Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : J'utilise les noms d'Harold et de Raiponce. J'adore « Hiccup » mais j'exècre « Rapunzel » à un tel point que la version française gagne haut la main.
J'utilise aussi le nom d'Harold Horrib'Haddoc, même si je préfère Horrendous. La raison apparaîtra vers le chapitre 4 (normalement).
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Note 3 : J'utilise Severus Snape au lieu du francisé Severus Rogue pour conserver l'allitération en « s » de l'original.
Merci à Aangelik pour sa correction !
Merci à Emmawh, Were-Wouf, Philou, Coralinda, DeadlyFury et Plume1304 pour leurs reviews.
Philou : Merci pour ta review. Elsa n'a pas un caractère facile, en effet. Et pour tes questions, Jack a bien les cheveux bruns, pour le moment (indiqué dans le chapitre 1, si je ne m'abuse) et il connaît ses pouvoirs (voir chapitre 5). Pour Raiponce, oui, elle n'a pas trop de chance. Et dans le film, la réaction de Flynn reste logique vu qu'ils vivent dans un monde relativement « féerique ».
Pour le Projet A, il faudra attendre le chapitre 11 pour en savoir un peu plus. Et la vengeance d'Harold, c'est dans ce qui suit !
Coralinda : Merci pour ta review. C'est bien la définition que j'avais trouvé. Et je ne suis pas un fan de Flynn, donc j'ai préféré ne pas l'intégrer trop fort dans la fic. Pour la Jackunzel, mystère. Les couples finaux sont déjà déterminés, mais je ne dis rien. Même ma bêta ne sait pas qui finira avec qui.
Et maintenant, place à la fiction !
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Chapitre 10 : Solitude.
« Mcgo est une folle »
Voilà ce qui s'étalait en ce moment dans la neige, tracé du bout d'un bâton quelconque. Jack devait bien avouer que ce n'était pas d'une très grande originalité, mais cette petite phrase avait le bon côté de lui permettre de se défouler un tout petit peu après une heure à supporter les remarques de la vieille Gryffondor sur ses capacités en métamorphose.
En plus, Marius était en retard. Les deux amis étaient censés se rendre chez Hagrid, le garde-chasse, un homme immense avec qui le jeune Dixon avait sympathisé. Déjà que Jack ne bondissait pas de joie à l'idée d'aller boire le jus de chaussette que l'homme appelait thé accompagné de biscuits plus durs que des cailloux, mais en plus, il commençait à avoir froid. Et toute cette neige le rendait malade. Il adorait cela, d'habitude, mais pas après avoir passé deux jours à en faire apparaître dans le jardin de sa maison.
Perdu dans ses pensées, le Serpentard ne vit pas un rayon bleu surgir de l'angle d'un mur pour venir le frapper de plein fouet. Tout au plus, remarqua-t-il un fourmillement qui se répandit rapidement dans son corps pour s'évaporer tout aussi vite. Par contre, il remarqua Marius, qui s'approchait de lui à grands pas.
« - Ah, Marius, enfin ! J'ai cru que tu ne te pointerais pas avant demain ! s'exclama Jack.
- Mais où est-il ? demanda Marius.
- Bonjour, hein ! Tu cherches qui ? se vexa légèrement l'autre garçon.
- Il m'avait pourtant dit qu'il m'attendrait dans le jardin Ouest. Ne me dites pas qu'il est parti, je n'ai que cinq malheureuses minutes de retard.
- Si tu pouvais éviter de faire semblant de ne pas me voir, commença à s'énerver Jack.
- Et il est sûrement passé par ici, en plus. « Mcgo est une folle », c'est bien sa signature, ça.
- Je vous prierais de garder vos impressions sur ma santé mentale pour vous, Mr. Dixon, intervint une voix derrière Marius. 10 points en moins pour Serpentard.
- Professeur Mcgonagall. Je… Je vous assure que… essaya de dire Marius.
- N'essayez pas de dire que ce n'est pas vous, ou je vous mets une retenue. Mais… en plus vous l'écrivez ! Osez me dire que ce n'est pas vous ! Vous n'y échapperez pas, Mr. Dixon. Retenue demain soir, dans mon bureau. Et effacez-moi ça, énonça le professeur de Métamorphose avant de tourner les talons.
- Bien professeur », souffla le Serpentard.
D'un coup de pied rageur, il effaça l'inscription dans la neige.
« - Et bien merci, Jack. Je ne sais pas où t'es, mais c'est sympa de m'avoir mis dans les ennuis.
- Ca suffit, Marius ! C'était drôle cinq minutes, maintenant arrête de m'ignorer ! »
Toujours furieux, Marius s'éloigna du jardin. Bien décidé à l'arrêter, Jack se plaça sur son chemin, ce qui obligerait l'autre garçon à l'éviter et donc à le remarquer. Seulement, Marius ne l'évita pas. Il lui passa au travers.
Jack en resta figé. La sensation était horrible. C'était un peu comme la sensation de douche froide que l'on ressentait quand on passait au travers d'un fantôme. Mais pour une fois, il n'était pas le pauvre hère sous la douche. Il était le mur d'eau traversé de part en part, déformé de l'intérieur. Il ne savait pas comment Marius avait fait, mais il ne voulait plus que cela recommence.
Le temps que Jack reprenne ses esprits, l'autre Serpentard était déjà bien loin. Décidé à faire la tête à son ami pour le drôle de tour que celui-ci venait de lui jouer, le jeune Overland décida de lui faire la tête pour la journée. Sur cette décision, il prit la direction de la bibliothèque, où Raiponce, la Serdaigle qui était sa partenaire en potion, faisait souvent ses devoirs à cette heure-ci. Peut-être qu'elle pourrait l'aider avec cette interrogation en Métamorphose qui devait avoir lieu mardi.
Sur le chemin de la bibliothèque, l'adolescent eut l'impression que tout le monde l'ignorait. Et qu'en plus, ces abrutis étaient doués ! Habituellement, quand quelqu'un est ignoré, il y en a toujours un pour risquer un coup d'œil vers le délaissé. Mais aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, Jack se sentait invisible et insignifiant aux yeux des autres. Il détestait définitivement cela.
Après une dizaine de minutes et de nombreux couloirs, il arriva enfin à la bibliothèque. Avec précipitation, il entra dans la salle. Et comme d'habitude, il marqua un arrêt. Pas un arrêt révérencieux, comme pouvaient le faire certains fanatiques de lecture. Jack n'aimait pas la bibliothèque.
D'abord, il lui semblait à chaque fois que la pièce était plus grande qu'elle ne le devrait. « Un effet d'optique dû aux étagères », lui avait dit Raiponce. Pour lui, on aurait plutôt dit qu'un sorcier fou, dans le genre de Dumbledore, s'était amusé avec les lois de la physique. Ce qui, à bien y réfléchir, n'était pas impossible vu le Directeur. Ensuite, quand il rentrait dans cette pièce, voyant les étagères qui se trouvaient parfois en travers d'un couloir ou accrochées au plafond, il avait à chaque fois l'impression que la logique avait plié bagages pour partir élever des furets fluorescents en Alaska. « Et dire qu'il y a des gens qui aiment passer leur temps ici », pensa-t-il.
Laissant là ses considérations, il prit la direction de la section des Métamorphoses appliquées, là où sa camarade aimait se réfugier pour étudier. En effet, la jeune Serdaigle était là, le nez plongé dans un paquet de feuilles. Et c'était quasiment de manière littérale. La jeune fille était en train de lire un vieux bout de parchemin, les yeux à quelques centimètres de la feuille, comme si l'auteur avait écrit en pattes de mouches.
Tirant une chaise, Jack s'installa à côté d'elle, sans que la jeune fille ne lui adresse un regard, avant de s'adresser à elle :
« - Salut ! Dis, tu aurais le temps de m'expliquer une ou deux choses en Métamorphose ?
- …
- Tu sais, pour le test de mardi. Je n'arrive jamais à transformer correctement mon rat en verre à pied, continua le Serpentard.
- C'est « bicorne » ou « licorne », ça ? Ce gars écrit comme un chien, marmonna la jeune fille.
- Il reste toujours des poils, à droite à gauche. La plupart du temps, c'est sur le pied, va savoir pourquoi.
- Pfff. Bon, je crois que je verrai ça avec Mérida samedi. Peut-être qu'elle y comprendra quelque chose.
- Je… J'arrive pas à déterminer si ça vient de ma prononciation ou du mouvement », tenta Jack, une pointe de désespoir dans la voix.
La petite blonde se contenta de rassembler ses papiers, de les ranger dans son sac, puis s'en alla, laissant un Jack désemparé à la table de la bibliothèque.
Quelques heures plus tard, l'adolescent était assis en bas d'un escalier, la tête dans les mains. Les dernières heures, il avait, en vain, tenté de se faire voir de toutes les personnes qu'il avait pu croiser. Personne n'avait semblé le remarquer. Pire, certains lui étaient même passés au travers. Le souvenir de l'horrible sensation fit frissonner Jack qui se promit que tant que la situation durerait, ce qu'elle n'allait pas faire bien longtemps, espérait-il, il éviterait à tout prix de revivre cette drôle et désagréable expérience. Doucement, le jeune homme laissa des larmes dévaler ses joues. Des sanglots commencèrent à secouer ses épaules. « Je suis tout seul. » réalisa Jack. « On ne me voit pas, on ne m'entend pas, c'est comme si je n'existais plus. Moins qu'un fantôme, un… un souvenir, c'est tout ».
« - Je suis là, moi, murmura une voix. Et je serai toujours là.
- Oui. Tu es là, c'est vrai.
- Je ne t'abandonnerai jamais, Jack, répondit la Voix.
- Qu'est-ce que je dois faire ? Je… Je suis perdu. Perdu au milieu de gens qui ne me voient pas, constata le garçon, alors que les sanglots reprenaient le dessus sur le calme relatif qu'il avait réussi à retrouver.
- La situation n'est pas merveilleuse. Mais elle pourrait avoir des avantages, le rassura la Voix.
- Et lesquels, hein ? À part le fait qu'être invisible me vaut surement d'être excusé pour les cours, j'en vois pas des masses, d'avantages.
- Allons, petit Jack, ne me dis pas que toute cette belle neige ne te donne pas des idées. Imagine, tu as tout ça, tes pouvoirs de sorcier, mes pouvoirs de Frost à ta disposition et en plus, tu es invisible. Que demander de mieux ? » s'exclama la Voix.
Jack, calmé, réfléchit quelques secondes à ces nouvelles informations. Après tout, pourquoi pas ?
Il lui fallut attendre encore une quarantaine de minutes avant qu'une situation en se présente. Caché dans les fourrés près de la grande porte qui donnait sur le parc, Jack vit quatre personnes s'approcher. Rapidement, il identifia les jumeaux Weasley, leur grand frère Charlie et Mérida Dunbroch, une fille qu'il connaissait de vue. Les victimes parfaites. Il attendit que les quatre Gryffondors le dépassent, puis ramassa un des projectiles posés à ses pieds. Il recula son bras, visa, puis le détendit brusquement. L'objet décrivit une jolie boucle, se dirigeant vers la seule fille du groupe. Et là, il fit… Splash.
« - QUI A FAIT CA ? » hurla quasiment la roussse.
Jack ricana. Rien ne valait une boule de neige agrémentée d'un peu d'eau liquide. Il regarda la jeune fille se tourner vers les jumeaux, qui ne se retenaient pas de rire, au contraire de Charlie.
« - Je suis sûre que c'est vous. Vous allez me le payer », siffla-t-elle.
Sur ces mots, elle se pencha, ramassa de la neige, forma une boule qui n'avait pas grand-chose de sphérique, qu'elle lança avec une légère poussée de violence sur la paire maléfique. Si George s'écarta, Fred, toujours en train de ricaner, n'eut pas cette présence d'esprit et se prit la boule de neige en pleine tête. En avalant une bonne partie, du fait qu'il s'esclaffait la bouche grande ouverte.
Cette attaque marqua le début d'une bataille de boules de neige en règle. Si, au départ, Charlie avait décidé de profiter du spectacle en restant neutre, une boule de neige venant de George le fit changer d'avis, transformant la bagarre en bataille rangée avec Mérida et Charlie d'un côté, les jumeaux de l'autre. Des mini-murailles s'élevèrent des deux côtés, pendant que les boules glacées continuaient de voler.
Jack regarda tout cela avec un plaisir non-dissimulé. Finalement, c'était pas mal, d'être invisible. C'est en ce moment de déconcentration que le jeune homme perçut une boule de neige foncer droit sur lui. Trop tard pour mettre ses membres dans le bon ordre et s'écarter. S'il était touché, il était grillé. Et mal, vu la fureur de la jeune gryffondor. Alors son corps fit la seule chose qu'il lui était possible. Il s'éleva. D'un mouvement vertical brusque, Jack se retrouva suspendu à un bon mètre au-dessus du sol. Apparemment, être en partie immatériel avait du bon. Voler grâce à la perte d'une bonne partie de sa masse, par exemple.
Après cette découverte, Jack se fit une joie d'en profiter. En quelques dizaines de minutes, la bataille de boule de neige avait dégénéré en guerre de camps, de nouveaux élèves s'étant joints à un camp selon leurs affinités. C'était maintenant une trentaine d'adolescents qui s'affrontaient dans le parc. Jack, quant à lui, s'amusait à voler au-dessus des combattants, provoquant des vagues de neiges ou détournant les projectiles qui passaient par là.
Malheureusement, il fallait bien que cela se finisse. Quant, épuisés, les enfants rentrèrent se mettre au chaud, Jack se retrouva seul. Encore. Et il se rendit compte de plusieurs choses : il n'avait pas faim, ni froid. La fatigue ne semblait pas avoir d'emprise sur lui. Et en plus, il suspectait son système digestif de ne plus fonctionner, vu que cela faisait près de neuf heures qu'il avait pas ressenti le besoin de se soulager.
Laissant ces préoccupations de côté, il se décida à profiter de ses nouveaux pouvoirs. S'envolant d'une légère impulsion, il se retrouva à hauteur de la tour ouest, d'où on avait une vue imprenable. Accroché à la girouette, il regarda le parc blanchi par l'hiver qui s'étendait sous ses pieds. Peut-être qu'il pouvait s'y faire.
Une semaine plus tard, Jack avait changé d'avis : il ne pourrait jamais s'y faire. Il s'était pourtant trouvé des occupations : il avait déclenché deux autres batailles de boules de neiges, gelé le lac, dessiné des fleurs de givres sur les carreaux de la serre, trois fois, et même fait neiger dans la Grande Salle. Mais le gros problème de Jack, c'était la solitude. Cela faisait une semaine que personne de le voyait ni ne l'entendait. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé.
Quand le lundi était arrivé, l'adolescent avait décidé de réessayer de se faire voir de Marius. Au départ, il s'était contenté de le suivre en classe, en lui parlant, comme si tout était normal. Il avait d'ailleurs constaté que son ami commençait à s'inquiéter sérieusement pour lui. Il l'avait vu interroger les professeurs à plusieurs reprises, leur demandant à chaque fois s'ils savaient où était Jack. Et à chaque fois, il obtenait une réponse identique : « Ne vous inquiétez pas, Mr. Dixon ».
La pire phrase pour empêcher quelqu'un de s'inquiéter, constata Jack. Marius recommença à se ronger les ongles, signe de grand stress chez lui. Successivement, il échoua aux tests de Défense Contre les Forces du Mal, de Sortilège et de Botanique. Et Jack ne pouvait pas y faire grand-chose. Il en avait eu la preuve durant le test de Métamorphose.
« - J'ai trouvé ce qui n'allait pas, disait-il à l'autre garçon, qui regardait, désemparé, le pied de son verre arborer des poils de rat. En fait, il ne faut pas dire « Veraverto » mais « Véravèrto ». »
Marius se contenta de chasser l'air à côté de lui comme on chasse une mouche. La sensation d'être coupé en deux par cette main décida Jack à s'éloigner le temps du test, et de ne plus tenter d'aider son ami.
Le jeudi, après trois jours à suivre Marius et cinq jours d'invisibilité, Jack abandonna. Démoralisé, il ne tenta plus de se faire voir. Il en vint même à se demander s'il n'était pas mort. Après tout, il ne ressentait plus la faim ni la soif, n'avait jamais froid et n'était jamais fatigué. La seule différence avec la mort, c'était probablement sa capacité à utiliser ses pouvoirs.
Comme c'était la seule chose qui lui restait, il essaya de s'en servir pour briser sa solitude. Assis par terre, dans la neige, il se concentra. Avec des gestes lents, il assembla de la glace, constituant petit à petit une silhouette humaine. Silhouette était le mot adéquat, car le Serpentard n'avait pas vraiment de notions en anatomie et donnait à son golem des proportions qui n'auraient probablement pas permises à cette créature d'être viable. Une fois son humanoïde finit, il essaya de lui insuffler de la personnalité. Il ne savait pas créer la vie, c'était l'apanage de l'Héritier en titre. Mais il savait l'imiter. Tel un marionnettiste, il dirigea sa création en bougeant ses mains. Il tint environ dix minutes avant de s'effondrer dans la neige, fatigué et en larme. Non seulement il n'était pas assez fort pour continuer, mais en plus, cela ne lui apportait rien. C'était comme jouer avec une poupée géante. Et Jack détestait jouer avec ces morceaux de bois et de porcelaine froids et morts.
Toujours couché dans la neige, il réfléchissait. Il ne savait pas ce qu'il avait fait pour mériter ce sort. Il ne savait pas, mais il regrettait sincèrement. Il regrettait d'avoir triché aux deux derniers tests de Métamorphose. Il regrettait d'avoir dit à Emma que le Père Noël n'existait pas et que le vieux monsieur qui apparaissait le 24 décembre au soir était leur grand-père. Il regrettait même d'avoir piqué la dernière côté d'agneau que lorgnait son oncle Edward le jour de l'An et d'avoir oublié d'acheter des carottes à Bunny. Parce qu'à part ça, il ne voyait pas ce qu'il avait pu faire pour mériter un tel sort.
Presque désespéré de ne pas trouver de réponses, Jack finit par se rendre au seul endroit où il pouvait espérer trouver un peu de chaleur humaine le soir, même si elle ne lui était pas destinée : la Salle Commune de Serpentard.
Arrivé là, il s'installa comme à son habitude, dans le fauteuil le plus éloigné du feu de cheminée. Avant de se relever aussi vite, quand quelqu'un eut la bonne idée de s'asseoir sur lui. Ou plutôt, à travers lui. Comme une âme en peine, il se mit à dériver des groupe en groupe, participant aux discussions sans que son avis soit pris en compte et donnant des conseils à des joueurs d'échecs qui ne pouvaient pas l'entendre. Si la soirée s'était déroulée comme les précédentes, il aurait fini par rejoindre son lit, dans lequel il n'arriverait pas à dormir, pouvant juste fixer le plafond. Puis, quelques heures plus tard, il se serait levé, prenant la direction de la tour est, pour regarder l'aurore étaler ses couleurs sur le tableau du ciel.
Mais un évènement inattendu se produisit : le professeur Snape, directeur de la maison Serpentard, se présenta dans la Salle Commune. Chose qu'il ne faisait que lors de la rentrée scolaire, et quand quelque chose de grave s'était passé, dans le Château ou à l'extérieur. En clair, ça venue n'augurait jamais rien de bon.
« - Jeunes gens, bonsoir, commença le Maître des Potions. Étant donné que le couvre-feu est dépassé de 10 minutes, j'ose espérer que tout le monde est dans la Salle Commune. Bien que je répugne descendre ici pour m'occuper de vos affaires, il m'a été demandé, ou plutôt ordonné, de venir vous informer du départ d'un de vos camarades. Certains l'ont peut-être remarqué, Mr. Jack Overland a dû repartir chez lui depuis le début de la semaine, pour affaires familiales. Ses parents ne nous ont pas transmis de date de retour. Maintenant que cela est dit, j'espère que Mr. Dixon voudra enfin me laisser tranquille avec ses innombrables questions. »
Personne n'osa dire un mot face au regard de l'homme. Quant à Marius, il semblait essayer de se fondre dans le velours râpé de son fauteuil.
« - C'est tout », conclu le Professeur, avant de repartir aussi vite qu'il était venu.
Deux minutes n'étaient pas passées que Henry, un Serpentard de quatrième année partit en balade avec sa copine, passa la porte de la Salle blanc comme un linge. Il avait probablement croisé Snape.
Il n'était pas le seul à être blanc. Jack, déjà pâle d'origine, semblait vouloir concurrencer la neige qui s'étalait généreusement dans le parc. Ils… Ils avaient osés dire qu'il était simplement absent. Les salopards. Une semaine qu'il avait disparu, et ses professeurs mentaient à tout le monde en disant qu'il était simplement rentré chez lui pour « affaires de famille ». Une famille qui n'était probablement même pas au courant qu'il n'avait plus était vu au Château depuis plusieurs jours.
Jack s'enfuit en traversant le portrait, ne prenant même pas la peine d'attendre que quelqu'un l'ouvre, ce qu'il faisait d'habitude histoire de garder un semblant d'illusion à propos de la consistance de son corps. En rage, il retraversa tout Poudlard, fuyant vers le parc enneigé. Là, il cria sa colère à la face du ciel, laissant ses pouvoirs lui échapper peu à peu, transformant la douce averse hivernale en micro-tempête.
« - Quelle tristesse, murmura une voix au fond de lui. Quelle peine je ressens en toi, en nous. Ne serait-il pas plus simple de t'endormir, mon enfant ? Laisse-moi donc gérer toute cette tristesse qui te rend malade.
- Dormir ? demanda Jack, à voix haute. Ce corps ne réclame même plus de sommeil.
- Le corps non, mais l'esprit ? N'es-tu pas las du toutes ces émotions qui t'embrouillent la tête. Laisse-toi aller mon enfant, je m'occupe de tout. Tu peux me faire confiance, continua la Voix.
- Oui. Je… Je peux te faire confiance.
- N'ai-je pas toujours été là pour toi ? Même quand tu étais seul ?
- Tu as toujours été là. Je peux te faire confiance, répéta Jack.
- Alors endors-toi, et laisse-moi faire. »
Rassuré, Jack ferma les yeux. Pour les rouvrir aussitôt, dès lors animé d'une étincelle de magie sauvage et incontrôlable. Laissez donc dormir Jack Overland, et dites bonjour à Jack Frost.
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« - Pensez-vous que nous avons bien fait, Albus ? demanda Minerva Mcgonagall, assise dans le bureau du Directeur.
- Que voulez-vous dire ? Je pensais que nous étions d'accord.
- Oui, mais…. Et si l'enfant ne réagissait pas comme il est prévu ? Je reste persuadée que nous avons perdu le contrôle quand nous avons décidé de laisser Messieurs Haddock et Overland régler leurs soucis par eux-mêmes.
- J'avoue que le jeune Harold m'a surpris, concéda Dumbledor.
- Une bien belle magie ! s'exclama Filius Flitwick. Très étonnant de la part de ce petit Poufsouffle. Lui qui n'arrive jamais à lancer des sorts un peu plus ardus.
- Oui, de la bien belle magie, se contenta de répéter le Directeur. Bien, mes amis, je pense que la réunion peut se terminer ici. »
Les directeurs de Maisons se levèrent, avant de se diriger vers les quartiers. Sur le pas de la porte, le professeur Mcgonagall, qui s'était arrangée pour être la dernière à quitter la pièce, se retourna, ferma la porte, et alla se rasseoir.
« - Maintenant, plus de cachotteries, Albus. Je vous connais assez pour voir que quelque chose vous tracasse.
- Minerva, connaissez-vous le sort « Perit Omnis » ? demanda le vieux sorcier, en la regardant par-dessus ses lunettes en demi-lunes.
- Et bien… Non, concéda la femme. Mais les sortilèges ne sont pas vraiment mon domaine, il faudrait plutôt demander cela à Filius.
- Ce n'est pas la peine, j'ai déjà fait mes propres recherches. « Perit Omnis »(1) est un sortilège inutile. Il est incapable de marcher sur quelque chose de plus complexe qu'un cafard ou un escargot. Si je lançais ce sort, je ne pourrai même pas faire disparaître entièrement une souris. Et pourtant, Mr. Haddock, un sorcier de treize ans qui ne brille pas par ses capacités magiques pratiques, a réussi à faire disparaître de manière prolongée un être humain.
- Eh bien, peut-être que Mr. Haddock a modifié la formule, tenta la sorcière.
- Oh non Minerva, il a fait bien pire que cela. J'étais là, quand le sort a été lancé, pour éviter que cela ne tourne mal. Ce n'est pas la formule l'élément inconnu. C'est le type de magie.
- Le type de magie ? Mais comment…
- C'est assez compliqué. Savez-vous pourquoi Poudlard a été construit, ma chère ?
- Pour instruire la population, quelle question.
- Pas seulement, Minerva, pas seulement. Voyez-vous, il y a 1000 ans, n'importe quel sorcier était doté de pouvoirs hors-du-commun. La petite magicienne de village pouvait soigner la lèpre avec des décoctions de pissenlits et quelques mots, parce qu'elle y croyait. Et parce que la magie sauvage de l'époque se pliait volontiers à cette croyance, sans besoin de formules ou de baguettes. Le premier péquenaud venu pouvait faire exploser la Tour de Londres en disant « Boum ». C'est là que les Fondateurs sont intervenus. En créant Poudlard, ils ont assagi la magie. Aujourd'hui, 1000 ans après, elle est codifiée, règlementée et stable.
- Je ne vois pas le problème. Ni le rapport avec le sort du jeune Haddock.
- Le rapport, c'est que cet adolescent, à cause de son ascendance qui est, comme vous le savez, un peu particulière, est capable de transformer ses émotions fortes, comme la haine, l'amour, la joie ou la colère dans notre cas, en magie. Il peut faire ressortir cette magie sauvage, qui donne l'illusion d'être maîtrisée en obéissant aux mots qu'il forme. Si vous lui disiez que « Tchoukou-schlak » est un sort pour faire fleurir les magnolias et que vous appuyez sur les bons leviers, il serait probablement capable de réussir.
- Alors que pouvons-nous faire, Albus ?
- Ce que nous faisons le plus souvent. Attendre et regarder ce qui se passe(2)
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Quand Jack reprit ses esprits, il était couché sur une épaisse plaque de glace au milieu du lac. Il n'avait absolument aucune idée de ce que la Voix, qui lui avait dit s'appeler Jack Frost, avait fait avec son corps. Mais vu l'énorme couche de neige qui recouvrait tout, elle avait dû s'amuser quelque peu.
Se redressant, il s'envola et prit la direction du Château. Arrivé là, il décida de se prendre une petite revanche sur son directeur de Maison, qui avait honteusement menti à ses élèves la veille.
Quand il arriva dans la classe de potions, il remarqua que ce n'était pas les Serdaigles et Serpentards qui avaient cours mais les deux autres maisons. Tant mieux, ça lui éviterait de faire baisser sa moyenne en bousillant la potion de sa co-préparatrice, vu que les notes étaient attribuées au duo et non à une personne.
Un problème se posa cependant quand il avait fallu attraper les ingrédients inadéquats que Jack comptait rajouter dans les chaudrons des pauvres élèves. Étant intangible, il ne pouvait techniquement pas saisir d'objet. Techniquement, car dès que la chose en question était couverte de glace, il arrivait à la saisir. Le problème résolu, il attrapa un tubercule vert et s'approcha d'un établit. De la racine de valérianne mélangée à une base pour potion de soin. Ça devrait donner une réaction intéressante. Au moins un joli BOUM.
Au lieu du BOUM, la potion du pauvre garçon à qui Jack avait joué son tour se contenta d'émettre de la fumée bleue. Curieux, le garçon invisible se saisit d'un flacon de bile de tatou, et le versa, ce qui fit tourner au rose grumeleux la potion du Gryffondor, qui commençait à paniquer.
Le Serpentard, qui s'amusait comme un petit fou, ne remarqua pas le regard qui se posait sur lui depuis le banc du fond. Quand la cloche sonna, laissant le cachot empli d'une odeur de truite pas fraîche mêlée à celle du fumier de cochon, le garçon invisible se contenta de suivre la marée humaine. À ce moment-là Jack remarqua enfin les deux yeux verts qui le fixaient. Deux yeux qu'il connaissait.
« - Tu peux me voir ? », demanda-t-il.
L'autre s'enfuit.
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(1) "Perit Omnis" signifie « Disparaît aux yeux de tous ». Merci, Google Traduction !
(2) Une maxime anglaise : Wait and See
Et voilà, un chapitre de plus. Ce n'est pas super original, mais j'ai trouvé que devenir invisible était une excellente punition pour Jack. Vous en pensez quoi ? Aviez-vous imaginé autre chose ?
Étonnamment, j'ai réussi à faire un chapitre uniquement (ou presque) centré sur Jack (4100 mots rien que sur notre petit Overland, quand même). Je sais que ce n'est pas dans mes habitudes, mais j'avais envie d'essayer. Pour compenser, le chapitre suivant sera concentré sur les trois autres, mêmes si Jack sera toujours présent.
Tient, tant que j'y pense, ça m'est venu en écrivant. Si vous voulez donner un timbre à la Voix, imaginez-la avec celui du Serpent dans l'adaptation animée du Petit Prince. Je trouve que ça lui va bien. Surtout au moment où elle essaye de convaincre Jack de se laisser aller.
Et j'ai une petite question toute bête : Dans les fic anglophones, on affuble souvent Mérida d'un accent assez prononcé, qu'on apparemment les Écossais. Mais comment est-ce que l'on représente cela à l'écris en français ? Pas que je compte l'intégrer au Projet A, mais j'avoue que cela m'intrigue.
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