Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Merci à Aangelik pour sa correction !
Merci à Isis Nephtys, Alamane-Chan, Aangelik, Paquerette san, DeadlyFury, Philou, Cya-Siaj, Coralinda, Emmawh, Plume1304, Lyans, Elsa Hofferson et .39 (x3) pour leurs reviews !
Merci à ceux et celles qui ont rajouté la fiction dans leur liste d'alerte et de favoris !
Paquerette San : Hello ! Merci pour ta review. Harold va être recruté, mais pas tout de suite ^^ Enfin, tu verras bien.
Philou : Hello ! Merci pour ta review. On ne saura jamais « tout » au sujet du Clan Frost, sinon je devrai faire une fiction à part, je pense ^^ Mais des éléments vont venir se rajouter au fur et à mesure. Pour le crâne de Quirrel, il s'agit là d'une prise de liberté de ma part vis-à-vis du canon. Cela va être assez fréquent, tout simplement car suivre les livres mot pour mot deviendrait vite ennuyeux, pour moi et pour les lecteurs ^^ Pou Harold, on e revoit ici et pour le lézard, n'oubliez jamais que je publie dans l'ordre chronologique des évènements. J'en dis pas plus, vous comprendrez plus tard ^^. Et figure-toi que j'avais complètement oublié l'existence de Pré-au-Lard, mais je vais me rattraper bientôt !
Pour ta fic, d'une manière purement classique, je verrai bien Anna à Poufsouffle ou Gryffondor et Elsa à Serdaigle. Maintenant, tout dépend de ce que l'on veut faire et du but que l'on voit dans les maisons de Poudlard.
Coralinda : Hello ! Merci pour ta review. Et ce n'est pas grave si tu n'as pas eu le temps d'écrire la fois dernière, même si j'avoue m'être demandé ce qu'il se passait, vu que tu es toujours au rendez-vous ^^ Pour ta fiction, lance-toi ! Je vais être franc, je suis un peu surpris du succès du Projet A, que je n'attendais absolument pas. Tu ne peux pas savoir avant d'essayer. Et merci pour tous tes compliments !
Et maintenant, place à la fiction !
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Chapitre 17 : Troll et trappe
« - Et alors Anissa me dit : « Et tu te rends compte ? Il dort avec une peluche ! À deux cent trente ans ! » Et je lui réponds « Je veux bien le partager avec une peluche si je peux m'occuper de ses jolies fesses » et … »
Harold se pinça l'arête du nez, tout en se demandant si le Professeur Brûlopot verrait d'un mauvaise œil le fait qu'il assassine la fée qu'il était censé observer.
Comme chaque vendredi, Harold avait cours de SACM. Et comme à chaque cours, le professeur avait consacré la première heure à donner des informations sur l'espèce du moment, avant de répartir des spécimens entre les élèves pour que ceux-ci les observent et lui fassent un rapport.
Aujourd'hui, ils devaient étudier les fées des bois. Et comme la Forêt Interdite comptait une colonie de ces charmantes créatures, le prof en avait trouvé assez pour que l'observation soit faite individuellement, et non par groupe de deux comme les semaines précédentes.
Les fées sylvestres avaient plusieurs caractéristiques : elles étaient plutôt lunatiques et orgueilleuses, vivaient selon un modèle matriarcale, avec une espèce de « reine-mère », un peu comme les fourmis et communiquaient uniquement à l'aide de très rares cris aigus, préférant utiliser le langage non-verbal.
Enfin, le langage non-verbal… Tout dépendait de à qui elles s'adressaient. Et actuellement, celle dont Harold devait s'occuper, une certaine « Rose » selon Brûlopot, avait découvert que le jeune garçon était capable d'entendre ses pensées et donc de communiquer efficacement avec elle. Suite à cette découverte, elle avait tout à fait logiquement entrepris de raconter au Poufsouffle les ragots qui couraient dans la colonie. Pour le moment, d'après ce qu'Harold avait compris, elle parlait d'un certain « Elian », un des fae les plus en vue du moment, qui dormait avec un nounours. Une information tout ce qu'il y a de plus importante, que la demoiselle ailée tenait d'Anissa, qui la tenait de Rachel, qui elle-même la tenait d'une source inconnue mais certainement très fiable. Passionnant.
Bon, il râlait, mais ces deux derniers mois, Harold avait connu pire. Car si la Fée avait un esprit capable d'user du langage humain, ce n'était pas le cas de toutes les créatures que les Poufsouffles-Gryffondors de troisième année voyaient en cours. Certaines, comme l'hippogriffe d'il y a deux semaines, possédaient un système de pensée basé sur les images, même s'il comprenait le langage humain. Et comme chaque créature qui s'était rendue compte de la capacité d'Harold, il n'avait eu cesse de rentrer en contact avec son esprit. Autant dire que les images de chasse et de viande crue avait quelque peu chamboulé l'estomac de l'adolescent.
« - Et elle me répond… Dis, tu m'écoutes ? demanda la fée.
- Oui, oui, ne t'inquiète pas.
- Bien. Parce que c'est déjà rare de tomber sur un humain qui peut nous comprendre, mais s'il n'écoute pas ça ne sert à rien. J'en étais où ? Ah, oui, à l'histoire d'Eliane. Donc,… »
Harold se demanda un moment s'il pouvait discrètement se boucher les oreilles avant de devenir définitivement fou. Une partie d'Harold lui rappela que de toute façon, la fée passait son discours directement de son cerveau au sien et que donc, se boucher les oreilles était aussi utile qu'un emplâtre sur une jambe de bois. Une autre partie, plus cynique, lui fit remarquer que vu qu'il se promenait dans la Forêt Interdite comme dans un simple bosquet, qu'il avait entrepris de s'occuper d'un œuf totalement inconnu trouvé dans ladite forêt et qu'en plus, il entendait des voix, eh bien il n'avait plus grand-chose à craindre de la folie.
Cependant, outre ces considérations, son air désespéré avait attiré l'attention de quelqu'un.
« - Ca va, Harold ? demanda Mérida.
- Quoi ? Ah, euh oui, oui, ça va.
- Si tu le dis. Elle a quoi, ta fée, à piailler comme ça ?
- Va savoir. Elle fait ça depuis tantôt. Et elle commence à me taper sur le système.
- Bah, la mienne tire la gueule pour une raison inconnue depuis le début de l'heure. Dis, je te propose quelque chose : je te débarrasse de ta fée braillarde et tu fais le dessin de la mienne.
- Le dessin ? Quand je te l'ai proposé, tu m'as dit que tu allais te débrouiller.
- Ouais, je sais, mais j'ai essayé et… Regarde plutôt ma feuille, tu comprendras. »
Harold jeta un coup d'œil au parchemin que lui tendait son amie. Sur ce dernier, accompagné d'explications éparpillées à droite et à gauche, s'étalait un gribouillis qui pouvait vaguement ressembler à un arbre affublé de deux immenses yeux. À condition d'avoir bu et de s'être pris un coup sur la tête. Aucune chance que Brûlopot mette la moyenne à Mérida avec un devoir pareil.
« - Bon, très bien, donne-moi ça. Mais tu m'en devras une.
- Une de plus, sourit Mérida. Merci Harold, tu me sauves sur ce coup là. »
Sur ces mots, Mérida emporta Rose et laissa « Cunégonde » à Harold. Alors qu'il commençait à dessiner la délicate demoiselle, il se rendit compte que loin de tirer la tête, elle semblait plutôt être triste. Dans un élan de sympathie il se décida, pour une fois, à initier la conversation. Arrêtant de dessiner, il se concentra et lança son esprit vers celui de la fée.
« - Bonjour. »
Celle-ci sursauta, puis se tourna vers lui, intriguée.
« - Vous pouvez me parler ? « pensa »-t-elle, même si la différence entre mots et pensées devenait assez floue pour Harold dans ce type de conversation.
- Apparemment. Désolé de me mêler de ce qui ne me regarde pas mais,… Vous me semblez triste. Quelque chose ne va pas ?
- Oh, rien de grave, ne vous inquiétez pas. C'est juste que je vais devoir quitter la forêt.
- Pourquoi ?
- Ordre de ma mère. Elle m'a dit « Electre, j'ai décidé, en accord avec les Fées de Brocéliande, que tu seras l'épouse du prochain Duc d'Avalon. Ton départ se fera d'ici le Solstice d'Été. » Je voudrais bien rester mais… Déjà que je n'arrive pas à maîtriser ma magie, alors si je refuse le mariage, ce sera un véritable déshonneur pour elle.
- Oh. Je sais ce que c'est, de ne pas se sentir à la hauteur. J'espère que ça ira mieux pour toi. Et tu ne t'appelles pas Cunégonde ?
- Non, ça c'est le nom que l'humain à demi-complet m'a donné. Mon vrai nom est Électre. Tout comme Rose ne s'appelle pas Rose, mais Lyra. Seulement, comme les humains ne comprennent pas notre langage, ils croient nécessaire de nous donner un prénom.
- D'accord. Moi, c'est Harold. Ça casse pas trois pattes à un canard, mais il y a pire.
- Harold… Je tâcherai de m'en souvenir. »
La fin de l'heure passa tranquillement. Électre étant un modèle bien plus tranquille que Rose, ou plutôt « Lyra », Harold prit même le temps de faire plusieurs autres dessins, pour sa « collection personnelle ».
« - Jeunes gens, intervint le professeur, le cours prendra fin d'ici dix minutes. Je vous prierais donc de ranger le matériel utilisé et de ramener ces demoiselles qui ont bien voulu venir aujourd'hui à l'orée de la forêt. J'attends vos parchemins pour lundi dans mon bureau. Bon weekend. »
« - Harold, l'interpella une nouvelle fois Mérida, tu vas au repas d'Halloween ?
- Bah, je compte manger ce soir, donc oui, pourquoi ?
- Évite de manger tout ce qui contient de la citrouille. Conseil d'ami.
- Pour ?
- Tu verras bien… »
Le Poufsouffle regarda son amie partir. Les jumeaux Weasley avaient probablement versé quelque chose dans les plats à base de citrouille. Après tout, si Harold avait pu trouver les cuisines, alors qu'il n'explorait pas plus que ça, les deux Weasley en étaient eux aussi capables. Et obliger les Elfes de Maisons à verser quelque chose dans certains plats n'était pas compliqué non plus. Le Gallois suspectait même Dumbledore d'avoir donné l'ordre de respecter ce genre de demande, tant que la vie des élèves n'était pas mise en danger. Il en était parfaitement capable, ce vieux fou. Histoire de « détendre l'atmosphère ».
L'adolescent regarda sa montre. 16h15. Le repas d'Halloween ne commençait que dans à peu près 2h15. Largement le temps d'aller à la bibliothèque.
Deux heures trente plus tard Harold était toujours plongé dans son livre « Fées : La réalité loin des contes ». Il y serait resté toute la nuit, si quelqu'un ne l'avait pas sorti de là.
« - Mr. Haddock ? Que faites-vous encore là ? Le repas a commencé depuis plus d'un quart d'heure !
- Mrs Pince ? Je suis désolé, je n'avais pas vu l'heure passer. Je m'y rends de ce pas. Est-ce que je pourrais juste emprunter ce livre ? »
La bibliothécaire regarda l'ouvrage d'un œil critique.
« - Le bureau des emprunts ferme à 17h, Mr. Haddock.
- Oh. Bon, ben, je vais aller le remettre alors. »
La femme soupira devant l'air malheureux du jeune garçon. Elle s'attendrissait probablement un peu trop avec l'âge.
« - Prenez-le. Je noterai votre nom sur le registre demain. Mais je compte sur vous pour le ramener dans les temps.
- Merci beaucoup, Mrs. Pince. Je vous promets de vous le rapporter au plus vite.
- Je vous crois. Maintenant, allez-y. »
Irma Pince, un sourire au coin des lèvres, regarda le jeune homme partir le plus silencieusement possible de la bibliothèque, puis se mettre à courir vers la Grande Salle. Elle avait beau avoir une réputation de vieille acariâtre, elle se laissait parfois attendrir par certains élèves. Harold Haddock était de ces enfants. Son constant besoin d'être approuvé, de vouloir bien faire comme pour prouver au monde qu'il avait de la valeur, n'était pas sans lui rappeler une autre élève, il y a quelques années.
« Enfin, » se dit-elle en se remettant au rangement des livres, « C'est du passé. Espérons pour ce garçon qu'il ne finisse pas comme Lily ».
Harold, pour sa part, était bien loin de ce type de pensées. Tout ce qui l'intéressait, c'était d'arriver au repas le moins en retard possible et de ne pas trop se faire remarquer quand il s'agirait d'entrer. Il jeta un coup d'œil à sa montre, constata qu'il était presque sept heures, ce qui était peu étonnant vu qu'il fallait près de vingt minutes pour faire le trajet Bibliothèque – Grande Salle.
Discrètement, il se faufila dans la Salle, étonnamment bruyante, même pour un soir d'Halloween, et se glissa jusqu'à sa place habituelle.
Ce n'est qu'une fois assis qu'il se rendit compte de ce qui clochait et qui causait autant de bruit. À peu près la moitié de la population poudlardienne avait maintenant le visage grimé pour ressembler à une citrouille creusée. Autant dire qu'entre ceux qui hurlaient, un gamin blond de Serpentard en tête, et ceux qui étaient pris d'un fou rire, le vacarme que produisait habituellement les repas du Château passaient pour discret.
En avisant Mérida et les jumeaux Weasley pliés en deux à la table des Gryffondors, il ne fallut pas longtemps à Harold pour déterminer qui avait mis cette mascarade en place. Voyant un nouvel élève se retrouver avec un faciès orange et noir, il se fit la remarque qu'il faudrait d'ailleurs remercier la rousse pour son conseil. L'orange n'était pas vraiment sa couleur.
Le jeune homme s'apprêtait enfin à manger quand….
« - Un troll »
Le Professeur Quirrel, affublé de son éternel turban, venait de faire irruption dans la salle, visiblement paniqué.
« - Un troll. Il… Il y a un troll dans les cachots. »
Le Directeur, plus sérieux qu'à son habitude, s'était levé et fixait Quirrel, comme pour vérifier qu'il disait la vérité. D'autre part, un léger vent de panique commençait à courir parmi les élèves.
« - Je voulais vous prévenir », termina le professeur de Défense.
Et il tomba dans les pommes.
Cela semblait être le signal que tout le monde attendait. Quelqu'un cria, puis d'autres se mirent à hurler de panique. Les élèves se levèrent, les bancs tombèrent, l'atmosphère joyeuse présente quelques instants auparavant semblait s'être évaporée.
« - Mes enfants, tenta Dumbledore, sans toutefois parvenir à supplanter le bruit.
- Jeunes gens, je vous prie de vous calmer. » essaya-t-il une nouvelle fois, sans plus de succès.
« BANG »
La détonation sonore produite par la baguette du vieux sorcier eut pour effet de faire sursauter tout le monde, et de ramener quelque peu le calme dans la foule.
« - Mes enfants, inutile de paniquer. Comme l'a dit le Professeur Quirrel le troll est dans les cachots, donc nous avons encore du temps. Mesdemoiselles et Messieurs les Préfets, je vous prierais de raccompagner les plus jeunes dans les dortoirs. Les Poufsouffles logeront provisoirement dans la tour de Grffondor et les Serpentard dans les quartiers des Serdaigles. Même si je sais que c'est un passe-temps pour certains, je vous demanderai de ne pas quitter les Salles Communes jusqu'à demain matin, pour votre propre sécurité. Est-ce compris ? »
Un vague assentiment émergea de la foule. Dumbledore sembla s'en contenter.
« - Bien. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit. »
Rejoignant les rangs des Poufsouffles-Gryffondors, Harold regarda les professeurs se diriger précipitamment vers les cachots, avant de remarquer quelque chose : où était Hermione ?
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Des traces de pas dans la poussière. Une taille 38, grand maximum. L'apprenti-sorcier moyen facilement impressionnable, aurait simplement dit qu'il s'agissait du fameux « Va-nu-pieds », un esprit qui ne laissait que ces fameuses traces de pas dans les couloirs peu fréquentés.
Quelqu'un d'un peu plus curieux et d'un peu moins froussard aurait peut-être suivi ces traces de pas pour essayer de débusquer leur propriétaire. Propriétaire qui s'avérait être… Une jeune fille.
Une jeune fille blonde, membre de la maison Serdaigle, pour être plus précis. Et présentement, elle tentait de tirer les vers du nez d'un tableau.
« - Allons, Monsieur Herbert, pourquoi ne pas me dire le mot de passe.
- Je… Je ne sais pas si je suis autorisé. Le Directeur…
- Il y a des milliers de tableaux dans ce Château. Il n'apprendra probablement jamais que vous me l'avez donné.
- Vous êtes sûre ?
- Certaine !
- Bien. Le… Le mot de passe est « Cucurbitacée ».
- Merci beaucoup, Mr. Herbert !
-De rien. Dites…
- Oui ?
- Vous reviendrez me voir, n'est-ce pas ?
- Mais certainement. Cependant, je dois y aller, pour le moment. Mais je repasserai. Au revoir, Mr. Herbert.
- Au revoir, Miss Tower. »
Contente d'avoir enfin soutiré le mot de passe au portrait, elle ouvrit le passage secret et s'engouffra dans l'arcade ainsi dégagée.
Une fois qu'elle eut exploré, ce qui ne prit pas vraiment longtemps vu qu'il ne s'agissait que d'un couloir et un escalier reliant le premier étage au troisième, elle s'assit sur une marche et sortit du sac d'école magiquement agrandi qu'elle avait acheté fin août, un grand morceau de parchemin qu'elle déplia. Sur ce parchemin se dessinait de nombreuses lignes et courbes qui, une fois assemblée, formait les couloirs de l'école de magie du Royaume-Uni. Fouillant un peu, elle finit par trouver le troisième et le premier étage, auxquels elle ajouta deux annotations, signifiant le passage qui les reliait, ainsi que le mot de passe nécessaire.
Cela faisait depuis le début du mois d'octobre qu'elle avait décidé de mettre à profit les autres documents découverts en même temps que ceux sur l'animagisme. Et si les parchemins sur les blagues ne l'intéressaient que vaguement, il en était tout autre pour ceux qui indiquaient comment mettre au point une carte interactive.
Elle avait commencé à mettre sur papier tous les passages secrets qu'elle connaissait. Puis, étage par étage, elle avait parcouru les couloirs, retraçant le chemin sur sa carte à l'aide des sortilèges des Maraudeurs et ajoutant ici et là les nouveaux passages secrets que les tableaux lui dévoilaient au détour de conversations.
Le problème, c'est qu'elle n'avait pas encore réussi à réaliser le sortilège d'extension sur un parchemin, sort qui lui permettrait de fusionner tous les papiers sur lesquels elle avait recopié les couloirs, sans mettre le feu aux papiers. Donc, elle se trimballait une quarantaine de parchemins différents, soit plus ou moins cinq parchemins pour un étage. Et quand elle devait noter un passage reliant la Bibliothèque, dans l'aile Nord du deuxième étage, à l'infirmerie que se trouvait au cinquième, autant dire qu'elle en avait pour quinze minutes avant de trouver le bon papier. Bref.
Inspectant le plan du troisième étage qu'elle avait en main, elle remarqua une petite croix ce qui, dans le code qu'elle avait mis au point, signifiait qu'elle avait trouvé quelque chose de suspect durant les mois ou les années précédentes, mais qu'elle n'avait pas eu le temps de vérifier la présence ou non d'un passage ou d'une salle. La jeune fille jeta un coup d'œil à sa montre, vit qu'il lui restait encore une petite heure avant le couvre-feu et se décida donc à aller inspecter ce qu'indiquait cette fameuse croix.
Sur le chemin, elle nota deux choses : tout d'abord, elle n'avait croisé absolument personne, amis c'était quelque chose de relativement probable quand on se baladait à Poudlard : mettez trois cent personnes dans un château comptant quatre ailes, sept étages, trois sous-sols et plusieurs hectares de parcs, les chances d'en croiser une toutes les cinq minutes dans un couloir obscure seraient faibles. Ensuite, et c'était déjà plus étonnant, elle se rendit compte qu'aucune des salles du couloir ne figurait sur son plan, alors que toutes les pièces facilement visibles avaient normalement était reprises dessus durant les deux derniers mois, du moins dans les trois premiers étages.
En y réfléchissant, Raiponce se rendit compte qu'elle n'était effectivement pas passée par ce couloir cette année et qu'elle ne s'était repérée au moment de noter le passage secret qu'à l'aide du tableau de Dame Géraldine. C'était probablement un des couloirs qu'elle avait dessiné de mémoire en se disant qu'elle finirait par y repasser, même si elle ne se souvenait plus de ce qui l'avait empêché de se rendre ici avant. Le couloir nord du premier, c'était dû à l'évasion des Niffleurs du cours de SACM. Un des segments de l'aile ouest du quatrième, c'était à cause d'une blague des jumeaux Weasley qui avait mal tournée et un des couloirs du sixième avait été fermé parce qu'une antique malédiction avait été libérée d'un pot de chambre hanté. Mais ici… Un nouveau coup d'œil à sa montre lui indiqua qu'il lui restait à peu près cinquante minutes de temps libre. Bah, tant pis pour le possible passage secret, autant compléter la carte de ce couloir tant qu'elle y était.
Armée de sa carte et du sort de traçage automatique, elle entreprit d'ouvrir chaque porte, rajoutant un dessin approximatif de la salle qui se cachait derrière. Pour le moment, elle n'avait pas découvert grand-chose d'intéressant, exception faite d'un nid de fléreurs, des félins magiques ayant probablement été abandonné par leurs maîtres. Autant dire que quand elle avait vu une dizaine de chats furieux de voir leur territoire être envahi lui foncer dessus, elle s'était dépêchée de fermer la porte et de marquer le symbole signifiant « Dangereux » sur sa carte.
Continuant ses pérégrinations, elle finit par tomber sur une porte fermée, affublée d'un écriteau « Ne pas ouvrir ». Dans un monde idéal, surtout un monde où un troll s'était introduit dans l'école et avait manqué de démembrer une élève moins d'un mois plus tôt, élève qui n'avait eu la vie sauve que grâce à l'intervention de deux gamins à moitié inconscients, Raiponce se serait dépêchée de continuer son chemin.
Seulement, Raiponce était un être humain. Et comme toute personne normale mise face d'un panneau « Ne pas ouvrir » et ayant la possibilité de le faire, la jeune fille ne se fit pas prier.
Elle sortit donc sa baguette, appuya l'extrémité contre la serrure et prononça :
« - Alohomora. »
La Serdaigle fit une moue déçue. Une porte qui s'ouvrait avec un simple « Alohomora » (1) ne devait pas cacher grand-chose d'intéressant. Enfin, maintenant que c'était ouvert, autant y aller. Elle poussa donc la porte discrètement et se faufila à l'intérieur. Pour ne pas éveiller les soupçons, au cas très hypothétique où quelqu'un passerait dans ce couloir, elle referma la porte avant de s'avancer dans la pièce.
Comme elle s'y attendait, la pièce était vide. Pas de meubles, pas de fenêtres et, étrangement, pas de poussière. La logique voudrait qu'une pièce fermée et vide contienne une belle couche de celle-ci. Mais là, rien. Comme si quelque chose vivait ici et empêchait la poussière de s'agglomérer suffisamment pour être visible. Mais qui pourrait bien vivre ici ?
« - GRRRRRR.
-GRrRrRrR
- Bouarf ! »
Ou quoi, plutôt. Et la réponse était apparemment un chien à trois têtes, qui se trouvait actuellement entre Raiponce et la porte. Entrer dans cette pièce était finalement une mauvaise idée. Maintenant, elle se souvenait pourquoi elle n'avait pas correctement cartographié ce couloir : c'était le couloir du troisième que Dumbledore avait interdit d'accès en début d'année, sous peine de « mourir dans d'atroces souffrances », dixit le vieil homme.
Légèrement paniquée, comme toute personne saine d'esprit se trouvant tout d'un coup face à plusieurs rangées de crocs, Raiponce tenta de se rappeler ce qu'elle savait à propos des cerbères.
« Allez, réfléchis », pensa-t-elle. « Bon, reprenons : trois têtes, donc il y a des combats pour qui domine le corps. C'est peut-être celle qui a l'air plus gentille ? »
La tête de droite, celle qui avait fait « bouarf » et qui avait maintenant la tête penchée sur le côté et la langue qui sortait, comme tout chien qui essaye de comprendre quelque chose, se fit soudain rabrouer par la tête du milieu, baissa le chef puis se mit à grogner elle aussi.
« Apparemment pas », conclu Raiponce en reculant doucement, jusqu'à se retrouver contre le mur « Bon, quoi d'autre ? Je crois que c'est un animal originaire de Grèce, on en parle dans un mythe. Mais ça ne m'aide pas beaucoup. »
Le cerbère se décala un peu plus vers la droite, bloquant définitivement l'accès à la porte. Et celle-ci s'ouvrant vers l'intérieur, la jeune fille ne pouvait espérer aucune aide.
« Ce mythe… J'y suis ! C'était la légende d'Orphée. Je me souviens qu'il a réussi à amadouer un cerbère. Mais comment ? »
L'animal s'aplatit au sol, prêt à passer à l'attaque.
« Je sais ! »
Et elle se mit à chanter.
Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu'on ait les jambes en guimauve,
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu'à en avoir la migraine
Car pour l'instant c'est du jus d'âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié,
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce
Soudain calmé, l'animal se redressa, puis s'assit. Raiponce rechanta l'Hymne de Poudlard, seule chanson qu'elle connaissait autre que celle de guérison, et elle n'était pas sûre que le cerbère réagisse bien à des cheveux soudain brillants à outrance. Puis elle l'entonna une troisième fois.
Quand elle fut plus ou moins sûre que l'animal était calmé, elle cessa de chanter et prit le risque de s'approcher. Soudain, le chien baissa sa tête. Persuadée qu'il allait la manger, la jeune fille ferma les yeux et… se retrouva couverte de bave. Apparemment, quiconque chantait correctement passait du stade de « nourriture » à celui de « nouvel humain préféré ».
Tandis qu'elle grattait la tête centrale de l'animal, Raiponce remarqua une petite plaque brillante au cou de ce dernier.
« - Touffu. C'est ton nom ? Apparemment oui, vu la tête que tu fais. Mais qui a bien pu te cacher ici ?
- Ouaf, se contenta de répondre Touffu.
- Je vois. »
La Serdaigle remarqua soudain que cela faisait plus de quinze minutes qu'elle était ici. Elle allait être en retard si elle ne partait pas tout de suite. Elle fit une dernière gratouille au chien géant, avant de repartir vers la porte. Ce n'est qu'en lançant un dernier regard au canidé tricéphale qui gémissait maintenant comme un chiot qu'on abandonne qu'elle remarqua quelque chose : Il y avait une trappe au milieu de la pièce.
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(1) C'est parti pour de la théorie foireuse : bon, je considère que le sort Alohomora est un sort basique (car maîtrisable par une première année, dans les livres). Un peu comme la clef du voleur dans Dragon Quest, si vous connaissez. C'est donc un sort qui ne peut ouvrir que des serrures fermées manuellement et non-protégée. Sinon, il est nécessaire d'utiliser des sorts plus puissants. C'est pour ça que Raiponce pense que la pièce ne contient rien de très intéressant, surtout dans un château où la majeure partie de la population est capable de la déverrouiller d'un simple mot.
Et voilà. Je n'ai pas décrit toute la scène du troll parce que de un, je ne voyais pas comment l'inclure (sérieusement, comme si Harold allait suivre d'un coup Harry et Ron) et puis, je trouvais que ce n'était pas utile, je suppose que tout le monde à au moins vu les Harry Potter une fois (sinon, je vous les conseille. Au moins les trois premiers, qui sont les meilleurs) ou lu les livres.
D'ailleurs, les puristes d'Harry Potter me diront peut-être que j'ai modifié la scène du repas d'Halloween, en ajoutant la petite blague des Weasley. D'accord. Mais, en tant que « lecteur-réflexif », je trouve que JKR a un peu trop survolé les blagues des jumeaux car ils ont une réputation de Rois de la Blague, mais les seules que l'on voit (selon mes souvenirs) sont à partir du tome 5 d'HP, donc durant la septième. J'ai voulu en ajouter un peu avant, donc voilà ^^
PS : Pour ceux qui connaissent Harry Potter, et même ceux qui ne connaissent pas : je vous conseille très fortement la série youtube : « Harry Potter les films (en abrégé) » de AnonymeGT. C'est franchement excellent !
PPS : Je ne sais pas ce qui s'est passé ces deux semaines, mais en allant voir le nombre de visiteur sur pour le chapitre 16, je suis tombé des nues en découvrant que près de 100 personnes (92 pour être exact) étaient passées sur la page ! Serait-ce la folie des vacances ?
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