Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Merci à Aangelik pour sa correction !
Merci à Alamane-kun, Philou, Isis Nephtys, Paquerette-san, Harya et Cheschire pour leurs reviews (et mises en follow et favoris pour Cheschire).
Philou : Hello ! Merci pour ta review et ton soutien !
Paquerette-san : Merci pour ta review !
Et maintenant, place à la fiction !
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Cinquième partie : Animagisme, part 1
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Chapitre 24 : Le 20 août
« - Rattrapez ce chat ! »
Stoik soupira en voyant Krokmou, le nouvel animal de compagnie de son fils, entrer par la chatière toute neuve tel une furie, un poisson dans sa gueule et probablement un pêcheur à ses trousses. Moins d'une minute plus tard, alors que l'on tambourinait à sa porte, Stoik sut qu'il avait vu juste.
« - Bonjour Henrik. Que puis-je pour toi ? demanda-t-il au vieillard qui se tenait sur son perron.
- Le chat de ton fils vient de voler mon poisson. Une magnifique truite !
- Je vois.
- J'aurais pu la vendre au moins cinq mornilles sur le marché !
- Cinq mornilles, tu dis ? »
Fouillant dans la bourse qu'il portait toujours à sa ceinture, le père d'Harold en tira cinq pièces d'argent. Ce chat commençait à lui coûter cher.
« - Et même six ! s'exclama le vieil homme en voyant les pièces.
- N'exagère pas, Henrik. »
Refermant la porte derrière l'autre homme, Stoik lâcha un soupir. Puis se décida à monter les marches menant à la chambre de son fils.
« - Harold ? Je peux entrer ?
- Oui ! » répondit l'adolescent depuis l'autre côté de la porte.
Poussant cette dernière, Stoik découvrit son fils, plongé en pleine lecture, qui caressait distraitement son chat.
« - Harold, as-tu vu ce que ton chat mange ?
- Ce qu'il… ? Krokmou ! Où est-ce que tu as été chercher ça ! s'exclama le plus jeune en remarquant ce que mangeait le félin.
- Il a été le voler dans les filets du vieux Henrik. C'est la quatrième fois depuis le début du mois. Il commence à me coûter cher.
- Vilain chat ! Vilain méchant chat !
- Dis, tu m'écoutes ?
- Quoi ? Ah, oui, oui. J'irai m'excuser auprès du pêcheur demain, d'accord ?
- Et pourquoi pas tout de suite ?
- Je dois y aller ! J'ai rendez-vous au chemin de Traverse à 11h ! »
Ah, oui, le rendez-vous au Chemin de Traverse. Le 20 août à 11h. Il semblait bien à Stoik qu'il y avait quelque chose aujourd'hui.
« - Bien. Mais je veux que tu y ailles dès demain. Et il va falloir trouver une solution.
- Oui Papa. Bon, je te laisse. Je devrais revenir vers 17h, normalement. »
Attachant son chat à l'intérieur de son sac grâce à un système de sangles, Harold attrapa son manteau, jeta une poignée de poudre de cheminette dans l'âtre avant de disparaitre, laissant son père seul.
« Il grandit », se dit Stoik. Et il n'était pas vraiment sûr de s'en réjouir.
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« - Et donc, Ragnok Pattes-de-Poule prit la tête de la banque Gringott's après avoir fait assassiner les quatre autres prétendants au titre », poursuivit Élinor.
Ayant fini de noter les informations principales de la leçon du jour au tableau, la sorcière se tourna vers sa fille… Pour la découvrir en train de dormir ! Nom de dieu, qu'est-ce qu'elle ne donnerait pas pour que sa fille grandisse un peu. Certains jours, Élinor avait l'impression de donner cours à une fillette de 8 ans.
« - Mérida ! s'exclama-t-elle.
- Hein ? répondit sa fille en relevant la tête brusquement. Qu'est-c'qui s'passe ?
- Jeune fille, peux-tu me répéter ce que je viens de dire ?
- Ah euh… Je, je crois que c'était Bartok-trois-yeux qui…
- J'ai fini l'histoire de Bartok il y a une bonne demi-heure, Mérida.
- Oh…
- Oui, « Oh ». »
Soupirant, Élinor se laissa tomber sur sa chaise, sans pour autant s'affaler, noblesse oblige.
« - Je sais parfaitement que l'histoire de la Magie n'est pas la matière la plus intéressante, mais elle est nécessaire, Mérida.
- Mais nécessaire à quoi ? Et puis, on croirait entendre Binns : des gobelins, toujours des gobelins et ENCORE des gobelins ! Il ne se passe jamais rien d'autre que des révoltes de Gobelins ?
- Si. Mais comme tu dors toujours pendant mes cours, j'ai préféré parler de quelque chose qui m'intéresse. En l'occurrence, les révoltes des Gobelins. »
Cela pouvait paraître étonnant, mais Élinor appréciait réellement étudier les gobelins : Il était difficile de trouver des humains aussi inventifs en matière d'assassinats et de stratégies familiales sanglantes. Chacun ses intérêts, après tout.
« - Bon, reprit-elle, il va être 9h, il serait temps de partir si nous voulons arriver à temps.
- Mais maman… Pourquoi devons-nous prendre le carrosse ? Je pourrais très bien aller au Chemin de Traverse en cheminée. Et vous n'auriez même pas besoin de m'accompagner !
- Nous en avons déjà discuter, Mérida. Notre famille s'est toujours rendue au Chemin en carrosse depuis des lustres. Et de plus, j'aimerai pouvoir rencontrer ces fameux amis. »
Coupant court à la conversation, la Lady attrapa sa cape avant de se diriger vers la cours, suivie par sa fille qui maugréait dans sa barbe inexistante.
Deux heures plus tard, vers onze heures moins cinq, les deux sorcières étaient assises à une des tables du Chaudron Baveur, qu'Élinor avait discrètement nettoyée d'un coup de baguette, une boisson non-alcoolisée devant chacune d'elles.
Les deux étaient silencieuses. La plus âgée, de la même manière que quelques mois plus tôt, se demandait comment elle devait agir. Oui, elle savait plus ou moins comment faire avec la jeune Raiponce, mais les deux autres amis de sa fille étaient des garçons. Devait-elle se comporter comme avec la jeune fille, ou être plus sèche ?
De son côté, Mérida redoutait un peu la rencontre. Enfin, Raiponce avait déjà été présentée et Harold avait cette espèce d'aura de premier de classe qui poussait les adultes à le croire raisonnable. Le problème restait Jack…
Perdue dans leurs pensées, la mère et la fille n'entendirent pas le bruit pétaradant significatif du Magicobus retentir dans la rue.
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Dans un bruit retentissant, le verre éclata.
« - Jack ! Je t'ai déjà dit de ne pas tester cela sur mes beaux verres !
- Mais m'man… Tu veux que j'essaye ça sur quoi ? Oncle Cygnus m'a dit de m'entrainer, je vais me faire tuer si j'arrive pas à maîtriser l'exercice. »
Tatiana, râlant, répara le verre d'un coup de baguette. Heureusement que le sortilège de réparation ne demandait pas énormément de puissance, car ce geste, elle l'avait mainte fois répété au cours des derniers jours. En effet, Edward trouvait que Jack pouvait maintenant mobiliser un niveau de magie élémentaire assez important, mais qu'il manquait de contrôle. Il lui avait donc assigné comme devoir d'essayer le plus souvent possible de s'entrainer à refroidir de l'eau, suffisamment pour qu'elle produise de la condensation mais pas assez pour qu'elle se transforme en glace.
Le hic, c'est que Jack n'était effectivement pas capable de doser la puissance. L'eau gelait donc d'un coup, faisant éclater le verre. Une quinzaine de fois par jours, environ.
D'autorité, la jeune femme rangea le contenant dans l'armoire avant de se tourner vers son fils.
« - Va t'occuper des petits, s'il-te-plaît. Je pense que Valéry doit avoir fini son cahier d'exercice, alors regarde s'il n'a pas fait de fautes.
- Je pars dans même pas une demi-heure !
- Ce qui est largement suffisant pour vérifier quelques additions.
- Mais je dois me préparer !
- Te préparer ? C'est un rendez-vous galant ? Mon petit garçon aurait-il une amoureuse ?
- Je sors juste avec des potes. Mais je vais pas y aller complètement crapé, non plus ! Je regarderai les exercices de Veilleuse en rentrant, ça va ?
- Oh, très bien. Mais dans ce cas, va raser ta moustache ! Je ne t'ai pas acheté un rasoir pour faire joli.
- Ça se voit presque pas…
- Tu dis ça parce que tu as l'habitude de la voir. Va te raser ! »
Tournant dans la sauce du repas de midi, Tatiana « Tooth » Overland réfléchissait. Elle avait un peu hésité avant d'acheter le rasoir à Jack. Parce que faire ça, c'était apporter une preuve de plus que son petit garçon devenait un jeune homme. Elle avait l'impression que c'était hier qu'il tirait sur la barbe de North en demandant pourquoi il avait des cheveux sur le menton.
D'ailleurs, cela avait été plutôt comique de regarder le vieil homme tenter d'expliquer à Jack comment se raser, alors que lui-même n'avait pas coupé sa barbe depuis bien vingt ans, exception faite de la visite annuelle chez le barbier. Au final, il avait abandonné et était parti chercher Sandy, un vieil ami, qui avait mis dix minutes à montrer la manière de faire à l'adolescent. Nostalgique, la jeune femme se fit la remarque que normalement, cela aurait dû être à Elliot, le père de Jack, d'apprendre à son fils à se servir d'un rasoir. Comme souvent, Tooth laissa son regard dériver sur la photo de famille du buffet, la seule où ils étaient tous les cinq, North, Emma, Jack, Elliot et elle.
Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas son fils dévaler les marches de l'escalier.
« - J'y vais m'man ! J'rentre vers 16-17h.
- Tu as bien pris la clef du coffre ? N'oublie pas : le strict nécessaire.
- Pas de problèmes ! À tantôt ! »
Et sur ces mots, il claqua la porte.
« - À tantôt », dit Tatiana, sa voix résonnant dans le vide.
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« - Tu n'iras pas !
- Mère, nous en avons déjà parlé. Si vous ne voulez pas me conduire, je peux aller avec la cheminée.
- Hors de question que tu rentres la dedans ! Tu pourrais te brûler ! s'exclama Gothel, à mi-chemin entre le cri et le geignement.
- Eh bien transplanez avec moi, alors, répondit Raiponce. Vous pourrez même rencontrer mes amis. »
« Mes amis ». Gothel n'en revenait pas d'entendre sa fille parler comme ça. Qui avait besoin d'amis ? Non, tout ce dont sa fille avait besoin, c'était d'être à l'abri. Et elle ne le serait certainement pas avec ces sauvages qu'elle qualifiait d'amis.
« - J'ai dit non, Raiponce.
- Vous aviez dit oui la semaine passée ! »
Effectivement, la sorcière devait le reconnaître, elle avait pris pour bonne résolution de laisser un peu plus de liberté à sa fille, vu que cette dernière avait prouvé qu'elle était capable de garder le Secret. C'était beau, en théorie. Seulement, quand il fallait passer à la pratique, l'angoisse la prenait à l'idée que sa précieuse enfant s'aventure seule à l'extérieur. Évidemment, elle le faisait aussi à Poudlard, mais le vieux Château n'était-il pas l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne ?
« - Eh bien j'ai changé d'avis !
- Mère, s'il-vous-plaît… »
Vivement, Gothel tourna le dos à sa fille. La sorcière connaissait bien la propension de son enfant à utiliser les yeux de chiens battus dans l'espoir d'obtenir ce qu'elle voulait.
« - Raiponce, comprends-moi… Le Chemin de Traverse est dangereux !
- Mais non, je vous assure ! Et je n'y vais pas seul. J'ai même un membre du clan Frost avec moi ! »
Là, Gothel devait reconnaître la justesse de l'argument. Les Frost étaient connus comme d'excellents gardes du corps, même si ils ne l'étaient plus « officiellement » depuis la dernière guerre. Elle-même avait d'ailleurs profité de la protection d'Edward Cygnus dans sa jeunesse. Et d'après ce qu'elle savait, ce même Cygnus avait repris la formation des jeunes membres après le décès d'Elliot Overland. Peut-être que…
« - Bien. Mais j'exige que ce jeune homme reste en permanence avec toi durant la journée. Et je veux le rencontrer !
- Oh merci, Mère ! »
Bougonnant quelque peu, Gothel regarda sa fille attraper son manteau, puis courir à l'étage chercher quelque chose qu'elle avait apparemment manqué d'oublier.
Avisant le miroir qui ornait le mur de l'entrée, la sorcière fixa d'un œil mauvais le reflet ensorcelé, qui lui indiquait d'une manière obscène les rides qui commençaient à se marquer au coin de ses yeux. Décidemment, entre ça et sa fille qui se mettait à grandir un peu trop, l'univers entier semblait vouloir lui indiquait qu'elle prenait de l'âge. Si seulement elle parvenait à trouver…
« - Je suis prête ! »
Sortant brusquement de ses pensées, la plus âgée se tourna vers sa fille, maintenant habillée des pieds à la tête et portant un livre sous le bras.
« - Eh bien, allons-y, alors. »
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Quand les deux Tower arrivèrent au Chaudron Baveur, la salle était pleine, comme à son habitude. On y croisait des sorciers ainsi que quelques Gobelins de Gringott's, mais aussi des créatures plus inattendues, comme des harpies, des vélanes venues de l'Europe de l'est et même des créatures difficilement identifiables que Raiponce ne put classer autrement que comme « trucs ». Bref, tout ce qu'il fallait pour faire froncer le nez à sa mère.
Au milieu de tout cela, se dressait une petite table où siégeait une assemblée plutôt disparate, que Raiponce identifia immédiatement, notamment grâce à la tignasse blanche de Jack et au rire bruyant de Mérida.
« - Salut tout le monde ! s'exclama la blonde une fois près de la table.
- Ah, salut Raiponce, répondit Jack. On se demandait si tu allais venir.
- J'ai eu un petit contretemps, mais me voici ! Et je vous présente ma Mère : Gothel Tower. »
Voyant cette dernière se contenter d'un hochement de tête plutôt sec, Raiponce retint un soupir. Sa mère n'était décidemment pas très sociable. À se demander d'où elle tenait son propre caractère, tiens.
Heureusement, la propre mère de Mérida ne sembla pas affectée par cette froideur, probablement habituée à celle caractéristique des femmes de la haute société sorcière.
« - Enchantée, Mrs. Tower. Je me dois de vous féliciter pour l'éducation de votre fille : j'ai rarement vu une demoiselle aussi bien élevée. »
Voyant sa mère se détendre, elle la laissa papoter, pour autant que ce terme puisse être associé à Élinor Dunbroch et Gothel Tower, et se tourna vers ses amis.
« - Ça a été pour convaincre vos parents ?
- Il a suffi que je dise à ma mère qu'elle ne devrait pas prendre le magicobus cette année et c'est limite si elle ne m'a pas poussé vers la sortie, répondit Jack.
- Mon père n'a pas posé de problèmes non plus, dit Harold.
- Vous avez eu de la chance, geignit l'autre fille du groupe. J'ai dû monnayer ma sortie en assistant à encore PLUS de cours sur les gobelins. Et en plus, il a ab-so-lu-ment fallu venir avec le carrosse. Je vous dis pas la gêne. »
Écoutant ses amis discuter entre eux avec énergie, Raiponce se rendit compte à quel point ils lui avaient manqué. Bien sûr, elle avait déploré dès le début des vacances de ne plus les voir, mais c'était pour des choses plus pragmatiques : cela empêchait le projet d'avancer, elle ne pouvait plus parler potion avec Jack, rire des bêtises de Mérida ou simplement s'asseoir dans le parc et ne rien faire avec Harold. Mais maintenant qu'elle était devant eux, elle se rendait compte qu'il y avait plus. Elle retrouvait avec bonheur l'odeur d'hiver qui émanait de Jack, l'accent écossais de Mérida qui écorchait certains mots et le sourire doux qui ornait les lèvres d'Harold quand il caressait le pelage de Krokmou.
Il y avait aussi les mystères qui les entouraient : le caractère changeant du Serpentard, le clown tantôt gentil tantôt cruel. L'attitude bizarre de son amie rousse, qui sursautait parfois, comme si elle voyait des choses effrayantes. La drôle de sensation produite par le Gallois du groupe, qui semblait influer sur tout ce qui était où avait été vivant, comme la table qui irradiait d'une énergie douce et chaude depuis qu'il s'y était accoudé.
Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas que sa mère avait fini de discuter avec celle de son amie et s'approchait maintenant de Jack.
« - Vous êtes Jack Frost, n'est-ce pas ? demanda-t-elle.
- Euh… Overland, en fait.
- Je me fiche de votre famille. Seul votre clan m'intéresse. J'ai été sous la protection de votre oncle il y a bien longtemps. Je connais donc vos capacités et s'il arrive quoi que ce soit à ma fille, je vous tiendrai comme responsable. Compris ?
- Ou-Oui Madame, bredouilla le jeune garçon.
- Bien. Raiponce, je viendrai te chercher à 17 heures précises. Si tu n'es pas là, gare à toi. »
Et sur ce, elle ressortit de la taverne.
« - Il est temps pour moi aussi d'y aller, les enfants. Mérida, tu as bien ta clef de coffre ?
- Oui maman, répondit distraitement la jeune fille, encore un peu choquée par l'intervention de Gothel.
- Je rentre en cheminée, tu utiliseras le carrosse. J'ai demandé à Tom de garder un œil dessus. D'accord ? »
Mérida hocha la tête. Apparemment satisfaite, Élinor fit demi-tour, attrapa une poignée de poudre de cheminette et s'engouffra dans le feu devenu vert.
Allant voir Tom, le barman, elle lui demanda poliment d'ouvrir le passage vers le Chemin de Traverse. Le commerçant lui fit signe de le suivre, ce qu'elle fit en entraînant ses trois amis, jusque dans l'arrière-cour du Chaudron Baveur, face à un mur de briques rouges.
Tapotant les briques dans un ordre précis, le vieil homme dégagea l'entrée de l'allée marchande avant de se tourner vers les quatre adolescents qui attendaient derrière lui.
« - Et voilà les jeunes. Quand vous voudrez rentrer, il vous suffira de faire sonner la cloche, ok ?
- D'accord, répondit Raiponce, apparemment la seule qui n'avait pas été perturbée par l'intervention de sa mère.
- Passez une bonne après-midi ! »
Et sur ces mots, le barman retourna dans son café.
Voyant que les autres ne réagissaient toujours pas, elle les interpella.
« - C'est bon ? Vous vous remettez ?
- Tu te rends compte que ta mère m'a menacé au cas où je ne te protègerais pas efficacement ? répondit Jack.
- Bah, elle est juste un peu surprotectrice.
- « Un peu » ? s'étonna Mérida. Je trouvais ma mère un peu grave, mais la tienne a la palme ! »
Sentant que ses amis n'allaient pas se laisser convaincre par rapport à la normalité de la réaction de sa mère vis-à-vis du caractère de cette dernière, elle haussa simplement les épaules.
« - Bon, on commence par quoi ? »
Raiponce ne fut pas surprise de voir Harold se redresser. Elle comptait plus ou moins sur lui pour avoir un plan de route.
« - Je… J'avais pensé commencer par aller à Gringott, puis dîner, obtenir toutes les fournitures dont on va avoir besoin, histoire d'être sûr d'avoir ce qu'il faut pour la rentrée, et finir par les ingrédients. Si on ne traîne pas trop, on devrait aussi pouvoir manger une glace chez Fortarôme.
- Les ingrédients ? s'étonna Jack. Je pensais que tu pouvais tout trouver dans la Forêt ? »
Harold lança à son camarade un regard blasé. Et dire que ce dernier était l'expert en potions de son année.
« - Il y a certains ingrédients qui viennent d'Afrique, Jack. Tu penses sérieusement trouver un nid de Runespoor à Poudlard ? Ou un troupeau de chèvre, histoire d'en éventrer une pour un bézoard ? Mais ne t'inquiète pas, ceux que l'on va acheter ne devraient pas coûter trop chers. Pour les autres, j'ai pensé à une solution gratuite.
- Laquelle ? demanda Mérida.
- Vous verrez bien à Poudlard. Bon, on y va ? Sinon, la banque va fermer pour l'heure du midi. »
Le Poufsouffle regarda avec amusement Mérida et Jack se mettre à marcher d'un pas rapide, de peur de ne pas avoir de sous et de devoir attendre 14h pour pouvoir manger. Alors qu'il marchait un peu en retrait, Raiponce en profita pour lui demander :
« - Krokmou s'habitue à sa forme de chat ?
- Plutôt, oui. Il se comporte comme un vrai, en tout cas : il dort les trois quarts du temps et préfère aller voler du poisson sur le marché plutôt que de manger celui que j'achète.
- Tu crois qu'on pourrait le laisser sous cette forme pendant l'année ? Ce serait quand même plus facile pour toi, dit Raiponce en gratouillant la tête de l'animal, qui pointait par l'ouverture du sac.
- J'y ai pensé, mais l'auteur du livre de têtologie dit qu'il est déconseillé de laisser un être plus de quatre mois sous une forme qui n'est pas la sienne. Plus on attend, plus il aura du mal à retrouver sa forme normale.
- Donc ?
- Donc il va falloir s'en occuper très vite. »
La conversation s'arrêta là, car ils venaient d'arriver à la banque des sorciers. Même si rien ne l'obligeait, tout le monde préférait diminuer le volume, voire se taire, quand on rentrait dans l'antre des gobelins. Il faut dire qu'un seul regard de ces Faes particulièrement belliqueux, surtout quand on en venait à parler d'or, aurait donné envie au plus bavard des humains de faire vœu de silence.
« - Euh… Bonjour » ? tenta Jack, une fois qu'il fut arrivé devant un comptoir.
Bonjour qui resta lettre morte, le gobelin continuant de transcrire des chiffres dans son épais cahier. Au moins deux à trois minutes plus tard, le Fae consentit à lever les yeux.
« - Que puis-je pour vous ?
- Nous aimerions accéder à nos coffres, s'il-vous-plaît », intervint Harold.
Le Gobelin les fixa de longues secondes par-dessus ses lunettes, avant de se remettre à parler.
« - Quels numéros ?
- 958.
- 763.
- 452.
- 546.
- Je vois. Bien, Hortik vous y mènera. »
Suivant le nouveau gobelin qui venait de s'avancer, les adolescents se retrouvèrent dans un wagon « modèle familial » qui les amena aux quatre coins de la banque, leurs coffres étant assez éloignés. Après une trentaine de minutes dans les montagnes russes, ce qui réjouit Raiponce, manqua de rendre malade Mérida et fit miauler de désespoir Krokmou, les quatre étudiants ressortirent enfin de la banque, la bourse plus lourde qu'à leur entrée.
Rapidement, ils trouvèrent un petit restaurant où manger pas trop cher tout en échangeant leurs souvenirs de vacances, avant de prendre la direction des magasins. Mérida, qui avait la liste, se tourna vers ses amis.
« - Bon, on va essayer de faire ça dans l'ordre. Personne n'a besoin d'aller chez Ollivander ? demanda-t-elle, avant de continuer après une réponse négative. Bon, alors chez le marchand de plumes et parchemins. »
Ouvrant la marche, l'Écossaise mena l'opération d'une main de maître. L'après-midi se déroula doucement, les achats se suivant les uns après les autres. Jusqu'à ce que…
« - Bon, maintenant, il nous reste la librairie, puis l'apothicaire.
- Bordel, vous avez vu tout ce que l'on doit acheter comme livre ? s'étonna Jack. »
Effectivement, en plus des livres habituels de Sortilèges, Métamorphoses, Potions et livres d'option, venaient s'ajouter pas moins de cinq livres pour la Défense contre les Forces du Mal. Des livres qui avaient tous quelque chose en commun : leur auteur.
« - Gilderoy Lockhart ? lu le Serpentard. C'est qui, lui ?
- Un auteur plutôt connu, répondit Harold. Qui a beaucoup de succès…
- Eh, il est plutôt pas mal ! intervint Raiponce.
- Auprès des filles, » termina le Gallois.
Effectivement, on pouvait reconnaître un certain charme à cet auteur. Plutôt grand, des cheveux blonds bouclés, il avait un sourire qui, à défaut d'être discret, était tout du moins rayonnant. Un sourire que l'on ne pouvait pas manquer, vu qu'il était étalé en grand dans tout le magasin « Fleury&Bott ».
« - Vous avez choisi le mauvais jour, les jeunes, dit le vendeur. Mr. Lockhart ne sera là que demain.
- Pardon ? demanda Raiponce.
- Oh, vous ne venez pas pour ça ? Désolé. Il y a eu une erreur d'impression et tout le monde croit que Lockhart fait sa séance dédicace aujourd'hui. J'ai bien dû éconduire une dizaine de personnes, aujourd'hui. Bon, que puis-je pour vous ?
- On voudrait ces livres. En quatre exemplaires, répondit Harold en tendant sa propre liste. Juste les matières principales, on se débrouillera pour les autres.
- J'vais vous chercher ça. »
Une fois tous les livres récupérés, les adolescents sortirent du magasin, des sacs heureusement pourvus de sortilèges d'allègement sous le bras.
« - Bon. Il ne reste plus que les ingrédients. Tu sais où aller, Harold ?
- Trois peuvent être achetés facilement chez l'apothicaire. Le dernier, il faudra aller dans l'Allée des Embrumes, dit Harold en baissant la voix. Tu as ce que je t'ai demandé, Raiponce ?
- Oui ! répondit cette dernière en ouvrant son sac.
- Pas la peine de les sortir maintenant, on finira par ça. Pour commencer, l'apothicaire. »
Comme chaque personne qui rentrait dans le magasin, les étudiants froncèrent le nez face au mélange d'odeurs de racines, d'organes de toute origine et de craie qui empestait tous les apothicaires. Pendant qu'Harold sélectionnait ce qu'il lui fallait en compagnie de Jack, les deux filles en profitèrent, ou du moins Raiponce en profita et tira Mérida avec elle, pour regarder la nouvelle étagère « Produits de beauté, soin de la peau et autres » que proposait le gérant. À vrai dire, c'était plus pour faire plaisir audit gérant dont les yeux faisaient sans cesse des allers-retours entre les filles et l'étagère depuis qu'elles étaient entrées, que par vraie envie. Parce qu'il fallait vraiment en avoir besoin pour se mettre de la crème anti-acné à base de foie de rat sur le visage.
Après qu'ils furent ressortis, les deux filles se penchèrent sur les achats du Poufsouffle.
« - Une mallette de potion de base ? Pourquoi tu as acheté ça ?
- Parce que deux des quatre ingrédients sont compris dedans.
- Oui mais ça t'a coûté plus cher, non ?
- Pas vraiment. Je finirai par avoir besoin de compléter la mienne, vu que je compte continuer potion après les BUSEs (1). Et les ingrédients sont individuellement moitié moins chers.
- Oh. Et l'autre ingrédient, c'est quoi ?
- Corne de bicorne. Il ne nous manque plus que des œufs de Runespoor, et c'est bon. Raiponce, tu nous conduis ?
- Ok. »
D'un pas décidé, la blonde s'engagea dans une des nombreuses ruelles du Chemin de Traverse. Une fois qu'elle fut sûre que l'on ne pouvait plus les voir depuis l'allée principale, elle s'arrêta et sortit de son sac quatre capes à capuche.
« - Bon, même chose que la dernière fois : on évite de parler et si c'est absolument nécessaire, essayez de modifier votre voix. N'oubliez, ici, avoir l'air suspect, c'est être normal. »
Ses trois camarades hochèrent de la tête, avant d'enfiler leur cape. Ainsi, quatre silhouettes sombres s'ajoutèrent aux nombreuses du même type qui hantaient déjà l'Allée des Embrumes. Au bout de quatre ou cinq minutes, les compères arrivèrent devant un autre apothicaire, à l'allure beaucoup moins engageante que le premier. Poussant la porte, Harold fit retentirent un carillon qui avait connu des jours plus glorieux et entra.
Sous ses yeux, des ingrédients beaucoup moins légaux que précédemment s'étalaient. Contrairement à son homologue du Chemin de Traverse, le gérant ne dit pas bonjour ni ne proposa son aide, se contentant de fixer ses clients.
Sans se démonter, les quatre étudiants se dirigèrent vers les étagères, où ils trouvèrent rapidement l'ingrédient recherché. Harold grimaça un peu devant le prix, mais attrapa quand même les œufs.
« - Tu es sûr qu'il n'y a pas d'autres moyens ? demanda Jack. C'est cher.
- Je sais. Mais c'est un ingrédient qui ne sert pas à grand-chose dans les potions communes, cela fait que l'école n'en commande pas sauf sur demande expresse du professeur de potion.
- L'école n'en commande pas ? Tu veux dire que tu comptes chiper les autres dans la réserve de Snape ? » demanda Mérida.
Sans répondre, Harold prit la direction du comptoir, où il déposa les ingrédients.
« - Deux gallions. »
Toujours muet, le jeune homme ouvrit sa bourse et en sortit deux pièces d'or. Puis, sans même saluer le vendeur, il attrapa le sachet et sortit, suivi par ses compères. Il attendit d'être ressorti de l'Allée pour parler.
« - Il était flippant ce gars ! s'exclama-t-il soudain.
- Attends, c'était pour ça que tu parlais pas ? se moqua Mérida. T'avais la frousse ?
- Oh, ça va, hein ! Tu l'as pas vu de près, toi.
- Moooon, pov' petit Harold…
- Il reste une petite heure, on va manger notre glace ? » dit Raiponce, coupant court à la dispute qui se préparait.
D'un commun accord, ils se dirigèrent donc vers l'échoppe qui se nommait « Florian Fortarôme », un marchand de glace connu pour ses parfums inattendus.
Une fois qu'ils furent installés devant leurs glaces, Harold en profita pour sortir un des livres nouvellement achetés.
« - Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda Mérida.
- J'ai jamais lu un livre de Lockhart. C'est juste pour voir comment il écrit. »
Avec un intérêt somme toute assez léger, les trois autres étudiants virent leur camarade démarrer sa lecture, avant qu'il ne lève un sourcil au bout d'une petite minute et qu'un sourire s'étale sur ses lèvres.
« - Qu'est-ce qu'il y a ? l'interrogea Jack un peu après, tout en prenant une cuillère de sa glace tomate-céleri.
- Je pense qu'il vaut mieux que je vous lise un passage pour que vous compreniez. »
« Habillé de ma chemise magenta et ma cape violet tendre sur mes épaules, je m'avançais dans le village terrorisé par la bête. Dieu que ces habitants avaient l'air terrifié. De leurs nez coulaient des torrents au point que je me dépêchais d'invoquer des mouchoirs en papier. Les pauvres hères me regardèrent comme un dieu avant de me remercier dans leur babil local, que je compris sans peine grâce au sort « Traducitacio Universalit », sortilège de mon invention. »
« - Et ? demanda l'autre garçon.
- « Traducitacio Universalit », ça ne veut rien dire. Et il passe déjà la moitié du chapitre que j'ai parcouru à décrire ses vêtements et la façon dont il est le meilleur. Si tout le bouquin est comme ça, l'année promet. »
Prenant un autre livre, Raiponce se mit elle aussi à parcourir le roman et en vint à la même conclusion : l'année promettait d'être divertissante.
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(1) Pour les néophytes d'Harry Potter, les BUSEs (Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire) sont des examens un peu semblables au bac (ou plutôt au CE1D, pour ceux qui connaissent), qui se déroulent à la fin de la cinquième année et qui permettent, entre autres, aux professeurs d'éliminer de leurs classes de 6 et 7ème année ceux qui n'ont pas le niveau. Je sais que nos zigotos ne sont qu'en quatrième, mais on va dire qu'Harold est prévoyant et qu'il y a un sort de conservation sur la mallette d'ingrédients.
Et j'ai découvert par hasard aujourd'hui (dimanche 28, jour de correction) que dans les livres, Lockhart avait fait sa séance de dédicace le 19 aout. Mais on va dire qu'ici, il l'a fait le 21.
Voilà. J'espère que vous n'êtes pas trop déçus d'avoir attendu deux semaines pour un chapitre où il ne se passe pas grand-chose, au final.
Au fait, on a atteint les 200 reviews ! Bon, cette fois, pas de concours ou de cadeau, vu que je n'ai toujours pas trouvé le temps d'écrire celui pour les 100 reviews (enfin, je l'ai commencé la semaine passée, il fait déjà 1000 mots et va continuer à s'étoffer). Juste un énorme MERCI !
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