Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : J'utilise les noms d'Harold et de Raiponce. J'adore « Hiccup » mais j'exècre « Rapunzel » à un tel point que la version française gagne haut la main.
J'utilise aussi le nom d'Harold Horrib'Haddoc, même si je préfère Horrendous. La raison apparaîtra vers le chapitre 4 (normalement).
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Note 3 : J'utilise Severus Snape au lieu du francisé Severus Rogue pour conserver l'allitération en « s » de l'original.
Merci beaucoup à Aangelik pour sa correction ainsi qu'à Deadlyfury et à Emmawh pour leur reviews. Merci aussi aux 27 autres personnes passées sur le chapitre 3 (il y a un petit mot pour vous tout en bas : ) )
Et maintenant, place à la fiction !
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Chapitre 4 : Rencontres et inimitiés
« - Asseyez-vous », cingla une voix tranchante.
Voix tranchante à laquelle aucun des première année de Serdaigle et de Serpentard n'eut la sottise de désobéir.
Severus Snape n'était pas une personne aimable. Tout au plus était-il respecté par les Serpentard, dont il était le directeur de Maison. Les autres préféraient le craindre. À juste titre, d'ailleurs. Tyrannique, agressif, peu pédagogue et incroyablement déloyal quand il s'agissait de la Coupe des Quatre Maisons, il ne montrait aucune indulgence envers ceux qu'il jugeait inapte à l'art délicat des potions. Autrement dit, tous ses élèves. Et il s'évertuait à le leur faire comprendre.
« - Nous ne sommes pas ici pour agiter des baguettes, pas plus que pour marmonner de stupides formules magiques dans le mince espoir qu'un résultat se produise. Devant vous s'étale le savoir antique et inestimable de la préparation des potions. Philtres de joie, élixirs mortels, baumes bienfaisants, tant de choses possibles à l'aide d'ingrédients et de gestes précis. Tant de choses faisables… commença-t-il, avec une intonation presque rêveuse. Si vous étiez autre chose que des cornichons sans cervelle avec lesquels je perds mon précieux temps à enseigner un savoir qu'ils ne savent apprécier», termina-t-il abruptement.
De son côté, Raiponce se demandait si son discours était une sorte de tradition annuelle ou s'il le modifiait tous les ans. Il faudrait qu'elle pense à le demander aux premières de l'année prochaine.
Pendant que le Professeur et Maître des Potions continuait son discours, s'acharnant à coup de questions ardues sur un élève de Serdaigle qui avait pour seul malheur de s'être mouché, la jeune fille se remémora ses premiers jours dans l'école. Le train était arrivé un samedi soir, ce qui avait laissé aux élèves tout le temps nécessaire pour s'acclimater au Château.
Temps que Raiponce n'avait pas perdu. Le samedi soir, le préfet de Serdaigle, un certain Lloyd Herno, l'avait conduite, en même temps que ses nouveaux camarades, devant le tableau d'une jeune fille contemplant la mer, assise sur un rocher. Dès que le jeune homme l'eut saluée, la jeune fille s'était tournée vers eux, avant de prononcer :
« - Roméo et Juliette sont retrouvés morts dans une pièce. La fenêtre et la porte étaient fermées, la table est bancale et il y a de l'eau et du verre sur le sol. De tous, seul le chat se réjouit de cette mort. Que s'est-il passé (1)?
- Roméo et Juliette sont des poissons, la table a lâché sous le poids de l'aquarium, qui s'est cassé et a répandu de l'eau sur le sol », répondit Lloyd, après quelques instants de réflexion.
À ces mots, la jeune fille du tableau eut un sourire et laissa sa toile pivoter sur ses gonds. Derrière, une arcade s'ouvrait. Le préfet s'y engouffra sans hésiter et, tel un troupeau de moutons suivant son berger, les autres enfants le suivirent.
Enfants qui furent tout de suite émerveillés par la salle qui s'offrait désormais à eux. Une grande salle parée de bleu et de bronze, couleurs de Serdaigle, dont les murs étaient cachés par des bibliothèques garnies de livres. Des fauteuils confortables et des tables de travail étaient disposés un peu partout, surtout près des cheminées. Sur le mur du fond, entre deux escaliers en colimaçon, il y avait une statue grandeur nature d'une femme au port altier, au front serti d'un diadème.
Lloyd, après avoir laissé les Première année s'émerveiller quelques instants, reprit la parole :
« - Le tableau devant l'entrée, c'est Ariane, commença le jeune homme. C'est la gardienne de la salle commune de Serdaigle. Les autres maisons utilisent des mots de passe changeant toutes les semaines. Mais nous, membres de la maison dont la fondatrice était réputée comme la sorcière la plus intelligente de son temps, agissons autrement. À chaque fois que vous voudrez entrer, elle vous posera une énigme dont la réponse sera le mot de passe.
- Et… Et si on ne trouve pas le mot de passe ? s'inquiéta une des fillettes.
- Il vous faudra chercher, ou attendre que quelqu'un vienne et trouve la réponse. C'est ça aussi, Serdaigle. Ce n'est pas seulement l'intelligence ou le travail, c'est aussi l'entraide. Bien, maintenant, venons-en aux choses sérieuses. Chacune de vos actions en classe ou dans les couloirs vous fera perdre ou gagner des points. Tous ces points sont comptabilisés dans le Sablier de Serdaigle qui se trouve près de la Grande Salle. À la fin de l'année, la Maison qui aura le plus de points se verra remettre la Coupe des Quatre Maisons. Cela fait trois ans que nous la gagnons. J'espère que vous ferez tout votre possible pour que nous la gagnions une quatrième année. Des questions ?
- On dort où ? questionna un garçon un peu rond.
- J'allais y venir. Le mur du fond présente deux escaliers. Celui de droite mène aux dortoirs des garçons, celui de gauche aux dortoirs des filles. Les Première année dorment dans les pièces du premier niveau. Chaque année, votre dortoir sera transféré au niveau supérieur. Je pense vous avoir tout dit. Le Professeur Flitwick, notre Directeur de Maison et Professeur de Sortilèges et Enchantements, passera demain matin, vers 10h. Vous pourrez profiter de reste de la journée pour vous familiariser avec l'école. »
Sur ces mots, le Préfet abandonna les nouveaux élèves et partit rejoindre ses amis, déjà installés près de la cheminée la plus à droite. Les Première année, un peu perdus, finirent par emboiter le pas à ceux qui avaient déjà pris le chemin des dortoirs.
Raiponce resta dans la Salle Commune ce soir-là. Elle rangea ses affaires, puis parti regarder quels livres composaient les bibliothèques de Serdaigles. Etonnamment, on y trouvait non seulement des manuels, mais aussi des romans, sorciers comme moldus. Fatiguée, elle décida de rejoindre son nouveau lit, où elle s'endormit comme une masse, heureuse de la liberté qui s'offrait enfin à elle.
Le lendemain matin, le tout petit professeur Flitwick, un homme avec une barbiche blanche dont la taille était à peine supérieure à celle de ses élèves de première année, vint leur rendre visite. Perché sur une pile de livres, il leur rappela les valeurs de la maison Serdaigle, fit un résumé des règles propres à leur maison ainsi que celles valables pour tout Poudlard. Et pour finir, il les encouragea à être le plus curieux possible.
Conseil que Raiponce eut tôt fait de mettre en pratique. Sitôt que le Directeur de sa maison fut parti, elle passa le tableau d'Ariane et parti en expédition. Armée de sa baguette, bien qu'elle ne sache lancer que le sort du Secret que lui avait appris sa mère, elle commença à visiter son nouveau chez elle. Organisée, elle commença par le Rez-de-Chaussée. Qui fut une grande déception. À part la Grande Salle, l'étage ne contenait que des pièces vides et des tableaux. Pourtant, les livres disaient que Poudlard était remplis d'endroit merveilleux qui apparaissait à chaque coin de couloir. Déçue, la jeune fille s'assit par terre, le dos contre un mur.
« - C'est ça un château magique rempli de merveilles ? Des vieilles pièces inutilisées remplies de poussières ? Où est l'aventure ? Si c'est quitter la maison pour se retrouver dans un endroit aussi ennuyeux…
- Mot de passe accepté, l'interrompit une voix »
Sur sa droite, un tableau qu'elle n'avait même pas remarqué s'était ouvert, comme celui de la salle commune. Derrière une pièce. Dans laquelle se trouvait une cascade d'eau claire et un parterre de fleurs de printemps. Emerveillée, Raiponce se dit que finalement, ce château n'était pas si mal et que les années à venir allaient être intéressantes. Béate, elle… fut sortie de sa rêverie par un coup de coude dans les côtes, qui s'était voulu discret mais qui l'était autant qu'un troupeau de buffles dans une plaine.
« - Miss Tower, vous vous mettrez ici. Qu'est-ce que vous attendez ? lui lança sèchement le Professeur Snape face à son manque de réaction.
À moitié dans ses pensées, presque à la manière d'un automate, la Serdaigle prit ses affaires et alla se placer à côté d'un Serpentard brun au deuxième rang. Une fois assise, elle se tourna vers lui et, en parlant le plus bas possible, elle lui souffla :
« - Raiponce Tower, se présenta-t-elle. Tu sais pourquoi le prof m'a fait avancer ?
- Il veut faire des duos composés d'élèves de maisons différentes. En clair, on va travailler ensemble pour le reste de l'année, et peut-être les suivantes, d'après Snape. Au fait, je suis Jack Overland, enchanté. »
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Jack regarda sa nouvelle voisine. Pas bien grande, de longs cheveux blonds tressés qui devaient bien lui atteindre les pieds une fois démêlés et un air naïf et rêveur à souhait. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle ne ferait pas trop de bêtises. Snape n'était vraiment pas indulgent. Il lui avait prouvé le soir de la rentrée.
Jack venait de rentrer dans la Salle Commune de Serpentard, située dans les sous-sols du château, derrière le tableau d'un serpent se prélassant dans un pommier. Tout le long du voyage, il avait parlé avec Marius. L'autre garçon était vraiment énergique, il avait l'air de ne pas pouvoir tenir en place. Jack rigolait d'une des plaisanteries de son ami, quand tout le monde se tut dans la salle. Ne resta que son rire qui continuait de résonner sur les murs humides.
Rire qui cessa aussitôt qu'il avisa une silhouette noire fondre sur lui.
« - Il me semble que votre préfet a donné l'ordre de se taire et de m'écouter. Puis-je savoir votre nom, jeune homme ? lui dit la silhouette, qui s'était révélée être un grand homme tout en noir, d'une voix doucereuse.
- Je… Je m'appelle Jack Overland, Monsieur.
- Bien, Mr. Overland, je tâcherai de m'en souvenir. Comme l'a dit Mr Fridge, je suis le professeur Snape. J'enseigne les potions et je suis aussi votre Directeur de Maison. La première chose à savoir est que je déteste la désobéissance, quelle qu'elle soit, commença-t-il, en fixant Jack. Le fait que vous soyez des élèves de ma maison n'induira en rien de l'indulgence envers vos fautes, au contraire. Faites-vous punir et attendez-vous à recevoir une punition encore pire de ma part. La deuxième chose est que Serpentard est haïe des autres maisons, je ne vous le cache pas. Alors, à l'extérieur, soyez unis face aux autres. S'il y a des problèmes internes, réglez-les dans la salle commune, pas ailleurs. Et faites honneur à votre maison. Je pense que le reste pourra vous être expliqué par Mr. Fridge. »
Sans un mot, l'homme sortit de la salle commune, dans un flottement de cape qui lui donnait un air relativement dramatique.
Fridge, Edgar de son prénom, reprit le flambeau et expliqua tout ce qu'il y avait à savoir. Coupe de Quatre, règlement, dortoirs, ect… Jack, une fois que le préfet les eut libérés, fila dans le dortoir, toujours accompagné par Marius.
Bien plus tard, alors que les trois autres Première année de Serpentard dormaient du sommeil du juste, Jack regardait par la fenêtre ensorcelée qui transmettait une image du parc alors qu'ils se trouvaient sous le niveau du sol. Posant un doigt contre la vitre, il regarda celle-ci se couvrir de fleurs de givres. Au fond de lui, la voix ronronnait presque de contentement. Elle lui rappelait combien il était exceptionnel, un sorcier et un Frost en même temps.
Le lendemain matin, Jack se leva, prêt à visiter le château toute la journée. Après avoir réveillé Marius, il partit se changer. Quarante minutes plus tard, les deux garçons étaient prêts. Affamés, ils descendirent déjeuner.
Le déjeuner avalé, ils se mirent en chasse d'une activité. Marius, adorateur de Quidditch, le sport national Sorcier, l'entraîna sur le terrain, où il commença à tout expliquer à Jack, Novice en la matière.
« - Le jeu compte quatre balles et sept joueurs. Les balles sont le Souaffle, les deux Cognards et le Vif d'or. Jusque-là, tu suis ? commença Marius.
- Souaffle, Cognards, Vif d'or.
- Les trois poursuiveurs s'occupent du Souaffle, la grosse balle rouge. Ils doivent, en se faisant des passes, arriver jusqu'aux buts, les trois cercles dorés, et faire passer la balle dans l'un deux. Chaque but vaut dix points. Ok ?
- Un but, dix points, répéta Jack.
- Devant les cerceaux, il y a le gardien, qui doit arrêter le Souaffle. Pour empêcher les poursuiveurs de marquer, il y a aussi les deux batteurs. Ils s'occupent des deux Cognards, des balles noires très lourdes et très agressives. Ils doivent renvoyer ces balles vers les poursuiveurs, voire vers le gardien adverse ou même l'attrapeur. Toujours ok ?
- Ouais. Mais c'est quoi, l'attrapeur ?
- C'est celui qui s'occupe du Vif d'or. C'est une toute petite balle très rapide. L'attrapeur qui réussit à l'avoir fait gagner 150 points à son équipe et met fin au match.
- Mouais, ça m'a quand même l'air compliqué, comme jeu.
- Pas tant que ça. Mais le mieux, c'est de le voir ou encore d'y jouer. Mais on ne peut que se contenter de regarder, en première. Tu viendras voir le match avec moi ? questionna Marius.
- Je viendrais. Ça te dit d'aller visiter le Château avant de manger ?
- Un peu que ça me dit ! » s'exclama l'autre garçon.
Les deux Serpentard descendirent des gradins où ils s'étaient installés, avant de se mettre en route vers la grande bâtisse. Il leur fallut un petit quart d'heure pour arriver aux portes du Château. Une fois dedans, ils prirent la direction du deuxième étage où, selon un troisième année, il y avait un fantôme sujet aux crises de larmes. Sur le chemin, une silhouette apparu au loin. Avant même d'avoir vu son visage, Jack savait qui c'était. « Tueur » soufflait la voix. « Faisons-lui payer le sang de nos frères ». Sans qu'il ait le temps de faire quelque chose, Jack sentit que la voix avait pris le contrôle de sa langue, puis du reste de son corps, bien décidée à sauter à la gorge du Poufsouffle qui s'approchait.
« - Mais qui voilà ! s'exclama la voix, que Jack ne chercha même pas à arrêter. N'est-ce pas notre cher Horrible Haddock.
- Je… C'est… C'est Horrib'Haddock, pas Horrible.
- Horrib', Horrible, quelle importance, continua le Serpentard en prenant l'autre garçon par les épaules. De toute façon, c'est moche. Et je préfère Horrible. Alors, Horrible Haddock, pourquoi viens-tu te perdre par ici ? C'est dangereux pour les gens comme toi.
- Je vais à la bibliothèque, commença Harold en essayant de se dégager du bras de Jack.
- À la bibliothèque ? Mais pourquoi ? Tu sais Horrible, un nul comme toi restera toujours un nul, peu importe qu'il aille à la bibliothèque ou non, continua Jack, venimeux.
- C'est HORRIB', s'exclama Harold, presque au bord des larmes.
- Oui, oui, si tu le dis. »
D'un geste brusque, le Poufsouffle enleva le bras de Jack de ses épaules, puis partit presque en courant rejoindre la bibliothèque. Satisfaite, la petite voix reflua, laissant un Jack un peu désarçonné par ce phénomène inhabituel, bien que cela ne l'ait pas dérangé outre mesure. La voix n'avait fait qu'ennuyer un peu l'autre lâche, rien de bien grave.
Marius, qui était resté figé par l'attitude de son camarade, sembla retrouver sa langue.
« - Mais qu'est-ce qui t'as pris, Jack ? Il ne t'avait rien fait !
- Je ne l'aime pas. C'est un lâche, répondit calmement le brun.
- Tu le connais ?
- Non, mais je le sais. Ça se voit à sa manière d'agir. La preuve, il n'a fait que fuir.
- Ce n'était pas une raison, commença à s'énerver Marius.
- On va pas si disputer à cause d'un mec comme ça, non ? Bon, si tu veux, je m'excuse, Marius, de m'être comporter comme ça.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut le dire.
- Je ne vais pas aller m'abaisser en m'excusant à un mec pareil.
- Alors promet-moi de le laisser tranquille.
- Si tu veux, soupira Jack. Je te promets de le laisser tant qu'il reste hors de mon chemin. »
Marius ne sembla qu'à moitié convaincu. Mais il ne revint plus sur le sujet. Les deux camarades se dirigèrent vers le couloir nord quand…
« - La potion du jour est un remède contre les furoncles. D'une inutilité rare, elle est toutefois assez basique pour que vous arriviez à la faire avec votre intelligence toute aussi basique. Au travail. » cingla Snape.
Le ton agressif réveilla Jack. Il se dépêcha d'aller chercher ses ingrédients, tout en repensant à sa perte de contrôle de la veille, lors de sa rencontre avec Harold Horrib'Haddock.
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
« - Atchoum », fit ledit Harold.
Le jeune garçon secoua un peu la tête, puis se reconcentra sur son travail. Mcgonagall, le professeur de Métamorphose, était loin d'être une tendre. Elle était juste, mais sévère, punissant tout ce qu'elle considérait comme de la paresse.
D'un geste sec, il fendit l'air au-dessus de son allumette et prononça « Acuto »(2). Loin de se transformer en aiguille, le bout de bois se contenta de s'enflammer. Harold poussa un énième soupir. Autant il aimait la théorie, autant il ne brillait pas en pratique. Il prit une nouvelle allumette dans la boite que Mcgonagall avait fini par lui fournir au vu de sa capacité à enflammer le sujet de son sort.
« - Ton mouvement est trop rapide. L'allumette n'a pas le temps de comprendre ce que tu lui veux, alors elle s'enflamme, histoire de faire quelque chose », intervint une voix à sa gauche.
Harold se tourna vers sa voisine de gauche. Mérida, s'il se souvenait bien. Une gryffondor qui excellait en métamorphose. Le gallois ne sut dire si le conseil relevait de la moquerie ou non. Hésitant, il la remercia d'un signe de tête. Il recommença son sort, ralentissant son mouvement. Sous ses yeux ébahis, l'allumette pris une teinte grise et ses extrémités devinrent pointues. Mcgonagall s'approcha et saisit le fruit de ses efforts.
« - La couleur et la forme sont correctes. La matière est encore à mi-chemin entre le bois et le métal, mais c'est un bon progrès, Mr. Horrib'Haddock. Deux points pour Poufsouffle.
- Merci, Madame. Mais… C'est juste Haddock, s'il-vous-plaît.
- Comme vous voulez. Essayez encore une fois, Mr. Haddock », répondit-elle, avant de partir s'occuper de Cédric, qui avait réussi sa transformation.
C'était bien la première fois qu'Harold avait honte de son nom. À Beurk, le nom d'Horrib'Haddock inspirait le respect. Mais quand il repensait à ce qui s'était passé la veille, il se dit que ce n'était pas forcément le cas ici.
En ce dimanche matin, Harold avait décidé d'aller voir la fameuse bibliothèque de Poudlard. La veille au soir, un Préfet les avait conduit, lui et les autres Poufsouffle de Première année, jusqu'au premier sous-sol, où il s'était arrêté devant la statue d'un homme appuyé sur un gigantesque arbre de marbre, qui s'élevait au moins à 3 mètres du sol. Le Préfet avait marqué un arrêt, puis avait prononcé le mot « Chaleur ».
Le jeune homme de pierre s'était éveillé et levé, pour laisser apparaître une entrée dans laquelle s'était engouffré le cinquième année, suivit par tous les nouveaux.
Après une brève présentation de leur nouvelle maison, le Préfet, Johan Smith, leur avait conseillé d'aller se coucher, ce que fit Harold sans tarder.
Le lendemain matin, après le discours de Pomona Chourave sur les qualités d'un bon Poufsouffle, c'est-à-dire la loyauté, la compassion et l'amour du travail, Harold était parti déjeuner puis avait trainé un peu dans les couloirs, plutôt que se diriger de suite vers la bibliothèque. Une erreur qui lui valut de faire une rencontre qu'il aurait mieux aimé éviter.
« - Mais qui voilà ! s'exclama un garçon qu'Harold ne connaissait pas. N'est-ce pas notre cher Horrible Haddock.
- Je… C'est… C'est Horrib'Haddock, pas Horrible, bredouilla le garçon pour toute réponse.
- Horrib', Horrible, quelle importance, continua son interlocuteur en le prenant par les épaules. De toute façon, c'est moche. Et je préfère Horrible. Alors, Horrible Haddock, pourquoi viens-tu te perdre par ici ? C'est dangereux pour les gens comme toi.
- Je vais à la bibliothèque, commença Harold en essayant de se dégager du bras de l'inconnu.
- À la bibliothèque ? Mais pourquoi ? Tu sais Horrible, un nul comme toi restera toujours un nul, peu importe qu'il aille à la bibliothèque ou non, lui lança l'autre garçon, un Serpentard, d'après sa cravate.
- C'est HORRIB', s'exclama Harold, qui essayait tant bien que mal de retenir ses larmes.
- Oui, oui, si tu le dis. »
Harold en eut assez. D'un geste brusque, il réussit à se défaire du bras du brun, puis se précipita vers la bibliothèque.
Il ne comprenait pas ce que lui voulait ce garçon. Il ne le connaissait même pas. Et l'autre qui l'avait regardé se faire ennuyer sans même réagir. C'était ça, le lieu que devait lui permettre d'être lui-même, et non plus le fils bizarre du chef ? Un endroit où quelqu'un se moquait de vous sans raison, parce que votre tête ne lui revient pas ? Rempli d'autre gens qui laissait faire ? Ne pas agir plutôt que de prendre un risque, même minime ?
Harold essuya les larmes qui avaient commencé à couler sans son autorisation et entra dans la bibliothèque. Et là, toute tristesse s'évanouit.
Des rayonnages s'étendaient à perte de vue. Tout était classifié selon la branche, et sûrement par ordre alphabétique. Tout le savoir possible et inimaginable s'étalait probablement devant lui. Harold s'enfonça dans la jungle d'étagères. Ici, le Sortilèges et Enchantements. Là, les potions, et ici encore, tout ce qui concernait les Créatures Magiques. Si le Paradis existait, il ressemblait sûrement à ça.
Au détour d'un rayon, Harold tomba sur une femme sèche, qui lui demanda tout de go :
« - Qui êtes-vous, jeune homme ? Et que faites-vous ici ?
- Je… Je suis Harold, Harold Haddock. Je suis venu voir la bibliothèque. Elle est magnifique.
- Vous aimez les livres, Mr. Haddock ? lui demanda-t-elle, ses lèvres ornées d'un fin sourire.
- Je les adore ! s'exclama-t-il.
- Si vous me promettez de ne plus jamais élever la voix dans ma bibliothèque, je pourrais peut-être vous apprendre deux trois trucs à son sujet…
- Je vous le promets, Madame… ?
- Madame Pince, Bibliothécaire. Allez, suivez-moi, Mr. Haddock. Mr Haddock ? MR. HADDOCK ! »
Harold sortit de ses rêveries en un sursaut surpris.
« - Mr. Haddock. Ce n'est pas parce que vous avez presque réussi que vous devez vous reposer sur vos lauriers. Je retire deux points à Poufsouffle pour votre inattention. Prenez exemple sur Miss Dunbroch. Elle a réussi le sort, mais elle cherche à le perfectionner. »
Harold porta son attention sur la jeune fille rousse à côté de lui. Effectivement, elle était concentrée sur son allumette et ne cessait de la transformer puis de la dé transformer. Il s'excusa auprès de Mcgonagall, puis se repencha sur son propre bout de bois. La professeure de Métamorphose n'était vraiment pas indulgente.
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Mérida sursauta quand Mcgonagall hurla presque « Mr. Haddock ! »
Elle se tourna vers le pauvre garçon qui se faisait réprimander par la vieille dame. Si celle-ci était plutôt compréhensive face aux élèves qui présentaient des difficultés dans sa matière, elle l'était beaucoup moins face aux paresseux et aux chahuteurs.
Elle agissait d'ailleurs de même envers les élèves de la maison Gryffondor, maison dont elle était directrice. Elle l'avait clairement fait comprendre le soir de la rentrée.
Mérida venait de quitter la Grande Salle sous l'égide d'un de ses cousins, Bill Weasley, le préfet de Gryffondor, la maison dans laquelle elle avait été répartie, chose assez peu surprenante au vu de son caractère fonceur.
Elle avait passé le diner à discuter avec Bill et ses quatre frères eux aussi répartis à Gryffondor : Charlie, qui était en quatrième année, Percy, un deuxième et Fred et George, les jumeaux, qui étaient en première, tout comme Mérida.
Une fois le dîner fini, Bill les avait pris en main et les conduisait, elle et les autres Première, à travers Poudlard.
Le rouquin les fit passer par un nombre incroyable de couloirs, leur montrant par la même occasion quelques passages secrets utiles, tout en les prévenant qu'il en restait beaucoup d'autres à découvrir, mais qu'il fallait le faire par eux-mêmes. Les quartiers des Gryffondor se trouvant au dernier étage, Bill en profita aussi pour leur présenter quelques-unes des particularités du Château. Outre les passages secrets, il y avait aussi des tableaux parlants, qui avaient conservé toute leur personnalité d'antan, des pièges dissimulés, comme cette marche qui s'avérait être une illusion ou encore les escaliers mouvants, gigantesques pièces de marbre dotées d'une espèce de conscience malveillante qui prenaient plaisir à envoyer les élèves un peu partout au gré de leurs envies. Heureusement, pendant la première semaine de cours, le directeur s'arrangeait avec le Château pour que les escaliers restent plus ou moins sages. Ce qui ne les empêchait pas de perdre un élève ou deux dans un couloir abandonné ou une voie sans issue. Après 1000 ans en tant qu'escalier facétieux, on ne se refait pas.
Après ce qui sembla une éternité à Mérida, ils arrivèrent au septième étage, où se trouvait la Salle Commune des Gryffondor. Celle-ci était gardée par la Grosse Dame qui était un tableau représentant,… Eh bien une énorme dame, vêtue d'une robe rose qui avait probablement causée sa mort par étouffement, vu comme elle était tendue sur le corps de la femme.
D'un air très sérieux, elle fit pivoter sa tête vers les nouveaux venus et, de cette voix douce et agréable que possèdent les femmes fortes, elle prononça ces quelques mots :
« - Le mot de passe ?
- Nihil timor, répondit Bill, sans hésiter.
- Bien jolie maxime, j'en conviens », continua la Dame, en faisant pivoter son tableau.
Derrière elle, une arcade, dans laquelle Bill pénétra, suivit par tous les élèves dont il avait la charge. Et là, une explosion de rouge. Absolument tout était rouge. Bordeaux, écarlate, incarnat, rouge sang, rouge orangé, ect. De quoi être dégouté à vie de cette couleur.
L'avantage était que la Salle Commune était sans aucun doute chaleureuse. Une impression renforcée par les fauteuils à l'apparence moelleuse et les grandes cheminées où ronflaient des feux qui diffusait une douce chaleur dans la pièce.
Devant un de ces feux, confortablement assise dans un des fauteuils, une silhouette fixait les flammes. Gêné, Bill se raclât la gorge, histoire d'attirer l'attention. La personne assise eut un sursaut, puis se leva et se tourna vers les nouveaux Gryffondor.
Cette personne se révélât être la femme qui les avait accueilli dans le château, après la traversée du lac. Le Professeur Mcgonagall, si Mérida se souvenait bien. Souvenir que la femme s'empressa de confirmer.
« - Ah, Mr. Weasley. Je vois que vous avez fait votre travail. Je vous en remercie, vous pouvez disposer, maintenant. Je me charge du reste, dit-elle au rouquin avant de se tourner vers les Première Année. Re-bonjour à tous. Comme je vous l'ai dit avant votre Répartition, je suis le professeur Mcgonagall. Je vous enseignerai la Métamorphose et je suis aussi votre directrice de maison. Mon rôle est de m'assurer que chacun d'entre vous, qui avait été jugé digne de la noble maison de Gryffondor, puisse vivre ses études de la meilleure façon qui soit. Pour cela, je vous invite à ne pas hésiter à venir me parler en cas de problème. »
La vieille femme tourna son regard vers le feu, semblant se perdre quelques instants dans la danse de ce dernier, avant de reprendre.
« - Gryffondor est la maison des Braves. Ceux qui placent le courage au-dessus de toutes les autres vertus. Cela ne veut pas dire pour autant que nous sommes des inconscients, contrairement à ce que pensent nos collègues et camarades. Le courage n'est pas de la témérité. Si j'apprends que l'un d'entre vous s'est mis en danger ou pire, qu'il a entraîné quelqu'un d'autre dans ce même danger, je ne montrerai aucune pitié. Est-ce clair ? »
Un tantinet effrayés, les enfants se contentèrent pour la plupart d'hocher la tête ou de murmurer un petit oui.
« - Bien. Pour en venir au fonctionnement de l'école, sachez que vos horaires vous seront distribués demain. En première et deuxième année, les matières vous seront imposées. Potions, Sortilèges, Métamorphose, Défense Contre les Forces du Mal, Botanique et Histoire de la Magie. Ces six matières vous suivront jusqu'en sixième année, où vous pourrez choisir d'en abandonner certaines au profit d'autres. En troisième année, des options vous seront proposées pour étoffer votre cursus. Mais cela est encore loin, venons-en au plus important : les points. Chaque bonne action, en cours ou ailleurs, est récompensée par le gain de points pour la maison Gryffondor. Au contraire, chaque mauvaise action est punie par une perte de ces mêmes points. À la fin de l'année, la maison qui a le plus de points gagne la Coupe de Quatre Maisons. Je compte sur vous pour que la Coupe trône sur mon bureau dès la fin de cette année, est-ce clair ? »
Encore une fois, seul des hochements de têtes, ainsi que quelques oui, encore moins nombreux que la fois d'avant, lui répondirent.
« - Nous sommes d'accord. Je pense vous avoir dit tout ce qui était important. Vos malles ont été transportées dans vos dortoirs, qui se trouvent en haut de ces escaliers. À droite pour les garçons, à gauche pour les filles. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit, jeunes gens. »
Sur ces mots, le professeur passa par l'arcade du portrait, qui se referma derrière elle.
Hésitants, les enfants finirent par se disperser. Certains montèrent directement dans les dortoirs, d'autres, comme Mérida, se dirigèrent vers des élèves qu'ils connaissaient.
La jeune fille s'installa dans un canapé, à côté de Charlie et en compagnie de Fred et George. Le plus âgé pris un malin plaisir à leur raconter un tas d'histoires sur les profs, ainsi que les légendes qui courraient dans Poudlard, comme celle du fantôme des toilettes du deuxième étage, qui avait soi-disant le pouvoir de vous noyer dans la cuvette si vous le vexiez.
Mérida passa sa soirée à rire avec ses cousins. Elle se coucha à une heure tardive, complètement exténuée. Le lendemain matin, le réveil d'une de ses voisines se mit à sonner violemment, émettant un son strident, une sorte de truc comme…. DRIIIIIING.
Mérida sursauta. Le son avait été bien trop réel pour un simple rêve. En effet, la sonnerie qui annonçait la fin du cours venait de retentir. La jeune fille rangea rapidement ses affaires, oubliant complètement son voisin dont elle avait embarqué la moitié des parchemins dans sa précipitation, avant de se diriger vers son prochain cours, celui d'Histoire de la Magie. Un cours génial selon Charlie.
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
(1) Cette petite énigme, bien qu'un peu remaniée, provient du site « enigmatik . epikurieu »
(2) « Acuto » signifie « métal pointu », en latin.
Et de 4. Avec l'explication de pourquoi Horrib'Haddock plutôt qu'Horrendous. Juste pour ce jeu de mot débile qui tourne en surnom méchant. Qui commence à ne plus aimer Jack ?
L'explication du Quidditch n'était pas prévue, mais comme certains lecteurs ne connaissent pas bien Harry Potter et que le quidditch est quand même un élément important, je préfère l'expliquer.
J'espère que la transition souvenir-présent était assez claire. Je n'aime trop l'idée d'écrire « Flash-back » et « Fin du flash-back » en gros, je trouve que ça casse le rythme. Et comme les souvenirs prenaient la quasi-totalité du chapitre, tout mettre en italique aurait fini par donner mal aux yeux.
Mérida et Harold ont des parties un peu plus courtes, mais je rattrape ça la semaine prochaine, car ils seront les personnages principaux du chapitres 5 : « Ballades interdites ». Chapitre qui sera probablement le dernier de la Partie 2.
On reverra aussi Tooth, North, Gothel, Fergus, Léanore, Gobber et Stoïk dans un bonus qui arrivera mercredi. Pourquoi ? A vous de deviner ).
Oh, et j'ai enfin vu Rebelle en entier, moi qui n'avait jamais vu que la partie depuis la transformation d'Élinor jusque la fin. Le film est pas mal. Il ne vaut pas Dragon, mais il est pas mal.
Nda – Nda – Nda – Nda – Nda – Nda – Nda
Une dernière petite chose. Ce message est pour vous, lecteurs anonymes.
Le monde de la Fanfiction est merveilleux. Il permet trois choses impossibles avec un livre normal : publier ses écrits sans avoir besoin de passer par une maison d'édition, suivre des histoires au fil de leur construction (c'est parfois magnifique de constater l'évolution d'un auteur entre le premier et le dernier chapitre de son histoire) et surtout, la fanfiction vous permet, à vous, les lecteurs, de réagir.
Comment réagir ? Et bien en laissant une review. Pas besoin de laisser une pavé philosophique, un simple « J'adore, continue » est déjà extrêmement satisfaisant. Même si la review constructive est très enrichissante.
Si vous n'écrivez pas, vous ne savez pas ce que c'est de voir qu'une petite trentaine de personnes sont passées sur un chapitre, et qu'il n'en résulte que deux ou trois reviews reviews. Ça veut dire quoi, exactement ? Que les 28 autres n'ont pas appréciés l'histoire ? Ce n'est peut-être pas le cas, mais c'est l'impression que ça laisse.
Je ne vous demande pas de laisser un mot à chaque nouveau chapitre. On n'a parfois pas le temps, on oublie ou on n'a tout simplement rien à dire. Mais me faire savoir, de temps en temps, que vous avez bien aimé telle ou telle chose, c'est déjà beaucoup pour moi.
Les auteurs de fanfiction, pas seulement moi mais tous les autres, écrivent pour être lu et pour s'améliorer. Si on n'a pas de réaction, et bien l'envie d'écrire et surtout l'envie de publier fini par s'éteindre. J'ai vu comme ça de magnifiques histoires rester à jamais tableau inachevé par démotivation de l'auteur.
Si je vous écris ce mot aujourd'hui, c'est avant tout égoïste. C'est pour moi que je le fais, car c'est moi qui commence à me demander si ce que je fais vaut le coup. Mais quand vous arriverez au bout de ce texte, pensez aussi à tous les auteurs auxquels vous n'avez jamais laissé de mots et que vous avez peut-être mis dans le doute par la même occasion.
Bien à vous,
R.J. Potter-Lupin
Nda – Nda – Nda – Nda – Nda – Nda – Nda
À mercredi pour le bonus et à lundi pour le chapitre 5 !
5165 mots, 12 pages (mes chapitres ne cessent de s'allonger, dis donc)
