Yop. Voilà un nouveau chapitre !
Akurokushi : merci beaucoup pour ta review et tes compliments, ça me fait très plaisir ;; j'espère que la suite te plaira aussi.
Sur ce, bonne lecture \o/.
— Mais c'est pas vrai ! Qu'est-ce que j'ai encore fait pour mériter ça ? Fais chier...
Roxas essuya rageusement la tâche de coca qui s'étalait sur son pull.
— Excuse-moi, j'ai pas voulu...
Il fit taire la fautive d'un geste exaspéré sans lui accorder le moindre regard. Une catastrophe de plus dans sa vie c'était le genre de chose qui lui arrivait au moins une fois par semaine, et il commençait à en avoir plus qu'assez.
Kairi resta à le regarder quelques secondes, l'air interdit. Soudain, elle déposa le verre d'un geste brusque sur la table de Roxas et Pence, puis s'en alla avec une démarche rageuse.
Profondément choqué, le blond se tourna vers son ami en levant les bras au ciel.
— Qu'est-ce qui lui prend, à celle-là ? Elle est folle.
— Laisse tomber, soupira Pence. C'est peut-être hormonal. Il paraît que les filles sont insupportables pendant cette période-là.
Roxas déposa la serviette brunâtre sur la table avec un soupir.
— Peut-être, ouais, mais t'as vu comment elle m'a regardé ? J'ai cru qu'elle allait me tuer. Elle m'en veut pour je ne sais quelle connerie. Mais j'ai rien fait, t'as bien vu, j'ai strictement rien fait.
Pence hocha vaguement la tête, peu enchanté d'être ainsi pris à témoin.
— Quelle hystérique, continua le blond. Enfin, je suppose qu'il ne faut pas être très net pour être pote avec... tu vois de qui je parle.
— Mmh-mmh.
— Il m'exaspère, celui-là, toujours à rôder autour de Ven comme un chien autour d'un morceau de viande. Sérieusement, Pence, c'est quoi son problème ? Qu'est-ce qu'il fout dans ce collège, d'ailleurs ? Je pensais qu'on foutait tous les cas sociaux à saint-je ne sais plus quoi. Tu sais, la vieille baraque pas loin de l'hosto, là ? Ben c'est une espèce d'école, d'après ce que j'ai entendu. Mais il y a que des tarés. Et des gosses de détenus.
— Quel rapport ?
— Les tarés vont en prison, les gosses de prisonniers vont à l'école de tarés. Logique. Enfin c'est pas le sujet. Je reviens, je vais me chercher un autre coca vu que Kairi a décidé de me pourrir la vie.
Sur ces mots, il se leva et planta là Pence qui se mit à admirer la table avec autant de concentration que si elle avait été une grande œuvre d'art.
Les discussions avec Roxas, surtout lorsqu'il s'énervait comme il l'avait fait trois minutes plus tôt, le fatiguaient toujours plus qu'il ne voulait bien l'avouer. Pas qu'il ne l'appréciait pas – après tout, ils étaient amis – mais il finissait par le trouver de plus en plus difficile à supporter, le temps passant.
Il se souvint du jour où il l'avait rencontré, quelques années plus tôt, lors de la rentrée des classes. Il connaissait Hayner pour avoir été en primaire avec lui Hayner connaissait Roxas pour il ne savait quelle obscure raison et, les choses se faisant, ils avaient finis par s'entendre et se fréquenter de plus en plus souvent.
À cette époque, Roxas était loin d'être le crétin râleur qu'il était maintenant. Il l'avait trouvé un peu froid, au départ, et il se montrait un brin réservé, mais après quelques temps il s'était avéré être un ami fidèle et un compagnon agréable. Il était rare alors qu'il se mette en colère ou qu'il dise ne serait-ce qu'un mot de travers sur qui que ce soit. Mais ce temps était bien révolu, et depuis quelques mois, il s'était renfrogné et était devenu plus imbuvable que les prétendues boissons fraîches qu'on lui servait à la cantine.
Les hormones, sans doute. Ou une crise d'ado. Le fait était que le voir seul à seul en devenait presque un supplice.
Il releva la tête lorsque Roxas revint s'asseoir en grommelant.
— Ils sont où, Hayner et Olette ? On avait dit qu'on se retrouvait ici.
Pence haussa les épaules.
— Olette a dit qu'elle travaillait pour le truc de groupe.
— Elle bosse avec qui ?
— Naminé.
— Ah... oui.
Roxas prit un air soudain rêveur qui fit hausser les sourcils de son ami. Il haussa les épaules en guise d'explication, puis marmonna :
— Elle est plutôt jolie, non ? Fin, pas que je... non, tu vois, je disais juste ça comme ça. Bref. Arrête de me regarder comme ça, ça me saoule. Hayner ?
— Je sais pas trop, il m'a sorti quelques excuses, mais j'ai pas tout compris. Quelque chose à propos de quelqu'un à aller voir à l'autre bout de la ville, enfin, tu sais comment il est...
— Tu crois que ça a un rapport avec Seifer ? Tu sais, son « combat » d'hier. Il en a à peine parlé.
— Je crois qu'il a perdu.
— C'était couru d'avance.
— Mouais. Hayner est plutôt doué, quand même. Il a ses chances, ou les aura un jour.
— J'espère pour lui.
Il baissa les yeux sur ses vêtements, les sourcils froncés.
— Putain, il me reste plus qu'à rentrer chez moi en ayant l'air con. Ven a intérêt à être là. Je sais pas où il s'est fourré, encore.
— Peut-être qu'il bosse pour la rédaction.
— Ne parle pas d'horreurs, j'ai même pas envie de les imaginer à deux dans la même pièce. T'as vu comment il s'est incrusté en profitant de l'absence de Sora ? Quel gros con.
Pence retint un soupir et regarda Roxas se lever pour partir. Lorsque ce dernier fut hors de vue, il exhala avec soulagement.
Non, décidément, Roxas n'était plus le même. Et il espérait que ce n'était pas permanent.
Il sirotait son coca quand Kairi passa à côté de lui, le regard noir.
— Kairi, attends ! l'interpella-t-il.
Elle se retourna vivement et haussa les sourcils.
— Je peux t'aider ?
Il rosit. Il ne lui avait adressé qu'une ou deux fois la parole depuis qu'elle était dans sa classe. On ne pouvait pas vraiment dire qu'ils étaient amis. Plutôt de vagues connaissances.
— Je voulais juste dire... commença Pence en cherchant ses mots. Pour Roxas, il est pas comme ça, d'habitude. Je suis sûr qu'il n'a pas voulu...
— Non, bien sûr.
— Laisse-moi m'excuser pour son comportement... Il est un peu sur les nerfs, en ce moment.
Son visage s'adoucit. Elle lui accorda un sourire.
— Ce n'est pas grave, je m'en remettrai. Je dois y aller, salut.
Il la suivit des yeux un moment. Que ne fallait-il pas faire pour protéger la réputation de ses amis ! La prochaine fois, Roxas n'aurait qu'à s'en sortir tout seul. C'était aussi de sa faute, après tout.
Pence jeta son gobelet à la poubelle et s'en alla.
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Kairi serra les dents durant tout le trajet jusqu'à chez elle. Si Roxas voulait la guerre, pensait-elle, il ne tarderait pas à la trouver. À dire vrai, elle avait même déjà commencé.
Elle déverrouilla la porte d'entrée et se rendit directement dans sa chambre, les poings serrés. Elle accrocha un signet à sa porte, code qui signifiait qu'elle ne voulait pas être dérangée pour l'instant, puis tira deux boîtes en carton de sous le lit en en répandit le contenu sur le sol. Elle s'assit en tailleur et observa ses possessions, le visage impassible.
Elle réfléchissait.
Après quelques minutes, elle se releva et sortit un énorme livre de son étagère, puis l'ouvrit et consulta la table des matières, les sourcils froncés. Sa grand-mère le lui avait offert lorsqu'elle avait onze ans en lui confiant qu'il possédait une solution à tous les problèmes. Kairi l'avait utilisé bien des fois et le conservait amoureusement dans sa chambre pour être sûre que personne ne viendrait y toucher. Incapable de trouver l'inspiration dans le sommaire, elle en parcourut les pages, impatiente. Il devait bien contenir quelque chose d'utile, pensait-elle en tournant une feuille après l'autre. Quelque chose qui pourrait l'aider.
Ses yeux s'arrêtèrent sur la page 339 et elle sourit. Voilà qui serait idéal. Elle fit le compte de ce qui était nécessaire par chance, elle avait déjà tout. Elle se félicita d'avoir du stock en réserve.
Il ne manquait plus que...
Elle déposa le livre ouvert à la bonne page sur le lit, puis descendit les escaliers quatre à quatre pour se rendre au salon. Là, elle décrocha le téléphone et composa un numéro qu'elle connaissait par cœur.
Elle n'eut pas à attendre longtemps pour obtenir une réponse.
« Quoi ? » fit son interlocuteur d'une voix sèche.
Elle soupira.
« Salut, Vanitas. Moi aussi je suis ravie de te parler.
— J'étais très occupé.
— Occupé à quoi ? Tu fous jamais rien. Bref, j'ai besoin de ton aide, et c'est très important.
— Super.
— Il faut que tu viennes chez moi tout de suite. Ça ne peut pas attendre.
— Permets-moi d'en douter. Si c'est encore une de tes conneries...
— Oh, ce sera mieux que les dernières fois, ne t'inquiète pas. Mais il faut vraiment que je fasse quelque chose, et tout de suite, alors si tu avais l'amabilité (elle insista lourdement sur le mot) de te pointer ici dans l'heure, ça me ferai vraiment très, très plaisir. »
Il y eut un silence durant lequel Kairi savait que Vanitas pesait le pour et le contre.
« T'as à bouffer ?
— Oui, plein. Je t'autorise même à vider tous mes tiroirs. Alors lâche ton engin et ramène-toi.
— Marché conclu. J'arrive dans un quart d'heure. Et t'as pas intérêt à m'avoir raconté des couilles, parce que... »
Elle raccrocha sans écouter la suite, un sourire fébrile sur le visage. Il fallait qu'elle mette tout en place, maintenant, ou Vanitas ne se priverait pas de passer une heure à râler.
Vingt minutes plus tard, on sonna à la porte. Elle se précipita en bas, le sourire au lèvres.
— Hello, Vani. Merci d'être venu.
Celui-ci haussa les épaules en parcourant la maison des yeux.
— Ouais, ouais. T'as des trucs sucrés ? Je crève la dalle. Ma tante est toujours à l'hosto, et la flemme d'aller au magasin.
— Dans l'armoire, là-bas. Tu connais, non ?
— Ouais, c'est bon.
— T'as qu'à me rejoindre à l'étage. J'ai encore deux ou trois trucs à installer.
— OK.
Elle retourna dans sa chambre et contempla son installation d'un air satisfait. Il ne restait plus qu'à placer les bougies tout autour, et tout serait fin prêt.
Elle sortit treize grands cierges noirs d'un de ses tiroirs de bureau, les plaça dans de petit porte-chandelles qu'elle plaça autour du cercle de craie qu'elle avait dessiné au sol quelques minutes plus tôt. Très concentrée, elle ne se retourna pas lorsque Vanitas entra dans la chambre avec un sifflement impressionné.
— He bah, on dirait qu'on va avoir droit à du gros, aujourd'hui.
— C'est très important, comme je te l'ai dit. Et compliqué. Mais je crois pouvoir le faire, maintenant.
Il haussa un sourcil. Il n'avait jamais été très convaincu par la véracité de ses étranges activités.
— Et pourquoi maintenant ? C'est le jour du sabbat ?
— J'ai croisé Roxas, aujourd'hui.
— Ah.
Voilà qui expliquait tout. Vanitas bâilla et s'assit sur le lit pendant que Kairi allumait les bougies une par une. Quand elle eut enfin terminé, elle se redressa pour ouvrir sa garde-robe et en sortir deux longues aubes noires. Elle enfila la sienne par-dessus ses vêtements et lança la deuxième à Vanitas qui l'observa d'un air dubitatif.
— T'es sérieuse ?
— Très. Allez, mets ça, j'ai pas de temps à perdre.
— Non merci.
— S'il te plaît, Vani, je ne pourrai pas le faire si tu ne m'aides pas un peu. Enfile ce truc et entre dans le cercle.
— Je peux savoir ce que ça change de porter ce... cette chose ?
— C'est pas juste une «chose». C'est une tenue de cérémonie qui a été préparée exprès pour ce que nous allons faire maintenant. Ça m'a pris des semaines, alors ne fais pas ton difficile.
— Préparé ? Qu'est-ce que t'as fait, tu l'as trempée dans du sang de chèvre en chantant à la gloire de Satan ?
— Non, exposa-t-elle calmement, je les ai purifiés avec deux rituels différents, puis j'ai dû les laisser une nuit dehors pendant la pleine Lune. Pas de sang ni de démon impliqué, tu peux me croire.
Vanitas enfila la robe avec un grognement. Il ne pouvait pas croire que Kairi l'obligeait à faire une chose pareille. Toutes ces conneries lui montaient trop à la tête.
Il entra néanmoins dans le cercle en enjambant les bougies, herbes et tas de sel placés tout autour, et s'installa en face de Kairi.
— Bien, dit celle-ci en hochant la tête. On va pouvoir commencer. Prends mes mains.
Il les attrapa sans enthousiasme.
— J'ai l'impression d'avoir douze ans, maugréa-t-il. Rappelle-moi pourquoi tu as besoin de moi ?
— J'ai besoin d'énergies négatives, répondit-elle, et je ne connais personne qui en dégage plus que toi.
— C'est un plaisir de te fréquenter, Kairi.
— Silence, maintenant. J'ai besoin de concentration.
Elle ferma les yeux et se mit à marmonner des mots sans queues ni têtes qui, apparemment, devaient avoir un sens profond pour elle. Après cinq minutes de monologue, elle ouvrit les paupières et regarda Vanitas avec un regard glacé. Vanitas pinça les lèvres pour se retenir de rire. Elle prenait ça beaucoup trop au sérieux.
Sans se préoccuper de son invité, Kairi prit le stylo et la feuille qui était placée entre eux et écrivit quelque chose dans un alphabet inconnu. Elle leva le gobelet de vin rouge posé à côté d'elle comme pour en faire offrande et renversa son contenu sur la feuille de papier. Elle attendit un long moment le regard vague. Enfin, elle leva les yeux vers Vanitas et lui lâcha les mains.
— C'est bon, déclara-t-elle. Tu peux éteindre les bougies de ton côté ?
— Quoi, c'est tout ? Je croyais que ce serait plus impressionnant, mais en fait, c'est juste nul.
— Ça ne veut pas dire que ce n'est pas puissant, rétorqua Kairi.
— Mouais.
Il s'étira et se frotta les paumes contre la bure. Il détestait tenir les mains de quelqu'un trop longtemps. C'était profondément dégoûtant.
— Je peux savoir ce que t'as écrit sur ta feuille de sorcière ? demanda-t-il pendant qu'il éteignait une mèche entre ses doigts.
— Le nom de ma victime en runes, expliqua calmement Kairi. Ça marche mieux que dans notre bête alphabet.
— Et t'as lu ça où ? Dans ton grimoire maléfique ?
— Non, c'est ma grand-mère qui me l'a conseillé.
Au moins, ça ne lui venait pas de nulle part. Il espérait ne jamais devoir rencontrer la grand-mère en question.
Il se redressa, les jambes un peu endolories, et s'assit à nouveau sur le lit en regardant Kairi ranger son matériel. Elle semblait beaucoup trop contente d'elle. Pas de doute, pensa Vanitas, cette fille avait un côté taré, ce qui, à vrai dire, ne l'étonnait guère.
Il fronça les sourcils en la voyant prendre la dernière bougie allumée et brûler le papier où elle avait inscrit le supposé nom de Roxas.
— T'essaies de cramer ta maison ?
— Non, je termine le rituel. Ça ne fonctionnera pas, si je ne le fais pas.
— Hun hun. Et ça t'a servi à quoi, tout ça, exactement ?
Elle lui offrit un sourire malicieux.
— Juste une petite vengeance. Roxas devrait être très malade pendant un moment.
— Sérieusement ? Tu lui as filé la gastro ?
Elle haussa les épaules et se mit à siffloter.
— T'avais rien de plus subtil ? T'es dingue, ma pauvre.
— Haa, je ne peux pas espérer te voir comprendre l'art délicat de la sorcellerie. Bien peu nombreux sont les gens suffisamment ouverts d'esprits pour en comprendre toutes les nuances. Mais tu m'as aidé, je t'en remercie.
— Je ne vais pas dire que c'était un plaisir, mais au moins je ne meurs pas de faim.
Elle effaça le cercle de craie et rangea ses chandelles et herbes dans leur boîte respective, puis les glissa à leur place, sous le lit.
— Au fait, qu'est-ce que tu faisais tout à l'heure ? dit-elle.
— Quand tu m'as appelé ? répondit Vanitas. Je bossais.
— Tu bossais, toi ?
— Ouais. Sur l'ordi.
— Tu sais, passer trois heures sur un site porno n'est pas ce que j'appelle du travail. C'est plutôt le contraire.
— Ha, ha, très drôle. Je bossais réellement, figure-toi. Pour ce putain de travail de groupe.
— Oooh. T'es devenu sérieux, d'un coup ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
— Rien.
— T'essayes d'impressionner Ven ? C'est mignon, railla-t-elle.
Il afficha un sourire en coin.
— Voyons, Kairi. J'ai de bien meilleurs atouts en réserve, si tu vois ce que je veux dire.
— Je ne suis pas sûre de vouloir.
— Dommage. Non, la vraie raison, c'est que j'ai une moyenne merdique et que je vais devoir me taper un rattrapage si je la laisse comme ça.
— Donc, tu deviens sérieux. Intéressant.
— Mieux vaut que je le fasse maintenant, tu sais. J'aurai besoin de beaucoup de temps libre, plus tard. Ven et moi avons besoin de looongues réunions seul à seul. Pour travailler, bien sûr. Tu sais ce que c'est.
— C'est étrange, je ne peux pas m'empêcher de le plaindre.
— Pourquoi ? Je suis gentil et serviable. Tout le monde rêverait de me fréquenter.
— Et on se demande pourquoi tu n'as pas d'amis.
— Ils ne sont pas dignes de moi, c'est tout.
— Continue de te raconter des histoires. Tu veux manger ici ce soir ? Ma mère est pas là, de toute façon.
— T'as pas des rituels sataniques à faire, au lieu ?
— Sinon, tu peux aussi retourner chez toi et crever de faim parce que t'auras la flemme de sortir. Enfin, je dis ça, tu sais...
— C'est bon, t'as gagné. Je te laisse l'honneur de m'avoir dans ta maison.
Elle rit et retira sa robe, imitée par Vanitas. Elle les plia avec soin et les rangea dans sa garde-robe qu'elle ferma à clé, puis cacha ladite clé dans le double-fond d'un de ses tiroirs.
— T'as peur qu'on te vole tes soutien-gorges ? se moqua Vanitas en la regardant faire. T'inquiète, ils sont tellement moches que personne en voudrait.
— Ma mère passe son temps à me piquer des trucs. Je prends juste mes précautions.
Elle s'étira en bâillant.
— Bon, tu veux faire quoi ?
— J'en sais rien, moi, rétorqua le garçon. C'est toi qui veux que je reste.
— Je crois me souvenir te devoir une revanche sur Mario Kart.
— T'es sûre de vouloir te frotter à moi ? Je te bas les trois-quart du temps.
— Je me suis beaucoup entraînée, figure-toi.
— Très bien, tu l'auras voulu.
— Ne fais pas trop ton malin ou tu vas pleurer en constatant ton échec.
— Ouais, ouais, cause toujours...
Ils descendirent, se préparèrent des snacks en tout genre et commencèrent à jouer leur honneur. Comme elle l'avait prédit, Kairi finit gagnante avec cinq victoires pour deux défaites. Nullement découragé, Vanitas la défia à d'autres jeux, et l'après-midi se mua bientôt en soirée, presque en nuit lorsque l'adolescent fut contraint de s'en aller.
Ils se dirent adieu et Vanitas rentra chez lui.
Sur le visage de chacun d'eux, un sourire à l'idée de ce que leur réservait la journée du lendemain. Une journée qui, sans aucun doute, promettait d'être intéressante.
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Ven se sentait nerveux.
À côté de lui, Hayner, Pence et Olette étaient en pleine discussion. Hayner, battu à plate couture par Seifer, cherchait une façon de prendre sa revanche – loyalement, bien sûr. C'était sa façon de faire.
— Si je le provoque encore en duel, il va croire que je le cherche, disait Hayner en secouant la tête. Ça ferait trop insistant. Non, il me faut un truc plus « officiel », un truc pour l'humilier en public, mais gentiment. Tu vois ce que je veux dire ?
— Je vois, mais je n'ai pas vraiment d'idées de ce que tu pourrais faire..., répondit Olette, pensive.
— Il n'y a pas un petit tournoi de Struggle, bientôt ? demanda Pence.
Hayner réfléchit.
— Du Struggle ? J'en ai plus fait depuis l'été dernier.
— Et Seifer est bien entraîné, commenta Olette. À moins d'avoir un coup de chance, ça va être plutôt difficile.
— Ah, c'est trop compliqué ! Comment je suis censé récupérer mon honneur, dans ces cas-là ? Ven, t'as pas une idée ?
Celui-ci releva la tête, l'air perdu.
— Tu dors, ou quoi ?
— Pardon, je pensais juste à...
Il sentit son estomac se nouer à l'idée de la suite de la journée et préféra s'arrêter de parler.
— Je demandais si t'avais une idée pour que je batte Seifer à la loyale, expliqua Hayner.
— Pas vraiment, non... pourquoi tu tiens tant que ça à le battre, d'ailleurs ?
— Oh, question d'habitude, répondit Hayner avec un sourire. C'est comme ça depuis des années, on va pas s'arrêter en si bon chemin. J'arrêterai peut-être quand il cessera de se prendre pour le roi du monde !
— J'en connais un autre qui devrait arrêter de se prendre pour meilleur qu'il ne l'est, plaisanta Pence.
— Mais je suis meilleur que lui. T'es mon ami, ou quoi ?
— C'est justement pour ça que je te le dis.
— Allez, t'es vraiment pas cool. Bon, sérieusement...
— J'ai une idée ! s'exclama Olette. Tu vois le skatepark pas trop loin de l'hypermarché ? Il paraît qu'il va y avoir une petite compétition de skate, bientôt. Dans trois ou quatre semaines, si je me souviens bien.
Hayner se redressa, une lueur d'intérêt dans le regard. Voilà qui lui parlait déjà un peu plus.
— Où t'as vu ça ? demanda-t-il à la brune.
— Mmh, je ne sais plus. Je crois que j'ai vu des affiches, en ville. Il doit bien y en avoir dans le coin.
— Ce serait parfait, rêva Hayner. Je me débrouille bien, là-dedans. Je suis sûr qu'il y a moyen que je lui mette la pâtée.
— On a qu'à aller chercher des affiches, alors, pour s'informer sur les inscriptions, proposa Pence.
— Ouais, on va faire ça, renchérit Hayner.
Il se leva et Pence et Olette l'imitèrent. Ven, lui, resta assis sur sa chaise, perdu dans ses pensées.
— Tu ne viens pas, Ven ? demanda Olette.
— Je ne peux pas. J'ai rendez-vous avec Vanitas, pour le travail...
Elle lui adressa un regard plein de compassion.
— Désolé, mon pote, dit Hayner en lui posant une main sur l'épaule. Courage. Ça passera plus vite, si tu penses à autre chose.
— À plus, Ven, le salua Pence. Souhaite un bon rétablissement à Roxas de ma part.
— Je le ferai, assura-t-il. À plus tard, les gars.
— Bye bye !
Ils sortirent du fast-food en lui adressant un signe de la main.
Ven posa son front sur la table et ferma les yeux. Il n'avait aucune envie de travailler avec Vanitas, pas aujourd'hui. Pourquoi avait-il fallu que Sora choisisse ce moment-ci pour avoir un accident ? Il se sentait un peu coupable de penser une chose pareille, mais se retrouver seul à seul avec Vanitas, même en public, le mettait effroyablement mal à l'aise.
D'après Riku, Sora avait quitté l'hôpital depuis quelques jours, mais un horrible mal de crâne le clouait au lit, l'empêchant par là de retourner en classe. Ven avait été rassuré d'apprendre la nouvelle ; il aimait bien Sora, ils étaient bons amis, et si le châtain était resté plus longtemps à l'hôpital, il serait venu lui rendre visite lui-même. Il n'avait pas eu le temps d'y aller, mais Sora était sorti et c'était le principal.
— Hé, Ven.
Il sursauta et se redressa vivement. Naminé lui adressa un sourire timide.
— Ah, salut, Naminé, dit-il sans savoir exactement ce qu'elle faisait là et pourquoi elle venait lui parler.
— Comment tu vas ? demanda-t-elle.
— Ça va, merci. Et toi ?
— Bien, bien. Je me demandais, tu n'aurais pas vu Olette ? J'ai besoin de lui parler, pour le travail, mais je ne sais pas comment la contacter.
Ah, c'était simplement ça. Ventus secoua la tête.
— Elle est partie il y a quelques minutes, lui annonça-t-il, désolé de ne pas pouvoir l'aider. Elle fait un tour en ville avec Hayner et Pence, alors je ne pense pas qu'on la reverra aujourd'hui.
Naminé prit un air embêté.
— Zut. On n'est nulle part, pour l'instant, et l'échéance se rapproche, alors... tu aurais son numéro ?
— Oui, bien sûr.
Ils sortirent tous deux leur téléphone portable et Ven dicta le numéro d'Olette à la jeune fille. Elle le remercia d'un signe de tête.
— Je vais essayer de la voir ce week-end, dit-elle. Et toi, ça avance bien ? Tu es avec qui, encore ?
Naminé dut voir son visage se décomposer, car elle eut un petit rire gêné.
— Vanitas, hein ? Pas de chance. Oblige-le à travailler, peut-être qu'il obéira sagement, pour une fois.
— J'y crois pas trop.
Et si sa paresse avait été le seul problème, Vanitas aurait été bien plus facile à supporter. Il se mordilla inconsciemment la lèvre inférieure.
— Bon... merci pour ton aide, fit Naminé. Je vais m'installer plus loin.
À peine avait-elle dit ces mots qu'une jeune fille aux cheveux noirs l'approcha discrètement par derrière et lui pinça la taille avec un sourire malicieux.
— Alors, on profite de mon absence pour draguer en public ? demanda la nouvelle arrivante.
Naminé se retourna et l'embrassa sur la joue.
— Déjà là ? s'étonna-t-elle.
— Ça t'ennuie ?
— Certainement pas. Au fait, voici Ven. On est dans la même classe, lui et moi.
La fille lui adressa un sourire.
— On s'est déjà rencontrés, n'est-ce pas ?
Ven lui rendit son sourire. Il l'avait tout de suite reconnue. C'était la jeune fille à qui Roxas avait tenté de faire la cour, dans le métro, quelques jours plus tôt. Comment s'appelait-elle ? Xion ?
— C'est vrai ? Où ça ? demanda Naminé.
— Dans le métro. Toi (elle se tourna vers Ven) ou ton frère m'avais fait du rentre-dedans en pleine heure de pointe. Quelle idée.
— Ça, ça ne peut être que Roxas, commenta la blonde.
Elle échangea avec Ven un regard entendu.
— Il est comme ça, dit Ven. Même si je le regrette un peu.
Ils rirent tous les trois et, après quelques mots, les deux jeunes filles prirent congé et partir s'installer à l'autre bout de la salle. Pendant un instant, Ven se demanda s'il était possible que Naminé soit la petite-amie que Xion avait évoqué dans le métro, l'autre jour. Il les observa pendant quelques secondes, puis détourna les yeux. Après tout, c'était leur problème, et il n'en avait pas grand chose à faire. Il partit s'acheter à boire et revint à table en regardant autour de lui d'un air nerveux.
Malheureusement pour Ven, il ne resta pas seul bien longtemps une poignée de secondes plus tard, un garçon entra dans le restaurant, un sourire conquérant planté sur les lèvres. Il repéra bien vite son collègue de travail et s'avança vers lui d'un pas assuré. Pendant un instant, Ven souhaita disparaître sous terre. Il n'était pas prêt à faire face à pareille situation. Jamais il ne pourrait tenir plus d'une demi-heure avec lui.
Vanitas s'assit en face de lui et l'observa longuement, le menton posé sur le dos de ses mains jointes.
— Hum, salut, fit Ven, déjà terriblement mal à l'aise.
— Bonjour, Ventus.
Le sourire de Vanitas s'agrandit. Il prenait un plaisir évident à prononcer son nom, pour une raison que Ven ne parvenait pas à saisir. Ce dernier retint un soupir. Voilà une fin d'après-midi qui promettait d'être longue. Très longue.
Enfin, Vanitas regarda autour de lui.
— Tiens, Roxas n'est pas là ? dit-il, faussement étonné. Je pensais qu'il devait rester avec toi.
— Il est malade, répondit Ven.
— Malade, hein ? Qu'est-ce qu'il a, une gastro ?
— Il y en a pas mal qui courent, ces derniers temps.
Contre tout attente, Vanitas eut soudain l'air ahuri.
— Sérieusement ? Il a une gastro ?
Ven lui lança un regard perplexe.
— Euh... oui. En quoi ça t'intéresse ?
— Ça alors.
— Ce n'est pas tellement étonnant, la moitié de l'école est atteinte.
— Mon Dieu, c'est pire que ce que je pensais. Bref, se reprit-il, l'air tout de même troublé, nous avons de quoi faire, non ?
Ven soupira.
— Oui... j'ai amené de la documentation, si tu veux.
— Ça va, sourit Vanitas, j'en ai déjà.
Le blond resta sceptique.
— Tu en as ?
— J'ai passé ma soirée à chercher, figure-toi.
Il lui adressa un clin d'œil et sortit des documents imprimés de son sac.
— Oh... dit-il en feuilletant le paquet. Cool. Merci.
Il était sincèrement étonné. Peut-être l'affaire ne serait-elle pas aussi compliquée que prévue. Il ne pensait pas que Vanitas aurait travaillé dans son coin.
Il devait être plus sérieux qu'il ne le paraissait.
— Mais je t'en prie, répondit celui-ci avec un sourire en coin. C'était un réel plaisir.
Le blond en doutait, mais il fit l'effort de lui sourire en retour. Les yeux ambrés de Vanitas s'illuminèrent d'une drôle de façon. Il tenta de l'ignorer et reporta son attention sur les documents.
— Tu les as tous lus ?
— Juste la moitié.
— C'est déjà pas mal, le rassura Ven.
Vanitas ne lui répondit pas et se contenta de le regarder, un sourire gravé sur le visage.
La façon dont il le regardait donnait au blond d'étranges frissons dans le dos. Il n'y avait qu'à lui qu'il réservait ce regard-là, il n'était pas suffisamment aveugle pour ne pas l'avoir remarqué. Y penser lui laissa la gorge sèche. Il se sentit faible et se força à ne plus relever les yeux pour garder contenance.
Il commença à lire les textes sans vraiment y prêter une quelconque attention, ses pensées rendues confuses par le regard qui, il le savait, était encore posé sur lui, prêt à le prendre en otage. Après quelques minutes, il redressa la tête. Vanitas ne le regardait plus. Comme lui, il était plongé dans sa lecture, les sourcils froncés. Il tourna la page sur laquelle il était occupé et leurs regards se croisèrent un court instant, juste assez pour que le malaise s'empare à nouveau de Ventus et qu'il se sente obligé de détourner les yeux.
— C'est bruyant, ici, constata Vanitas. J'ai du mal à me concentrer.
— Oh... oui, c'est vrai. Ce n'est pas l'endroit idéal, mais...
— On devrait se trouver un endroit plus calme, Ventus. Un endroit où personne ne viendrait nous ennuyer.
Son air avide donna à Ven des frissons dans le dos. Voilà une proposition qu'il était hors de question d'accepter. Il secoua la tête.
— Mon père doit venir me chercher ici tout à l'heure, alors...
— Tu n'as qu'à le prévenir.
— Il vaut mieux pas.
— Il se mettrait en colère pour ça ?
— Non, mais...
— Je n'habite pas si loin d'ici, tu sais, susurra Vanitas, un nouveau sourire sur les lèvres.
Chez lui ? Il était déjà suffisamment étrange et inquiétant en public, et Ven n'avait pas la moindre envie de savoir ce qu'il en était en privé. Il chercha une excuse pour refuser.
— Ça ne prend que quelques minutes à pied, continua l'autre. Tu pourrais retourner ici à temps pour que ton père vienne te chercher. Qu'est-ce que tu en dis, Ven ? Ce serait beaucoup simple. Pour se concentrer, tu comprends.
Oh oui, il comprenait. Et c'était exactement la raison pour laquelle il ne voulait pas bouger d'ici.
— Je préférerais qu'on reste ici... dit-il à voix basse.
— Pourquoi ?
Ven ne répondit pas. Vanitas plissa un peu les yeux, puis son sourire s'agrandit.
— N'aies pas peur, Ventus. Je ne vais pas te faire de mal. Je ne suis pas du genre à séquestrer mes camarades de classe.
Ven s'éclaircit la gorge tandis qu'un nouveau frisson désagréable lui parcourait l'échine.
— Ce n'est pas... c'est juste que...
— Ne t'inquiète pas. Restons ici, si tu y tiens vraiment.
— Merci, dit Ven avec soulagement.
Son vis-à-vis ne lui répondit pas et replongea dans sa lecture sans cesser de sourire. Indécis, Ven reprit lui aussi ses activités. Le temps d'une seconde, il se demanda à quoi Vanitas pouvait bien penser, avant de se rendre compte qu'il n'avait certainement aucune envie de le savoir. L'ignorance était un cadeau, dans certaines situations. Et il valait mieux, dans celle-ci, qu'il en reste ainsi.
Lorsqu'ils eurent terminé, ils se mirent à discuter des suites de leur travail. Vanitas s'adressant à lui plus ou moins normalement, Ven sentit comme un poids s'échapper de son estomac. Il s'autorisa même à sourire et à plaisanter, ce qu'il n'aurait pas osé faire une heure plus tôt à peine.
Il était dix-huit heures trente quand un homme entra dans le fast-food en semblant chercher quelqu'un des yeux. Ven lui adressa un signe et rangea ses affaires.
— Le temps passe vite, remarqua Vanitas en le regardant faire.
Ven haussa les épaules.
— Quand on est occupé, c'est sûr. Mmh... j'y vais, du coup. Au revoir.
— Attends une seconde.
Ven s'immobilisa, indécis.
— Tu veux mon numéro de téléphone ? continua Vanitas. Ce serait plus simple, pour se contacter, tu sais.
Quelque chose dans les yeux de l'adolescent lui disait que ce n'était pas une très bonne idée, mais le blond sortit son portable sans un mot. Ils échangèrent leurs numéros et rangèrent leurs téléphones.
— On se recontacte, alors, confirma Vanitas.
— D'accord...
— À la prochaine, Ventus.
— Ouais... à plus.
Il prit son sac et hésita à partir, comme s'il avait la sensation de devoir ajouter quelque chose, que la conversation n'était pas terminée. Il lui adressa un vague signe de tête auquel Vanitas répondit par un sourire qui lui fit froid dans le dos.
Ils ne tarderaient pas à se revoir, et la prochaine fois, il aurait du mal à le convaincre de ne pas le voir en privé. Cette épreuve-là serait d'un tout autre genre, et il l'appréhendait déjà.
Ven se détourna enfin et sortit du restaurant avec une étrange impression de défaite.
Pour info, et si je respecte mon plan, cette fanfic devrait faire 8 chapitres, peut-être 9. Pas bien longue, donc.
Merci pour votre lecture, et à la prochaine !
PS : reviews ? :3 je vous offrirai des bonbons pour vous remercier.
