Chapitre 52 : Au nom de la vengeance

Coucou tout le monde !

Et voilà la chapitre 52 qui va marquer la révélation ultime ^^ beaucoup attende avec impatience de découvrir la vérité alors je ne vais pas m'attarder longtemps en blablatage !

Je tiens juste comme pour chaque chapitre à vous remercier pour vos reviews, vos soutiens et surtout d'être toujours là avec moi pour partager cette histoire !

Allé je vous laisse découvrir et je vus retrouve en bas !

Bonne lecture !


Chapitre 52 : Au nom de la vengeance

PDV Bella

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- Nous savons très bien, vous et moi, ce que je veux Madame Voltury !

Bien sûr que je le savais.

La compagnie. Ça avait toujours été pour elle.

Une histoire de simple argent comme il y en avait partout dans le monde. La cupidité et l'appât du gain étaient deux sentiments violents qui pouvaient conduire à l'extrême. Nous en avions la preuve ici.

Faire mourir des gens, préméditer leur meurtre et se rendre coupable d'un acte infâme pour s'enrichir et posséder toujours plus de pouvoir, de gloire, voilà le monde dans lequel nous vivions aujourd'hui.

Voilà ce à quoi j'étais confrontée en ce moment même.

- Ou est Aro ?

Ma question sonna plus comme un chuchotis que comme une véritable demande. Il fallait que je me ressaisisse, ce n'était pas le moment de craquer.

- Ce minable est juste à côté de moi, n'ayez aucune crainte, Madame Voltury. Ce n'est pas sa vie que je veux, c'est la vôtre.

Il ne riait pas, pas comme James l'aurait fait dans la même situation, mais je savais qu'il prenait un malin plaisir à me torturer. Il contrôlait la situation et il le savait.

La peur tapie en moi explosa et mes membres se mirent à trembler sans que je n'aie aucun contrôle.

Qu'allait-il encore me tomber dessus ? Est-ce que j'étais assez forte pour pouvoir survivre après ce que je venais de traverser ?

Le visage de mes filles m'apparut et je sus que oui. Je serais forte pour elles, je n'avais pas le choix. J'avais juré de ne plus les quitter, et je devais tenir ma promesse par tous les moyens. Après ce qu'elles venaient de vivre ces dernières semaines, je ne pouvais pas flancher maintenant.

- Caïus, tentais-je de le raisonner mais sans grand succès.

- Assez, me coupa-t-il sèchement, le temps est compté ! Je veux la compagnie et je la veux maintenant ! Elle est à moi et vous le savez !

Je serais les points tout en n'ayant qu'une seule envie, me mettre à hurler ma rage et ma terreur. Le monstre tapi au fond de mon cœur attendait le moment propice pour pouvoir sortir et m'engloutir.

- Pourquoi au juste ? Demandai-je la voix tremblante, me passant la main dans les cheveux. Parce que vous êtes le fils illégitime du père de Dimitri ?

Mes larmes se mirent à couler le long de mes joues alors que je posais mes pieds sur le sol. Je tentais de me lever mais je compris vite que mes jambes étaient incapables de supporter mon poids.

Je me rendais compte que la lettre que j'avais retrouvée il y a trois mois, dans les vieux papiers de Dimitri, n'était pas une fausse déclaration. Il s'agissait d'un document signé de la main de Dimitri Sénior ou il demandait à son fils illégitime Caius, pardon pour ses années d'ignorance.

Visiblement Monsieur Voltury était au courant de l'existence de cet enfant mais n'avait jamais trouvé bon de le reconnaître. Sans doute parce qu'au moment de la naissance, il était déjà marié depuis deux ans. Ce n'était pas le genre d'histoire que le père voulait voir éclore au grand jour.

Il avait bafoué l'existence de Caius au profit de sa femme et puis bien plus tard de son fils légitime, né 10 ans plus tard.

Le ressentiment de cet enfant illégitime avait été nourri par des années d'ignorance et d'indifférence. Mais ce n'était en rien une excuse pour le mal qu'il était entrain de faire et pour celui qu'il avait sans doute déjà fait auparavant.

- Ce fils ignorait depuis sa naissance ! Ajoutai-je mauvaise.

Un long silence au bout de la ligne et je me demandais si je ne l'avais un peu trop provoqué. Je ne pouvais pas laisser les choses empirer comme avec l'histoire de James. Prendre un tel risque avait été dangereux autant pour moi que pour mes enfants et je n'étais pas passé loin de la mort une première fois. Réitérer l'expérience était exclue.

- Ce bâtard a mis ma génitrice en cloque et il s'est barré en prétendant qu'elle mentait ! Et tout ça pour qui ? Pour cette pimbêche infertile qui a mis 15 ans à lui pondre un marmot !

Sa haine suintait. Il l'avait visiblement ressassé depuis des années, attendant le bon moment pour pouvoir la sortir.

Voilà pourquoi Caius Vladescu avait toujours cru que la compagnie lui appartenait et que je n'avais rien à faire sur le siège de directrice. Dans sa tête, c'était sa place et non la mienne, elle lui revenait de droit. Ses liens de sang avec Dimitri Sénior lui suffisaient.

- Mais parler de ce sujet de conversation au téléphone est vraiment une perte de temps quand on peut le faire l'un en face de l'autre, vous ne croyez pas ?

Sa question n'en était pas vraiment une, bien entendu.

- Isabella non ! Ne faîte pas ça ! Hurla une voix parfaitement identifiable dans le combiné mais un bruit étouffé le fit taire très vite.

- Aro ! M'exclamai-je soulagé de l'entendre mais paniqué par le bruit de coups qui avait suivi.

Caius avait dû le faire taire en le frappant.

- Ta gueule ! Hurla-t-il autant à moi qu'à mon associé sans doute.

- Aro ? Répétai-je d'une petite voix incertaine.

Mais Caius avait repris la maitrise de la situation et je n'entendais plus rien qui provenait de mon associé.

- Isabella, soit vous faîtes ce que je vous dis soit je le tue, vous et vos filles avec !

Mon cœur tomba dans ma poitrine. Pourquoi encore ?

Mes filles ne cesseraient-elles donc jamais d'être la cible de personne mauvaise qui voulait s'en prendre à elles pour m'atteindre ?

Qu'avais-je donc fait au juste ?

Je savais ce que Caius voulait et s'il le fallait, je lui cèderais la totalité des parts de la compagnie ainsi que mon argent et toute ma fortune pour être sûre de garder les gens que j'aime à l'abri.

J'étais prête à lui donner tout ce qu'il voulait s'il nous laissait partir.

- Vous allez sortir de votre baraque et vous allez rejoindre la route nord. Une voiture vous attendra et vous conduira là où je le veux. Ne tardez pas, j'ai attendu ma compagnie assez longtemps !

Il raccrocha et je restai un moment hébétée par le ton brusque et urgent.

Une fois remise de ses derniers mots, je me forçais à décrocher le mobile de mon oreille et à le poser sur le lit avant de porter mes mains à mon visage.

Qu'est-ce que je pouvais faire ?

Avais-je une autre solution que de me jeter droit dans la gueule du loup ? Avais-je une échappatoire ?

En tentant de rationnaliser la situation, il était évident que je n'avais aucune marge de manœuvre, pas avec la vie d'Aro et celle de mes filles en jeu. Je devais faire ce qu'il me disait, me plier à ses demandes.

Mais il fallait que je prévienne quelqu'un à tout prix. Je ne pouvais pas me jeter droit dans le gouffre sans avoir de solution de secours, pas une nouvelle fois.

Je forçais mes muscles à bouger et mes jambes à se mouvoir afin de sortir du lit. J'entrepris de m'habiller aussi rapidement que possible avec les premiers vêtements à portée de ma main avant de m'installer dans mon fauteuil et de sortir de la chambre.

Pas un chat. Les filles étaient encore entrain de dormir à cette heure-là et les gardes du corps étaient sans doute dans leur quartier, une partie de la maison leur étant réservée.

Je roulais jusqu'à mon nouveau bureau et entrais à l'intérieur. Tout était encore disposé dans les cartons et je fus un instant choquée.

Comment allais-je faire pour trouver ce que je voulais ? Je n'avais pas le temps de fouiller dans chaque boîte. Le temps m'était compté.

Décidant que la personne qui avait tout emballé devait avoir un minimum de logique, je regardais les inscriptions écrit en lettre capitale au feutre noir.

« Dossiers archivés » « Projets en cours » « Matériel de bureau » « Cadres »

Je me demandais bien si j'allais pouvoir trouver rapidement ce que je cherchais.

J'ouvris un premier carton au hasard mais comme indiquait, ce n'était que des dossiers. J'attrapais celui avec la mention « matériel du bureau » mais mis à part des stylos, des gommes, des agrafeuses et tout le bazar, je ne trouvais rien de bien utile.

Je délaissais le carton à moitié ouvert et mes yeux se posèrent sur le bureau.

Certain cartons avaient apparemment été déballés, ce que je n'avais pas remarqué au départ.

Je me levais de mon siège et je boitais difficilement vers le bureau pour m'asseoir sur la chaise. J'ouvris les premiers tiroirs et constatais que j'avais raison. Aro ou peut-être Kiara avait commencé à ranger.

Le soulagement fut intense quand je tombais sur l'émetteur GPS qu'Aro m'avait donné des années en arrière et qui avait la forme d'un bracelet de perles. Je devais donner un moyen à quelqu'un de me suivre sans que Caius Vladescu ne sache que j'étais entrain de le piéger.

C'était un dispositif que j'avais toujours refusé d'utiliser parce que je n'étais pas un chien auquel on implantait une puce, mais dans ce cas, il allait sans doute nous sauver la vie.

Ce signal était relié au téléphone d'Aro, de Marcus et surtout, à ceux des gardes corps.

Je l'attachais à mon poignet et me levais du siège pour reprendre place sur mon fauteuil roulant.

Je devais maintenant sortir de la maison sans me faire repérer, ce qui n'allait pas être une affaire très simple.

Heureusement il était encore très tôt, la plupart des gardes devaient encore dormir. Du moins je l'espérais.

- Je peux vous aider madame ?

Je sursautais violemment alors que je n'avais pas fait 2 mètres dans le salon.

Je me retournais une main posée sur mon cœur affolé et me retrouvais face à un Alec au visage sévère. Il était déjà en tenu de garde et surtout, il venait de réduire mes plans d'évasion à néant.

- Certainement …

Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire maintenant ?

Peut-être que je devrais me servir de lui pour sortir de la maison et qu'une fois dehors, j'arriverais à le semer. En tout cas si je ne voulais pas ameuter le quartier, il allait falloir que je l'emmène. Ma vie, celle de mes filles et surtout celle d'Aro en dépendaient.

- J'aimerais faire un tour à l'extérieur …

- A cette heure ? Demanda-t-il suspicieux, les yeux plissés.

Il allait falloir que je sois plus convaincante si je voulais avoir une chance d'être crue.

- Oui pourquoi ? Cela pose-t-il un problème ?

Il plissa les yeux encore plus et je restais le plus neutre possible afin d'éviter les soupçons.

Alec était un homme compétent, un des meilleurs professionnels dans sa branche, Aro ne lui avait pas confié ma sécurité sans aucune garantie.

- Vous ne pouvez pas sortir seule …

Avant, je l'aurais envoyé promené mais nous savions tous les deux que je n'en avais ni la force ni le droit.

Alec n'était pas sous mes ordres mais sous ceux d'Aro. Il ne pouvait pas m'écouter quoi que je dise.

- Je le sais … c'est pour ça que vous allez m'accompagner …

Il n'allait pas m'écouter mais je n'allais quand même pas me laisser faire. Je fis rouler mon fauteuil, jusqu'à la porte, et tendis la main pour l'ouvrir.

Mais avant que je n'ai atteint la poignée, Alec se retrouva devant moi et me contempla le visage fermé, l'expression grave.

Avait-il compris ce que j'essayais désespérément de cacher ?

Non visiblement, car au lieu de me barrer la route, il se contenta d'ouvrir la porte et de me pousser à l'extérieur. Silencieusement, nous avançâmes le long de l'allée, et je me mis à réfléchir à la façon dont j'allais pouvoir lui fausser compagnie.

Je n'étais pas naïve. Si Aro l'avais engagé lui comme les autres, c'était justement qu'ils étaient les meilleurs dans leur domaine. Je n'allais pas réussir à le semer si facilement.

Une fois arrivés devant le portail de la maison, Alec prit la direction du parc se situant à un pâté de maison de notre nouvelle villa, soit à l'opposé de l'endroit où je devais me rendre.

- Alec …

- Oui Madame ?

Le cœur battant, je ne mis qu'une demie seconde à réfléchir à ce que j'allais dire maintenant. Je n'avais pas le choix et je compris que ce n'était peut-être pas plus mal.

- Arrêtez.

Il stoppa tout mouvement, bloqua mon fauteuil et passa devant moi afin de me faire face. Levant la tête, je me rendis compte de sa carrure impressionnante et surtout de son expression implacable le rendant encore plus intraitable.

Il se doutait de quelque chose, ce n'était pas dur de le comprendre.

- Je connais le responsable de mon état, lançais-je à brûle pourpoint sans vraiment réfléchir.

Alec se durcit encore plus si s'était possible et avant que je n'aie pu réagir, il dégaina son arme dans un geste de défense automatique. L'alerte en lui devait être maximale. Etonnant qu'une simple phrase ait pu le mettre dans cette position de combat extrême, comme si quelqu'un pouvait surgir des fourrés et nous sauter dessus.

- Il vous a contacté ? Comprit-il les dents serrées, les yeux rivés sur notre environnement, près à toute éventualité.

- Oui … Alec attendez !

Je me mis à crier en le voyant sortir son téléphone et pianoter sur les touches plus rapides que l'éclair.

Mon garde du corps me jaugea un instant et plissa les yeux.

- Vous vous apprêtiez à le rejoindre ? Demanda-t-il soupçonneux, les traits plissés, aussi dur que du granite.

J'allais devoir m'expliquer si je voulais avoir une chance d'obtenir son aide.

- Aro est avec lui et cet homme est puissant Alec.

J'avais l'air désespérée sans aucun doute mais envolé le mur d'indifférence que j'affichais en temps normal. Le paraître avait peu d'importance en ce moment, la seule chose qui comptait s'était la vie de mon associé et celles de mes enfants.

- Qui ? Souffla-t-il posant enfin les yeux sur moi.

- Caïus Vladescu …

Il me fixa et je lus la surprise au fond de ses prunelles. Apparemment ma réponse semblait le laisser pantois.

Il le connaissait bien entendu. Sa société mafieuse était presque aussi connu que la compagnie alors qu'elle était loin d'être aussi grosse.

- Il est le demi-frère de Dimitri, continuai-je dans l'espoir de le convaincre, l'enfant illégitime que Monsieur Voltury père a eu dans sa jeunesse. Il veut la compagnie, Alec, il est prêt à tout pour l'avoir, ou alors pour la détruire, parce qu'il considère qu'elle lui revient de droit.

Mon garde du corps parut un instant décontenancé par mes propos, avant de se reprendre et d'installer une expression indéchiffrable sur ses traits. Il se reconcentra sur notre environnement, jaugea un instant le risque avant de ranger son téléphone dans sa poche.

- Que veut-il ?

- Il veut que je le rejoigne …

Le dire était encore plus effrayant que de l'entendre. Alec comprenait sans que je n'aie besoin de le dire que Caius voulait ma vie et sans doute celle d'Aro aussi.

Pourquoi maintenant, pourquoi avoir attendu autant de temps pour passer à l'action, était le seul vrai mystère dans cette histoire.

- Je ne peux pas vous laisser faire, madame.

Il avait été engagé pour protéger ma vie. Me jeter dans les bras de mon harceleur, était principalement le danger qu'il devait m'éviter à tout prix.

Je me pinçais l'arête du nez et tentais de réprimer les accents de terreurs pures dans mon ventre. Je devais rester calme. Il était nécessaire que je garde le contrôle de moi-même afin de réfléchir au mieux à la situation et convaincre Alec de trouver la solution la plus sûre possible.

- Vous n'avez pas le choix Alec. On doit savoir ou est Aro.

Je regardais mon bracelet de perle attaché au poignet et le désignais à mon garde du corps.

- Je sais ce que ma fuite m'a coûté la dernière fois, je ne commettais pas deux fois la même erreur. Il s'agit d'un émetteur GPS branché sur nos trois ordinateurs, à la compagnie ainsi que sur les téléphones.

Je lui tendis mon mobile qu'il prit sans un mot.

- Vous pouvez me suivre à chaque seconde.

- Je ne peux pas Madame …

Il devait exécuter son boulot. Et son boulot s'était de me protéger moi.

- Vous n'avez pas le choix, il faut retrouver Aro et mettre Caius hors d'état de nuire. Je ne peux plus prendre le risque de mettre en danger la vie de mes enfants et de tous les gens que j'aime. Alec, une voiture m'attend sur le bord de la route à environ 800 mètres, et elle n'attendra pas éternellement, nous le savons tous les deux. Il peut tuer Aro à chaque instant. Caius Vladescu a des ressources …

Alec m'écoutait attentivement signe qu'il ne rejetait pas en bloc mes idées.

- Vous pouvez me suivre, continuai-je presque enhardie par son attention. Discrètement. Et quand je serais avec Aro, vous donnerez l'assaut et Caius Vladescu sera définitivement plus qu'un mauvais souvenir.

Mon plan était bancal. Les risques étaient grands autant pour moi que pour mon associé mais pour ma famille je pouvais prendre des risques.

Alec n'était pas convaincu bien entendu mais nous n'avions pas le choix.

Une fois partie, il pourrait prévenir du monde et me suivre sans difficulté grâce au bracelet.

- Appelez les renforts, Alec. Allez-y et ne perdez pas le signal de vue.

Je débloquais mes roues et exécutais un demi-tour maladroit avant de tenter de rouler sur la route cabossée dans la direction opposée.

Il ne m'opposa pas de résistance. J'avais gagné.

- Madame ?

Je ne me retournais pas, certaine que je n'allais pas garder ma détermination encore longtemps.

- J'assure vos arrières.

J'espérais réellement qu'il tienne sa parole.

Evitant de m'arrêter sur les émotions que je ressentais au plus profond de moi, j'avançais péniblement sur la route, le cœur battant à vive allure, me demandant comme cette histoire allait bien pouvoir se terminer cette fois.

J'espérais de tout cœur que notre plan marche et que cela se finisse bien. Mes gardes du corps pouvaient me suivre sans difficulté.

J'étais aux aguets, et je perçus parfaitement les bruits de pas soudain derrière moi.

Mais être en fauteuil roulant était quelque chose de nouveau pour moi, si bien que je ne réussis pas à me retourner à temps.

Quelque chose s'abattit sur ma bouche et au lieu de bloquer ma respiration sous la terreur intense qui remonta de mon ventre à ma gorge, je pris une profonde inspiration qui me fit respirer les vapeurs d'une substance que je reconnus sans mal.

Du chloroforme.

Je tentais de me débattre mais s'était trop tard. Mon fauteuil bascula presque en même temps que moi dans le vide.

Je sombrais.

PDV Edward

Je me crispais, les points serrés sous l'envie intense de frapper quelque chose.

Kiara venait de m'appeler, complètement affolée.

Elle venait d'être réveillée en sursaut par les gardes du corps qui était entrain de sécuriser la maison. Bella était de nouveau aux mains d'un homme qui allait vouloir la tuer.

Alec la suivait grâce au traceur GPS mais personne n'était rassuré pour autant. Il bougeait, dans tous les sens, n'avait pas l'air d'avoir de position particulière.

J'étais encore une fois entrain de me tétaniser à l'idée qui lui arrive quelque chose.

Maintenant nous savions. Alec avait parlé.

Caius Vladescu.

Je m'en étais douté bien entendu, l'espace d'un bref instant lors de ma conversation avec Aro. Mais je n'avais alors pas saisit ses motivations profondes. Maintenant si.

Personne n'aurait pu soupçonner la vérité, même pas les frères Philips.

Sa vengeance ne datait pas de la veille. J'ignorais encore les détails, mais cette sombre histoire de famille et surtout d'argent avait pris un tour sombre.

La compagnie avait suscité bien des convoitises mais à ce point-là c'était horrifiant. Si Caius avait tué Dimitri, ce dont je ne doutais presque plus, il n'aurait aucun scrupule à tuer Bella. Cela ne lui ferait ni chaud ni froid.

Cela faisait froid dans le dos de constater que l'argent et le pouvoir pouvait mener à de tels extrêmes.

Kiara était dans tous ces états, mais pour le moment je ne pouvais pas la rejoindre pour la rassurer. Elle et les fillettes étaient en sécurité. Je ne pouvais rien faire pour elles. En revanche, je pouvais aider Bella. Il fallait la retrouver avant qu'il ne soit trop tard.

Je donnais un coup de frein violent et m'arrêtais dans un crissement de pneus devant le siège de la compagnie. Ma voiture allait surement de nouveau finir à la fourrière mais je n'en avais rien à secouer à cet instant.

Je me précipitais vers la porte et poussais littéralement les gens devant moi pour atteindre l'ascenseur.

Quand j'arrivais au bon étage, je fus accueilli par deux gardes du corps que j'avais déjà vu près de Bella.

- Ou en est-on ?

- Le signal GPS s'est arrêté il y a dix minutes, il indique un bâtiment désaffecté dans un quartier reculé du Queens...

Je fronçais les sourcils alors que les gardes m'entrainait dans je ne sais quelle direction.

Dans le Queens ? C'était en soit une idée ingénieuse. Qui irait le cherche là-bas ?

- Nous venons de donner l'ordre de pénétrer dans le bâtiment, m'informa celui de droite en poussant la porte de la salle de conférence.

Marcus se trouvait là ainsi que l'équipe de sécurité engagé par Aro. Le premier avait l'air au bord de la crise de nerf ce qui était choquant pour un homme d'ordinaire si calme et discret.

Quand il me vit, il me fit signe d'approcher et me désigna l'écran.

- Les hommes viennent de pénétrer dans le bâtiment, il n'y a rien … ils n'y sont pas.

Ses yeux écarquillés et ses paupières dilatés me firent comprendre qu'il était terrorisé par ce que cela signifiait pour son frère et son associé.

- Pardon ?

- Aro et Isabella ont disparus, déclara-t-il en me regardant droit dans les yeux.

PDV Bella

Quand j'émergeais enfin du brouillard, j'ouvris d'abord un œil puis un deuxième et me mis à gémir sous l'assaut du marteau piqueur logé dans ma tête. Je portais ma main à mon front avec la vague idée de faire cesser la douleur mais je ne pouvais qu'attendre que ça se calme.

Faisant appel à mes années de pratique, je tentais de refouler la douleur et de me concentrer sur l'environnement autour de moi.

L'endroit n'était pas grand et surtout très sombre. Je n'y voyais strictement rien. Au premier abord, il ne s'agissait que d'une simple pièce vide de la taille d'une chambre.

- Isabella ? M'appela une ombre juste en face de moi que je n'avais au premier abord absolument pas vu. C'est vous ?

- Aro ? Soufflai-je faiblement.

Une vague de soulagement s'abattit sur moi et je tentais de me redresser afin de le rejoindre. Alors que je me mettais debout, ma jambe céda sous mon poids et je m'écroulais au sol.

J'avais temporairement oublié ce détail. En analysant les douleurs que je ressentais, je me rendis compte que la totalité de mes membres étaient endoloris.

Quelqu'un m'avait-il frappé alors que j'étais inconsciente ? Au vu de certains bleus sur mes jambes, je n'avais guère de doute sur la réponse à ma question.

- Isabella ? Appela de nouveau mon associé.

- Je vais bien. Ne vous inquiétez pas.

Je le sentis se déplacer jusqu'à moi.

- Isabella ?

- Oh Aro !

Je réprimais un sanglot en touchant sa main rugueuse et surtout en sentant l'odeur de sang qui émanait de lui.

Visiblement, Caius ne s'était pas gêné pour s'en prendre à mon associé non plus.

- Ce n'est rien, quelques bleus et quelque coupures …, tenta-t-il de me rassurer, pourquoi êtes-vous venus ? Pourquoi avez-vous fait ça ?

Ayant soudain un éclair de lucidité, je touchais vivement mon poignet de ma main et constatais qu'il était vide.

J'avais perdu l'émetteur.

Non !

- Je croyais que j'étais capable de vous sauver … je pensais que cette fois j'y parviendrais.

- Isabella, vous n'avez pas à sauver le monde et encore moins moi ...

Peut-être pas. Mais je pouvais au moins tenter de préserver les gens que j'aimais, ma famille.

- Vous le saviez n'est-ce pas ? Pour Caius ? Me demanda-t-il doucement.

- Oui.

Mais comment accuser quelqu'un sans preuve. Je n'avais tiré de conclusion que grâce au prénom de l'enfant donné dans la lettre.

Il aurait pu s'agir de n'importe quel Caius de cette planète, les chances étaient peu probables mais cela aurait pu.

Personne ne m'aurait cru sans preuve surtout après les évènements survenus ces derniers temps. Sans parler des nombreuses questions demeurant toujours sans réponse.

- Vous n'auriez pas dû venir Isabella …

Il s'inquiétait pour moi.

Il était en mauvais état, semblait à peine tenir debout mais il se préoccupait plus de ma vie que de la sienne.

- Je ne pouvais pas faire autrement …

A mes yeux, sa vie avait autant d'importance que la mienne.

Il ferma brièvement les yeux, se pinçant l'arête du nez comme pour tenter de se calmer avant de les rouvrir et de me regarder. Il m'adressa un sourire sans joie et posa sa main sur la mienne.

- Il faut qu'on vous sorte d'ici … Bella … il le faut absolument …

Aro venait d'employer mon diminutif. Il ne l'avait jamais fait depuis que je le connaissais. Sans trop savoir pourquoi, le tutoiement et l'emploi de mon surnom étaient deux choses qu'il n'avait pas cherché à employer.

Maintenant je trouvais ça idiot.

- Aro … soufflai-je. Nous devons tous les deux sortir d'ici …

Il hocha la tête mais je sentais qu'il n'y croyait pas.

La simple idée que je fus la seule à m'en sortir ou alors qu'il était prêt à agir bêtement pour me laisser la vie sauve, me tordit le ventre de douleur. Je ne pouvais pas le perdre.

- Aro, je vous interdits de penser que je dois être la seule à sortir de là … je …

- Je n'ai rien dis de tel Isabella.

Je le fixais suspicieuse mais je secouai la tête me demandant si je n'imaginais pas des choses en raison de la terreur qui me tordait les entrailles.

- Comment allons-nous faire pour sortir d'ici ? Finis-je par demander préférant passer à autre chose.

- Nous sortirons.

Il avait une telle conviction dans ces paroles que je me demandais s'il ne savait pas quelque chose que j'ignorais.

Avant que je n'aie pu lui poser la question, nous fûmes tous deux éblouis par une soudaine lumière qui pénétrait dans la pièce sombre jusque-là. Je portais ma main à mon visage et plissais les yeux pour tenter de discerner quelque chose.

Un rire mauvais que je reconnus parfaitement, me parvint aux oreilles et je me crispais instantanément. Caius Vladescu était devant nous et avait l'attitude d'un conquérant. Son air hautain si caractéristique chez lui, transperçait par tous les pores de sa peau. Il contrôlait la situation et il adorait ça.

- Isabella Masen Voltury et Aro Philips tous deux enfermés et surtout à genoux devant moi.

Je jetais un coup d'œil à Aro qui s'apprêtait à répliquer mais je lui intimais l'ordre de se taire. Nous ne pouvions pas le provoquer, pas avec l'actuelle posture que nous avions.

Caius tendit la main et pressa quelque chose contre le mur –un interrupteur – puisque la lumière jaillit soudain autour de nous, provenant de l'ampoule juste au-dessus de nos têtes.

Il me fallut quelques secondes pour m'habituer à la soudaine luminosité qui me vrillait les yeux. Je sentis à mes côtés, qu'Aro était entrain de se lever.

Je devais sans doute faire de même mais je ne parviendrais surement pas à rester debout durant un long moment. Mes jambes ne me porteraient pas indéfiniment.

En voyant ma mine contrariée, Caius se mit à rire et un excès de rage vite contenu, se propagea en moi.

Notre bourreau sortit un instant de la pièce pour revenir avec mon fauteuil qu'il lança littéralement sur nous.

Aro le rattrapa de justesse avant qu'il ne heurte mes jambes.

- C'est pathétique … nous lança Caius avant de se durcir. Montez là-dessus … immédiatement …

Il sortit de la pièce nous laissant seuls un instant.

Je me tournais vers mon associé tout aussi aux aguets que moi. Qu'allait-il se passer au juste, une fois que nous l'aurions rejoint ?

Aro était déjà dans un drôle d'état. Lui si soigné d'ordinaire, était méconnaissable dans ses vêtements froissés et son visage marqué par les coups qu'il avait reçus. De sa main droite il se tenait le torse, comme si il avait mal à une de ses côtes ce qui devait surement être le cas.

Malgré la douleur, il m'aida tout de même à me remettre sur mes jambes et à m'installer sur le fauteuil roulant qui avait lui aussi connu de meilleurs jours.

Avec l'aide d'Aro, je m'évertuais à avancer pour me retrouver dans une pièce très lumineuse, et surtout très en chantier.

J'ignorais ou nous nous trouvions mais les murs bruts, les pots de peintures sur le sol et le plastique répandu un peu partout, étaient assez caractéristiques.

Je ne m'attardais guère sur le paysage parce que Caius se tenait devant nous, une arme à la main.

L'objet noir braqué droit sur ma tête, me fit monter une sueur froide le long de la colonne vertébrale.

Je devais à tout prix cacher à ce malade, ma terreur et les nouvelles angoisses que l'enlèvement de James avait provoqués en moi. Ce n'était pas le moment de montrer mes faiblesses.

Il ne le fallait pas.

- Madame Isabella Masen Voltury, si vous saviez depuis combien de temps j'attends ce moment !

Il paraissait presque soulagé en nous lançant les mots.

Comment cet homme pouvait-il être le demi-frère de Dimitri ?

Ils n'avaient strictement rien en commun, mis à part leur père biologique.

Je ne connaissais pas le père de mon mari puisqu'il était mort bien avant que je n'arrive dans la vie de son fils, mais je doutais qu'un homme ayant élevé un fils aussi bon que Dimitri, puisse avoir également engendré une cruauté pareille.

- A quoi ma mort va-t-elle vous servir ? Vous n'aurez pas la compagnie pour autant ! Cinglai-je la voix tremblante à mon grand dam.

J'aurais voulu paraitre plus forte, plus déterminée, mais son arme sur moi me pétrifiait sur place. Il fallait qu'il la baisse.

- La destruction de la chose la plus importante de mon géniteur me suffira ! Ne vous inquiétez donc pas. Il y a un moment que je me suis résignée là-dessus. Mais puisque je ne peux pas avoir le poste de PDG alors personne ne l'aura, Madame Voltury. Ce n'est pas vraiment contre vous …

Donc ni Aro ni Marcus n'étaient en sécurité non plus. Ma mort ne suffirait pas à détruire la compagnie.

- Mon frère …, murmura Aro qui était apparemment parvenu à la même conclusion que moi.

Caius eut un sourire sombre et haussa les sourcils.

- Il ne va pas tarder à nous rejoindre Aro, ne vous inquiétez donc pas pour si peu, mes hommes attendent juste le bon moment.

Et quand Marcus serait là, il n'aurait plus aucune raison de nous garder en vie.

Une fois que nous serions morts, il allait s'arranger pour faire péricliter les actions comme il avait déjà tenté de le faire, et une fois que tous seraient rachetés, la compagnie n'aurait plus qu'à déposer le bilan.

Il n'avait même pas besoin de s'en vanter. Nous n'avions pas réussis à remonter jusqu'à lui lors de mon coma, personne n'y parviendrait une fois mort.

- Vous serez recherchés pour nos trois meurtres … vous aurez un mandat d'arrêt contre vous ! Lança mon associé qui n'était absolument pas prêt à déposer les armes aussi facilement.

Dans d'autres circonstances, j'aurais sans doute adopté la même attitude, mais pas ici. En cet instant, j'étais paralysée par la peur intense qui s'emparait de moi au fur et à mesure que les secondes se transformaient en minutes et les minutes en heures.

Depuis combien de temps étais-je ici ? Quand m'avait-on levé l'émetteur GPS ? Alec savait il où nous étions ?

Tant de questions demeurant pour le moment sans réponse.

Caius haussa les épaules en réponse à la dernière injonction d'Aro. Il n'en avait strictement rien à faire, exactement comme James.

C'était encore plus dangereux pour nous.

- Un homme comme moi sait disparaitre …

Parce qu'il avait l'argent et que surtout il avait eu des années pour préparer sa vengeance. Il avait ressassé sa haine durant un temps infiniment long. Il n'avait rien du laisser au hasard, ce qui réduisait encore les probabilités d'être retrouvés à temps.

- Pourquoi maintenant ? Murmurai-je tout bas.

Caius tourna son regard sur moi et dans ses yeux, je pus lire clairement à quel point il me méprisait. Une haine viscérale du poste que j'occupais et surtout l'épouse de celui qu'il considérait le responsable de ces malheurs depuis son plus jeune âge.

- Mais ça fait des années que j'essaye de vous tuer, n'est-ce pas Aro ?

Je me tournais vers mon associé me demandant bien de quoi il voulait parler. Aro m'aurait caché ça durant tout ce temps ? Etais-ce pour ça les gardes du corps depuis toutes ces années ?

Mon associé était psychorigide avec la sécurité depuis la mort de Dimitri. Est-ce donc la raison ?

Ma vie était-elle en danger depuis la mort de mon mari ?

En tournant la tête vers Aro, je plongeais dans ses prunelles aciers et je n'eus besoin d'aucunes paroles pour comprendre.

Une horrible vérité s'imposa alors à mon esprit. Mon cœur loupa un battement et j'eus soudain du mal à respirer tant mon souffle fut de plus en plus court.

- Dimitri ?

Le nom eut du mal à franchir mes lèvres tellement j'avais peur de la réponse. Pourtant au moment où le son sortit de ma bouche, je savais que j'avais mis le doigt sur la vérité. Les lèvres de Caius se retroussèrent doucement et son air victorieux me donna soudain la nausée.

- Vous l'avez tué ! Accusa Aro soudain hors de lui.

Je n'eus pas le temps de réagir. Aro se jetait en avant, droit sur Caius.

Mais l'autre avait une arme dans les mains et son premier réflexe fut de tirer droit dans la jambe de mon associé qui hurla et tomba au sol.

A travers mes larmes, que je n'avais pas réussi à contenir, je poussais un hoquet en voyant mon meilleur ami se tordre de douleur. Il était allongé sur le sol, se tenant la jambe de ses deux mains pour tenter de contenir le sang qui jaillissait de sa blessure.

- Arrêtez ! Criai-je à mon tour en me laissant tomber sur le sol pour rejoindre Aro.

J'écartais ses doigts plein de sang et constatais que la balle était ressortie ce qui était un bon point.

Déchirant un pan de mon tee-shirt, j'enroulais le bout de tissus pour éviter qu'il ne se vide de son sang.

- Isabella … souffla-t-il.

- Calmez-vous …

Posant ma main sur sa joue, je tentais de le calmer mais l'eau dans ses yeux me vrilla le cœur. J'étais dans le même état que lui.

Nous avions raison depuis le début. La mort de mon mari était un meurtre. Dimitri était mort pour la compagnie de son père et aujourd'hui nous allions peut-être mourir pour la même raison.

Caius avait tué l'homme que j'avais tant aimé, le père de mes enfants.

- La vengeance a donc tant d'importance pour vous que le meurtre est la seule solution que vous avez trouvé ! S'exclama mon associé les dents serrées par la douleur.

- J'avais autant de droit que ce minable de Dimitri ! Qu'il découvre qu'on était frère a vraiment été l'excuse pour enfin le rayer de la carte !

Caius devait déjà être dérangé pour en venir à de tels extrêmes. Ne pouvant pas atteindre ce qu'il voulait, c'est-à-dire l'héritage qu'il considérait comme le sien, la compagnie, il avait donc cherché à le détruire, par tous les moyens.

Je me demandais quand Dimitri avait su la vérité pour Caius.

Quelques jours avant sa mort, je l'avais trouvé préoccupé et surtout complètement ailleurs mais je m'étais toujours dis que c'était le travail qui le préoccupait. Serait-il possible que cela n'est strictement rien à voir ?

- Je ne comprends pas … pourquoi ne pas vous venger sur Dimitri Sénior ? Pourquoi attendre autant de temps ?

Il me jaugea un instant, se demandant sans doute s'il devait parler.

Il voulait me tuer pour la compagnie il pouvait au moins me faire le plaisir de s'expliquer.

- Parce que je n'ai découvert la vérité sur mes origines qu'i ans. Ma génitrice n'a jamais cru bon de me mettre au courant.

Il serra les points et ses mâchoires se crispèrent.

- En fait elle ne l'aurait jamais fait si je ne l'avais pas menacé avec une arme.

Je le regardais horrifiée d'apprendre qu'il avait usé de la violence sur sa propre mère.

- Quand j'ai enfin su la vérité, je lui ai tordu le cou pour avoir osé me cacher ça ! Moi ? J'étais un Voltury ?

Aro hoqueta et je poussais un cri en comprenant qu'il avait tué sa propre mère.

- J'ai cherché durant des années la vérité et quand elle a enfin daigner s'expliquer … c'était encore pire de savoir. Pendant les mois qui ont suivi j'ai mené une enquête. Je voulais tout comprendre ! Je me suis vite rendu compte que Dimitri Voltury était entrain de vivre ma vie ! J'aurais dû être à sa place, une femme des mômes. Certes j'avais ma société mais la compagnie … on était sur un autre niveau …

« J'ai d'abord essayé de me convaincre qu'il fallait être diplomate … peut-être parler avec mon demi-frère après tout, on pouvait s'entendre … mais être associé à ce géniteur que je méprisais …

Un frisson de dégoût le parcourut. Aro malgré la douleur qu'il devait ressentir, écoutait attentivement le récit de ce tueur en série.

- Il en était hors de question … je suis allé le voir une semaine avant sa mort …je lui ai révélé la vérité … j'ignore ce que je voulais à ce moment. Peut-être que j'attendais une excuse pour l'anéantir enfin. Ce jour-là, il m'a provoqué … il a affirmé que je n'aurais jamais aucun droit sur la compagnie … que je n'étais rien même pas son demi-frère … il a affirmé que si je tentais quoi que ce soit, il me détruirait …

Caius eut un rire méprisant.

Face à ses paroles, je me demandais si mon mari avait réellement réagit de cette manière. Le connaissant je n'en doutais pas vraiment. Il n'était pas le genre à prendre les choses avec rationalisme.

- Jusque-là j'essayais de me convaincre qu'il n'y était pour rien … que mes affaires marchaient bien et que je n'avais pas besoin du pognon de ce minable … il a été trop loin … je devais lui faire comprendre qui j'étais …

« Au départ, je voulais sa vie … son poste de PDG, après tout il me revenait de droit après sa mort tragique … ça a été tellement simple de le rayer de la carte … et j'en ai éprouvé un intense soulagement !

Son ton était méprisant et en rien repentant. Il n'avait aucun remord, aucune mauvaise conscience. Il trouvait tout ça normal.

- J'ai beaucoup ri quand ce cher Aro a annoncé que vous preniez la succession de votre mari ! J'ai d'abord attendu pour me délecter de votre chute. J'étais certain que vous ne pouviez pas y arriver …, son air se fit plus sombre alors qu'il se détournait de nous, mais ce n'est pas arrivé.

L'arme qu'il tenait dans la main n'était plus braquée sur nous mais reposée seulement le long de sa jambe. Il était entièrement tourné vers son récit. Peut-être avais-je une chance.

Il n'y avait personne dans la pièce mis à part nous trois. J'ignorais ou était ces sbires mais pour l'instant ils n'étaient pas là, c'était peut-être notre espoir.

- Je me suis trompé …

- C'était votre première erreur … vous l'avez sous-estimé ! Intervint Aro qui était maintenant blanc comme un linge.

Il fallait le conduire rapidement aux urgences. Il devait être pris en charge. Si l'hémorragie n'était pas stoppée, j'avais peur de ce qui pouvait lui arriver.

- J'en conviens, admit Caius en me détaillant. Mais qui ne l'aurait pas fait. J'ai attendu un long moment que les médias annoncent votre renoncement. Vous auriez mis la compagnie en vente et je l'aurais racheté … actions par actions … elle aurait enfin été à moi et tout ça presque dans la légalité … mais non …

« Quand il est devenu évident que vous étiez aussi douée que votre défunt mari, j'ai alors compris que vous alliez devoir le rejoindre … certes il était évident que je devais être discret … vous comprenez, je ne pouvais pas être soupçonné de quoi que ce soit … je devais donc faire profil bas …

« Ma première tentative n'était guère originale puisque j'ai engagé un larbin pour siphonné le liquide de frein de votre limousine de luxe … manque de chance, la voiture n'a pas fait 20 mètres et vous avez terminé votre course dans un arbre.

« L'année suivante, il a fallu que j'innove puisque vous étiez plus gardée que le putin de président ! J'ai tenté de mettre le feu au chalet que vous aviez loué pour les vacances, manque de bol votre départ avait été retardé du coup … vous n'étiez pas là au moment des faits !

Il était entrain de serrer les points, me montrant à quel point il souhaitait ma mort.

Je me souvenais de ces évènements auquel je n'avais pas attribué beaucoup d'importance. Grave erreur.

Je comprenais maintenant la surprotection d'Aro et son besoin viscérale de savoir ce que je faisais à toute heure. Par contre, je me demandais bien pourquoi il ne m'en avait rien dit.

C'était ma vie et celle de mes enfants et il avait gardé sous silence le fait qu'on cherchait à avoir ma peau.

- J'ai même tenté de vous empoisonner mais rien à faire, vous êtes plus coriace qu'un lion enragé !

Je prenais conscience maintenant du nombre de fois où j'avais échappé à la mort ces dernières années, et tout ça sans en avoir conscience un seul instant.

Je regardais Aro sur le sol allongé, replié sur lui-même autour de sa jambe blessée. Son teint blafard et son regard éteint me faisaient vraiment peur.

Mais le but de Caius était nos morts, demander à l'emmener à l'hôpital ne servirait à rien.

- Depuis le premier instant, ou Dimitri vous a présenté comme sa fiancée, j'ai fouillé votre vie et tenté de percer le secret de votre satané passé. Durant des années, j'ai tout tenté pour déterrer vos squelettes, mais rien ! Rien du tout … j'avais une telle haine envers vous … une minable capable de se jouer de moi ainsi … j'ai engagé des dizaines d'incapable, de détective louche, de flics corrompus … j'ai fait fouillé votre baraque … vos bureaux … il a fallu que je me déplace moi-même pour trouver enfin quelque chose d'intéressant !

Une pose dans son récit alors qu'il passait la main dans sa poche et en sortait un papier qu'il me lança dessus.

En posant mes yeux dessus, j'eus un hoquet de stupeur en reconnaissant un cliché de Tanya et moi pris un mois avant la mort de Quil.

- Il m'a fallu des années pour trouver ça !

Il desserra ses points et plongea ses prunelles folles dans les miennes, me transperçant presque de son regard. Il avait un air victorieux sur les traits me montrant assez bien qu'il pensait avoir gagné.

- Je me suis souvenue d'elle dès que j'ai posé les yeux sur cette photo, lança-t-il triomphale en désignant le bout de papier posé sur le sol.

Je fronçais les sourcils, le cœur battant attendant la suite. J'avais peur de comprendre.

- J'étais un client de votre sœur …

Je cessais de respirer et fermais les yeux très forts pour échapper à ce cauchemar entrain de se jouer devant moi.

Tanya était donc encore une fois la responsable de toute cette histoire. Je n'avais pas vraiment besoin qu'il continu de parler pour comprendre la suite logique des choses.

- C'est comme ça que j'ai connu notre ami commun … ce cher James Nomades.

Aro à mes côtés était dans un piteux état. Sa respiration était devenue difficile et le bout de tissus mit en place un instant plus tôt sur sa blessure, était maintenant recouvert de sang.

- On faisait pas mal d'affaire ensemble, il me fournissait des filles, dont votre sœur qui, il faut bien l'avouer, était particulièrement douée pour ce qu'elle faisait.

« Je l'ai cherché un moment. Quand il est enfin revenu aux Etats-Unis, j'ai eu l'occasion d'avoir une petite discussion avec lui et c'est là que j'ai su … Je savais enfin la vérité sur votre compte. Une simple minable, une moins que rien tout comme votre sœur. Votre genre de filles n'est bon qu'à se faire prendre et surement pas à la tête de la compagnie !

Je n'étais pas comme Tanya, n'avait même rien à voir avec elle.

Je ne m'étais jamais servi de mon corps pour obtenir des faveurs, jamais vendu ma virginité pour un peu de drogue. Je n'avais connu que deux hommes dans ma vie. L'un avait été mon mari, l'autre était l'homme que j'aimais.

Personne ne pouvait me comparer à cette sœur qui avait fait souffrir tout le monde.

- Pourquoi ne pas m'avoir dénoncé alors si vous saviez? Pourquoi user de tels stratagèmes ? Pourquoi ne pas simplement dire au monde entier que vous étiez l'enfant illégitime de Dimitri Sénior ?

Ma voix était brisée sous l'effort intense que je déployais pour tenter de cacher à quel point ses mots m'atteignaient. Lui montrer que je souffrais était un plaisir que je ne pouvais pas lui faire.

Caius toujours dans son monologue de la vérité, se réjouissait ouvertement de la façon dont s'était déroulée toute cette affaire.

- Sans preuve ? Je ne pouvais décemment pas parler sans trouver des gens pour confirmer mes propos … et James était inutile étant donné ces affaires … on ne pouvait pas risquer que les flics s'intéressent à nous ou que ce cher Aro lâche ses chiens pour nous surveiller !

« Quand à dévoiler au monde mon lien de sang avec les Voltury … vous n'y pensez pas … j'ai payé autant de gens que vous pour cacher le fait que je suis un bâtard ! Il était hors de question que les gens m'associent à ce nom que je méprise et que je passe pour le pauvre minable qui a voulu se faire aimer de son géniteur !

« Alors on a tenté d'échafauder un plan pour vous faire tomber de votre trône … Edward Cullen était l'homme idéal !

Je retins ma respiration une nouvelle fois, comprenant qu'il n'avait de cesse d'interférer dans ma vie depuis toutes ces années.

Est-ce donc la raison de ce malaise en moi depuis des mois ? La sensation que quelque chose allait se passer sans vraiment comprendre d'où me venaient ses idées noires.

- On ne s'attendait pas vraiment à ce que vous vous rencontriez au départ mais j'ai rapidement compris qu'il s'agissait en fait d'une bonne aubaine ! Un coup de chance si vous préférez …

« J'ai suggéré à James de faire chanter votre petit amoureux transi en jouant sur la salle histoire de votre frère … c'était pour moi la vengeance parfaite … j'avais enfin un moyen d'obtenir des preuves face au monde entier.

« Vous étiez la solution idéale en participant à votre propre perte ! J'étais sûr de moi en vous servant votre coupable sur un plateau d'argent. Je n'avais même plus besoin de chercher à vous tuer puisque les médias s'en serait chargé à ma place et surtout les flics.

« J'avais ma vengeance et James la sienne …

Soudain Caius s'approcha de moi et me tira par les cheveux m'arrachant un cri de douleur. Il me souleva de terre par la seule force de sa main sur mes mèches et j'hurlais presque face à la douleur qu'il provoquait.

Il me plaqua contre le mur, ses mains autour de moi.

- Mais c'était sans compter sur cet idiot de James qui n'a pas vu ce gamin derrière les poubelles ! Tout est tombé à l'eau … TOUT ! Et les médias ont même cessé de s'en prendre à vous ! Aucune justice RIEN ! A cause de QUI ? De QUOI ?

Il était dans une colère noire, ces yeux ne formant plus que deux puits sans fond. Je tremblais de tous mes membres alors que ses doigts se refermés sur mon cou et qu'il commençait à serrer.

Je posais mes mains sur les siennes et tentais de me dégager mais c'était peine perdue, il était beaucoup trop fort.

- Cet abruti a dû fuir et je me suis retrouvé à devoir expliquer ma collaboration avec lui ! Mais bien entendu les flics ne m'ont pas cru …

« C'est à ce moment que j'ai compris que la compagnie ne pourrait jamais me revenir ! Je ne pouvais pas accéder au trône sans provoquer les soupçons … alors j'ai changé de tac tic. Puisque je ne pouvais pas avoir la gloire d'être le PDG de la Voltury Compagny, alors personne ne le serait !

« C'est moi qui ait eu l'idée de l'enlèvement, moi encore qui est ordonné à cet idiot de vous faire la peau ! Mais bien entendu il avait ces propres plans, et il a enlevé la famille Cullen au grand complet, vos filles … ce n'était pas ce que j'avais demandé ! C'était VOUS la cible. Pas eux !

- Mais … James … avait … sa … vengeance ! Murmurai-je difficilement.

Oui et vous avez quand même fini dans un lit d'hôpital … et tout ça pourquoi hein ? Pour sortir trois mois après en parfaite santé !

Tentant de reprendre mon souffle, je fus coupée dans mon élan quand Caius resserra encore sa main sur mon cou.

- Maintenant à cause de ses conneries je suis dans la merde ! Les flics vont forcément remonter jusqu'à moi puisque vous avez parlé, n'est-ce pas Madame Voltury ?

« Je n'ai donc plus rien à perdre … mais la compagnie doit crouler, les frères Philips et vous avec ! J'ai perdu la liberté mais vous vous allez perdre la vie parce que vous vous êtes retrouvés au travers de ma route !

Il resserra la prise encore sur mon cou et cette fois je commençais franchement à manquer d'air.

C'était donc ça sa manière de m'hotter la vie ?

La seule pensé que j'eus en cet instant alla droit vers les gens qui comptait le plus sur cette terre.

Mes filles auxquelles j'avais promis de rester avec elles et à l'homme que j'aimais de tout mon cœur.

La réussite et le succès que j'avais cherché durant les quatre dernières années s'étaient retournés contre moi. Je payais de ma vie, ma volonté farouche de devenir quelqu'un et d'offrir un début d'existence décent à mes enfants, ce que je n'avais pas eu moi-même.

Dimitri avait payé de la sienne d'être le fils de la mauvaise personne.

Ma tête me tourna sous le besoin urgent d'air et je suffoquais en comprenant que Caius était déterminé.

Il voulait ma mort et il allait l'obtenir.

Ma vue déjà brouillée, s'obscurcit encore et le visage de mes enfants m'apparut, Edward juste derrière eux.

Ils ne voulaient pas que j'abandonne et je voulais rester pour eux, bien sûr que je le voulais.

Mais je n'y arrivais plus.

Je partais, j'étais entrain de partir loin d'eux, pour la deuxième fois en l'espace de trois mois, mais cette fois j'avais l'impression qu'il n'y aurait pas de miracles, pas de deuxième chance.

Au moment où cette pensée me traversa l'esprit, la pression disparut enfin. Je me sentis partir en avant.

Je m'attendais à rencontrer une surface dure mais pourtant, je ne sentis jamais la chute se produire.

Un doux flottement durant quelques secondes avant que ma vue ne s'éclaircisse soudain.

- Bella ? Bella reviens moi, Bella, tu dois respirer … tout va bien, je suis là, tout va bien …

Je me concentrais sur ma respiration sifflante et très difficile. J'eus besoin d'un long moment pour reprendre contenance et me concentrer sur la personne au-dessus de moi.

- Ed … ward ?

- Je suis là mon amour … je suis là !

Il avait les larmes aux yeux et il tremblait contre moi mais ses yeux reflétaient parfaitement le soulagement intense qu'il ressentait.

- Je … t' … aime …, soufflai-je à bout de force.

Il me regarda sans comprendre puis son sourire se fit encore plus large et il resserra sa prise sur moi.

- Moi aussi je t'aime, de toutes mes forces, murmura-t-il.

Je plongeais dans ses prunelles émeraude et j'eus enfin l'impression de trouver ma place.

Elle était là à ses côtés.

En cet instant, le passé n'avait absolument aucune espèce d'importance. Je voulais juste être avec lui pour le restant de mes jours. Qu'importe ce qui pouvait arriver, de toute façon même si je le perdais demain ensemble ou non, je me perdrais moi-même.

Je ne pouvais plus vivre sans lui.

- Ne … me quitte pas …, lui demandai-je implorante et à bout de force.

- Jamais, je te le jure ! Jamais !

Un bruit en arrière fond me fit sursauter et je remis mes idées en place.

- Caius ?

- Il est mort mon ange … Alec l'a tué …

Alec ? Mon garde du corps … Aro …

- Aro ? Demandai-je à bout de force.

- Il va être conduit à l'hôpital …

Il avait l'air soucieux et je le fus également.

- Pitié … pas lui …


Alors ?

Il me tarde de connaître vos avis !

Comme beaucoup l'avait deviné, Caius est effectivement l'auteur de tous les malheurs de notre Bella !

Pour le prochain chapitre se sera le retour à l'hôpital, contre coup pour Bella et surtout le sort d'Aro !

Passez une bonne semaine

A bientôt ^^