Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Merci à Aangelik pour sa correction !

IMPORTANT : Aujourd'hui, on va parler Quidditch. Je me suis rendu compte d'une chose : j'ai complètement zappé les équipes d'origine. Je n'ai pas pensé une seule seconde à vérifier sur le net ou dans mes livres qui faisait partie des équipes officielles. Par exemple, Roger Davis, le futur-capitaine de l'équipe de Serdaigle, n'est pas dans l'équipe. Pour ne pas faire trop d'incohérence, je vais garder les équipes que j'ai créé et les faire évoluer de la manière la plus logique possible. Bon, c'est pas super-important, ni dans l'intrigue de base, ni dans celle de la fic, mais je tenais à faire mon petit Mea Culpa (avant qu'un lecteur ne s'en rende compte, surtout ^^).

Merci à Isis Nephtys, Emmawh, Philou, Paquerette-san, Elsa Hofferson, Aangelik, Coralinda, Alamane-chan, Helado-Hime et Patapich pour leurs reviews.

Philou : Merci pour ta review ! Oui, la Lily de Mme Pince est bien Lily Potter. Et le blond pas content est bien Malfoy ^^ Pour Hermione, elle n'est pas la plus proche amie d'Harold mais on a vu dans un chapitre précédent (Nouveaux Arrivants) que ces deux-là s'entendaient bien. Pour Krokmou, je suppose que c'est de l'œuf que tu parles. Il n'a effectivement pas éclos. Pour le lézard, cela deviendra plus clair par la suite. Quant à la carte de Raiponce, elle s'inspire de celle des Maraudeurs. Mais rien ne dit qu'elle sera plus complète. Et enfin, on aura des nouvelles du Projet A dans ce chapitre-ci (et dans celui de la semaine prochaine).

Coralinda : Merci pour ta review ! Qui m'a bien fait rougir, d'ailleurs. Électre va probablement revenir dans la fic, même si rien n'est vraiment sûr, vu qu'il s'agit encore d'un de ces personnages qui s'imposent sans que je ne les vois venir ^^ On revoit Jack aujourd'hui (et un peu la semaine prochaine). Ne t'inquiète pas, lui et Harold vont finir par interagir ^^ Pour la Hijack Week, je te conseille de lire les deux OS de Were-Wouf et ceux d'Emmawh, qui sont excellents. Encore merci pour tes compliments !

Patapich : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis content que le Projet A te plaise.

Pour Elsa, oui, elle n'est pas aussi morne dans le film, mais il ne faut pas oublier que Jack voit, de son point de vue d'ado de 14 ans, une fille de son âge un brin méprisante, qui ne sourit pas et qui est relativement hermétique.

Pour Mérida, le lien avec les Weasley a été très influencé par le fait que c'est une idée qui revient TRÈS souvent, que ce soit dans les fanarts ou les fanfics. Maintenant, ça aura son utilité plus tard ^^.

Harold fait un bon Poufsouffle, si on est dans l'optique que les maisons ne servent pas à retrouver des gens semblables à soi mais à apprendre ce qui nous manque (cf. Neville Londubat). Harold a besoin d'apprendre à ne pas compter que sur lui-même, et donc Poufsouffle est le bon endroit pour ça. Après, c'est une question de point de vue.

Pour Jack, sa relation avec Harold est certes étrange, mais n'oublie pas qu'une part de lui haït réellement notre Poufsouffle. Et pour la Voix, je ne dirai rien ^^

J'espère avoir été clair dans mes explications. J'ai dû être un peu succinct vu que normalement, répondre aux reviews dans les chapitres est interdit. Bonne lecture !

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 18 : Passé, présent et avenir.

Doucement, le soleil se glissa dans la chambre, éclairant les lits drapés de rideaux rouges et or. Les plus malins, dans l'espoir d'échapper aux terribles rayons en ce samedi matin, avaient fermé les draperies des lits à baldaquins. Les autres se dépêchaient maintenant d'enfouir leur tête sous leurs couvertures ou de la cacher dans l'oreiller, avant de se rendormir comme des bienheureux. La joie des matins de weekends… Enfin, presque.

« - DEBOUT COUSINE, hurlèrent deux voix.

- Dégagez de mon lit, marmonna « cousine ».

- Allons, Méri-chérie, tu ne vas pas nous chasser comme ça, alors que nous venons gracieusement te réveiller en ce matin de match.

- Ce matin de… C'est aujourd'hui le match ? hurla presque Mérida en se redressant d'un coup

- Ouaaaah, se contenta de dire George, ou bien Fred. Je ne pensais pas que tes cheveux pouvaient être encore plus emmêlés qu'ils ne le sont en journée. Tu t'y prends au râteau pour les recoiffer ou tu casses plusieurs peignes chaque semaine ?

- La ferme. Il est quelle heure, au fait ?

- Oh, quelque chose comme 8h du matin. »

Mérida eut un petit temps de latence, histoire que l'information se fraye un chemin au travers de la brume matinale.

« - Huit heure du matin ?

- Yep !

- Un samedi ?

- Exact.

- HORS DE MA CHAMBRE ! »

Et les deux rouquins se firent expulser sans plus de cérémonie.

Mérida se laissa retomber sur son matelas. Maintenant qu'elle était réveillée, il était peu probable qu'elle parvienne à se rendormir. Maudits jumeaux de l'enfer. Les originaux avaient probablement été échangés à la naissance contre deux démons, elle ne voyait aucune autre explication possible. Finalement, la jeune fille décida de se lever et parvint tant bien que mal à quitter son lit en direction de la salle de bain. Un quart d'heure plus tard, elle était douchée, habillée et aussi coiffée que possible.

Une fois descendue du dortoir, elle se rendit compte que les deux Weasley l'avaient attendue tranquillement installés dans les divans. Les joies de la famille.

« - Enfin ! J'ai cru que tu ne serais jamais prête !

- Vous ne devriez pas être en train de vous préparer pour le match ?

- Ça commence qu'à 10h30 et il ne faut pas plus de trente minutes pour se changer et que Dubois fasse son discours, donc on a le temps. Et comme Fred et moi on s'ennuyait, on a décidé de venir te tenir compagnie.

- Vous ne sauriez pas me faire de plus beau cadeau. Bon, puisque vous allez me coller aux basques encore une heure et demie au minimum, autant descendre manger. Peut-être que j'arriverai à vous perdre sur le chemin.

- On te suit, cousine adorée, » déclara un des garçons, tirant un nouveau soupir à la jeune fille.

Ne vous méprenez pas, Mérida adorait la famille Weasley et les jumeaux en particulier. Ils étaient ses plus anciens amis. Mais franchement, elle ne se sentait pas de les supporter alors qu'elle venait à peine de se réveiller.

Deux heures plus tard, alors que la jeune fille s'était enfin débarrassée de ses cousins, elle avait pu retrouver Raiponce et se rendre dans les gradins. Etonnamment, alors qu'elle avait fait exprès de venir plus tôt pour avoir de bonnes places, Mérida constata la présence de deux autres personnes. Elles étaient trop loin pour que la Gryffondor puisse discerner leurs visages, mais la jeune fille aperçut une masse blanche au niveau de la tête d'une des deux personnes. Ce qui voulait dire que c'était probablement Jack et Dixon. La rousse était bien contente que l'autre membre du projet ait été obligé de refuser l'invitation de Raiponce à venir assister au match en leur compagnie, car elle savait qu'Harold n'était pas trop à l'aise avec le Serpentard. Déjà qu'elle avait du mal à passer du temps avec son ami depuis quelques jours, vu qu'il disparaissait sans cesse, alors autant que les rares moments qu'ils avaient ensemble ne se déroulent pas dans une ambiance tendue.

D'ailleurs, en parlant du loup…

« - Tu es en retard.

- Bonjour Raiponce. Content de te voir.

- Moi aussi. N'empêche que tu es en retard.

- Oui, je… J'avais quelque chose à faire », répondit Harold, en vérifiant d'un geste machinal si son sac était bien fermé.

Pendant une seconde, Mérida se demanda qui se promenait avec son sac de cours un samedi, jour de match de surcroit. Puis la réponse « C'est Harold » s'imposa à elle. Il trimballait probablement un livre ou un truc du style. Harold, quoi.

« - Ça commence dans longtemps ?

- Dans un gros quart d'heure, selon l'horaire, répondit la Serdaigle. Tiens, il paraît que Gryffondor s'est dégoté une arme secrète, vous savez ce que c'est ?

- Aucune idée », répondit le Gallois.

Mérida ne répondit rien, mais un petit sourire naquit sur ses lèvres. Elle savait très bien ce qu'était, ou plutôt QUI était l'arme secrète de Gryffondor. Et elle avait hâte de voir la tête de Raiponce au moment où elle sortirait du vestiaire.

Une dizaine de minutes plus tard, le stade était rempli et Lee Jordan, une fois de plus, avait pris possession du micro. En attendant que les joueurs daignent sortir, il avait commencé à faire des petites annonces, dans le style « Machin de Serdaigle a perdu son écharpe. Si vous la retrouvez, merci de la déposer à l'infirmerie ». Et puis enfin, le match commença.

« - Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bienvenue au premier match de Quidditch de la coupe 1991 – 1992. Ce match opposera Serpentard à Gryffondor ! Et tout de suite, accueillons les Serpentard !

Les portes du vestiaire s'ouvrirent et les sept joueurs sortirent avant de se placer en triangle, le capitaine à la pointe.

« - L'équipe a connu quelques changements depuis l'année dernière : HUART est toujours batteur, JONES gardien et HIGGS attrapeur. Cependant, le capitaine ZEEMAN, batteur, a été remplacé par DOYLE. FLINT est devenu capitaine et fait partie des poursuiveurs avec STUART et un petit nouveau : PUCEY ! »

Une vague de hurlements s'échappa des gradins de Serpentard.

« - Tiens, vous croyez qu'on lui a déjà dit qu'en changeant un peu son nom, on obtenait « puceau » ? De plus, c'est probablement le cas, vu sa tête…

- Mr. Jordan ! s'indigna le Professeur Macgonagall.

- Oui, professeur ?

- Encore une seule phrase de ce genre et je vous prends le micro.

- Bien, Madame. Donc, euh, oui. Accueillons maintenant les GRYFFONDORS ! »

À la file indienne, sept trainées rouges filèrent depuis le vestiaire.

« - Nous avons donc DUBOIS, gardien et capitaine, les WEASLEY, batteurs, SPINNET accompagnée de JOHNSON et BELL, trois ravissantes jeunes filles qui sont les poursuiveuses et enfin, l'attrapeur de Gryffondor : HARRY POTTEEEEEEEEER ! »

Le stade fut envahi par un monstrueux brouhaha. Voilà donc la fameuse arme de Gryffondor ? Un gamin de première année ?

Le Professeur Bibine n'attendit pas que la surprise passe pour lancer le jeu. Après que Dubois et Flint aient tenté de se broyer mutuellement la main, elle libéra les cognards et le Vif, avant de lancer le souaffle en l'air.

Le début du match ne fut pas exceptionnel. Et à la plus grande déception de Mérida, il semblait que Serpentard menait clairement le jeu, surtout depuis que Flint, poursuiveur à la base, avait attrapé une batte et envoyé un cognard droit dans le ventre d'Olivier Dubois. Cela avait valu un penalty, mais le mal était fait : Gryffondor n'avait plus de gardien.

Le match prit une tournure encore plus bizarre quand le balais d'Harry Potter commença à se prendre pour un taureau mécanique, essayant à tout prix d'envoyer valser le jeune garçon dans les airs.

« - Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda la rousse.

- On dirait un enchantement. Mais je ne comprends pas : ensorceler un balais, et surtout un des tout nouveaux Nimbus 2000, est horriblement compliqué. Il n'y a bien que les professeurs qui puissent faire ça à Poudlard.

- Les profs ?

- Tu vois une autre explication ? »

Et il s'avéra que Raiponce avait raison. Car quelques minutes plus tard, un feu se déclenchait dans la loge des professeurs, en bas de la cape du Professeur Snape. Celui-ci, en se levant pour éteindre le feu, bouscula au passage tous ses voisins et soudain, le sort prit fin.

C'est là que Mérida vit une des plus belles figures de Quidditch de sa vie : Potter, maintenant libéré du sort, fonçait sur le vif, allant jusqu'à se redresser sur son balais pour l'attraper.

Soudain, le ciel bleu se chargea de nuages gris en un flash. La pluie se mit même à tomber. Puis le temps redevint sec. Mérida n'était pas mouillée et personne autour d'elle n'avait l'air d'avoir remarqué quelque chose. « Oh non, pas encore », pensa-t-elle.

Sur le terrain le jeune Potter s'était carrément mis debout, tendant le bras. Il finit par basculer cul par-dessus tête et atterrit au sol. Heureusement, il n'était « qu'à » un mètre du sol.

Se relevant, le garçon fut pris de haut-le-cœur, au point qu'il finit par cracher dans sa main… Le Vif d'Or.

Au comble de la joie, Lee Jordan hurla dans son micro que Gryffondor venait de gagner le match, avec le score de 160 à 60. En passant, Mérida entendit Flint crier à Bibine que Potter n'avait pas attrapé mais avalé le Vif et Marius Dixon marmonner dans sa barbe qu'il l'avait bien dit à Higgs qu'il finirait par perdre en continuant à refuser de manger les matins de match (2).

Retournant à la Salle Commune pour fêter la victoire, Mérida avait complètement oublié la vision d'un ciel torturé qu'elle avait eu plus tôt. Elle aurait tout le temps d'y penser en buvant une bière-au-beurre illégalement rapportée par les jumeaux Weasley. Fallait bien que ces démons soient bons à quelque chose, après tout.

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« Le dernier espoir, c'est la fuite. » (3)

Voilà bien une maxime que Jack n'aurait jamais pensé approuver. Pour lui, seuls les faibles et les lâches fuyaient. Les hommes, eux, faisaient face au danger.

Pourtant, à 13 ans – presque 14, voire plus 14 que 13 –, l'adolescent se rendait compte qu'effectivement, il y a des dangers devant lesquels il valait mieux fuir. Des camarades de classe tenant absolument à faire de lui leur chef en faisait partie.

Avisant une porte un peu plus loin sur la droite, Jack allongea le pas et se réfugia dans la pièce, remerciant toutes les divinités qu'il connaissait que ce ne soit pas une fausse-porte ne cachant qu'un mur, comme il en existait à Poudlard.

Collé à la porte, le Serpentard tendit l'oreille, histoire d'entendre ses assaillants passer. Des bruits de pas lui arrivèrent rapidement et indiquèrent que ceux qui les provoquaient venaient de passer tout droit. Lâchant un soupir, Jack se laissa tomber au sol.

Qui aurait cru que remporter le duel de verbe lui apporterait tant d'ennuis ? Au départ, il avait pris la dénomination Prince comme un simple « titre honorifique », comme disait son grand-père. C'était joli, ça donnait bien, et ça s'arrêtait là.

Sauf que si lui l'avait pris à la rigolade, ça n'avait pas été le cas de tout le monde. La première semaine, il n'avait rien vu. La deuxième, certains troisièmes année étaient venus lui demander conseil pour des trucs banals. Cela avait duré jusque fin octobre. À partir de ce moment-là, Jack s'était retrouvé, il ne savait trop comment, à ne plus pouvoir se balader tranquillement sans son cortège de soi-disant « amis », à devoir trancher les petits conflits entre les troisième ou pire, devoir donner son avis sur les tenues des filles. Avec le bruit du fou rire continu de Marius en fond sonore. D'ailleurs, se petit traître avait encore disparu. Tout cela, c'était sa faute.

Se relevant, Jack jeta un rapide coup d'œil à ce que contenait la pièce dans laquelle il s'était introduit. Une pièce somme toute banale : des bureaux et des chaises entassées, deux grandes fenêtres rendues opaques par la saleté et une plante en pot qui devait être proche de la fossilisation, vu son aspect extérieur. Jack en resta quand même éloigné, vu le degré de vicissitude que pouvaient atteindre les plantes du monde magique.

La seule chose qui dénotait dans la pièce, c'était ce grand miroir à pied qui trônait contre le mur du fond. Ce n'était pas tant son air d'antiquité ni son aspect étrange qui troublait Jack, après tout on trouvait beaucoup de choses bien plus vieilles et étranges dans le Château. Non, c'était plutôt cette impression de force immuable qui l'oppressait, le problème.

Sans s'en rendre compte, le jeune homme s'approcha de la plaque de métal poli. Un cadre qui semblait fait d'or et de bois l'entourait. Au-dessus, la phrase « Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej » (4) trônait fièrement. Sans se préoccuper de trouver un sens à cet étrange langage, le Serpentard baissa les yeux et plongea son regard dans le miroir.

Il s'y tenait, en plein centre. Il se ressemblait en tous points, sauf qu'une sorte d'aura de magie l'entourait. Il portait la couronne de l'Héritier, un simple anneau de glace pure ceignant son front et à son cou pendait l'Étoile du Nord, un morceau de glace éternelle taillé en forme de flocon, symbole des Chefs du Clan. À ses côtés, son grand-père et mère le tenaient par l'épaule et le couvaient d'un regard fier. Sa petite sœur était là, elle aussi. Elle tenait la main de Valéry et elle semblait elle aussi très fière de son frère. En arrière-plan, Jack pouvait distinguer les autres familles du Clan. Il pouvait voir la déconfiture sur le visage des d'Arendelle, alors que leur précieuse petite Elsa n'arrivait plus à produire le moindre flocon de neige.

Plusieurs heures plus tard, Jack était encore assis face au miroir. L'image n'avait pas bougé d'un iota, même quand l'adolescent s'était assis. Il était tellement concentré qu'il n'entendit même pas les pas qui résonnaient dans son dos.

« - Bonsoir, Mr. Overland. »

Jack sursauta, se releva et se retrouva nez-à-nez avec… le Professeur Dumbledore.

« - Monsieur le Directeur, je euh, je suis désolé si j'ai dépassé le couvre-feu, vraiment, je…

- Ne vous inquiétez pas, jeune homme, il vous reste une bonne vingtaine de minutes avant que vous ne soyez en infraction. Mais je suis plutôt étonné de vous trouver ici. J'avoue que quand mes alarmes ont sonné, je m'attendais à trouver une toute autre personne.

- Je… Je me suis réfugié ici pour échapper à mes « admirateurs ».

- Ah, oui, Severus, le Professeur Snape, m'a parlé de cette histoire de Prince. Au fait, Jack, vous qui avez passé l'après-midi ici, avez-vous compris ce que fait ce miroir ?

- Je crois… Je crois qu'il montre ce que l'on veut voir, monsieur.

- Ce que l'on veut ? Il y a de cela. Mais il va plus loin. « Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej ». Une phrase joliment alambiquée pour dire que cet étrange objet va fouiller dans les recoins de l'âme pour montrer le désir le plus profond de celui qui le regarde.

- Donc… Je me vois être sacré Héritier du Clan parce que c'est ce que je veux ?

- C'est ton but. Mais le miroir n'est au fond qu'un objet. Il te montre ton but, mais pas les motivations qui l'accompagnent, ni les conséquences qui s'y adjoindront. Comprends-tu ?

- Oui, monsieur.

- Bien. Maintenant, il faut que tu comprennes que le Miroir du Risèd est un objet dangereux. Beaucoup d'hommes sont devenus fous en se perdant dans ses tréfonds, convaincus qu'il leur montrait une réalité qui existait ailleurs. Ce miroir a provoqué des guerres et déchiré des familles. J'aimerais donc que tu ne t'en approches plus. Pour l'instant, c'est une demande. Mais si j'apprends que tu t'es de nouveau perdu dans les faux-espoirs de cet objet, je devrais sévir. Suis-je clair, Mr. Overland ?

- Ou…Oui, Monsieur.

- Bien. Vous devriez y aller, le couvre-feu va bientôt tomber. Bonne nuit, Monsieur Overland.

- Bonne nuit, Professeur. »

Et Jack laissa Dumbledore seul dans la pièce. Le veille homme lança un regard fatigué vers le miroir, depuis lequel des yeux bleus aussi clairs que les siens mais bien plus innocents le fixaient. Une larme solitaire coula le long de la joue du vieil homme, qui l'essuya rapidement avant de repartir se balader dans les couloirs. Le passé devait rester là où était sa place : derrière lui.

Le lendemain matin, le jeune Overland se réveilla, toujours un peu chamboulé par ce qui s'était passé la veille.

Une partie de lui voulait s'en tenir au conseil du Directeur, c'est-à-dire se tenir éloigner de l'artefact. Une autre, plus aventureuse, l'enjoignait à y retourner pour percer les secrets du mystérieux objet. Après tout, le vieil homme s'était peut-être trompé. Peut-être que le miroir ne montrait pas ce que l'on désirait, mais plutôt le futur. Les boules de cristal y arrivaient bien.

« - Oui Jack, tu as raison, cet objet n'est qu'une boule de cristal géante, souffla la Voix. Et avec mon aide, ce qu'il te montre pourrait devenir réalité. Il te suffit simplement de me laisser prendre les rênes et tout ce que tu as vu hier deviendra possible.

- Mais le Professeur Dumbledore…

- Ce n'est qu'un vieux fou. Il pense tout savoir mais n'entrevoit que ce que son petit esprit d'être humain basique peut appréhender. Alors que toi, tu es tellement plus, Jack. Que NOUS sommes tellement plus.

- Peut-être… Mais je ne suis pas sûr que…

- Jack ? intervint la voix de Marius depuis la salle de bain. À qui tu parles ?

- Oh, euh, à personne. Je pensais tout haut.

- Pense un peu moins et dépêche-toi un peu plus, on va finir par rater le déjeuner. »

Le reste de la journée fut tranquille. Jack Frost n'intervint plus pour parler du miroir et les suivants du Prince des Troisièmes laissèrent leur leader presque tranquille.

Cette journée aurait même pu être parfaite, si on n'avait pas été mardi. Parce que le mardi, les troisièmes années étaient tous libre à partir du 14h. C'était, si on exceptait les weekends, la seule grosse période libre de cours que ces élèves partageaient et où ils pouvaient se détendre, se reposer dans le parc entre amis ou encore…

« - Que peut bien pouvoir dire « mortifère » ? »

Lire des encyclopédies de botanique dans une salle perdue au fin fond d'un poussiéreux couloir.

« - Simplement que la plante est mortelle, Mérida », répondit une voix féminine.

Et de surcroit en compagnie de personnes que l'on n'appréciait que modérément.

Mérida soupira et referma le livre qu'elle tentait de déchiffrer depuis maintenant une bonne demi-heure.

« - Ça va nous prendre encore longtemps ? À ce rythme-là, on sera à la retraite qu'on ne pourra toujours pas se transformer.

- Un peu de patience, Mérida. On a fait une grosse partie des ingrédients. Pas vrai Jack ? »

Le garçon aux cheveux blancs releva la tête et se contenta d'acquiescer.

« - Au fait, continua Mérida. C'est bien joli de tout connaître sur ces ingrédients, mais où va-t-on les récupérer ?

- Oh, j'y ai déjà pensé, répondit la Serdaigle du groupe. Il y a une sortie à Pré-au-lard d'ici la moitié du mois, on devrait pouvoir y trouver pas mal de choses. Il faudrait qu'on aille voir ça. Qu'est-ce que vous en pensez ?

- Moi, ça me va !

- Et toi, Jack ?

- Umm ?

- Tu sauras venir avec nous à Pré-au-Lard pour regarder après les ingrédients de la potion ?

- Oh, oui oui. J'ai promis à Marius d'aller avec lui, mais je devrais pouvoir me libérer l'après-midi.

- Parfait ! »

Et le groupe se replongea dans les livres.

« - Raiponce ?

- Oui Mérida ?

- Tu crois que l'on va facilement trouver des plantes « mortifères », à Pré-au-Lard ? »

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(1) Un jeu de mot pourri ne marchant qu'en français, vu que « puceau » se dit « virgin » dans la langue de Shakespeare.

(2) Petit clin d'œil à Plume 1304 (je pense que c'est toi), qui s'était attendue à ce que Serpentard perde le match à cause de Higgs, suite à cette remarque faite dans le chapitre 7 ^^

(3) Une phrase qui provient du livre « Le Papillon des Étoiles », de Bernard Werber. J'adore cet auteur à la base, mais ce livre est sans doute mon préféré parmi tous ceux que j'ai lu. Je vous le conseille.

(4) « Je ne montre pas ton visage mais de ton cœur le désir ». Suffisait de lire la phrase à l'envers. Sauf que quand j'ai lu Harry Potter à l'école de Sorciers, j'avais pas pigé le truc. Je me revois encore lire la phrase à voix haute à ma mère qui tentait tant bien que mal de fixer une tringle de rideau ^^

Un de plus. Qui fut lui aussi difficile à écrire. Déjà parce que je me fais kidnapper régulièrement par des amis, ce qui fait que je trouve difficilement du temps pour écrire. Ensuite parce qu'avec mes deux mains gauche, j'ai réussi à me couper le bout du majeur. Un sérieux handicap quand il s'agit d'écrire sur ordinateur. Et enfin parce que j'ai longtemps hésité à couper le chapitre originel (qui fait plus de 6500 mots) en deux. Finalement, j'ai choisi de le découper. Ça vous fait un chapitre plus court (un des plus courts que j'ai jamais écrit), mais je trouve ça préférable.

Je me fais la remarque que mes personnages soupirent beaucoup. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j'ai l'impression d'écrire « soupirer » et ses variantes relativement souvent.

Bon, j'arrête là ma note de fin, qui a finir par être plus grosse que le chapitre ^^

À la semaine prochaine (ça fait bizarre de dire ça) pour le chapitre 19 : Pré-au-Lard.

3344 mots (oui, je sais, ça semble peu).