Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

ATTENTION : Je vais souligner une évidence : la fiction se passe en Angleterre, les personnages parlent donc anglais, à la base. Cependant, une partie du chapitre se passe en France. Les mots en italique sont donc des mots en français. Aussi, ces phrases en français comporteront des fautes grosses comme des maisons, un des perso essayant tant bien que mal de le parler.

Merci à Aangelik pour sa correction !

Merci à Emmawh pour la magnifique image de couverture du Projet A qu'elle m'a offert pour mes 20 ans !

Merci à Emmawh, Coralinda, Philou et DeadlyFury, pour leurs reviews sur un chapitre pour lequel je n'en attendais pas !

Merci à Lyans, qui m'a rajouté en tant qu'auteur favori (j'en rougi encore), à Embellina pour avoir rajouté la fiction en « follow » et à AmyBlight, qui a rajouté le Projet A dans ses follows et ses favoris, ainsi que moi-même dans ses auteurs favoris (là aussi, je rougis ^^)

Coralinda : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis content que le réusmé te soit utile.

Philou : Merci beaucoup pour ta review ! Pour la pudeur chez les garçons, je suppose que ça dépend des personnes, comme un peu près tout. Pour avoir subi les vestiaires de gym durant 6 ans, je t'assure que la notion de pudeur est TRÈS variable ^^. Je fais des études pour faire prof, ce qui me donne pas mal de boulot. Ca explique entre autre le passage à un rythme bihebdomadaire de publication. Et merci pour tes compliments !

Et maintenant, place à la fiction !

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Quatrième partie : Un pour tous, et tous pour un !

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Chapitre 14 : Histoires de famille, part 1

« - Jack ! Jack ! Lève-toi, il va bientôt arriver ! piailla une petite voix aigüe.

- Laisse-moi tranquille, Emma.

- Mais Jaaaaaack, maman m'a dit de te réveiller, sinon elle venait le faire elle-même. »

La menace fit rapidement effet. Doucement, parce qu'il n'était quand même « que » 9h30 du matin, Jack se dépatouilla des couvertures, laissant apparaître ses cheveux encore plus en bataille que d'habitude. Grognon, il tira ses jambes du lit, pour se diriger vers la salle de bain.

Se regardant dans le miroir, il eut droit, comme tous les matins, à une réflexion de ce dernier.

« - Vous avez ce matin encore une allure divine, très cher.

- Cesse donc de te moquer de moi, vieux bout de métal. Si j'étais majeur, je te ferai taire d'un coup de baguette.

- Ohlàlà, serait-on de mauvais poil ? Faites attention, vous allez vous faire des cheveux blancs ! Que dirait votre mère ? »

D'un geste las, le jeune homme recouvrit, comme chaque jour, le miroir d'un essuie de bain. Ca ne le rendait peut-être pas muet mais au moins, on entendait plus qu'un son étouffé.

Se glissant sous le jet d'eau chaude de la douche, Jack se fit la réflexion qu'il savait très bien ce que dirait sa mère à propos de probables cheveux blancs. Pour la simple et bonne raison qu'il n'avait pas su se défaire des effets secondaires du sort de disparition et qu'il arborait donc toujours une tignasse couleur de neige.

Cela avait eu pour effet de faire hurler sa mère à la sortie du train. Sous le regard goguenard de la moitié de Poudlard et autant de parents d'élèves, elle lui avait crié dessus, hurlant que dès qu'ils seraient rentrés à la maison, elle se chargerait elle-même d'enlever cette horrible coloration et qu'il n'était pas près de voir la fin de la punition qui allait lui tomber dessus.

Sans lui laisser le temps d'expliquer le pourquoi du comment de cette nouvelle couleur, elle l'avait empoigné avant de le trainer vers la sortie. Arrivée à la maison et suite à la constatation que la coloration ne s'en allait pas peu importe le nombre de shampoings, elle avait même sorti la paire de ciseaux. Heureusement, son grand-père, parti dans un fou rire monumental depuis que l'engueulade avait commencé, s'était repris et avait expliqué la situation à sa bru(1) qui, apparemment, n'avait pas était mise au courant des effets indésirables survenus avec la réapparition de Jack.

Sortant de la cabine, il se sécha rapidement, tout en continuant à réfléchir. Perdu dans ses pensées, il tira sans réfléchir sur l'essuie couvrant le miroir, histoire d'essuyer ses cheveux.

« - Ooooh, mais c'est que le jeune monsieur commence à avoir du poil au torse !

- La ferme », répondit Jack, en rougissant.

Il s'habilla, puis retourna dans sa chambre, où se trouvait encore Emma.

« - Qu'est-ce que tu fais encore là ?

- Maman m'a dit de bien surveiller que tu ne te rendormes pas.

- T'es vraiment une chieuse, quand tu t'y mets. »

En voyant l'étincelle de malice qu'il redoutait d'ordinaire briller dans le regard de sa petite sœur, il sut qu'il avait fait une bourde. La fillette commença à aspirer une grande quantité d'air.

« - Emma, non, je… tenta-t-il vainement.

- MAAAAAAAAAAAAAAMAAAAAAAAAAAAAAAN ! JACK IL DIT DES GROS MOTS !

- JACKSON OVERLAND ! Cesse d'embêter ta sœur et descend TOUT DE SUITE ! Ton oncle va bientôt arriver avec notre invité. »

Tout en se dirigeant vers le salon, Jack jeta un regard noir à sa sœur.

« - Ca se paiera, siffla-t-il.

- C'est ce que tu dis à chaque fois », rétorqua la fillette, avant de s'en aller en sautillant.

L'adolescent continua sa route, tout en se disant qu'il ne devait probablement pas être normal pour une petite fille d'avoir ce taux de machiavélisme à 6 ans.

À peine eut-il atteint le bas des escaliers que la sonnette retentit au travers de la maison.

« - Jack ? Va ouvrir, veux-tu ? », demanda Tatiana, depuis la cuisine.

Sachant que la question n'offrait aucune possibilité de refus, Jack se dépêcha de s'exécuter. Sur le seuil se tenait Edward Cygnus, aussi raide que d'habitude. À ses côtés, un jeune garçon, peut-être de l'âge d'Emma, avec des cheveux clairs et un corps en fil de fer qui avait l'air prêt à se briser.

« - Ah, Jack. J'ai cru que tu étais encore endormi, vu le temps que tu as mis à ouvrir cette porte. Il va falloir apprendre à être un peu plus rapide, à l'avenir, se contenta de dire Edward en guise de bonjour.

- Bonjour, mon oncle. Je vous promets d'être plus rapide la prochaine fois, répondit-il habitué.

- Comme à chaque fois, et comme d'habitude, je serais déçu à ma prochaine visite, soupira l'homme. Bien. Jack, je te présente Valery Lunanoff, que j'ai été chercher en Allemagne. C'est le nouveau membre du Clan. J'ai profité du voyage pour lui lancer un sort de polyglottisme(2). Valery, je te présente Jackson Overland, le second du Clan et, même si l'on pourrait en douter, le membre le plus puissant après l'héritière. C'est avec son aide que je vais t'apprendre les bases. »

Faisant fi des paroles blessantes de son oncle, l'habitude aidant, Jack s'accroupit à hauteur du petit garçon.

« - Bonjour Valery. Comment vas-tu ? »

Le garçonnet, apparemment effrayé, se contenta de mettre son pouce en bouche et de serrer la jambe du pantalon d'Edward, qui lui jeta un regard agacé.

Sans se départir de son sourire, Jack se contenta de tendre doucement la main. Il avait peut-être beaucoup de défauts, mais on ne pouvait pas lui enlever le don qu'il avait avec les enfants.

« - Tu dois avoir faim, après ce long voyage, continua l'adolescent, en tendant toujours la main. Ça te dirait de venir avec moi jusqu'au salon ? Ma mère a préparé de quoi manger. »

Hésitant, l'enfant décrocha doucement sa main du pantalon, avant de prendre celle de Jack. Libéré de l'emprise, Edward tenta de défaire les plis apparus sur le vêtement, avant de se tourner vers Jack.

« - Je vais vous laisser. Je repasserai demain, pour commencer l'entrainement. Soyez près à 9h tapante.

- Bien mon… » commença Jack.

Mais, dans un tournoiement vif, l'homme avait déjà disparu.

« - Eh bien, on peut dire qu'il n'a pas perdu de temps. » Sur ce, Jack emmena le nouvel arrivant vers la cuisine.

La journée passa doucement. Valery fit d'abord connaissance avec Tatiana, puis avec Emma, qui le kidnappa une partie de la matinée car il était maintenant officiellement son « Nouveau meilleur ami ». La fillette avait d'ailleurs menacé Jack de le remplacer dans le rôle du grand frère, le garçonnet s'étant révélé âgé de 8 ans, s'il n'était pas plus gentil avec elle. Enfin, au moment du souper, la rencontre avec North se fit. Au départ, le gigantesque vieux barbu provoqua une peur bleue chez Valery, qui se réfugia derrière les jambes de Jack en mettant une nouvelle fois son pouce en bouche, ce qui, apparemment, traduisait la peur chez lui. Enfin, Jack le supposait, vu qu'il n'avait toujours pas ouvert la bouche.

Heureusement, le don de Jack avec les enfants ne venait pas de nulle part. North avait cette même capacité, mais pas d'une manière tout à fait identique : les enfants, une fois habitués à sa taille, ne décollaient plus de ses genoux, allez savoir pourquoi.

Quand vint l'heure d'aller se coucher, se fut à Jack de mettre au lit le garçonnet, qui serait apparemment sa charge pendant les vacances. Comme avec Emma, qui partageait d'ailleurs sa chambre avec le nouvel arrivant, il le borda avant de s'asseoir sur le bord du lit.

« - Si je te racontais une histoire ? » demanda-t-il, en espérant enfin une réponse à haute voix.

Les attentes de l'adolescent furent vaines. Le petit Allemand se contenta de le fixer. Comme aucune réponse ne vint, Jack se leva.

« - Je suppose que tu n'en veux pas, alors », fit-il, en se dirigeant lentement vers la porte.

Sa technique marcha, vu qu'il sentit très vite une main le retenir au niveau de la manche.

« - Eh bien ? Qu'y a-t-il ? »

De nouveau, seul un regard appuyé lui répondit.

« - Si tu veux une histoire, il va falloir la demander. Même dans ta langue, si tu veux. Alors, je t'en raconte une ? »

Une nouvelle fois, pas de réponse. Lassé, Jack s'apprêtait à se lever quand…

« - S'il-te-plaît, fit une voix un peu enrouée, marquée d'un léger accent.

-Ah, tu vois que tu peux ! Bon, si je te racontais l'histoire de Jack Frost ? C'est le fondateur de notre Clan. Ça te va ?

- Oui. »

S'installant confortablement, Jack débuta son histoire.

Dix minutes plus tard, les deux enfants étaient profondément endormis. S'assurant qu'ils étaient bien mis, Jack rejoignit sa propre chambre. Il allait devoir se lever tôt demain.

Pourtant au milieu de la nuit, un mouvement le réveilla.

« - Valery ? dit-il en allumant sa lampe de chevet. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Cauchemar, murmura le garçonnet. Peux dormir ici ? »

Jack soupira.

« - Bon, allez, viens. Mais je te préviens, je ronfle. »

Le petit garçon ne répondit même pas, se contentant de se glisser sous les draps. Prêt à se rendormir, Jack éteignit la lumière, ce qui provoqua un cri de la part de son compagnon de chambre.

« - Qu'est-ce qui se passe ?

- Il faut laisser la lumière. Sinon, les cauchemars viennent.

- Il te faut une veilleuse, en gros. Attends là cinq minutes ».

Se levant, l'adolescent partit fouiller dans un tiroir.

« - Voilà qui devrait nous aider, en brandissant une petite veilleuse en forme de lune. »

Il la brancha, puis se recoucha.

« - Bon, allez, on dort maintenant. Bonne nuit, Veilleuse, dit-il en répétant son vieux rituel d'enfance, lorsque cette petite lampe éclairait sa chambre le soir venu.

- C'est moi Veilleuse ? demanda Valery

- Non, c'est…

- J'aime bien. Veilleuse (3)… fit-il, avant de s'endormir aussi sec.

Jack se fit la remarque que les vacances n'allaient pas être de tout repos.

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Le vent soufflait sur les côtes de Ploumanac'h. Une violente pluie estivale, aussi intense que courte, venait de s'abattre sur la plage, ce qui expliquait l'absence de présence humaine sur le sable. Enfin, absence… Pas tout à fait.

Le long du rivage, sautant de rochers en rochers, une jeune fille se baladait. Elle portait une de ces robes légères qui semblent avoir été créées pour n'offrir aucune résistance au vent, claquant derrière la jeune fille, tout comme l'immense tresse blonde de cette dernière.

Raiponce aimait les grandes vacances. Souvent, mais pas chaque fois, sa mère prétextait des envies de voyage et l'emmenait avec elle, dans le but d'aller chercher des ingrédients à droite et à gauche. La sorcière louait une petite maison, qu'elle bardait consciencieusement de sorts discrets et y laissait sa fille pendant qu'elle faisait son « marché ».

Heureusement, le sort de scellement, celui-là même qui empêchait Raiponce de sortir de chez elle, n'entrait pas dans la catégorie des sorts discrets. Sa mère, évidemment, ne lui avait jamais dit, croyant qu'elle n'oserait pas franchir le seuil de la porte. Mais la jeune fille avait vite découvert cette faille dans le système et profitait alors de ses vacances, allant se balader un peu partout dès que sa mère s'en allait. Il fallait juste faire bien attention à rentrer à temps mais à part ça, elle avait presque l'impression de vivre une vie normale, le temps de quelques semaines.

Cette année, la destination avait été la Bretagne, et plus précisément les falaises de granit rose. Non seulement pour la précieuse roche qui servait pour la préparation de potions de désenvoutement, mais aussi pour les plumes et autres morceaux des oiseaux rares nichant sur les Sept-îles. Autant dire que Gothel n'était pas souvent là.

Tout cela expliquait pourquoi Raiponce sautillait de rochers en rochers, chose qui aurait probablement déclenché un infarctus chez sa mère, sans se préoccuper du risque de tomber. Elle faisait du Quidditch, perchée sur un morceau de bois magique à des dizaines de mètres du sol, ce n'était pas un champ de cailloux mouillés qui allait lui faire peur.

Aujourd'hui, comme depuis une semaine, elle n'errait pas sans but. Non, aujourd'hui, elle avait rendez-vous, sur un morceau de plage entre deux éperons rocheux. Un endroit presque secret, si on exceptait la villa qui la surplombait. D'ailleurs, elle était arrivée.

À l'autre bout de la plage, une ombre attendait. Une ombre qu'elle connaissait bien.

« - Alexandre ! Alex ! Je suis là ! »

Le jeune garçon, aussi brun qu'elle était blonde, se retourna vers elle. Maintenant plus proche, elle put le voir sourire de toutes ses dents, comme il faisait à chaque fois.

« - Raiponce, je suis content que tu sois venue.

- Est-ce que…(3) je ai rater un rendez-vous une fois ? répondit la jeune fille, dans un français approximatif.

- « Est-ce que j'ai déjà raté un de nos rendez-vous ? », corrigea le jeune homme, qui tentait de lui apprendre la langue de Molière.

- « Est-ce que j'ai déjà raté un de nos rendez-vous », répéta-t-elle docilement.

- C'est bien, reprit-il en anglais. Tu t'améliores.

- Cette langue est horriblement compliquée. Je n'arrive pas à comprendre comment marchent toutes ces conjugaisons. Quelle idée d'en avoir autant.

- Je suis bien d'accord. Je parle français depuis ma naissance et j'ai toujours du mal. Mais on va pas parler d'école pendant nos vacances, non ?

- Puis… Peux-tu répéter plus lent ?

- « Plus lentement », corrigea-t-il une nouvelle fois.

- Peux-tu répéter plus lentement ?

- Pas de problèmes. Que…veux-tu…faire ?

- Je ne sais pasParler ?

- Très bien. Parle-moi de ton pays. Comment c'est, l'Angleterre ? »

Les deux jeunes gens étendirent la couverture apportée par le garçon, avant de s'allonger dessus. Une fois installée, Raiponce commença à parler.

« - Oh, ce n'est pas très différent d'ici, dit-elle en reprenant sa langue natale. J'habite à Canterbury, près de la côte. Il ne s'y passe pas grand-chose et même s'il s'en passait, ma mère refuse que je sorte hors de la maison. Elle trouve que c'est trop dangereux.

- Et ici, elle te laisse sortir ?

- Non. Mais elle est chercheuse, elle est rarement à la maison qu'on loue, alors j'en profite pour me promener. Et toi, parle-moi de la France.

- Eh bien, j'habite Paris, la capitale, dit-il en parlant lentement, pour que Raiponce puisse facilement comprendre. C'est loin d'être aussi chouette qu'on le dit, mais je crois que c'est parce que j'ai pris l'habitude de ce que les gens trouvent merveilleux. À Paris, les gens sont tout le temps nerveux, ils n'ont jamais le temps. Et je viens ici chaque année, parce que mon père est fan de géologie. »

Les deux adolescents continuèrent de parler durant un long moment, avant que Raiponce n'avise sa montre. Déjà 15H ! Sa mère ne tarderait pas à rentrer. Il fallait qu'elle se dépêche.

« - Je suis désolée, Alexandre, mais je dois partir. Sinon, ma mère va se rendre compte de mon absence.

- Pas de problème. Je te raccompagne. »

D'un pas vif, habitué qu'il était à se balader sur les rochers, le jeune homme se mit en route vers la plage qui se trouvait le long de la résidence de son amie, cette dernière le suivant quelques pas plus loin.

Après une dizaine de minutes de marche, les deux compagnons arrivèrent en bas de l'escalier qui permettait de quitter le sable pour le tarmac, l'endroit où ils se quittaient chaque jour.

« - Eh bien, à demain ? demanda Alexandre, légèrement incertain.

- Même heure, même endroit ?

- Ouais !

- D'accord, à demain alors, dit la jeune fille, avant de commencer à s'en aller.

- Raiponce ! s'exclama soudain son ami.

- Oui ? » fit-elle en se retournant.

Alexandre l'attrapa doucement par le bras, puis lui planta un baiser sur les lèvres, avant de presque s'enfuir en courant, laissant là la jeune fille sur place.

Un peu perturbée, Raiponce rentra chez elle, en repensant à ce que venait de faire son ami. Pourquoi l'avoir embrassée ? Sans narcissisme, elle se savait mignonne. Du moins c'était ce que les gens disaient. Et lui n'était pas laid non plus. Mais était-il amoureux d'elle ? Et elle, était-elle amoureuse ? Plus elle y réfléchissait, moins elle trouvait de réponse. Mais la jeune fille se disait que ça valait peut-être la peine de tenter le coup.

Plongée dans ses pensées, elle n'entendit pas la porte se refermer.

« - Raiponce ? Tu es là ma chérie ?

- Euh, oui, dans le salon, Mère.

- Encore en train de lire ? C'est bien. Tu as passé une bonne journée.

- Très bonne, Mère. Et vous-même ?

- Ah, j'ai rencontré un charmant homme, sorcier lui aussi, qui s'était offert une journée pour visiter les Sept-îles. Mais il m'a dit être venu ici surtout pour le granit rose et m'a appris quelques petites choses sur son utilisation. Si tu savais comme j'ai hâte de rentrer pour essayer tout cela.

- Je n'en doute pas, répondit doucement la jeune fille. Retournez-vous dans les îles demain ?

- Raiponce… Ne me fais pas cet air-là ! Tu sais que je t'emmènerais si je le pouvais. Mais c'est bien trop dangereux. Il pourrait t'arriver tout et n'importe quoi, tu es bien plus en sécurité ici.

- Si vous le dites, Mère, murmura la blonde, secrètement ravie de l'absence de la plus âgée.

- Allez, cesse de bouder et regarde ce que je t'ai ramené ! fit la sorcière en sortant un petit pot de son sac.

- De la peinture de coquillage ! Où avez-vous… ?

- Un petit marchand sur le port.

- Merci, Mère, répondit la jeune fille, en serrant Gothel dans ses bras, avant de partir dans la cuisine, pour préparer le dîner.

Le lendemain, Raiponce se hâta de retourner à la crique. Sans surprise, elle trouva son ami, assis sur le sable.

« - Bonjour Alexandre.

- Sa-Salut. Tu… Tu vas bien ? Tu sais, je suis désolé pour hier. Je n'aurais pas dû… »

Un peu désarçonnée par l'attitude du garçon, Raiponce, gavée de romans à l'eau-de-rose, fit la seule chose qui lui semblait crédible.

Elle l'embrassa. Bon, pas un baiser baveux digne du film, un simple contact des lèvres. Mais cela suffit à faire taire Alexandre.

« - Pourquoi tu… Alors hier, tu as aimé ? »

La jeune fille se contenta de poser sa tête contre l'épaule du Parisien, en maudissant le moment. Où était le couché de soleil qui lui aurait permis d'échapper aux questions ? Elle ne savait pas pourquoi elle faisait ça, mais elle en avait envie. Fallait-il qu'elle se lance dans un discours éperdu d'amour pour que le jeune homme accepte ?

Heureusement pour elle, Alexandre se contenta de passer son bras par-dessus son épaule et de regarder la mer. Apparemment, lui aussi avait lu un peu trop de romans à l'eau-de-rose.

Fondamentalement, peu de choses changèrent après cette mise en couple. Raiponce ayant treize ans et Alexandre à peine quatorze, ils se contentaient de se balader, de se tenir la main et, à une fréquence plutôt rare, le jeune homme posait ses lèvres sur celles de Raiponce, un bref instant.

Les doutes du début s'évanouirent rapidement. La jeune fille aimait bien son compagnon. Il était gentil, la faisait rire et faisait attention à elle. Il ne lui parlait jamais de sa mère et n'attendait pas d'elle un comportement modèle. Peu lui importait si elle se roulait dans le sable. Après tout, il faisait pareil.

Mais le mois de juillet toucha à sa fin. Et ce qui devait arriver arriva.

« - Je pars demain, dit Alexandre.

- Je sais.

- Quoi ?

- Tu me l'avais dit au début des vacances.

- Ah. Tu sais… Je pense que l'on ne va pas pouvoir continuer à être, euh, ensemble.

- Ca aussi, je sais, répondit doucement l'anglaise.

- Et c'est tout ce que cela te fait ?

- On s'en doute depuis le début : j'habite au Royaume-Uni et toi en France. Il ne faut pas être devin pour se douter que ça n'allait pas être possible.

- Oh. »

Les deux adolescents restèrent assis sur ce qui était devenu leur plage personnelle.

« - Dis,… commença Raiponce.

- Hum ?

- T'as pas envie de faire autre chose que rester là ? Tu t'en vas demain, autant profiter de ce qu'il reste de la journée.

- Pas faux. »

Les deux amoureux se relevèrent. La journée s'écoula doucement, balancée entre balades sur le long de la plage, glaces sur la digue, promenades dans la ville et enfin, retour sur leur plage privée.

« - Je… Je suppose que l'on ne se reverra plus pendant longtemps, alors, dit Alexandre, en essayant de contenir ses larmes, ''Parce qu'un garçon ne pleure pas''

- Je suppose, murmura Raiponce contre l'épaule du garçon.

- Alors… Au revoir ?

- Oui. Au revoir », fit-elle, en posant ses lèvres sur celles de son vis-à-vis.

Moins de cinq minutes plus tard, assise sur un rocher, elle le regarda s'en aller. Deux semaines après leur premier baiser, elle ne savait toujours pas si elle était amoureuse de lui. Mais aujourd'hui, cela n'avait plus d'importance. Malgré leur « Au revoir », ils ne se reverraient probablement jamais. Sur ces pensées, elle retourna à la maison que sa mère louait. Cette dernière ne tarderait pas à revenir.

Deux jours plus tard, Raiponce quitta le climat humide de Bretagne pour retrouver celui tout aussi humide de la côte anglaise. Il restait un mois de vacances avant la rentrée. Et elle sentait que cela allait être long.

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(1) « bru » est un mot pour « belle-fille » dans le sens « femme du fils ». Apparemment, c'est moins connu que ce que je ne croyais.

(2) Je suis tout à fait d'accord, ce mot est moche. J'ai voulu mettre « polyglottie », qui sonne un peu mieux, mais ça n'existe pas, au contraire de polyglottisme. Si vous ne connaissez pas le sens de ce mot, Google est votre ami )

(3) J'avoue, Valery (ou Veilleuse) est directement inspiré de « Nightlight », un personnage des livres des Gardiens de l'Enfance. Je ne les ai personnellement jamais lus, mais j'ai déjà vu Nightlight (qui se traduit en français par « Veilleuse ») dans plusieurs fics et je m'aide de son article wiki. Si vous avez des informations dessus, n'hésitez pas à me les passer, je compte le faire réapparaître assez souvent.

(4) Selon une prof de néerlandais que j'ai eu il y a des années, les anglophones adorent la formulation « Est-ce que… » et la sortent dès qu'il ont une question, avant de réfléchir à la fin de leur phrase.

Bon, c'est un petit chapitre, mais si je mets la partie d'Harold et celle de Mérida en plus, il va être beaucoup trop long à mon goût. De plus, j'avoue ne pas avoir le temps, étant donné que je suis en plein examen. La deuxième partie sera exceptionnellement publiée lundi prochain.

À la base, il devait avoir encore plus de trucs dans la partie de Jack (dont la légende de Jack Frost en entier et un entraînement avec Edward Cygnus), mais sa partie est déjà bien assez conséquente comme cela. On reverra donc ces scènes plus tard.

Et j'espère ne pas avoir fait dans le gnangnan avec Raiponce. J'ai trouvé que c'était le bon moment pour introduire les premiers ébats amoureux et que notre petite blonde était le meilleur candidat (parce que Harold est timide, Jack est égocentrique et que Mérida… Mérida !).

3673 mots.