Hello, retour, le même chapitre avec quelque changement,

désolée.


Hidden Past

Encore une journée estivale, dans une des places de la vieille Magnolia, les terrasses de café, vomies par les arcades anciennes, animaient grâce à la chorale improvisée par les foules de personnes qui sans se concerter le moins du monde s'y étaient rassemblés. Une improvisations musicale qui s'accompagnait par le chant de l'eau de la fontaine centrale sculptée à la manière des œuvres classiques, animées de tritons musculeux, de néréides au corps voluptueux, dirigés par le savoir géométrique et anatomique de l'artiste, sujets de la mythologie grecque qui ne parlait peu à la plus part des gens qui passaient près d'elle. Aux pied de l'aménagement, un bassin reflétait les rayons du soleil à la surface de l'eau, sur le rebord sculpté en granite blanc, était assise une jeune femme à la chevelure ébène, élégamment vêtue d'une jupe de tailleur noir et d'un haut rouge et blanc, lisait un dossier chargé sur sa tablette. Elle leva le nez au moment où elle sentit une brise légère. Elle réalisa qu'elle était au centre… Au centre de cette ville, entourée de tous ces gens, cela pouvait paraître anodin, mais, pour elle, cela signifiait beaucoup. Lorsqu'elle eut appris sa mort, elle ne pensait pas qu'un moment pareil pouvait arriver aussi tôt. En s'engageant à mettre fin aux agissement de Zereph, elle savait qu'elle payerait un prix… Sa liberté. Faire la morte n'était pas aussi confortable qu'elle l'aurait imaginé.

Un paradoxe ! Elle qui vivait quasiment en recluse, ne se mettait que peu en valeur… Sortir ne faisait guère partie de ses priorités, mais, maintenant qu'elle était là, en Misty, elle savourait ce moment. Porter un masque a quelque chose de libérateur, jamais Lévy n'aurait porté des vêtements qui mettent ses forme en valeur ainsi, jamais Lévy n'aurait eu autant d'assurance dans une soirée comme celle d'hier. Il n'y avait que son travail qui lui permettait d'avoir confiance, il était toujours plus facile d'avancer quand on a un but en tête, un objectif.

Elle rangea sa tablette dans son sac à main, ferma les yeux et inspira avec force l'odeur de sa ville. Pour la jeune femme chaque ville avait son odeur propre, elle avait remarqué la première fois qu'elle fut revenue. Les odeurs habituelles se retrouvaient certes, la pollution, la pisse d'homme, les défections de chiens… Mais Magnolia avait cette odeur bien particulière, une odeur citronnée provenant des arbres éponymes de la cité, le Magnolia et chaque brise baladait ce parfum dans chaque rue. Elle expira, ouvrit les yeux et afficha un sourire encourageant pour elle-même. Enfin, elle se leva et marcha tranquillement dans les rues piétonnes cachées derrière la place, le « quartier des artistes ». Elle s'arrêta à une vitrine à l'allure sobre présentant des statues aux allures exotiques, mais à la fabrication d'artiste contemporains, bois, métaux, papier, carton, plâtre, plastique… leurs compositions étaient aussi éclectiques dans leurs matériaux que dans leurs aspects. En soit, une vitrine typique d'une galerie d'art actuelle. Misty entra dans les lieux, en accord avec la première présentation, la sobriété était de mise. Les murs d'un blanc immaculé permettaient de mettre en évidence les œuvres que ce soit des toiles, des performances ou bien des statues. Des mezzanines en armatures en aciers avec poteaux et poutres coupaient l'immense volume des lieux, ainsi que des cloisons par-ci par-là organisait des cellules différenciant les artistes. L'ensemble des œuvres était dénué sens, enfin, telle était la première déduction que l'on pouvait en avoir… Beaucoup de question entour ces créations, entre autre le but… Pourquoi ? Y a-t'il un but ? L'art a-t'elle un sens ? Est-ce des esprits malades qui ont créé cela ? Ou est-ce par simple mépris pour ceux qui ne les comprennes pas, mais aussi pour ceux qui font semblant de les comprendre ?

L'art que Lévy avait sous les yeux était bien différent des vestiges archéologiques de la veille. Ici, c'est objet ne sont que l'expression d'un homme… Même si la bleutée avait du mal à comprendre l'enthousiasme autour de ce genre de création, elle savait une chose. Celui qui pense pouvoir déchiffrer ces expressions est un menteur, car cela ne peut-être que la pensée d'un seul individu, son « ça » ce qu'il a au fond de lui et il est impossible de les comprendre en ce fiant qu'à un aspect esthétique. Mais cela n'empêcherait jamais les milliardaires d'acquérir les nouveautés de l'artiste le plus en vue…

Lévy trouvait étrange que personne ne fût venu à sa rencontre quand elle entendit une porte s'ouvrir à l'étage. Une jeune fille à la longue chevelure fushia coiffée en deux couettes vêtue d'une courte robe rouge sortit, une expression furieuse au visage.

- Meldy ! Nous n'avons pas fini notre conversation ! Hurla la voix d'Ultia provenant de la pièce d'où elle sortait.

- Si ! Répondit la jeune fille. Je suis majeure et je décide de mon avenir.

La nommée Meldy descendit un escalier hélicoïdal, faisant fi des appels de la brune qui se tenait à la rampe de la mezzanine. Sans s'occuper de la nouvelle ignorante, la rose passa devant Lévy à grand pas afin de prendre la sortie.

- Meldy ! Interpella la galeriste, en vain.

La porte claqua et Ultia soupira de lassitude, avant de cacher son visage dans les mains. Gênée d'avoir assisté à cette scène, Lévy se racla la gorge bruyamment afin de signaler sa présence. La brune la considéra alors… Ne laissant pas le silence s'installer, Misty se rappela au souvenir de femme qui semblait perturbée pour l'heure.

- Je suis Misty, je travaille au Pavanity Fair…

-Oui, la dernière conquête de Léo, se souvint la galeriste.

Un terme pour le moins réducteur pensa Lévy, heureusement, elle ne pouvait prendre ombrage, car ce n'était qu'un rôle.

- Montez dans mon bureau, invita Ultia en se dirigeant dans la pièce d'où elle était partie.

Sans perdre de temps, la journaliste obéit à l'invitation et monta l'escalier. Une fois à l'étage, elle découvrit un bureau avec des cloisons vitrées encadrées d'acier, une porte grande ouverte incitait à entrer. Lévy observa le bureau, un lieu en désordre, sur les étagères, les catalogues de chaque année furent disposés.

Au sud de la pièce, une belle vue dégagés montrait le fleuve… une vue des plus prisées. Le bureau était placé à la perpendiculaire de cette vue. Au coin de la pièce, un salon y était installé, avec canapé et fauteuil. Le lieu était plutôt grand et lumineux. Ultia fulminait debout derrière le meuble, une veine pulsait sur son front. Lévy remarqua les prospectus d'université sur le bureau, elle approcha doucement, ne se permettant pas de s'asseoir sans y être invitée comme il convient de le faire. Réalisant l'attente, Ultia montra le canapé.

- Pardonnez-moi, fit la brune tout en s'asseyant dans un fauteuil.

- Je vous en prie, excusa aimablement Lévy en sortant sa tablette de son sac. J'ignorais que vous avez une fille… tenta-t'elle, en sachant qu'il ne pouvait pas s'agir de ce lien.

Lévy comptait sur la vanité féminine afin d'obtenir plus d'information.

- Meldy n'est pas vraiment ma fille, je l'ai adoptée, il y a dix ans de cela ses parents étaient morts… en évoquant ce passé, il y eut un semblant de nostalgie dans la voix de la femme, mais aussi de regret et de culpabilité. C'était une autre époque, j'étais une autre personne... Dit-elle, songeuse.

- De toute évidence, vous voulez son bien, élever un enfant adopté n'est pas facile, consola Lévy. Vous n'avez pas à vous sentir coupable…

- Vous croyez cela ? Murmura-t'elle avec incertitude.

Cette incertitude resta gravée dans la mémoire de la bleutée. Peut-être n'était-ce rien ? Mais… Qui était Ultia, il y a dix ans ? Voilà la question qui la taraudait. Cependant, elle se priva de la lui demander, hors de question de braquer la femme en face d'elle.

- Bon, j'aimerai faire un article autobiographique, les chemins qui ont mener une femme à une place aussi importante dans le monde de l'art, expliqua Misty. Vous ne voyez pas d'inconvénient ?

Ressaisie, Ultia tourna la tête vers son interlocutrice, un léger sourire au visage.

- Aucun, affirma-t'elle avec assurance.

- Bien, alors commençons, commença la journaliste. Quand avez vous su que vous vouliez travailler dans l'art ?


Ayant fini son interview, Misty se retrouva sur la grande place, elle ne put s'empêcher de remarquer la jeune fille au cheveux rose attablé à une terrasse. Elle approcha et fit un grand sourire bienveillant.

-Bonjour, je peux ? Demanda-t'elle en montrant la chaise vide face à elle.

-Vous étiez à la galerie… dit Meldy presque boudeuse. Elle vous a dit de me parler.

- Non, c'est jusque… Lorsque j'avais ton âge je m'étais disputé avec ma tante parce que je ne voulais pas faire les études qu'elle souhaitait pour moi, expliqua-t'elle.

- Et vos parents, ils en disaient quoi ? S'enquit la rose.

- Ils étaient déjà morts, dit simplement Misty.

La rose tiqua, elle regarda la jeune femme face à elle et lui permit de s'asseoir.

- Merci, dit-elle en s'installant.

Misty commanda un café.

- Alors vous avez fait quoi ? Demanda la jeune fille intéressée.

- J'ai fait ce que je voulais, répondit Lévy. Et j'ai eu tors.

- Pourquoi vous dites ça ? S'étonna la rose.

- Que ce soit ma tante ou bien Ultia ce qu'elles veulent c'est notre bien, expliqua la bleutée. J'ai fait mon choix parce que je n'avais jamais cessé de regarder le passé, alors que ma tante, elle, ne voyait que mon avenir. La voie que j'ai choisi à provoqué beaucoup de souffrance, mais surtout de solitude.

- Mais ce n'est pas pareil, Ultia veut que j'aille dans une université à l'étranger et moi je ne veux pas aller aussi loin, expliqua Meldy. Je…

La rose se mit à rougir légèrement.

-Tu as quelqu'un dans ta vie ? Déduit Lévy.

-Oui, ma petite-amie et je ne veux pas la quitter, justifia la jeune fille.

-Je vois. Lévy but son café, puis elle ajouta : Je me doute que cette relation est importante pour toi, je n'ai pas à te conseiller quoi faire, mais tu ne dois pas en vouloir à Ultia de s'inquiéter pour toi, elle est ta famille et cela quoiqu'il arrive.

Meldy hocha la tête pour dire qu'elle avait compris, puis Misty se leva.

-Je dois y aller, dit-elle. Ce fut un réel plaisir, Meldy.

-Pour moi aussi…

-Misty, je ne me suis même pas présenté, Ultia a mes coordonnées si tu as besoin.

- D'accord, sourit la rose.

Lévy s'éloigna donc de la terrasse, sur son chemin, elle croisa une jeune fille à la longue chevelure bleu très clair lisse avec une frange, un ruban bleu marine les ornant rappelant la couleur de ses yeux. Elle portait une robe d'été blanche courte… Lévy la suivit du regard et constata qu'elle rejoignait Meldy, les deux femmes s'embrassèrent. La fameuse petite-amie…


De retour à Fairy Tail et de retour à normale par la même occasion, vêtue de son jean et de son débardeur, Lévy travaillait sur les réponses qu'elle avait obtenues, elle avait soigneusement sélectionné les questions et organiser de sorte à pouvoir observer son interlocutrice. Ultia était une excellente simulatrice doublée d'une menteuse hors pair. Cependant la dispute avec Meldy lui permit d'examiner la galeriste lorsque ses défenses étaient baissées. L'adoption de Meldy l'avait intriguée au plus haut point, elle avait donc demandé les papiers d'adoption de la jeune fille. Et la ville d'où elle venait… Max eut beaucoup de mal à le retrouver. Il y avait dix ans de cela, elle chercha à raccorder avec les décès de couples. Elle trouva une correspondance avec le meurtre d'une famille à Fost, un couple et leur fils. Le père était affilié avec un groupe mafieux… Le passé d'Ultia était des plus troublant, en apparence tous semblaient vrais, mais en réalité, aucune des personnes étant dans la même promotion qu'elles ne se souviennent d'elle. Son acte de naissance était un faux…

Alors qu'elle lisait tous ses dossiers dans son bureau, quelqu'un toqua à la porte.

- Entrez, dit la bleutée.

Grey entra alors, puis il s'assit en face du bureau de la bleutée. Sous le regard interrogateur de la jeune femme, il montra un papier entre son index et son majeur.

- Juvia a réussi, constata l'enquêtrice.

- Ouais, elle a demandé à une « collègue » qui est la préférée du président, expliqua le jeune homme. Après c'est du charabia.

Lévy prit le papier que lui tendit Grey, elle le déplia et le lit à haute voix.

Là où Jean la conté,

Sont enterrés les jumeaux pourpres du passé,

Dans un décor noir, blanc, vert pour Arthur.

- C'est…

- N'importe quoi, finit par dire Grey, las.

- On dirait une charade, réfléchit Lévy.

Le brun soupira…

- Quoique ce soit c'est assez important pour le confier au « président », ajouta le jeune homme. Enfin, c'est ton boulot, ce genre de truc, Lucy pourra t'aider.

Il se leva puis se dirigea vers la porte.

- Grey ! Attends ! Interpella Lévy.

Le brun se retourna et interrogea la jeune femme. Honteuse, elle n'osa plus le regarder.

-Voilà, j'ai…

- Lu mon dossier, continua Grey.

Lévy hoqueta et le regarda avec surprise le jeune homme.

-Max ? S'enquit-elle.

Un sourire discret, il hocha la tête pour confirmer.

-Comprends-moi, je sais ce qui est arrivé à ta famille, mais je voulais…

-Quoique tu cherches à faire, coupa-t'il à nouveau. J'ai confiance en toi.

- Mais nous nous parlons à peine, comment peux-tu avoir confiance en moi ? S'étonna-t'elle.

- T'as su calmer l'autre tat de ferraille, t'es plus qu'une surdouée, t'es un miracle, argumenta le brun. Donc pas de problème. Dit-il avant de partir.

Lévy répondit par un simple sourire. Alors qu'elle reprit son travail, elle entendit un miaulement venant de la chambre. Un quadrupède sauta sur le bureau…

-Lily ! Sourit-elle en le caressant. Il est l'heure d'aller dormir…

Le félin miaula en guise de réponse, puis il frotta sa tête à la joue de la jeune femme.

- D'accord, dit-elle en se levant.

Étrange, ce chat imposait à la jeune femme une certaine routine, bien plus saine que sa vie d'avant. Elle se sentait moins seule avec lui, parfois elle se disait que son maître légitime lui avait confié à cause de leur discussion. Mais cette idée saugrenue disparut immédiatement de sa tête.

Le lendemain, elle reprit le travail avec l'aide de Lucy cette fois. La blonde examinait le papier avec intensité. Fronçant les sourcils, elle afficha une moue d'agacement.

Rrrrr… ça ne veut rien dire, s'énerva-t'elle. Arthur ? Arthur, qui ? Et jean ? Et quels jumeaux ?

Lévy, les lunettes sur le nez, ferma un volume imposant et souffla de fatigue. Elle s'étira les bras…

- Il n'y a rien sur des jumeaux pourpres dans la mythologie, annonça-t'elle.

- Moi, j'ai besoin d'une pause, déclara la blonde.

Elle se mit au fond de son siège.

- Tu as raison, suivit la bleutée.

Elle posa ses lunettes devant elle, puis elle regarda Lucy.

- Comment va Erza ? S'enquit-elle.

Lucy fixa un livre sur le bureau, le regard rempli de tristesse.

- Depuis qu'elle sait que Kagura est ici, c'est devenu compliqué, elle ne veut pas le montrer, mais j'ai bien vu que ça la perturbait. Expliqua la jeune femme.

- Je suis désolée, dit la bleutée, compatissante

- Tu n'y es pour rien, excusa Lucy. Dans ce travail, on sait que cela peut arriver perdre quelqu'un et se retrouver face à son meurtrier, on se pense invincible et capable de tout surmonté, mais c'est faux. Heureusement, Erza est la plus professionnelle d'entre nous, c'est pour cela que c'est elle qui commande.

- Heureusement, il y a Natsu… Observa la bleutée avec un ton enjoué.

Lucy fit un sourire immense.

- Oui, cet idiot arrive à lui remonter le moral, même si je sais qu'il me cache quelque chose, ajouta la blonde.

- Comment ça ? S'enquit la bleutée.

Lucy parut gênée, elle se pinça les lèvres, hésitant à parler à son amie. Lévy comprit qu'il y avait un véritable combat dans la tête de son interlocutrice.

- Depuis que tu es arrivée, il y a quelque chose d'étrange, avoua-t'elle.

- Depuis que je suis arrivée ? S'étonna la bleutée.

- Oui, souffla la jeune femme, désolée. Je ne pense pas que ce soit contre toi. Mais tu voudrais lui parler ?

Lévy hésita un peu face à la requête, elle examina son amie qui la suppliait du regard.

- Tu sais, il n'a peu être pas envie d'en parler, argumenta l'inspectrice.

- S'il te plait, insista Lucy en posant sa main sur celle de son amie.

Face à autant d'insistance, la bleutée n'eut d'autre choix de céder. Elle baissa les yeux et souffla.

- D'accord, concéda-t'elle.

- Il est midi, tu lui demanderas maintenant, dirigea la blonde.

Lévy fut surprise de voir l'autorité dont pouvait faire preuve la gentille femme avec qui elle s'était entendue tout de suite. Seulement midi arriva, comme à chaque fois que l'équipe d'Erza était présente, Natsu ouvrit la porte, sans frapper bien sûr.

- Yosh ! ça va être l'heure de manger ! Annonça-t'il joyeusement.

Lucy mit debout avec célérité, puis elle avança près du rose.

- Natsu ! Je vais aider Mira, Lévy a quelque chose te dire, dit-elle en le faisant entrer.

Lévy et Natsu la regardèrent partir, interrogatifs. Le rose se gratta l'arrière du crâne, embarrassé, il afficha un grand sourire.

- Alors… Tu voulais me demander quoi ? S'enquit-il.

- Tu veux t'asseoir ? Proposa-t'elle.

- C'était ça ta question ? S'étonna Natsu.

Elle resta bouche bée, il était sérieux. Elle le considéra, oui il l'était. Elle croyait que Gajeel exagérait lorsqu'il disait que Natsu avait une passoire en guise de cerveau.

- Euh…non, je pense qu'il vaudrait mieux que tu t'assieds, rectifia la jeune femme.

- Ok, dit le jeune homme qui s'installa dans le siège.

- Voilà, Lucy pense que tu es étrange avec moi, est-ce que tu souhaiterais me dire quelque chose ? Demanda l'inspectrice.

Natsu se mit à réfléchir, puis il grimaça.

- Ben, on m'a dit de pas t'en parler, déclara-t'il.

Lévy tiqua, elle écarquilla les yeux.

- Qui t'as dit de ne pas m'en parler ? S'étonna-t'elle.

- Le vieux et la tête à clous, dénonça-t'il rapidement.

- Makarof et Gajeel, mais pourquoi ?

- Ben, le vieux pense que ce serait pas bon pour toi et l'autre a dit que tu t'en souvenais pas de tout façon.

Qu'elle ne se souvient pas… Elle se souvient pas de quoi ? De…non, ce n'est pas possible.

- Lévy, interpella-t'il sur un ton exceptionnellement grave, elle le regarda. Il paraissait tellement sérieux, c'était la première fois qu'elle le voyait ainsi. Lorsque j'ai eu sept ans, mon père avait disparu, tout comme le père de Gajeel.

- Je comprends, mais quel est le rapport avec moi ? Demanda-t'elle.

- Lévy, t'es la dernière personne à les avoir vus…


Il faisait nuit maintenant, il avait du conduire tout la journée afin de régler une affaire d'Ivan. Flare l'avait accompagné, elle le gonflait. En fait, il en avait de plus en plus marre de bosser pour Ivan. Gajeel chercha les clés de son appartement dans la poche de son jean. Il grimaça, il puait le parfum pour femme. Il supportait mal cette odeur capiteuse, il avait failli vomir dans la voiture. Une bière, une douche, un peu de guitare, puis un jeu ou peut-être un porno pensa-t'il en souriant. Il finit par ouvrit sa porte, mais la lumière était allumée. Il sortit son arme et poussa la porte brusquement pour découvrir…

- La crevette ? S'étonna-t'il.

En effet, Lévy était assise sur le canapé, les bras croisés, le regard accusateur. Il ferma la porte derrière lui.

-T'es rentrée comment ? Demanda-t'il en posant son arme dans le tiroir de l'entrée.

- Tu m'as donnés tes clés au cas où j'aurais besoin de quelque chose pour Lily, crétin, répondit-elle.

- Oh ! J't'es pas encore taquinée, pas la peine de grogner tout de suite, calma-t'il.

Il posa son portefeuille et son portable sur le bar, puis il prit deux bières du réfrigérateur. Il les décapsula, puis il en posa une sur la table-basse et s'assit dans le fauteuil.

- T'en n'as marre des barges de Fairy Tail, c'est pour ça que t'es là ? Plaisanta-t'il.

Elle regarda sa bière qu'elle prit entre ses deux mains.

- La première fois que l'on s'est vu, pourquoi tu m'as sauvée ? Demanda-t'elle d'une voix monotone.

Il arqua un sourcil, interrogateur.

- Hein ?

- Tu m'as très bien entendue, dit-elle d'un ton sévère.

- Qu'est-ce qui te prend ? Demanda-t'il avec hargne.

- Tu savais qui j'étais… Affirma-t'elle.

- P'tain, Crevette, souffla-t'il. Chui pas d'humeur. C'est quoi ces questions, t'es plus flics. T'es vraiment…

- J'ai parlé à Natsu, interrompit la jeune femme.

Il tourna la tête en direction de la jeune femme, il l'examina, puis il perdit sa posture nonchalante pour redresser son dos.

- Quel con ce salamandre, il peut pas tenir sa langue ! Maugréa le ténébreux.

-Tu savais qui j'étais, même avant que l'on se rencontre ? Répéta la bleutée.

Il soupira…

- Oui, murmura-t'il.

Elle sentit son cœur se serrer, elle était déçue… Elle pensait l'avoir compris, mais en réalité, il mentait même à elle. Mais en fait, elle était déçue d'elle-même : comment avait-elle pu croire qu'elle avait eu droit un traitement de faveur ?

- Tu m'as sauvé parce que tu pensais que je pouvais t'aider à retrouver ton père ? Continua-t'elle, amèrement.

- Tsss… J't'ai sauvée parce que t'étais dans la merde, rectifia-t'il.

Furieuse, elle se leva.

- Comment je peux te croire ? Comment je peux savoir que tu ne me mens pas cette fois ? Ragea-t'elle. Tu m'as surveillée !

- J't'ai pas surveillée, le vieux voulait savoir comment tu allais ? Justifia le brun qui se mit debout à son tour afin de dominer la jeune femme.

- Et toi ? Tu ne veux pas savoir ce qui est arrivé à ton père ? Hurla la bleutée en ancrant son regard dans celui du brun.

- Pour que tu chiales tout le temps ? Rétorqua-t'il froidement.

La bleutée hoqueta.

- Pardon ? Dit-elle d'une manière agressive.

- Tu sais ce que je veux dire, c'est tes putains de souvenir qui te font chialer, ce que t'as perdus ce soir-là, c'est tes parents, dit-il.

- C'est pour ça que Makarov et toi vous ne vouliez pas m'en parler, parce que vous ne vouliez pas me brusquer ? S'énerva-t'elle.

Elle trouvait cette affirmation ironique, lui, le Kurogane prétextait qu'il ne voulait pas la secouer… Comme si elle était une petite chose fragile, n'avait-il pas d'estime pour elle ?

- Le vieux et moi on s'était dit que y avait d'urgence, on devait d'abord régler l'histoire avec Zeleph et après on aurait avisé, expliqua-t'il.

La bleutée souffla, puis elle s'assit sur le canapé…

- Alors ce n'était qu'une question pratique, je sers à arrêter Zeleph et après on pourra m'utiliser pour autre chose, ragea-t'elle, furieuse.

- Tsss… Voilà, t'as tous pigé ! J'ai juste besoin de toi pour savoir si mon vieux a buté tes parents ! Hurla l'homme, excédé.

Lévy se tut à ce moment, sa gorge se serra, tout ça n'était qu'une question de manipulation. Il l'avait espionnée, menti, trahi et il n'en éprouvait aucun regret. Le brun ne regarda plus la jeune femme, il passa derrière la table basse et alla en direction du couloir… Elle ne voyait plus que son grand dos musclé.

- Si t'as envie de geindre, t'as la bunnygirl et la démone, indiqua-t'il froidement. Ferme la porte à clé quand tu t'barras.

La bleutée ne dit rien, elle le fixait tandis qu'il disparaissait dans le couloir. Alors qu'il partit dans sa chambre, il entendit la porte se fermer. Il entra dans la salle de bain, les deux mains de chaque côté de l'évier, il soupira, puis il regarda son reflet… Il serra les dents et mit son poing dans le miroir…

Les larmes aux yeux, la jeune femme marchait à pas rapide dans le parking au pied de l'immeuble de Gajeel. Elle chercha dans son sac les clés de la voiture que lui avait confié Mirajane.

- Cela ne vaut pas le coup de te mettre dans ces états, déclara soudain une voix nasillarde.

Lévy eut un hoquet de frayeur, puis elle se retourna. Elle distingua grâce à l'éclairage urbain Makarof. Assis sur les marches d'une entrée, il la regardait avec son sourire bienveillant.

- Je croyais que vous étiez à Crocus, rétorqua-t'elle méfiante.

- Hm… J'ai appris que Natsu t'avais dit que…

- Que son père et celui de Gajeel sont liés avec le meurtre de mes parents, finit-elle.

- Oui.

- Pourquoi ne m'avez-vous pas dit tout cela avant ? reprocha la jeune femme.

- Allons, tu te doutais déjà qu'il y avait un lien entre Métallicana et ce qui t'était arrivé, il y a vingt ans de cela, assura le vieil homme.

Il n'avait pas tord, Lévy dut bien le reconnaître. Elle se dirigea auprès du directeur de Fairy Tail, puis s'assit à côté de lui. Songeuse, elle fixait l'immeuble d'en face, sans réellement y prêter attention.

- Mes souvenirs, j'ai mis des années à essayer de ne pas y penser, dit-elle.

- Pourtant ce sont eux qui ont fait de toi ce que tu es, expliqua avec gentillesse Makarof.

- Vous ne comprenez pas, chaque nuit, ils me hantent, au point que je redoutait de m'endormir à une époque, puis ils sont devenus une habitudes, une drogue malsaine, toute cette souffrance, cette tristesse… Je me suis reposé sur ce traumatisme, je l'ai laissé se nourrir de ma vie, je… Si je cherchais à les comprendre, je…

- Tu pourrais faire enfin ton deuil, conclut le vieil homme.

Elle hocha la tête, puis sentit les larmes lui monter aux yeux à nouveau.

- Cette souffrance, cette incertitude est devenu ce qui me définissait moi en tant que personne, expliqua-t'elle, tristement.

- Lévy, es-tu toujours la jeune inspectrice seule et recluse ? Demanda Makarof.

Perdue, la bleutée ne répondit pas, elle ignorait quoi répondre.

-Je vais te dire qui je vois, commença Dreyar. Je vois une jeune femme perspicace, talentueuse, intelligente et une de mes enfants de Fairy Tail dorénavant.

Elle se raidit et interrogea Makarof du regard.

- Tu as une famille Lévy, peu importe la croix que tu as portée durant tout ces années, il est temps de débarrasser de ce fardeau, dit le vieil homme.

Elle réfléchit un instant à ces mots. S'en débarrasser…? Elle avait vécu tellement longtemps ainsi, elle ne se souvenait même plus de… avant. Les moments d'innocence qu'elle avait connus. Peut-être n'était-elle pas prête ? Pourtant, il le fallait…

- Je dois me souvenir, affirma-t'elle sur un ton solennel.

- Ce n'est pas une urgence, Lévy, rassura le petit homme.

- Mes souvenirs pourrait nous aider à retrouver Zereph, ajouta la bleutée.

- Alors il y a un moyen…


« Il y a un moyen » quelle blague ! Le moyen en question était l'alcoolique notoire de Fairy Tail. Elle serait douée dans ce genre de manipulation. D'accord Cana avait le sens du spectacle, mais de là à penser qu'elle pouvait manipuler l'esprit. Lévy savait que l'hypnose était une pratique courant chez les psychanalystes, mais elle croyait pas vraiment en son efficacité.

- Il ne s'agit pas d'hypnose, mais de remémoration sensorielle ! Rectifia Cana.

Allongé sur le lit ses vieux livres à côté d'elle, Lévy soupira une énième fois.

- Bon, si t'as pas envie… commença la brune assise sur un fauteuil à côté.

- Attends, je vais faire un effort, promit la bleutée.

- Bien, ferme les yeux et concentre toi sur l'odeur de vieux papier, de poussière et de la cigarette, commanda Cana.

- De cigarette ?

Pour toute réponse, elle eut le bruit d'un briquet zippo…


Merci à Neliia, Miitaki et Kuroe89 pour leur review !