Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Merci à Aangelik pour sa correction.
Merci à Alamane-chan, Isis Nephtys, Patapich, Emmawh, Paquerette-san, Williefred et Guest (Coralinda ?) pour leurs reviews !
Patapich : Hello ! Merci pour ta review. Lentement, mais surement, oui ^^ J'avoue ne pas aller très vite. J'assume entièrement la blague pourrie sur le nom de Pucey. Il m'a semblé me souvenir que Lee Jordan faisait souvent des allusions pas très recherchées ^^ Pour Jack, il va probablement être le plus sombre des quatre, tout simplement parce que rien qu'avec la Voix, ça fait déjà un sacré bagage. Pour la Voix, d'ailleurs, on va la revoir de temps en temps.
Guest : (Coralinda ?) Hello ! Merci pour ta review. Des interactions avec Cédric sont prévues depuis un bout de temps, elles vont arriver, fin de cette partie ci ou début de la prochaine. Le miroir dans lequel Jack se regarde est le miroir du Risèd. C'est une invention de JKR qui montre le plus cher désir de celui qui se regarde dedans. Il ne montre pas forcément les morts : Harry, dans les livres, y voit sa famille mais Ron s'y voit plus vieux et couvert de gloire. Et je ne pense pas faire mourir Emma. Peut-être, mais ce n'est pas dans le plan. Bonne vacances !
Et maintenant, place à la fiction !
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Chapitre 19 : Pré-au-Lard
Une autre personne qui lisait des encyclopédies les mardis après-midi, c'est Harold. Actuellement installé dans la petite salle qu'il avait aménagé à l'aide de coussins et de couvertures que les elfes de maison lui avait donné volontiers, il lisait un livre qu'il venait de louer à la bibliothèque, tout en gardant un œil sur son œuf.
« Si certains Fae peuvent prendre une apparence humanoïde, il est toutefois déconseillé de tenter un croisement avec l'espèce humaine. En effet, au fil des siècles, il fut constaté que ces croisements provoquaient divers problèmes chez l'enfant, principalement d'ordre magique (problème de contrôle, ect…) »
« - Tu te rends compte ? Il existe des Faes(1) pour à peu près tout. Il y en a qui incarnent les éléments, mais aussi des Faes domestiques et pleins d'autres. Certains peuvent même prendre forme humaine ! Je me demande si Maman était une Fae ou si elle appartenait à une autre race.»
L'œuf, emmailloté dans sa couverture chauffante, ne répondit évidemment pas. Même pas par un petit mouvement.
Cette immobilité totale avait d'ailleurs inquiété Harold un petit moment, le jeune homme craignant que l'être contenu par l'œuf ne soit mort, faute de soins appropriés. Mais cette crainte s'était tue quand il avait, grâce à un instrument inspiré du « stéthoscope » trouvé dans un livre nommé « Médecine moldue du XXè siècle », perçu un battement provenant sans doutes d'un cœur. Un battement relativement fort qui ne pouvait signifier qu'une chose : l'œuf allait bientôt éclore.
C'était pour cette raison que le Poufsouffle passait désormais le plus de temps possible dans la petite salle de classe. Parce qu'au fond de lui, il le sentait : la naissance allait bientôt arriver.
Et il ne croyait pas si bien dire. Alors que, après avoir refermé son livre, il s'était mis à essayer d'améliorer un peu la pièce, la coquille de l'œuf commença à se fendiller discrètement, en provoquant quelques craquements. Ce furent ces bruits qui attirèrent l'attention du Gallois.
Fasciné, il se mit à genoux, tout en se demandant s'il devait intervenir et aider le futur nouveau-né à sortir ou le laisser se débrouiller. Le temps que l'adolescent, perdu dans ses pensées, ne parvienne à se décider, le bébé avait fini le travail et était sorti de sa coquille d'ébène, révélant… Une sorte de lézard noir-bleu, possédant la grâce innée des nouveau-nés. C'est-à-dire plus ou moins celle d'un ornithorynque. Si l'animal n'avait été qu'un simplement lézard, il n'y aurait pas eu de problème. Mais ce lézard-là était doté de deux ailes, actuellement encore froissées par sa sortie de l'œuf. Ce qui voulait dire que ce truc était…
« Un dragon »(2), se dit Harold, abasourdi. « Un dragon vient de sortir de l'œuf dont je me suis occupé ». Et pas n'importe quel dragon, en plus. Une couleur noire bleutée, des ailes semblables à celles des chauves-souris, des cornes flexibles sur le haut du crâne et surtout, d'immenses yeux verts, rappelant ceux des chats par leur capacité à changer la forme de la pupille. Sans aucun doute, Harold se trouvait face à un Furie Nocturne, le dragon que tous les Haddock cherchaient à abattre depuis 300 ans.
Harold avisa une pierre un peu plus loin. Assez légère pour qu'il puisse la soulever, mais assez lourde pour fracasser le crâne du reptile et ne pas lui laisser de chances de survie. Ce serait tellement plus simple. Le problème serait immédiatement réglé. Son père serait fier de lui. Sa faute, celle d'avoir « couvé » un œuf de dragon, serait oubliée. Il n'avait qu'à ramasser cette pierre. L'animal ne souffrirait même pas. Le jeune garçon avait même commencé à se diriger vers la pierre, quand quelque chose d'inattendu se produisit.
Le visage de Simon, ravagé par les larmes après son intronisation en tant que Tueur, venait de lui revenir à l'esprit, faisant vaciller sa détermination. Qu'allait-il faire ? Lui qui s'était juré, quelques mois plus tôt, de changer son village, de sauver les générations futur de cette folie qui brisait les esprits dans le sang et le combat. Mais qu'étaient ces belles promesses face à la possibilité de rendre son père fier de lui ?
Soudain, un esprit étranger toucha le sien. Ou l'esprit d'Harold, dans une dernière tentative de résister à la « Soif de Sang », toucha l'esprit étranger, allez savoir. Le Poufsouffle sentit une avalanche de mots se déverser dans sa tête. Enfin, des mots, c'était vite dit. L'esprit avec lequel il était entré en contact n'était apparemment pas formé pour le langage humain. Il se contentait de souvenirs, d'images, de sensations. Des sensations qu'Harold n'avait pas connu depuis ses 5 ans.
La chaleur d'une poitrine aimée et aimante. Le réconfort de quelqu'un de son sang. La reconnaissance de celle dont on est sorti. Harold réalisa quelque chose : le dragonnet le prenait pour sa mère. Son assurance vacilla. Pouvait-il tuer une créature qui semblait avoir une confiance absolue en lui ? Le dilemme sembla déchirer l'adolescent en deux : une partie lui rappelait qu'il savait ce que c'était de ne pas avoir de mère, l'autre lui montrait ce qu'il avait à gagner en rapportant le corps d'un Furie à Berk.
Les deux moitiés finirent par trouver un accord : le dragonnet resterait en vie, et Harold s'en occuperait. Quand il serait assez grand, il l'affronterai et là, son père pourrait être fier de son fils. Après tout, tuer un Furie Nocturne adulte est plus glorieux que d'abattra un bébé ne sachant ni voler ni cracher de flammes.
Et comme ça, cela lui laisserait le temps de se faire à l'idée d'être un héros à Beurk. Non seulement, il aurait la reconnaissance des siens, mais en plus il pourrait alors faire changer les choses. Tant pis pour le dragon. Oui, ce plan avait l'air pas mal.
« - Bon, reprit le Poufsouffle, s'adressant à son nouveau « fils ». Ou fille pour ce qu'il en savait. Maintenant, il te faut un nom. Une idée ?
- Grooooooooo », fit l'estomac du reptile
Harold sourit.
« - Ah, tu as probablement faim. Je suppose que tu es carnivore ? »
Le dragon pencha la tête et couina.
« - Je vois. Je vais essayer de voir ce que je peux trouver. Je sors cinq secondes appeler un elfe. Surtout, ne bouge pas. »
Harold sortit, verrouilla la porte et se dépêcha de se rendre aux cuisines, tout en priant pour que personne ne tente d'ouvrir la porte pendant son absence. Élever un dragon était interdit depuis un sacré bout de temps et toute l'indulgence dont était capable Dumbledore ne le tirerait pas de là s'il se faisait prendre.
Heureusement, son « repère » était relativement proche des quartiers des Poufsouffles, histoire de pouvoir rentrer facilement si, perdu dans un livre, il dépassait le couvre-feu sans s'en rendre-compte. Et donc des cuisines, qui se trouvaient à à peine cent mètres de la Salle Commune.
Tournant à droite, l'adolescent se retrouva devant un tableau représentant une nature morte. D'un geste encore un peu hésitant, il leva la main et se mit à gratter la peinture à l'emplacement de la poire. Poire qui commença à se tortiller, puis carrément à glousser, avant de sortir du tableau sous forme de poignée. Harold la tourna, et la peinture devenue porte s'ouvrit sur une pièce de la taille de la Grande Salle. On y trouvait quatre longues tables, de nombreux plans de travail et ustensiles de cuisine, ainsi que des cuisiniers assez étonnants.
« - Humfrey peut-il aider le jeune Monsieur ? »
Arraché à sa contemplation, Harold sursauta avant de baisser la tête vers la petite créature qui venait de l'interpeller. Un mètre vingt grand maximum, des yeux globuleux, une peau parcheminée, des oreilles à faire pâlir de jalousie une chauve-souris, une horrible voix couinante et obséquieuse, des vêtements faits de torchons, propre dans le cas de ceux de Poudlard, et une servilité à toute épreuve. L'elfe de maison dans toute sa splendeur.
« - Ah, euh… Je, je voudrais de la viande, s'il-vous-plaît.
- Porc, bœuf, volaille, mouton ou gibier ?
- Du.. Du porc, ça serait parfait.
- Au four ou à la poêle ?
- Oh, il ne faut pas le cuire. Un simple morceau cru me suffira.
- Comme le jeune Monsieur le voudra. »
L'elfe claqua des doigts et une assiette où trônait un beau morceau de cochon apparu dans sa main.
« - Je.. Merci, Humfrey.
- Le jeune Monsieur n'a pas à remercier Humfrey. Humfrey ne fait que son travail. »
Ne sachant pas trop quoi dire, Harold hocha la tête, avant de se dépêcher de retourner auprès du dragonneau qui attendait sa pitance.
Déverrouillant la porte, il entra avant de la refermer vivement derrière lui. Puis, il bugua. Le bébé dragon était sagement assis au milieu de la pièce, l'air innocent. Autour de lui, les couvertures qui constituaient le nid douillet du Gallois gisaient déchiquetées. À peine trente minutes de vie active et la bestiole s'avérait déjà posséder un capital de bêtises potentielles très élevé. La suite promettait.
Harold se retint de soupirer, repéra un endroit pas trop sale et s'assit au sol. Sentant probablement qu'il avait fait une bêtise, ou tout simplement attiré par l'odeur de la viande, le dragonneau trottina vers sa « mère ». Armé d'un couteau qu'il avait chippé dans les cuisines, l'adolescent découpa un morceau de porc et le présenta au reptile. Celui-ci le prit dans sa gueule, le mastiqua, avant de… Le recracher.
« - Ne me dis pas que tu n'aimes pas la viande ? »
L'air malheureux, le bébé se contenta de pousser le morceau du bout de son museau, comme s'il voulait le manger sans le pouvoir. Soudain, alors que l'animal geignait vers lui, montrant son incroyable dentition inexistante, Harold eut une illumination.
« - Tu n'arrives pas à le mâcher, c'est ça ? Bon, laisse-moi faire. »
Armé de son couteau, le Poufsouffle entreprit de découper la nourriture le plus petit possible. Au final, le morceau de viande ressemblait presque à de l'haché, mais cela ne sembla pas déranger le dragon, qui se précipita dessus.
Pendant que l'animal mangeait, Harold s'attelait à réparer les couvertures, tout en pensant à voix haute.
« - Il va quand même falloir te trouver un nom. Je ne vais pas continuer à t'appeler « Dragon ». Qu'est-ce que tu dis de « Flammèche » ? »
La bête ne prit même pas la peine de lever la tête de son assiette.
« - Slide ? Écaille ? Fire ? »
Toujours pas de réaction, l'animal se contentant de mâcher sa viande, comme si cela avait quelque impact sur l'état de cette dernière.
« - Je vois, tu es difficile. Continue et je t'appelle « Krokmou ». »
Soudain, le bébé releva son chef, intéressé.
« - Sérieusement ? Krokmou ?
- Glouarg.
- Avale avant de grogner. Ce bruit était dégoûtant. Bon, ben va pour Krokmou, alors. »
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Novembre était fini et le mois de décembre prenait son envol. D'ici une dizaine de jours, les élèves reprendraient le Poudlard Express, rentrant passer les fêtes chez eux. Mais avant cela, il restait une dernière chose qu'attendaient tous les étudiants à partir de la troisième année : la sortie à Pré-au-Lard.
Pour les élèves, cette sortie n'avait pas vraiment pour but de découvrir le village, qui perdait vite de son charme après une première sortie où tout, même l'horrible bouge « La Taverne du Sanglier », semblait merveilleux. Non, le but était plutôt de faire ses dernières emplettes en prévision de Noël et surtout, de sortir entre amis loin des profs et des règlements de Poudlard.
« - Allez, dépêche-toi un peu, s'exclama Raiponce, tout en traversant la cour.
- Oui, j'arrive, j'arrive. Tu peux me dire pourquoi on court ? Le village ne va pas s'envoler, tu sais.
- Mais tu ne te rends pas compte ? Il me reste plein de trucs à faire et comme l'après-midi va être consacrée à la recherche de magasins d'ingrédients, il ne me reste qu'à peine trois heures pour aller à la librairie, me racheter des plumes et de l'encre au magasin de fourniture, porter mon télescope à réparer, trouver un cadeau pour Mère… Et me racheter des soutiens-gorge(3), les miens commencent à devenir trop petits. Tu crois que l'on peut trouver ça à Pré-au-Lard ?
- Je ne me suis jamais posé la question. Un simple sortilège d'agrandissement règle le problème, tu sais ? répondit Mérida.
- Un sortilège d'agrandissement ? Où est le plaisir ?
- Quel plaisir ?
- Celui d'acheter des vêtements, voyons ! Tu n'as jamais fait d'après-midi shopping avec ta mère ?
- Elle est plutôt de genre à envoyer les domestiques chercher les vêtements. Tu en as déjà fait avec la tienne ?
- …Non. Mais les filles du dortoir m'ont dit que c'était très chouette. Alors j'ai envie d'essayer. Mais pour cela, il faut se dépêcher ! »
Tout en trainant la Gryffondor derrière elle, Gryffondor qui maudissait Harold de ne pas avoir su venir et donc de l'avoir abandonné avec la blonde, Raiponce prit la direction des calèches qui devaient mener les élèves jusqu'au village sorcier.
Une petite dizaine de minutes plus tard, les deux filles étaient arrivées au village. Pré-au-Lard était, en quelques sortes, l'allée marchande d'Écosse. Chaque partie du pays en avait une : Pré-au-Lard pour l'Écosse, le Couloir des Vents pour le Pays de Galles, la Chaussée des Géants pour l'Irlande et enfin, le Chemin de Traverse, la plus grande allée marchande de tout le Royaume-Uni, pour l'Angleterre (4). Mais Pré-au-Lard était surtout connu comme le seul village entièrement sorcier du Royaume-Uni, comme l'annonçait fièrement la pancarte qui marquait l'entrée du bourg et que lisaient actuellement les deux jeunes filles.
« - C'est vraiment l'unique village sorcier ? demanda Mérida.
- Pas tout à fait. Il existe d'autres endroits uniquement sorciers, comme Beurk, le village d'Harold. Mais Pré-au-Lard est le seul reconnu comme « Village sorcier ».
- Et qu'est-ce que ça change ?
- Rien, à part cette pancarte. Bon, direction : les magasins ! »
Attrapant une nouvelle fois la main de son amie, Raiponce entreprit de la tirer au travers du village. Le premier arrêt fut la papeterie, où la jeune fille refit son stock. Ensuite, elles passèrent par la librairie, où Raiponce trouva enfin un cadeau pour sa mère : « Potions utiles au quotidien », un livre qui, elle en était sûre, n'était pas en possession de sa génitrice. Et pour cause, c'était elle qui rangeait sa bibliothèque chaque fois qu'elle rentrait de Poudlard.
Une fois cette formalité effectuée, les deux amies prirent la direction de ce que Raiponce avait attendu toute la semaine : la boutique de vêtements. Gaichiffon, une entreprise de mode qui avait des succursales un peu partout dans le monde magique, était connue pour proposer une large gamme de vêtements à portée de toutes les bourses. Exactement ce qu'il fallait à la demoiselle blonde.
Par le miracle de la magie, le magasin qui, de l'extérieur, semblait ne disposer que d'une faible largeur, faisait approximativement la taille d'un souk une fois qu'on y entrait. D'ailleurs, il était connu que le gérant, un homme qui portait une affection particulière aux nœuds papillons, aimait attendre près de l'entrée juste pour entendre les gens dire « C'est plus grand à l'intérieur ».
Tellement grand qu'il fallut aux filles plus ou moins vingt minutes pour trouver le rayon « lingerie féminine », et ce malgré les panneaux directionnels. Une fois sur place, Raiponce sélectionna une dizaine de sous-vêtements. Elle n'en avait besoin que de deux, mais il était apparemment coutume d'en sélectionner beaucoup plus que nécessaire, selon ses amies du dortoir.
Laissant Mérida sur une des chaises disposées çà et là, la Serdaigle entra dans une des cabines d'essayage en se disant que, pour le moment, il n'y avait rien de réellement amusant. Ça viendrait peut-être après.
Alors qu'elle essayait une de ses trouvailles, tout en se questionnant sur l'utilité de la breloque scintillante qui pendouillait entre les deux bonnets, la voix de son amie lui parvint au travers de l'épais rideau de la cabine.
« - Raiponce ?
- Hummm ?
- Ta mère t'a répondu ? Je veux dire, vis-à-vis de ce que je t'ai proposé ?
- Oh, euh… Oui, elle m'a répondu, répondit la blonde, tout en essayant de défaire l'agraffe un peu trop résistante.
- Et elle a dit quoi ?
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« - Tu veux QUOI ? s'exclama Gothel au travers du miroir.
- Je… J'aimerai passer les fêtes chez Mérida. Elle m'a invitée et je me suis dis…
- Tu t'es dite que tu allais laisser ta pauvre mère toute seule, c'est ça ? Oooh, je savais que c'était une mauvaise idée de te laisser partir à Poudlard.
- Mais Mère… Vous n'aimez pas m'avoir dans vos jambes durant cette période. Vous dites toujours que vous n'avez pas le temps car les ondes du Solstice permettent d'amplifier certaines potions et que vous ne pouvez laisser passer cette chance.
- Oui mais je sais que quand je travaille là-dessus, tu es là, en sécurité.
- Les parents de Mérida sont des gens très respectables et très consciencieux vis-à-vis de la sécurité.
- Vraiment ?
- Oui ! répondit Raiponce, tout en se faisant la réflexion qu'il ne valait mieux pas parler du cheval et des capacités à l'arc de son amie. Ils habitent une vieille maison bardée de sorts de protections et tout ce qu'il faut comme barrière.
- Mais quelque chose pourrait mal se passer !
- S'il-vous-plaît, Mère, dites oui. Considérez ça comme mon cadeau de Noël ! » supplia Raiponce en tentant de faire des yeux de chien battu.
Gothel lâcha un soupir. Il faudrait un jour qu'elle apprenne à résister à sa fille. Elle devenait probablement trop souple. D'un autre côté, elle n'avait pas tort : la plus âgée aurait tout le loisir de s'enfermer dans son laboratoire et de préparer des potions, sans devoir se soucier d'autre chose que de son propre confort.
« - Bien. Mais j'exige que tu me contacte chaque jour par miroir, et ce dès que tu te lèves. Compris ? Si je ne réponds pas, réessaye toutes les heures. Avons-nous un accord ?
- Oui, Mère ! Je vous le promets !
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« -Elle a dit oui, cria quasiment Raiponce à son amie par-dessus l'épais rideau de velours.
- Vraiment ? Génial ! Au fait, tu en as encore pour longtemps ? Il est presque midi et j'aimerais passer chez Honeyduke avant d'aller manger.
- Je dois en essayer encore deux, puis on peut y aller. »
En enfilant l'avant-dernier sous-vêtement, Raiponce continua de réfléchir. Était-ce mal d'être contente de passer les fêtes loin de chez elle ? Une fille ne devait-elle pas rester auprès de sa mère ? Après tout, même si elle était dure, surprotectrice et même parfois un peu cruelle, elle restait sa mère…
Sans avoir trouvé de réponse, la Serdaigle, après s'être rhabillée et avoir sélectionné les deux soutiens-gorge qu'elle voulait acheter, sortit enfin de la cabine, provoquant un soulagement indescriptible chez son amie. « Qu'est-ce que cela pouvait être pénible d'attendre ainsi. », se dit Mérida. « Il y avait réellement des personnes qui trouvaient ça amusant ? »
Une grosse heure plus tard, après un passage chez Honeyduke pour que Mérida puisse se remplir les poches de bonbons de toutes sortes et un arrêt au pub « Les trois balais », histoire de dîner, les deux filles avaient récupéré Jack et ils s'étaient mis en quête de magasins fournissant les ingrédients dont ils avaient besoin.
Une quête qui, au premier abord, semblait être destinée à échouer dès le départ.
« - Comment ça, « Vous n'avez pas ça en magasin » ? Sur votre devanture, il est mis « Tout pour les potions » ! s'exclama Jack.
- Écoute, petit, je ne sais pas ce que vous voulez faire avec tout ça et je ne veux pas le savoir. La première règle des apothicaires, c'est que l'on ne doit jamais vouloir savoir ce que font les clients avec nos ingrédients. Je peux vous vendre les ingrédients comme la belladone ou la corne de bicorne, mais certains autres de cette liste sont illégaux. Je ne peux pas fournir ça à quelqu'un qui ne possède pas de diplôme de la Guilde des Maîtres des Potions. Et aucun apothicaire avec un peu de jugeote ne vous les fournira. Se mettre la Guilde à dos, c'est signer l'arrêt de mort de son magasin.
- Vous êtes sûr que … ? tenta Raiponce.
- Oui. Maintenant, soit vous achetez ce que je peux vous vendre, soit vous partez.
- Très bien, alors on s'en va. Venez, on trouvera mieux ailleurs. »
Une fois à l'extérieur, les trois partenaires se trouvèrent un coin tranquille où discuter.
« - Qu'est-ce que l'on va faire ? demanda Mérida.
- Je me doutais un peu qu'il allait répondre ça. Écoutez, j'ai un plan. Enfilez ça. »
Sur ces mots, la Serdaigle sortit trois capes, qui ressemblaient un peu à celle que Mérida mettait chez elle pour sortir quand les grosses pluies d'été arrivaient, mais en plus élimées.
« - Où est-ce que tu as eu ça ? s'enquit le seul garçon du groupe.
- Je les ai demandées aux Elfes.
- Aux Elfes ? Sérieusement ?
- Ils gardent à peu près tout ce que les élèves oublient. Une vraie caverne d'Ali Baba.
- C'est qui, ce gus ?
- Pas d'importance. Maintenant, suivez-moi. »
Les trois adolescents se mirent en route. La blonde quitta rapidement la voie centrale pour prendre de plus petites allées. L'ambiance devenait presque sinistre quand Raiponce marqua un arrêt.
« - Bien. À partir d'ici, mettez la capuche et comportez-vous comme si vous aviez quelque chose de louche à cacher.
- Pourquoi ?
- C'est plus ou moins la norme d'avoir quelque chose à cacher, là où on va. Et surtout, ne parlez pas et ne vous perdez pas, d'accord ?
- Euh, OK. »
Et ils reprirent la marche. Assez vite, les bâtiments autour se délabrèrent, de la brume se répandit sur le sol couvert de crasse. Jack avait déjà vu quelque chose de ce type. Et c'était dans…
« - Tu nous as amené dans l'Allée des Embrumes (5)? Tu es malade ? C'est un véritable nid à magie noire et un coupe-gorge pour des personnes comme nous.
- Tais-toi, répondit autoritairement son amie, d'une voix qu'elle tentait de rendre plus adulte. Si tu veux parler, change ta voix. Et de toute façon, on n'a pas le choix, on ne trouvera jamais des ingrédients pareils dans les magasins normaux. »
Un peu étonnés par l'attitude inhabituelle de leur amie, Jack et Mérida se laissèrent de nouveau entrainer dans les quartiers malfamés du monde magique. Ils savaient que le projet lui tenait fortement à cœur, mais de là à s'aventurer ici, il y avait une marge, et une fameuse.
Ils arrivèrent rapidement devant un apothicaire à la devanture peu engageante. Ils entrèrent dans le magasin et là, quelle surprise ! Une bonne partie des ingrédients pouvaient être acheté là, même de très rares comme les racines de mandragores. Excités, les étudiants s'apprêtaient à aller voir le gérant pour savoir s'il pouvait obtenir leur les autres ingrédients, quand Mérida remarqua quelque chose qui refroidit ses ardeurs telle une douche froide.
« -Les gars, chuchota-t-elle.
- Hummmm ?
- Re… Regardez le prix des ingrédients. »
Le Serpentard et la Serdaigle baissèrent les yeux sur la petite pancarte discrète qui se trouvait devant le bac de racines de mandragores. Yeux qui s'arrondirent rapidement devant le nombre de zéro qui suivaient le « 3 ».
« - J'ai jeté un coup d'œil, c'est la même chose pour tous les ingrédients un peu rares. On n'a pas les moyens de les acheter sans se faire repérer par nos parents.
- Mais, Mérida, la potion… Sans elle…
- Je sais. On va trouver un moyen. »
Jack, avisant le regard suspicieux du gérant, prit la main d'une Raiponce quelque peu désemparée et la tira doucement vers l'extérieur. La jeune fille semblait au bord des larmes.
« - Comment va-t-on trouver de tels ingrédients sans argent ? se demanda Jack à voix haute, maintenant qu'ils étaient de retour dans la rue principale.
- Je… Je n'en ai aucune idée, répondit Raiponce.
- Moi, j'en ai peut-être une… », intervint Mérida.
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(1) Vu que l'on va en entendre parler souvent, je précise : les fées sont de petites demoiselles ailées. Les faes sont les mâles de cette espèce. Les Faes, avec un grand « F » sont plus une catégorie de créatures. Elle reprend tous les types de fées, mais aussi les gobelins ou les Elfes de maison, par exemple. En gros, tout ce qui n'est pas humain mais qui possède quand même des caractéristiques sociétales (comme les fourmis) mais aussi magique (pas comme les fourmis). Cependant, les animaux magiques (dragons, hippogriffes, …) ne font pas partie des Faes. N'hésitez pas à poser des questions si vous ne comprenez pas, je tâcherai d'y répondre.
(2) Je me suis rendu-compte, bien après avoir écrit le plan, que dans HP les œufs de dragon devaient être constamment chauffés, leur mère soufflant sur eux dans la nature. On va dire que ce dragon-là n'en n'a pas besoin ^^ J'essayerai d'expliquer cela plus tard dans l'histoire.
(3) J'ai eu un grand doute sur la poitrine. Après une période de doute, qui m'a envoyé dans les méandres de Doctissimo, il s'avère que tout « l'attirail » se développe entre 12 et 15 ans. Donc, Raiponce peut effectivement avoir besoin de nouveaux soutiens ^^. Voilà bien un sujet sur lequel je ne m'attendais guère à faire de recherche pour cette fic, tiens.
(4) Je suppose que je ne vous apprends rien en vous disant qu'il y a une différence entre l'Angleterre et le Royaume-Uni (composé de l'Angleterre, l'Irlande du Nord, le Pays de Galles et l'Écosse). Et la Chaussée des Géants est un site réel, bien qu'un peu réaménagé pour le bien de cette histoire.
(5) L'allée des Embrumes est une invention de JK Rowling. C'est une sorte de marché noir de la magie, qui apparait dans le tome 2 de la saga HP. L'allée est originellement reliée au Chemin de Traverse et non à Pré-au-Lard, mais j'ai imaginé, par facilité je l'avoue, que l'allée des Embrumes était une sorte de lieu « Hors plan d'existence », une sorte de micro-univers auquel on peut accéder par plusieurs endroits. Je ne sais pas si je suis clair, n'hésitez pas à demander s'il vous faut des explications supplémentaires.
Pour ceux qui trouvent que je n'ai fait que survoler Pré-au-Lard, je suis d'accord. Mais ne vous inquiétez pas, on reverra ce paisible village plus tard.
Ce chapitre-ci est un peu plus long, et c'est tant mieux. Je me sentais vraiment mal d'avoir posté un chapitre aussi petit la semaine passée.
Lundi prochain, on se retrouve pour le chapitre 20 : Inattendu
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