Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : J'utilise les noms d'Harold et de Raiponce. J'adore « Hiccup » mais j'exècre « Rapunzel » à un tel point que la version française gagne haut la main.

J'utilise aussi le nom d'Harold Horrib'Haddoc, même si je préfère Horrendous. La raison apparaîtra vers le chapitre 3 (normalement).

Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Un grand merci à DeadlyFurry et à Lily Romane Fowl pour leurs reviews. Merci aussi au 44 autres personnes passées sur le chapitre 1 (C'est que vous avez trouvé le prologue intéressant).

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 2 : Chassé-croisé au Chemin de Traverse (part 2)

« - Harold ? HAROLD ? Où diable est encore passé ce gamin ? Je lui avais pourtant bien dit que l'on devait être au Chemin de Traverse pour 14h ! Avec ma chance, il est encore parti chasser le troll ou le ronflak cornu. HAROLD !

- J'arrive, j'arrive, cria le jeune garçon. Désolé du retard, Gueulfort avait besoin d'un coup de main. Je suis prêt ! On peut y aller.

- Tu as de la suie sur le visage. Va au moins te passer de l'eau sur le visage.

- Pourquoi ? On va utiliser la cheminée et je serai quand même couvert de suie en sortant de là. Tu n'auras qu'à me lancer un sort de nettoyage en arrivant.

- Je… Je…, commença Stoïk, sans trouver quoi répondre. Bref. Allons-y. »

Le viking roux, ou du moins l'un de leurs descendants, pris une pincée de poudre noire dans un petit bocal sur la cheminée et la lança dans le feu qui y ronflait. Sans hésiter, Harold se plaça dans le feu qui avait pris une teinte verte et énonça clairement :

« - Le Chemin de Traverse ».

La suite ne fut qu'un défilement d'images floues et d'échos de voix. Harold préféra fermer les yeux, de peur d'être malade. La poudre de cheminette n'était vraiment pas son moyen de transport préféré. Mais elle avait un avantage indéniable : le voyage était très court.

Et effet, à peine deux, trois minutes plus tard, le jeune garçon émergea dans la salle du célèbre pub, couvert de suie et de saletés diverses. Un autre inconvénient du voyage par cheminée. Il se dépêcha de s'éloigner de l'âtre, sachant que son père n'attendrait pas longtemps avant de prendre place dans la cheminée. Il avait eu une seule fois le malheur de rester trop près du feu et il n'était pas du tout tenté de recommencer l'expérience. Il lui avait fallu deux bonnes semaines pour se remettre de poids de Stoïk sur son pauvre corps.

En parlant du loup… Le géant arriva lui aussi dans le café, tout aussi sale que son fils. Il s'extirpa tant bien que mal de l'âtre, puis sorti sa baguette. D'un geste ample, il fit disparaître toute trace de saleté puis il se tourna vers la salle remplie de badauds.

« - Que dirais-tu de boire quelque chose avant d'y aller fils ? interrogea Stoik. Ils ont ici des boissons que l'on voit rarement près de chez nous.

- Si tu veux, Papa. De toute façon, rien ne peut être pire que le « Yackolack » d'Astrid.

- Ne me dis pas que tu as osé boire ça ?

- Je ne l'avais pas senti avant de le boire et je voulais lui faire plaisir.

- Je me souviens encore de l'horrible odeur de ce truc. Même les entrailles de dragon ne sentent pas aussi mauvais.

- Ouais, les entrailles de dragons… » marmonna Harold en allant se placer à une des tables.

Stoik soupira. Il avait encore tout gâché. Il avait rarement des moments de complicité avec Harold. Pas qu'il n'aime pas son fils ou inversement. Mais ils étaient tout simplement trop différents. Ils avaient bien quelques petits sujets sans importances comme l'horrible boisson qu'Astrid avait préparée pour Noël sur lesquels discuter. Mais dès que le mot « dragon » était lâché, Harold se refermait comme une huître. Et à Beurk, tout ou presque tournait autour des dragons.

Le géant roux ne savait pas trop quand cela avait commencé. Harold n'avait jamais été réellement semblable aux autres enfants du village. Il préférait lire, dessiner ou même aller se promener, plutôt que de jouer à la guerre ou à la chasse comme les autres de son âge. La différence s'était encore accentuée quand l'enfant avait vu de près son premier dragon. Il était resté figé. Stoik avait pensé un moment que c'était la peur. Mais c'était pire que cela. C'était la fascination qui l'avait statufié.

Bien sûr, tous les Tueurs avaient un certains respects pour les reptiles. Mais Harold allait plus loin. Il n'était pas loin de vouer un culte aux dragons. Ce qui n'avait en rien arrangé ses relations avec ses pairs.

Stoik cessa rapidement de cogiter et alla s'asseoir avec son fils, commandant un whisky Pur Feu pour lui et une bière-au-beurre sans alcool pour Harold.

Une demi-heure plus tard, les deux hommes étaient face à l'arcade du Chemin de Traverse. Harold devait admettre qu'il était assez impressionné, comme à chaque fois qu'il y mettait les pieds. Stoik pris la liste, puis balaya l'allée marchande des yeux, semblant décider de l'ordre à suivre pour les achats.

« - Bon. Je m'occupe des ingrédients de potions. Pendant ce temps, va déjà chez Fleury et Bott. Repère les livres dont tu as besoin et attends-moi là, compris ? Ensuite, on s'occupera du matériel et de ta baguette. On finira avec Mme Guipure. Ça te va ?

- Pas de problème.

- Bien. Dans ce cas, en route. Et ne va pas ailleurs qu'à la librairie, Harold, prévint Stoik.

- Je sais Papa. Je ne sais pas de quoi tu as peur, franchement.

- Je te connais, c'est ça qui me fait peur. »

Stoik regarda son fils s'éloigner. Il savait qu'Harold ne s'ennuierait pas en allant chez Fleury et Bott. Le gamin pouvait rester des heures à contempler des livres. Et ne pas l'avoir dans ses pattes lui permettrait de faire ses propres affaires avec l'apothicaire.

De son côté, Harold était plutôt mitigé. Il était heureux de pouvoir aller se perdre dans les rayons pleins à craquer de livres. Mais il savait très bien que son père voulait surtout l'éloigner. Histoire de faire ses magouilles habituelles tranquille.

Le jeune garçon, flânant quelques minutes dans l'allée, regarda les vitrines pleines de télescopes et autres univers en globes, ne s'arrêta même pas devant la boutique de quidditch où étaient massés quelques enfants de son âge et arriva enfin à la librairie. Il y entra sans hésiter, puis marqua une pose devant tout ce savoir ordonné. Il ferma les yeux quelques instants, profitant de la tranquillité inhérente à ce genre de lieux. Puis alla se perdre parmi les étagères.

Une quinzaine de minutes plus tard, Stoik revint pour trouver Harold entrain de nager d'en une félicité totale. Il contempla l'expression de bonheur de son fils quelques instants, avant de sentir un léger choc dans son dos. Il se retourna, pour trouver un jeune garçon, probablement de l'âge de son fils, qui fixait celui-ci d'un air étrange. Puis l'enfant s'en alla retrouver une femme toute parée de bleu et de vert. Le roux finit par revenir à sa préoccupation première : faire redescendre son fils du nuage où il avait élu domicile.

« - Harold ? Tu as fait ce que je t'avais demandé ?

- Quoi ? Oh, tu es déjà là, Papa. »

Stoik essaya de ne pas remarquer l'expression légèrement déçue que son fils arborait suite à cette constatation.

« - Oui, il n'y avait pas grand monde chez l'apothicaire. J'en ai d'ailleurs profité pour passer prendre la balance et le télescope dans la boutique juste à côté. Allez, va chercher les livres de la liste. Et prends-en un ou deux qui te plaisent, répondit-il.

- Je peux ? Merci, Papa. J'ai déjà repéré les livres d'école, ça ira vite », dit le jeune garçon, en se dirigeant vers les étagères.

L'adulte ne douta pas un seul instant que rassembler les livres scolaires irait vite. Harold avait une mémoire assez incroyable pour retrouver les objets. Ce qui prendrait plus de temps, c'est qu'il parvienne à se décider quels autres livres prendre. Mais c'était là un des seuls vrais plaisirs que Stoik pouvait offrir à son fils, alors autant le laisser prendre son temps.

Ce qui ne l'empêcha pas de grimacer en voyant ce que l'enfant avait pris. « Dragons, des créatures de légendes » et deux livres faisant partie de la suite encyclopédique de Norbert Dragonneaux. Mais bon, il lui avait donné sa permission.

Stoik paya le tout, mis les livres dans un sac, qu'il allégea magiquement avant de le remettre à son fils. En regardant la liste, Stoik décida de passer par la papeterie, acheter plume, encre et parchemin, avant d'aller chez Ollivander.

Ils ne restèrent pas longtemps dans le premier magasin. Harold, qui ne regardait pas vraiment au « joli » mais plutôt au « pratique », pris un ensemble de plumes brunes, des crayons ordinaires, beaucoup de parchemins et plusieurs pots d'encres. Une fois que tout fût payé, ils ressortirent aussi vite qu'ils étaient entrés.

Sur la route vers le marchand de baguettes, le jeune garçon s'amusa à regarder les gens autour de lui. Il y avait vraiment des personnes bizarres, sur le Chemin de Traverse. Comme cette femme accompagnée d'un robuste vieillard et d'un petit garçon brun. Elle était habillée tout en nuances de bleu et de vert et semblait émettre une drôle d'aura. On aurait dit que les fleurs se tendaient vers elle à son passage.

Il y avait aussi cette fille aux cheveux roux emmêlé. Elle était encadrée par une femme au port altier et un homme roux gigantesque, qui le faisait un peu penser à son propre père. Les deux adultes ne cessaient de fixer la fille, comme s'ils avaient peur qu'elle ne disparaisse au moment où ils cligneraient des yeux.

Arrivé à un croisement, Stoik s'arrêta et se tourna vers son fils.

« - J'ai des encore affaires à régler un peu plus loin. Tu te sens capable d'aller chercher ta baguette tout seul ?

- Je devrai y arriver, répondit Harold.

- Tu es sur de t'en sortir, fils ? interrogea Stoïk. Je peux reporter mes affaires à plus tard, s'il le faut.

- C'est bon Papa. Je dois juste aller chercher ma baguette. Le vieil Ollivander n'a jamais mangé personne. Je suis assez grand pour me débrouiller.

- Bon, si tu le dis. J'en aie pour une petite demi-heure, une heure grand maximum. Ça ne devrait pas prendre autant de temps au vieil homme, toutes les baguettes de notre famille sont en chêne. Bon j'y vais. Ne me suit pas, hein Harold. »

L'adolescent regarda son père partir. Il savait très bien où ce dernier allait, même si Stoïk essayait de le cacher. On ne faisait pas fortune en tuant des dragons. En les revendant en pièces détachées, que ce soit dans un commerce légal et au marché noir, par contre… Bref, Harold se mit en chemin pour la plus célèbre boutique du Chemin de Traverse. Arrivé devant Ollivander's, il hésita à entrer. Et si le marchand ne trouvait pas de baguette pour lui ? Arrêtant de ruminer, il se décida et poussa la porte.

Prêt d'une heure et demie plus tard, Harold sortait de la boutique avec sa baguette en main. Pommier, crin de licorne, 28 cm, très souple. Une bonne baguette, d'après le marchand. Qu'elle soit bonne ou pas importait peu à Harold. C'était SA baguette.

Il ne restait plus qu'une chose à aller chercher. L'uniforme d'Harold. Et pour cela, une seule adresse : Mrs. Guipure.

Le père et le fils arrivèrent rapidement au magasin. Là, une petite femme replète leur fit son sourire le plus commerciale et, une fois qu'elle sût pourquoi ils étaient là, fit s'installer Harold sur un des tabourets.

À côté du jeune garçon, sur un tabouret en tout point identique, une jeune fille blonde attendait patiemment que l'on prenne ses mesures. Elle se tourna vers son nouveau voisin.

« - Salut. Moi, c'est Raiponce, énonça-t-elle simplement.

- Euh, salut.

- Tu t'appelles comment ?

- Ah, euh, désolé. Je m'appelle Harold.

- C'est ton père, là-bas, à côté de ma mère ? »

Harold dirigea son regard vers les chaises mises à disposition près de la porte. Son père était en grande discussion avec une femme aux cheveux noires, plutôt belle au demeurant mais enlaidie par une moue amère.

- Le grand homme avec une barbe ? Oui, c'est lui. Pourquoi ?

- Tu vois la femme à côté ? C'est ma mère. Je ne l'avais jamais vue parler avec autant d'enthousiasme à quelqu'un.

- Oh. Je suppose que mon père lui parle de dragons.

- De dragons ? Pourquoi…

- Et voilà, mademoiselle. Toutes les retouches sont finies. Tu peux enlever ta robe.

Ce que la jeune fille s'empressa de faire. Sa mère s'approcha rapidement, l'emmitoufla dans plusieurs couches de vêtements et lui attrapa la main avant de l'entraîner vers le comptoir.

« - Au revoir Harold. On se verra probablement à Poudlard, eut-elle le temps de lui dire.

- Au revoir ! s'exclama-t-il quand il eut retrouvé ses esprits, encore étonné de l'attitude de la mère de Raiponce.

- Bien. À ton tour, jeune homme, dit la couturière. »

Harold soupira. Vivement que la journée se termine. Il avait de nouveaux livres à lire.

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« - Mère ? Dépêchez-vous, nous allons être en retard, dit une jeune fille blonde.

- Je ne me sens pas bien, Raiponce, geignit une femme plus âgée, les mains plaquées sur le ventre. Nous pourrions-nous pas reporter la sortie ? geignit-elle.

- Mais nous l'avons déjà reportée deux fois ! Jeudi, vous aviez pris du retard pour votre potion qui devait absolument être finie le jour même et hier vous ne vouliez pas sortir sous la pluie.

- Tu aurais pu attraper un rhume !

- Vous alliez très bien au matin, trancha Raiponce. Et si l'on reporte encore la sortie au Chemin de Traverse, nous finirons par tomber dans les jours de grande affluence, termina-t-elle avec un petit sourire.

- Bon, très bien, tu as gagné, grogna la femme, tout en se redressant. Mais ne t'avises pas de traîner plus que nécessaire dans cet endroit, tu m'as bien compris ?

- Vous aviez dit que l'on pourrait peut-être passer à l'animalerie, énonça la fillette d'une voix timide.

- Raiponce… Je ne suis vraiment pas d'humeur à supporter des animaux sales et bruyants. Et ne fait pas ses yeux là… Raiponce, s'il-te-plaît, pourrais-tu essayer de comprendre que je fais ça pour te protéger ?

- Mais mère vous aviez promis …

- Je vois. Je suppose que je vais encore passer pour la méchante, si je refuse… Nous irons à l'animalerie. Mais nous n'y achèterons rien. Je t'ai déjà laissé garder ce lézard multicolore, pas la peine de ramener un autre nid à germes.

- Merci Mère ! Et Pascal est très propre.

- Si tu le dis. »

Sur ces mots, Gothel enfila sa cape noire, attrapa le bras de sa fille, puis transplana.

Arrivée dans une petite cour du Chaudron Baveur, la brune s'empressa de vérifier que sa fille était entière. Gothel était peut-être une bonne sorcière, mais les accidents sont vite arriver. Si Raiponce avait été désartibulée, laissant un membre ou organe quelconque sur leur lieu de départ, il valait mieux le savoir tout de suite.

Constatant qu'il ne manquait rien à la jeune sorcière, elle s'empressa d'entrer dans le pub. Et resta sur le pas de la porte. Devant elle s'étalait la fine fleur de bas-peuple du monde sorcier. Ivrognes, clochards, sorcières dégoûtantes, voire même des gobelins. Gothel ne savait que faire face à toute cette saleté et tous ces dangers potentiels pour sa précieuse progéniture. Totalement absorbée par ses pensées, elle ne vit pas le barman s'approcher d'elle. Ce qui faillit valoir au pauvre homme de se recevoir un sort.

Louchant sur la baguette pointée entre ses deux yeux, il prononça calmement ses quelques mots, comme si la situation n'avait rien d'inhabituelle :

« - Puis-je vous aider ? Vous me semblez en peu perdues.

- Je… Nous voudrions nous rendre sur le Chemin de traverse, répondit Gothel.

- Ah, pour la petite, probablement. Suivez-moi, je vais vous ouvrir le passage. Tu sais, dit-il à la fillette, tu es au moins la quatrième à venir aujourd'hui pour tes fournitures. Tu es déjà venue sur le Chemin de Traverse ?

- Non. Mère dit que c'est dangereux.

- Le seul danger qui te guette, c'est de te faire un peu bousculer. Mais ça en vaut la peine, la première vue du Chemin de Traverse est un moment unique et indescriptible. Je revois encore la tête des trois autres gamins qui sont passé aujourd'hui. On les aurait crus devant Merlin en personne.

- Oui, oui, tout cela est très intéressant, mais ouvrez-nous le passage, le pressa Gothel. Nous n'avons pas de temps à perdre, encore moins en bavardage. »

Cette intervention sembla rendre Tom muet. Il emmena donc les deux femmes dans la petite arrière-cour, puis, à l'aide de sa baguette, tapota une série de briques.

Le mur devint alors l'entrée de l'allée. Et Raiponce resta figée. Elle n'osait pas franchir ce portail, comme si c'était un sacrilège. Hésitante, elle avança son pied. Elle commença à la poser sur le sol, avant de le retirer tout aussi vite. Elle tourna son regard vers le barman édenté, qui l'encouragea à y aller, d'un simple signe de tête. Alors, en fermant les yeux, elle avança. Et eut soudain l'impression que toute la liberté qu'elle avait toujours voulue était là. Sans plus hésiter, elle fonça, regarda les vitrines, sentit les fleurs exposées, sourit à tous les passants.

Hélas, elle fût bien vite rattrapée par sa mère :

« - Raiponce, ne t'éloigne pas de moi, s'exclama sa mère. Cet endroit n'est pas sûr. Bien, commençons par Gringott's. Après, nous irons chercher tes fournitures, passerons faire faire tes robes, puis ta fameuse animalerie et enfin, la baguette. Et ne traînons pas. Plus vite nous serons parties d'ici, mieux cela sera. »

Sans laisser le temps à sa fille de lui répondre, elle lui attrapa la main et l'entraîna vers un immense bâtiment blanc, aux portes de bronze. À l'entrée, se trouvait dans gardes étrangement petits, revêtus de pieds à la tête d'une armure rutilante. Ainsi qu'une inscription en grosse lettre sur les immenses portes :

« Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse. »

« - Quel châtiment reçoivent les voleurs, Mère ? demanda innocemment Raiponce.

- Je n'en sais rien. Et je ne préfère pas le savoir. Les Gobelins ne sont connus ni pour leur tendresse, ni pour leur miséricorde envers ceux qui touchent à leur or. Alors reste près de moi, soit polie et ne touche à rien. Et surtout, essaye de rester neutre quand tu les verras. »

Gothel aurait tout aussi bien pu parler dans l'oreille d'un sourd. Évidemment, la jeune fille se montra polie. Mais ne toucher à rien était au-dessus de ses capacités. Sans parler de rester neutre. Il était cependant difficile de lui en vouloir pour cette dernière chose. Voir pour la première fois ces êtres d'un mètre vingt, à la peau parcheminée et aux doigts tels des serres que sont les gobelins, cela impressionnerait tout le monde, surtout à onze ans.

« - Mrs. Gothel Tower. J'aimerai accéder au coffre 356, s'il-vous-plaît.

- Bien. Hurrick va vous y conduire. »

Le-dit Hurrick les fit grimper dans un wagonnet, avant de leur donner les instructions suivantes :

« - Gardez les mains et les pieds à l'intérieur de véhicule. Ne vous levez pas et ne vous penchez pas par-dessus le bord. Gringotts ne pourra être tenue responsable pour toute perte de membre, cassure ou fêlure d'ossements quelconques, décapitation et autres blessures. Merci de votre compréhension.

- Décapitation, comme ça, décapit… commença Gothel. »

Le reste du mot resta coincé dans sa gorge, quand le wagon sembla se prendre soudain pour une voiturette de montagnes russes. La brune agrippa le rebord de toutes ses forces, priant toutes divinités lui passant par la tête. Sa fille, quant à elle, semblait s'amuser comme une folle. Chaque virage la faisait hurler de joie, sa longue tresse blonde volant derrière elle. Gothel ne parvenait pas trop à savoir ce qui la rendait le plus malade : la vitesse, ou voir sa fille se pencher en même temps que le wagonnet, comme si elle avait fait ça toute sa vie.

Sitôt que le gobelin eut ouvert le portique sur le côté, la sorcière entraîna sa fille vers leur coffre, loin de l'engin maudit qui les avait amenées ici. Et dire qu'il faudrait le reprendre dans quelques minutes.

« - Coffre 356. Clef, s'il-vous-plaît », demanda le gobelin à la plus âgées des deux femmes.

Gothel s'empressa de donner au gobelin ce qu'il requerrait. Et dès que ce dernier eut ouvert la porte, elle s'engouffra dans le coffre. Dans celui-ci trônait un tas d'or conséquent, entouré par des tas de pièce en argent et en bronze. Ici et là, sur des étagères disposées le long des murs, reposait des objets allant du quelconque à l'exceptionnel, telle cette collection de grimoires écrits à la main.

La sorcière pris exactement 70 pièces d'or. Voilà qui devrait bien suffire aux achats du jour. Ceci fait, elle ressortit dans le couloir, où attendait toujours le gobelin. Avec une pointe d'appréhension pour la brune et de la joie pour sa fille, les deux femmes remontèrent dans le wagon.

Aussitôt remontée, les deux sorcières sortirent au grand jour. Avisant une nouvelle fois la liste de course, Gothel se remémora le trajet décida à leur arrivée sur l'allée.

« - D'après mes souvenirs, les magasins de fourniture se trouvent à côté de Zonko. Allons-y, je suis déjà lasse de tout ce remue-ménage. »

Sur ces mots, elle entraîna Raiponce vers le nord de Chemin de Traverse. Bien que la marche fut rapide, la jeune fille en profita pour regarder les boutiques. « Le monde de la Magie est décidemment merveilleux », pensa-t-elle. Ici, des jouets marchaient tout seuls. Là, des pétards explosaient sans provoquer la moindre chaleur, lancés par un jeune garçon brun accompagné d'une magnifique femme qui essayait de l'entrainer vers le Chaudron Baveur. Partout, la Magie semblait s'exprimer, par les gens, pour les objets et même dans l'atmosphère, tellement plus joyeuse que celle de sa maison.

La mère et la fille furent vite arrivées au magasin d'ustensiles. Là, télescope, chaudron, balance, set de couteaux, tout fût bien vite acheté. De même dans le magasin mitoyen qui fournissait plumes et parchemins. L'apothicaire fut tout aussi vite expédié. Décidément, Gothel n'aimait pas les courses et faisait son possible pour les abréger. En trois-quarts d'heure à peine, une grande partie des achats étaient effectuée. La brune raya une ligne de plus, puis se tourna vers sa fille :

« - Prochaine destination : Mrs. Guipure. C'est à quelques trois cents mètres, si mes souvenirs sont bons, dit-elle, en commençant déjà à s'éloigner.

- Hum, Mère. Nous avions convenu de passer d'abord par l'animalerie, rappela sa fille.

- Ah oui, c'est vrai, s'exclama la sorcière. Que je suis bête, parfois. Évidemment que nous passons d'abord par l'animalerie. »

Et pour la première fois de la journée, ce fut une jeune fille blonde qui traîna sa mère vers un magasin. À peine entrée dans ce dernier, Gothel trouva une nouvelle raison de ne pas y rester.

« - Mrs. Tower, la salua un grand homme roux.

- Bonjour, Lord Dunbroch, lui répondit-elle le plus froidement possible »

Sans laisser à l'homme le temps de lancer une conversation quelconque, elle prit la main de sa fille et la tira vers le fond du magasin.

Celle-ci eut cependant le temps d'apercevoir la jeune fille qui accompagnait ce « Dunbroch ». Une fillette rousse, avec des cheveux emmêlés. Et au vu de tous les sacs qu'elle et cet homme portaient, elle la reverrait sûrement à Poudlard.

Les deux femmes ne restèrent pas longtemps dans l'animalerie. Et comme l'avait promis Gothel, la fillette n'eut pas le droit d'acheter un animal. Même pas une chouette, même après avoir sorti l'argument normalement fatal « C'est pour pouvoir vous envoyer des lettres, Mère ». « Hors de question que tu t'approches de ces nids à microbes. J'ai acheté des miroirs à double sens tout à l'heure, pour que tu puisses justement me parler quand tu seras à l'école, avait-elle répondu du tac-au-tac. « De plus, rajouta-t-elle, j'ai réussi à négocier avec Dumbledore pour que tu emmènes ton horrible reptile. Alors ne vient pas te plaindre. »

« Zut », pensa la jeune fille. Son meilleur argument venait de tomber à l'eau. Pour se consoler, elle prit un paquet d'insectes séchés pour Pascal, avant que sa mère ne s'empresse de les payer et de fuir l'échoppe.

« - Tu as eu ce que tu voulais ? demanda le grande brune. Alors ne perdons pas plus de temps, allons chercher tes vêtements ».

La prise des mesures fut rapide, pliée en 10 minutes. « Revenez dans trente à quarante minutes », leur indiqua la couturière. « Nous ferons les dernières modifications ».

Les trente minutes ne furent pas perdues à flâner devant les magasins, ou à manger une glace. Non, car il restait un achat majeur à faire : la baguette.

C'est pour cette raison que les deux sorcières étaient maintenant dans la boutique d'Ollivander. Pour se protéger de la poussière ambiante, Gothel en était arrivée à masquer son visage avec un mouchoir. Elle aurait bien jeté un sort pour cela, mais dès qu'elle avait sorti sa baguette, le marchand lui avait intimé de la ranger, lui arguant que la seule magie qui devait avoir lieu ici était celle qui résultait de l'essayage des baguettes.

Après moult essais, la jeune fille finit par trouver sa nouvelle compagne : « sorbier, 29 cm, relativement rigide et contient une plume de Phénix » lui avait certifié le vieil homme. « Excellente baguette pour les sorts de guérison, bien qu'un peu lunatique ».

Dès que l'appareillage entre sa fille et la baguette fut certain, Gothel donna 7 pièces d'or au fabricant, puis entraîna sa fille loin de toute sa poussière. La brune se dirigea vers le magasin de vêtement. Quarante-cinq minutes s'étaient déjà écoulées. « C'est bientôt fini ! » se réjouissait-elle intérieurement.

Une fois dans le magasin, Gothel laissa sa fille sur le tabouret et alla s'asseoir sur une des chaises à disposition. Quelques minutes plus tard, un homme barbu entra, suivit d'un gringalet qui semblait prêt à s'envoler au moindre coup de vent. Avant qu'elle ait eu le temps de dire « ouf », le jeune garçon s'était placé près de Raiponce et l'homme sur la chaise à côté d'elle.

Au début, Gothel garda un œil sur les deux enfants. Puis l'homme commença à lui parler de dragon. La brune revint vite sur sa première impression. Loin d'être un rustre inculte, il s'avérait que l'homme n'était que rustre. Il semblait avoir d'importantes connaissances sur les différentes utilisations des organes de dragon. Que du bonheur pour la potionniste qu'elle était.

Elle était tant absorbée par la conversation qu'elle ne s'aperçut pas que le même schéma, bien qu'inversé, se répétait entre les deux enfants. Mais sitôt qu'elle s'en fut rendu compte, elle attrapa la main de sa fille, dont les robes étaient maintenant finies, et l'entraina vers le comptoir. Là, elle s'empressa de payer, récupéra les habits, puis se précipita à l'extérieur, sans la moindre considération pour les deux autres clients présents. Une seule chose comptait pour elle : ramener sa fille à l'abri, dans sa maison.

De son côté, Raiponce réfléchissait. À tout ce qu'elle avait vu, tout ce qu'elle avait ressenti. Et aux gens qu'elle avait croisés. Ce garçon brun qui jetait des pétards. Cette fille aux cheveux complètement emmêlés. Et l'enfant tout timide avec qui elle avait conversé chez Mrs. Guipure. Tous ces gens qu'elle reverrait probablement à Poudlard.

« Vivement septembre ! »

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Fin de la première partie.

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Et voilà une partie de finie. Elle a été plus longue que prévue, mais c'est tant mieux, ça m'a permis de poser les bases de pas mal de trucs.

Je ne sais pas vous, mais j'adore Gothel. Dans le dessin-animé, elle est monstrueuse par son humanité. Elle est juste égoïste, rien d'autre, mais ça la fait commettre des actes innommables. Sûrement un des meilleurs méchants de ces dernières années.

Raiponce est celle qui a la plus longue des 4 parties de ce chassé-croisé. Sûrement parce que j'ai un peu plus travaillé sa relation avec sa mère que les autres. Et que j'ai eu un peu plus de mal avec elle…

C'est aussi le chapitre qui m'a pris (pour l'instant) le plus de temps : 4 jours ! Autant la partie d'Harold s'est faite en un seul jour (c'est-à-dire 2h à 2h30 d'écriture), autant Raiponce m'en a pris trois. Faut dire que j'étais moins inspiré pour elle.

N'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir !

À mercredi pour le petit bonus et à lundi prochain pour le chapitre 3, avec l'entrée à Poudlard !

Chapitre corrigé par moi, je et moi-même. Il reste donc probablement des fautes et je m'en excuse d'avance. Je suis d'ailleurs toujours à la recherche d'un(e) (voir des) bêta. On m'a conseillé d'aller sur la partie dédiée du site, mais je préfèrerai quelqu'un de vraiment motivé par l'histoire.

4646 mots, 10 pages words