J'vais l'avoir !
Aomine n'était pas quelqu'un de particulièrement patient et surtout, c'était un flemmard de renommé mondial, tout le monde le savait. Mais très peu de gens savaient que lorsque quelque chose le dérangeait, Aomine était prêt à passer outre ses principes et à se « bouger le cul », comme Satsuki lui faisait remarquer lorsqu'elle était vraiment en colère.
« Mais bordel ! Tu vas me laisser tranquille ?! »
Cette fois-ci, ce n'était pas Kise qui le dérangeait, ni même son amie d'enfance ou encore ce crétin de grand type plus petit que lui aux cheveux rouges. Non, c'était quelque chose de bien plus diabolique, de bien plus intelligent aussi si l'on considérait le cerveau de Kagami et de beaucoup plus énervant.
Le moustique qui osait s'en prendre à lui à trois heures du matin allait le sentir passer, foi d'Aomine Daiki !
Il se saisit d'un de ses chaussons, les sens aux aguets, les yeux rivés sur l'insecte qui bougeait dans tout les sens, ce qui attisa un peu plus sa fureur. Mais sa colère atteignit encore un degré plus haut lorsque comme par magie, ses yeux perdirent le petit être fourbe suceur de sang.
« Putain, j'ai pas signé pour un moustique intelligent moi ! »
En effet, le moustique, apparemment pas né de la dernière pluie, avait saisit son manège et c'était mit sur le plus haut point du mur, à l'opposé du basané qui bouillonnait de colère. Non seulement il était chiant, mais en plus il se payait sa tête ? Aomine serra les dents, réfléchissant à un stratagème.
« Bon, murmura-t-il pour lui-même, tu fais du basket, alors sers-toi de ça. »
Une idée germant dans son esprit, Daiki se mit en position, chausson en main, prêt à servir d'arme. Il riva ses yeux sur lui et se concentra, le moustique longeant le mur à une vitesse désordonnée. Il attendit encore un peu, et lorsque le bon moment arriva, lança le chausson qui s'écrasa à toute allure sur le mur où le moustique était présent.
Son instant de joie ne dura qu'une seconde lorsqu'il avisa que ce petit diable s'en était sorti et se tenait près de la porte. Fronçant les sourcils d'énervement, Daiki fini par s'emparer de son deuxième chausson après s'être cogné dans son radiateur. Pestant contre le monde et surtout contre ce...
« Bâtard de moustique de mes deux, viens par là que j'te défonce ! »
Il se remit en position et s'apprêtait à le relancer quand la porte s'ouvrit brusquement, dévoilant le visage de Tetsu encore plus neutre qu'à l'accoutumé et, si Aomine le connaissait bien, il jurerait qu'il était un peu blasé aussi.
« Aomine-kun, qu'est-ce que tu fais ? »
Daiki allait répondre lorsque ses yeux captèrent un mouvement. Plissant ces derniers, Aomine leva le chausson -il lui sembla que Tetsu faisait une moue vraiment blasée maintenant- et prononça ces quelques mots très doucement :
« Surtout, bouge pas ou c'est toi que j'éclate. »
Avec une concentration extrême, il lança son arme avec une dextérité hors norme. Cette dernière atterri dans le mur dans un bruit sourd avant de retomber pitoyablement sur le sol. Soupirant légèrement, Kuroko s'approcha tout de même, soulevant le chausson.
« J'l'ai eu ? demanda Aomine.
- Oui, bravo Aomine-kun, ironisa le turquoise. »
Alors qu'Aomine poussait un cri de joie, un mouvement attira l'attention de Kuroko qui observa le cadavre du moustique.
« Je me suis trompé, annonça Tetsuya, il bouge encore.
- Pousses-toi. Tiens, prend ça dans ta face ! s'écria Daiki en écrasant le chausson dans un bruit sourd, Ah ah ! J't'ai eu connard ! Tu fais moins le malin là, hein ? »
Tandis qu'il s'extasiait sur son « pouvoir tellement grand qu'il ferait même plier Chuck Norris » -Aller savoir pourquoi, mais Kuroko ne connaissait pas ce mec et ne voulait pas le connaître-, le turquoise revint dans la chambre. Le regard figé avec neutralité sur un point quelconque, son oreille finit tout de même par remarquer quelque chose.
« Aomine-kun.
- Ouais ?
- Tu as tué le mâle, celui qui ne pique pas. Il reste la femelle. »
