Chapitre 58 : … Vers notre avenir
Coucou tout le monde !
Pas de rêve et non c'est bien le dernier chapitre que vous voyez ! Désolé encore une fois pour la longue attente, je n'étais pas vraiment satisfaite puis j'ai réécrit la fin avant de revenir à l'idée originale ! Enfin bref le voilà enfin ^^
Merci en tout cas d'être toujours là malgré l'attente et le temps qui s'est écoulé depuis le premier chapitre !
Allez, je vous laisse lire et je vous retrouve en bas !
PDV Bella
C'était mon idée.
J'étais responsable de mon état actuel. Le savoir n'était pas réconfortant pour autant, bien au contraire. J'avais juste envie de me cacher dans un trou de souris et me faire oublier pendant longtemps. Très très longtemps si possible.
Les yeux rivés sur le plafond au-dessus de ma tête, je reculais le moment inévitable ou il serait l'heure de se lever et de me préparer afin de me rendre à la compagnie. Je n'avais presque pas dormi de la nuit alors que j'étais éreintée par ses nuits interminables sans sommeil et surtout peuplée de cauchemars.
Après la journée que j'avais passée dans l'institut avec Rosalie, Alice et Kiara, je me sentais épuisée peut-être plus que d'ordinaire malgré les bons soins que l'on m'avait prodigué. Je ne parvenais pas à me détendre suffisamment pour fermer l'œil. Le doux ronflement de mon Edward allongé à côté de moi, m'avait bercé toute la nuit.
Je tournais la tête vers lui et contemplais son visage doux et serein.
Il avait été si patient, si attentif à mes moindres besoin la veille. Quand je m'étais réveillée en sursaut suite à mon cauchemar, il m'avait bercé et dans ses bras, je m'étais rendormie soulagée de l'avoir près de moi.
Le réveil dimanche matin, avait été quelque peu perturbé par les cris de Lise qui se demandait pourquoi la porte de ma chambre d'ordinaire toujours ouverte était fermée à clef.
Je m'étais sentie vraiment coupable de refuser ce privilège à ma benjamine qui ne venait pas souvent me rejoindre mais qui de temps en temps avait tout de même besoin d'un câlin matinal.
A cet instant j''étais totalement nue contre un homme avec qui je venais de passer la nuit. Il s'agissait d'une situation inédite pour moi autant que pour mes enfants.
Je m'étais empressée de m'habiller aussi vite que je le pouvais, Edward également et j'avais ouvert à ma fille. Les sourcils froncés, elle avait étudié la pièce avant de décider qu'elle s'en moquait et de se blottir contre moi.
Elle avait embrassé mon compagnon et sans jamais être surprise de sa présence, avait continué à se serrer contre moi sans un mot. Edward avait enroulé ses bras autour de nous, lui aussi silencieux mais un sourire scotché sur les lèvres visiblement très heureux.
Après une douche et un petit-déjeuner plutôt copieux une fois sortis du lit, Kiara et moi étions montées en voiture pour rejoindre Rosalie et Alice ce qui ne m'avait laissé aucune occasion de parler avec Edward.
Les regards échangés étaient plutôt clairs cependant mais j'aurais aimé me blottir contre lui pour retrouver notre intimité un temps retrouvés entre nous. Malgré tout, cette journée avec ma fille aînée, j'en avais besoin. Il m'avait tout de même embrassé alors que je montais dans la voiture et avait refermé la porte derrière moi. Avec Lise dans les bras et Charlotte collée à lui, ils nous avaient tous trois fait de grands signes alors que nous nous éloignions de la maison.
En arrivant au salon de beauté spécialement ouvert pour nous en ce dimanche, j'avais senti l'appréhension me gagner malgré tout. J'avais été plutôt crispée durant un certain moment surtout quand il avait fallu se mettre en maillot de bain mais Rosalie et Alice avaient pudiquement détournés le regard et allégée mon angoisse en ne se montrant jamais pressantes et curieuses comme elles auraient pu l'être.
Je n'avais jamais senti leurs regards insistants et encore moins entendus leurs questions gênantes. Nous avions tous simplement eut des conversations de filles durant toutes la journée ce qui m'était arrivée très rarement au cours de ma vie. Je n'avais jamais eu de véritable amie.
Les sorties entre filles, les discussions interminables le soir et les journées détentes ne faisaient pas partis de ma vie. Mais découvrir ces petits bonheurs à 30 ans restaient un miracle dont je tenais à profiter malgré mes angoisses tapies au fond de moi.
Kiara de son côté avait paru heureuse de partager ce moment avec à la fois ses tantes et moi, et ce qui rendait mon enfant heureuse me comblait également.
J'avais ainsi eu l'occasion de découvrir les deux femmes de la famille Cullen véritablement, sans enfant et sans Edward près de moi. Et j'étais heureuse de constater que je m'entendais bien avec chacune d'elles.
Alice était le volcan en éruption de la famille. Véritable boule d'énergie, sa joie de vivre m'avait fait sourire. Ce petit bout de femme plus petite que moi encore, était presque aux antipodes de celle que j'étais. Et pourtant, je savais qu'elle et moi pourrions nouer une profonde amitié. Elle m'avait déjà proposé de venir lui rendre visite dans son magasin et j'avais accepté avec plaisir. Si je pouvais lui donner un coup de main pour développer son affaire alors j'en serais ravie. De plus je ne doutais pas du talent de ma belle-sœur –si je pouvais la qualifier ainsi – et je serais fière de porter ses créations.
Quand à Rosalie, plus froide au premier abord, on se rendait vite compte que ce n'était qu'une simple façade et qu'elle se révélait aussi chaleureuse que sa belle-sœur dans une attitude tout à fait différente. Elle me ressemblait plus que le lutin excité si je puis dire. La souffrance ne semblait pas lui être inconnue bien que je n'en ai pas demandé la cause ni une confirmation quelconque sur les doutes que je nourrissais. Elle avait juste évoqué des parents totalement absents et un ancien compagnon violent. Dévouée à sa famille comme je l'avais toujours pensé, elle m'avait proposé de s'occuper des filles en cas de besoin un soir. Je lui en étais reconnaissante et hochais la tête à sa proposition.
C'était vraiment gentil de sa part. Alice avait même surenchérit en affirmant qu'elle se ferait une joie de garder ses nièces. La remarque tout à fait innocente de la jeune femme m'avait touchée et je lui avais souris vraiment émue.
La fin de journée nous avait séparés et il était 19 heures quand nous étions rentrées à la maison, Kiara et moi. Edward était dans le salon avec les filles et j'étais restée un moment interdite devant la scène qui s'était peinte devant mes yeux. Mes deux petites filles riaient aux éclats alors qu'elles étaient entrain de se tortiller devant la télévision sur une musique des années 80 des manettes dans les mains. Edward de son côté, des élastiques dans les cheveux et du barbouillage sur le visage, était entrain de se déhancher en rythme avec Lise et Charlotte. Il se donnait à fond et gesticulait dans tous les sens suivants les ordres que lui envoyait la danseuse du jeu.
- Oh mon dieu ! S'exclama Kiara en se pliant en deux.
Elle avait porté ses mains à sa bouche et avait tenté d'étouffer ses éclats de rire pour ne pas déranger la petite scène, refusant de se priver de ce spectacle hilarant. La tentative avait été ratée car les filles s'étaient tournées en même temps qu'Edward au bruit de leur aînée.
Le sourire moqueur que m'avait adressé mon compagnon m'avait fait secouer la tête face à ses pitreries. Il avait l'air ridicule mais tellement touchant à la fois.
La bonne humeur ne nous avait pas quittée durant le reste du repas et c'est le sourire aux lèvres que les enfants étaient allés se coucher.
Une fois seule avec Edward, le masque de réserve adopté jusque-là devant les petits, était tombé et je m'étais retrouvée dans ses bras, blottit contre lui.
- Cette journée semble t'avoir fait du bien … m'avait-il susurré d'une voix suave à l'oreille en nous allongeant sur le lit.
- J'ai vraiment apprécié ce moment avec Alice, Rosalie et Kiara. Notre fille était si contente … et j'apprécie vraiment Alice et Rosalie
- Elle avait vraiment besoin de partager quelque chose avec toi … et je suis vraiment content que tu es pu te rapprocher de ma sœur et de Rose.
Qu'il soit au courant du besoin de sa fille ne fut pas étonnant pour moi. Il avait l'air de prévoir les réactions de chacun de nous sans aucun effort.
Quant à sa famille, je comprenais son besoin que je fasse connaissance avec les siens. Ils étaient tous importants pour lui et je voulais qu'ils le deviennent tous pour moi et pour mes enfants.
L'un en face de l'autre, nous avions conversés durant plusieurs minutes sur ma journée sur sa famille puis sur les enfants avant qu'il ne m'embrasse doucement quand le silence s'installa.
Une sorte de mélancolie s'était alors emparé de lui alors que ses lèvres étaient sur les miennes. Je savais à quoi elle était dût mais peu désireuse d'engager la conversation là-dessus, je m'étais faite plus empressée dans mes baisers et j'avais pris l'initiative de tendre la main vers le torse de mon compagnon.
Heureux apparemment que j'engage de tels gestes, il s'était laissé emporter.
Nous nous étions aimés avec la même tendresse et le même amour que la veille. Les émotions m'avaient envahi avec une intensité toujours aussi vive. Je m'étais ensuite endormie dans ses bras avant de bien entendu me réveiller en sursaut une heure plus tard.
Depuis le plafond n'avait plus aucun secret pour moi.
Je ne voulais pas réveiller Edward littéralement enroulé autour de moi. Il me serrait contre lui comme si sa vie en dépendait, comme si je pouvais disparaître. Il dormait profondément pelotonné à la manière d'un enfant serrant sa peluche contre lui. C'était comme si inconsciemment, il avait encore peur que je lui échappe. Il n'avait pas tort d'ailleurs.
En cet instant, je n'avais qu'une envie, c'était de prendre mes jambes à mon cou et m'enfuir le plus loin possible.
Je savais qu'il ne pourrait rien m'arriver, physiquement tout du moins. Alec et Felix seraient avec moi à chaque instant. Marcus serait également dans les bureaux et Jacob se chargerait des visiteurs éventuels qui voudraient m'importuner. Il pouvait tout à fait gérer les coups de téléphone sans avoir à me les passer au préalable. Après tout il le faisait déjà depuis un moment.
Je n'avais qu'à commencer doucement et reprendre mes marques avant d'envisager de reprendre un emploi du temps chargé. Certes, mon retour signifiait prendre des décisions importantes mais je n'étais pas obligée de le faire aujourd'hui ou même demain. L'échéance pouvait encore être remit au lendemain. Et je ne serais pas toute seule à décider.
Rien pourtant de ses pensées rassurantes ne parvenait à calmer mes nerfs affolés.
- Tu n'es pas obligée d'y aller …, murmura doucement Edward dans la pénombre de la chambre me faisant légèrement sursauter.
Je n'avais même pas pris conscience de sa respiration moins régulière et du papillonnement de ses paupières qui étaient posées sur moi, incertaines.
Je savais que le réveil allait sonner. Je savais qu'il serait bientôt temps de me lever et de me préparer. Les filles allaient descendre également prendre leur petit déjeuner et partir pour l'école ensuite. William les accompagnerait de nouveau alors que Felix et Alec se chargeraient de moi.
Tenant à être présente pour le départ à l'école des filles, je quitterais donc la maison en même temps qu'elles.
Le savoir n'aidait pas mes nerfs affolés et encore moins mon angoisse croissante.
- Il le faut …
J'étais douée pour mentir ou pour dissimuler mes véritables émotions. Enfin avant. Je doutais qu'Edward ne soit dupe de mon piètre mensonge.
- Bella …, chuchota-t-il avec l'air de souffrir atrocement.
Ces bras se firent plus durs autour de moi et j'eus presque l'impression qu'il tentait de me retenir prisonnière contre lui.
- Non Edward … s'il te plait … non …, le coupai-je avec le peu de courage qu'il me restait.
Préférant couper court à ses conseils avisés et à ses dissuasions trop tentantes, je me dégageais de lui et, après avoir enfilée un peignoir posé sur la chaise près du lit, je me dirigeais vers la salle de bain afin de prendre ma douche n'attendant même pas la sonnerie du réveil. Je savais que de toute manière, il était bientôt l'heure.
Je restais un moment sous le jet laissant l'eau réchauffer mon corps glacé. Je pris le plus grand soin à me laver les cheveux puis à me savonner comme si cela pouvait changer quelque chose.
Avec des gestes mécaniques, je me séchais ensuite et enfilais une robe sophistiquées destinées à me donner le courage que je n'avais pas et me faire paraître plus forte qu'il n'en était en réalité. Ce n'était que du paraître bien entendu. Avec ce genre de vêtement, je semblais plus forte, plus inaccessible exactement comme auparavant. Ça n'avait jamais été le cas bien entendu, je le savais maintenant.
Tout n'avait été que façade et faux-semblant.
Je brossais ensuite soigneusement mes cheveux et me les séchaient les laissant libres sur mes épaules. Maria devait sans doute être dans le salon à attendre de s'occuper de moi.
En revenant dans la chambre, je constatais que celle-ci était déserte. Edward n'était nulle part en vue, je m'installais donc dans mon fauteuil et roulais jusque dans le salon où il était déjà attablé devant un bol de café.
Il avait dû prendre sa douche dans l'une des salles de bain de l'étage car ses cheveux étaient encore humides et ébouriffés. Il avait la mine sombre et me regardait silencieusement anxieux par ce qui allait se passer. Plutôt que de dire quelque chose, je me servis moi aussi un café et pris la direction du salon ou Maria était là comme prévu.
Elle me coiffa et me maquilla avant de s'éclipser pour ses rendez-vous de la journée comme elle le faisait depuis 4 ans. Heureusement qu'elle était là, j'aurais sans doute était incapable de me composer un visage décent. Je tremblais trop pour cela.
Les filles finirent par descendre à leur tour. Kiara était déjà prête mais Lise et Charlotte trainaient encore les pieds, en pyjama, leurs peluches dans les mains. Chacune m'embrassa et fit de même avec Edward avant de s'attabler devant leur bol de céréales.
Le silence dans la pièce était lourd. D'une part les filles étaient encore pratiquement endormies alors qu'Edward et Kiara se dévisageaient inquiets et surtout réprobateur quand à mon emploi du temps de la journée.
Plutôt que de les affronter, j'accompagnais mes enfants à l'étage. Charlotte se prépara seule alors que Lise me demanda mon aide. Contente de retrouver ses gestes maternelles que je n'avais pas exécutés depuis longtemps, la douceur de ma fille et son parfum d'enfant me réconfortèrent.
- Maman … tu vas aller travailler aujourd'hui ?
- Oui mon ange …
Pas besoin qu'elle sache à quel point cette simple idée me terrifiait.
Lise pinça les lèvres et sembla réfléchir et leva ensuite les yeux vers moi.
- On va plus te voir beaucoup alors …
Elle semblait abattue de seulement y songer.
- Si … bien sûr que si, mon poussin. J'ai décidé de moins travailler … j'aimerais être là tous les matins pour vous voir partir à l'école et tous les soirs quand vous rentrerez. Pour l'instant, ce ne sera pas possible pour le soir car je dois toujours allait voir ton grand-père pour mes blessures mais j'essayerais le plus possible de manger avec vous le soir pour que tu puisses me raconter ta journée.
- C'est vrai ? Demanda-t-elle pleine d'espoir.
- Je te le promets …
Elle m'adressa un grand sourire avant d'attraper son sac d'école.
Dans le salon, Charlotte et Kiara étaient prêtes. Chaussures, manteaux et cartables étaient déjà enfilés. Je boutonnais la veste de ma benjamine avant de les embrasser pour leur dire au revoir.
- Passez une bonne journée à l'école.
Charlotte et Lise montèrent dans la voiture et grimpèrent sur leurs sièges après m'avoir embrassé.
Kiara plus lente, attendit que je me tourne vers elle.
- Bon courage maman …
Elle me serra dans ses bras et suivit ses sœurs. Je secouai la main longtemps après que la voiture ait disparu à l'horizon.
Alec et Felix avaient avancé mon propre moyen de transport et attendaient que je monte à mon tour pour pouvoir partir. Mon fauteuil était déjà dans le coffre et je me retrouvais donc debout près d'Edward qui semblait à mille lieux d'ici. Avant de monter et de m'éloigner, il me tendit mon sac à main qu'il avait dû sortir du placard où il était rangé d'ordinaire.
- Bella … murmura-t-il incertain.
- Non …, l'arrêtais-je un doigt posé sur ses lèvres.
Il secoua la tête et détourna le regard en proie à une intense angoisse qui le rendait presque tremblant. Il savait … bien sûr qu'il savait ce que je ressentais mais je ne devais pas me laisser convaincre pour autant. Si je renonçais maintenant, il me serait ensuite impossible de retourner à la compagnie.
- Je t'aime Edward …, soufflai-je en l'embrassant doucement d'un chaste baisé.
N'ajoutant pas un mot, je me tournais et avançais jusqu'à la voiture. Sans oser regarder derrière moi, je ne vis donc pas l'émotion sur le visage de mon Edward, ni la larme qui coula le long de sa joue.
Mon cœur se mit à cogner de plus en plus fort alors que nous nous rapprochions du siège de la compagnie. Je fermais les yeux pour tenter de contenir l'émotion. Je pouvais y arriver, il le fallait.
Il y avait tant de choses dont je m'étais crus incapable et que j'avais fait malgré tout. J'étais capable de faire ça également.
Alec, derrière le volant s'engagea dans le parking sous-terrain de la compagnie. La première chose qui me frappa, se fut la voiture d'Aro stationnée sur son emplacement habituel. Je dus contrôler l'émotion qui me traversa. Sa voiture était là mais pas lui.
Il ne le serait plus jamais.
Je mis quelques secondes à me ressaisir et à sortir. Felix m'attendait avec le fauteuil roulant et je m'installais tournant délibérément le dos au véhicule noir. Consciente d'avoir le souffle de plus en plus court, je me laissais guider jusqu'à l'ascenseur sans un mot. Les portes se refermèrent et la cage de fer se mit à bourdonner avant de monter les étages à toutes vitesses.
La montée me parut trop courte car bien trop vite, l'ascenseur s'immobilisa et le bip caractéristique d'ouverture des portes, résonna. Je relevais la tête et la panique me gagna.
Plus apeurée qu'une biche prise dans les phares d'une voiture, je restais pétrifiée alors que Felix me poussait vers l'extérieur.
L'atmosphère de calme et de richesse propre à la compagnie me frappa. Cette ambiance familière calma mes nerfs légèrement mais les regards de mes employés sur moi furent tellement pesant que je me sentis traquer durant toutes la traversée jusqu'à mon bureau. Que n'aurais-je pas donné pour faire demi-tour et repartir dans l'autre sens. Je ne voulais pas être là, je ne voulais pas me retrouver dans ses bureaux.
Je voulais juste me rouler sous les couvertures et me faire oublier du monde exactement comme je ne l'avais jamais fait auparavant.
- Isabella ! S'exclama Jacob en me voyant approcher.
Il se leva et le sourire qu'il m'adressa était réellement chaleureux. Ma présence apparemment était une joie pour lui.
Je ne lui répondis que du bout des lèvres, crispée mais il parut comprendre le sentiment général qui m'avait envahi. D'un geste, il ouvrit la porte du bureau juste derrière lui.
Je ne me fis pas prier pour entrer et j'entendis la porte se refermer derrière moi. Jacob avait suivi.
Je poussais un profond soupir avec l'impression d'être enfin relativement protégée par les quatre murs autour de moi.
Poussant sur mes mains délicatement, je me levais et rejoignis mon fauteuil de bureau.
Installée, j'eus un moment d'hésitation.
Et maintenant ?
Je relevais la tête vers Jacob qui m'adressa un sourire bienveillant et s'installa face à moi sur une chaise.
Il avait apporté sa tablette ainsi qu'un gros classeur. Il devait y avoir regroupés toutes les informations à me communiquer.
Je n'étais pas venue travailler depuis des mois. De plus, Aro était décédé. Le travail devait s'être empilé. Je n'osai pas vraiment imaginer ce que j'allais devoir faire pour rattraper ce retard immense.
- Tenez …
Jacob me tendit la tablette ou s'étendait un tableau.
- Je vous ai résumé en quelques pages, les contrats que nous avons signés, ceux en cours et ceux que nous tentons de négocier en ce moment. Il faudra apposer votre signature, sur un certain nombre de dossier, nous aurons également besoin de votre expertise pour compléter le projet de Dubaï qui continue de demander des précisions pour l'hôtel particulier … le travail a pris énormément de retard …
Sous l'avalanche d'informations, je faillis lui demander de répéter ce qu'il venait de dire. Depuis le début s'il pouvait.
Un coup à la porte me fit sursauter et Jacob fronça les sourcils. Ma réaction parut le choquer un instant et je fus presque heureuse de pouvoir me composer un visage en tournant ma tête vers la porte.
Marcus apparut et referma derrière lui.
- Isabella …
Il s'approcha et prit place à côté de Jacob après m'avoir adressé un signe de tête. Son frère dans la même situation aurait embrassé le dos de ma main. Une attitude de l'ancien temps que j'avais trouvé exaspérante plus d'une fois mais qui maintenant allait profondément me manquer.
Assis tous les trois, nous nous regardions les uns et les autres sans vraiment savoir par quoi commencer.
- Très bien … faîtes-moi un résumé Marcus ensuite nous ferons une liste des choses les plus urgentes ou qui nécessite notre attention rapidement … nous aviserons au moment voulu de ce que nous allons devoir faire, lançais-je aux deux hommes retrouvant mon ton posé et professionnel.
Il hocha la tête et débuta son discours. Je laissais le soin à Jacob de noter ce qui était dit. Sur ces entre-faits Carmen, l'ancienne secrétaire d'Aro nous rejoignit et elle seconda Jacob.
Elle était la seule véritablement au courant des dossiers d'Aro, ici. Il était donc convenu qu'elle continu de travailler dessus. Nous nous divisâmes les tâches importantes notamment les projets en cours de finalisation.
Le frère de Marcus s'occupait de beaucoup de choses n'ayant rien à voir avec ma partie et je me retrouvais un peu perdue face à la montagne de travail qui s'était accumulé. Carmen était compétente mais elle ne pouvait pas tout gérer non plus. Il allait lui falloir rapidement de l'aide.
- Peut-être qu'avec des formations … suggéra Marcus en haussant les épaules … je pourrais tenter de voir …
- Nous pourrions peut-être engager quelqu'un, ajoutai-je.
Il hocha la tête et étudia un autre dossier alors que je reportais mon regard sur la tablette que j'avais toujours dans les mains. Engager quelqu'un allait nécessiter de faire passer des entretiens et assurer à la personne une stabilité d'emploi que pourtant nous ne pouvions garantir pour le moment. Ouvrir le testament d'Aro allait vraiment devenir urgent. Le notaire nous avait déjà contactés. Il n'attendait que notre prise de rendez-vous maintenant.
Il était étonnant d'ailleurs que Marcus n'ait pas encore abordé le sujet. Peut-être avait-il autant de réticence que moi. Qu'elles étaient les dernières volontés de son frère ?
Le téléphone sur mon bureau se mit à sonner et Jacob décrocha.
- Compagny Voltury, secrétariat de Madame Voltury, je vous écoute.
Mon cœur battait à cent à l'heure. Je ne tenais pas vraiment à parler à un quelconque investisseur ou à un collaborateur pour le moment. Comment allais-je mener une négociation alors que je me sentais si faible ?
Jacob hocha la tête et je le vis froncer les sourcils.
- Nous ne savons pas encore, Monsieur. Au vu des circonstances, nous ne pouvons garantir aucun délai en ce qui concerne les projets immobiliers.
J'échangeais un regard avec Marcus et j'analysais son expression. Visiblement, le service que je gérais n'accepté aucun contrat depuis que je n'étais plus là pour le diriger. Quand j'étais à l'hôpital, Aro devait s'en charger, secondé par Jacob et Carmen. Mais maintenant, les deux employés n'étaient pas assez expérimentés pour mettre au point seul des projets de si grande ampleur et surtout ils ne pouvaient être partout à la fois.
Huit projets étaient en cours, dix autres étaient dans l'étape finalisation, mais seulement deux étaient de futures collaborations. Cela ne m'avait pas paru étrange quelques instants plus tôt mais maintenant, cela me semblait trop peu par rapport à ce que la compagnie était capable de faire d'ordinaire.
Devrais-je diminuer le travail de la partie immobilier pour me consacrer à d'autres tâches ? Dans les premiers temps, même si nous engagions quelqu'un, il allait falloir le seconder et lui montrer ses différentes tâches, le former en somme. Il était impossible de donner à quelqu'un de si grosses responsabilités d'un seul coup. A moins de prendre quelqu'un directement au sein de la compagnie et de le promouvoir.
Je regardais Jacob puis Carmen. Les deux employés n'étaient-ils pas les mieux placés pour accomplir cette tâche ? Fixant les dossiers devant moi, je mis à réfléchir intensément au problème.
L'immobilier n'avait jamais été une grosse partie de la compagnie, nous pouvions tout à fait survivre en diminuant les contrats. Quelques gros dossiers, quelques projets pour ne pas fermer complètement la filiale et une association avec d'autres sociétés qui voulaient de la qualité. Nous pourrions aider de jeunes entreprises ayant besoin d'un coup de pouce pour se lancer. Sur un CV, une collaboration avec la compagnie ne pourrait que les aider, exactement comme nous avions fait avec « Cullen Immobilier » ou quelques-unes avant elle.
Je devais bien entendu en parler avec Marcus mais l'idée ne me semblait pas dénuer de sens.
Pris soudain d'une nouvelle détermination, je tendis la main vers Jacob afin de récupérer le combiné.
- Euh … je vais vous mettre en relation avec Madame Voltury, Monsieur Barnes.
Je portai le combiné à mon oreille et saluai mon interlocuteur en déclinant mon identité.
- Monsieur Barnes, mon secrétaire a raison. Nous ne pouvons vous garantir un délai assez court pour la construction de vos bureaux. En revanche, je connais quelqu'un qui possède assez d'expérience pour monter se dont vous semblez avoir besoin.
- Je tiens à la qualité de l'immeuble et je veux les meilleurs. Le prix n'a pas d'importance, crut-il bon de me préciser.
- Je vous conseille la qualité Monsieur Barnes, cela va de soi.
- Qui avez-vous en tête ?
- Cullen Immobilier. Nous avons effectué quelques contrats avec cette jeune société et le travail fournit par le directeur sera à la hauteur de vos attentes. Je m'en porte garante.
Un silence sur la ligne. Je me doutais de ce à quoi il pensait. Allait-il remettre explicitement mon jugement en doute ? Je doutais qu'il conteste ma proposition ouvertement mais après tout cela faisait presque quatre mois que je n'avais pas mis un pied dans la société et Aro était décédé.
Peut-être la compagnie avait-elle perdue de la crédibilité ? Ou peut-être n'avais-je plus le statu que je possédais auparavant ?
Mon retour n'avait pas été annoncé publiquement et pourtant je me doutais qu'un certain nombre de personnes devait déjà être au courant. Comment cela allait-il être pris ?
- La compagnie n'a-t-elle pas eu un litige avec cette société ?
Il connaissait la réponse bien entendu. Les journaux avaient assez fait étalage de cette histoire.
Marcus et Jacob toujours assis sur leurs chaises me fixaient sans bouger. Ils ne trahissaient aucunes émotions particulières attendant juste que je convaincs le client potentiel à choisir la société d'Edward.
Peut-être étais-je trop présomptueuse ? Après tout, cela ne faisait qu'une heure que j'étais là.
Négocier, convaincre et jouer de mon influence étaient des choses que je faisais tout le temps. Avant.
Mais maintenant …
- Il s'agissait d'un contentieux personnel, Monsieur Barnes, en aucun cas d'un litige professionnel. Monsieur Cullen est quelqu'un de très expérimenté et surtout de très doué dans son domaine. Professionnellement, il a mon entière confiance.
Je vis le demi-sourire de Marcus et je ne pus m'empêcher de le lui rendre. Edward avait mon entière confiance dans bien des domaines autres que professionnels. Nous le savions tous les deux.
Le client potentiel que je connaissais que de nom jusque-là, parut hésiter.
- Très bien, je vais vous écouter et appeler cette société.
Après les salutations d'usage, je reposais le combiné sur son socle et me pris la tête dans les mains.
- Bravo, Isabella, je n'aurais pas fait mieux, me complimenta Marcus.
Je levais les yeux au ciel et me forçais à respirer profondément. Je ne m'étais pas rendue compte que j'avais le souffle court et que mon cœur battait la chamade.
Cela pouvait paraitre anodin mais c'était une première victoire. Au vu de l'échange de regard avec Marcus, il semblait penser la même chose.
Les deux hommes restèrent dans mon bureau encore une heure. L'emploi du temps fut mis en place. Ils me ménageaient bien entendu mais je les en remerciais. Je n'étais pas prête à reprendre complétement toutes mes responsabilités.
Jacob finit par sortir de la pièce et je me retrouvais seule avec Marcus.
- Est-ce ça va Isabella ?
Consciente qu'il me posait la question pour connaître vraiment la vérité, j'analysais mes émotions, ce que je n'avais pas fait jusque-là.
Les premiers stades de frayeur passés, les choses avaient été plus simples que prévues. J'étais enfermée dans la sécurité de mon bureau de PDG pour le moment et Jacob filtrait les appels. Je n'avais rien eu à affronter encore. Du moins rien de trop infranchissable.
- Je vais bien.
Et je ne mentais pas.
Il hocha la tête, soulagé apparemment.
- Nous allons devoir prendre contact avec le notaire, me lança-t-il d'une voix mal assurée.
- Je sais.
Que pouvais-je dire d'autre ? Les décisions à prendre étaient nombreuses. Je le savais depuis le début. Reculer devant l'inévitable ne servait à rien. Je n'avais jamais été partisane de la politique de l'autruche. J'avais toujours été du genre à prendre les décisions sans me voiler la face. Les événements récents avaient prouvés pourtant que dorénavant la donne avait changé.
- Nous allons prendre rendez-vous, murmurai-je tout bas sans vraiment prendre conscience de ce que je disais.
Marcus hocha la tête et je lus dans son regard la douleur que provoquait cette décision. J'étais passée par là aussi. Je me doutais des sentiments qui l'envahissaient à chaque instant. Je les traversais également mais de façon moins violente que lui. Aro était son jumeau, l'autre parti de lui.
- Merci Isabella … votre retour est un soulagement …
Et dans ses prunelles anthracite je lus la douleur et la profonde tristesse qu'il retenait.
- Votre présence aussi Marcus …
Le pauvre sourire qu'il me fit parvenir ne me rassura pas mais la détermination si. Marcus était un homme fort, un pilier pour nous tous. Il se relèverait. Il n'y avait aucun doute.
Il finit par quitter la pièce à son tour. Il allait charger Carmen de prendre rendez-vous avec le notaire. Il était temps de se charger de la succession. Les problèmes juridiques pourraient ainsi enfin être réglés.
Seule dans mon bureau, je m'autorisais un bref instant d'abattement. Ce n'était pas aussi dur que je ne le pensais surtout parce que je me sentais protéger dans ce bureau. Me terrer ici, ne me demandait pour l'instant aucun effort. Je n'avais à affronter personne et c'était pour le mieux.
Rattraper par la sonnerie du téléphone, je secouai la tête et décrochais. Jacob me confirma le rendez-vous avec le notaire, le lendemain, 14 heures.
Nouveau sujet de préoccupation. Quels étaient les consignes d'Aro ?
Préférant travailler plutôt que de ruminer sans cesse, je sortis les dossiers donnés par mon secrétaire et me mis à la tâche reprenant à mon rythme ce travail qui était le mien depuis des années. Durant les heures qui suivirent, je ne vis pas le temps passé trop concentrée par l'analyse du projet mis en place par Jacob. Les progrès de mon secrétaire étaient incroyables et j'étais impressionnée par la qualité de ce qu'il proposait. Bien entendu, il y avait encore de nombreuses erreurs de débutants mais je considérais le travail fait de bonne qualité.
L'heure du déjeuner passa sans que je ne m'en rende compte. Il était 13h30 quand le téléphone sonna de nouveau.
- J'ai quelqu'un pour vous Isabella. Il demande un rendez-vous.
Mon cœur se mit à battre la chamade. J'avais envie de hurler que je ne pouvais pas que je n'en avais aucune envie mais je donnais la seule réponse possible étant donné que le client potentiel était déjà devant Jacob et avait franchi toutes les barrières jusqu'ici.
- Faîtes le entrer.
Je repoussais mon dossier et attendis que la personne entre. Je cachais mes mains sous la table afin d'éviter qu'on ne voit leur tremblement.
Je levais les yeux et un gros soupir de soulagement m'envahi quand je reconnus le visage familier.
- Edward …
Il m'adressa un sourire sans joie. Il avait l'air vraiment inquiet.
Je me levais sans attendre et me précipitais presque vers lui pour pouvoir sentir son étreinte autour de moi. Sentir sa chaleur et sa force me fit frissonner. Je ne m'étais pas rendue compte à quel point j'avais froid. J'étais congelée depuis des heures et je n'en prenais conscience que maintenant dans ses bras.
Son étreinte était forte, lui aussi voulait se rassurer apparemment.
- Mon amour …
- Embrasse-moi …
Je le sentis frémir et je compris qu'il souriait. J'eus juste le temps de voir ses yeux pétillants que ses lèvres s'écrasaient sur les miennes. De bref et gentil, le baiser se fit passionné. Je me délectais de sa présence profitant de lui temps qu'il était là devant moi.
Sa main s'enroula autour de mon cou et ses doigts se mirent à masser les nœuds de ma nuque. Sans me laisser réagir, il me souleva et me porta jusqu'à mon bureau ou il s'installa sur mon siège.
Moi toujours dans ses bras, je me blottis contre lui et posais ma tête sur son torse.
- Je ne voulais pas que tu viennes ici …, murmura-t-il dans mes cheveux.
Je sentis son souffle sur mes mèches. Il était tellement à l'écoute de mes moindres réactions. Parfois il semblait mieux me connaître que moi.
- Mais je n'avais pas le choix …
- Bella …
- C'est vrai et tu le sais.
Je m'écartais pour pouvoir le voir dans les yeux et analysais plus facilement ses émotions.
- Je ne peux pas rester enfermer à la maison en priant pour que personne ne vienne perturber le petit cocon que je créerais autour de moi. Je ne peux pas jouer les victimes … je ne suis pas une petite chose fragile, Edward … je refuse de vivre ainsi … je me suis targuée toute ma vie d'être une femme forte qui se battait pour tout ce qu'elle voulait, il n'est pas question que je renonce maintenant …
- Tu ne peux pas m'en vouloir d'essayer de te protéger …, murmura-t-il tout bas.
Dans ses yeux, je pouvais y lire son amour, sa force mais sa vulnérabilité quand cela me concernait. Il avait peur pour moi. Après tout ce qui s'était passé, je ne pouvais pas lui en vouloir. J'étais passée près de la mort de trop nombreuses fois.
- Je ne t'en veux pas …
Il se pencha sur moi pour m'embrasser de nouveau avant de s'écarter pour me serrer contre lui.
- D'ailleurs … je ne suis pas le seul à vouloir protéger l'autre … j'ai eu un appel très intéressant ce matin …
Il devait sans aucun doute parler de Frédéric Barnes. S'il avait déjà pris contact avec la société d'Edward cela ne pouvait dire qu'une seule chose. Il avait écouté ce que je lui avais dit et décidé de faire affaire avec Cullen Immobilier.
- Je ne peux pas prendre tous les contrats qui me sont proposés … nous avons trop de travail, trop de point à régler pour le moment … je me suis dit que tu en aurais plus besoin que nous …
Le sourire qu'il m'adressa fut plus franc et surtout plus enjoué que quelques minutes auparavant.
- Merci, mon amour …
- De rien.
Edward resta une heure avec moi, juste le temps de me forcer à avaler quelque chose et à prendre des nouvelles de la compagnie et du travail que j'avais dû effectuer.
Il me fit promettre de ne pas trop forcer et de l'appeler aux moindres problèmes. Je n'étais pas certaine de respecter ma parole mais il parut soulagé par ce que je lui disais.
Il était 16 heures quand je quittais la compagnie et que je me rendis à l'hôpital. Les exercices s'enchainèrent et je ressortis éreintée par ma journée. Nous avions mis au point un planning avec Carlisle afin que je puisse continuer ma rééducation malgré la reprise du travail.
Alec me conduisit ensuite chez le docteur Uley qui m'attendait.
Cette fois-ci nous parlâmes plus de ma relation avec Edward et de celle que j'entretenais avec Dimitri. Toujours peu loquace sur mon passé, je préférais parler de mon présent et de ce que je mettais en place pour reprendre le cours de ma vie.
Bien entendu, je dus avouer mon retour à la compagnie et pas plus qu'Edward et Carlisle, elle ne fut ravie de ma décision.
Elle me fit avouer ce que j'avais ressenti durant toute la journée et ce que je prévoyais maintenant.
L'échéance du lendemain concernant l'ouverture du testament d'Aro était une sorte d'épée au-dessus de ma tête. Me confier à elle s'avérait plus simple que lors des premières séances. Le médecin était toujours une étrangère à mes yeux mais je ne la voyais plus vraiment comme une ennemie. Elle m'écoutait, ne me forçais pas à parler si je n'en avais pas envie, ne me faisait jamais allongée à la manière d'une malade. Elle était à l'écoute de mes paroles et ne se montrait pas exagérément curieuse. J'étais à l'aise avec elle.
Bien entendu, elle avait compris à quel point ma condition était dure à porter pour moi. Ce fauteuil, mes faiblesses et mon corps ravagé étaient autant de point qui pesaient lourds. Je lui avouais presque spontanément ma nouvelle intimité avec Edward. Le sujet étant venu naturellement dans la conversation, je ne m'étais même pas rendue compte que je venais de lui parler de mes relations avec lui.
Elle se contenta d'axer la conversation sur mes émotions et sur mes sentiments profonds. Elle m'adressa un sourire quand je lui avouais que cela avait été naturel et qu'à aucun moment je n'avais été forcée à quoi que ce soit.
J'étais à l'aise avec ça. Edward ne me jugeait pas, il comprenait. Et j'avais confiance en lui.
Notre échange dura plus d'une heure, si bien qu'il était plus de 19 heures quand je sortis du cabinet.
Elle avait fixé un nouveau rendez-vous le lendemain. Je la soupçonnais de vouloir analyser mes réactions après l'ouverture du testament d'Aro.
Je rentrais chez moi un peu avant 20 heures alors que les filles étaient déjà douchées et prenaient leurs repas.
Je m'installais avec elles et elles se mirent à parler de leurs journées ainsi que de leur travail à l'école. Je les couchais chacune à leur tour avant de me retrouver avec Kiara dans le salon. Edward avait appelé avant le couché des filles pour pouvoir leur parler. Il avait un rendez-vous tôt le lendemain, il ne pouvait donc pas venir ce soir.
- Combien de temps va-t-il te falloir pour lui demander de venir habiter avec nous ? Me demanda ma fille les sourcils froncés en s'installant sur le canapé.
Edward habitait avec nous ?
Je n'avais pas vraiment réfléchi à l'idée de partager le même toit que lui alors que cela était logique étant donné la situation. Je ne voulais plus le quitter, le savoir loin me faisait mal sans compter les filles qui le réclamaient quasi tout le temps.
Mais cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vécu avec quelqu'un. Etais-je prête à partager une telle intimité au quotidien ? Même si il s'agissait d'Edward ?
- Qu'il vienne habiter ici ? Chuchotai-je séduite à cette idée malgré tout.
Kiara éclata de rire et posa sa tête sur mon épaule.
- Maman … Nous le voulons toutes les quatre … et papa aussi crois-moi …
Je m'écartais pour lire l'expression du visage de ma fille.
- Edward veut habiter avec nous ? Il te l'a dit ?
Je restais incrédule devant ses paroles. Ce n'était pourtant pas une surprise du moins, je n'aurais pas dû en être étonnée. Et pourtant.
- Mais maman enfin ? Tu crois que ça l'enchante de rester seul chez lui ? Il n'a pas besoin de le dire pour que je sache que si tu lui demandes, il ramènera ses affaires dans la minute qui suit !
Ses yeux pétillaient de malice alors qu'elle croisait les mains sur sa poitrine. Pour échapper à ce regard un peu trop perçant, je me détournais de Kiara.
J'entendis le rire de ma fille mais je préférais l'ignorer. Hors de question que je lui réponde alors que j'étais encore entrain de réfléchir à la possibilité de partager mon espace avec quelqu'un.
- Et ta journée ? Tu n'en as presque pas parlé …
J'haussais les épaules et me concentrais sur l'écran de télévision éteint en face de moi.
Après cet échange, j'attrapais la télécommande et pressais le bouton. La lumière jaillit et illumina doucement l'environnement.
Je ne tenais pas vraiment à discuter de ça avec Kiara. Je lui répondis donc par un haussement d'épaule et répétais que tout s'était bien passé. Tout allait bien.
Enfin je l'espérais.
Je ne parlais pas du testament d'Aro non plus. Je ne tenais pas à y penser pour le moment.
Je me couchais relativement tard, bien après que ma fille soit montée. Bien entendu comme je m'y attendais, je ne dormis que quelques heures et je me réveillais sous le coup d'un violent cauchemar dont les images étaient bien trop vives dans mon esprit en alerte.
Il était quatre heures du matin quand je me levais pour prendre ma douche. Je me préparais de manière mécanique et échouais dans la cuisine ou je m'occupais du déjeuner des filles afin de faire passer le temps plus vite.
Comme la veille, je ne pris la direction de la compagnie qu'au moment où les filles partirent pour l'école. Arrivée dans mon bureau, je saluais Jacob qui grimaça en relevant la tête vers moi exactement de la même manière que Kiara l'avait fait.
Le spectacle que j'offrais devait être encore pire que je ne le pensais. Je commençais sérieusement à ressentir les effets du manque de sommeil et des émotions violentes qui me traversaient ses dernières semaines.
Marcus me rejoignit seulement dix minutes après mon arrivée et repartit une heure plus tard. Il passerait me chercher pour que nous nous rendions chez le notaire.
Je reçus un appel d'Edward mais celui-ci ne dura guère de temps. Il enchainait les réunions et n'avait pas conséquent pas beaucoup de temps. J'en conçus une profonde douleur mais cela ne transperça pas dans ma voix calme et assurée. Il ne parut pas plus inquiété. Du moins je le pensais. Je ne lui parlais pas non plus du rendez-vous chez le notaire.
Je pris conscience de mon état second quand Jacob agita sa main devant mes yeux pour me faire réagir.
- Je suis distraite … excusez-moi …
Mon assistant me sourit gentiment mais ne fit aucune remarque ce que je lui fus grée. Je n'avais pas besoin que l'on rajoute une couche sur ce que je savais déjà.
Cette matinée fut tout sauf productive bien entendu. Mon esprit était trop préoccupé pour arriver à quoi que ce soit.
Je n'avais lu qu'un seul dossier quand Marcus vint me chercher. Et encore je ne me souvenais guère des mots étalés sur le papier blanc devant moi.
Il nous fallut trente minutes pour atteindre le bureau du notaire. L'endroit ressemblait à n'importe quel bureau du même type. Je ne portais aucun jugement sur l'homme que nous allions rencontrés. La compagnie, ou plus particulièrement Aro et Marcus, travaillaient avec lui depuis des années. Il devait avoir la soixantaine et s'occupait à l'occasion de quelques dossiers pour nous.
Je fus la première à entrer dans le bureau suivit par Marcus qui s'installa sur une des chaises, visiblement excessivement chère, derrière le meuble de bois massif. Tout dans cet endroit respiré le luxe et la réussite de son propriétaire.
Une fois les salutations d'usages établies, le silence s'installa et je me crispais quand il ouvrit un dossier et souleva une grosse enveloppe en papier blanc. J'échangeais un regard avec Marcus apparemment encore plus déchiré que moi.
Deux. Nous ne serions plus que deux à prendre les décisions désormais.
Le notaire se racla la gorge et je reportais mon attention sur lui alors qu'il décachetait l'enveloppe. Il sortit des documents et nous adressa un regard à chacun.
Je pris une profonde inspiration et me concentrais sur le notaire.
« Je soussignais Aro Philips, née le 8 juillet 1968 à Atlanta, atteste sur l'honneur que ceci est mon testament. Il révoque tout autre document établit auparavant.
Le présent document indique mes dernières volontés quant à l'avenir de mes biens et de mes possessions éventuelles après ma mort.
Je nomme mon frère Marcus Philips comme exécuteur testamentaire de mes dernières volontés. Je lui lègue l'intégralité de mes propriétés aux Etats-Unis ainsi que tous les biens éventuelles se trouvant à l'intérieur. Il disposera également de ma part sur la maison familiale.
Je lègue à ma nièce Renata Philips Treffen, ma maison d'Aspen ainsi que mes parts dans « Rien que des délices », sa société.
Je lègue également à Kiara, Charlotte et Elisabeth Voltury, mes parts dans la fondation Voltury ayant appartenu à leur défunt père. J'ajoute également leurs noms dans le partage de mes biens financiers. Elles bénéficieront à parts égales de ces sommes dès leurs majorités à 18 ans.
Enfin je lègue à ma chère Isabella Voltury, le manoir « Squart Garden » ainsi que l'intégralité de mes parts acquises dans les associations que je finance à New-York, le reste reviendra à mon frère.
En ce qui concerne « Voltury Compagny », mes actions seront transférées à mon frère Marcus dont je le laisse avec Isabella les uniques propriétaires.
Fait à New-York, ce 20 décembre 2016 ».
Je restais un moment interdite. Un manoir ?
Je n'avais jamais entendu parler de ça. Depuis quand Aro était-il propriétaire d'un tel endroit ? Je restais également sans voix quant à la date de rédaction du document. Il n'avait même pas six mois. La modification était-il dû à ce fameux manoir dont je n'avais jamais eu connaissance. Certes Aro ne se confiait pas à moi à chaque achat ni décision importante prise dans sa vie, il conservait un jardin secret mais j'aimais à penser qu'il m'aurait parlé de l'acquisition d'un manoir.
D'ailleurs qui à part un milliardaire pouvait effectuer une dépense aussi faramineuse ?
Il avait également mis mes filles dans son testament. Il ne m'en avait pas parlé non plus.
Je regardais Marcus qui me fixait impénétrable. Etait-il au courant des volontés de son frère ? Les deux frères étaient trop complices, trop proches pour qu'Aro ait gardé ses intentions pour lui.
A partir de ce moment, le rendez-vous chez le notaire se passa dans une sorte de brume qui me rendait totalement inconsciente du monde extérieur. Mon cerveau était en ébullition. J'avais besoin de comprendre pourquoi il m'ait légué un manoir et ses parts dans les associations.
Moi-même je faisais des dons généreux tous les ans pour aider les enfants issus de milieu défavorisé et je participais au financement de la construction d'école et de centre médicaux dans tous les pays du Tiers Monde. Je donnais également de l'argent pour notre environnement afin d'aider à la préservation de notre planète notamment en luttant contre la déforestation et la dégradation de la Terre.
Je donnais aussi beaucoup aux associations aidant les enfants malades ou celle qui lutter pour trouver des traitements pour des maladies tel la myopathie ou encore la mucoviscidose et tant d'autre chose que j'oubliais encore.
L'argent n'était pas un problème et je tenais à apporter ma contribution dans ses causes nobles et qui me tenaient à cœur. Pourtant les soirées caritatives, les associations et la lutte aux côtés de personnes dévouées à ces différentes causes ne m'avait jamais paru nécessaire.
Aro et Marcus en revanche étaient des hommes engagés. Je l'avais toujours su.
Alors pourquoi me donner ses parts à moi et non à son frère ?
Je ne repris conscience du monde qui m'entourait que quand le notaire me tendit un document.
Je l'attrapais dans un état second et posais mes yeux dessus.
Je restais un moment interdite sur ce que j'étais entrain de lire. Sans que je ne m'en aperçoive, les larmes montèrent et l'eau brouilla ma vue. Je passais rapidement ma main pour tenter de continuer ma lecture.
Je sentis la main de Marcus sur la mienne et je plongeais mes prunelles mouillées dans les siennes.
- Pourquoi ? Chuchotai-je sans pouvoir m'en empêcher.
La seule question vraiment importante. Pourquoi ne m'avait-il jamais parlé de ça ?
Je ne le savais pas. Avant sa mort, Aro finançait des associations venant en aide aux enfants issus de foyers afin de financer leurs études et leurs vies après leurs 18 ans, à ceux qui tombaient dans la délinquance et dans la drogue et surtout il avait subventionné des achats de jouets de meubles, ou de tout ce qu'un enfant avait besoin pour s'épanouir le mieux possible, ce que j'aurais aimé avoir en étant enfant.
Je restais bouche bée devant un tel acte de générosité. En sortant du bureau du notaire, je restais muette durant tout le trajet qui nous ramena à la compagnie.
Marcus poussait mon fauteuil sans un mot. Je m'attendais presque à ce qu'il me laisse une fois arrivés à notre étage mais pourtant il m'accompagna jusqu'à mon bureau et après avoir salué Jacob, referma la porte sur nous.
- Pourquoi ne m'a-t-il jamais parlé de tout ça ? Attaquais-je sans attendre.
Marcus haussa les épaules et s'approcha de la fenêtre.
- Sans doute parce que nous ne voulions pas que vous vous sentiez inférieure ou diminuée par rapport à ça …
Je fronçais les sourcils. Comment aurais-je pu me sentir inférieure alors qu'un tel acte de générosité m'était clairement destiné ? Je n'étais pas fière au point de ne pas voir dans ces actes le profond attachement de mes associés.
- Et ce manoir ?
Marcus tiqua et je vis parfaitement la grimace fugace qui déforma ses traits avant qu'il ne recouvre la maitrise de lui-même. Combien de choses les frères Philips m'avaient-ils cachés sous prétexte que je n'étais pas prête à les entendre ? Vivais-je à ce point dans une bulle pour ne m'être aperçue de rien ?
- Un cadeau … nous l'avons acheté l'été dernier … quand nous avons découvert la profondeur de douleur que votre passé avez provoqué en vous …
- Je ne comprends pas …
En quoi un manoir pouvait-il réparé ça ?
Marcus se retourna vers moi et me fixa droit dans les yeux. Je vis sa poitrine se soulever. Il prenait une profonde inspiration comme pour se donner du courage.
- Aro et moi avions le projet de monter un foyer pour enfants dans ce manoir … nous voulions aider les enfants comme personne ne vous avez aidés … Nous voulions offrir un véritable foyer à ces jeunes … un endroit avec du personnel choisi, une chambre pour chacun, un endroit chaleureux afin d'atténuer au mieux la souffrance de vivre sans leurs parents … et sans familles …
« Aro voulez-vous nommer directrice … il était persuadé que ce projet pouvez-vous aider … à tourner la page … et à aider comme personne ne l'a fait quand vous étiez jeune …
Et vivre au quotidien ce que j'avais toujours fui ?
Un éclat de terreur pur éclata en moi. Je ne voulais pas être confrontée à des enfants qui portaient la même souffrance que moi. Je ne voulais pas leur montrer qu'on ne sortait jamais totalement du foyer, que j'avais été marquée à vie par ce que j'avais vécue. Comment pouvais-je les aider alors que je n'arrivais pas m'aider moi-même ? A aider mes propres enfants ?
Je voulais hurler que je n'étais pas prête que je ne pouvais pas faire ça. Comment insuffler de l'espoir alors que mon propre avenir me semblait sombre pour le moment ?
Directrice d'un foyer … aider les enfants comme personne ne m'avait jamais aidé …
- Isabella …
- Je ne peux pas … je …
Il s'approcha vivement de moi et s'accroupit afin de se trouver à ma hauteur.
- Isabella … Bella … il s'agissait du projet d'Aro. Vous savez à quel point il pouvait se montrer buter et autoritaire … vous n'êtes obligée de rien … vous pouvez très bien vendre ce manoir … vous pouvez en faire ce que vous voulez …
Je me mis à trembler au moment où mon associé me prit les mains.
- Vous devriez rentrer Isabella …
Je secouai la tête. J'avais besoin de me vider la tête et quoi de mieux que le travail pour cela.
Marcus fronça les sourcils mais ne fit aucun commentaire. Il finit par quitter la pièce et je me retrouvais seule. J'aurais voulu m'autoriser quelques larmes et un instant d'abattement pourtant je ne le fis pas. Si je commençais à me laisser aller alors je ne pourrais sans doute plus m'arrêter.
Quand l'heure de mon rendez-vous chez le docteur Uley sonna, je fus presque heureuse de m'y rendre. J'avais vraiment besoin de lui parler.
Quand elle me vit arriver dans son cabinet, mon expression dut être assez parlante car elle fronça les sourcils et me fit entrer sans un mot.
- Aro … il m'a légué un manoir … il voulait fonder un foyer pour les enfants … et il voulait me nommer directrice ...
- C'est une cause plutôt noble …
Je secouai la tête.
- Je ne peux pas ... je me suis battue pour sortir du foyer, je refuse d'y retourner, m'exclamai-je pleine de rage.
Le docteur Uley ne parut pas surprise par mon éclat de rage et s'installa sur le fauteuil juste en face du mien.
- Pourquoi dîtes-vous que vous y retournerez ?
J'ouvris la bouche avant de la refermer. Oui pourquoi y retournerai-je ? Pourquoi était-ce le premier sentiment qui m'avait traversé l'esprit quand Marcus avait parlé du projet d'Aro ?
Je secouai la tête, perdue soudain, par ce que venait de sous-entendre le docteur.
- Pourquoi Madame Voltury ?
J'eus soudain des difficultés à respirer et je fermais les yeux afin de pouvoir me contrôler.
- Madame Voltury … pourquoi avez-vous l'impression d'être toujours dans ce foyer ? Pourquoi n'en sortez-vous pas ?
Toujours à bout de souffle, je me couvris le visage des deux mains. Pourquoi ce fichu médecin insistait-elle de cette manière ? Je ne voulais pas répondre à sa question, je ne voulais pas analyser ma fichue réaction.
Le silence de la pièce était assourdissant. Il était comme une troisième personne omniprésente et dérangeante autour de moi.
- Non non …
- Madame Voltury …
- NON ! Arrêtez !
- Il faut que vous en parliez … il le faut … Isabella …
Je secouai la tête vivement et mes larmes se mirent à couler le long de mes joues.
C'était bien la première fois qu'elle me forçait à me confier, qu'elle me poussait afin de me libérer.
Son visage avait une expression de détermination sur les traits. Elle voulait que je lui réponde.
Je baissais la tête, mes larmes coulèrent le long de mes joues et tombèrent sur mes mains.
- Je ne suis jamais sortie de là-bas … jamais … j'avais 5 ans … seulement 5 petites années … avec mon frère et ma sœur, nous nous sommes retrouvés dans un foyer après la mort de nos parents et je n'y suis jamais sortie ! Mon frère s'est fait assassiné brutalement … puis ma sœur … et je me suis retrouvée toute seule. Vous savez ce que seule veux-dire ?
« Je ne pouvais compter que sur moi. Je veux dire … ça a toujours été le cas mais là je n'avais vraiment que moi. Seulement moi et ma fille … j'ai passé 13 ans dans cet enfer … et j'en suis partie des que j'ai pu … à la sueur de mon front, je me suis enfuie sans regarder une seule fois en arrière … et maintenant je suis milliardaire …
« Je n'aurais plus jamais de problème d'argent, mes enfants ne connaitront pas la faim … j'ai une famille … je ne suis plus seule … mais je peux tout perdre … un jour je peux me réveiller et ne plus rien avoir. Etre de nouveau seule au monde. Je me bats … je me bats tous les jours, à chaque minutes à chaque secondes pour pouvoir oublier et passer à autre chose … je veux m'en sortir … et je vais y arriver … il le faut …
« Je veux oublier tout ça … ou du moins laisser ça dans un coin de mon cerveau et avancer. Et je ne le pourrais pas en étant confrontée à mon enfance tout le temps … tous les jours …
A bout de force, la respiration allaitante, je courbais l'échine et hoquetais pour tenter de ne pas craquer complétement. Je sentais le docteur près de moi mais je la remerciais grandement pour sa discrétion. Peut-être avais-je besoin de verser ses larmes pour me libérer complétement ?
- Qu'est-ce que vous ressentez à cet instant ? Me lança-t-elle au bout d'un moment alors que mes sanglots s'atténuaient.
Je fronçais les sourcils en entendant sa question mais j'hochais tout de même la tête afin de lui faire comprendre que je l'écoutais.
Que ressentais-je à cet instant ?
- De la peur … je suis tétanisée …
C'était une évidence quand on posait les yeux sur moi. J'avais l'impression d'être totalement transparente face au médecin. Pourtant ne trahissant aucune émotion, elle me regardait gentiment sans pitié, sans faux semblant. Elle voulait juste comprendre et m'aider au mieux.
- Une profonde douleur de ne rien pouvoir faire pour mes enfants … pour Edward ou pour moi … il y a des milliards sur mon compte et pourtant je suis incapable d'aller mieux. Certain dirait que je n'ai absolument aucune raison de ne pas aller bien, que j'ai tout pour être heureuse … d'ailleurs je pensais exactement pareil plus jeune. Je me disais que le jour où je serais riche les choses seraient différentes … je l'espérais … mais l'argent ne m'a servi à rien … je souffre toujours … j'ai toujours mal …
« De la colère aussi … contre le monde, l'injustice … les gens qui partent trop tôt … et contre Aro … parce que lui aussi il est partit exactement comme Dimitri, comme ma famille… mais il m'a laissé ce manoir …
- Vous êtes en plein deuil … il n'y a rien d'étrange dans ce que vous ressentez … ce n'est pas seulement votre associé que vous pleurez … mais aussi votre famille … votre mari … toutes les personnes que vous avez perdues au fils des années.
J'hochais la tête et pris une profonde inspiration en me passant la main sur le visage pour faire disparaitre l'eau sur mes joues.
- Et la culpabilité ça fait partie du deuil aussi ?
Elle esquissa un sourire sans joie et secoua la tête pour acquiescer.
- Coupable d'exister, de vivre alors que eux sont morts, oui ça fait partie du deuil, affirma-t-elle doucement.
- Pourquoi ai-je l'impression de reculer plus que d'avancer ?
- Parce que vous voulez aller trop vite … après ce que vous avez vécu vous ne pouvez pas vous attendre à régler tous vos problèmes en un claquement de doigts … ce n'est pas possible …
Je savais qu'elle avait raison mais pourtant j'avais du mal à l'accepter.
- Ecoutez Madame Voltury … quand vous êtes venues ici la première fois … vous l'avez fait en toute connaissance de cause. Personne ne vous a forcé. Vous saviez que vous aviez besoin d'aide.
- Et vous aussi ?
Elle hocha la tête et de nouveau elle m'adressa un sourire sans joie.
- Sans compter que vous ne m'avez pas tout dit n'est-ce pas ?
Bien entendu elle avait visé juste et je me sentis un peu coupable de ne pas être encore tout à fait honnête avec elle. Mais la maternité de Tanya avait été caché si longtemps qu'en parler était particulièrement compliquée.
Bien entendu je doutais que le docteur Uley en parle –elle était tenue au secret professionnel après tout – mais je ne voulais pas discuter de ça. Pas encore.
- Vous voulez partir ? Me demanda-t-elle après plusieurs minutes de silence.
A mon grand étonnement –le sien aussi j'en étais sûre- je ne répondis pas tout de suite. En fait je réfléchissais à ce qui venait de me traverser l'esprit.
Un autre sujet totalement différent de ce que nous venions d'évoquer mais qui me paraissait tout aussi important que le précédent.
Je poussais un profond soupir en me demandant si le docteur Denali pouvait m'apporter la réponse dont j'avais besoin.
- Vous pouvez parler librement vous savez … je suis là pour vous écouter …
Elle était bienveillante et surtout à l'écoute de mes émotions. Cette femme était vraiment douée dans son métier. Elle savait ce qu'elle faisait. J'appréciais vraiment sa façon d'être.
- J'ai eu une conversation avec ma fille hier … sur Edward … et sur une possibilité qu'il vienne habiter avec nous …
Le hoquet qu'elle poussa me fit relever la tête et je tombais sur son sourire plus franc qu'auparavant, joyeux cette fois.
- Vous savez ce que je vais vous dire ou plutôt vous demander ?
- J'en ai une vague idée …
Je détournais les yeux un peu gênée. Je la sentis se lever et se diriger vers son bureau pour prendre une feuille blanche.
Elle revint près de moi et me tendis le tout sans un mot.
Hésitante et totalement perplexe, j'attrapais le papier et attendis qu'elle précise sa pensée. Qu'attendait-elle de moi au juste ?
- Vous allez noter sur ce papier tous les points négatifs que vous trouverez et qui s'oppose à l'idée …
- Seulement les négatifs ?
Elle hocha la tête et se releva à nouveau.
- Il est tard … je suis certaine que vos enfants doivent vous attendre …
Elle avait raison. Je saluai donc le docteur encore un peu sonnée par ce qu'elle m'avait demandé de faire. Nous fixâmes un nouveau rendez-vous le jeudi suivant après ma séance de rééducation avec Carlisle.
Quand je rentrais chez moi, le soleil était couché depuis quelques instants. Charlotte et Lise étaient en plein repas avec la gouvernante qui s'occupait d'elle quand Kiara ne le pouvait pas.
Mon aînée avait appelé alors que j'étais dans la voiture. Elle avait décidé de rester dormir chez sa tante Alice qu'elle avait croisée en rentrant de l'école. Elle voulait passer une soirée avec elle. Je lui souhaitais donc une bonne nuit avant de rejoindre mes deux cadettes.
Je saluai Mme Cope et cette dernière s'éclipsa pour rejoindre sa propre maison. Je m'installais avec mes enfants et attrapais une assiette.
- Maman ... il est ou Edward ? Me demanda Lise alors que je la bordais quelques instants plus tard.
- Chez lui … pourquoi ?
J'avais le droit à cette question quasiment tous les soirs.
Elle haussa les épaules et attrapa son doudou qu'elle serra contre elle. Je lui adressais un tendre sourire quand elle porta son pouce à sa bouche. C'était une manie qu'elle avait repris depuis quelque temps. Elle avait cessé de le sucer depuis déjà plusieurs mois pourtant. J'aurais aimé lui dire d'arrêter après tout elle avait presque 5 ans.
Mais je me disais qu'elle ne faisait de mal à personne et si elle avait besoin de ça pour se rassurer je ne pouvais décemment pas la gronder.
Je passais ma main dans ses cheveux et lui sourit tendrement.
- J'aimerais bien qu'il me fasse un bisou lui aussi …
- Tu l'aimes bien Edward, n'est-ce pas …
Elle se mit à rire un peu gênée apparemment.
- J'aime bien quand il est là … tu souris … et moi j'aime quand tu es contente …
Emue, j'embrassais ma fille sur le front et frottais mon nez contre le sien.
- Et je l'aime beaucoup … il était là tout le temps quand toi tu étais malade … et j'adore papy Ca'lisle et mamie Esmée … et tata Alice et tonton Memett, tonton Jasper et tata Rosalie … et c'est génial de jouer avec Seth et Jade … bon Lena elle pleure souvent mais c'est pas grave je l'aime bien quand même.
- Lise …
L'attachement pour mes filles à la famille Cullen était frappant et j'étais certaine que c'était réciproque. Edward était totalement accepté et aimé, si je prenais la décision de lui demander de venir habiter avec nous, les filles seraient ravies. Toutes les trois.
- J'aimerais bien que ce soit mon nouveau papa …, chuchota-t-elle si bas que je me demandais si je n'avais pas inventé ses mots.
Incrédule, je restais un moment sans voix, les sourcils froncés et le cœur serré. Je n'arrivais pas à déterminer si j'en étais heureuse ou si au contraire j'étais au trente-sixième dessous.
- Lise …, soufflai-je mal à l'aise et surtout incertaine sur ce que je devais lui répondre.
- Je ne veux pas que tu sois triste maman. Je voulais juste te demander si tu serais d'accord … pour que je lui demande …
Elle avait les larmes aux yeux et triturait ses mains, vraiment gênée. Apparemment ma réaction lui semblait primordiale avant de faire quoi que ce soit.
Devant la mimique de ma fille, je me rendis compte que j'avais les mêmes aspirations qu'elle. Je voulais qu'Edward entre officiellement dans notre famille. Je voulais qu'il devienne le père de substitution de Lise et de Charlotte de la même façon qu'il était le père biologique de Kiara.
- Pourquoi voudrais-tu que je sois triste ?
Elle haussa les épaules et se redressa pour venir se coller à moi quémandant un câlin. J'enroulais mes bras autour de son petit corps et la serrais contre moi enfouissant mon visage dans ses cheveux soyeux.
- Parce que … je ne veux pas que tu penses que je ne t'aime plus …
- Oh mon ange … je sais que tu m'aimes … je ne suis absolument pas triste que tu aimes Edward … je suis contente au contraire …
- Je sais que ce n'est pas mon vrai papa … c'est celui de Kiara … mais mon vrai papa il est au ciel … et Edward il est ici … peut-être qu'il pourrait devenir mon papa de mon cœur …
- Pourquoi tu ne lui demandes pas ?
J'avais pris mon ton le plus doux afin de la rassurer du mieux que je le pouvais. Je ne voulais en aucun cas la braquer ou lui faire de la peine.
Elle haussa les épaules et s'écarta pour me regarder bien en face. Ses merveilleux yeux gris de la même teinte que ceux de son père, me fixaient intensément.
Je me souvenais comme si c'était hier du jour où je m'étais rendu compte de ma grossesse. Elle était mon miracle. L'espoir qui avait gonflé mon cœur après la mort de mon mari.
- Je veux d'abord te demander à toi si tu es d'accord … et à Kiara aussi …
Du haut de ces presque 5 ans-son anniversaire étant dans deux semaines seulement- elle était déterminée dans ce qu'elle voulait.
J'étais véritablement touchée par l'attention qu'elle nous portait autant à sa sœur qu'à moi.
- Je suis d'accord mon bébé … si tu aimes Edward et que tu veux lui demander d'être ton papa … alors suis ton cœur …
- Merci maman …
Elle enroula ses petits bras autour de mon cou et me serra contre elle.
- Allez jeune fille … au lit … il est tard …
Elle m'adressa un sourire et m'embrassa chaleureusement sur la joue avant de se glisser de nouveau dans ses draps.
Je la berçais quelques instants en fredonnant avant de quitter la pièce quand je la sentis s'endormir.
Je me dirigeais vers la chambre de Charlotte qui était en pleine lecture d'un livre sur Barbie. Elle m'adressa un sourire immense quand elle m'aperçut et referma son ouvrage.
Je m'installais près d'elle et la serrais contre moi.
- Tu as mis longtemps avec Lise … elle t'a parlé d'Edward ? Me demanda ma fille la tête inclinée, curieuse.
- Oui …
Elle hocha la tête et parut détailler mon expression comme pour jauger de l'impact de la demande de sa sœur sur moi.
Je savais combien mes deux enfants étaient proches. Il n'était donc pas étonnant que Charlotte soit au courant de la requête de sa petite sœur.
- Tu en penses quoi toi ?
- Je voudrais la même chose qu'elle …, aussi gênée que sa sœur quelques minutes plus tôt.
Je lui adressais un sourire rassurant alors que ma fille étouffa un bâillement.
Il était tard, Charlotte était vraiment fatiguée.
J'entrepris de lui fredonner quelques notes et il n'en fallut pas plus pour que ses paupières tombent et qu'elle s'endorme.
Je sortis doucement de la chambre et pris la direction de ma propre chambre.
J'étais consciente du silence qui régnait dans la maison.
Kiara n'était pas là, pas plus qu'Edward. Mes deux cadettes étaient endormies à l'étage.
Je ressentis ma solitude avec plus de vigueur encore que d'ordinaire.
Je m'enfermais dans ma chambre et me préparais ensuite pour la nuit.
Il n'était que 21h30 quand je me glissais dans les draps.
C'était le moment parfait pour réfléchir à tout ce qui s'était déroulé dans la journée.
PDV Edward (et oui le retour !)
Quand je relevais enfin la tête de mon dossier je m'aperçus qu'il était beaucoup trop tard pour appeler Bella.
Il était 23h30, elle devait sans aucun doute dormir depuis un bon moment déjà.
Je poussais un soupir de frustration en me rendant compte qu'une fois de plus il était trop tard dans la nuit pour que je la retrouve elle et les enfants. Cette situation commençait vraiment à me peser.
M'installant dans la Volvo, je pris la direction de mon appartement, désespérément vide et froid.
Vivre seul, dans cet appartement fonctionnel et à la pointe du design ne m'avait jamais dérangé. J'avais toujours trouvé le silence apaisant, la vue imprenable et surtout l'ambiance réconfortante. Mais depuis 3 semaines maintenant, ce n'était définitivement plus du tout le cas.
Je le détestais. Et je connaissais parfaitement la raison de ce sentiment.
Je voulais être avec Bella. Je voulais vivre avec elle et avec les enfants. Je voulais partager leur quotidien, être là le matin pour les voir partir à l'école, le soir pour les border, être là pour leurs devoirs, les jeux et pour toutes les activités que pourrait avoir une famille.
Les filles étaient restées avec moi durant trois mois, et maintenant j'étais désespérément seul. J'enchainais des journées de boulot interminables et j'avais l'impression de délaisser Bella et les enfants.
Je savais que je devais me trouver chanceux qu'elle m'ait pardonné, qu'elle m'aime et qu'elle et moi formions un couple pourtant ce n'était pas suffisamment. Ca ne le serait jamais avec elle.
Je voulais tout. La vie de famille, le mariage, les enfants.
Je voulais tous partager sans restriction aucune. Je voulais me réveiller avec elle et la calmer après ses cauchemars. Je voulais la serrer dans mes bras et ne plus jamais la lâcher. Au lieu de ça, je devais rester ici et attendre.
Que n'aurais-je pas donné pour qu'elle me demande de m'installer chez elle ?
C'était devenu une évidence pour moi depuis notre retour de la côte ouest mais pas pour elle visiblement. Et je ne pouvais décemment pas la forcer à m'accueillir chez elle. J'avais conscience que déjà le fait d'être ensemble représenté un miracle en soit.
Pourtant j'aurais aimé qu'elle ressente le même besoin que moi.
La relation que nous avions était plus profonde que jamais. Et je ne parlais pas seulement au niveau de notre vie sexuelle qui avait fait un grand retour entre nous. Je ne lui avouerais jamais mais pouvoir être avec elle de cette façon avait été une explosion des sens et surtout une joie indicible. J'aimais Bella de tout mon être par conséquent je la désirais également. Ne pas pouvoir la toucher de cette façon-là était une torture.
Pourtant j'aurais été prêt à attendre des années s'il l'avait fallu. Je refusais de la brusquer ou de l'obliger à se donner à moi alors qu'elle ne parvenait même pas à se déshabiller sans être dégoutée par elle-même.
Mais, elle m'avait surprise. Certes le moment avait été intense surtout quand j'avais pris conscience des marques qui striaient son corps pourtant je ne regrettais rien et elle non plus visiblement.
Peut-être que le travail avec le docteur Uley commençait à faire effet. Bella ne parlait que rarement de ses séances. Je respectais ces silences. Je savais qu'elle avait au moins deux rendez-vous par semaine, voire plus. Je ne pouvais m'empêcher de me sentir soulager qu'elle ait enfin pris la décision de se soigner.
Je savais par mon père que Bella était de plus en plus loquace et qu'elle avançait. Doucement certes, mais il y avait du progrès. J'étais vraiment fier d'elle.
Physiquement, là aussi les choses étaient lentes. D'après mon père, le fauteuil ne serait bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Bella passait de plus en plus de temps debout chaque jour. Des béquilles ou alors une canne devrait sans doute suffire d'ici quelques semaines. La disparition de cet engin allait être une joie pour elle. Les talons et le marathon de New-York étaient certes proscrits pour encore un bon moment mais au moins elle serait debout.
Le lendemain, il n'était que 6 heures quand je m'éveillais. Ma nuit comme souvent n'avait guère était reposante. Je sautais hors du lit et me préparais en vitesse avant de rejoindre le bureau à 7 heures.
Une nouvelle journée de travail, de nouvelles réunions.
Depuis l'intervention –encore une fois- de Bella et de la compagnie, les contrats étaient entrain de revenir. Doucement, mais la différence était tout de même marquante.
La situation auparavant n'était pas catastrophique mais la haute sphère m'était interdite. Maintenant ce n'était plus vraiment le cas. Deux gros contrats avaient déjà été signés et je savais qu'un autre ne devrait pas tarder.
Il était 8 heures quand je décrochais le combiné pour appeler Bella. Cette dernière me répondit après la troisième sonnerie.
- Bonjour mon amour, soufflai-je soulagé d'entendre sa douce voix.
- Bonjour …, chuchota-t-elle d'une voix à peine audible.
Je fronçais les sourcils et me demandait si elle allait aussi bien que le laisser supposer son ton.
Je sais que je pourrais tout simplement lui poser la question mais je me doutais que quoi qu'elle ressente vraiment, elle ne me dirait pas la vérité.
La seule façon que j'avais de détecter ses mensonges, c'était de la voir en face de moi et de lire directement ses émotions sur son visage.
- Tu viens d'arriver ? Lui demandai-je après un temps.
- Oui … j'ai attendu le départ des filles … Kiara était chez ta sœur hier soir alors … ce matin a été plus … mouvementé que d'ordinaire.
- Mouvementé ? Répétai-je en souriant. Est-ce que cela aurait un rapport avec cette chère Charlotte qui a bien du mal à trouver une tenue parfaite le matin ?
- Tu as été confrontée au problème ? Demanda-t-elle visiblement surprise.
- Quelques fois … cela arrive à chaque fois que Kiara n'est pas dans les parages pour la conseiller …
Bella laissa échapper un petit rire et j'en fis de même.
Visiblement Charlotte allait suivre l'exemple de son aîné en ce qui concernait les vêtements. Durant les mois ou les enfants étaient chez moi, j'avais rencontré le problème plus d'une fois. Quand Kiara n'était pas là pour la conseiller, cela pouvait s'avérer particulièrement long pour l'enfant de prendre une décision. L'avis de son aîné était le seul qu'elle acceptait de prendre en considération.
- Elle a grandi tellement vite …
Je sentis la pointe de regret dans la voix de Bella et je ne pus que compatir. Charlotte n'était plus un bébé, Lise non plus d'ailleurs. Elles avaient chacune leurs petites caractères, leurs petits défauts et leurs petites mimiques. Lise allait avoir cinq ans d'ici deux semaines et Charlotte neuf ans dans un peu plus d'un mois. Quant à Kiara elle fêterait ses 16 ans au mois de mai.
- Tu seras là ce soir ? Demanda soudain Bella, hésitante mais pleine d'espoir.
Je consultais mon agenda. Mon dernier rendez-vous était prévu à 19heures avec un nouveau client. La réunion ne devrait normalement pas prendre plus d'une heure. Si je parvenais à avancer suffisamment, je pourrais certainement partir vers 20 heures.
- Je pense … prépare moi une assiette je mangerais avec vous …
- Merci … je suis contente …
Ses quelques mots me réchauffèrent mais je n'eus pas le temps de lui répondre que quelqu'un tapa à la porte. Jessica pénétra dans la pièce et me regarda hésitante.
- Bella …je dois te laisser mon ange … à ce soir …
- A ce soir …
Je raccrochais et me concentrais sur ma secrétaire.
La journée s'écoula sans discontinue, si bien que je n'eus pas une seule minute à moi. A midi, je ne grignotais qu'un seul sandwich tout en travaillant.
A 19 heures mon dernier client entra dans mon bureau et cela ne se déroula pas comme prévu. Je dus appeler Bella à 20h30 pour lui dire de faire manger les filles, puis plus tard à 21h45 pour lui dire que je ne pourrais finalement pas venir.
Elle m'assura qu'elle comprenait mais je sentais au ton de sa voix que la situation lui pesait vraiment.
Le lendemain, un nouveau client plutôt exigeant me contraint à prendre l'avion pour pouvoir le rencontrer. Je n'eus aucune chance de voir les filles avant mon départ, elles étaient toutes à l'école.
Le déplacement dura trois jours. Cela me sembla une éternité.
Quand je finis par atterrir sur le tarmac à New-York, je ressentis un profond besoin de hurler. Après des mois à tourner au ralenti, ma société fonctionnait de nouveau à plein régime et je n'étais pas certain d'en être heureux.
Est-ce que cela était vraiment nécessaire ? Voulais-je continuer à travailler autant sachant que cela signifié me tenir éloigné de ma famille ?
Je pris un taxi et donnait l'adresse de mon appartement. J'allais déposer ma valise, prendre une douche rapide, préparer un sac et rejoindre de ce pas Bella et les filles.
J'avais vraiment besoin de les voir et de les serrer contre moi.
Nous étions samedi en plein heure de pointe, les rues étaient bondées et la circulation particulièrement difficile.
Poussant un soupir de frustration assez audible pour le chauffeur juste devant moi, j'attrapais le journal que j'avais acheté à l'aéroport et le dépliai. J'avais tellement été occupé que je n'avais pas pris le temps de lire les nouvelles de ces derniers jours.
Je restais un moment interdit devant le titre de la première page.
« Aro Philips lègue la Compagnie Voltury à son frère Marcus, Isabella et Marcus à la tête d'un empire »
Sous le choc, je m'empressais de me rendre en page 4 là, où se trouvait l'article relatant de cette succession dont je n'étais pas au courant.
Alors que je parcourais le document une profonde douleur s'empara de moi.
Mardi. Bella et Marcus avaient ouvert le testament 4 jours plus tôt et Bella ne m'en avait pas parlé. Elle n'avait même pas effleuré le sujet une seule fois. Rien.
Je savais à quel point c'était une étape qu'elle redoutait et elle ne m'en avait même pas informé. Sans savoir si j'en avais vraiment le droit, la colère monta et je dus me contenir pour ne pas l'appeler tout de suite et hurler après elle.
Comment voulait-elle que nous avancions si elle me tenait à l'écart de sa vie ?
Sous une impulsion que j'aurais mieux fait de réprimer mais que je suivis tout de même, je changeais la destination du chauffeur et décidais de me rendre directement chez Bella. Exactement comme le jour où elle avait décidé de revenir travailler à la compagnie sans rien dire, je n'étais rien de plus qu'un parasite. Pourquoi ne me disait-elle rien ?
Il me fallait des explications.
Le trajet dura plus d'une heure, si bien qu'il était déjà 17h30 quand je parvins devant la maison de ma compagne. Je sortis rapidement ma valise, payais généreusement le chauffeur qui me regardait d'un œil mauvais après le détour que je lui avais fait faire, et me dirigeais d'un pas décidé vers la porte.
Je toquais fortement et attendit que l'on daigne m'ouvrir.
Il y eut un bruit de verrou et Alec apparut. Il m'adressa un signe de tête et je pénétrais dans la maison sans demander son avis. Laissant ma valise dans l'entrée, je pris la direction du salon d'où me parvenait des voix.
Quand je passais les portes je marquais un temps d'arrêt en apercevant ma mère assise avec Charlotte et Lise sur le sofa en pleine partie de jeu de 7 familles.
- Maman ? Lançais-je vraiment surpris.
Esmée releva la tête et elle m'adressa un sourire qui se fana quand elle lut mon expression. La grimaça qu'elle arbora ensuite me fit comprendre qu'il fallait vraiment que je me calme.
Au son de ma voix, les deux enfants se redressèrent et laissèrent tomber leurs cartes pour se précipiter vers moi.
Oubliant momentanément ma colère, je me baissais vers elles et les serrer fortement contre moi.
- Edward ! Criaient-elles apparemment heureuse de me voir.
Les petits bras de Lise s'enroulèrent autour de mon cou une fois que j'eus serré Charlotte contre moi. Me relevant avec la fillette dans les bras, je l'embrassais sur le front et la garder contre moi alors que son aîné était collé contre mon flanc.
Ma mère s'approcha de moi et m'embrassa à son tour mais quand elle se recula je sentis les questions muettes qu'elle retenait.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
J'avais eu Bella le matin même au téléphone et elle ne m'avait pas parlé de ça. Volontairement ?
- Nous avons appelés Bella ce matin pour l'inviter à manger avec les filles étant donné que tu n'étais pas là … mais elle ne pouvait pas venir … elle avait un rendez-vous chez le docteur Uley alors je lui ai proposé de nous occuper des filles pendant sa séance. Elle est rentrée il y a 30 minutes. Elle est avec ton père à l'étage. Kiara est chez Rosalie et Emmett, elle ne devrait plus tarder maintenant. Mon chéri, tu vas bien ?
J'hochais la tête et me détournais pour me concentrer sur les filles.
- Maman elle est dans sa chambre avec papy … si tu veux on reste avec mamie pendant que tu vas les voir … proposa Charlotte en penchant sa tête sur le côté.
Le ton, par trop conspiratrice, de la fillette me fit froncer les sourcils mais je ne fis aucun commentaire et préférais lui renvoyer son sourire.
Je me demandais bien d'ailleurs, ce que faisait mon père avec Bella à l'étage.
Le bureau était situé au rez-de-chaussée spécifiquement pour éviter de faire monter qui que ce soit au premier et au deuxième.
Je déposais Lise après un rapide bisou sur sa joue et leur lançais un je reviens avant de prendre la direction de l'escalier.
Comme me l'avait dit Charlotte, je ne trouvais personne au premier étage et me rendis au second ou j'aperçus tout de suite la porte entrebâillée. Sans bruit, je m'approchais doucement et je perçus sans mal les éclats de voix.
- Je ne sais pas si j'en suis capable ..., murmurait Bella d'un ton ou je percevais sans mal la douleur.
Je m'apprêtais à signaler ma présence afin d'éviter d'être pris pour un voyeur, mais la réponse de mon père suspendu mon geste.
- C'est une grande responsabilité Bella … mais avez-vous réfléchi à ce que cela pourrait apporter à vous mais aussi aux enfants ?
Je fronçais les sourcils. De quoi mon père et ma compagne étaient-ils entrain de parler ?
Et pourquoi Bella semblait-elle aussi inquiète et terrifiée ? Quelque chose s'était-il passé dont je n'étais encore une fois pas au courant ?
- Je ne sais pas Carlisle … suis-je vraiment capable d'être confronté à ça tous les jours ? Vous savez avant et même après la … mort … d'Aro la seule chose que je voulais s'était réapprendre à vivre pour offrir un avenir à mes enfants … je me disais que je pourrais parfaitement faire semblant et agir comme je l'avais toujours fait …
« Mais votre fils … Edward était là. Sans lui je ne suis pas certaine que j'aurais survécu … même pour mes enfants … j'ai l'impression d'être une mère horrible mais je me disais que de toute façon Aro et Marcus n'auraient jamais laissé les filles seules. Ils auraient trouvés une bonne famille avec un papa et une maman. Des gens qui auraient été capable de les rendre heureuses. Je pensais qu'elles m'oublieraient vite et que de toute façon elles n'avaient pas besoin d'un boulet comme moi pour avancer.
« Mais la vérité c'est que … je veux vivre. Je l'ai toujours voulu. Edward m'a apporté l'espoir que j'avais perdu, cette étincelle de vie que je pensais à jamais morte ... au fil des années, j'ai beaucoup perdu, et cette dernière année alors que je me sentais à l'abri a été encore une épreuve de plus. Pourtant j'avance.
« La compagnie n'est plus ma vie, je passe du temps avec mes enfants et j'ai Edward. Certes je ne suis plus la même physiquement mais je me bats pour retrouver mes capacités et toute ma forme physique. Quand à mon état psychologique … ce n'est pas la joie mais j'avance également. Le docteur Uley est vraiment quelqu'un de bien. Je sens que nous allons passer de nombreuses années ensemble. Mais elle m'a dit quelque chose aujourd'hui que je n'arrive pas à me lever de la tête.
Bella fit une pose et je retins mon souffle dans l'expectative.
- Elle m'a dit que j'avais le droit de vivre … que j'avais le droit d'avancer et d'aller de l'avant. Elle m'a affirmé que je n'avais pas à me sentir coupable parce que moi j'étais vivante et que ma famille, mon mari et Aro étaient morts. La plus belle preuve d'amour que je puisse leur donner c'est d'avoir la vie qu'ils auraient tous voulu pour moi.
- Vous en avez le droit Bella. Vous n'êtes plus seule aujourd'hui. Vos filles sont là, et notre famille aussi. Elle peut devenir votre famille aussi. Si vous nous laissiez faire …
- Pourquoi … après tout ce que je vous ai fait subir …
Il y eut un bruit de tissu froissé et je me demandais si mon père s'était approché de Bella.
Je fronçais les sourcils face aux paroles de Bella. Cette histoire de prison et de procès étaient-ils encore dans son esprit ?
- Edward vous aime …et Kiara … je ne pourrais jamais vous être assez reconnaissant pour ce que vous avez fait … quand à Charlotte et Lise … Esmée et moi sommes vraiment heureux que vous nous laisser jouer le rôle de grands-parents pour elles. Nous les aimons comme nos petites filles vous savez …
« Et vous … si forte … et pourtant si fragile. L'amour que vous portez à vos enfants … à Edward … cela fait des années que nous nous demandons si notre fils finira ses jours seuls. Des années que nous espérons qu'il trouve sa moitié comme son frère et sa sœur. Sa solitude n'a jamais paru lui peser. Et pourtant … sa mère et moi en avons passés des nuits blanches à nous demander pourquoi il ne construisait pas sa propre famille, pourquoi il n'avait pas d'enfant. Vous lui avez donné une famille Bella. Vous nous avez donnés des petites filles à aimer … comment pourrions-nous vous en vouloir ? Vous ne pouvez pas vous rendre compte de ce que vous nous avez apporté …
- Vous êtes le père que j'aurais voulu avoir …
- Laissez nous vous aimer … laissez Edward entrer véritablement dans votre vie … et soyons une grande et heureuse famille. Tous ensembles.
- Oh Carlisle ! Merci … merci pour tout …
En proie à l'émotion moi aussi, je poussais le battant et me retrouvais face à une scène qui me serrait le cœur à la fois de joie profonde et de douleur.
Mon père et ma compagne étaient debout l'un devant l'autre au milieu de la pièce. Carlisle serrait ma femme contre lui dans une étreinte paternelle, une de celle que Bella n'avait jamais eue.
Une larme m'échappa et je fermais brièvement les yeux avant de les rouvrir. J'avais dû faire un bruit ou un mouvement quelconque puisque les deux se tournèrent vers moi.
Je plongeais d'abord dans les prunelles bleues de mon père qui était heureux que je sois là puis dans le chocolat profond de la femme de ma vie.
Le soulagement qu'elle parut ressentir, me gonfla le cœur alors qu'elle lâchait mon père et se précipitait vers moi pour enrouler ses bras autour de mon cou et me serrer contre elle avec force. Elle m'étreignit comme si sa vie en dépendait et j'en faisais de même. Aucun mot n'était prononcé mais nous étions conscients de l'émotion intense qui était la nôtre.
Je ne pris même pas conscience que mon père avait quitté la pièce mais j'entendis la porte se refermer doucement sur lui.
Bella s'écarta ensuite de moi et ses prunelles plongèrent dans les miennes. Des larmes envahirent ses magnifiques yeux mais elles ne coulèrent pourtant pas.
- Ne me quitte plus … je t'en prie … ne pars plus …, souffla-t-elle au bord de la panique.
Je restais un moment interdit face à cet aveu. Ne plus la quitter ? Je ne demandais que ça. Je la voulais près de moi pour le reste de ma vie.
C'était bien la première fois qu'elle avouait la teneur de ces émotions même à moi.
- Nous avons ouvert le testament d'Aro …, souffla-t-elle difficilement.
- Je sais …
Je repensais à la colère que j'avais ressenti de ne pas en avoir été informé avant. Là devant elle, tout c'était envolé. Elle me repoussa légèrement quand je l'attirais vers moi.
- Il m'a légué un manoir … il voulait en faire un foyer … que je dirigerais …
J'ouvris la bouche la refermais pas certain de ce que je pouvais dire.
- Je crois que je vais le faire … je veux aider les petites filles comme Carlie … comme moi …
Cette femme si forte, si fragile. Si parfaite. Pour moi.
- Epouse-moi …lançais-je sans vraiment réfléchir.
Le choc traversa ses yeux et elle me regarda ahurie par ma demande. Je la comprenais mais ces mots étaient tellement naturels à cet instant.
Je n'avais pas besoin de plus de temps pour savoir que je la voulais pour le reste de ma vie.
- Deviens Isabella Masen Voltury Cullen. Toi et moi contre le reste du monde.
J'enroulais mes doigts autour des siens et l'attirais contre moi pour la serrer aussi fort que je le pouvais.
J'aurais pu ajouter pleins de choses pour la décider mais elle savait déjà tout ce que je ressentais vis-à-vis d'elle mais aussi des enfants.
Le doute la traversa puis la terreur et finalement elle baissa la tête poussa un profond soupir et me fixa de nouveau une nouvelle détermination s'emparant d'elle.
- Oui.
J'écarquillais les yeux tout aussi choqué qu'elle par sa réponse. Je pensais qu'elle dirait non. Ou alors qu'elle n'était pas prête. Que nous allions devoir attendre.
Pourtant rien de tout ça. Elle venait de me dire oui. A moi.
- Installe-toi ici … pour toujours …, me demanda-t-elle au bout de quelques instants.
J'hochais la tête doucement les larmes moi aussi aux yeux.
Nous étions entrain de vivre le premier chapitre de la vie que nous allions construire ensemble. Notre nouvelle vie à cinq.
La porte s'ouvrit soudain sur Kiara, Charlotte et Lise. Leurs immenses sourires et leurs yeux lumineux me confirmèrent le fait qu'elles nous avaient entendues.
Lise et Charlotte se décrochèrent de leur aînée et s'approchèrent de nous. Les deux enfants se regardèrent puis jetèrent un coup d'œil vers Kiara qui parut les encourager d'un sourire et d'un hochement de tête.
Bella près de moi enroula ses bras autour de mon torse et je posais un des miens autour de ses épaules. Charlotte et Lise un peu stressée apparemment se prirent la main et s'avancèrent encore.
- Edward … Maman et Kiara ont dit oui …, commença Charlotte.
Je regardais ma future femme puis ma fille et me demandais ce pour quoi elles avaient données leur accord. Quand je reportais mon attention vers les fillettes, je compris. Mon cœur chavira littéralement et je me mis à trembler.
- On aimerait que tu deviennes notre papa … si tu es d'accord on voudrait être avec toi et maman pour toujours …
- Est-ce que tu veux bien ? Rajouta Lise de sa petite voix fluette.
Une émotion inédite encore me traversa et serrais Bella plus fort contre moi avant de tomber à genoux devant mes filles.
Mes filles ….
Leurs visages plein d'espoir et leurs confiances qu'elles m'accordaient à moi. Je tendis mes bras et les enfants se précipitèrent dedans. Me retenant de justesse d'éclater en sanglots, je les serrais chacune contre moi.
Mes enfants.
Je les embrassais sur le front puis sur les deux joues, conscient maintenant d'avoir une vraie famille à moi.
Des larmes m'échappèrent en regardant mes quatre femmes. Ma vie.
- Merci … papa …, murmura Lise en larmes elle aussi.
Ce mot si doux m'était adressé à moi.
Je me relevais avec Lise dans les bras, Charlotte contre moi.
Je regardais Kiara qui avait les joues humides elle aussi. Je levais mon bras libre vers elle et elle s'approcha.
Ma grande fille.
- Je t'aime papa, souffla-t-elle pour la première fois.
- Je t'aime aussi mon ange. Je vous aime toutes les trois.
Lise tendit les bras vers son aîné et je pus jetais un regard à Bella à quelques mètres de nous debout sur ses deux jambes. L'espoir qui brillait dans ses prunelles brûlantes me fit comprendre qu'elle acceptait de continuer. Elle s'engageait en tout état de cause dans notre nouvelle vie. Elle me confiait son cœur, sa vie ainsi que celle de nos enfants. Elle se mettait en danger pour que nous puissions avancer ensemble. Pour toujours.
Les choses n'étaient pas réglées, bien entendu.
Les problèmes étaient toujours là.
La compagnie, ma société, les deuils, la douleur.
Nous nous engagions dans une vie remplie, pleine de péripéties, peut-être des souffrances encore mais nous serions cinq.
Nous étions une famille. Nous étions les Voltury Cullen et rien ni personne ne pourrait plus jamais nous séparer.
Ensemble. Pour toujours.
Et voilà !^^
Bella et Edward vont véritablement commencer leur vie, entourés de leurs enfants ! Il me tarde de connaître vos avis comme à chaque fois.
Il reste bien entendu l'épilogue que je suis entrain d'écrire, mais je dois avouer que j'ai un peu de mal à mettre un point final à cette histoire ;)
Quoi qu'il en soit, merci une nouvelle fois d'avoir partagé avec moi tous ces chapitres et d'avoir pris le temps de commenter mes lignes chaque semaine.
Je vous souhaite une bonne semaine et à bientôt j'espère !
