Chapitre 50 : Le cœur ou la raison

Bon matin tout le monde !

Je suis extrêmement désolé pour le chapitre non posté de la semaine dernière

Je n'avais aucun accès à internet du coup impossible de publier. Mais j'ai lu vos reviews et je suis heureuse de constater que vous appréciez la suite de l'histoire. Un grand merci à toutes !

On m'a posé la question au niveau du nombre de chapitre restant. J'ai pris énormément de retard au niveau de l'écriture en raison d'un emploi du temps surchargé, du coup je n'en ai que deux d'avance en ce moment. Mais je sais quel virage je veux donner à la suite et je table sur encore 5 chapitres puis l'épilogue. Ce qui fait que nous sommes bientôt à la fin :D

Allez je vous laisse découvrir la suite et on se retrouve en bas …


Chapitre 50 : Le cœur ou la raison

PDV Edward

Quand j'avais récupéré les filles à l'hôpital, le visage fermé mais surtout plein de détresse de Kiara, me donna envie de lui demander ce que Bella et elle s'étaient dit dans cette chambre.

Mais je n'en fis rien.

Si elle ne m'en parlait pas c'est qu'elle ne tenait pas à ce que je sois au courant. Je ne connaissais pas bien ma fille mais dans ce cas-là je ne pouvais me tromper. Ses réactions commençaient à m'être familières.

Les jours passèrent et bientôt, le nouvel an eut lieu.

Comme Bella était trop faible pour faire quoi que ce soit, les filles passèrent la voir en fin de journée avant de revenir à la villa Cullen où nous passâmes la soirée tous ensembles.

L'ambiance festive ne réussit pas à me détourner de mes idées noires mais je fis un effort pour les enfants.

Les premiers jours de janvier firent leurs apparitions et bientôt les enfants durent retourner à l'école.

Kiara avait eu une longue conversation avec sa mère à ce sujet et elle m'apprit que Bella avait accepté tout de suite le fait que la jeune fille ne voulait pas retourner en Suisse pour étudier. Elle refusait de partir loin de New-York, ce que je comprenais et approuvais totalement, bien entendu.

Je ne m'étais pas mêlé de tout ça, préférant laisser Kiara décider par elle-même.

C'est elle qui avait demandé à Aro de l'inscrire dans le lycée de son choix, mais pas trop loin de l'école des fillettes.

Elle tenait à être près de ses sœurs pour pouvoir aller les chercher quand c'était nécessaire.

L'associé de la compagnie avait finit par trouver un lycée privé qui n'avait rien à voir avec celui dont elle s'était fait virer l'année précédente. L'adolescente accepta presque tout de suite l'établissement sélectionné, et c'est moi qui l'avais accompagné pour l'inscription.

Je n'avais pas été présenté comme le père, pour l'instant on voulait éviter les problèmes avec les journalistes, mais pouvoir être là me procura un bien fou. Pour la première fois, je partageais une rentrée avec ma fille et même si elle avait 15 cela me paraissait important.

Le 4 janvier, Kiara fit sa rentrer et à ma plus grande joie, tout comme soulagement d'ailleurs, elle se fit rapidement des amies. Se comportant de nouveau comme une adolescente de son âge, j'eus bientôt le droit à un rassemblement d'adolescents dans mon salon alors que je venais de rentrer du travail un soir de la semaine.

Le sourire éblouissant de l'adolescente me fit comprendre qu'elle avait vraiment besoin de se retrouver avec des jeunes de son âge et de s'amuser enfin. Après des mois sous pression, elle relâchait enfin tout ce qu'elle avait contenu depuis tout ce temps.

J'improvisais donc une soirée pizza pour le plaisir de chacun et Charlotte et Lise se joignirent même au groupe. Par son geste, la jeune fille me prouva une nouvelle fois qu'elle n'avait rien à voir avec les jeunes de son âge qui n'aurait jamais accepté que les petites l'embête quand elle était avec ses amis.

Du côté de la compagnie, la barre avait été redressée. Les actions avaient cessé de chuter et Jacob excellait dans la gestion de la compagnie. Bella avait finalement été mise au courant du problème et d'après Aro, elle avait été bluffée par le travail accompli par son assistant.

L'associé de la PDG avait fait part de nos théories à la jeune femme mais apparemment celle-ci n'avait rien dit et s'était contenté d'hocher la tête. Tout le monde avait tenté de la cuisiner mais elle affirmait qu'elle ne savait rien de plus que ce qu'elle avait déjà dit – donc pas grand-chose. Je doutais fortement de ça mais personne n'avait osé remettre en cause ce qu'elle disait.

Aro était aussi septique que moi. Nous avions eu une longue discussion ensemble mais nous étions parvenus à la même conclusion. Si Bella ne voulait pas parler, nous ne pouvions pas la forcer.

La seule chose à faire c'était maintenir la sécurité au plus haut niveau.

J'étais retournée au travail début janvier, tout comme les enfants, et j'avais enfin commencé ma collaboration avec l'associé de Bella.

Ce n'était pas simple. Lui et moi n'avions pas les mêmes idées et la plupart du temps il nous fallait batailler pour arriver à un compromis. Etant de fortes têtes tous les deux, en général céder était difficile, mais nous nous en sortions plus ou moins.

Durant nos nombreuses séances de travails, dans mes bureaux ou à la compagnie, Aro évoquait souvent cette dernière au détour de conversation complétement anodine, et ces derniers temps Kiara en faisait de même.

Parce que non, presque 22 jours après le réveil de Bella, je n'avais pas encore trouvé le moment pour aller la voir et elle n'avait pas plus demandé après moi.

J'avais plusieurs fois était tenté de prendre mon courage à deux mains et d'y aller. De toute façon cela ne pouvait pas être pire que ce qu'elle avait déjà fait mais à chaque fois je me dégonflais.

J'étais sans doute lâche.

J'ignorais pourquoi j'avais une telle réticence à me rendre à son chevet, peut-être parce que je me doutais de l'issu de la conversation.

Si elle ressentait la même chose que moi, elle m'aurait demandé depuis tout ce temps, ou elle aurait fait comprendre à notre fille qu'elle voulait que je vienne. Mais Kiara ne m'en avait pas parlé.

Elle évoquait souvent sa mère pourtant mais jamais pour me faire comprendre qu'elle attendait quelque chose de moi.

Trois semaines après le réveil de Bella, soit à peu près quatre semaines depuis l'enlèvement, c'est Aro qui me fit enfin prendre la décision.

Nous étions entrain de travailler sur le projet de Seattle depuis plusieurs heures déjà. Nous étions dans les bureaux de la compagnie car il était plus facile que je me déplace plutôt que lui. Le projet commençait à prendre forme. Il restait environ deux mois avant de soumettre les premières esquisses aux investisseurs.

Tout en travaillant, je jetais des regards sur l'horloge en face de moi. Je devais finir tôt afin d'être sûr de me trouver à la sortie de l'école afin de récupérer Charlotte et Lise. Kiara avait prévu une sortie avec ses copines ce soir, elle ne pouvait donc pas s'occuper de ses petites sœurs.

- Edward, il faut que vous alliez à l'hôpital … vous ne pouvez pas continuer ainsi.

Je relevais la tête de mon dossier pour croiser le regard d'Aro qui avait l'air déterminé.

Qu'il évoque le sujet sans préambule alors que nous étions en plein travail, me fit comprendre qu'il venait de ressasser le sujet durant un long moment.

- Pardon ?

J'étais tellement surpris par sa question que j'eue du mal à lui répondre.

- Edward … vous savez que j'ai raison. Vous êtes là sans être vraiment là. Ça fait trois semaines maintenant …

Il avait raison, mais je ne pouvais pas lui dire que, comme le lâche que j'étais, je ne voulais pas être rejeté encore une fois. Il s'agissait de la conversation que nous n'avions jamais eue. Sans doute la plus importante depuis que nous nous connaissions.

Je n'étais pas près, mais arriver un moment où je n'avais pas vraiment le choix. La situation devait se débloquer, Aro avait parfaitement raison.

J'étais trop préoccupé par Bella pour me concentrer vraiment sur ce que je faisais ces derniers temps.

- Je vais aller la voir …

Quand je pris cette décision, mon cœur s'allégea comme si j'en avais toujours eu envie mais que mon cerveau s'y opposé.

Ce qui était le cas.

PDV Bella

Trois semaines.

Cela faisait exactement 23 jours que je m'étais réveillée sur ce lit d'hôpital et que je ne l'avais pas quitté depuis.

Niveau santé, j'allais beaucoup mieux. Il était prévu de retirer les plâtres d'ici à deux semaines. La plupart de mes bleus n'étaient plus qu'un lointain souvenir et mon visage avait enfin retrouvé sa splendeur d'antan. Certes mon torse était encore ficelé comme une momie mais pour le reste mis à part, deux trois cicatrices, j'étais de nouveau celle que j'avais été avant l'agression.

D'après le docteur Cullen, je guérissais bien et il ne me faudrait plus attendre longtemps avant de rentrer chez moi. J'ai été heureuse de dire que depuis que je m'étais réveillée j'avais appris à connaître le médecin. C'est lui qui s'occupait de mes soins bien que j'étais certaine que ce n'était pas dans ces attributions. Il me parlait beaucoup de sa femme, de sa vie, et de ses petits-enfants, mes filles compris.

Nous avions de longues conversations lui et moi mais la plupart du temps nous évitions le sujet épineux de son fils.

Depuis trois semaines aussi, j'avais eu la visite de mes trois filles tous les jours. Elles étaient retournées à l'école et voir le visage de Kiara s'éclairer de nouveau me réchauffa et surtout me rassura.

Elle était entrain de redevenir une adolescente et j'en étais grandement soulagée. Elle m'avait demandé si elle pouvait revenir ici et bien entendu je m'étais empressée de lui dire oui. Hors de question que je me sépare de ma fille maintenant que je venais de la retrouver.

Elle s'était occupée seule du rapatriement de son dossier et Aro lui avait trouvé une école qu'elle avait validé.

Constater la joie sur son visage quand elle venait m'annoncer qu'elle s'était fait des amies, m'avait tiré quelques larmes.

Carlisle m'avait expliqué que son fils s'était retrouvé avec une bande d'ado dans son salon un soir ou il était revenu du travail. J'avais ris parce que cela m'était souvent arrivé quand Kiara était plus jeune.

Tout aller bien, du moins en apparence.

Parce qu'il n'en allait pas de même psychologiquement.

La maison était vendue, et Aro était entrain de sélectionner pour moi un nouveau lieu d'habitation. Quand cela semblait lui convenir, Kiara allait visiter et faisait des photos qu'elle me montrait.

Je ne voulais pas retourner à la villa après ma sortie d'hôpital. Je tenais à tourner la page et je voulais le faire le plus rapidement possible.

Mais cela ne voulait pas dire que c'était facile pour moi de dire au revoir à 10 ans de ma vie.

Les filles étaient contentes de partir, surtout Kiara mais pour moi il n'était pas simple de faire le deuil de mon mari même si j'étais prête en quelque sorte pour ça.

Mon état d'esprit n'avait pas changé et j'avais même l'impression que mon cerveau était de plus en plus engourdi. Pourquoi maintenant que les choses allaient en s'arrangeant, j'avais l'impression de perdre les forces que je n'avais plus ?

Et puis il y avait le grand sujet Edward Cullen.

J'avais passé beaucoup de temps à me demander ce que je ressentais vis-à-vis du fait que mes filles vivaient avec lui.

J'aurais pu exiger qu'elles rentrent à la maison, j'aurais pu engager quelqu'un pour s'occuper d'elles mais je ne l'avais pas fait. Non seulement parce que je savais qu'elles étaient heureuses avec lui mais également parce qu'il arrivait à les rassurer comme personne.

Je n'avais eu aucun contact avec lui, ne l'avait même jamais entr'aperçues depuis mon réveil et je me demandais bien pourquoi il n'était pas encore venu.

Je m'étais à demie attendue à ce qu'il le fasse. Il est vrai que je n'avais pas demandé après lui non plus, mais seulement parce que j'ignorais l'issu de la conversation.

J'ignorais ce que je devais faire maintenant.

Je savais qu'une grosse discussion s'imposait entre nous. Nous avions tellement de chose à aborder tous les deux notamment sa nouvelle paternité.

Je savais par Kiara, que le père et la fille s'étaient considérablement rapprochés depuis ces nombreuses semaines. Ma fille ne l'appelait pas encore papa parce qu'elle ne se sentait pas prête mais cela ne saurait tarder.

J'étais heureuse pour elle. Vraiment.

Après avoir pensé durant de nombreuses années qu'elle ne connaitrait jamais ses parents biologiques voilà qu'Edward pointait le bout de son nez et représentait pour elle et pour moi, le père presque idéal.

Il s'y prenait bien non seulement avec elle mais également avec les petites. C'était d'une présence comme la sienne qu'elles avaient besoin.

Un coup fut frappé à la porte de ma chambre.

Je fronçais les sourcils en me demandant qui cela pouvait bien être à 15 heures.

Kiara ne serait pas là avant deux bonnes heures avec Charlotte et Lise, cela ne pouvait donc pas être elles. Je savais qu'Aro devait travailler avec Edward aujourd'hui donc cela ne pouvait pas être eux non plus. Et ce n'était pas l'heure des soins donc cela ne pouvait pas être Carlisle.

- Entrez … dis-je d'une voix forte mais ferme qui ne reflétait pas l'hésitation et la peur naissante que je ressentais.

Les gardes du corps étaient pourtant derrière la porte je le savais, mais mon cœur battait à tout allure alors que le battant s'ouvrait.

Mes prunelles plongèrent bientôt dans un vert émeraude intense que je reconnus immédiatement.

Il était venu !

Après trois semaines à attendre inconsciemment qu'il passe le pas de la porte, Edward se trouvait devant moi. Et ma première réaction fut à mille lieux de la colère, de la défiance ou de la déception.

J'étais heureuse. Véritablement heureuse de le voir enfin.

Mes larmes me montèrent aux yeux et je papillonnais distraitement des paupières pour tenter de réprimer cette vive émotion qui me traversait.

Pourquoi est-ce que je réagissais ainsi ?

Je connaissais la réponse bien sûr mais mieux valait éviter de penser à ça.

Je le vis hésiter à entrer avant de prendre distraitement une profonde respiration et de refermer la porte derrière lui.

Il se tourna et me fit face. Il me détailla durant de longue seconde semblant s'attarder sur mon visage redevenu comme avant l'agression. Je savais qu'il était venu pendant mon coma. C'était comme si je me souvenais avoir senti sa présence près de moi.

Aucun mot ne fut prononcé.

Je le vis passer la main dans ses cheveux et détourner le regard.

- Bonjour, murmurai-je d'une voix roque que j'eus du mal à reconnaître.

- Bonjour Bella.

Il reporta son attention sur moi avant de s'avancer.

- Comment vas-tu ?

- Bien … je te remercie …

J'avais du mal à formuler des phrases plus longues.

Je détaillais Edward comme si cela faisait des années que je ne l'avais pas vu.

Il semblait avoir maigri un peu, ses traits étaient tirés et surtout il semblait plus las que d'ordinaire.

La vision d'un Edward plus vieux me revint en mémoire et je frissonnais en me demandant s'il allait véritablement devenir ainsi.

- Tu es venu …, murmurai-je pour combler ce silence qui devenait pesant.

Il hocha la tête.

- J'aurais aimé venir avant mais … enfin … je n'étais pas sûr que tu veuilles me voir …

Il n'avait pas dit cela sur le ton du reproche mais seulement comme une simple constatation. Je savais pourquoi il parlait ainsi.

Je n'avais pas été juste avec lui. Je m'en rendais compte maintenant.

- Pardonne-moi Edward, je suis désolé …

Je levais mes yeux humides vers lui. Quand il prit conscience de l'émotion qui me traversait, il s'approcha encore de moi et se posta debout près de mon lit.

Il me regarda avec un air perdu qui en disait long sur ce qu'il devait penser de mes excuses. Il me regardait puis baissait les yeux sur ses mains avant de reporter son attention sur moi.

- Ne crois-tu pas qu'il est temps de mettre à plat ce qu'il s'est passé ces trois derniers mois ? Lui demandai-je après une profonde inspiration pour me donner du courage.

- Tu as raison … il est temps …

Je lui indiquais la chaise près de mon lit mais il déclina la proposition préférant visiblement rester debout.

Le silence tomba et je me demandais qui allait bien pouvoir commencer.

Ni lui ni moi ne nous regardions.

En le sentant aussi proche de moi, je pris conscience que toute ma colère, toute ma haine un jour ressentie envers lui, étaient retombés. Ne restait juste que le regret et surtout une certaine pointe de trahison subsistant malgré tout.

Je n'arrivais pas à me défaire de cette émotion qui me poussait à me dire que je n'étais qu'une imposture.

- Je sais que je l'ai déjà dit Bella … mais je regrette profondément ce qu'il s'est passé. Je n'ai jamais voulu de mal à Quil, ni à Tanya … si j'avais pu faire quoi que ce soit pour les sauver … je l'aurais fait, sans hésiter. J'ai conscience que j'aurais dû t'en parler mais je savais que je te perdrais en ouvrant la bouche … je voulais juste du temps … un petit peu plus de temps à nous …

Pourquoi ses paroles avaient-elles du mal à pénétrer mon cerveau ?

- J'avais si mal, murmurai-je enfin après plusieurs minutes de silence pesant, c'était comme si quelque chose s'était brisée en moi … encore … ça faisait si mal … tu étais une sorte de bouée de sauvetage, une lueur d'espoir dans mon ciel obscur. Dans ma tête tu n'avais rien à voir avec mon passé, mais tu représentais le présent et le futur … découvrir que tu étais non seulement lié à ce que je portais depuis tant de temps et qu'en plus tu en étais un acteur majeur … j'ai craqué. Je ne voyais plus que la vengeance. Même quand tu as été innocenté, la seule chose que je voulais c'est que tu souffres autant que je souffrais moi.

« J'avais l'impression d'être redevenue une coquille vide. J'ai connu des deuils dans ma vie, la souffrance et la perte d'un être cher mais cette fois-ci … c'était comme si les émotions étaient décuplés et essayaient de m'engloutir. J'avais l'impression qu'elles pouvaient me détruire.

« Et puis … il y a eu ta mère … et la révélation sur l'identité du père biologique de Kiara … c'était la goutte de trop Edward. Je ne voulais que t'anéantir d'avoir osé me faire croire en un avenir qui n'existerait jamais. Je me suis rendue compte que je n'étais pas aussi forte que j'aimais le penser. J'étais faible, aussi faible que je l'avais toujours été. Ce mur de brique que je pensais infranchissable était en fait un écran de fumée que je m'étais inventée.

« Pour ça aussi je t'en voulais. Tu m'avais donné beaucoup, plus que tu ne le sauras jamais et pourtant l'instant d'après tu m'as tout repris … à moi … à mes enfants …

- Tu ne m'as laissé aucune chance Bella ! Tu ne m'as même jamais laissé parler ! Tu l'as cru si vite … tu t'es détourné en un battement cil …

Je le savais. Il ne m'avait pas fallu beaucoup pour croire aux paroles de James. Mais je ne croyais pas en moi-même alors de là à croire en quelqu'un d'autre …

Je me doutais à ce moment-là qu'Edward finirait par partir. Je pensais juste que j'avais encore du temps. Je n'ai jamais pensé que ce serait aussi rapide.

- Tu te souviens de ce que je t'ai dit un jour sur cette plage de Dubaï ?

Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre. Il fronça les sourcils et il ouvrit la bouche.

- Tout le monde part un jour …, souffla-t-il tout bas de façon presque inaudible.

J'hochai la tête et tentais de contrôler mon émotion. Si je craquais maintenant, je ne pourrais jamais venir à bout de cette conversation.

- Je savais que toi et moi ce n'était qu'éphémère …viendrait le jour où tu finirais par te détourner, par partir, … ou par mourir … d'une façon ou d'une autre tu m'aurais quitté … je n'ai simplement pas pensé que ce serait si rapide. Quand James est venu, c'est comme si j'avais attendu ce moment inconsciemment …

« Il a juste mis fin à mes illusions en me servant sur un plateau le soit disant coupable que je cherchais depuis 15 longues années … je me rends compte maintenant à quel point j'ai été injuste … quand j'ai entendu tes explications, pour moi tu ne pouvais que mentir. Alors que je sais au fond de moi que je t'ai toujours cru. Même si tu avais tiré sur Quil … se serait un accident … un simple accident … mais il était si jeune. Quand Jacob est venu à la maison et qu'il m'a avoué que tu n'y étais pour rien, que tu étais une victime toi aussi … je voulais encore que tu payes pour cette souffrance qui me terrassait.

« Mais au fur et à mesure de ces explications je me sentais soulagée … j'étais en colère contre moi-même parce que c'est à ce moment que j'ai compris que je n'avais jamais cessé d'espérer. Au plus profond de mon être, je voulais qu'un miracle ait lieu et que tu me reviennes comme si ce qui se passait n'était qu'une simple erreur ou alors un cauchemar terrible.

« C'était comme si Jacob m'avait apporté cette bouée de sauvetage … mais j'étais trop têtue, trop en souffrance pour le voir. Et puis Esmée est venue … découvrir que tu étais le père de Kiara n'a fait qu'aggraver les choses.

« Tu étais étranger à mon passé, tu étais le premier homme à ne pas connaître Bella Swan. Tu ne savais rien de tout ça, n'avait rien à voir avec ce poids énorme que je portais. Mais tu étais le père de Kiara. Tu as fait un enfant à ma sœur. Je n'arrête pas de penser que si elle avait vécu, tu serais mon beau-frère et Kiara ma nièce. Tu aurais été l'homme interdit … celui sur lequel je n'aurais jamais eu le droit de poser les yeux. Je sais que certain vont me trouver excessive mais j'ai ressenti ça comme une trahison.

« Mais d'un autre côté … tu es le père que Kiara a toujours voulu. Tu es celui dont elle a rêvé durant des années. Après avoir cru que ma fille était l'enfant d'un meurtrier, découvrir ce secret qu'elle n'aurait pu ne jamais connaître … fut une chance pour elle … et pour toi …

Je m'essuyais les yeux, m'en voulant de ne pas pouvoir contrôler mes émotions. Se transformer en fontaine ces derniers temps allait contre mes principes et contre celle que j'étais devenue.

C'était Tanya qui pleurait pour un rien, moi j'étais forte et je refusais de me montrer faible.

- J'ai ressenti de la colère moi aussi. Je me pensais coupable du meurtre de ton frère jusqu'à l'intervention de Jacob. Je m'en suis rendu compte après la proposition de contrat d'Aro. Bella, je pouvais comprendre que tu ressentes de la haine et du dégoût. Mais à aucun moment tu ne m'as laissé m'excuser. Tu as voulu couler ma société, tu as cherché à me faire payer par n'importe quel moyen. Et tu y as inclus ma famille …

Et je me sentais coupable pour ça, et pour tant d'autres choses aussi.

Je n'avais jamais prétendue être parfaite, j'en étais même très loin. Aveuglée par la vengeance et par ce sentiment de trahison indéfinissable, j'avais fait n'importe quoi. J'avais conscience d'avoir fait souffrir la famille d'Edward, peut-être même plus que lui.

Pourtant Carlisle ne m'avait jamais fait de reproche à ce sujet, ne m'avais même jamais accusé de quoi que ce soit. Il avait juste été compréhensif exactement comme sa femme avant lui.

Il n'y avait que des gens bien pour réagir de cette façon.

Face aux accusations d'Edward, je ne pouvais que baisser les yeux sur mes mains et attendre qu'il ait fini de déverser son sac.

Il n'était pas méchant dans ces propos, ne cherchait pas à me rendre la monnaie de ma pièce, il tentait juste de me faire comprendre que je n'avais pas agit comme il le fallait.

A sa place je l'aurais déjà insulté et j'aurais crié ma haine et ma colère sans lui laisser la moindre chance de s'expliquer.

- La haine est une arme puissante … je ne voulais pas faire de mal à ta famille …

Je restais les yeux rivés sur mes mains pour lui couper l'accès à mes yeux où je savais qu'il lirait bien trop de choses. Ils étaient la porte à mes émotions et je ne pouvais pas lui montrer ce qui me passait par la tête à ce moment-là.

- Même si je n'acceptais pas tes méthodes Bella, je comprenais que tu puisses souffrir. Tu avais le droit de me détester, le droit de t'en prendre à moi. Je ne pourrais jamais t'en vouloir pour ça. Mais il y un mois … tu m'as regardé droit dans les yeux et tu as exigé que je reste à l'écart de ta famille … de Kiara … alors que tu savais que j'étais son père !

Je fermais les yeux comprenant qu'il me reprochait exactement ce que je me reprochais moi même.

J'avais déjà accepté le fait que je devais parler à Kiara puis à Edward ensuite. Mais dans ma tête, seule ma fille le verrait.

Je pensais qu'elle irait vivre avec lui, et qu'elle se détournerait de moi sans aucune considération. J'étais certaine qu'Edward en plus de me prendre les espoirs que j'avais, mes barrières de défense, me volerait mon enfant.

C'était irrationnel mais j'étais persuadée qu'il prendrait un malin plaisir à me voler ce que j'avais, exactement comme j'avais tenté de faire en le traînant en justice. Et puis Aro lui avait demandé de travailler avec lui comme si nous étions en plus de tout ça, incapable de nous occuper de la compagnie sans son aide.

Maintenant je comprenais mieux, les intentions profondes de mon associé et ami, mais il y a un mois les choses n'étaient pas si claires dans ma tête. Voir Edward déambuler dans les locaux de ma compagnie et agir presque normalement comme s'il ne m'avait arraché la moitié de mon cœur dans la manœuvre, avait été trop lourd pour moi.

Quand je m'étais retrouvée avec lui, la seule chose que je voulais c'est qu'il sorte de ma vie et qu'il me laisse enfin tranquille.

Le voir discuter avec Kiara, la voir elle, si détendue en sa présence m'avait fait comprendre que la décision qu'Esmée et moi avions prise était la bonne. Ma fille méritait un père et elle méritait Edward, même si l'accepter était un challenge pour moi.

Edward et Kiara s'étaient reconnus sans même savoir qu'ils étaient liés.

Ma fille n'avait jamais accordé une telle confiance à un adulte, elle était loin de tout le monde depuis des mois, mais avec lui, c'était différent.

- J'ai besoin d'entendre la vérité Bella. J'ai besoin de savoir ce que tu as ressenti exactement en apprenant que j'étais le père biologique de Kiara, me demanda-t-il presque suppliant.

Laissant toujours obstinément mes yeux baissés pour éviter de croiser son regard même une seule seconde, je portais mon attention sur ses main un bref instant.

Ses doigts étaient comme deux poings me faisant assez bien comprendre la colère qu'il ressentait même si il essayait de ne pas me la montrer.

Je ma détournais rapidement et portais mon regard sur le drap laissant mes yeux se perdre.

- La colère et la haine tu t'en doute … ma première réaction a été de refuser de croire ce que me disait ta mère. J'ai accepté le test en me disant qu'il serait forcément négatif. J'ai été égoïste parce que ce n'est pas à Kiara que j'ai pensé au début … mais à moi.

« Je me disais que ta mère se trompait, qu'elle voyait des liens là ou il n'y en avait pas. Pendant la semaine ou nous avons attendus les résultats, je n'ai pas arrêté de penser à Kiara et à toi … au moment où vous étiez ensemble et puis le test est arrivé. Et nous avons su.

« J'ai demandé à ta mère de me laisser du temps … j'étais persuadée que je perdrais mon enfant quand je lui avouerais la vérité. Mais vous aviez le droit de savoir. Je ne pouvais pas vous priver de ça. Je n'étais personne pour vous priver d'une relation père-fille.

« Je t'en voulais tellement … j'avais beau me dire que Kiara avait de la chance, que tu étais un homme bien et qu'elle pourrait au moins être heureuse avec toi. Je n'arrivais pas à me sortir ce sentiment de profonde trahison.

« Comme si cette histoire avait eu lieu la veille … même maintenant alors que je sais que Kiara va rester avec moi, qu'elle me considère toujours comme sa mère et que surtout elle est heureuse avec toi aussi … même maintenant je ne peux m'empêcher de souffrir. Oh ne te méprend pas. Je veux que Kiara noue des liens avec toi et avec ta famille … la sienne … et je suis vraiment heureuse que vous l'acceptiez et je l'encouragerais toujours à venir vous voir mais …

« Mais … savoir que tu vas offrir à mon enfant ce que je n'ai pas pu lui apporter moi …

Les larmes se mirent à couler le long de mes joues et je réprimais à grand peine un sanglot énorme qui essayait de s'emparer de moi.

Je sentis Edward bouger et ses doigts se poser sous mon menton pour me faire tourner la tête vers lui. Je plongeais mes prunelles dans l'océan émeraude de ses yeux. Je ne voyais pratiquement rien à travers l'eau de mes paupières mais je sentais sa main s'enrouler autour de ma joue.

- Tu vas lui donner une famille Edward … une vraie famille, avec des grands-parents, des oncles des tantes et des cousins … moi je ne peux rien lui offrir de tout ça … je ne peux que lui apporter mon chagrin constant et quatre pierres tombales en guise de grands-parents, de tante et d'oncle …

- Tu n'as pas le droit de te sentir coupable. Pas le droit de penser que Kiara t'en veut pour ça. Bella, je suis peut-être son père biologique mais elle est bien plus ta fille que la mienne. Je suis fier d'avoir une enfant comme elle, et tout ça, c'est grâce à toi. Si elle était restée avec Tanya, si tu n'avais pas accepté de devenir mère à 15 ans, il y a de grand-chance que je n'aurais jamais connu mon enfant.

« Tu as offert un foyer à Kiara durant les 15 dernières années. Tu l'as élevé comme ton enfant, tu t'es battue pour elle. Merde Bella, tu as faillit mourir pour qu'elle ait la vie sauve et pas seulement dans cet entrepôt face à ce connard de James.

« J'ignore ce qu'il va se passer maintenant mais sache que je t'en serais à jamais reconnaissant pour ça. Kiara n'a pas besoin que tu lui offres des grands-parents, des oncles et des tantes, elle a juste besoin de sa mère et de ses petites sœurs …

Un poids que je ne pensais même pas porter sur mes épaules, se leva. J'étudiais le visage d'Edward et ce que j'y lis fis écho à ses paroles.

- Merci Bella. Je ne pourrais jamais assez te remercier …

L'image d'un Edward de plusieurs années de plus me vint en mémoire. Il prendrait soin de mes enfants, il était déjà entrain de le faire.

- Il n'y a pas de merci … c'est ma fille …

- Je sais. Et crois-moi elle aussi le sait.

Je baissais les yeux une nouvelle fois, me demandant si j'allais poser la question qui me brûlait les lèvres. Il avait posé ses mains sur ses cuisses attendant visiblement que je formule mes idées dans ma tête.

- Et toi … qu'as tu ressenti ?

Il savait que je parlais de sa nouvelle paternité dont il ne soupçonnait même pas l'existence quelques jours avant.

Il esquissa un sourire sans joie avant de se concentrer. Il réfléchissait visiblement.

- J'ai été choqué … je n'arrivais pas à y croire. Pour moi c'était tout simplement impossible. Dans cet entrepôt, je n'ai pas eu le temps d'y penser et puis tu as été transportée ici, tu as faillit mourir. Kiara et moi nous sommes raccrochés l'un à l'autre. J'aimais déjà beaucoup cette adolescente. C'est une jeune fille tellement touchante. Les premiers temps, nous ne savions pas comment agir. Kiara était aussi perdue que moi. Nous avons convenu que nous avions besoin de temps pour apprendre à nous connaître.

« Ensuite tes trois filles sont venues chez moi. Nous avons pu discuter beaucoup avec Kiara pour savoir ce que nous ressentions vis à vis de toi et de nous aussi. Mais je savais que j'étais content. Certes, très choqué et surtout immensément triste et coupable de ne pas avoir été là pendant les 15 premières années de sa vie mais heureux qu'elle soit ma fille.

« Quand Esmée m'a dit qu'elle savait, j'ai été en colère contre elle et contre toi. Je me demandais comment tu avais pu agir ainsi quand Aro m'a proposé le contrat. Et puis ma mère m'a expliqué. Elle a prit ta défense tu sais, et Kiara aussi.

« Je savais que toi et moi nous devions parler. Il y avait beaucoup de chose à mettre à plat entre nous.

« J'ai appris à connaître ma fille, et je suis vraiment fier de la façon dont tu l'as élevé. J'aime Kiara profondément. Nous apprenons toujours à nous connaître, elle ne m'a appelé qu'une fois papa, quand tu t'es réveillée. Je veux faire mes preuves auprès d'elle pour lui prouver que nous pouvons nouer une relation indestructible. Je serais toujours là quoi qu'il puisse advenir.

Ces paroles me touchèrent bien plus qu'elles ne le devraient.

J'étais réellement soulagée qu'Edward ressente la même chose que Kiara. Je n'en avais jamais douté mais l'entendre dire de sa bouche me rassura grandement quant à la future relation qu'ils auront par la suite.

- Bella … je ne veux pas te cacher que j'aime également Charlotte et Lise. J'ai conscience que je ne suis pas leur père … mais je me suis beaucoup attaché à elles et j'ose l'espérer, elles à moi.

Charlotte et Lise aimaient Edward. Elles me l'avaient dit.

Comment allaient-elles réagir quand je sortirais de l'hôpital et qu'elles devront revenir avec moi ?

Je ne voulais pas faire de la peine à mes enfants et je doutais qu'elles ne réclament pas après lui.

Je tenais à ce qu'il intègre la vie de Kiara mais quand était-il des filles ?

Elles avaient besoin d'une figure paternelle, ce n'était pas la première fois que j'en prenais conscience.

Qu'allais-je faire quand elles me demanderaient de le voir ? Qu'allais-je bien pouvoir leurs répondre quand elles voudraient suivre Kiara ?

Je ne pouvais décemment pas le leur interdire.

C'était beaucoup de questions auxquelles je n'avais encore aucune réponse.

Quand je plongeais mes yeux dans ceux d'Edward, ce que j'y vis me fis peur et me broya également le cœur. Parce que j'allais une fois de plus le repousser.

Je voulais sa présence dans la vie de Kiara, je l'acceptais dans celle de Charlotte et de Lise mais pas dans la mienne, pas si je voulais survivre.

Nous venions de parler. Nous avions enfin mis les choses à plat après de long mois, et c'était pour le mieux. Mais rien n'avait changé.

J'avais parfaitement compris ma part d'erreur dans cette histoire. Je savais que je l'avais blessé, lui et sa famille.

J'eus l'impression qu'il le comprit car il s'éloigna de moi et je vis ses yeux se fermer. Il ferma les paupières un bref instant avant de les rouvrir en fixant ses mains.

- Rien n'a changé n'est-ce pas ?

- Je suis désolé Edward. J'ai compris mes erreurs, compris que j'avais été injuste et une vraie garce mais tu m'as fait du mal. Je ne pourrais jamais oublier ce que j'ai ressenti ni la haine ni la souffrance. Je comprends pourquoi tu n'as pas parlé et j'ose espérer qu'un jour je te pardonnerais et que tu me pardonneras aussi pour ce que j'ai fait.

« Je veux que tu fasses partie de la vie de Kiara et que tu lui apportes cette partie qui lui manque. Je ne t'interdirais jamais de venir chez moi pour la voir et pour Charlotte et Lise aussi. J'espère que nous nouerons une relation amicale tous les deux pour le bien de notre fille.

Une douleur indicible se répercuta en moi alors que je m'apprêtais à dire le pire mensonge de ma vie.

- Mais je ne tiens pas à ce que ça aille plus loin. Je ne peux pas oublier le passé. Tu aurais dû rester cet homme intouchable, l'ex de ma sœur et rien de plus. Il s'est passé trop de chose, il y a eu trop de souffrance entre nous pour …

- On peut y arriver Bella. Je le veux et si tu le veux aussi, nous pouvons aller au dessus de tout ça. Mes sentiments n'ont pas changé. J'ai conscience que tu ne me fais absolument pas confiance mais laisse-moi te prouver que nous deux ça peut fonctionner. Qu'importe le passé, la seule chose importante, ce sont les filles et nous deux, toi et moi.

« Ne laisse pas ce qui s'est passé détruire ce que nous pourrions construire. Je ne te demande pas une chance, je te demande de laisser la porte ouverte pour un éventuel nous, un jour.

C'était les plus belles choses que l'on ne m'ait jamais dîtes.

Je ne demandais pas de grand discours ou de paroles enflammées. Je voulais juste de l'honnêteté et de la franchise.

Je pouvais accepter la demande d'Edward, j'en mourrais d'envie même.

Mais Edward Cullen avait les armes pour me détruire. S'il mourrait, ou s'il décidait un jour de partir, je ne m'en relèverais pas.

J'avais presque honte, vis-à-vis de mon défunt mari que j'avais aimé pourtant, de dire que mes sentiments pour cet homme aux yeux verts et au visage d'ange, n'avait aucune limite.

Est-ce ce que décrivaient les livres ?

Les trucs des âmes sœurs et de l'amour éternel qui survit à n'importe quelle épreuve.

Quand je regardais Edward, j'en étais presque convaincue.

Ce que j'allais dire, j'allais le regretter toute ma vie mais je ne pouvais pas accepter de me mettre en danger une nouvelle fois.

- Je ne peux pas … je suis désolé … mais je ne peux pas ...

- Pourquoi tu pleures Bella ? Pourquoi es-tu en larmes ?

Je le repoussais quand il tenta de s'approcher.

- S'il te plaît non … laisse-moi partir … je t'en prie … laisse-moi partir. Je ne peux pas … je n'en ai pas la force. James a réussit Edward. Il a eut se qu'il voulait. Je n'ai plus la force.

Ses larmes se mélangèrent aux miennes et il m'attira à lui pour me prendre dans ses bras.

Je me blottis contre lui, la tête sur son torse et je pleurais à ne plus savoir m'arrêter.

Il était le premier à qui j'avouais à quel point James m'avait atteinte.

Il m'avait pris Quil, Tanya, ma confiance et mon histoire avec Edward. Il avait cherché à faire du mal à ma fille et elle aussi en était marquée. C'était lui le responsable de cette boule de souffrance en moi.

Lui qui m'avait anéanti et qui me détruisait un peu plus même mort.

- Bella, il faut que tu tournes cette page. Tu dois repartir de zéro. Tu ne peux pas laisser James gagner, pas avec les merveilleuses filles que tu as, pas avec celle que tu es. Pour l'instant tu as peur et tu es terrifiée parce qu'il t'a eu dans ta chair et qu'il a blessé Kiara ainsi que Charlotte et Lise.

« Tu dois te reconstruire Bella. Laisse moi t'aider, laisse-nous t'aider. En tant qu'ami pour l'instant. Je ne te demande rien de plus. Je veux être là pour toi et quand tu te sentiras prête pour autre chose nous verrons.

« Je ne te demande pas de me pardonner, où de nous laisser une autre chance. Je veux juste que tu laisses cette porte entrebâillée pour qu'un jour je puisse la pousser.

« De toute façon, je ne partirais pas. Je ne te laisserais pas tomber. J'étais en colère face à l'injustice dont tu faisais preuve envers moi mais je comprends tes raisons. Tu m'as dit que tout le monde partait un jour mais je vais te prouver que ce n'est pas le cas pour moi. Je n'ai pas de prise sur la vie ni sur ce qui peut m'arriver demain ou après-demain, mais je ne pourrais jamais partir de mon plein gré Bella.

J'hoquetais et tentais de calmer ma respiration. La terreur tapie dans mon cœur se manifesta et j'eus l'impression de me transformer en oiseau apeuré.

Je ne pouvais pas le laisser entrer dans ma vie, pas maintenant.

Avant d'envisager la vie, je devais me reconstruire. Pour moi et pour les enfants.

Il était temps que je dise au revoir non seulement à ma famille mais aussi à mon mari, il fallait que je fasse mon deuil.

Je les aimerais pour le restant de mes jours pourtant je devais avancer pour permettre à mes filles de construire leur vie loin de mon enfance et de la souffrance que je portais.

Je n'avais pas le choix. Je ne pouvais pas continuer à leur faire porter mon fardeau indéfiniment.

C'était le mien en aucun cas le leur.

- Je ne sais pas Edward…je ne sais plus.

J'étais complètement perdue. J'ignorais ou tout cela allait nous mener.

La seule chose dont j'étais véritablement consciente, c'est que je n'avais pas la force de subir encore une perte et encore moins de me lancer dans quelque chose sur laquelle je n'avais aucune prise.

J'ignorais comment réagir face à sa proposition.

Peut-être que je devais accepter.

J'avais sans aucun doute besoin d'aide, mais je ne pouvais décemment pas confier mes terreurs à Kiara, elle n'était qu'une adolescente qui avait d'autres soucis que les problèmes de sa mère.

Mais pouvais-je demander ça à Edward ?

Etait-il la meilleure personne à laquelle se confier ?

Les questions fusaient tellement dans ma tête que je n'arrivais plus à penser correctement. Je ne pouvais pas prendre de décisions maintenant.

Je ne devais pas écouter ce cœur qui m'avait si souvent trahi.

- Je comprends Bella, je comprends …

Je n'étais pas certaine que se fut vraiment le cas mais je n'allais pas protester maintenant.

Edward se pencha sur moi et prit ses mains dans les miennes comme pour me rassurer. Sauf que cela n'eut pas l'effet voulu.

Mon cœur s'affola et j'eus envie de lui demander de s'écarter de moi.

Etrangement je ne le fis pas mais je fus soulagée en le sentant me lâcher.

- Je serais là Bella, dès que tu en éprouveras le besoin, je viendrais. Tu n'as qu'un coup de téléphone à passer …

Je sentais dans sa voix et encore plus dans son attitude qu'il s'attendait à une autre issu à notre conversation. Ou peut-être l'avait-il espéré ?

En tout cas, même si je ne fis aucun commentaire, ses paroles trouvèrent un écho en moi.

Il serait là. J'ignorais pour combien de temps mais en ce moment, il était là et cela seul comptait.

- Je vais te laisser … tu sembles épuisée, tu as encore besoin de repos et puis je dois aller chercher les filles ...

Il hésita un moment avant de se pencher sur moi et de m'embrasser le front. Son contact me brûla quelque peu mais je n'eus pas de frissons liés à la peur.

Il se dirigea ensuite vers la porte mais au moment d'ouvrir le battant il se tourna vers moi.

- Tu accepterais que je revienne … avec les filles ou … seul ?

La demande fit accélérer les battements de mon cœur. L'espoir dans ses prunelles émeraude me toucha et j'eus envie de lui répondre oui, ne serait-ce que pour voir ses lèvres s'étirer en un sourire.

Voulais-je qu'il revienne ? Assurément, mais étais-ce une bonne idée ? J'en étais moi sûre.

Mais quels étaient les risques de permettre à Edward de revenir ?

Nous allions forcément nous recroiser étant donné sa relation avec Kiara. Je ne pouvais pas demander à ma fille d'être partagée entre nous comme pour une enfant de parents divorcés.

J'étais suffisamment intelligente pour ne pas tout mélanger.

Sans parler de cette envie qu'Edward fasse parti de ma vie même de façon infime.

- Oui … avec plaisir …

La petite fille tapie en moi hurla de peur mais à voir le sourire d'Edward, je ne pus qu'esquisser un sourire aussi.

Il ouvrit la porte et après un dernier coup d'œil, il sortit mais cette fois je savais qu'il reviendrait et cela me donna espoir.


Alors vos avis ?

Pour le prochain chapitre, la sortie de Bella !

Etant donné que la semaine prochaine je serais dans l'incapacité de poster, je vous fais mes plus plates excuses et je vous dit à dans 15 jours !

A bientôt et bonne rentrée pour celles encore à l'école !