Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
ATTENTION : Une partie de ce chapitre contient de la violence décrite. Quand je dis violence, on va dans le sang, même si c'est léger. Cependant, ceux à l'imagination fertile risquent des images un peu choc.s Soyez prévenu.
Merci à Aangelik pour sa correction !
Merci à Emmawh, qui m'a donné l'idée pour « Comment donner la parole au cheval ».
Merci à Aangelik, Isis Nephtys (qui fut aussi « Guest » pendant 10 minutes ^^), Emmawh, Philou, Plume 1304 (x2) et Coralinda pour leurs reviews. Merci aussi à Mr. Insom, qui a posté une review sur « Valse à quatre temps » et qui, je le sais, lit aussi le Projet A.
Merci à Willifred pour sa mise en follow et favori. J'espère bientôt pouvoir connaître ce que tu penses de la fic.
Plume 1304, en tant que 100è review (dire qu'elle fut aussi ma première review), a le droit de me lancer un défi dans le fandom. Plume, je t'attends. Parce OUI, on a dépassé le 100 REVIEWS ! Merci à vous, franchement.
Philou : Hello ! Merci pour ta review et tes compliments. Je suis content que Valéry, le miroir et tout cela te plaisent. Et tu serais étonnée du niveau en orthographe et en grammaire, et même en écriture générale, de certains de mes camarades futur-profs.
Coralinda : Hello ! Merci pour ta review. Qu'est-ce qui te manque dans le chapitre précédent ? C'est le fait qu'il soit relativement tranquille par rapport aux autres ou c'est tout autre chose ? Et je connaissais le truc de like/love (c'est dur de s'y faire quand on a une langue où l'on dit « je t'aime » pour plusieurs sentiments). C'est vrai que j'aurai pu l'introduire ici ^^ Par contre, si j'ai bien compris, tu voudrais qu'Harold compare la relation qu'il a avec Jack et celle qu'il a avec Mérida ? Je peux essayer de faire ça, même si ce ne sera pas pour tout de suite. Puis-je te demander la raison d'une telle demande ?
Et maintenant, place à la fiction !
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Chapitre 14 : Histoires de famille, part 2
Au cœur de la forêt d'Écosse, un couple d'oiseaux s'envola, effrayé. À raison, au vu de la flèche qui venait de se planter à à peine un mètre d'eux, auprès d'une dizaine d'autres. Quelle idée de s'installer à côté d'un moignon de branche d'arbre déjà transpercé de part en part aussi.
Au sol, Mérida laissa sortir une exclamation de joie, avant d'entreprendre l'ascension de l'arbre. Il ne lui restait pas assez de flèches en bon état, depuis que sa mère avait décidé de couper les vivres à ce niveau, pour qu'elle puisse se permettre d'en perdre une.
Une fois de retour au sol, elle tira un papier et un crayon de sa poche, avant de marquer une série de chiffre.
« - Alors, 67 hier et aujourd'hui…. 59 pour les huit premières cibles et 9 points pour celle-ci ça me fait… 68 ! Record battu ! Qu'est-ce que t'en dis, Angus ? »
Le cheval, qui n'avait pas tenu longtemps avant de céder à l'appel de l'herbe grasse et tendre qui poussait un peu plus loin, redressa la tête avant de lancer à la jeune fille un regard qui devait probablement signifier : « Tant que tu n'oublies pas mon avoine tantôt, tu peux bien faire les points que tu veux ». C'était sûrement ce qu'il voulait dire à la base, mais bien loin que ce que sa propriétaire comprit.
« - Je suis bien d'accord avec toi, fit-elle. C'est mieux mais je peux encore m'améliorer. À dix points par cibles, je devrais pouvoir faire au moins 80.
- Brrrrr (1), répondit Angus, ce qui voulait plus ou moins dire « Tu penses que je peux me risquer à goûter cette délicate fleur violette ou est-elle probablement infecte et, de surcroit, mortelle ? »(2)
- Mouais, t'as raison, il me reste deux semaines. Bon, ça te dit une balade jusqu'aux Chutes de Feu ? Ça fait un bout de temps qu'on n'a pas été jusque-là. »
Comme à son habitude, le cheval ne répondit pas autrement que par un « brrr » supplémentaire, signifiant cette fois-ci : « Je n'ai de toute façon pas le choix en la matière, alors du moment que tu ne m'obliges pas à escalader le pilier, je m'en tamponne le coquillage ». Question de capacité phonique. Et comme qui ne dit mot consent, « brrr » n'étant pas un mot à proprement parlé, l'écossaise enfourcha l'animal, avant de prendre la direction des grandes chutes d'eau.
Une quinzaine de minutes plus tard, elle se trouvait au pied de celle-ci, dans une ambiance rendue quasi-mystique par la brume provoquée par les chutes.
Cela faisait bien un an qu'elle n'avait pu se rendre jusqu'ici, alors que cela avait été son lieu de destination préféré depuis l'époque où elle avait pu partir à cheval seule. Mais maintenant que sa mère s'était mise en tête de lui donner cours TOUS les jours, sans même lui laisser l'occasion de récupérer un jour ou deux par semaine, et pire, pour une raison obscure, l'étiquette et des cours de maintien supplémentaires s'étaient rajoutés au cursus. Autant dire qu'elle pouvait contempler les cataractes une fois toutes les lunes rousses.
Même aujourd'hui, elle n'était pas censée être là. Hier, elle n'aurait pas dû pouvoir sortir faire du cheval non plus. Heureusement, quelques gâteaux suffisaient à marchander l'aide de ses trois petits frères, qui mettaient un bordel monstrueux et distrayaient leur mère le temps nécessaire à Mérida pour s'enfuir.
Penser à sa mère la fit revenir à ce qu'elle lui avait annoncé le matin même. Revivre la scène la fit frissonner.
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« - Mérida, ma chérie, j'ai une grande nouvelle à t'annoncer, commença Élinor.
- Une grande nouvelle ? Ne me dites pas que je vais être une nouvelle fois grande sœur !
- Pardon ? Non ! Voyons, ma chérie, que vas-tu là imaginer ? Ce que je voulais t'annoncer, c'est que ton futur fiancé va venir dîner au château ce soir !
- QUOI ?
- Une dame de la haute société ne dit pas « Quoi ? » mais « Pardon ? »
- Pardon ?
- C'est mieux. J'ai dit que ton futur fiancé va venir dîner ici. En fait, ton père et moi-même ne savons pas encore qui, parmi les fils McGuffin, MacIntosh et Dingwall, va être ton fiancé, mais ces trois illustres familles ont répondu positivement à notre demande.
- Mais mère, vous ne pouvez pas…
- Je ne peux pas quoi, Mérida ?
- Je veux dire… Fiancer les gens entre eux sans demander leur avis, c'est d'un autre âge !
- Je ne vois pas le problème. Ton père et moi-même ne nous connaissions pas avant notre mariage et il a gagné ma main à la loyale. Tu vois bien qu'aujourd'hui, nous sommes heureux.
- Eh bien je refuse !
- Je te demande pardon, jeune fille ?
- Je refuse de me marier à quelqu'un que je ne connais pas et que je n'apprécie peut-être même pas pour une histoire de traditions.
- Mais tu n'as pas le choix. Vendredi, ton fiancé sera officiellement choisi et tu l'épouseras à la fin de tes études à Poudlard. Point, à la ligne. »
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Mérida avait bugé au moment même où sa mère avait abordé le thème du mariage. Et avait fini par s'enfuir, montant sur Angus et allant se perdre dans les bois qu'elle affectionnait tant.
Même maintenant, plusieurs heures après la conversation, elle n'en revenait pas. Elle savait sa mère plutôt conservatrice, surtout sur le rôle de la femme, à savoir agir dans l'ombre et pour « le plus grand bien de la famille ». Mais de là à lier sa propre fille à un inconnu via un mariage forcé…
Elle n'arrivait pas à comprendre. D'ailleurs, elle n'arrivait même pas à s'imaginer comment serait sa vie de femme mariée. Finirait-elle comme sa mère ? Hautaine, moralisatrice et surtout, criarde ?
« - Mérida ! »
Quand on parle du loup…
« - Je me doutais bien que je te trouverai ici. Je peux savoir ce qu'il t'a pris de t'enfuir ainsi ?
- Mère, je…
- Pas d'excuses. Il est presque trois heures de l'après-midi et nos invités arrivent à six heures tapantes. Hors de question que tu te présentes à ton fiancé comme cela. Suis-moi, maintenant. »
Sur ces mots elle empoigna sa fille, prit la bride d'Angus de l'autre main, avant de se diriger vers le château.
Les trois heures qui suivirent furent une véritable torture pour Mérida. Elle dut d'abord se faire récurer de fond en comble par une des nounous de ses frères, sa mère ne lui faisant pas confiance quant au récurage des ongles et autres petites choses de ce style. Après ce moment atrocement embarrassant, ce fut l'heure des essayages.
Élinor fit enfiler à sa fille un nombre incalculable de robes, essayant de décider laquelle serait à la fois assez sobre, signe de richesse, élégante, raffinée, pas trop osée et surtout, en bon état. N'allez pas croire que la jeune fille ne recevait jamais de vêtement, on lui refaisait presque une garde-robe entière chaque année. Seulement, une robe n'était pas faite pour survivre à des escapades dans les bois, ce qui expliquait l'état misérable de la plupart d'entre elles. Et n'étant pas couturière qui veut, il fallait donc se rabattre sur celles encore en état de servir.
Après une bonne heure, la lady arrêta son choix sur une robe verte achetée en début d'année. Elle avait était prévue pour laisser de la place aux formes que la jeune fille pourrait développer dans les temps à venir, mais une épingle habilement dissimulée par la chevelure rousse de Mérida permit de resserrer un peu le corsage.
La séance coiffure, quant à elle, fut vite réglée, les cheveux devant rester lâche pour pouvoir cacher la fameuse épingle. Pour une fois que l'adolescente échappait à cet horrible bout de tissu qui comprimait ses cheveux contre son crâne, elle n'allait pas s'en plaindre.
L'heure du repas arriva bien vite. Et apparemment, Lady Dunbroch avait tout prévu.
Fergus, en tant qu'hôte et chef de famille, siégeait en bout de table, les armoiries dans le dos et la grande porte face à lui. À sa droite, Élinor, en tant qu'épouse et à sa gauche, son aînée. Les trois petits derniers, officiellement trop jeunes, même si c'était plus par rapport au risque qu'ils représentaient à eux trois, avaient été excusés et séjournaient donc dans leur chambre, en compagnie d'une nounou qui allait probablement quitter son poste avant la fin de la soirée.
À gauche de Élinor se trouvait le seigneur(3) MacIntosh, accompagné par son fils, Gauthier, deux hommes qui se ressemblaient forts, grands, maigres avec une version noires des cheveux de Mérida sur la tête, mais en moins long.
Ensuite venait le seigneur McGuffin, un homme qui avait plus ou moins la même carrure et la même bedaine que Fergus, mais une bonne trentaine de centimètres en moins. Son fils, Edward, siégeait à sa droite. Aussi costaud que son père mais dix fois plus timide.
Enfin venait le seigneur Dingwall, un petit homme à la calvitie avancée, très vulgaire, ce qui expliquait que Élinor l'ait placé le plus loin possible d'elle, car il n'avait jamais caché ses désirs envers la Lady Dunbroch.
Tout cela, et une table ronde, faisait que Mérida se retrouvait à côté de Gaël, plus souvent appelé « Petit Dingwall ». Dans cette assemblée, il faisait office de crevette muette. Il ne parlait jamais, ne semblait pas comprendre ce qu'on lui disait et restait là assis, sans rien faire. Quelqu'un de pas très dérangeant au final, si on exceptait ses accès de colères qui pouvaient survenir à n'importe quel moment.
Le dîner semblait se dérouler tranquillement. L'apéritif et les hors-d'œuvres avaient été pris dans un calme relatif, rythmé par la grosse voix de Fergus narrant une énième fois ses exploits de chasse. Quand il avait été temps de passer à table, l'ambiance n'avait pas changé, juste un peu plus alcoolisée. L'entrée passa, puis vint le plat. Et les ennuis commencèrent. Comme on pouvait s'y attendre, ce fut le Seigneur Dingwall qui mit les pieds dans le plat.
« - Élinor, il me semble que nous avons été invité pour autre chose qu'un dîner.
- J'allais y venir, Seigneur Dingwall, même s'il est plus approprié d'attendre le dessert pour parler de telles choses.
- Au diable les convenances d'un autre siècle. Il me semble qu'il est préférable de régler ça tout de suite.
- Je suis d'accord avec Dingwall, mieux vaut s'en occuper au plus vite. Mais ne pourrions pas finir le plat avant ? »
Aussitôt dit, aussitôt fait, le plat principal, à savoir du haggis que Mérida avala tant bien que mal, fut expédié en quelques minutes. Histoire de faire descendre le tout, Fergus fit apporter des digestifs à ses invités, avant qu'Élinor ne reprenne les hostilités.
« - Bien. Messieurs, le Seigneur Dingwall nous l'a fait remarquer au cours du dîner, vous n'êtes pas là pour rien. Si vous êtes venu ici, c'est dans l'espoir que votre fils emporte la main de l'ainée des Dunbroch, Mérida. Aux temps anciens, les trois prétendants auraient dû s'affronter au cours d'un tournoi, dans une épreuve déterminée par la future fiancée. Cependant, nous ne sommes plus aux temps anciens, nous avons évolué. C'est pourquoi Fergus et moi-même baserons notre décision sur vos propres arguments en faveur de votre enfant et ce qu'il pourra apporter à la famille Dunbroch. Seigneur MacIntosh, vous pouvez commencer.
- Merci, ma Dame. Mon fils, Gauthier, apportera à votre famille toutes les qualités des MacIntosh, à savoir la fierté, l'honneur et le courage, ce qui sera d'excellente qualité si un jour un descendant de votre fille et de mon fils vient à devenir le nouveau Lord Dunbroch. De plus, notre nom, s'il n'a plus de pouvoirs effectifs aujourd'hui, n'est pas sans avoir d'impact sur les gens de la haute société, expliquant mon réseau très étendu, qui deviendra celui de mon fils.
- Je vois. Seigneur McGuffin, à vous.
- Merci, ma Dame. Mon fils, Edward, n'a certes pas l'arrogance des MacIntosh. Cependant, son calme, sa discrétion sont ce qu'il faut à votre fille qui est, selon vos propres mots Élinor, très fougueuse. De plus, la célèbre force des McGuffin lui a été transmise, ce qui assurera des descendants forts et robustes.
- Merci de cette explication. Seigneur Dingwall ?
- Ah, oui. Mon enfant, Gaël, a bien plus de qualité que les deux nigauds que l'on vous a déjà présenté. Il est courageux, sage, discret, discipliné et surtout intelligent ! Et mieux, il est un puissant sorcier, c'est moi qui lui ait tout appris. Et en ces temps troublés, où des putains de mangemorts se baladent encore en liberté, y a rien de plus important.
- Je vous remercie, Seigneur Dingwall. Fergus et moi allons nous concerter, et nous vous donnerons notre avis après le dessert, qui arrive justement. »
Mérida fut en panique durant tout le temps que dura le dessert. Qui ses parents allaient-ils choisir ? Ce bellâtre de Gauthier ? Edward, qui marmonnait plus qu'il ne parlait ? Ou Gaël, la crevette bipolaire ? Elle ne s'imaginait vraiment pas vivre le reste de ses jours avec l'un d'entre eux, peu importe lequel.
« - Seigneurs, nous avons pris notre décision. Mérida, notre aînée et unique fille, se fiancera à…
- Personne ! s'exclama la jeune fille.
- Mérida, il me semble que tu n'as pas voix au chapitre.
- Je refuse d'épouser un de ces types.
- Cesse donc ton caprice et assied-toi, veux-tu ?
- Non !
- Mérida…
- Vous ne pouvez pas m'y forcer.
Sur ces mots, Mérida s'enfuit dans sa chambre, où elle s'enferma à double tour. Bon, il ne lui restait plus qu'à éviter sa mère durant les deux semaines de vacances restantes…
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Tout Beurk, ou presque, avait pris place dans les gradins du Cirque. Bon, officiellement, cela ne s'appelait pas « le Cirque », mais « l'Arène ». Cependant, pour Harold, le premier nom lui allait bien mieux que le deuxième. Car une fois dans le Cirque, le peuple de Beurk ne valait pas mieux que les Romains qui regardaient s'entretuer des esclaves ramenés de tout l'Empire.
Si un habitant quelconque avait entendu ses pensées, il se serait évidemment défendu : ce qui se passait à Beurk n'avait rien à voir avec ce qui se passait durant l'Antiquité. Dans le Cirque, s'était deux hommes forcés de se battre jusqu'à la mort. Dans l'Arène, c'était un jeune homme qui, pour devenir un homme, montrait au village qu'il était capable de le défendre en mettant une bête à mort.
Mais Harold ne voyait pas la différence. Parce qu'aujourd'hui, ce n'était pas un simple anonyme qui allait se battre en bas, même si les Berkois n'étaient jamais vraiment anonymes entre eux. Disons que celui qui descendait aujourd'hui dans l'arène était quelqu'un d'encore moins anonyme que les autres.
Le garçon, un peu plus âgé qu'Harold, venait d'avoir ses 18 ans. Et en cet honneur, lui qui avait suivi l'entraînement dragon, il avait le droit de tuer son premier reptile cracheur de feu devant tout le village.
Il s'appelait Simon. Il était typiquement de Beurk, haut et large d'épaule même si dépourvu du ventre à bière usuel. Il arborait des cheveux blonds coupés courts et des yeux bleus. Seuls deux choses le différenciaient des autres garçons : son nom, qui était loin de sonner vikings, parce qu'il avait été choisi par sa mère, originaire de Londres. Et ensuite, son caractère.
Simon avait un caractère doux et tranquille. C'est pour cette raison qu'il avait longtemps été le baby-sitter d'à peu près tous les enfants de Beurk de moins de 15 ans. Il avait cette patience qui faisait défaut à la plupart des hommes et même des femmes de l'île. C'était là qu'Harold l'avait connu. Le jeune homme lui avait un jour dit qu'ils se ressemblaient, parce que lui non plus n'aimait pas se battre.
Pourtant, aujourd'hui, il était là, en bas et allait bientôt faire couler le sang.
Très bientôt, même. Car Stoik la Brute, maire de Beurk, s'avança sur son estrade.
« - Mes amis, aujourd'hui est un grand jour. Si on m'avait dit, i ans, que le petit Simon qui gardait mon fils allait devenir un fier guerrier et faire partie des Tueurs de Dragons, je ne l'aurais pas cru. Pourtant, aujourd'hui, ce jeune homme se tient devant nous et fait face. Je ne vous ferai pas attendre plus longtemps, alors je déclare cette cérémonie d'initiation ouverte ! »
Sur ce, la grille qui se tenait au fond de de l'Arène s'ouvrit, laissant passer un Dragon-Vipère. Harold analysa rapidement les points-clefs de ce combat.
Le Vipère avait comme défaut son énorme angle-mort, au niveau de sa corne, qui l'empêchait de voir droit devant lui. Cependant, pour pouvoir s'y mettre, il fallait l'approcher, ce qui n'était pas simple avec les aiguillons rocheux qu'il pouvait lancer. De plus, Simon était large, le dragon le verrait même s'il se mettait dans l'angle-mort.
Ensuite, ce dragon avait pour autre particularité d'être très rapide et surtout d'avoir le feu le plus chaud. Autant dire que le bouclier était inutile, il fondrait en quelques secondes. La seule solution envisageable, c'était de foncer dans le tas.
Ce que fit Simon. Lâchant son bouclier, qui deviendrait vite une gêne, il empoigna son épée à deux mains, avant de foncer sur le dragon. Celui-ci esquiva, avant de se placer sur la droite de l'homme. Ouvrant la gueule, il cracha son feu, mais le blond s'était déjà décalé et se trouvait derrière. Le combat aurait pu se finir là, avec un bout coup dans la nuque, mais la vitesse du Vipère joua une fois de plus et il se dégagea, faisant de nouveau fasse à son ennemi.
Dans les gradins, Harold grimaça. Gueulfort avait vraiment bien fait son travail. Le Dragon-Vipère était probablement le pire que pouvait affronter Simon, si on exceptait certaines espèces très rares comme le Furie Nocturne ou le Skrill. Face à un Gronk, le jeune homme aurait pu prendre un avantage question vitesse. Avec un Hideux Braggetaure, sa force lui aurait permis de vaincre. Contre un Cauchemar, la ruse aurait pu servir. Mais dans un combat contre un Vipère, le jeune homme manquait de vitesse et sa ruse se trouvait face à un adversaire de son niveau. Autant dire que le combat allait se jouer sur la force et la chance.
Et la chance sourit. Les deux combattants étaient épuisés, mais le Vipère commis une erreur fatale : il se laissa déconcentrer par le bruit de la foule. Cela permit à Simon de trouver une ouverture et de foncer. Il mit tellement de force dans son coup que la tête du dragon se détacha.
L'homme la prit par une corne, puis la souleva au-dessus de sa tête faisant fi du sang qui lui coulait dessus. Dans un hurlement presque inhumain, il montra sa victoire aux yeux de tous.
Harold se sentit malade. Où était Simon ? Où était le jeune homme qui lui lisait des histoires, qui lui disait que ce n'était pas grave de préférer dessiner à se battre et qui le défendait contre Rustik et les jumeaux ? Où était son ami ? Car lui, il ne voyait qu'un fou, un assassin aux yeux rendus déments par le sang.
La bile lui remontait dans la gorge. Sans qu'il comprenne comment, Harold se retrouva dans sa chambre. Attrapant le seau qui traînait là depuis qu'il avait nettoyé la pièce de fond en comble au début des vacances, il rendit tout ce qu'il avait avalé le matin même.
Encore déboussolé, l'adolescent s'assit par terre, puis attrapa le sac qui contenait son œuf. Il n'avait pas su déterminer de quelle espèce il s'agissait, alors il se contentait de le garder au chaud, en attendant qu'il éclose. Chose difficile quand on n'avait pas accès à la magie et il ne pouvait prendre le risque de dormir avec pour lui tenir chaud, de peur de le casser.
TOC TOC TOC
D'un geste précipité, il cacha l'œuf. Son père serait-il monté ? Ce serait étonnant. Mais peut-être que…
TOC TOC TOC
« - Harold ? Ouvre gamin, c'est Gueulfort. »
Gueulfort. Évidemment. Qu'est-ce qu'il croyait, que son père allait se déplacer pour lui ? Se levant, il ouvrit la porte, puis partit s'asseoir sur son lit.
« - Ouah, ça fouette ici ! T'ouvres jamais ?
- Si, mais c'est le seau qui sent.
- Le seau ? Pourquoi … Ah, je vois, dit-il en regardant le contenu. Je suppose que c'est à l'Arène que l'on doit ça ?
- Comment t'as deviné, demanda Harold, légèrement ironique.
- Je m'doutais qu'un truc pareil allait arriver quand ton père m'a dit qu'il allait t'emmener aujourd'hui, pour te montrer que même quelqu'un comme Simon pouvait devenir un « vrai viking ».
- Je vois, soupira l'adolescent.
- Allez Hiccup, dit le forgeron en s'asseyant à son tour, dis-moi ce que t'as sur le cœur. »
- Ça fait longtemps qu'on ne m'a pas appelé comme ça. « L'avorton de la litière ». Ce n'est pas un surnom très glorieux.
- C'est un surnom qui te va bien. Allez, dis tout au vieux Gueulfort. On fait pas de la magie accidentelle à ton âge sans bonne raison. »
Harold soupira une nouvelle fois. Pouvait-il prendre le risque de dire ce qu'il pensait au forgeron ? Probablement. Gueulfort avait été comme un second père pour lui. Et un père bien plus présent que le premier.
« - Pourquoi… commença-t-il.
- Oui ?
- Pourquoi est-ce que le village transforme les gens bien en monstres ?
- Tu trouves que nous sommes des monstres ?
- Simon en était un, aujourd'hui. Il n'avait plus rien de l'ami que j'ai connu.
- Je vois. Tu sais, ta mère m'a dit à peu près la même chose il y a maintenant un peu moins de 14 ans.
- Vraiment ?
- Oui. Comme tu le sais, elle n'était pas Beurkoise. Elle n'était même pas humaine. Elle était une créature de la forêt. Alors une partie d'elle, voire même la totalité de son être, était révulsée par nos pratiques.
- Alors pourquoi elle est restée ? demanda Harold, avide de connaissance. On lui parlait rarement de sa mère.
- Par amour pour ton père, et après par amour pour toi. Cependant, une partie d'elle avait toujours envie de courir se réfugier dans la forêt. Et elle avait peur que l'on ne te force à devenir toi-même un Tueur.
- Pourquoi ?
- Parce que t'es pas humain, déclara Gueulfort, avec sa franchise habituelle. Une partie de toi, celle qui te vient de ta mère, ne souhaite qu'une chose : retourner à l'ombre des arbres et disparaître du monde des hommes. Une partie de toi hurle avec les dragons quand l'un des leurs meurt. Et ta mère avait peur de ce qu'il pourrait advenir si cette partie se révoltait assez fort.
- Mon père est au courant de ça ?
- Non. Val ne souhaitait pas lui en parler. Il n'aurait pas compris. Il l'aimait de tous son cœur, mais il lui arrivait de ne pas la comprendre, comme il lui arrive de ne pas te comprendre. Stoik a du mal à réfléchir au travers d'un autre mode de pensée que le sien.
- Mmm, fit Harold, pensif.
- Bon, je vais te laisser. Si je disparais trop longtemps, ils vont le remarquer.
- Tu crois que je suis obligé d'y retourner ?
- Non. Mais je te conseille d'être là quand Simon s'effondrera.
- Quand il s'effondrera ?
- La soif de sang ne laisse jamais les gens indemne. C'est tout.
- Gueulfort, attends ! »
Mais l'homme était déjà parti. Quel personnage étrange que ce Gueulfort. Franc, brutal, parfois inconscient, mais sage.
Quelques heures plus tard, alors que la fête battait encore son plein au centre du village, l'alcool coulant à flot, on toqua une nouvelle fois à la porte, mais celle d'entrée, cette fois. Heureusement, Harold avait quitté sa chambre pour le salon, où un feu de cheminée flambait et le réchauffait.
Allant ouvrir la porte, il fut surpris de tomber face-à-face avec…
« - Simon ?
- Salut Harold. Je… Je peux entrer ? »
Le jeune homme ne ressemblait plus au guerrier de tout à l'heure. Il avait les yeux rougis et la peau abîmée, comme s'il l'avait frottée avec trop de force.
Sans un mot, le plus jeune s'écarta, le laissant entrer. Comme un automate, il se dirigea vers la cheminée, puis se laissa tomber dans les coussins qu'Harold avait éparpillé au sol.
Ce dernier reprit sa place sans rien dire, laissant au blond le soin de commencer. Ce qu'il ne mit pas longtemps à faire.
- J'ai tué.
- …
- Je, j'ai tué un dragon.
- …
- Tu sais, je m'étais promis de ne pas le faire, il y a quelques années. Je trouvais ça horrible. Puis, il y a eu l'entrainement dragon. Et face au Vipère…. Il m'avait reconnu comme un bon adversaire. J'aurai pu simplement le blesser et il aurait abandonné. Mais je l'ai tué. Puis j'ai levé sa tête, comme s'il n'était qu'un simple objet, rien d'autre. Et le sang, tout ce sang qui coulait partout. Qui coulait sur moi. Mais rien n'avait d'importance, sinon la foule qui hurlait mon nom, qui m'acceptait comme l'un des sien. Et pour ça, j'ai tué.»
Des larmes commencèrent à poindre aux coins des yeux du blond.
« - Je l'ai tué comme on écrase une mouche, sans hésitation. Je suis devenu ce que je méprisais. Je… Je suis horrible. Je ne vaux pas mieux que ceux dont je me moquais plus jeune ».
Sans dire un mot, Harold se leva, se rassit plus proche de Simon, puis posa la tête de ce dernier sur ses genoux. Sans cesser de fixer le feu, il écouta le plus âgé régurgiter tout son dégoût, celui qu'il avait envers Beurk, envers ses habitants, envers lui-même.
L'homme continua a parlé, des larmes coulant doucement de ses joues. Et Harold ne cessa pas de l'écouter, en passant sa main dans les cheveux du plus vieux, tentant maladroitement de le réconforter. Était-ce là ce que Gueulfort voulait dire quand il disait « La soif de sang ne laisse jamais les gens indemne » ? Était-ce là le rôle de sa mère, autrefois, de réconforter les âmes blessées par la folie de Beurk ?
Harold ne savait pas. Tout ce qu'il savait, c'est que de nombreux enfants seraient encore blessés par les habitants, par leur mentalité. Bien plus que par les dragons. Et que pour le moment, il devrait se contenter de les écouter. Mais un jour, oui un jour, il changerait cela.
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Une semaine plus tard, le premier septembre, sur le quai 9 ¾, le Poudlard Express prenait son départ.
Avant, chacun avait reçu ses propres recommandations. Par exemple, les frères Weasley encore à Poudlard, à savoir Percy et les jumeaux, avaient reçu pour consigne de veiller sur Ronald, leur petit frère. Ce qui est, ma foi, fort banal.
D'autres avaient reçu des « ordres » un peu plus spéciaux. Mérida, sur ordre de sa mère, devait se lier d'amitié avec les grands noms qui arrivaient, comme Harry Potter ou le jeune fils Malfoy. « Elle devait bien ça à la famille après le fiasco des fiançailles ». L'aristocrate blond, lui, devait faire honneur à sa famille en étant réparti à Serpentard et en arrivant à prendre la tête d'au moins les trois premières années.
Mais au final, tous les élèves durent se séparer de leurs parents et monter dans le train. Et tous allaient dans la même direction : Poudlard !
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(1) À tous ceux qui pratique de l'équitation : mes contacts avec les chevaux sont plus que limités, vu que je n'aime pas ces bêtes-là. Je ne sais donc pas si « Brrr » peut-être assimilé comme « bruit chevalin correct ».
(2) On dit beaucoup de chose avec un « brrr ». C'est le même principe que le « Miaou » que les chats adressent à leurs maîtres. Sauf que dans le deuxième cas, ce sont probablement des menaces de mort.
(3) Alors : les noms de seigneurs sont ceux du film, même si j'ai inventé des noms pour les fils. Et ici, le terme « Seigneur » n'a aucune valeur, ce n'est qu'un titre que l'on se passe de père en fils. Seul Fergus est un « lord » du monde magique.
Et voilà le retour d'une Mérida un peu plus comme dans le film. Emmawh m'avait fait remarquer qu'elle était moins rebelle dans ma fic, j'espère que ce retour vous a plu.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve que les parties d'Harold et Mérida sont particulièrement bien faite. C'est rare, mais pour le coup je suis plutôt satisfait de ce que j'ai fait.
Ces chapitres « vacances » ne devaient à la base ne faire qu'un demi-chapitre en tout. Puis c'est devenu un chapitre. Puis deux (qui font 8200 mots à deux ^^). Le truc, c'est que j'avais plein d'idée et j'ai trouvé que c'était le bon moment pour introduire le moment critique : l'adolescence (Puberté, premiers amours, conflits parental et le célèbre conflit sociétal ^^).
D'ailleurs, je me suis fait une remarque : tous les personnages des films HP sont imberbes, ou sont passés directement de « Imberbe » à « Moustache en balais brosse ». Sérieusement, aucun garçon n'a arboré le terrible « duvet de moustache trop court pour commencer à se raser mais assez long pour être TRÈS visible » symbole de la puberté. Je travaille avec des ados, croyez-moi je sais de quoi je parle. Voilà, c'était ma petite remarque inutile.
Une dernière chose : Les thèmes de la hijack week de juin (21 – 27 juin), week à laquelle je participe (ainsi qu'Emmawh et Aangelik, bien que cette dernière le fasse en dessin), ont été dévoilés. Si vous êtes motivés, je vous invite à y participer.
Day 1. I'm on the naughty list ? (ROTG)
Day 2. Then I won't speak. Just let me show you. (HTTYD)
Day 3. You know, sometimes all you need is twenty seconds of insane courage. Just literally twenty seconds of just embarrassing bravery. And I promise you, something great will come of it. (We bought a zoo)
Day 4. Why are you trying so hard to fit in when you were born to stand out ? (What a girl wants)
Day 5. Excuse me, barmaid ! I'm afraid you brought me the wrong offspring ! I ordered a extra-large boy with beefy arms, extra guts and glory on the side. This here, is a talking fish-bone. (HTTYD)
Day 6. You're all hard work and deadlines, and I'm all snowballs and funtimes. (ROTG)
Day 7. I'm with you to the end of the line (Captain America 2 Winter soldier)
On se retrouve dans deux semaines !
4611 mots
PS : cette note de fin de chapitre aura été titanesque ^^
