Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : J'utilise les noms d'Harold et de Raiponce. J'adore « Hiccup » mais j'exècre « Rapunzel » à un tel point que la version française gagne haut la main.
J'utilise aussi le nom d'Harold Horrib'Haddoc, même si je préfère Horrendous. La raison apparaîtra vers le chapitre 4 (normalement).
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Note 3 : J'utilise Severus Snape au lieu du francisé Severus Rogue pour conserver l'allitération en « s » de l'original.
Merci à Aangelik pour sa correction (d'ailleurs, elle a commencé à écrire une fic, je vous conseille d'aller y jeter un petit coup d'œil !)
Merci à Emmawh, Isis Nephtys, Aangelik, DeadlyFury, Philou, Plume1304 et Were-Wouf pour leurs reviews !
Philou : Merci pour tous tes compliments ! Pour Harold, il faudra attendre le chapitre 10. Pour Mérida et Raiponce, il y a un début de réponse dans le chapitre ci-dessous mais il faudra attendre le 11 pour tout savoir. Et Raiponce a en effet trouvé quelque chose en rapport avec les Maraudeurs, mais pas la carte. Pour le rythme, j'avoue avoir sans honte pris de l'avance ).
Et maintenant, place à la fiction !
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Chapitre 8 : Le Noël des Secrets, part 1
Depuis sa fenêtre, Harold regardait la neige tomber sur Beurk. Rien de bien étonnant, à vrai dire. Ici, il neigeait 9 mois par an, et quand il ne neigeait pas, il grêlait. On se serait plutôt cru en Islande qu'au Pays de Galles, un endroit qui, partout ailleurs, ne connaissait presque jamais la neige. Après tout, un pays en bordure d'océan et battu par des vents d'ouest chauds et humides n'était pas un climat propice aux précipitations autres que la pluie. C'était une loi naturelle. Immuable.
Mais la Magie avait ses propres lois. L'une d'elle, c'était que les lois immuables étaient faites pour être bouleversées. Parce que c'est beaucoup plus drôle. Et pour cela, elle avait plusieurs vaisseaux. Les sorciers en faisant partie. Après tout, une bonne explosion de magie incontrôlée, quoi de mieux pour déranger un peu cette austère mère nature qui semblait s'encroûter dans ses vieilles habitudes.
Mais il y avait un vaisseau que la Magie affectionnait particulièrement : les dragons. Car les dragons étaient pratiquement de purs êtres de magie. En effet, difficile d'imaginer que des lézards surdimensionnés soient capable de voler malgré leur aérodynamique déficiente et puissent cracher du feu comme un lama crache ses glaires, sans qu'il y ait de la magie quelque part.
Là, l'être humain moyen réagit. Certes, quand on parle de dragon, on s'imagine plutôt qu'ils vont provoquer un réchauffement ou quelque chose dans le genre. Le truc, c'est que la Magie est non seulement une mêle-tout, mais en plus, elle est vicieuse. Les dragons vivent de la chaleur ambiante. Ils l'absorbent par petite quantité. Mais quand ils meurent, ce qui arrive souvent aux alentours de Beurk, ils font une absorption massive de chaleur. Une sorte d'explosion à l'envers. Et ils ne laissent derrière eux qu'une bulle climatique, à jamais froide.
Associez cela à une pratique intensive du massacre dragonesque depuis 300 ans, à des vents humides et à des nuages perpétuels, et vous comprendrez que l'on puisse aisément confondre Beurk avec le fin fond du Groenland. « D'ailleurs, heureusement qu'on a des barrières repousses-moldus », se dit Harold.
Bref, on était le 24 décembre au matin, et il neigeait sur Beurk. Pour la plupart des enfants, cela signifierait une journée dans la neige avant une soirée au coin du feu, à attendre le Père Noël. Mais pas pour les enfants de Beurk. Parce que quand on vit dans la neige environ 365 jours par an, on n'a pas forcément envie de d'aller se rouler dedans le jour de Noël. Mais en plus, ici, on n'attendait pas le Père Noël sur son traineau. On attendait le vieil Odin, dieu nordique borgne et lugubre.
Harold se souvenait encore de la fois où un membre de la Brigade des Pères Noëls(1), ces vieux sorciers qui se déguisent en Père Noël pour faire plaisirs aux enfants, moldus comme sorciers, et entretenir la légende. Le pauvre homme, un certain Liam Wesselby, avait voulu se poser au milieu du village, là où les hommes adultes faisaient encore la fête. Grosse erreur.
Stoïk Haddock avait attrapé le vieux bonhomme vêtu de rouge, puis lui avait hurlé qu'ici, on ne voulait pas de vieux pervers qui prenaient des enfants sur leurs genoux à longueur de journée. Ici, les gosses bien élevés attendaient que le vieil Odin leur dépose des cadeaux dans le casque familial, ou que Loki vienne leur tirer les pieds s'ils n'avaient pas été sage. Le pauvre vieillard avait ensuite passé le reste de la nuit accroché à un poteau, à regarder ses ravisseurs boire comme des puits sans fond. Le lendemain, Stoïk, dégrisé, avait bien vite détaché le captif, lui présentant ses plus plates excuses.
« - HAROLD ! » cria une énorme voix en bas des escaliers.
Quand on parle du loup…
« - J'arrive », répondit le jeune adolescent.
Dévalant les marches une à une, histoire de ne pas arriver en bas trop vite, Harold finit par venir se planter face à son père. Il détestait se tenir ainsi, face à cet homme qui le dominait comme un ours devant un lapin. Ça lui rappelait un peu plus à chaque fois combien il était chétif face à son géniteur.
« - Eh bien, t'en as mis du temps ! On a besoin d'aide à la place. Il faut mettre en place toutes les tables pour le banquet de ce soir. Allez, files ! »
Harold s'exécuta en soufflant. Avec un peu de chance, cela ferait passer la journée un peu plus vite et cette maudite fête de Noël, oh, pardon, Snoggëltog, comme il fallait dire selon son père, serait bientôt de l'histoire ancienne. Au moins pour un an.
Comme de fait, 18h arriva plus vite qu'Harold n'aurait pu l'espérer. Et avec elle, le Banquet des Dragons. Non pas que les Beurkois, ainsi que l'on désignait les habitants de cette petit bourgade du nord du Pays de Galles, mangent du dragon. Non, non, non. C'est complètement indigeste, même pour l'estomac le plus solide. Pendant le Banquet des Dragons, on mangeait comme tout le monde : cochons à la broche, pièces de bœuf, volailles, quelques légumes, ect. C'était l'éclairage qui était particulier. Pendant le banquet, on brûlait les carcasses des dragons tués dans la semaine. Les Chasseurs disaient que grâce à cela, le village embaumait l'odeur de la victoire et que les chasses seraient bonnes l'année à venir. Harold, lui, trouvait juste que cela sentait le charnier.
De plus, le Banquet des Dragons était long. Très long. Toute personne qui n'était pas en train de passer l'arme à gauche avait l'interdiction formelle de se lever avant 23h. Autant dire qu'il valait mieux se rendre aux toilettes avant. Donc, de 18 à 23h, Harold, assis à la droite de son père depuis son entrée à Poudlard, devait patienter, écouter les hommes du village raconter leurs exploits, hocher de temps en temps la tête et faire semblant de s'intéresser aux in-croy-ables découvertes du vieux Mildiou en matière de culture du chou. Heureusement, Gueulfort était là pour l'occuper un peu, même si l'homme blond passait plus de temps à essayer de récupérer sa fausse dent qui tombait sans cesse dans son verre qu'autre chose.
Quand 23h sonnait enfin, les femmes et les enfants de moins de 16 ans avaient le droit, et même l'obligation, de se lever. Ils devaient rejoindre le plus vite possible leurs maisons, et laisser les hommes du village festoyer entre eux pour honorer le dieu Odin, afin que celui-ci soit généreux en cadeau avec leurs mioches. Tout un programme.
Pour les enfants qui, comme Harold, étaient orphelins de mère, on leur faisait confiance. Enfin, la plupart du temps. Stoïk se contentait de demander à une de ses voisines de bien vouloir vérifier que son fils rentre sain et sauf au bercail. Chose que Mme Hofferson s'occupait de faire depuis maintenant 7 ans. Chaque année, elle le déposait devant chez lui, attendait qu'il ait refermé la porte, pour rentrer chez elle, accompagnée d'Astrid, sa fille.
Ce que Mme Hofferson ignorait, c'était que sitôt sa porte fermée, Harold se précipitait sur la porte de derrière, puis allait s'enfoncer dans la forêt.
Normalement, à cette période de l'année, s'enfoncer dans la forêt est dangereux. Après tout, les nuits d'hiver, surtout à Beuk, sont noires comme le charbon. Mais pas le jour de Noël.
À ce moment-là, les arbres s'illuminaient de magie. Et ça n'avait pas grand-chose à voir avec Noël, à vrai dire. C'était la mort de l'ancien Roi-Houx et l'avènement du Roi-Chêne qui emplissaient les végétaux de magie, et leur permettaient d'éclairer les bois comme si mille lampadaires avaient été plantés dans la nuit.
Cette nuit du 24 décembre, Harold s'enfonçait donc dans la forêt. Il allait voir quelqu'un de très spécial. Quelqu'un qui sommeillait à jamais au cœur des arbres.
Après une petite vingtaine de minutes de marche, le jeune garçon arrivait au Gouffre aux Corbeaux. C'était une crevasse qui donnait sur un petit encaissement, où un lac avait pris naissance. D'habitude, pendant ses explorations, il s'arrêtait là. Ce qui vivait de l'autre côté du Gouffre n'aimait pas vraiment recevoir de la visite. Mais en ce jour, ces êtres étaient occupés. Alors il en profitait.
Traversant tout le petit val, Harold grimpa sur l'autre versant. Là, la forêt semblait devenir plus sauvage, les arbres étaient plus resserrés, les plantes plus présentes. Comme chaque année, le Poufsouffle s'engouffra dans les ténèbres sans hésiter. Ce n'est que quelques minutes plus tard qu'il marqua un arrêt. Devant lui, se dressait un arbre mort. Son écorce était noire, ses branches tordues, comme si l'arbre avait été cruellement torturé avant de rendre l'âme. Respectueusement, Harold s'approcha du végétal, avant de poser sa main dessus et de fermer les yeux.
« - Que fais-tu ici, enfant ? » intervint une voix depuis les fourrés.
- Bonsoir, Sváfa.
- Réponds-moi. Que fais-tu en ces lieux sacrés ?
- Sors de l'ombre et je te répondrai », répondit Harold sans ouvrir les yeux ni décoller sa main de l'arbre.
Des fourrés sorti… une femme. Une femme plutôt grande, élancée, à la peau claire et aux cheveux roux foncés. Si ce n'était ses yeux totalement bruns, dépourvus de pupille et de blanc, on aurait pu la prendre pour une humaine.
« - Vas-tu enfin me répondre ? demanda la femme.
- Comme chaque année, Sváfa. Je viens rendre visite à ma mère.
- Cela fait bien longtemps que ta mère n'est plus ici. Depuis avant ta naissance.
- Pourtant, c'est la seule chose qui me reste d'elle. Par ta faute, et celle de tes sœurs.
- La faute, c'est Valhallarama qui l'a commise, en se corrompant avec ton père. En te mettant au monde. Nous n'avons fait que rendre le jugement de la nature.
- Vous n'avez fait que démontrer votre absence de compassion. Rien d'autre. Ne ressens-tu donc pas une infime tristesse envers ta sœur, tuée par ta main et celle de ta famille.
- La tristesse m'est inconnue, enfant, se contenta de dire la créature.
- Tout comme l'amour. Et la joie. Et tout autre sentiment.
- Vois où cela a mené ta mère, de ressentir cet amour dont tu parles.
- Je vois. Je suppose que je n'arriverai jamais à te faire changer d'avis.
- Maintenant, va-t'en, enfant. Nous sommes déjà bien magnanimes de te laisser venir ici, mais ton temps est écoulé.
- Bien. Alors, à l'année prochaine, Sváfa. Pense à ce que je t'ai dit.
- Je te répondrai comme chaque année : Il ne m'est pas nécessaire d'y penser.
- Et pourtant tu le fais. Même tes sœurs s'en rendent compte. Sinon, tu ne serais pas celle qu'elles envoient chaque année affronter l'infâme bâtard, la honte que je suis. Parce qu'elles voient que ça te change. Et elles ont peur qu'il leur arrive la même chose », termina Harold, en retournant vers le Gouffre, et vers son village.
Sváfa regarda l'adolescent s'éloigner. Quand il fut hors de vue, elle se tourna vers le tronc noir et tordu et posa sa main dessus.
« - Ton fils te ressemble, Valhallarama. Espérons qu'il ne connaisse pas ton sort. »
Sur ces mots, elle s'en retourna entre les arbres.
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Bien plus au nord, dans son château en Écosse, il ne neigeait pas, il pleuvait, comme souvent en Écosse. De toute façon, même s'il avait neigé, Mérida n'aurait pas pu aller se rouler dans la poudreuse, car elle était actuellement en train d'éplucher un navet.
Chez les Dunbroch, Noël se fêtait en famille. Mais la famille au sens le plus récent, c'est-à-dire Mérida, ses parents et ses trois frères. Bien sûr, Fergus avaient des cousins, les McGuffin, McIntosh et les Dingwall. Mais ceux-là ne venaient jamais à Noël, étant invités pour la fête de la Saint-Sylvestre. Autrement dit, pour Mérida, le 24 décembre était d'un ennui mortel.
Le matin, sa mère la faisait lever à 8h, puis l'entraînait aux cuisines, histoire de préparer le souper. Le jour de Noël était d'ailleurs le seul où sa mère allait se perdre dans les fourneaux. Et à raison : non seulement cela ne seyait pas à une Lady de cuisiner mais de plus, comme sa fille, elle était une catastrophe culinaire ambulante. Bien souvent, les cuisinières, histoire de ne pas vexer la maîtresse de maison, lui demandaient de peler les légumes ou de peser les ingrédients, la tenant loin de tout ce qui relevait de la cuisson. Les cuisines ne s'étaient toujours pas remisent de l'incendie de Noël 84.
À midi, les deux femmes se contentaient de sandwich, histoire de garder de la place pour le grand repas du soir. Puis, vers 13h, elles se remettaient aux fourneaux, au plus grand désespoir des cuisinières.
Ensuite, vers 19h30, le repas commençait. Apéritifs et amuse-gueules, d'abord, puis, une petite heure plus tard, on servait le repas. C'est à ce moment-là que, chaque année, Mérida se rendait compte que sa mère et elle n'avaient tout bonnement rien fait durant la journée. Alors qu'elles s'étaient contentées de peler quelques légumes à peu près correctement, les serveurs approchaient avec des plats titanesques, dignes de grands restaurants.
Volailles rôties, porc en sauce, bœuf mijoté, gigots d'agneaux, légumes de toutes sortes et pommes de terre sous toutes les formes possibles s'étalaient sur la table. Tellement que Mérida doutait que les six personnes présentent puissent tout manger. Mais c'était sans compter sur son père. Fergus Dunbroch, le Roi-Ours, avait un appétit d'ogre. Et les manières qui allaient avec, ce qui avait le don d'énerver Élinor et de faire s'esclaffer Mérida, au plus grand déplaisir de la Lady Dunbroch.
Après, aux alentours de 22h, bien souvent, on desservait la table. Pendant une petite demi-heure, les cinq Écossais laissaient leurs ventres se reposer, histoire de digérer un petit peu la quantité invraisemblable de nourriture qu'ils venaient d'avaler. Ensuite, on apportait le dessert, une magnifique pièce montée décorée aux couleurs de Noël.
C'était vers onze heure du soir que la soirée devenait réellement intéressante. Une fois le dessert fini, Fergus partait s'installer près du feu de l'immense Salle à Manger, dans le fauteuil moelleux qui demeurait là depuis maintenant des années. Élinor, pour sa part, allait se placer dans le divan et prenait deux des triplets, souvent Hamish et Hubert, avec elle. Quant à Mérida, elle s'occupait d'Harry et allait s'asseoir, enroulée dans une couverture avec son frère, par terre, près du feu.
Quand tout le monde était à sa place, la Lady sortait sa baguette, une longue tige de de hêtre, qui lui servait à faire apparaître des images liées à son histoire, avant de débuter :
« Il y a bien longtemps, dans un royaume dont on a oublié le nom, vivait un grand Roi, juste et bon. Ce Roi aimait son peuple de tout son cœur, mais aimait encore plus ses quatre fils. »
Du bout de la baguette d'Élinor, de la fumée pâle s'échappait, formant dans les airs la forme d'un homme assis sur un trône, au pied duquel se tenait quatre formes humaines, les fils du Roi. D'un air plus qu'intéressé, Hamish avança sa main, faisant se disperser quelques peu la fumée.
« Chacun des quatre fils avait une qualité particulièrement exacerbée. Le plus jeune était sage. Le troisième était généreux. Le second était juste. Et le fils ainé, était fort. Là où les trois autres respectaient les qualités propres à chacun, ce dernier voyait la force comme la seule chose qui comptait. »
Dans les airs, la forme du trône se dissipa, ne laissant que les quatre fils, maintenant personnages principaux de la scène.
« À la mort du Roi, il avait été décidé que le Royaume serait divisé en quatre parts égales, afin qu'aucun des fils ne soit lésé. Ce qui ne fût pas du goût du plus vieux des héritiers, qui jugeait que son droit d'aînesse, en tout cas devait prévaloir. Mais, aussi fort qu'il fut, il ne pouvait lutter contre ses trois frères. C'est alors que, perdu dans les bois, près des Pierres Levées, il aperçut un feu follet. »
La scène brumeuse changea. On ne vit plus que l'ainé des quatre fils, qui suivait une flammèche et se retrouvait face à une masure en bois et vieilles pierres.
« D'après la légende, les feu follets, ces âmes damnées qui errent dans les bois, vous conduisent vers votre destin. Ce feu follet là conduisit le fils ainé au plus profond des bois, où il fit une rencontre qui allait bouleverser sa vie. Le fils ainé du vieux roi venait de rencontrer la Sorcière d'Écosse. »
La scène changea une nouvelle fois. On ne vit plus le fils rebelle, mais seulement une vieille femme aux traits brouillés, penchée sur un grand chaudron.
« L'homme, qui pensait que seule la force pourrait l'aider à réaliser sa volonté, demanda à la Sorcière de le rendre plus fort. Plus fort qu'un homme, plus fort que dix hommes réunit. En paiement, l'homme offrit à la vieille femme une bague ornée des armoiries de sa famille, cadeau de feu son père. Alors, mélangeant dans son grand chaudron des ingrédients plus horribles et dégoûtants les uns que les autres, la Sorcière prépara un philtre qui offrirait ce qu'il voulait à l'homme. »
Dans les airs, la silhouette du premier fils se redessina dans les airs. On le vit boire un gobelet, puis lâcher se dernier et commencer à se tordre de douleur.
« L'ainé sentait son corps se distordre. Que pouvait bien lui avoir donné la Sorcière ? Son corps se couvrit de fourrure, ses dents devinrent des crocs, ses mains des pattes. Dans la chaumière se dressait maintenant un ours gigantesque. Le premier fils venait bien de gagner la force de dix hommes, mais au prix de son humanité. »
La fumée, un peu plus abondante, redessina les contours du château du Vieux Roi.
« Le fils ainé, devenu l'Ours, se présenta au château. Faisant fi des flèches et des épées, il se fraya un chemin vers la Grande Salle, où trônaient ses trois frères. L'un après l'autre, l'Ours les tua. Bien vite, ce fait arriva aux oreilles d'Arthur Dunbroch, chef d'un royaume proche de celui du Vieux Roi. Ayant appris que c'était la Sorcière d'Écosse qui avait transformé le fils ainé, il se rendit au plus profond de la forêt, où il rencontra la vieille femme. La menaçant, il lui ordonna de réparer ce qu'elle avait fait. »
On vit dans les airs, l'image de la vieille femme, penaude, face à un homme tenant une épée.
« La Sorcière expliqua au Lord Dunbroch qu'elle était incapable de défaire son sort. Mais qu'un homme pouvait y arriver. Incertain, Arthur lui demanda quel homme pouvait venir à bout d'un tel monstre. En souriant, la vieille femme se contenta de se lever, embrassa l'homme sur le front, puis lui dit qu'il avait dorénavant tout ce qu'il fallait pour affronter l'Ours ».
D'un geste de la baguette, Élinor modifia la scène, représentant maintenant l'homme face à l'Ours, dans la Grande Salle du château.
« Quand il se présenta devant la bête, que les habitant avaient fini par appeler « Mor'du », Arthur n'eut pas peur. Et soudain, il se transforma en… »
À ces mots, Fergus se leva de son siège, avant de se transformer en gigantesque plantigrade au pelage roux. Face à lui, un double de fumée.
« Ours »
Fergus et l'ours blanc commencèrent à se battre, à la plus grande joie des triplets et de Mérida, qui ne se lassaient pas de revoir ce même spectacle tous les ans.
« Le combat fut violent. Il ne peut pas en être autrement quand deux créatures ayant la force de dix hommes s'affrontent. Au bout de plusieurs heures, Arthur vint enfin à bout du terrible Mor'du. Mais contrairement au fils ainé, il ne resta pas ours. Il avait maintenant le don de passer d'homme à ours et inversement, à volonté. »
Fergus, venu à bout du monstre de fumée, reprit sa forme humaine et se laissa retomber dans le fauteuil.
« Depuis ce jour, tous les Dunbroch deviennent des animagus. Et tous se transforment en ours, en souvenir du courage d'Arthur Dunbroch ».(2)
La fumée se dissipa. Et il fut l'heure d'ouvrir les cadeaux. Pendant que les triplets déchiraient joyeusement les emballages, Mérida se tourna vers son père.
« - C'est vrai ?
- Quoi donc, petite princesse ?
- Que tous les Dunbroch se transforment en ours ? précisa Mérida.
- Tous les Dunbroch par le sang, quand ils deviennent animagus, ont la forme d'un ours, oui. Ta mère aussi, est un animagus ours, même si elle ne partage pas notre sang.
- Mais… On ne peut pas choisir sa forme, quand on devient animagus. Non ? demanda la jeune fille.
- Non, c'est vrai. Mais dans notre famille, la forme d'ours revient à chaque fois, sans qu'on sache pourquoi. Tout ce que l'on a pour l'expliquer, c'est cette vieille histoire. Mais dis-moi, tu es bien curieuse. Tu entends cette histoire chaque année, et c'est la première fois que tu viens poser des questions.
- C'est juste que,… euh…
- Ca commence à te travailler, hein ? Ne te presse pas, tu as encore tout le temps pour devenir animagus. Quand tu seras en âge, je t'apprendrai moi-même. Maintenant, va ouvrir tes cadeaux, avant que tes frères ne s'en charge. »
En déballant le nécessaire à broderie que sa mère lui avait offert, Mérida repensait à ce que venez de lui dire son père. Et à ce dont lui avait parlé Raiponce, la petite blonde de Serdaigle, juste avant le début des vacances. C'était fou. Insensé. Et incroyablement idiot. Mais pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que ça pouvait peut-être marcher.
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(1) Alors, la Brigade des Pères Noëls. Je suis quasi sûr de l'avoir lue dans une fic. Mais je ne sais plus laquelle.
(2) Sváfa est une des Valkyries de la mythologie nordique. Même si, dans ma fic, elle n'en est pas une. Au début, elle devait s'appelait Útibú, qui signifie « branche » dans une langue nordique, mais je trouvais ça moche (bon, Sváfa est pas tellement mieux, mais c'est déjà ça).
(3) Le conte de Mor'du et Arthur est inspiré de la Légende de Mordu (au moins pour le début, car je n'ai vu que le trailer).
Voilà la première partie de Noël. Au départ, les quatre Noëls devaient faire un seul chapitre, mais j'étais à plus de 5000 mots avant même d'avoir commencé la partie de Raiponce et comme je déteste les longs chapitres, j'ai préféré en faire un plus court. J'espère que vous ne m'en voulez pas pour ça…
À lundi, pour le chapitre 9 : Le Noël des Secrets, part 2 !
3600 mots
