Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : J'utilise les noms d'Harold et de Raiponce. J'adore « Hiccup » mais j'exècre « Rapunzel » à un tel point que la version française gagne haut la main.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Note 3 : J'utilise Severus Snape au lieu du francisé Severus Rogue pour conserver l'allitération en « s » de l'original.
Merci beaucoup à Aangelik pour sa correction.
Merci à Were-Wouf, Emmawh, Isis Nephtys, Philou, Plume1304 et Deadlyfury pour leurs reviews.
Philou : Voilà le nouveau chapitre ! Merci beaucoup pour tous tes compliments !
Et maintenant, place à la fiction !
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Chapitre 5 : Ballades interdites
Le soleil d'automne dardait ses rayons sur la Forêt. Les arbres centenaires étendaient leurs ombres sur le sol, créant tout un monde fait de formes floues et d'entrelacs abstraits. Dans ce monde, un enfant se déplaçait discrètement, essayant de ne pas effrayer les créatures cachées dans les ténèbres.
Ses efforts furent vains, car il fut bien vite repéré par un écureuil occupé à faire ses récoltes en prévision de l'hiver. Le petit animal, paniqué par cette apparition soudaine, enfourna dans sa bouche les noisettes qu'il venait de trouver, avant de fuir vaillamment dans l'arbre le plus proche.
Inconscient de la frayeur qu'il venait de causer au petit mammifère, le garçon s'arrêta et respira un grand coup ces odeurs propres aux forêts. Tout cela lui rappelait son chez lui. Le bois qui s'étendait derrière sa maison. Les arbres bienveillants, le gouffre aux Corbeaux et son étang dans lequel il faisait tremper ses pieds meurtris par les heures de marche… Cela lui rappelait aussi les Esprits des Arbres, même si, ceux-là, il aurait préféré les oublier.
L'enfant regarda un instant ses chaussures, légèrement hésitant. Puis, ayant apparemment pris une décision quant à la marche à suivre, il retira ses chaussures et chaussettes, avant de poser ses pieds maintenant nus sur le sol tendre de la forêt. Dieu, qu'est-ce qu'il pouvait détester les chaussures réglementaires de Poudlard.
Tout à ses pensées, il n'entendit pas les branches craquer derrière lui. Ni le bruit peu discret de respiration que produisait ce qui approchait. Il allait bientôt amèrement regretter de ne pas avoir tendu un peu plus l'oreille. L'être vivant s'approcha un peu plus puis se lança.
« - Qu'est-ce que tu fais là ? »
Cela eut le don de sortir l'enfant de sa rêverie. Surpris, il se retourna brusquement, dévoilant sa cravate rayée jaune et noire.
« - Je… Je me promène. Mais je pourrais te retourner la question. La Forêt est censée être interdite.
- Il se trouve que je me promène aussi. J'avais l'habitude de le faire, dans la forêt près de chez moi. Mais de tous les habitants de Poudlard, tu es bien le dernier que je m'attendais à rencontrer ici. Comme tu viens de le dire, la Forêt est interdite d'accès et je ne te voyais pas du genre à briser le règlement, dit le nouvel arrivant, ou plutôt la nouvelle arrivante.
- Il n'y a pas vraiment de danger, tant que tu ne viens pas ici à la Pleine Lune, que tu évites le territoire des centaures et la cuvette au Nord-Ouest.
- Comment tu sais qu'il y a des centaures dans la Forêt ?
- Il suffisait de lire l'Histoire de Poudlard pour le savoir, répondit le Poufsouffle.
- Et comment tu as su pour la cuvette ? C'est aussi dans l'Histoire de Poudlard ?
- Non, il suffisait de le demander aux centaures pour le savoir. »
La jeune fille resta bloquée quelques secondes. Ce garçon était vraiment différent de ce que l'on pouvait imaginer en le voyant pendant les cours ou dans les couloirs.
« - T'es vraiment bizarre, tu sais, finit-elle par conclure.
- T'es pas mal non plus, dans ton genre », répondit l'autre du tac-o-tac.
Leurs réponses respectives firent naître un sourire sur le visage des deux élèves.
« - Il y a un arbre-télépathe qui a pris la forme d'une table, là-bas. Si tu veux, on peut y aller. On sera mieux que debout, proposa le Poufsouffle.
- Alors allons-y, répondit la fille. Au fait, je suis Mérida Dunbroch. Gryffondor. »
- Je sais. On a cours de métamorphose ensemble. Et moi je suis…
- Harold Horrib'Haddock, finit Mérida.
- Juste Harold. Ou Haddock, grimaça le garçon.
- Eh bien, Juste-Harold-Ou-Haddock, tu me le montres cet arbre ? »
Les arbres-télépathes sont des plantes magiques. Ou plutôt, des plantes victimes de la magie. Celle-ci les a dotées de la capacité d'entendre les pensées, et ce dès leur naissance. Alors, durant leur première année d'existence, ces arbres récoltent toutes les pensées des voyageurs passant près d'eux et, à leur premier anniversaire, ils choisissent une forme parmi ces pensées. Une forme qu'ils prennent et gardent toute leur vie.
C'est d'ailleurs ainsi que naquit la légende de Daphné. Un arbre-télépathe, le jour de ses un an, choisit comme forme celle d'une jeune fille éplorée, image qu'il avait capté dans la tête d'un jeune homme qui venait de se voir refuser la main de la fille qu'il aimait. Cet arbre grandit, grandit, jusqu'au jour où un poète latin, un certain Ovide, remarqua cet étrange arbre et décida d'en faire une nymphe transformée en arbre pour pouvoir échapper à l'amour d'un dieu(1).
Cet arbre-télépathe ci avait fait preuve de beaucoup moins d'originalité le jour où il avait dû choisir sa forme. Il faut dire que le trafic est beaucoup moins dense dans une forêt censée être interdite qu'au bord d'un chemin indiqué dans ce qui servait de guide touristique durant l'Antiquité. Alors, parmi tout ce qu'il avait pu emmagasiner, il choisit la forme qui était revenue le plus souvent : une table.
C'est ainsi que, à une dizaine de mètres de la lisière de la forêt, au beau milieu des arbres, gisait une table, réplique parfaite et profondément enracinée d'une des tables de la Grande Salle. Et c'était à cette table, fournie avec des bancs assortis, que s'étaient assis Harold et Mérida.
« - Tu te balades souvent ici ? demanda la rousse.
- Le weekend. J'aime bien les bois.
- Et tu fais quoi ? Tu restes quand même pas les pieds plantés dans la terre, comme quand je suis arrivée tantôt ?
- Quoi ? Non ! J'explore, en fait. Je fais petit bout par petit bout. Et toi, tu viens faire quoi ?
- J'essaye d'échapper à mes cousins. Ils sont gentils, mais qu'est-ce qu'ils sont collants. Ils ne peuvent pas s'empêcher de vouloir me montrer tout Poudlard. Et en plus, ils sont cinq ! Dès que je quitte la Salle Commune pour échapper à l'un d'entre eux, il y en a deux autres qui me tombent dessus pour me montrer ceci ou cela.
- T'as de la chance, quand même. Moi, j'aimerai bien avoir des cousins ici. Mais tout ce que j'ai, c'est un Serpentard qui s'est mis en tête de me détester pour une raison que j'ignore.
- Overland, hein ? affirma Mérida plus qu'elle ne le demanda. J'ai remarqué que tu le fuyais.
- Je suis bien obligé. Dès qu'il me voit et que son copain n'est pas dans les parages, il me saute à la gorge. On dirait qu'il veut me faire payer un truc horrible que je lui aurai fait, alors que je ne l'ai jamais vu avant Poudlard. »
Le silence s'installa entre les deux Première Année. Silence que Mérida finit par briser.
« - Dis,… commença-t-elle, hésitant à finir.
- Oui ?
- La Forêt. Il, euh, il y a quand même des trucs dangereux. Dedans, je veux dire. Ça te dirait pas qu'on les affronte à deux ?
- Pourquoi pas, sourit Harold. Ça pourrait être chouette.
- Génial ! », s'exclama la Gryffondor. Elle tendit la main devant elle. « Amis » ? demanda-t-elle.
Harold fixa la main tendue de la rousse. Il finit par y joindre la sienne.
« - Amis », conclut-il.
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Une semaine plus tard, le mois de septembre touchait à sa fin. L'amitié entre Harold et Mérida avait failli faire de même.
Si Harold avait été amical tout le temps où ils étaient restés dans la forêt, l'ambiance avait radicalement changé une fois que les deux amis avaient franchis la lisière des bois. Le Poufsouffle s'était montré distant, lui avait dit au revoir d'une manière plutôt froide sur le perron du château puis s'était presque enfui vers le premier sous-sol, là où se situait la Salle Commune de Poufsouffle d'après les cousins de Mérida.
Ce comportement avait intrigué la jeune fille, qui avait essayé de confronter le Gallois toute la semaine. Chacune de ses tentatives avait été un échec, se soldant la plupart du temps par une fuite précipitée d'Harold. La Gryffondor dut attendre le weekend, se rendant au lieu de rendez-vous convenu la dernière fois, pour que le garçon accepte de lui répondre.
« - Ce n'est pas bon d'être vu avec moi dans les couloirs.
- Quelle différence entre ici et les couloirs, Harold ! s'exclama la jeune fille, qui sentait la colère monter face à la réponse évasive de son ami.
- Ici, il n'y a personne », répondit simplement le Poufsouffle.
Sur ces mots, il s'enfonça entre les arbres. Dépitée, Mérida le suivit, histoire de ne pas se faire larguer.
Une semaine plus tard, elle eut la réponse qu'elle cherchait. Au détour d'un couloir, elle tomba sur Harold, qui était encore une fois invectivé par Jack Overland.
« - Franchement, disait le Serpentard, tu ne devrais pas sourire. M'est d'avis que tes dents tordues ne sont pas faites pour être montrées. »
Le jeune Haddock se contenta de fermer les yeux, pour empêcher les larmes de couler.
« - Et alors, l'Horrible, t'as perdu ta langue ? » continua le garçon.
Ce furent les mots de trop pour Mérida. Elle se détacha du mur derrière lequel elle se cachait pour s'avancer. Mais quelque chose l'empêcha d'avancer.
Là, à quelques mètres, Jack Overland lui tournait le dos. Et face à lui, Harold. Ce dernier la fixait. Et ses yeux suppliaient Mérida de ne pas intervenir. Alors, face à ce regard, elle céda. Elle tourna les talons, et s'enfuit loin de ce couloir. Arrivée à la Salle Commune de Gryffondor, elle ne prêta même pas attention à Bill, qui l'avait interpellée, et elle alla s'enfermer dans son lit à baldaquin.
« Pourquoi ai-je fuis ? » se demandait-elle. Elle n'avait jamais réellement fait attention aux désirs des autres. Elle faisait ce qu'il lui semblait juste, sans se soucier de ce que voulait réellement ceux qu'elle jugeait aider. Alors pourquoi avoir céder aujourd'hui, face à ces deux grands yeux verts ? La tête pleine d'interrogations, Mérida s'endormit.
La semaine d'après, elle interrogea une nouvelle fois Harold. Mais cette fois-ci, elle ne céda pas. Elle le fit s'asseoir à leur table vivante, avant de le questionner jusqu'à ce que les vannes s'ouvrent. Et là, le jeune garçon avait tout déballé. Mérida n'était pas la première à qui il avait pris l'envie d'aider le Gallois. Au début de l'année, il avait un ami, Cédric. Ce dernier avait découvert que Jack s'en prenait régulièrement à Harold et avait décidé d'agir.
Au moment où Cédric avait interpellé Jack, ce dernier s'était détourné d'Harold et avait attrapé son ami par le bras, l'amenant dans un couloir adjacent. Harold ne savait pas ce que le Serpentard avait bien pu dire ou faire à l'autre garçon mais depuis, Diggory n'adressait plus la parole à son ami.
« - Ce Cédric est un idiot. On n'abandonne pas quelqu'un comme ça. Je vais aller le voir, moi, Overland. Et je vais lui dire ma façon de penser, tempêta la jeune fille.
- Mérida, s'il-te-plaît. Il… Il est bizarre. Quand il s'en prend à moi, il a une drôle de lueur dans les yeux et Cédric avait l'air vraiment terrifié quand il est revenu de ce couloir.
- Et quoi ? On laisse ce… cet… abruti s'en prendre à toi, sans rien faire ?
- Il faut juste attendre. J'ai vais trouver quelque chose dans la bibliothèque, il me faut juste un peu de temps. D'ici l'année prochaine, je devrai avoir trouvé ce qu'il me faut.
- C'est loin, l'année prochaine. Qui te dit qu'il ne va pas lui prendre la zinne(2) de te lancer un sort ou quelque chose comme ça, en attendant.
- C'est pour ça qu'il ne faut rien faire. Tant qu'il n'a pas de raison de passer au niveau supérieur, autant ne pas lui en donner. Promet-moi de me laisser me débrouiller, Mérida.
- Mais, Harold…
- Promet-le moi, Mérida !
-D'accord, d'accord. Je te le promets. Mais toi, promet-moi que s'il te blesse, je pourrai lui mettre un œil au beurre noir.
- Je te le promets. T'es vraiment bizarre, tu sais.
- T'es pas mal non plus, dans ton genre, répondit-elle. Bon, on visite quoi, aujourd'hui ?
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Du côté de Jack, ce mois de septembre et tous ceux qui suivirent furent comme une longue balade en bateau. La routine commençait même à s'installer.
Tous les matins, il s'assurait de nourrir Bunny, puis refermait sa cage avec les deux verrous, histoire que le rongeur ne se fasse pas encore la malle. Puis, il remontait des cachots avec Marius jusqu'à la grande Salle, pour prendre son petit-déjeuner. Après, selon les jours, cela allait du bonheur au désespoir.
Le lundi était un horrible jour. Non seulement il commençait à 8h45, mais en plus avec métamorphose, sa matière honnie. Pas qu'il n'était pas doué, hein. Non, comme le répétait la Voix, Jack était exceptionnel dans tous ce qu'il faisait. Seulement, la vieille Mcgo ne l'aimait pas. Il l'entendait encore grincer dans ses oreilles. « Concentrez-vous, Mr. Overland. En métamorphose, on ne réussit pas si l'on ne se concentre pas. » Tout cela pour transformer une malheureuse allumette en bout de ferraille. Franchement.
Heureusement, certains jours il avait Sortilège, où il s'en sortait bien. Un trait familial, d'après Flitwick, qui avait eu son père en cours. Mais le mieux, c'était quand il avait potion. Contrairement à ce qu'il avait cru au départ, la Serdaigle que Rogue lui avait collé se débrouillait plutôt pas mal. Elle n'était pas une partenaire extraordinaire, mais elle n'était pas une catastrophe ambulante, au contraire de l'Horrible, d'après ce que Jack avait entendu.
En parlant de celui-là… À cause de lui, Marius lui avait fait la gueule pendant deux jours. Bon, au début, Jack avait un petit, mais vraiment un tout petit peu culpabilisé par rapport à son comportement. Puis la Voix l'avait rassuré. Le Poufsouffle n'avait eu que ce qu'il méritait et si ça n'avait pas été le cas, et bien il aurait dû se défendre. Même lui reconnaissait qu'il méritait d'être puni.
De ce fait, la Voix avait continué à prendre le contrôle de son corps quand elle croisait l'autre élève, histoire de le chahuter un petit peu. Même si, dorénavant, elle prenait toujours garde à ce que Marius ne soit pas dans le coin. De toute façon, ce n'était jamais vraiment méchant, juste de la taquinerie. Jack était sûr que le jour où la Voix déraperait un peu trop loin, il saurait l'arrêter.
Une seule fois, la Voix lui avait fait peur. Un autre garçon, un certain Diggory d'après ce que Jack avait appris le lendemain, avait voulu s'interposer. Et avant que Jack ne puisse faire quoi que ce soit, son corps avait saisi le bras de Diggory et l'avait emmené dans un couloir adjacent.
Là, à l'aide d'une force que Jack ne se connaissait pas mais que la Voix savait apparemment utiliser, son corps avait planqué Diggory contre le mur, puis ses cordes vocales avaient vibré, faisant naître des mots qui allaient mourir au creux de l'oreille de Diggory.
« - Écoute-moi bien, petit homme. Tout ce que je fais à une raison. Cet infâme Haddock mérite que l'on s'en prenne à lui, il n'est qu'un Tueur. Crois-moi, je le sais. Alors maintenant, tu vas repartir bien sagement et ne plus jamais te mêler de mes affaires. Compris ? »
Diggory ne répondit pas. Là, Jack vit avec horreur sa main, jusqu'à alors planquée contre le mur, se décoller lentement, créant dans le vide qui apparaissait entre sa paume et la pierre un pic de glace qui avait l'air atrocement affilé. Une fois qu'il fut assez long, la Voix le détacha du mur. Avant de le pointer vers la gorge de l'autre garçon.
« - Compris ? répéta-t-elle »
Jack vit une lueur de terreur naître dans les prunelles grises de l'autre garçon. Tout en tremblant, le Poufsouffle acquiesça lentement. La main de Jack le lâcha et il tomba au sol. Le pauvre ne demanda pas son reste et prit la fuite dès que ses jambes eurent retrouvé leurs capacités à le porter.
Le temps que le corps de Jack retourne là où il avait laissé l'Horrible, ce dernier avait pris ses jambes à son cou. À ce moment-là, la Voix décida de laisser Jack reprendre le contrôle. Dès qu'il sentit qu'il était de retour aux commandes, le garçon prit appui contre un mur, de peur de tomber. La Voix avait été trop loin. Elle avait menacé quelqu'un en faisant étalage de ses pouvoirs. Il ne devait plus la laisser reprendre les manettes de son corps.
Malheureusement, Jack n'était pas aussi fort moralement qu'il s'en vantait. Moins de deux semaines plus tard, à force de cajoleries et de mots doux, la Voix parvint à le convaincre de lui laisser une autre chance.
Pour le Serpentard, l'année continua comme cela, alternant les cours, les balades dans Poudlard avec Marius, les attaques contre l'Horrible et les matchs de Quidditch, sport pour lequel Jack s'était découver, si pas une passion, au moins un intérêt, renforcé par le fanatisme sportif de Marius. Noël arriva bien vite, signant le retour parmi les siens. Puis l'école recommença. La période de Pâques fut quant à elle marquée par une surexcitation, pour une raison inconnue de Jack, de son lapin Bunny.
Les mois s'enchaînèrent, jusqu'à ce que le mois de juin pointe le bout de son nez, amenant avec lui les examens de fin d'année.
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Pour Raiponce, au contraire, aucune routine n'avait eu le temps de s'installer.
Bien sûr, comme tous les autres élèves, elle devait aller en cours du lundi au vendredi. Elle se levait donc vers 7h, remettait en place le Sort du Secret, qu'elle devait défaire tous les soirs, bien à l'abri dans son lit à baldaquin, puis partait prendre sa douche.
Vers 7h15, elle rangeait ses affaires, chassait le peu de poussière qui avait eu le temps de s'installer dans sa partie du dortoir depuis la veille, bien qu'il y ait toujours quelques moutons voyageurs qui déménageaient depuis les lits voisins, lisait un peu, puis s'attelait à la tâche qui lui prenait probablement le plus de temps.
Armée de sa fidèle brosse, qu'elle aimerait quelques fois troquer contre une bonne paire de ciseaux, elle brossait ses cheveux, défaisant délicatement les nœuds. Puis elle les massait avec la lotion que lui préparait sa mère, avant de les coiffer, la plupart du temps en grosse tresse. Et si elle ratait sa tresse, tout était à refaire, depuis le brossage. Oui, la paire de ciseaux semblait parfois bien tentante.
Une fois cela fait, elle nourrissait Pascal, son caméléon. En semaine, elle le laissait là et partait prendre son déjeuner.
Selon les jours, elle avait, souvent avec les Serpentard, Potion, Histoire de la Magie, Sortilège, Botanique, Métamorphose ou Défense contre les Forces du Mal. Et les deux derniers étaient sans conteste ses matières préférées. La métamorphose était quelque chose de merveilleux. Changer quelque chose en un objet totalement autre, juste à l'aide d'une baguette et de quelques mots, c'était… et bien, magique !
Pour la Défense Contre les Forces du Mal, DCFM, en abrégé, la raison était toute autre. En fait, plus que la matière, c'était le professeur que Raiponce appréciait. Miss Thornston était une vieille fille, qui aurait probablement fait une grand-mère géniale. Elle parlait d'une voix douce qui donnait envie de se taire pour l'écouter. Elle ne l'élevait jamais, cette voix, mais se montrait impitoyable avec les chahuteurs. Ses retenues, paraissait-il, étaient effroyables. Ce n'était peut-être pas vrai, mais la légende suffisait à garder les plus énergiques des gamins relativement calme.
De plus, dans sa jeunesse, Miss Thornston avait été une baroudeuse. La plupart de ses cours, elle les passait à raconter ses aventures dans des contrées reculées où des créatures ou des sorciers vicieux l'avaient attaquée. Et la DCFM, tous ces sorts qu'elle leur enseignait maintenant, lui avait permis de s'en sortir. Voilà de quoi donner l'envie à n'importe qui d'apprendre ces formules qui paraissaient horriblement ennuyeuses. Mais apparemment, le sort de « Jambenconton » était on ne peut plus efficace contre le dangereux Frollak baveux. Même si Raiponce n'était pas vraiment sûre de ce que c'était exactement, un Frollak(2).
Ça, c'était le plan pour les jours de semaine. Le weekend, cela changeait du tout au tout.
Enfin, du tout au tout, pas vraiment. Le matin conservait les mêmes rituels, à savoir se réveiller, lancer le sort, se laver, ranger, lire, faire ses cheveux et nourrir Pascal. Sauf que, au lieu de laisser son reptile sur place, elle le sortait de sa cage et le plaçait sur son épaule.
Discrètement caché par ses cheveux, Pascal restait là pendant tout le déjeuner. Ensuite, elle parlait une dizaine de minutes par miroirs interposés avec sa mère. Enfin, vers 9h, Raiponce partait à la bibliothèque, où elle faisait ses devoirs, parfois en compagnie d'autres Serdaigle, parfois seule ou, en de rares occasions, accompagnée par son partenaire de potion, Jack Overland.
Une fois tout cela fait, elle rangeait ses affaires et là, la véritable journée commençait. Selon son humeur du jour, elle choisissait un étage, puis une aile. Et elle commençait son exploration. Au début, elle déambulait au gré de ses envies. Mais au fur et à mesure de l'année, elle avait acquis une certaine méthode.
D'abord, elle repérait les tableaux. La plupart du temps, une ou deux flatteries suffisaient à leur faire révéler ce qu'ils savaient sur le couloir, voire le mot de passe nécessaire à leur ouverture, dévoilant la salle, ou parfois le couloir, qu'ils cachaient derrière eux. Bien sûr, cela ne marchait pas à chaque fois et il n'y avait aucun moyen de savoir si la peinture avait tout dit. Il fallait donc revenir plusieurs fois, reparler avec les tableaux.
Une fois cela fait, elle vérifiait toutes les portes, marquait sur une feuille celles qui ne s'ouvraient pas, avant de retourner interroger les tableaux. À midi, elle partait manger, puis elle recommençait la même chose l'après-midi.
À ce rythme, les weekends passaient aussi vite que les semaines. Bien vite, Noël arriva. Elle passa les deux semaines près de sa mère, avant de repartir vers le Château. Les adieux furent une nouvelle fois bercés par les larmes de la plus âgée, pendant que la petite fille essayait tant bien que mal de retenir les siennes.
Les mois passèrent, mars arriva et avec lui, le redoux. Raiponce découvrit un de ces nombreux petits bonheurs qui faisaient une belle journée : marcher pieds nus. Depuis qu'elle avait oublié de remettre ses chaussures en sortant de sa petite salle-cascade du rez-de-chaussée, elle retirait ses chaussures dès qu'elle partait en exploration.
Ainsi, sans s'en rendre compte, elle donna naissance à une nouvelle légende. Fin du mois de mai, tout Poudlard connaissait le Va-Nu-Pieds, un esprit qu'on ne voyait jamais et qui ne laissait derrière lui qui de toutes petites empreintes de pieds nus.
Personne ne soupçonna jamais la délicate petite Serdaigle blonde, qui prenait bien garde de toujours nettoyer ses pieds et de remettre ses chaussures quand elle sortait de ces couloirs poussiéreux.
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
Les examens de Première Année, qui n'étaient pas bien compliqués pour qui avait un tant soit peu révisé, ne virent aucun échec parmi ceux qui les passèrent.
Ainsi, le 30 juin, Jack, Raiponce, Harold et Mérida prirent place dans le Poudlard Express, faisant route vers la capitale anglaise. Mais bientôt, dans deux mois, ils reprendraient ce même train pour retourner au Vieux Château. Bientôt, le Projet A allait naître.
XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX
(1) La légende de Daphné, métamorphosée en laurier par son père pour lui permettre d'échapper aux amours d'Apollon, est réellement racontée dans les Métamorphoses d'Ovide.
(2) Vu qu'Aangelik n'a pas compris, je précise : une « zinne », c'est un coup de sang, un acte irréfléchi (je crois que c'est de l'argot belge : ) )
(3) Au cas où vous ne l'auriez pas vu, Miss Thornston est une horrible menteuse qui invente des histoires pour donner à ses élèves l'envie d'apprendre. Alors je n'ai absolument aucune idée de ce qu'est un Frollak Baveux. Probablement un amphibien, bleu, de 1m30 de haut. Un truc du style.
Voilà, le chapitre 5.2. Franchement, le 5.1. était une horreur. Il mélangeait la première partie de celui-ci, qui était deux à trois fois plus petite, en y intercalant les lettres aux parents et finissait sur une espèce de résumé mal fait de reste de l'année.
Je tiens à le préciser, l'arbre-télépathe est une de mes inventions, bien que ce soit fortement inspiré du monde de Terry Pratchett, où les objets et animaux finissent par avoir des caractéristiques étranges à cause d'une surexposition à la magie.
On se retrouve lundi prochain, pour le Chapitre 6 : Premières vacances.
3923 mots.
