne sais pas tout ».
De quoi voulait-elle parler au juste ?
Certes, j'étais loin de tout connaître de sa vie mais à ce moment-là c'était presque comme si elle parlait de quelque chose en particulier. Peut-être que mon imagination me jouait des tours mais j'avais du mal à m'enlever ses idées de la tête.
Me faisant l'impression d'un voyeur mais sans pour autant m'arrêter, je m'approchais du bureau de la PDG et ouvrit le premier tiroir que je trouvais.
Il ne comptait rien de plus que des stylos, règles, post-it et tout matériel de bureau dont on pouvait se servir dans un boulot comme le sien.
Le deuxième tiroir était rempli de dossier sur les projets qu'elle avait en court. Leur nombre était impressionnant, me démontrant le travail acharné de la PDG ces derniers temps.
Dans le troisième, je tombais sur une photo de ses enfants. Sur le cliché, Charlotte et Lise paraissaient heureuses au contraire de Kiara qui avait le regard vide et surtout aucun sourire ne venait adoucir ses traits.
Sous la photographie, il y avait encore des dossiers mais sans aucune importance.
Je passais à l'armoire derrière moi mais ne sachant pas vraiment quoi chercher, je me rendis compte que je tournais en rond. Qu'espérais-je trouver au juste ?
La porte s'ouvrit brusquement et je me tournais à temps pour voir Aro entrer dans la pièce.
Il me regarda un long moment scrutant mes traits.
- Je peux savoir ce que vous faîtes …
- Cette histoire est louche Aro, vraiment trop louche.
Il haussa les sourcils et me fit un geste de la main, m'intimant silencieusement l'ordre de continuer.
- C'est louche, répétai-je sûr de moi, et vous le savez comme moi. James, l'enlèvement, la compagnie … pourquoi tout tombe en même temps ? Pourquoi maintenant ? C'est le moment opportun. Bella est dans l'incapacité de faire quoi que ce soit … et la compagnie à des difficultés pile quand elle ne peut rien faire ?
Il réfléchit à mes paroles avant de se passer la main sur le visage dans un geste d'intense réflexion.
- James était un psychopathe qui ne cherchait que la vengeance. Il n'avait que ça en tête. Son seul but était de vous faire payer en même temps que Bella en s'en prenant à toutes les personnes qui vous sont chers. Que vous formiez un couple n'a jamais fait partie de ses plans, pas plus que Jacob. Je suis sûr qu'il pensait avoir le temps jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'en fait non … il n'en avait plus …
Il parlait avec une telle lassitude qu'il me fit froncer les sourcils. Il avait vraiment l'air épuisé pour la première fois depuis que je le connaissais.
- Il a donc précipité sa vengeance, sans penser qu'il ne s'en sortirait pas à la fin ? A quoi bon se venger si cela voulait dire sa propre mort ?
J'avais du mal à croire que James était le genre d'hommes à se sacrifier pour obtenir réparation. Il n'y avait pas d'intérêt à demander de l'argent s'il ne pouvait pas en profiter par la suite.
- Je ne comprends pas plus que vous … me lança-t-il en venant s'installer sur l'un de sièges réservés au visiteur.
Je contournais le bureau et pris place sur le deuxième pour lui faire face décidé à aller jusqu'au bout de mon raisonnement.
- Tout ça pour une simple histoire de vengeance … murmurais-je de plus en plus troublé, je ne comprends pas ce que viennent faire Bella et les filles dans toute cette histoire … durant les 15 dernières années, il aurait très bien pu s'en prendre à elle et pourtant il ne l'a pas fait … pourquoi ? Pourquoi attendre 15 longues années ?
- Peut-être parce que Bella n'était pas sa priorité, suggéra Aro en haussant les épaules, … qu'elle n'était rien pour lui …
- Je reste convaincue qu'il y a plus qu'une histoire d'argent … ou de vengeance …
Comme depuis le début de toute cette histoire, le mauvais pressentiment qui accompagnait chacune de mes pensées étaient toujours présent. Cette impression s'intensifiait quand je me mettais à réfléchir à toute cette histoire.
Me replongeant dans mes intenses réflexions, je regardais dans le vide et me remémorais cette soirée horrible dans cet entrepôt de malheurs. Il était nécessaire que j'affronte mes souvenirs, ils étaient surement la clef à toutes ces questions sans réponses.
- Quand nous étions dans cet entrepôt et que James était entrain de déblatérer … il a dit que les petites pimbêches ne l'intéressé pas … du moins avant et qu'après son retour au pays il avait rencontré quelqu'un qu'il avait déjà vu … une personne mais je n'ai pas vraiment compris ou il voulait en venir à ce moment-là… et si s'était cette personne en question qui tire les reines depuis le début ? Et non pas James ?
- Vous voulez dire quelqu'un qui aurait engagé James ? Demanda Aro surpris par ma soudaine supposition.
- Oui … quelqu'un qui savait le lien entre James et Bella … quelqu'un qui connaissait ses envies de vengeances … peut-être même que cette personne connaissait Tanya ou Quil… je n'en sais rien mais en tout cas … James n'a pas agis tout seul, j'en suis certain. Il l'a lui-même dit !
James avait réussi à engager trois acolytes pour l'aider à enlever nos familles, il devait donc disposer de moyens pour se mettre en contact avec eux.
Au départ, Nomades était un mac qui cherchait à se faire de l'argent en se servant de pauvres filles. Ils les soumettaient à la drogue et à l'argent facile pour qu'elles vendent leurs corps à qui voudrait bien d'elles. Il m'avait fait chanter durant des années en menaçant ma famille pour être certain de l'emprise qu'il exerçait sur moi.
Mais il y avait tout de même une étape de franchi entre prostituer des femmes, faire chanter un homme et tuer un enfant de 9 ans parce que celui-ci gêné. Quinze ans plus tard, il enlevait une famille entière et une PDG de renommée mondiale pour assouvir ses idées de revanche, cela n'avait rien à voir avec le meurtre de Quil ou de Tanya. C'était malheureux mais en ce qui concernait la famille de Bella personne à part elle, avait cherché à connaître la vérité.
Qu'avait-il donc à gagner lui ? Personnellement ?
Il était mort, et ses trois acolytes ne savaient rien du tout, ou tout de moins ils restaient muets comme des carpes, il allait donc nous être impossible de savoir véritablement le fin mot de l'histoire, mais j'avais comme l'impression que James n'était que la partie visible de l'iceberg.
N'est-ce d'ailleurs pas les mots de Bella ?
- C'est ce que Bella m'a dit ..., murmurai-je tout haut plus pour moi-même que véritablement pour Aro.
Ce dernier fronça encore plus les sourcils et attendit que je m'explique sur ce que j'étais entrain de dire. Je ne savais pas moi-même ou je voulais en venir.
- Quand nous étions entrain de chercher les filles … elle a dit que James n'était que la partie visible de l'iceberg, qu'il y avait plus, bien plus … mais que j'ignorais tout … le reste …
Il secoua la tête.
- Vous voulez dire qu'elle savait ? Mais pourquoi ne rien me dire ? Si elle était au courant de quelque chose … elle n'en a jamais fait aucune allusion …
Il paraissait en colère par le mutisme de Bella et je dois avouer que je me demandais bien pourquoi elle avait gardé le secret sur ce qu'elle savait. A moi s'était logique mais à Aro ?
J'haussai les épaules en signe d'impuissance mais l'associé de la compagnie était bien au-delà de ce que je pouvais faire ou dire.
- Si je n'avais pas eu vent de votre départ de la compagnie, ensemble ce fameux jour, jamais je n'aurais su qu'Isabella et vous étiez en danger … quand Carmen est venu me trouver vous étiez déjà partis … il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que quelque chose n'allait pas. Isabella ne serait pas partie avec vous malheureusement … j'ai d'abord essayé de suivre Isabella grâce au GPS de son portable mais quand ce dernier a cessé de bouger, j'ai vraiment cru que tout était perdu. Je ne comprenais pas pourquoi ni vous ni elle ne m'avaient prévenu … la police je pouvais le comprendre … après tout, ils n'ont jamais rien fait pour elle … mais moi …
- Je savais que vous étiez assez fort pour nous retrouver … du moins je l'espérais …
Disons qu'à ce moment-là je n'avais pas vraiment réfléchi à autre chose que retrouver sain et sauf ma famille et les filles. Ils étaient en danger et je ne voulais pas risquer leurs vies en ne respectant pas les ordres qui nous étaient donnés.
Mais une fois dans cet entrepôt je savais que notre seule chance, c'était Aro. Il possédait assez de moyen et surtout il était assez intelligent pour nous retrouver.
- Mais pas à temps … pas à temps Edward. Isabella …
Je le vis fermer les yeux sous l'intense émotion qui le traversa soudain. Il aimait Bella, de cela j'étais vraiment convaincu. Son attachement à la PDG était parfaitement visible.
Il n'était pas toujours tendre avec elle, les disputes étaient fréquentes entre eux mais ils s'appréciaient, bien au-delà de la compagnie.
Il se pinçait l'arête du nez en pensant à ce qu'il avait vécu et ressenti ce jour-là. L'émotion se reflétait parfaitement dans ses prunelles grises acier.
- J'ai fait tout ce que j'ai pu, j'ai déployé des centaines d'hommes pour vous retrouver … et quand ils ont enfin localisé votre trace … c'était un réel soulagement … mais ensuite …
Il n'eut pas le courage de continuer et se détourna en pensant à ce qui était entrain de se jouer en ce moment même.
- Elle va s'en sortir … il le faut …
Mes paroles étaient prononcés d'un ton sans appel, aucune remarque ni même doute étaient tolérés. Bella s'en sortira. Parce qu'elle était forte et que ses enfants avaient besoin d'elle.
Et que même si elle me détestait, je ne pouvais vivre dans un monde où elle n'existait pas.
Aro secoua la tête pour chasser l'émotion qui le terrassait et se tourna vers moi bien plus maître de lui, quelques secondes plus tard.
- Je partage votre avis, Edward … cette histoire comporte bien trop de zone d'ombre … ce n'est pas cohérent. Du début jusqu'à la fin, ce n'est pas cohérent …
Le silence tomba entre nous et je vis sur le visage de l'associé de Bella, une certaine culpabilité face à toute cette affaire. J'aurais aimé pouvoir le rassurer et lui affirmer qu'il n'était pas le méchant dans cette histoire mais d'une certaine façon nous avions tous plus ou moins contribué à la catastrophe qui s'était ensuivit.
Si Bella était aujourd'hui entrain de se battre pour rester en vie, c'était de la faute de chacun d'entre nous également.
Un éclat brilla soudain dans les prunelles grises acier d'Aro qui se tourna vers moi avec un doigt levé.
- Il voulait tuer Kiara … c'est ce que vous avez dit non ? James a cherché à tirer sur Kiara … Pourquoi ? Pourquoi elle ?
- Elle était la cible idéale … il savait que si elle mourrait, autant Bella que moi ou ma famille souffrirait.
Il hocha la tête guère convaincu par ce que je venais de lui dire.
- Peut-être … mais si Isabella était au courant de quelque chose relatif à James … s'il avait vraiment été engagé par un tiers … à qui la mort de Kiara aurait-elle été bénéfique en dehors de James ? Sans parler que la mort d'Isabella aurait énormément de conséquences sur la compagnie … sa mort servirait bien plus que celle de sa fille …
J'étais tout à fait d'accord avec lui, même si parler de la mort de Bella était un sujet sensible pour moi. J'avais du mal à l'envisager sachant que la jeune femme était belle et bien entrain de se battre à l'instant même pour sa vie.
James voulait s'en prendre à moi depuis longtemps mais Bella était également une cible pour lui seulement parce qu'elle était la sœur de Tanya ? J'en doutais.
Cet enfoiré était cupide et l'argent était son talon d'Achille mais de là à risquer sa vie de cette façon ?
Il y avait peu de chance.
Mais d'un autre côté, si une personne l'avait engagé pour s'occuper Bella, pourquoi par conséquent changer ses plans ainsi ?
- S'il voulait se venger de Bella ? Si c'était vraiment elle la cible … pourquoi ne pas tirer directement sur elle ? Pourquoi viser Kiara ? Demanda-t-il, sa question faisant écho à mes pensées embrouillées.
A force de réfléchir à toute cette histoire, un mal de tête commençait à s'installer dans mon crâne.
- James était un psychopathe, déclarai-je les paupières closes, un psychopathe qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. J'ai vu son regard froid dans cet entrepôt. Il savait que les flics ne tarderaient pas à entrer. Il était condamné à mourir du moment où ils défonceraient la porte … il était persuadé avoir le temps de quitter l'entrepôt, persuadé de contrôler la situation jusqu'à ce que les sirènes retentissent. Je l'ai vu se relever. Je n'étais qu'à une vingtaine de mètres de là mais je voyais parfaitement son visage à ce moment-là.
« Il a levé l'arme et c'est comme si le temps s'était arrêté l'espace d'un instant. J'étais comme paralysé. Il savait qu'il n'aurait pas d'autre chance. Son dernier acte était d'accomplir enfin ce qu'il voulait depuis longtemps …
- En tuant la seule personne qui vous reliez tous les deux … votre fille …
Un seul signe de tête de ma part répondu à sa question alors que je revoyais avec une netteté affolante ce qui s'était passé ensuite.
- James s'est relevé et il avait l'arme braqué sur Kiara. Quand je me suis tournée vers ma fille, j'ai vu qu'elle était sûre de ce qui allait lui arriver. Certaine de mourir. Je la regardais et j'étais pétrifié tout comme elle. Je n'arrivais plus à bouger alors que j'aurais dû me jeter en avant pour tenter de la sauver, même si j'étais loin d'elle, mais ça s'est passé si vite.
« Et puis j'ai vu … j'ai vu Bella se jeter en avant … elle n'a pas hésité une seule seconde quand James a levé l'arme, Aro, pas une seule …
Me rappeler de son expression à ce moment-là me fit monter une boule le long de la gorge si bien que j'eus l'impression que j'allais rendre le peu que j'avais dans l'estomac.
Je savais que Bella à ce moment-là n'avait pas vraiment réfléchit à autre chose qu'à sa fille, notre fille. J'avais vu les balles percuter de plein fouet le corps de Bella et celle-ci tomber à genoux.
Tout en sachant qu'il était trop tard, mes jambes avaient enfin bougé et je m'étais élancé de tout mon poids le point en avant vers James.
Je devais à Bella la vie de Kiara, une deuxième fois.
- James voulait tuer Kiara à ce moment-là parce qu'il se savait perdu. Mais quelques minutes avant il voulait s'en servir pour remplacer Tanya sur les trottoirs … c'est elle qui me l'a dit …
La simple idée me fit serrer les poings. Voilà une information que j'avais délibérément omise lors de l'interrogatoire. Je n'en avais parlé à personne mais bien entendu je me doutais que cette information n'allait pas tardé à ressortir.
Oui James voulait soumettre Kiara pour qu'à son tour elle lui rapporte de l'argent comme sa mère biologique avant elle.
- Et si le but initial était de tuer Isabella dans un premier temps et se servir de Kiara ? James aurait eu sa vengeance sur vous et sur elle … Il a agi dans la précipitation …
- Il voulait tuer les enfants, ma famille, Isabella … et moi … en dernier pour que je souffre bien de ce qu'il ferait aux gens que j'aime. Mais juste avant que Kiara ne saute sur lui, il a dit qu'il … enfin il voulait assouvir ses désirs … sur ma femme … et sur ma fille …
Aro ne sourcilla pas aux mots que j'employais et continua de réfléchir. C'est comme si le fait d'avoir cette conversation était entrain de faire le jour sur cette histoire … nous étions entrain de remonter le fil de ce qu'il s'était passé et j'y voyais plus clair que quelques heures avant.
- Donc on en revient à ce que l'on disait … James cherchait à tuer tout le monde … mais pas Kiara ! Cette décision a été prise à la dernière seconde … sous la précipitation …, déclara Aro sûr de lui.
Il se leva soudain de sa chaise et je le suivis alors qu'il arpentait le sol du bureau de la fenêtre jusqu'à la porte.
- Mais contre toute attente … c'est Bella qui a été touchée … c'est elle qui est dans le coma …
J'avais du mal à prononcer ces mots parce qu'il donnait encore plus de réalité au fait que Bella était toujours entrain de se battre pour vivre.
- Et bien entendu, c'est pile à ce moment-là que la compagnie, qui vaut pourtant des milliards de dollars, est entrain de péricliter parce que les actions se cassent la figure …j'ai la sensation que vous avez raison Edward. Ca ne peut pas être une simple coïncidence
- Ou alors se serait vraiment la malchance qui nous poursuit ! M'exclamai-je les yeux écarquillés.
Préférant ne pas relever ma remarque Aro continua son analyse.
- C'est comme si quelqu'un avait attendu sa mort ou tout du moins son incapacité temporaire pour agir …
- Vous pensez que tout a été prémédité ? Demandai-je soulagé de ne pas être le seul à être parvenu à cette analyse.
Cela faisait des jours que je tournais cette historie dans ma tête et j'en étais parvenu à la même conclusion.
- J'en suis aussi convaincu que vous … si James vous a kidnappé Isabella, ses filles et votre famille …
- C'était avant tout pour Bella !
Mon ton était une affirmation alors que les paroles de James refirent surface aux confins de ma mémoire.
- Elle était à moi … sa sœur et elle était à moi ! C'est ce qu'il a dit en se tournant vers moi. J'attendais juste le bon moment pour savourer ma victoire sur la jolie Isabella.
- Mais vous avez précipité les choses en la côtoyant …
- J'ai fait bien plus que la côtoyer Aro.
Je doutais que l'associé de Bella ne connaisse pas cette information. Même si nous n'avions était ensemble qu'une semaine, il devait se douter que nous n'avions pas joué aux échecs quand nous étions ensemble.
Mais nous n'allions pas nous attarder sur ça.
- Réfléchissez Aro … tout prendrait sens à ce moment-là. Ca expliquerait bien des choses et avant tout pourquoi James tenait tant à faire souffrir Bella. Il accomplissait sa vengeance tout en remplissant le travail pour lequel il avait été engagé.
- Donc on en revient à cette personne qui tirerait les ficelles depuis le retour de James, celle qui l'a rencontrée ...
Je replongeais une nouvelle fois dans mes souvenirs essayant de me rappeler avec exactitude ce que cet enfoiré avait dit. J'étais tellement pétrifié par la peur que le souvenir avait du mal à refaire surface.
- Il disait que tout roulé … qu'il avait l'argent … mais Bella et moi avons commencé à travailler ensemble puis à nous fréquenter … il ne l'a jamais prévu … il affirmait que sans moi il aurait encore attendu, pour savourer l'instant où il l'aurait enfin … je me rappelle avoir alors pensait que c'était bien Bella qu'il voulait. C'est pour ça que je n'ai pas compris pourquoi il a cherché à tirer sur Kiara.
- Oublions les intentions de James, un instant. Si Isabella était visée par la personne qui a engagée cet enfoiré, cela veut donc dire que toute cette histoire aurait un lien avec la compagnie … pour qu'elle autre raison s'en prendre à la PDG ?
- Se serait donc la compagnie qui serait visée depuis le début ?
Je me levais à mon tour et regardais autour de moi.
Le raisonnement n'était pas dénué de sens et cette affaire était éclairée d'une toute nouvelle façon du coup.
- Quand les actions ont elles commencées à chuter ? Demandai-je à Aro en me pinçant l'arête du nez.
Aro me fit un signe et on sortit du bureau de Bella pour reprendre la direction du sien.
A notre entrée, tout le monde stoppa net et nous regarda avec surprise.
Jacob et Kiara était assis sur les chaises réservées au visiteur et le frère d'Aro n'avait toujours pas bougé de la place ou nous l'avions laissé.
- Marcus, quand les actions de la compagnie ont elles véritablement chutées ? Remonte à plusieurs mois en arrière …, ordonna-t-il d'un ton impérieux.
Ledit Marcus surpris dans un premier temps, se concentra sur son écran. Il pianota et sa réponse ne se fit pas attendre bien longtemps. Son regard s'écarquilla.
- Il y a eu une baisse qui est passée inaperçu il y a quelques mois …
Des mois ? Et personne n'avait pris la peine de se demander pourquoi ?
- Quand a-t-elle commencé ? Lançais-je rendant l'associé de Bella encore plus perplexe.
Le bruit des touches se fit entendre alors qu'il se concentrait pour fournir une réponse à ma question.
Quand il releva la tête il paraissait incrédule.
- Le 8 août …
Cette date ne m'était pas inconnue et je savais parfaitement pourquoi.
- Le jour de l'ouverture de ton procès, annonça Kiara, disant tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
Je regardais ma fille et analysais son visage. Apparemment elle n'était pas la seule à se demander ce qui allait encore nous tomber sur la tête.
- Et laissez-moi deviner, ajoutai-je lasse soudain, elles se sont maintenues constantes durant plusieurs semaines avant de reprendre à la baisse il n'y a pas longtemps …
- Deux semaines, répondit Marcus en relevant la tête de l'écran. Mais c'est devenu significatif il y a cinq jours … le jour de l'enlèvement …
- Mais qui est capable d'une chose pareille ? M'exclamai-je les bras levé vers le plafond. C'est de la compagnie dont on parle …
- Quelqu'un qui en veut assez à Isabella pour vouloir la tuer, me répondis Aro toujours troublé … quelqu'un qui veux à tout prix la compagnie au point d'engager quelqu'un pour faire le sale boulot … et qui a surtout assez d'argent pour acheter les actions …
Tout le monde réfléchissait aux implications de cette nouvelle révélation.
Qui avait assez de haine pour préméditer le meurtre de Bella ? Et surtout à qui sa mort profiterait-elle ?
Je compris à cet instant que les ennuis n'étaient sans doute pas finis. Les gardes rapprochés qu'Aro avait engagés ne me paraissait soudain plus une idée si saugrenue.
Mieux valait trop de protection dans ce cas que pas assez.
Si cette personne n'avait pas atteint son objectif une première fois il y avait de forte possibilité pour qu'elle essaye de revenir à la charge. Exactement comme James l'avait fait.
J'avais été trop naïf en pensant que cette histoire était derrière moi, et voilà le résultat.
Le téléphone se mit à sonner et Kiara décrocha annonçant d'une voix claire et assurée le nom de la compagnie.
Elle parla quelques instants avant de raccrocher et d'annoncer à Aro, Marcus et Jacob qu'ils avaient tous les trois rendez-vous avec le conseil d'administration.
Alors qu'ils quittaient la pièce, Aro s'attarda avec son frère.
S'adressant dans un premier temps à Kiara, cette dernière l'écouta attentivement sans un mot.
- Nous allons redresser la compagnie, j'en fais le serment Kiara.
- Et nous allons découvrir qui a essayé de lui faire du mal …, ajouta Marcus sûr de lui avant de sortir de la pièce.
Kiara le suivit sentant sans doute qu'Aro voulait me parler seul à seul.
- Prenez garde aux filles Edward … et prenez soin d'elles … et de vous … si nos suppositions se révèlent justes alors cette histoire n'est pas finie.
Je ne répondais rien à sa remarque. Il savait que j'allais prendre soin des filles sans qu'il ait besoin de me le demander.
- Je reste en contact avec vous … et au moindre changement je vous appelle.
- J'en ferais de même …
Il me tendit la main et je la lui serrais.
Je rejoignis Kiara et nous quittâmes enfin les bureaux de la compagnie.
Nous passâmes les deux heures qui suivirent dans la chambre d'hôpital de Bella. Allongée dans son lit, elle était d'une pâleur de cire. Elle était reliée par tout un tas de tuyau à des machines qui produisaient des bruits stridents qui étaient agaçants au plus haut point. Les marques sur son visage étaient toujours bien visibles et son œil bien que moins impressionnant que trois jours plus tôt, était toujours bien gonflé, exactement comme le mien.
Quand Bella se réveillerait (parce que je refusais de penser si), elle porterait les marques de James sur son corps et dans son âme durant un long moment, tout comme moi sans doute et Kiara également.
Bien que j'essaye de l'oublier, la jeune fille portait toujours ses bandes de gazes autour des poignets et la cicatrice qu'elle avait sur le côté de son visage bien qu'à peine visible était là. Elle avait l'œil légèrement bleus encore mais je savais que bien plus que physiquement, ma fille souffrait dans son cœur.
Ne pouvant en supporter plus, je sortis de la chambre pour attendre Kiara à l'extérieur.
Elle ne fit aucun commentaire sur mon attitude et on reprit le chemin de la villa ou nous attendait mes parents.
Voir le sourire de Charlotte et Lise me réchauffa et je me sentis moins gelé à l'intérieur. Mon regard se porta sur ce qui trônait maintenant dans un coin du salon.
Un sapin de noël.
Prenant soudain conscience que dans quatre jours, le père noël serait censé descendre du ciel, je me tournais vers Kiara. Comprenant que je n'étais pas le seul à avoir oublié les fêtes, je la vis détourner le regard comme si elle ne supportait pas la vue de cet arbre de fête.
Ce que je comprenais parce que je n'arrivais pas à le supporter, non plus.
J'enroulais mon bras autour des épaules de ma fille et l'attirais contre moi.
- On assistera peut-être à un miracle de noël … chuchota-t-elle d'une voix mal assurée.
Les trémolos de sa voix étaient parfaitement audibles mais je ne parvins pas à lui répondre tant ma gorge était serrée. Nous avions les mêmes espoirs, les mêmes attentes.
Durant les trois jours qui suivirent, l'ambiance à la maison s'améliora. Les filles reprenaient peu à peu le sourire au fur et à mesure que Kiara et moi perdions le nôtre.
Il nous était de plus en plus difficile de voir Bella inerte sur son lit. Il n'y avait aucune amélioration, aucun signe qui montrait qu'elle était entrain de se réveiller. Ses paupières restaient closes, son état stable.
Noël serait le lendemain. Il était prévu de passer la journée avec mes parents, mais pour être honnête je n'avais aucune envie de faire la fête, aucune envie de me retrouver dans une ambiance joyeuse et de faire semblant pour les enfants que tout allait bien.
Je savais que Kiara ressentait exactement la même chose que moi.
Lise et Charlotte n'avait pas l'air de vraiment comprendre que leur maman ne fêterait pas noël avec nous. Carlisle et Esmée s'occupaient beaucoup d'elles pour nous permettre de nous rendre le plus souvent et le plus longtemps possible au chevet de Bella et les filles étaient plus joyeuses quand je les récupérais le soir.
Pour tenter de faire plaisir aux enfants, je m'étais rendue le matin même dans un magasin de jouet ou j'avais trouvé des tas de choses pour les filles. Je m'étais occupé des cadeaux de ma famille voilà plusieurs semaines, mais la grande question était celui de Kiara.
Pour Ch arlotte et Lise, c'était une tâche simple mais pour la jeune fille, le challenge s'était relevé plus compliqué.
J'avais finalement opté pour un médaillon en or ou j'avais inséré la photo de ses petites sœurs d'un côté et une de Bella et de moi prise lors de la seule soirée que Bella avait passé à mon bras.
J'avais eu de la chance de la trouver sur Internet.
J'ignorais comment Kiara allait prendre ce cliché mais sur le moment cela m'avait paru une bonne idée.
En début d'après-midi, l'adolescente m'avait demandé de la conduire à la villa pour récupérer les cadeaux que Bella avait faits à ses filles.
Kiara m'avait appris combien cette fête pouvait être dure pour sa mère, mais à quel point elle mettait toujours un point d'honneur à rendre le jour phénoménal pour ses enfants. La folle cavalcade aux cadeaux idéaux étaient toujours menée à l'avance pour être sûr de trouver les bons jouets.
C'est les larmes aux yeux que l'adolescente m'avait demandé d'aller chercher ses paquets. Elle voulait que sa mère participe à ce jour, que même si elle n'était pas là, elle voulait qu'elle offre aux filles ce qu'elle avait mis des semaines à rassembler.
Prendre conscience des dizaines de présents que Kiara rassembla, me fit écarquiller les yeux. Apparemment Bella ne lésinait pas à la dépense mais je n'en étais guère étonné non plus.
Je chargeais le fardeau dans le coffre de la Volvo et à l'arrière avant de reporter mon attention sur Kiara.
Ses yeux dans le vide me faisaient mal. Elle paraissait si loin dans ses pensées, si loin dans la douleur.
Cela faisait une semaine que Bella était dans le coma et pour ma part j'avais déjà l'impression que ça faisait une éternité. Pour Kiara le temps devait sembler encore plus long.
C'est en silence que nous reprîmes le chemin de la maison de mes parents.
Je chargeais les paquets dans le garage avec ceux de toute ma famille et demandais à Kiara si elle voulait aller à l'hôpital.
Elle répondit par un hochement de tête et reprit place sur le siège passager.
L'endroit était désormais familier, même si bien entendu j'aurais préféré qu'il en aille autrement. La chambre de Bella étant un peu reculer par rapport aux autres, nous dûmes traverser l'hôpital pour pouvoir la voir.
Arrivés à destination, Kate nous informa que Bella avait de la visite.
Aro se trouvait à son chevet.
- Je vais aller me chercher quelque chose à boire, m'annonça Kiara.
Et avant que je n'aie pu dire ou faire quoi que ce soit, la jeune fille avait disparu.
Lançant un regard à un des deux gardes postés devant la chambre de Bella, il répondit avec un hochement de tête et suivit l'adolescente de loin pour lui éviter tout problème.
Les réactions de Kiara ne m'étaient pas toujours compréhensibles et j'avais du mal à la suivre parfois.
Je toquais légèrement au battant de la porte pour signaler ma présence à Aro et entrais en essayant de faire le moins de bruit possible.
Aro était debout près du lit, la main de Bella dans la sienne. Visiblement, il était en plein monologue mais je l'avais interrompu.
- Bonjour Aro.
- Bonjour Edward.
Il paraissait encore plus fatigué que trois jours auparavant.
L'ayant eu la veille au téléphone, je savais que la compagnie rencontrait de nouvelles difficultés mais il tentait de garder le cap comme il pouvait. Ce n'était pas toujours facile d'avoir la tête froide dans de tel moment.
Je m'approchais à mon tour et comme toujours, je fus frapper par la pâleur toujours plus frappante de Bella.
Mon Dieu que j'aimais cette femme.
Elle m'avait blessé, je ne pouvais pas le nier. Et je lui en voulais mais la voir dans un tel état de faiblesse, immobile, incapable de s'alimenter seule, de respirer même, je ne pouvais empêcher les larmes de monter à mes paupières.
- Vous êtes la meilleur chose qui lui soit arrivé depuis longtemps …, murmura Aro à mon intention sans détacher ses yeux de Bella.
D'abord surpris puis ensuite choqué par ces mots, je restai muet essayant d'analyser ce qu'il entendait par là.
Il n'y avait pas de double sens à ses paroles pourtant, je connaissais assez bien l'associé de Bella pour savoir quand il mentait, et quand il disait la vérité.
- Vous croyez ?
- Oui.
- Je ne suis pas certain qu'elle pense comme vous …
- Vous serez surpris de ce qui peut lui passer par la tête, par moment …
Je voulais bien le croire.
Bella était une femme compliquée, un être torturé par la vie et qui souffrait encore d'un passé trop lourd à porter pour elle.
- C'est une femme exceptionnelle … avec une telle force d'âme … j'ai rencontré des gens qui ont souffert dans ma vie mais Isabella … Dimitri ne pouvait pas rêver d'une meilleure épouse qu'elle …
L'aiguillon de la jalousie me terrassa de nouveau sans que je comprenne vraiment pourquoi.
Dimitri était le mari de Bella, le père de Charlotte et Lise. Quoi qu'il se passe, il ferait toujours parti de sa vie et une partie d'elle l'aimerait toujours quoi que je fasse.
Dans l'hypothèse qu'elle m'accorde une seconde chance un jour et que nous réussissions à recoller les morceaux entre nous, je ne pouvais décemment pas lui demander de l'oublier. De toute façon je ne le ferais jamais.
Sans lui, elle ne serait peut-être pas la Bella que je ne connaissais et que j'aimais comme un fou, avec ces défauts, ces qualités et son passé difficile.
Nous ne pouvions rien changer à ce qu'il s'était passé avant mais peut-être pourrions-nous faire en sorte de changer le futur.
Je priai pour en tout cas pour y parvenir.
- Dimitri était mon meilleur ami, continuai Aro visiblement pas conscient de mon instant de réflexion intense. Je l'ai traité de fou quand il m'a présenté Isabella … je savais tout d'elle dès le début. Son passé, qui elle était … j'ai toujours su bien qu'elle l'ignorait …
Cela ne m'étonnait guère. Connaissant le personnage il était peu probable qu'il ne se soit pas renseigner ou que Dimitri n'est pas informé ces plus proches collaborateurs en l'épousant.
- C'est une femme fière …
- C'est une dame, affirma Aro avec ferveur. Même à l'époque … sans talon, sans robe et sans maquillage, Isabella était une dame. Elle a toujours eu une classe naturelle … si pure … Dimitri ne voulait pas qu'elle pense que son passé était un fardeau pour lui, qu'il l'a diminué à ses yeux, nos yeux … c'est pour ça qu'il ne lui a jamais rien dit. Et puis Isabella était rebelle …surtout à l'époque. Elle s'est calmée en se mariant et en devenant mère mais … elle n'avait pas froid aux yeux. Quand elle avait quelque chose à dire, elle le faisait quoi que puisse en penser son interlocuteur.
« Elle est restée ainsi durant de nombreuses années. Dans les premiers mois de son mariage, elle était si désireuse de ne pas se faire marcher sur les pieds que j'ai été vertement remis à ma place des dizaines de fois. Mais elle était tellement différente avec Dimitri ..., plus en retrait … cette flamme s'est atténuée en elle mais aujourd'hui mais je sais qu'elle est toujours là … on oublie jamais totalement d'où on vient …
Cela ne m'étonnait pas d'elle.
Bella avait dû se battre si souvent pour ce qu'elle voulait, qu'elle refusait que sa liberté ne lui soit arrachée. En revanche, certaine paroles d'Aro m'étonnèrent un peu. N'avait-elle pas avouée elle-même que son mari avait tendance à prendre les décisions et elle à suivre ?
- Dimitri avait un drôle de rapport avec le passé de sa femme …, fis-je remarquer.
Il affirmait ne pas avoir de problèmes avec mais il avait forcé Bella a changé de nom pour éviter les ennuis.
- Dimitri protégeait sa femme. Il était persuadé lui épargner des soucis supplémentaires en lui inventant un passé … Il l'aimait comme un fou, elle était toute sa vie … et il est probablement mort pour elle …
Je me tournais vers lui les yeux écarquillés mais il ne me regardait pas. Il continuait de fixer Bella posant sur elle un regard doux.
Ni allait-il pas un peu fort ?
- Qu'est-ce que vous entendez par là ? Demandai-je pour obtenir une réponse de sa part.
- Il aimait sa femme, et pour elle il aurait fait n'importe quoi. Vous pensez vraiment qu'il n'a pas cherché à rendre la justice à la famille d'Isabella ?
- Il a cherché le coupable ?
Il hocha plusieurs fois la tête, les yeux dans le vague, paraissait soudain très loin dans ses souvenirs.
- Oui. A partir du moment où elle s'est confiée à lui, il a voulu lui rendre la justice qu'elle méritait, qu'ils méritaient tous. Mais il a vite compris que cette histoire macabre avait bien plus de secrets qu'il n'en prévoyait au départ … et qu'Isabella elle-même pensait …
Je restais stupéfait par cet aveu qu'il venait de me faire sans faux-semblant alors que Bella n'en avait jamais rien su.
Je ne pus m'empêcher de lui poser la question sous un ton incrédule.
- Pourquoi ne le lui avoir jamais dit ?
Bella pensait que Dimitri s'en moquait, que son passé était une sorte de honte pour lui. Bien que j'avais tenté de la rassurée lors de la seule fois où elle avait évoqué le sujet avec moi, il était peu probable qu'elle m'ait cru.
Mais maintenant Aro était entrain d'affirmer que Dimitri avait recherché le coupable, il avait tenté de donner à sa femme, la seule chose qu'elle voulait depuis toujours.
Je ne comprenais pas à quoi cela avait servi de dissimuler une telle information, mise à part faire douter Bella.
- Je vous l'ai dit … Dimitri aimait sa femme. Il aurait fait n'importe quoi pour qu'elle soit heureuse, et encore plus pour qu'elle soit en sécurité. Quand il a compris que le meurtre de Quil allait bien plus loin qu'un simple hasard, et qu'Isabella lui a révélé que Tanya se pensait en partie responsable de la mort de leur frère, il a ordonné à sa femme d'arrêter de chercher à résoudre cette veille histoire. Isabella en a été effondrée et je me rappelle qu'elle en a voulu à Dimitri durant de longues semaines. Mais ce qu'elle ne savait pas c'est qu'il continuait … pour elle.
« J'ai souvent voulu savoir l'avancé de ces recherches, pour l'aider … ou tout du moins connaître où il en était … mais il me faisait vertement comprendre que cela ne me regardait pas, que ce n'était pas mes affaires et que la première au courant serait Isabella. Je n'ai jamais vraiment insisté non plus. Pour être honnête, je ne me prenais pas vraiment cette histoire au sérieux à l'époque. Je n'étais pas au courant de grand-chose, mise à part ce que Dimitri voulait bien me dire.
« Plusieurs semaines avant le drame, il est venu dans mon bureau avec une expression insondable sur le visage, comme si il avait vu un fantôme. Au plus je revoie son visage en pensée au plus je me demande pourquoi cela ne m'a pas plus alerté que ça, ce fameux jour. Mais Dimitri était tellement à cran quand il s'agissait d'Isabella, de Charlotte ou de Kiara.
« Il était surprotecteur à la limite de l'étouffement que le fait qu'il s'inquiète n'était pas alarmant en soi. On a discuté un bon moment mais je sentais que quelque chose n'allait pas. Quand je lui ai posé la question, il s'est levé et s'est approché de la fenêtre. Dans un instant lugubre, il m'a demandé de prendre soin de sa femme et de ses filles au cas où il lui arriverait quelque chose. Bien entendu je lui ai demandé ce qu'il voulait dire par là, il a juste dit qu'il fallait qu'il me le demande, parce que j'étais son meilleur ami et qu'il ne se voyait pas confier sa famille à quelqu'un d'autre. Surpris plus qu'autre chose, j'ai bien entendu répondu qu'il n'en allait pas autrement et que je serais toujours là pour lui et sa famille.
« La veille de sa mort, il a laissé une note sur mon bureau m'informant qu'il partait au Mexique. C'était une affaire personnelle, urgente. Quand je l'ai appelé, il était sur le point d'embarquer à bord du jet privé de la compagnie. Je lui ai demandé ce qu'il allait faire là-bas. La seule qu'il m'a répondu, c'est qu'il avait une piste pour sa femme, que pour une fois il s'agissait enfin de concret. Mais il tenait à attendre d'en être sûr avant de dire quoi que ce soit. Il m'a demandé de me taire sur les raisons de son voyage et de prendre soin d'Isabella et de ses deux filles en attendant son retour.
« Il n'est jamais rentré … le lendemain j'apprenais que son avion s'était crashé en vol … défaut technique …
Au son méprisant de sa voix, je compris qu'il n'en croyait pas un seul mot.
Je savais de Bella et depuis longtemps, qu'Aro était le premier à affirmer que Dimitri n'était pas mort accidentellement mais qu'il avait été tué.
Je comprenais mieux les raisons d'un tel raisonnement.
- L'appareil était à jour dans les contrôles. Je me suis toujours fait un point d'honneur à faire les révisions en temps et en heure. Nous n'avons jamais lésiné sur la dépense en ce qui concernait les voitures ou les avions. Ce sont des engins de morts.
J'étais tout à fait d'accord avec lui.
Quand j'étais plus jeune j'avais eu un accident de voiture plutôt violent qui m'avait valu plusieurs jours d'hôpital. Même à petite vitesse, des choses terribles pouvaient arriver.
Il n'y avait qu'à voir les parents de Bella.
Je me tournais vers Aro qui de nouveau était concentré sur le visage pâle de Bella. Il tendit la main et posa le dos de ses doigts sur sa joue, en un geste tendre.
- Pourquoi parler de ça maintenant ?
J'arrivais à entr'apercevoir le cheminement de ses pensées, mais je n'allais pas prendre le risque de les formulés tout haut.
- Parce que je pense que la personne qui a cherchée à préméditer le meurtre d'Isabella, à tuer Dimitri i ans.
L'affirmation tomba comme un couperet dans le silence morne de la chambre, ou seul le bruit de l'électrocardiogramme se faisait entendre.
Je portais mon regard de Bella à Aro puis de l'associé à la PDG.
Son raisonnement n'était pas dénué de tout fondement. Mais encore fallait-il maintenant faire une liste pour savoir qui serait assez fou pour tuer et préméditer des meurtres. Il s'agissait de la vie d'être humain.
- James s'est trouvé être l'homme idéal pour exécuter le sale boulot.
- Il s'est vanté avoir tué Tanya, s'il avait tué Dimitri il l'aurait fait aussi, lui fis-je remarquer.
- Mise à part si ce n'est pas lui qui a été choisi pour cette partie. Il a avoué lui-même être en contact avec ce type que depuis son retour au pays.
J'hochais la tête avant de me retourner au moment où Kiara entra dans la chambre.
D'un regard je fis comprendre à Aro d'éviter de parler de ça devant elle. Elle n'avait pas besoin de plus de sujet de perturbation, en ce moment. Elle avait déjà assez de chose en tête sans non plus sans en ajouter par-dessus.
Elle lança un sourire à Aro, avant de s'approcher de sa mère.
- Bonjour maman, murmura-t-elle.
L'associé de Bella se recula et nous fit un rapide signe d'au revoir.
A son regard je compris qu'il allait creuser plus avant dans ce que nous venions de trouver.
Kiara s'installa sur la chaise de plastique près du lit et pris la main de sa mère dans les siennes.
- Ce soir c'est le réveillon maman et demain noël. Tu te rends compte ? C'est le premier que nous allons passer sans toi …
Ma fille lutta contre les larmes qui la submergeaient.
- Je penserais à toi … toute la journée … tu seras avec moi tout le temps … Charlotte et Lise m'ont demandé de te dire qu'elles t'aiment très très fort. Nous t'aimons tous très fort, maman. On t'attend, on ne cessera jamais de t'attendre.
Les mots prononcer d'une voix tremblante me déchirèrent et je ne pus m'empêcher de fermer les yeux pour me contrôler.
A chaque fois que Kiara parlait à Bella de cette manière, l'émotion était vive en moi mais aujourd'hui l'espoir de l'adolescente était tellement présent dans chacune de ses paroles, que s'était presque tangible.
- Je sais à quel point tu as mal, maman et je ne te reprocherais pas … d'abandonner … mais tu m'as demandé de ne pas le faire pour moi, pour les filles. Alors aujourd'hui je te le demande également. Maman, si tu m'entends … bat-toi et reviens nous … reviens-moi … n'abandonne pas …
Kiara se recroquevilla et posa sa tête près du bras de Bella sur le matelas, comme si elle aurait aimé se fondre assez profondément pour disparaitre.
J'entendis ses sanglots et je ne pus m'empêcher de m'approcher et de poser ma main sur son épaule pour lui signifier que j'étais là.
- C'est si dur sans toi … je sais que je n'ai pas toujours été la meilleure des filles mais laisse-moi te prouver que les choses peuvent s'arranger … nous pouvons être heureuses toutes les quatre.
Kiara sanglota encore durant un long moment avant de relever le visage vers Bella.
Elle finit par se lever de sa chaise et par se pencher sur sa mère pour lui déposer un baiser sur la joue.
- Je t'aime, maman … joyeux noël …
Elle se tourna vers moi et à l'étirement de ses lèvres, je compris qu'elle essayait de sourire pour paraitre moins abattue.
- Je t'attends à l'extérieur ...
Ne m'attendant pas à me retrouver seul avec Bella, je fus un moment sans voix. Depuis qu'elle était tombée dans le coma, je n'étais jamais seul avec elle.
J'avais laissé Kiara avec sa mère mais quand je me trouvais dans la chambre, il y avait toujours quelqu'un avec moi.
Je fus touché par ce geste de ma fille.
- Nous avons une fille merveilleuse Bella. Je suis si fier d'être son père …
Je m'approchais du lit et pris la place que Kiara venait de laisser vacante.
- J'ai tant de questions à te poser. Il existe tant de non-dit entre nous. Kiara, Tanya, toi … tant de point que nous devons éclaircir. Je sais que notre passé est très lourd à porter, mais je n'ai jamais voulu tout ça. J'étais jeune … cela n'excuse en rien ce que j'ai fait … mais … c'est la seule chose qui me vient en tête.
« Je ne cesserais jamais de m'en vouloir de ne pas t'avoir parlé de tout ça avant. J'aurais dû, je le sais. Mais Tanya m'a privé d'une partie de mon âme … pendant des années, j'ai cru que j'avais tué ton frère, je m'en suis tellement voulu que quand tu as cherché à me faire payer, c'était normal pour moi, dans ma tête j'étais coupable. Et peut-être le suis-je d'une certaine manière, pour Quil et très certainement pour Tanya.
« Mais tu l'as cru si vite. Tu t'es détournée si rapidement, que je me suis demandé durant des semaines ce que j'avais représenté pour toi. J'ai longtemps pensé que je n'avais rien été de plus qu'un simple interlude dans ton existence. Tu m'as demandé de sortir de ta vie et de t'oublier. Et je crois que je l'aurais fait. Oh, ça n'aurait pas été très facile, je crois que j'aurais carrément vécu l'enfer, mais je l'aurais fait, du moins j'aurais essayé. Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est … Kiara … tu le savais à ce moment-là pour notre fille et tu ne m'as rien dit.
« Et ça me fait mal Bella. Je t'aimais comme un fou et même si je t'ai trahi, même si tu étais en droit de m'en vouloir … pourquoi ne m'as-tu pas laissé m'expliquer ? Les choses auraient tellement été différentes …
Les larmes débordèrent de mes yeux alors que je me laissais aller à mon tour au chagrin qui me submergeait. Des jours que je savais que j'étais sur le fil et que j'attendais que la moindre petite chose me fasse craquer.
- Les filles ont besoin de toi … elles ont besoin de leur maman et moi j'ai besoin que tu sois saine et sauve. Je t'avais demandé Bella, de ne rien faire d'inconsidéré et je ne te reprocherais jamais d'avoir sauvé la vie de notre enfant ... pour la deuxième fois. Mais je t'en voudrais tellement si aujourd'hui tu renonçais.
« Je préfère vivre dans un monde où tu vis Bella, plutôt que survivre là où je sais que tu n'es plus. Je t'aime plus que tout au monde, malgré tout. Si tu nous donnais une seconde chance, je te prouverais que toi et moi se sera pour toujours mais pour cela il faut que tu te réveilles. J'ai besoin de savoir ce que je représente pour toi, et si un jour tu es prêtes à me pardonner …
« Laisse-moi te montrer que l'on peut mettre le passé derrière nous et avancer ensemble. J'aime déjà profondément Kiara, tu as fait un travail remarquable avec elle. Charlotte et Lise … si tu me laissais le faire … je pourrais devenir leur papa … je serais toujours conscient qu'elles ont un père biologique et que jamais je ne le remplacerais, mais je peux combler le vide dans leurs petits cœurs. J'ai tellement envie de les aimer comme mes enfants.
« Et toi ? Je t'aime tellement Bella que parfois cela me fait mal. Je suis fou de douleur en imaginant que tu pourrais rester là encore des semaines, des mois ou même des années.
« Tu dois te réveiller, pour Charlotte, pour Lise, pour Kiara … pour moi … laisse nous devenir une vraie famille …
Comme quelques minutes auparavant pour Kiara, je plongeais mon visage dans la main de Bella serrant ses doigts avec force, secoué par des sanglots irrépressibles.
A cet instant, je me moquais complètement que cette femme avait voulu m'anéantir en me jetant en prison, qu'elle m'avait rejeté de nombreuses fois sans un regard ou une considération pour moi. Je me foutais comme d'une guigne qu'elle m'est si souvent fait mal ou qu'elle ait cherché à couler ma société.
Plus rien n'avait d'importance, à part sa vie.
Sans doute, est-ce à ce moment que dans les films le héros constatait le réveil de sa bien-aimée. Elle sortait de son profond sommeil pour rendre heureux toute sa famille et les gens de son entourage. Mais nous n'étions pas dans un film, c'était la dure réalité.
Et malgré mes belles paroles, mon discours enflammé et la ferveur de mes mots, les paupières de Bella demeurèrent douloureusement closes.
Alors votre avis ?
Etes-vous d'accord avec les conclusions d'Edward et d'Aro ?
Pour le prochain chapitre, le jour de noël et la tristesse qui va avec pour les filles et pour Edward et Kiara !
A la semaine prochaine (sans faute enfin normalement !)
