TADAAAAAAAAAAAAA !
Jalousie maladive
« Bonjour Aomine-kun, salua Kuroko d'une voix monotone. »
Il s'attendait à ce que le basané l'embrasse simplement sur les lèvres, ou qu'il lui réponde en grognant car il était mal réveillé. Mais Aomine n'en fit rien, se contentant de l'ignorer. Kuroko en fut surpris. Il se pouvait qu'Aomine soit parfois vulgaire ou maladroit, mais jamais il ne l'avait ignoré ostensiblement.
Et ça lui faisait mal car tout le monde l'ignorait à cause de sa faible présence et il ne voulait pas que ce soit le cas pour le bleu.
« Aomine-kun ? l'appela-t-il. »
Il ne répondait toujours pas, et ne le regardait même pas. Kuroko commençait à avoir peur. Des tonnes de scénarios filaient à toute vitesse dans son esprit. Aomine ne l'aimait plus, Aomine avait rencontré quelqu'un d'autre, Aomine avait laissé tombé le basket et tout ce qui allait avec et pire, Aomine ne le voyait même plus, ni ne l'entendait. Peut-être était-il même mort, un simple fantôme, et qu'il ne s'en rendait pas compte ?
Kuroko secoua la tête, se disant que ses idées partaient trop loin. Depuis qu'il était amoureux, il voyait bien qu'il devenait de plus en plus paranoïaque et niais, et certains aspects lui déplaisait fortement. En temps normal, il ne se serait pas inquiété du changement de comportement du basané, mais -malheureusement-, il l'aimait trop pour en faire abstraction -et voilà qu'il recommençait avec ses niaiseries !-
« Aomine-kun, qu'est-ce qu'il y a ? »
Pour sa plus grande joie, Aomine finit par répondre. Enfin, par grogner serait plus exact mais Kuroko ne s'en formalisa pas. Il abandonna le plat qu'il venait de commencer pour se concentrer entièrement sur son petit-ami, la mine inquiète -enfin, pas vraiment, mais c'est Kuroko-, ce dernier ne le regardait toujours pas.
« … c'qui ? finit par marmonner Aomine.
- De qui parles-tu ?
- C'est ce mec qui... »
Il ne continua pas sa phrase et prit une profonde inspiration, comme s'il voulait se contrôler. Kuroko remarqua qu'il était crispé et que tout ses muscles étaient tendu. Une veine d'énervement battait sur son front. Cela n'annonçait rien de bon. D'autant qu'il semblait être entré dans sa phase de jalousie et Aomine étant d'une nature très possessive, cela n'allait pas être une partie de plaisir pour Kuroko. Il reprit finalement, le regardant enfin dans les yeux, faisant frissonner Kuroko d'appréhension :
« C'est qui ce mec qui t'appelle chaque jour à dix-huit heure ? grogna-t-il, une lueur dangereuse dans le regard.
- Comment ça ? »
Kuroko fronça les sourcils. Il ne comprenait pas. Personne ne l'appelait à dix-huit heure, encore moins tout les jours, où Aomine avait-il été chercher ça ? Sa question sembla énerver un peu plus son compagnon qui se mordit la lèvre, ses yeux lançant des éclairs. Il haussa donc la voix :
« Te fous pas de moi ! J'ai vu son nom s'afficher toujours à c'te heure-ci et tu sortais toujours de la pièce pour aller lui répondre !
- Et il s'appelle comment ?
- Il s'appelle... heu... attend, ça va me revenir. »
Il se mit la main sur le front, fronçant les sourcils pour montrer son intense concentration. Kuroko sentait que ça l'énervait encore plus mais ne dit rien. Il ne voyait absolument pas de qui il parlait. Plusieurs minutes passèrent, pendant lesquelles un lourd silence s'était installé. Puis soudain, Aomine se redressa, faisant trembler les objets se trouvant sur la table, et s'écria :
« C'est ça ! Il s'appelle Nigo !
- Nigo ?
- Nigo, j'en suis sûr. Alors c'est qui ? redemanda-t-il, irrité puis ajoutant plus bas : que j'aille lui refaire le portrait. »
A la plus grande surprise d'Aomine, les yeux de Kuroko rétrécir pour former un air blasé, ce que le ganguro ne supporta pas. Une deuxième veine apparut sur son front et il s'exclama, se releva brusquement :
« Arrête de me regarder comme ça et réponds-moi !
- Tu veux vraiment que je te réponde ?
- Bien sûr que oui, arrête de me faire chier, gronda Aomine d'un ton bourru. »
Kuroko soupira, une goutte de sueur derrière la tête. Puis il répondit, toujours blasé et quelque peu exaspéré :
« C'est une alarme qui me rappelle que je dois lui donner à manger.
- Parce qu'en plus tu lui fais sa bouffe à ce connard ? s'irrita Aomine.
- Aomine-kun.
- Quoi ? grogna l'interpellé d'un ton agressif.
- Nigo, c'est mon chien. »
