Salut tout le monde,
de retour, merci pour vos reviews d'abord,
elle sont une bonne motivation,
J'aurais aimé être une bonne auteur et vous répondre à chacun,
Promis cette fois je le fais,
il faut que je reprenne les bonnes habitudes...
Donc voici un nouveau chapitre,
J'espère qu'il vous plaira,..
Bones under Trees
Elle ouvrit les yeux, doucement, toujours dans la brume… Une brume épaisse, pourtant, il faisait jour et bien jour, en témoigne, les chants inépuisables des oiseaux, les rires des enfants, les rayons solaires perçant çà et là le rideau de la chambre, montrant les imperfections quasiment imperceptibles d'un tissu sensé être opaque. Oui, la journée avait bien avancée, cependant, la jeune femme à la chevelure azure n'envisageait pas de sortir de l'enveloppe protectrice de son lit. Elle cacha sa frimousse dans son oreiller.
Voulait-elle vraiment affronter la réalité ?
Elle tenta de refermer les yeux, en vain. Sa conscience lui interdisait. Sa conscience ainsi que ses souvenirs remontant inlassablement, des souvenirs d'horreurs et effrois, effacés depuis des années, revenaient la hanter. Aucun droit de se plaindre, elle l'avait voulu… revivre la pire expérience de sa vie, la mort de ses parents. Cette nuit avait été éprouvante, tellement, que, dès qu'elle eut ouvert les yeux, elle était partie vomir dans les toilettes, elle se purifiait de tout cela, de ses angoisses. Cana avait été adorable avec elle, tellement, attentionnée, elle était restée jusqu'à ce qu'elle s'endormit.
Voulait-elle vraiment affronter la réalité ?
Se retournant, se frottant le visage, elle retira ses mèches de devant les yeux. Enfin, elle laissa tomber ses bras fins au-dessus de sa tête, regardant fixement le plafond impeccablement blanc. Luxus avait dû le ramener, maintenant. Elle… elle avait pensé à lui juste après ce cauchemar, elle aurait souhaité le voir… Pour…pour lui parler de son père, mais avant tout, juste pour qu'il fût là. Sa présence l'apaisait… puis elle se sentait coupable à cause de ces mots.
Voulait-elle vraiment affronter la réalité ?
La bleutée devait admettre qu'il y avait un bon côté… Elle avait enfin retiré cette croute purulente d'une plaie mal, plutôt, pas du tout soignée. Cette douleur présente en elle la consommait comme un poison. Un poison qui lui donna le fil directeur de sa vie. Il n'y avait plus de monstres pour enfant, non, il y avait des hommes monstrueux… Il n'y avait plus de dragon, non, juste deux hommes courageux… Mais du sang, partout, la douleur, l'odeur, la peur, le revivre en face une bonne fois… et aller de l'avant.
- Aller de l'avant… soupira Lévy.
Aujourd'hui, elle allait devoir exposer tous ces nouveaux faits à tout le monde. Makarov préférait que le membre de Fairy Tail furent tous réunis et elle lui avait donné raison. Elle avait eu besoin de se reposer et elle n'avait guère envie de répéter plusieurs fois cette histoire… son histoire.
Elle sentait son cœur lui faire mal, les larmes montaient… Une petite patte noire se posa délicatement sur son ventre et un ronronnement suivit le geste. Alors les larmes ne franchirent pas ses yeux et son cœur s'apaisa, comme si un baume passait dessus. Elle prit le propriétaire de la patte dans les bras et le glissa jusqu'à sa poitrine. Le matou se laissa faire comme un doudou, elle le câlina tendrement.
- Tu as raison Lily, j'ai une famille maintenant, ils m'aideront à surmonter cela, lui dit-elle en récupérant son sourire radieux.
Il fallait qu'elle affronte la réalité…
Habillée légèrement d'un haut jaune et d'un short noir, Lévy descendit les marches du hall. Alors qu'elle avançait, elle entendit des voix masculines venant du rez-de-chaussée. Elle reconnut Makarov d'abord…
- Les membres de phantom ont été placés en détention, affirma le vieil homme. Je suis content que tu ne les aies pas tués, Gajeel.
La bleutée sentit son cœur faire un bond en entendant ce prénom, Gajeel était bien là et il s'était battu contre les hommes de phantom qui voulaient sa mort. Qu'est-ce qu'elle allait lui dire ? Une douce main se posa sur l'épaule de la jeune femme, elle sursauta.
- Pardon, je ne voulais pas te faire peur, dit la personne.
- Lu-chan, ce n'est rien, je… je suis… un peu…
- Tu n'as pas besoin de t'expliquer, Cana nous a dit que la nuit avait été dure, sourit la blonde.
La bleutée souffla de soulagement et hocha de la tête.
- Tu es prête ? Demanda Lucy.
- Oui.
Les deux femmes finirent de descendre les escaliers, alors qu'elle avançait, elle voyait Gajeel écoutant une discutions entre Erza et Luxus. Il avait encore un bon nombre de pansements, c'est une mode chez lui… Se dit la bleutée. Elle arriva auprès de lui sans parvenir à le lâcher du regard. Après qu'Erza s'enquit sur le bien-être de la bleutée, la rouge et Luxus partir dans la salle de réunion, laissant Lévy avec Redfox. Elle baissa les yeux… Le brun ne dit rien… Pourquoi il n'a rien dit cet abruti ? S'agaça-t'elle toute seule. Il la fixait, immobile… Elle prit une grande inspiration…
- Tu as passé une nuit agitée ? Plaisanta-t'elle afin de détendre l'atmosphère.
- Toi aussi, dit-il, simplement.
Voilà comment Gajeel Redfox entretenait une discussion… La belle soupira.
- Je voulais te dire à propos de ce que je t'ai dit hier, je suis dés…
- T'as pas un topo à nous faire, Shorty, interrompit-il.
Elle leva la tête, il avait ce fameux sourire en coin… pas besoin d'excuse, donc. Lévy lui fit un large sourire en réponse. Gajeel partit, ensuite, en direction de la salle où il devait se retrouver.
- Ton père m'a sauvé la vie, l'informa-t'elle avant qu'il descendit les escaliers.
Comme elle ne le voyait que de dos, elle n'eut comme seul réaction qu'un arrêt de quelques secondes, une immobilité courte, remplie de soulagement. Sans voir son visage, elle pouvait le percevoir et en saisir quelques brides.
Lorsqu'elle entra dans la salle, tout le monde se tut, moment gênant, être ainsi le centre de l'attention encore. Tous étaient assis et la regardait. Erza devant le tableau, sur lequel il y avait l'organigramme, l'invita à venir à côté d'elle. Lévy se retrouva donc devant une assemblée qui attendait avec impatience ce qu'elle allait dire. Elle inspira, elle vit Cana qui tentait d'être rassurante, puis Gajeel, elle ne sut pourquoi, mais le voir lui donnait du courage.
- Comme vous devez le savoir, Cana m'a fait subir une immersion mémoriel part le bien de l'odorat et de souvenir olfactif, l'odeur des livres et des cigarettes de mon père, en l'occurrence, commença-t'elle.
- J'ai rien compris…
- La ferme, Natsu ! crièrent plusieurs membres.
Natsu croisa les bras contre son torse, boudant comme un enfant, en marmonnant quelque chose comme « je suis pas le seul débile à n'avoir rien pigé ». La bleutée en sourit, riant intérieurement et se détendant quelque peu. Elle continua donc et narra ce qu'il s'était passé cette fameuse nuit d'il y avait vingt ans… en omettant volontairement quelque détail, comme le mini-crevette, en soupçonnant un de profiter de ce surnom dans un futur proche. Tout en avançant dans son histoire, elle guettait les réactions de certaine personne comme Makarov, ou Natsu lorsqu'elle mentionna Ignir, ou encore Gajeel avec Métallicana…
Au moment où elle arriva au terme de sa narration, un grand silence se fit dans la salle. Visiblement, Natsu avait été profondément touché… En réalité, il n'attendit pas que les discussions reprirent. Il sortit de la salle, Lévy se sentit mal à l'aise, peut-être aurait-elle dû lui en parler avant, en aparté. Elle s'en voulait… Lucy se leva à son tour, interrogeant Erza du regard, cette dernière lui fit un oui de la tête. La blonde suivit le jeune homme… Gajeel, quant à lui, n'exprima rien comme il savait si bien le faire. Le visage fermé, il attendait la suite des événements.
Finalement, ce fut Makarov qui mit fin à ce silence…
- Bien, le témoignage de Lévy nous éclaire sur beaucoup de point, commença-t'il par dire.
- Effectivement, continua Erza.
La rousse fit signe à Lévy de s'asseoir, ce qu'elle fit.
- Plusieurs points, annonça la rouge. Zereph avait un fils, Zancrow.
- Zancrow est donc le meurtrier de la petite Mavis dans l'affaire Grimoir Heart, ajouta Makarov. Hors Precht s'était empressé de clore cette affaire en la bâclant.
- Tu penses qu'il est le père de ce fou furieux ? S'enquit Cana.
- Peut-être, nous ne pouvons en être sûr pour l'instant, répondit le vieil homme.
- Les autres faits nous disent que Zereph trempait dans du trafic d'art, compléta Erza. Je veux que Max et Warren, vous faisiez des recherches sur les trafics de ses trente dernières années, essayez d'y trouver un lien, commanda-t'elle en regardant les deux concernés.
- Il y a la statuette, précisa Lévy. La statuette que j'ai vue au musée, celle de Kyzyl, seul Zereph peut en être le détenteur.
- Alors on revient à Stéphan Kyzyl, ajouta le commandant de l'opération.
Lévy resta pensive avec cette idée… il y avait encore tellement de zones floues.
- Et les corps ? s'enquit Gajeel.
Un silence se fit à nouveau, Erza regarda le brun, désolée de ne pas en avoir parlé plus tôt.
- Nous allons charger la recherche à une équipe, dit-elle. Fried ?
- Je peux aller sur place dès aujourd'hui, assura le vert.
- J'en suis, affirma le Kurogane.
Erza le considéra…
- Ga…
- J'en suis et la Salamandre aussi, dit le ténébreux avec une sévérité qui ne laissait pas de place à un refus.
La rousse plia, n'ajoutant plus rien. La bleutée comprenait bien ce que voulait Gajeel, voir le corps de son père lui était nécessaire, pour y croire réellement.
- Je dois y aller aussi, il n'y a que moi qui sache, où est-ce que c'était, intervint la jeune femme à la chevelure azure.
- Bien sûr, dit Erza.
- Je demanderai les dossiers dentaires de William Redfox et d'Ignir Dragnir, ajouta Evergreen.
- Bien, tout le monde sait ce qu'il a à faire, alors au travail, finit Erza.
Chacun se sépara sur ces mots…
En sortant, Lévy croisa Mirajane qui la harponna.
- J'ai quelque chose pour toi, dit la femme à la chevelure nacrée.
Elle lui tendit un paquet, la bleutée l'ouvrit avec délicatesse. Elle y découvrit le ruban jaune avec une fleur que sa mère lui avait acheté. Dès qu'elle s'était réveillée, elle l'avait sorti du livre sur les contes des dragons dans lequel elle l'avait caché. Elle repensa à ce qu'elle avait demandé à Métallicana, s'ils étaient des dragons lui et Ignir. Elle avait lu ce livre ce soir-là, une histoire de dragon, petite fille pleine d'imagination, elle s'était imaginée que ses sauveur en étaient. Cana l'avait vu le prendre, elle avait dû l'apporter à Mira pour qu'elle le réparât. Il était comme neuf, même la fleur avait repris les couleurs qu'elle avait perdues…
- Je peux te le mettre ? proposa l'ainée des Strauss, enjouée.
Lévy rougit…
- Euh… Mira, je… ne sais pas… si ça…
- Allé, détache tes cheveux.
Mirajane ne laissa pas la bleutée continuer, cette dernière obéit en voyant la détermination de la jeune femme, surtout qu'elle avait pris du temps pour l'arranger, la bleutée lui devait bien ça. Lévy détacha ses cheveux, puis l'ancien modèle lui arrangea les cheveux, elle plaça le ruban, laissant deux mèche en-dessous pour encadrer le visage de la belle et elle le noua. Mirajane tapa dans ses mains…
- Ça te va tellement bien ! S'extasia la blanche.
- Merci, Mira, dit la bleutée, gênée.
Cependant elle se sépara rapidement de Miraj âne, quand elle vit Natsu passer. Elle le suivit…
- Natsu ! Attends ! héla la jeune femme.
Le rose se retourna un grand sourire illuminant son visage.
- Ouais !
- Je sais que j'aurais dû te parler de ton père…
- T'inquiète Lévy, c'est un coup dur, j'aurais juste aimé que… enfin qu'il soit toujours en vie, avoua-s'il, avec mélancolie.
- Je suis désolée, dit tristement la bleutée.
Natsu mit la main sur son épaule et la regardant droit dans les yeux. Avec l'air le plus sérieux qu'il pouvait prendre, il lui dit :
- Te n'as pas à l'être, c'est pas toi qui l'a tué… Et maintenant, je connais la vérité, c'est déjà beaucoup mieux qu'avant…
Le cœur de Lévy s'allégea un peu en entendant ses mots, il était vrai que même pour elle, cette vérité qui faisait mal fut une réelle bénédiction. Elle mettait fin à une lente agonie douloureuse, celle de son enfance, elle ne pouvait que comprendre à quel point Gajeel et Natsu avaient souffert de vivre dans l'incertitude toutes ces années. Un grand sourire se dessina sur son visage pour répondre au jeune homme, ils se comprirent, immédiatement…
Leur recherche eut comme point de départ le lieu où Lévy avait été retrouvée. Elle parcourut du regard l'environnement, tandis que Frieda l'aidait à se concentrer, Natsu et Gajeel restait à bonne distance. Ce n'était pas chose aisée pour elle, de se retrouver là à nouveau, elle revoyait ses blessures, ressentait le froid, la peur, la solitude… Cependant elle se concentra sur son but premier, retrouver le lieu où avait été enterré ceux qui l'avaient sauvée, jadis, dès qu'elle sentait qu'elle perdrait pieds, elle regardait les deux hommes qui la suivaient. Il fallait qu'elle y arrivât, pour eux… Déterminée, elle se souvint d'endroit, de passage. Elle put guider le groupe à l'intérieur de la forêt. Puis elle stoppa nette devant un vieil arbre creux.
- C'est ici que Métallicana m'avait caché, dit-elle.
- T'es restée deux jours dans ce tronc, constata le rose avec stupéfaction.
- Je présume que tu ne sais pas à partir d'ici ? S'enquit Fried.
Lévy secoua la tête de droite à gauche. Le vert prit son téléphone portable.
- Loky, tu peux venir au lieu des coordonnées, que je t'enverrai, avec les chiens et tes jouets, dit-il.
La dénommée Look était une jeune femme à la chevelure lilas, elle était arrivée avec l'équipe cynophile à la recherche des corps. La jeune femme à lunette était très heureuse d'utiliser son radar géophysique… la modélisation virtuelle « c'est son truc » comme elle avait dit à la bleutée. Une personne intéressante, un peu décalée, mais Lévy réalisa assez vite que tous ceux de Fairy Tail l'étaient.
Pendant ce temps, Natsu, Gajeel et Lévy ne servaient pas à grand-chose. Lévy suivait bien ce que disait Fried… mais les recherches risquaient de prendre encore quelques heures. Tandis que Natsu s'occupait avec les chiens. Gajeel s'était installé sur un arbre à terre. La jeune femme le rejoignit… Elle arriva devant lui, ne bougeant plus. Il l'interrogea avec un simple regard.
- Je peux m'assoir ? Demanda-t'elle, timidement.
Le brun se contenta de déplacer son blouson en cuir et de se pousser sur son tronc pour libérer de la place. La bleutée s'assit donc à côté de lui.
- Merci, dit-elle.
Encore ce silence… toujours le même avec lui.
- Tu sais, cela risque de prendre longtemps avant de trouver…
- Le corps de mon père, finit-il.
- oui, répondit-elle tout bas.
Elle baissa la tête, regardant ses chaussures de marche, qu'est-ce qu'il faut dire à un ours mal-léché pour le consoler ?
- Merci, dit-il d'une voix étranglée.
Surprise, la bleutée le regarda ses orbes noisette grandes ouvertes.
- Pardon ? ! S'étonna-t'elle.
Il fixait le vide devant lui…
- N'en profite pas trop, Shorty, reprit-il. Merci d'avoir fait c'que t'as fait. Je sais que mon père n'est pas un enfoiré et qu'il est mort pour une bonne raison, c'est mieux qu'les films que j'me faisais depuis toutes ses années.
- Et bien, j'ai fait ce qu'il fallait, dit-elle. Il y a des choses que je n'ai pas dit devant tout le monde.
Interloqué, le ténébreux la regarda.
- Il m'a parlé de Wendy et de toi, expliqua-t'elle. Il était fier de vous deux et il semblait évident qu'il vous aimait.
- Gihi
- Et vous avez le même rire, rit-elle.
- J'le sais déjà, Shorty, dit-il.
Elle soupira.
- Et il y a cette manie de donner des surnoms idiots, râla-t'elle.
- Et il t'appelait comment ? Demanda le brun.
Elle se raidit, quelle idiote ! Pourquoi elle a parlé de ça ?
- Je… je ne m'en souviens plus, répondit-elle, évasive.
- Tu mens, Shorty, taquina le jeune homme.
- ça n'as pas d'importance, dit-elle en rosissant.
- Vu à quel point ça t'gênes, j'crois qu'il doit être pas mal, ricana le ténébreux.
- Pas du tout ! Cria-t'elle au point que ceux qui se trouvaient à proximités zieutaient dans leur direction.
Redfox semblait de plus en plus amusé…
- C'est un animal ? Continua-t'il.
- Je ne jouerai pas à ton jeu, grogna-t'elle en gonflant les joues.
- Une puce… une sourit… une chatte… un moineau… ?
- Amuse-toi tout seul, je ne répondrais pas, fit la jeune femme en fixant droit devant elle.
- Chais, c'est bon, dit-il.
- Ce n'est pas vrai ! grogna la bleutée en le fusillant du regard.
- C'est évident, connaissant mon vieux, ajouta-t'il.
- N'importe quoi, soupira Lévy.
- Une petite chose bleue, il n'y en a pas des milliers, affirma-t'il.
Elle souffla avec force, désespérée.
- Alors tu vas me traiter de crevette, maintenant, râla-t'elle.
- gihi, crevette, ça te va bien, ricana le brun.
Elle redressa le dos…
- Attends ! Tu n'avais pas deviné ! S'offusqua la bleutée.
- C'est bon, je l'aurai d'viné un jour, avec tes cheveux bleus, tes p'tits bras et tes p'tites jambes de crevette, quand t'étais gamine ça devait être pire, se moqua-t'il, badin.
- Crétin ! cracha la jeune femme.
- Mais oui, crevette, mais oui…
En réalité, elle s'avouait intérieurement que ce petit jeu lui faisait du bien… Mais ça, elle ne le dira jamais à cet idiot…
Cela faisait des heures que les recherches avaient commencées, la nuit tombait et il faisait de plus en plus frais. Lévy frissonna à cause du froid, elle sentit un poids sur ses épaules… Un blouson en cuir, celui de Gajeel.
- Merci, dit-elle.
- Ouais, enfin, t'es pas prévoyante, crevette, ronchonna le jeune homme pour la forme.
La bleutée gonfla les joues et fronça les sourcils, se métamorphosant en hamster.
- Ici, on a trouvé quelque chose ! Annonça Loky.
Immédiatement, Gajeel et Lévy se levèrent et approchèrent à pas rapides. Bien que la bleutée réalisa à cet instant que le blouson du brun était lourd pour ses petites épaules. Natsu rappliqua aussi vite qu'une fusée. La jeune femme à la chevelure Lila ne quittait pas son écran, Fried regardant par-dessus son épaule.
- On dirait deux squelettes, dit-il. Très bien, ramené des projecteurs des pioches et des pelles.
Une partie de l'équipe partit avec Gajeel et Natsu, ils avaient besoin de faire quelque chose, plus question d'attendre. Lorsqu'ils revinrent, ils furent les premier à donner des coups de pioches, entament leur excavation nocturne. La bleutée sentit son cœur battre la chamade, pourquoi ? Elle savait ce qu'ils allaient trouver pourtant. Mais le fait qu'ils furent bien là, qu'enfin, on les trouvait… une page se tournait. Au bout d'une heure, Fried stoppa les pioches et les pelles. Elle examinait Gajeel, qui fixait le sol, il était tellement sérieux, tellement déterminé… Les deux hommes haletaient, les blessures du brun lui faisaient mal en vue des rictus qu'il affichait de temps à autres. Personne n'aurait pu les arrêter…
- Il faut y aller doucement, maintenant, indiqua l'anthropologue.
Sans attendre d'autres ordres, Natsu et Gajeel se mirent à genoux et retirèrent la terre avec les mains.
- Non, mais… commença à dire Loky.
Fried lui fit signe qu'il ne servait à rien de les raisonner. Au bout de quelques minutes, Gajeel découvrit un crâne, Natsu aussi quelques secondes plus tard. Redfox accéléra la cadence pour fouiller devant la mâchoire, puis il sentit un objet métallique, une chaine en argent, un dragon. Le brun s'arrêta de creuser, il venait de réaliser. Le rose l'interrogea du regard, mais il ne dit rien… Il sortit de la fosse et partit dans le noir sous les yeux étonnés de tout le monde.
- Gajeel ! Putain ! Attends ! tenta Dragnir.
- Natsu… interrompit la bleutée. C'est la chaine de Métallicana.
Les deux squelettes furent ramenés au quartier général de Fairy tail, nul doute qu'Evergreen confirmerait leurs identifications. Gajeel ne les avaient pas raccompagnés, sa moto avait déjà disparue, lorsqu'ils mirent les ossements dans les camionnettes. Elle n'avait eu aucune nouvelle, rien de très étonnant avec lui. Toujours son immense blouson sur le dos, elle entra dans le manoir. Erza et Makarov vinrent aux nouvelles, Fried leur expliqua. Quant à Natsu, Lucy se précipita auprès de lui pour savoir comment il allait. Lévy rêvait d'une bonne nuit de sommeil… une douche et une nuit de sommeil.
Elle monta une à une les marches des escaliers, elle croisa Fried qui lui sourit gentiment.
- J'aimerais te confier quelque chose, dit-il en tendant un sac plastique, la chaine était dedans. Elle le regarda dubitative. J'ai déjà fait toutes les analyses nécessaires, le mérite de l'argent est que c'est un matériel qui s'abime peu, j'ai pensé qu'il voudrait le récupérer.
- Pourquoi tu me le donnes à moi ? Demanda la jeune femme.
- Je pense que tu as plus de chances de le voir que moi, expliqua-t'il.
Effectivement, elle prit le sachet, remerciant l'homme aux cheveux vert, puis ils se dirent bonne nuit, avant de se séparer.
Enfin, devant sa porte, elle l'ouvrit… une fois dans sa chambre, elle avança jusqu'à son lit. Et se laissa tomber dessus. Elle n'avait pas allumé la lumière… elle aurait dû. Elle comprit cela quand elle sentit quelqu'un bouger à côté d'elle. Elle sauta hors de son lit et alluma la lumière.
- Putain, crevette, t'as foutu la trouille à Lily, grogna l'inconnu qui ne l'était pas tant que ça.
- J'ai…j'ai fait peur à Lily ! Et moi alors ?! Cria-t'elle choquée. Qu'est-ce que tu fiches dans mon lit ?
- Chuis crevé, et cherchait un endroit où pieuter, j'ai pris le lit où j'pensais qu'il y aurait d'là place… p'tite crevette, répondit-il en récupérant son chat.
Elle le regarda, furieuse…
- Lévy…Et… chez toi, il n'y a pas de place ? Rétorqua-t'elle avec sarcasme.
- Pas envie, marmonna-t'il dans sa barbe.
Les hommes sont des gamins, s'exaspéra-t'elle, et celui-là avait la palme à ce niveau-là.
- Tu ne peux pas te trouver un autre lit ? Souffla-t'elle.
- Un tas de gonzesses qui seraient contentes de m'avoir dans leur pieux, râla le brun.
- Eh bien voilà ! Vas chez elles, ordonna la bleutée en vain puisqu'il ne bougea pas.
- Tsss…
Quelle tête de mule ce type ?! Voyant qu'il ne céderait et étant bien trop éreintée pour essayer de comprendre quoique ce fut au mystère Gajeel Redfox, pour cette nuit, elle abdiqua. Elle le considéra, son t-shirt et son jean était toujours plein de terre. Il sentait la sueur, ainsi que l'alcool… Elle soupira.
- Vas prendre une douche au moins, dit-elle en indiquant la salle de bain.
Le brun eut ce fameux sourire en coin…
- Tu vois, tu veux déjà me foutre à poil, ricana-t'il.
- Déjà vu et pas intéressée, répondit-elle, rouge comme une pivoine.
- De toute façon, j'les préfère avec plus de formes, dit-il en se levant du lit.
La bleutée fit sa moue hamster, tandis que son invité imposé partait dans la salle de bain.
- Quel crétin ! ragea-t'elle, alors qu'elle changeait rageusement les draps salis.
Quelques minutes plus tard, elle avait enfin pu prendre une douche, elle sortit portant un caraco et un short de pyjama jaune et… il était toujours là, dans son lit à elle, en boxer. Elle avait espéré bêtement qu'il renonçât, mais non. Elle vit que son corps était encore couvert de blessure alors qu'il caressait Lily paisiblement, son compagnon devait lui manquer après tout.
- Tu as vu comment tu as mis tes pansements ? Dit-elle en s'approchant de lui avec un désinfectant et des compresses.
Elle lui fit signe de s'assoir sur le bord du lit, il grogna et s'installa comme elle le voulait. Son dos avait deux fois plus de blessures que la dernière fois qu'elle l'avait vu. Et la séance de fouilles n'avait rien arrangé.
- Tu es maso, tu fais exprès de te faire du mal comme ça, soupira la bleutée en appliquant le désinfectant sur les blessures.
- Et toi, tu fais exprès d'être une chieuse, rétorqua-t'il.
- Tu peux t'en aller rejoindre une de tes pouffes.
- Elles aux moins, elles ferment leur gueule quand j'leurs dis, râla le ténébreux.
- Je te l'ai dit, je ne te retiens pas, rejoins-les, dit-elle.
- Tsss… siffla-t'il sans bouger.
Elle soigna le reste de ses blessures dans le silence absolu, contente de lui avoir cloué le bec à ce crétin. Toujours méticuleuse, malgré la fatigue, elle ne finit que lorsqu'elle eut soignée chaque blessure. Elle se doutait que Pulyssica avait contribué au premiers soins.
- Voilà. Je vais finir par croire que tu aimes que je m'occupe de toi, dit-elle avec une sourire radieux.
Le ténébreux détourna le visage.
- M'emmerdes pas, la crevette, fit-il.
Elle pouffa face à sa réaction.
- De rien, fit-elle en rangeant ses compresses.
Soudainement, elle alla dans sa partie bureau, d'où elle prit le sachet plastique qu'elle avait posé en entrant. Revenant dans sa chambre, elle le lança au brun qui le rattrapa.
- Fried n'en a plus besoin, dit-elle en s'installant dans son lit.
Gajeel retira la chaine et le pendentif du sachet. Il resta songeur en examinant cet objet.
- J'lui avait offert quand j'étais môme, confia-t'il, dans un surprenant élan de sincérité. J'y avais mis tout l'argent que j'avais.
Il semblait tellement triste, tout d'un coup. La bleutée avait été loin d'être dupe, elle savait que ses blagues, ses taquineries n'étaient qu'une diversion, pour ne pas penser à ce qu'il ressentait réellement.
- Tu… tu as prévenu Wendy ? Demanda la belle.
Il remua la tête pour dire non.
- Elle a des exams en ce moment, il sera toujours mort dans trois jours, expliqua-t'il avec un rire amère.
Le ténébreux posa le bijou sur la table de nuit, il s'allongea à son tour et éteignit la lumière. Lévy se mit sur le flanc pour être face à lui, Lily vint s'installer entre eux. En même temps, ils le caressèrent, Gajeel posant sa main calleuse sur celle de la jeune femme. Aucun des deux ne retira sa main…
- Moi aussi, je ne voulais pas être seule cette nuit, dit-elle la voix tremblante.
Il ne répondit rien, cependant, elle sentait toujours sa main sur la sienne.
- Je sais que tu ne le diras pas, mais moi, j'ai besoin de le dire… tu sais, je suis une chieuse.
Sur ces mots, elle ferma les yeux, réconfortée par la présence de celui qui était près d'elle. Elle s'endormit rapidement, tellement épuisée, qu'elle ne lit aucun livre avant.
