Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Chapitre non-corrigé par Aangelik. Une petite pensée pour elle qui va devoir se passe d'internet durant le mois d'août.

ATTENTION : Avant que vous n'hurliez dans les reviews, je tiens à préciser que dans la partie d'Harold, je vais spoiler un tout petit truc de Dragons 2, à savoir les paroles d'une chanson. Maintenant, je ne dirais rien à propos de cette chanson à part qu'elle parle des deux parents d'Harold. Si vous ne voulez pas lire cette chanson, ce qui n'est pas indispensable, il vous suffira d'éviter les mots centrés en italique dans la partie d'Harold. Merci de votre compréhension.

Merci à Alamane-chan, Emmawh, Guest, Paquerette-San, Patapich et DeadlyFury pour leurs reviews (J'ai l'impression que presque tous mes « habitués » sont partis en vacances ^^)

Guest : Merci pour ta review ! Norbert sera là, mais je ne te dis pas sont rôles, ce ne serait pas drôle ^^ Pour le reste, les réponses sont dans ce chapitre (plus ou moins).

Patapich : Merci pour ta review ! Ne t'inquiètes pas, tu n'auras pas droit à l'épisode sur l'épilation (quoi que… ^^). C'est juste que je trouvais que l'histoire du soutien-gorge était un bon moyen de montrer que les persos continuent de grandir. La relation entre Mérida et Raiponce continue dans ce chapitre. Par contre, je ne dirais rien sur les couples. Et oui, l'homme au nœud papillon est une allusion éhontée à Doctor Who ^^ Smith n'est pas mon docteur préféré, mais il méritait un petit clin d'œil.

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 20 : Changements

Le paysage d'Écosse défilait de l'autre côté de la fenêtre. C'était très étrange pour Mérida de se dire qu'elle retournait vers Londres pour revenir à moins de 50 km de son point de départ sitôt arrivée à la capitale.

En face d'elle, Raiponce lisait un livre tout en gratouillant Pascal, un caméléon de compagnie qui devait sans nul doute partager quelques troubles d'ordre mental avec sa maîtresse. Le reptile l'avait même un jour menacé de sa petite patte refermée en un poing. Si ce n'était pas une preuve, ça, Mérida voulait bien manger son chapeau.

Enfin, là n'était pas la question. Le problème, c'était que la Gryffondor s'ennuyait.

« - Raipoooooonce…

- Hmmm ?

- Tu veux pas faire une partie de bataille explosive ? (1)

- Non.

- On peut jouer aux échecs, si tu veux.

- Non, merci.

- Aux bavboules, alors ? »

La blonde releva son nez de son bouquin et plongea ses yeux dans ceux de son amie.

« - Mérida, j'aimerai juste lire tranquillement.

- Mais je m'ennuie…

- Va chercher Harold, alors. Il me semble que tu as quelque chose à lui demander. »

Cette réponse eut pour effet de rendre Mérida muette. Effectivement, elle avait quelque chose à demander à Harold. Quelque chose d'assez difficile à aborder, surtout que le jeune homme n'arrêtait pas de disparaître, ces temps-ci. Même pour le trajet en train, il s'était éclipsé Dieu seul sait où.

« - Oui, mais…

- Quoi ?

- Et s'il refuse ?

- Écoutes, quand tu as proposé l'idée de l'intégrer à l'expérience, je t'ai demandé si tu étais sûre de toi et tu m'as répondu que…

- Qu'il connaissait la Forêt et ses plantes comme sa poche et que sa curiosité le pousserait à accepter de nous aider. Je sais mais…

- Et quand je t'ai dit que je pouvais aller le voir moi-même, tu m'as répondu que…

- Que c'était à moi de m'en charger, parce que c'est mon idée et mon meilleur ami.

- Alors qu'est-ce qui ne va pas ?

- Il est bizarre, c'est temps-ci. Il disparaît tout le temps et le peu de temps où je suis avec lui, son esprit est ailleurs. Il a même annulé notre sortie dans la Forêt deux fois de suite. Je sais qu'il est toujours un peu bizarre autour de Noël, mais là…

- Écoute, répondit Raiponce, tu verras bien au retour des vacances. Tu lui demandes, et s'il dit non j'irais le voir, ça va ?

- Ok. »

La Serdaigle se replongea dans son livre.

« - Sinon, tu n'es toujours pas d'accord pour une partie de bataille explosive ? »

Sans trop comprendre comment, la jeune fille se retrouva expulsée du wagon.

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Deux heures plus tard, les filles, de même que tous les autres élèves rentrant chez eux pour Noël, étaient arrivées à King Cross. Sur le quai, des dizaines de parents, voire de frères et sœurs, attendaient que les étudiants descendent du train. Et parmi eux, une petite femme replète aux cheveux couverts d'un fichu et un air inquiet plaqué sur le visage.

« - Miss Mérida, cria la femme quand elle aperçut l'adolescente.

- Maude ? s'exclama la rousse en se retournant. Qu'est-ce que tu fais ici ? Normalement, c'est Papa qui vient me chercher.

- Monsieur Dunbroch a eu un empêchement, alors votre mère m'a demandé de prendre le carrosse et de venir vous chercher, vous et votre amie.

- Un carrosse ? s'extasia Raiponce. Tu ne m'avais pas dit que l'on voyagerait en carrosse !

- Pour être franche, j'espérai que l'on échapperait à ça, soupira l'écossaise. Bon, où est-il garé, Maude ?

- Dans l'arrière-cour du Chaudron Baveur. Si vous voulez bien me suivre… »

Les deux filles emboitèrent le pas à la gouvernante, retraversèrent le mur qui cachait la quai 9 3/4, et prirent la direction du Chaudron Baveur. Après un rapide salut à Tom, le barman, Maude emmena les deux filles dans l'arrière-cour, où attendaient les deux immenses chevaux ailés attelés au carosse attendaient le départ.

« - Waouh, fit Raiponce. C'est légal de survoler Londres là-dedans ?

- Tant que les moldus ne le voient pas, oui.

- Mais comment ? Il y a un sort d'invisibilité dessus ?

- Plus ou moins, répondit Mérida.

- Plus ou moins ?

- J'ai jamais vraiment compris. Je crois que ça se base en grande partie sur la volonté des moldus de ne pas voir les choses bizarres, comme les carrosses volants. Il n'est pas vraiment invisible, mais comme ils ne veulent pas le voir, ils ne le voient pas.

- Et donc, si jamais un moldu croyait à la magie, il pourrait voir le carrosse ?

- Théoriquement, je crois que oui. Mais on vole haut, donc même ceux qui y croient auraient du mal à nous apercevoir.

- Désolé de vous interrompre, mesdemoiselles, mais Madame Élinor a exigé que nous soyons rentrées pour le souper. Nous devons donc partir au plus vite. »

Dans un bruit de fin du monde, mélange de sabot sur les pavés, de roues qui grincent et de cris de joies de la part de Raiponce, le carrosse prit son envol, s'éloignant rapidement de Londres.

La distance entre Londres et le château des Dunbroch étant d'à peu près 870 kilomètres (2), soit environ deux heures de vol si le vent ne jouait pas contre eux, Raiponce en profita pour se replonger dans son livre, alors que Mérida et Maude entamaient une partie d'échec version sorcier.

Deux heures plus tard, alors que la domestique avait abandonné les échecs pour reprendre sa broderie, que Raiponce lisait toujours et que Mérida profitait du voyage pour perdre son regard dans le paysage, le carrosse atterrit enfin.

À peine eurent-elles posée un pied sur la pelouse, les deux filles virent arriver vers elles Léanore qui avançait à grands pas, vêtue de son éternelle robe verte et sa longe tresse battant dans son dos.

« - Ah, vous voilà enfin ! Vous devez être Miss Tower, si je ne m'abuse ?

- Oui. Je, je m'appelle Raiponce, madame.

- Appelez-moi Élinor, répondit la Lady, avec une douceur qui étonna sa fille. Bien, le souper nous attend, suivez-moi. »

Le dîner fut agréables, Fergus questionnant les deux amies sur leur vie à Poudlard. La mère de Mérida fut elle aussi plutôt sympathique, surtout avec Raiponce, ce qui ne manqua pas de rendre la rousse soupçonneuse : sa mère n'était que très rarement gentille sans avoir une idée derrière la tête.

Les vacances se déroulèrent pourtant sans accrocs. Raiponce avait même réussi à dompter les jumeaux. Un souvenir qui ferait sourire Mérida encore un sacré bout de temps, même si certaines parties la faisaient grimacer.

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« - Mérida ?

- Hmmm ?

- Ton père et moi partons pour le ministère. N'oublie pas de t'occuper des triplés.

- Oui, mère, j'y penserai. »

Une fois sa mère partie, Mérida se retrouva donc face aux trois démons qui lui servaient de frères. Ceux-ci arboraient un sourire machiavélique de circonstance.

« - Bon, écoutez, j'ai prévu de passer l'après-midi à faire mes devoirs de vacances avec Raiponce. Donc, vous vous trouvez quelque chose à faire et vous me laissez tranquille. En échange, vous aurez droit à un plateau de gâteaux au miel. »

Les trois garçons se concertèrent puis Hamish, le chef, fit un signe de a main pour dire qu'il trouvait ça trop peu, avant de montrer deux doigts.

« -Quoi, deux plateaux ? »

Hochement de tête.

« - Ah non, c'est un plateau, point. C'est ça ou rien. »

Sur ces mots, Mérida se dirigea vers la table de la salle à manger, où étaient entassés tous les cours nécessaires aux devoirs, laissant les trois garçons sur le tapis de jeux disposé là par Maude avant qu'elle ne parte rejoindre sa famille pour les fêtes (3).

Le dos tourné, elle ne put voir revenir sur le visage des triplés leur sourire de mauvais augure.

Une petite demi-heure plus tard, les deux filles étaient plongées dans leurs recherches en Enchantement sur les effets du sortilège d'Allégresse couplé à celui de béatitude. Tellement plongées dedans qu'elles ne firent même pas attention au lustre qui se balançait.

Cela était dû à Hubert, le plus casse-cou des triplés, qui était parvenu à monter dessus à l'aide d'un système impliquant des cordes, un trampoline et une tête d'élan empaillée. Dans ses mains, une des armes les plus terribles aux yeux d'un gamin de 5 ans : un pot de confiture de mûres ouvert.

Se balançant encore un peu, Hubert parvint plus ou moins à arriver au-dessus de la tête de sa sœur. Du coin de l'œil, il vit Harry lui faire signe qu'il pouvait renverser le pot. D'un geste sec il le secoua, envoyant 500 grammes de confiture mauve en plein sur la tête de Mérida.

« - Aaaaaaaaaaaah », hurla la jeune fille.

Elle commença à paniquer, ne voyant pas ce qui lui était tombé sur la tête, jusqu'à ce qu'une coulée mauve arrive sur son front. Raiponce la récupéra avant de goûter.

« - Confiture de mûre, déclara-t-elle.

- Confiture de…, commença-t-elle avant de redresser la tête vers le lustre. HUBERT ! Descend tout – de - suite ! »

Le jeune garçon, qui tentait de rejoindre la rambarde, grimaça. Il avait peu de chances de s'en sortir sur ce coup là.

Après avoir rejoint ses frères et être redescendu près de Mérida, il tenta de faire sa tête la plus mignonne possible. Ça marchait parfois avec les nounous, les yeux pleins de larmes, alors autant essayer.

Malheureusement pour lui, ça faisait près d'un an que Mérida côtoyait Raiponce, maîtresse ès yeux larmoyants et manipulation. Autant dire qu'elle resta de marbre.

Cinq minutes plus tard, la Gryffondor était toujours occupée à crier sur ses frères, quand Raiponce l'interrompit.

« - Laisse, je m'en occupe. Vas plutôt te laver les cheveux, avant que tu ne sois obligée de les couper. »

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Mérida était alors partie laver ses cheveux. Quelle surprise, quand elle était revenu, de trouver les jumeaux dans la cuisine, aidant Raiponce à préparer des pâtisseries. Des gâteaux, pour être exact. Et plutôt bon, d'ailleurs, ne contenant ni poivre, ni sel, ni aucune autre chose dégoûtante, ce qui était arrivé la dernière fois qu'une gouvernante avait tenté ça avec les trois diables.

Autant dire que la mère de Mérida avait été ravie que l'après-midi se soit bien passée. Aussi avait-elle décidé de confier ses fils le plus souvent possible aux deux filles. Ce qui n'avait pas vraiment dérangé Mérida, vu qu'elle était la goûteuse officielle des préparations sucrées que réalisaient les garçons en compagnie de son ami. Ce n'était pas ces vacances-ci qu'elle allait perdre du poids.

Plus les jours passés, moins elle regrettait d'avoir invité Raiponce. Au début, elle avait eu peur que son amie s'ennuie, mais tout se passait pour le mieux. Et franchement, elle ne voyait rien qui pourrait mal tourner.

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Actuellement stationnée devant la chambre de son amie, Raiponce se demandait si elle devait rentrer.

Pour le moment, ces vacances de Noël s'étaient révélées extraordinaires. Les meilleures qu'elle n'avait jamais passées. Mérida était joyeuse, son père était très gentil et ses trois frères adorables, une fois que l'on savait les prendre.

Mais la personne avec qui la blonde s'entendait le mieux dans la maisonnée était la Lady Dunbroch. Celle-ci aimait beaucoup discuter avec Raiponce quand Mérida tirait à l'arc avec son père dans le jardin. Il s'était avéré qu'Élinor était passionnée d'histoire, de métamorphose et de musique. Entre deux discussions sur la théorie de la métamorphose des métaux, ce que la Serdaigle voyait en ce moment à l'école, elle avait même pris le temps d'enseigner à Raiponce les bases du piano, lui promettant de continuer à chaque fois qu'elle reviendrait au Château.

Le problème, c'est que maintenant Élinor considérait que Raiponce était de son côté et pouvait servir d'intermédiaire entre elle et sa fille pour certains sujets épineux. Et quand elle avait demandé à la jeune fille d'aller parler à Mérida de la venue de ses fiancés potentiels pour le Nouvel An. Cela expliquait pourquoi Raiponce hésitait à entrer, son amie lui ayant parlé de son aversion pour le mariage en général et les trois prétendants en particulier.

Seulement… Élinor avait été si gentille avec elle. Elle pouvait bien essayé de lui rendre ce service, non ?

D'un pas décidé, la blonde entra dans la chambre de son amie, qui était aussi la sienne pour ces deux semaines de vacances, trouvant l'écossaise assise sur son lit, en train de trier sa collection de cartes de chocogrenouilles.

« - Mérida ?

- Oui ?

- Je… Je peux te parler ? »

Devant le ton hésitant de son amie, la rousse se redressa.

« - Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est juste que… Je veux dire… Ta mère m'a demandé de te dire que…

- Que quoi ?

- Tes fiancés viennent au Nouvel An.

- Pardon ?

- Elle… Elle a invité les trois clans pour le Nouvel An.

- Tu rigoles ? Comment peut-elle faire ça ? J'ai refusé ce truc. Qu'est-ce qu'elle ne comprend pas là-dedans ? »

Raiponce soupira en entendant son amie se mettre à crier. Elle aurait dû parier là-dessus. S'asseyant, elle entreprit de continuer le classement des cartes de chocogrenouilles, alors que son amie vociférait après sa mère. Avec un peu de chance, le diner de nouvel an ne se finirait pas en bain de sang.

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Le dîner de nouvel an ne se passa effectivement pas trop mal. Enfin, c'était relatif.

Mérida, coincée dans une robe verte un peu serrée, arborait plus ou moins la même mine qu'un gardien de Guantanamo, allant jusqu'à effrayer le fils McGuffin. Fergus était aussi jovial que d'habitude, même plus grâce à l'alcool et Élinor tentait de garder son sourire, entre l'humeur de sa fille et les éternelles avances de Dingwall.

Raiponce, elle, était coincée entre Mérida et le fils McIntosh. Si sa voisine était morose, le jeune homme restait assez sympathique, une fois qu'il arrivait à se détacher de son sujet de prédilection : lui-même.

Au final, la soirée se termina sans mort, mais aussi sans accord vis-à-vis de possibles fiançailles. Vers trois heures du matin, alors que les invités étaient partis, Fergus s'était endormi dans son vieux fauteuil, Élinor donnait les derniers ordres aux Elfes de la demeure et Mérida s'était enfuie dès que possible.

Raiponce était elle aussi montée se coucher. Mais au lieu de dormir comme son amie, elle était penchée à la fenêtre, regardant les étoiles scintillantes de cette froide nuit d'hiver. S'il on exceptait cette soirée en demi-teinte, c'était vraiment de belles vacances. Mérida lui avait dit ne pas lui en vouloir pour avoir été la messagère de sa mère. Alors, peut-être que l'année prochaine, avec un peu de chance, elle la réinviterai.

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« - TIG – TAM – TOUTING ! IL EST SEPT HEURES ! TIN – TAM – TOUTIN ! IL EST SEPT HEURES ! »

Jack s'apprêtait à aplatir ce maudit réveil avant de retenir son geste : écrabouiller le coûteux cadeau de sa mère pour Noël, à savoir un diablotin magiquement lié à un réveil, garanti inusable et se mettant à l'heure tout seul, n'était probablement pas la meilleure idée qui soit.

Se levant tant bien que mal, il attrapa ses affaires avant de se diriger vers la salle de bain. Avec une joie non-dissimulée, il écouta le miroir parlant recouvert d'un drap essayer de se plaindre de son sort, avant de prendre sa douche.

Vers 7h30, Dieu bénisse l'eau magiquement chauffée permettant les loooongues douches, l'adolescent se dépêcha de descendre prendre son déjeuner, sans réussir à se défaire de l'impression qu'il oubliait quelque chose.

Descendant l'escalier, il entra dans la cuisine, embrassa sa mère, ébouriffa les cheveux de Valéry et d'Emma, avant de prendre une tartine. Il releva enfin la tête et se retrouva nez-à-nez avec… Edward Cygnus !

« - Bonjour Jack.

-Euh,… Bonjour mon oncle. »

Cygnus soupira.

« - Tu as encore oublié que l'on devait s'entraîner aujourd'hui, c'est ça ? Je t'ai pourtant répété plusieurs fois que je te voulais prêt à 7h15 pile. Comme chaque jour.

- Ah. Je me disais bien que j'avais oublié quelque chose.

- Effectivement. Valéry, lui, était prêt à l'heure. J'aimerai que tu le sois aussi la prochaine fois. Maintenant, fini de déjeuner, je t'attends dans la salle d'entraînement dans une vingtaine de minutes grand maximum. Sinon, je viendrais te chercher moi-même. Compris ? »

Mâchonnant sa tartine, Jack hocha la tête, avant de faire un clin d'œil à Valéry « Veilleuse » une fois que son oncle eut le dos tourné.

Tooth, quant-elle, soupira.

« - Jack, commença-t-elle,…

- Hmm ? répondit ce dernier, la bouche pleine.

- Ne pourrais-tu pas faire un effort. Edward est déjà bien gentil de t'entraîner et d'initier Valéry, alors essaye de bien te comporter, s'il-te-plaît.

- J'essaie, maman, mais pourquoi est-ce qu'on doit faire ça aussi tôt ?

- Jack, s'il-te-plaît.

- Je te promets de faire mon possible, m'man.

- Bien, je te fais confiance. Maintenant, va à ton entrainement.

- Bien chef ! » s'exclama le blanc en faisant un semblant de garde-à-vous.

Embarquant Veilleuse, le jeune homme prit la direction de second étage, où se trouvait une pièce que son père avait spécialement enchantée il y a longtemps pour qu'elle puisse résister aux attaques de glace. Les sorts avaient un peu vieilli, mais l'oncle Edward les avaient rafraîchit début des vacances et lui avait dit que, une fois Noël passé, il viendrait un matin sur deux leur servir d'entraineur.

Il allait entrer dans la pièce, quand il remarqua une ombre qui n'aurait pas dû se trouver à l'angle du couloir.

« - Emma, sors de là. »

Doucement, la fillette sortit de l'ombre.

« - Emma… Il me semblait t'avoir dit que tu ne pouvais pas venir.

- Mais pourquoi ?

- Tu es trop jeune.

- Mais Veilleuse peut bien y aller, lui ! »

En entendant son surnom, le garçonnet se cacha derrière les jambes de Jack, comme à son habitude quand le ton montait un tant soit peu.

« - Il a huit ans, l'âge auquel on commence à entrainer le don. Tu n'en n'as que six. Tu commenceras dans deux ans. Point.

- Mais…

- Pas de mais, Emma. Bon, je dois y aller avant que notre oncle de pète un câble. On se revoit tout à l'heure. »

Jack marqua une pose avant de rentrer dans la salle, puis en franchit le pas, sans pouvoir s'empêcher de frissonner. Les sorts de protection posés étaient tellement puissants qu'on avait l'impression de traverser une cascade glacée en entrant dans la pièce.

Au fond, dans son éternel costume trois pièces, Edward Cygnus attendait.

« - À l'heure ? Tu m'étonnes, Jack. Bien, commençons. Valéry, peux-tu me rappeler ce que nous avons appris la dernière fois ?

- Nous… Nous avons appris à former des nuages et à faire neiger d'une manière plus naturelle.

- Bien. Depuis le début des vacances, nous avons travaillé avec votre énergie propre. Aujourd'hui, nous allons nous concentrer sur les amplificateurs. Jack, explique ce que c'est.

- Un amplificateur est un objet personnel dont le membre du clan Frost se sert pour amplifier sa magie de glace. Les amplificateurs peuvent être classés comme offensifs, défensifs et ambivalents.

- Bien. Voici le mien. »

Sur ces mots, Edward agita la main et une rapière se forma dans sa main. La poignée était bleue, finement ciselée et avait la forme d'un cygne, dont les ailes formaient la garde et dont le cou allait se perdre sur la lame argentée parcourue de reflets glacés (4).

« - Mon amplificateur est de type offensif. Il sert principalement à attaquer. Jack, montre le tien, veux-tu ? »

Se concentrant, Jack extirpa un peu de sa magie de Frost, la rassemblant dans sa main. Les yeux fermés, il sentit se construire à partir de ce petit bout d'énergie une forme allongée qui s'imbriquait parfaitement dans sa main. Il rouvrit les yeux, pour admirer le bâton de berger parcouru de fleurs de givre qu'il tenait à présent.

« - Le bâton de Jack est de type ambivalent, bien qu'il tende plus vers la défense que l'attaque. En vérité, très peu de Frost ont eu un amplificateur de type défensif. Le père de Jack en avait un, sous forme d'une robe de mage qui lui permettait de fabriquer des murs de glace et des sorts affiliés quasiment infranchissables, tout en le protégeant. Valéry, pour que tu comprennes mieux la différence que peut faire un amplificateur, Jack et moi allons nous affronter. Tu te souviens de notre dernier duel ? »

Toujours aussi peu loquace, le garçon se contenta d'un signe de tête.

« - Jack, es-tu prêt ?

- Oui, mon oncle.

- Alors nous pouvons y aller. Même règles qu'à chaque fois : ne pas blesser, n'utiliser que la magie Frost et surtout, être inventif. Valéry, tu donneras le départ, comme d'habitude. »

Les deux plus âgés se placèrent de part et d'autre de la salle. Le garçonnet se concentra, avant de faire apparaître une boue de neige entre les deux hommes. Une fois qu'il se fut assuré que les deux l'avaient vue et étaient prêt, il relâcha la pression, laissant la masse neigeuse chuter. Quand elle toucha le sol, la lutte commença.

Jack n'attendit pas et lança directement un jet de magie gelée vers son oncle. Lequel repoussa le trait d'un geste de la main, avant de faire jaillir des pics de glace de mur prêt duquel se tenait Jack.

Le jeune homme n'en fut pas surpris. Si son oncle avait spécifié « Pas de blessures », cela voulait dire « rien de direct ». Si Jack le blessait à cause d'un pic lancé directement au plus âgé, il y aurait faute. Mais s'il le faisait jaillir du sol, c'était correct. La logique de l'homme lui échappait, parfois.

« - Réagis plus vite », cria Edward.

Jack ne se fit pas prier. D'un geste, il baissa son bâton, gelant le sol. D'une démarche habituée, il se mit à glisser sur la glace nouvellement formée, alors que Cygnus tentait de garder son équilibre. Rapidement, il arriva derrière son oncle et leva son bâton de berger, pour lui porter un coup aux côtes.

Malheureusement, l'homme reprit le contrôle sur ses pieds et bloqua le bâton de son épée. Heureusement que les amplificateurs sont indestructibles, car le bras de Jack vibrait sous la force de la parade et nul doute qu'un bout de bois normal aurait cédé.

L'adolescent était en train de se dégager, quand de sa main gauche, celle qui ne tenait pas l'épée, Cygnus lança un trait gelé, qui frappa Jack au poignet et envoya ce dernier se clouer au mur. Il avait perdu.

Le plus âgé signifia la fin du combat et fit rapidement disparaître l'entrave de glace du poignet de son neveu.

S'approchant de lui, il lui signifia de s'asseoir, avant de parler :

« - Tu t'améliores. Tu es plus rapide et tu réfléchis plus. Mais il te reste deux problèmes : ta main droite ne te sert quasi jamais, sauf quand tu dois garder ton équilibre sur la glace. C'est ce qui t'as perdu : tu ne t'attendais pas à ce que j'utilise ma main gauche pour la magie de glace. Tes deux mains doivent être utilisées. Ensuite, tu manques de puissance. Pendant que Valéry s'entrainera à faire apparaître son amplificateur, je veux que tu formes une tempête de neige d'un rayon d'un mètre la plus forte possible.

Allant se mettre dans un coin de la pièce, Jack s'assit en tailleur et se concentra. Rapidement, il sentit la neige se mettre à tournoyer autour de lui mais c'était encore un peu faible. Se concentrant plus fort, il tenta d'augmenter la vitesse du vent concentré dans cette mini-tempête.

« Laisse-moi t'aider »

« - Fous-moi la paix », siffla Jack entre ses dents.

« Allons, pourquoi me repousser ainsi. Tu sais de quoi nous sommes capables ensemble. »

« - Tu ne contrôles rien. Tu lances notre magie et tu la laisse faire ce qu'elle veut. »

« Je ne fais que lui offrir ce qu'elle demande : sa liberté »

« - Au prix de la sécurité des autres. »

Ça ne t'a pas toujours préoccupé comme cela, il me semble. L'année dernière, tu as été bien heureux de me laisser ta place. Et après le miroir, tu t'es tourné vers moi pour obtenir des réponses. »

« - Tu profites de mes instants de faiblesse. Va-t'en !

- Jack ?

- Va-t'en.

- Jack ! On arrête. »

Le jeune homme sursauta.

« - Hein ? Quoi ?

- La leçon est terminée. Valéry a réussi à faire apparaître son objet, donc je pense qu'il vaut mieux s'arrêter ici. Tu as toi aussi réussi à mettre pas mal de puissance dans ta tempête. On reprendra ça demain. »

À l'autre bout de la pièce, Jack avisa son petit frère d'adoption, une espèce de lance en main(5).

Fermant les yeux, il se laissa aller quelques secondes. Vivement la fin des vacances. Solliciter sa magie ainsi chaque jour excitait l'Autre. Et il n'était pas sûr de pouvoir le retenir s'il se décidait réellement à prendre le contrôle.

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Il était à peine 6 heures du matin, un lundi, et pourtant la forge du village de Beurk allait. Normalement, à Beurk, tout était fermé le lundi, même les volets, car le dimanche était le jour où tous les habitants du petit village se réunissaient dans la grande salle pour fêter la fin de la semaine. Autant dire que le lendemain, le réveil s'accompagnait de maux de têtes et de maux de ventre, selon que l'on ait abusé de la boisson ou de la nourriture la veille, bien que ce soit souvent les deux.

C'est pourquoi, depuis que Gueulfort l'avait jugé assez compétent pour se servir de la forge tout seul, Harold profitait de ce moment de tranquillité pour bidouiller tout ce qui n'aurait pas vraiment reçu un bon accueil de la part de son père. Gueulfort était gentil, tolérant, de bon conseil, mais il avait la langue horriblement bien pendue une fois qu'il avait bu. C'était donc un lundi matin qu'Harold s'était fabriqué une paire de patins à roulette de fortune, après le refus de son paternel d'en acheter. C'était aussi à ce moment-là qu'il avait monté sa première maquette de dragon, un Dragon-Vipère qui était encore aujourd'hui cachée dans le petit établi dans lequel le garçon rangeait ses affaires. Le vieux forgeron lui avait remis la seule clef et avait juré de ne jamais chercher à en refaire une.

Arrêtant ce qu'il faisait, Harold se fit la réflexion que Gueulfort était parfois bien plus un père que Stoick.

Reprenant son travail, il y mit rapidement un point final, avant de le présenter à Krokmou, présentement installé sur l'établi. L'assemblage de cuir formait un harnais adapté au bébé dragon. Le harnais était muni d'un anneau de fer qui pouvait être relié à un autre qu'Harold avait fixé dans son sac.

Mettant rapidement sa création au dragon, il entreprit de la tester immédiatement. Plaçant la bête dans son sac, il accrocha les deux anneaux entre eux à l'aide d'une chaine et tira dessus pour vérifier la solidité.

« - Voilà, dit-il, satisfait, au moins, tu ne pourras plus t'enfuir au milieu d'une foule. »

Se rendant compte qu'il était bloqué, le dragon geignit avant de lancer à « sa mère » un regard larmoyant.

« - Oh non, pas la peine d'essayer. La dernière fois, tu as voulu visiter l'étal du poissonnier et on a failli te voir. »

Grognant d'une manière résignée, le dragon se coucha.

Harold sourit, avant de soupirer. Cette solution ne tiendrait pas très longtemps, pas plus que le sac. Pour l'instant, Krokmou n'était pas très grand et comme tous les dragons, il connaissait une période juste après la naissance où il ne grandissait pas. Heureusement pour Harold, cette période était apparemment assez longue chez les Furies Nocturnes pour englober les vacances de Noël mais selon Norbert Dragonneau dans son « Encyclopeadia Draconis », cela n'excédait jamais les deux mois toutes espèces confondues. Cela voulait dire que Krokmou allait se mettre à grandir pas longtemps après son retour à Poudlard. Et là, adieu le sac. Il allait devoir trouver une autre combine.

Profitant du fait que Gueulfort ne venait jamais à la forge avant 8-9 heures le samedi, Harold se concentra sur quelques-uns de ses projets, comme le développement du don de Vision, tout en gardant un œil sur Krokmou qui était revenu sur la table.

Le temps fila relativement vite et bientôt, Harold vit la silhouette du forgeron, reconnaissable entre mille grâce à sa jambe de bois et à son crochet, pointer à l'horizon. Harnachant d'abord rapidement Krokmou dans son sac, Harold se mit à ranger livres et parchemins dans son bureau/cagibi. Discutant quelques minutes avec Gueulfort à propos de l'entrainement de demain auquel il devait absolument assister, même s'il ne participait pas, le jeune Gallois prit ensuite la direction du village. Il ne souhaitait pas particulièrement s'y rendre, surtout qu'il risquait d'y croiser les autres jeunes de son âge, mais pour aller là où il voulait, il devait soit traverser le village, soit faire un détour de plusieurs kilomètres. Et, l'air de rien, Krokmou pesait son petit poids.

Cependant, en traversant la bourgade, Harold eut droit à une bonne surprise :

« - Hiccup ! l'interpella-t-on plus loin

- Simon, je t'ai déjà dit que je n'aimais pas ce surnom.

- Mouais, c'est ce que tu dis. Je vais faire un tour avec les enfants sur la plage, tu veux venir ? »

Depuis son rite de passage, Simon avait renoncé à devenir un Tueur et face à l'incompréhension totale des habitants, était redevenu le baby-sitter attitré de la plupart des enfants de moins de 10 ans. Harold savait qu'il lui arrivait encore de s'écorcher la peau à force de la frotter, dans l'espoir de faire partir un sang que lui seul voyait, mais il allait mieux.

« - Non, merci. Peut-être une autre fois, j'ai quelque chose à faire aujourd'hui.

- Après-demain, c'est balade en forêt, si tu veux.

- Alors je viendrais. »

Après de brefs au revoir, Harold laissa son ami et ses protégés pour continuer vers la sortie du village. Heureusement pour lui, il ne rencontra aucuns des jeunes de l'entrainement dragon. Il n'avait vraiment pas envie de les voir durant sa seule journée de libre.

Rapidement, il arriva à une tombe solitaire, placée à l'orée du bois. Malgré son apparente vieillesse, trahie par la pierre abimée et le buisson âgé de quelques années qui y avait poussé, elle restait plutôt bien entretenue. Bientôt, Harold le savait, la sépulture se couvrirait de perce-neiges, avant que ces derniers ne soient remplacés par les vives tulipes.

Se rapprochant encore, Harold pu lire sur la pierre le nom de Valhallarama Horrib'Haddock. Les sépultures terrestres étaient rares sur Beurk, les hommes préférant se faire enterrer à la manière Viking, sur un bateau en feu. Mais Valhallarama n'était pas une viking. Elle n'était même pas humaine et de toute façon, de même qu'il n'y avait aucun corps dans cette tombe, il n'y en n'avait pas eu à brûler. Malgré les dires de son père, Harold le savait.

Pourtant, d'ici deux ans, il devrait venir se recueillir ici. Sváfa le lui avait clairement fait comprendre quelques jours plus tôt.

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« - Pardon ?

- C'est la dernière fois que nous nous voyons.

- Mais pourquoi ?

- Parce que l'année prochaine, ce sera la dernière fois que tu seras autorisé à pénétrer dans ce sanctuaire. Et ce sera notre reine qui viendra à ta rencontre pour clore le pacte qui t'obligera à en rester éloigné.

- Pourquoi ne pourrais-je plus venir ici ? C'est… C'est la seule chose qui me reste de ma mère, vous ne pouvez pas me l'enlever.

- Nous n'avons pas le choix. Dans deux ans, tu seras adulte à cette période de l'année. Et même la trêve du Solstice ne peut permettre à un humain adulte de pénétrer ici. »

Étrangement, Sváfa semblait triste à l'annonce de cette nouvelle. Et elle l'aurait surement été, si les Dryades étaient capables d'une telle chose.

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Harold avait discutaillé avec la dryade durant des heures, cherchant le moindre petit défaut dans les lois de la forêt. Mais le verdict était indiscutable. Et maintenant, devant cette tombe, il se demandait si sa mère l'entendrait de là où elle était. Il n'en n'avait jamais douté du temps où il pouvait rendre visite à son arbre. Mais aujourd'hui…

Emplis de tristesse, Harold se remémora la chanson que son père murmurait parfois en tenant la photo de sa mère. Une chanson qui réveillait à chaque fois des échos de souvenirs chez le garçon. Des souvenirs d'une voix douce qui la lui chantait.

J'affronterai toutes les tempêtes

Sans peur des vents déchainés

J'éviterai tous les récifs

Si tu voulais m'aimer

Aucun soleil ou froid du Nord

Ne pourra plus m'arrêter

SI tu me promettais ton cœur

Alors, je t'aimerai pour l'éternité

Mon cher ami, mon tendre aimé

Tes mots me mettent en émois

Je n'ai pas besoin d'exploits guerriers

Quand je suis au creux de tes bras

Des larmes dévalaient maintenant les joues de l'adolescent, alors qu'il chantait de sa voix rendue un peu grinçante par la puberté.

Mais je t'offrirai des trésors

Je chanterai à pleine voix

Je te protégerais des coups du sort

Si tu restes auprès de moi

Je n'ai pas besoin de tes trésors

Ni que tu chantes à pleine voix

Je veux seulement prendre ta main

Je te veux auprès de moi

T'aimer très fort et t'embrasser

Et danser toute la nuit

Car pour le pire et le meilleur

Nous serons toujours unis.

J'affronterai toutes les tempêtes

Sans peur des vents déchainés

J'éviterai tous les récifs

Si tu voulais m'aimer

Sa voix s'éteignit sur la dernière syllabe du mot « aimer ». Et une autre intervint presque aussitôt.

« - Et alors, Harold, on est désespéré au point de se chanter des chansons d'amour à soi-même ? Tu sais que c'est une chanson à deux voix, hein ?

- Laisse-moi tranquille, Rustik, je ne suis pas d'humeur.

- Oh, tu n'es pas d'humeur, comme c'est dommage. Mais… C'est qu'il pleure, le Harold ! Vous voyez ça les gars ? Le p'tit Harold pleure. »

Derrière Rustik, Kognedur et Kranedur ricanaient, alors que Varek semblait mal-à-l'aise. Astrid, elle ne disait rien, semblant se concentrer sur la tombe derrière le plus frêle.

« -Qu'est-ce qu'il y a ? T'as abordé une fille trop bien pour toi et elle t'a rejeté ? C'est ça ?

- Va-t'en, Rustik.

- Mais c'est ton lot, tu sais Un gars comme toi est juste bon à rester seul et à laisser les vrais hommes faire tout le boulot. »

Haolrd sentait que ça allait mal se finir. Il sentait la même énergie que quand il avait jeté le sort d'invisibilité à Jack s'infiltrer en lui. Quiconque aurait regardé ses yeux n'aurait pas manqué de voir le blanc et la pupille disparaître au profit d'un iris vert vif. Un simple sort et il serait débarrassé de ce benêt. Mais il ne devait pas… Ce n'était pas bien et la dernière fois, il avait eu Jack sur le dos plusieurs mois…

« - Fous-lui la paix, Rustik, intervint soudain une voix

- Mais Astrid…

- Dégages. »

Désireux de plaire à sa belle, le costaud prit ses jambes à son cou et ses suivants lui emboîtèrent le pas, ne laissant qu'Harold et Astrid face à la tombe.

Le silence se fit, mais a jeune fille le brisa rapidement.

« - Désolé. Pour Rustik. Il aurait dû te laisser tranquille après avoir vu la… Le…

- La tombe.

- Oui, c'est ça. Euh… Eh bien, à demain.

- Oui, à demain. »

Et la blonde s'enfuit, ne laissant qu'un jeune homme interloqué. Pourquoi l'avoir aidé, outre son excuse stupide de la tombe ? Quatorze ans qu'elle l'ignorait, alors pourquoi ?

Secouant la tête et reprenant la direction du village, Harold se dit qu'il avait hâte de retourner à Poudlard. Loin de ce village de fous.

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(1) Un jeu de carte inventé par JKR.

(2) Je me suis basé sur la distance entre Londres et Tomintoul, une ville d'Écosse se trouvant au cœur d'une forêt près du Cairngorms National Park.

(3) Je compte que les triplés doivent avoir plus ou moins 5/6 ans.

(4) Une rapière est une épée particulièrement fine (google est votre ami). Pour le cygne, c'est simplement que Cygnus est le nom latin de la constellation du Cygne. Et dans les chevaliers du Zodiaque (les vieux, pas les récents), le Chevalier du Cygne utilisait des attaques de glace. Et la garde, c'est le morceau de fer entre la lame et le pommeau de l'épée, qui a pour but de protéger la main si la lame de l'adversaire ripe.

(5) Tout simplement la lance lunaire que possède Nightlight dans les livres des Gardiens de l'Enfance.

Encore un gros chapitre… Je n'arrive plus à écrire des moyens. Mais celui-ci je ne peux pas le couper, parce que ça aurait fit vraiment bizarre. Sérieusement, j'ai dû me freiner pour la partie de Jack, sinon c'était parti pour 2500 au lieu de 1700. Et donc, j'aurais dû allonger la partie des filles qui fait 2500, histoire de rester plus ou moins équitable… Le bordel.

On se retrouve bientôt pour quelque chose que l'on n'a pas eu depuis longtemps : un bonus ! Il arrivera soit mercredi, soit lundi.

Que je vous explique : je sèche sur le chapitre 21. Pour la première fois depuis que j'ai commencé cette fic, je n'arrive pas à écrire. Les idées sont là, mais les mots ne viennent pas. Cela fait une semaine que j'ouvre le fichier « Ch. 21 » et que je n'avance absolument pas. En gros, j'ai chopé la page blanche.

Donc, si mercredi j'ai réussi à avancer suffisamment, je publierai le bonus ce jour-là et le chapitre lundi prochain. Sinon, je publierai le bonus le 25 et le chapitre le 1er septembre, en espérant être débloqué d'ici-là. Merci de votre compréhension.

Au fait : je me suis rendu compte qu'il m'arrivait d'appeler Élinor « Léanore ». C'est par exemple le cas dans le chapitre 1, que je vais corriger. Si vous avez repéré d'autres endroits où c'est le cas, n'hésitez pas à me le dire !

6050 mots (c'est juste quasi deux fois le chapitre 18, hein ^^)