Disclaimer : Square Enix, Disneyyy
Je sais même pas si je vous ai répondu car je suis nulle, mais si je ne l'ai pas fait : pardonnez-moi et soyez bénis pour vos reviews ;; Merci beaucoup.
— J'arrive pas à y croire.
Kairi bâilla à s'en décrocher la mâchoire et ne sortit les mains de ses poches que pour les frotter l'une contre l'autre en espérant y gagner un peu de chaleur. Vanitas, lui, observait l'entrée du lycée en serrant les dents.
Voyant qu'elle ne réagissait pas, il lui donna un coup dans l'épaule. Elle haussa simplement un sourcil.
— Quoi encore ?
— Quoi ? T'es aveugle ?
Elle se frotta les yeux et détailla la foule d'étudiants du regard.
— Sûrement, oui. Parce que je ne vois pas de quoi tu parles.
Irrité, Vanitas se plaça derrière son dos et attrapa son visage pour qu'elle regarde dans la bonne direction.
— Ah. Ouais.
— Ouais ? C'est tout ?
— Qu'est-ce que tu veux que je dise ? Sora est revenu, c'est cool ? J'en ai pas grand chose à faire.
— Tu captes vraiment rien, hein ?
Elle se dégagea brusquement de son emprise et croisa les bras.
— Oh non ! s'exclama-t-elle. Sora est revenu ! Il va me voler Ventus et je vais perdre mon pari ! Ouin, ouin. Sérieusement, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Au pire, ça m'arrange.
— Et s'il essaie de faire le travail avec lui ?
— Le travail est pour demain, au cas où, et vous l'avez terminé. Arrête de faire l'idiot, tu me les casses.
— Je casse quoi, exactement ? T'as que dalle, en bas.
— Je parlais de mes ovaires, imbécile.
La sonnerie retentit et ils suivirent la foule d'élèves qui en profitèrent pour entrer dans le bâtiment. À son grand désarroi, Vanitas perdit Sora de vue et continua à grommeler pendant toute la durée du trajet.
Il le retrouva devant la classe un peu plus tard en grande conversation avec Ventus. Pendant un court instant, il crut entendre prononcer son nom mais l'arrivée de leur professeur de français ne lui permit pas d'investiguer plus avant.
— Bien, le travail étant à remettre pour demain, je vous conseille vivement de vous installer par groupes et de peaufiner les derniers détails tant que vous le pouvez encore. N'hésitez pas à me poser des questions.
Ils ne se firent pas prier pour obéir et Ventus vint s'asseoir à côté de son partenaire sans en avoir l'air particulièrement ravi.
— Madaaame ?
Sora s'était approché du bureau et leur professeur leva les yeux vers lui.
— Oui ? Ah, Sora. Tu vas mieux ?
— Je m'en suis remis. Pour le travail...
— Comme tu n'étais pas là, tu en es dispensé, bien entendu. Tu peux profiter de cette heure-ci pour te remettre en ordre.
— J'aurais besoin d'aide.
— Regarde si certains groupes n'ont pas terminé, déjà. (Elle haussa la voix pour s'adresser à la classe au-dessus du brouhaha ambiant.) Y a-t-il des groupes qui ont terminé ?
Il y eut un silence et Ven leva timidement la main. Dépité, Vanitas serra les dents.
— Parfait, tu n'as qu'à aller près de Ventus. Je suis sûre qu'il pourra t'aider comme il faut.
— Merci !
Ni une ni deux, Sora attrapa une chaise vide et vint s'installer à côté de leur banc avec un large sourire. Ses yeux pétillants se posèrent sur Vanitas qui faisait de son mieux pour ne pas manifester son irritation.
— Salut, Van.
— Salut, marmonna-t-il.
Van ? Le surnom lui tira une grimace de dégoût. C'était une première, ça. La seule personne qui osait l'appeler comme ça était...
Les connexions se firent dans son esprit et il manqua de se laisser tomber sur le banc pour ne plus se relever ensuite. À la place, il garda un air à peu près impassible et regarda Sora dans le blanc des yeux. S'il avait quelque chose à dire, qu'il le fasse tout de suite.
— Vous avez déjà fini de travailler ? s'étonna Sora en sortant ses affaires. Quel sérieux.
— Au moins, c'est fait, répondit Ven avec un sourire.
Pourquoi lui souriait-il comme ça ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien trouver à cet imbécile ? Ventus ne lui réservait jamais ce genre de sourire, et si par hasard il le faisait, ça semblait toujours un peu forcé.
Vanitas posa le front sur la table. Encore une belle journée de merde qui commençait. Il n'était pas du tout d'humeur à se battre contre l'ordre du monde, aujourd'hui. Tant pis s'il devait supporter un retour de karma pour la journée.
— Tu es malade ? s'étonna Ven.
Cette question qui l'aurait d'ordinaire électrisé ne lui fit pas plus d'effet qu'une piqûre de moustique. Il répondit par un vague grognement. Interloqué, Ventus échangea un regard avec Sora.
— Laisse-le, fit ce dernier à voix basse. Il y a des jours comme ça.
Que le brun le comprenne aussi bien lui tordait l'estomac. Il ferma les yeux et décida d'ignorer la conversation ahurissante de futilités qui commença à se dérouler à côté de lui. Pendant de longues minutes, Ven et Sora ne parlèrent de rien d'autre que des cours que le revenant avait manqué et plusieurs fois Vanitas manqua de céder à l'appel du sommeil.
— C'est vrai que t'as eu un accident de voiture ? demanda soudain Ventus après un moment de silence concentré.
— Ah, oui ! C'est la première fois que ça m'arrive. C'était impressionnant, mais on n'a pas été si arrangés que ça, finalement. J'ai juste eu un coup à la tête, mais c'était pas grand chose. Ma mère était complètement indemne.
— Et ta tête ?
L'inquiétude profonde qui émanait de sa voix donna envie à Vanitas de s'en aller loin d'ici pour se noyer dans le premier étang qui croiserait son chemin.
— Oh, super, rien à redire. Plus de peur que de mal, comme ils disent, hein ? Comment va ta tante, d'ailleurs, Vanitas ? Ohé, Van ?
Il releva la tête avec lenteur.
— Ça va.
— Elle est vraiment gentille. Et drôle. Elle est venue me voir plusieurs fois, à l'hôpital, pour avoir de mes nouvelles.
Vanitas resta silencieux tandis que le regard de son voisin passait tour à tour de lui à Sora avec étonnement.
— Sa tante ?
— Ah, je ne te l'ai pas dit ? C'est elle qui nous est rentrée dedans.
Il avait dit ça sans intonation particulière mais Vanitas ne put s'empêcher d'y voir un reproche à peine voilé. Il fronça les sourcils pour répondre au regard interrogateur que lui lançait Ventus.
— Je n'étais pas au courant, se défendit-il. Je savais juste qu'elle avait fait un accident. Elle ne m'a pas raconté plus de détails.
— Oh, je m'en doute. Ne le prends pas mal, ce n'était pas contre toi.
— Ta tante... dit Ven. Pourquoi tu vis chez elle, en fait ?
Vanitas eut un faible sourire.
— Mes parents sont en taule.
— Quoi ? s'exclama Sora. T'es sérieux ?
— Non.
— Ah...
Il avait l'air presque déçu. Vanitas se redressa et s'étira.
— Non, ils sont à l'étranger.
— Et ils t'ont laissé chez ta tante ?
— Entre ça et passer un ou deux ans dans un pays où je pourrais pas péter un mot, je préfère encore me farcir ses séries à la con tous les soirs et être tranquille chez moi. Puis, changer d'école et toutes ces merdes ? Merci bien, je m'en passerai.
— Et la maison de tes parents ? demanda Ven.
— Louée.
— Ils ne te manquent pas ?
Pour ce qui lui semblait être la première fois, Ventus le regardait droit dans les yeux. Vanitas s'éclaircit la gorge. Pour une raison qu'il ne parvenait pas à saisir, il se sentait un peu gêné.
— J'imagine que parfois... mais ils reviendront bien assez vite, de toute façon.
Ventus voulut répondre quelque chose, mais la sonnerie interrompit leur conversation. Sans attendre, il réunit ses affaires et partit s'installer à l'autre bout de la classe. Sora, lui, restait immobile. Vanitas lui lança un regard plein d'animosité. Il n'arrivait pas à croire qu'il ait choisi un moment comme celui-ci pour se repointer en cours. À croire que c'était fait exprès.
— Je suis désolé que t'aies dû faire ce boulot à ma place. Enfin, j'avais un peu peur que Ven doive le finir tout seul, finalement, mais vu que t'étais là... c'est cool. Bon.
Il dodelina de la tête comme s'il cherchait quelque chose à ajouter mais parut en venir à la conclusion qu'il n'avait rien à dire de plus et partit s'asseoir à sa place d'origine, à côté de Riku.
— Malade, Vani ?
Kairi venait de s'installer à côté de lui et lui adressa un sourire radieux.
— J'ai l'air malade ? riposta-t-il avec mauvaise humeur.
— Qui aurait pu croire que le retour de Sora te ferait cet effet-là, ça alors ! Tu te fais vraiment du mal pour pas grand chose, mon grand.
— Qu'est-ce que tu fous là, à part ça ?
— Selphie me donne mal à la tête. Je me suis dit que venir t'embêter un peu pour le reste de la journée ne poserait pas de problème.
— Bah tiens.
— Quand je pense qu'on rend les travaux demain. Tu vas te sentir seul, non ? Ven n'aura plus aucune raison de s'approcher de toi.
— Je trouverai autre chose.
— Tu t'y crois à fond. T'as pas remarqué ? Il y a une barrière anti-Vanitas tout autour de lui. Je me demande si c'est dû au petit accident de dimanche.
— Tu te crois drôle, hein ?
— Un peu, oui. C'était drôle, d'ailleurs. Je ne sais pas si je préférais ta tête ou la sienne, pour le coup. Trop drôle.
— Je me vengerai, de toute façon.
— Bien sûr, oui.
— Et moi, au moins, j'ai pu entamer la discussion. Rappelle-moi où t'en es, avec l'autre con ?
— Pas bien loin, j'en ai peur, soupira-t-elle. Mais j'ai un plan, et il est bien meilleur que tous ceux que tu pourrais inventer.
— C'est ça.
— Tu ne me crois pas ? Tu verras bien. Je ne compte pas perdre ce pari.
— Je suis sûr que tu m'as balancé tout un tas de sorts pour t'éviter un échec trop évident. Tu sais que c'est de la triche, Kairi ? Au moins, moi, je la joue fair-play.
— Fair-play ? Comme si tu savais ce que ça veut dire ! Tu n'as juste pas eu l'occasion de mettre en place un de tes petits coups foireux. Et pour ton information, ajouta-t-elle avec un sourire, je n'ai lancé aucun maléfice sur toi. Tu es juste... malchanceux.
Elle lui tapota l'épaule en secouant la tête d'un air désolé.
— Ça va aller, Vanitas. Je serai là quand tu auras besoin d'une épaule pour pleurer.
— Retourne à ta place, au lieu...
Malheureusement, le professeur de géographie entra dans la salle et leur intima le silence. Kairi adressa à Vanitas un sourire sournois.
— Trop tard, dit-elle à voix basse. Tu ne te débarrasseras pas aussi facilement de moi.
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— T'as eu combien ?
Affalé dans le canapé, Vanitas adressa à sa meilleure amie un sourire mystérieux.
— Devine, dit-il.
— Six ?
— Non.
— Allez, dix, en comptant que Ven était avec toi ?
— Vise plus haut, t'es encore loin.
— Dix-neuf ?
— N'exagérons rien. Je suis un génie, mais pas à ce point-là.
— Au moins, tu le reconnais. Bon, fais pas chier, t'as eu combien ?
Il se passa une main dans les cheveux et prit quelques secondes pour faire durer le suspense.
— Dix-sept.
— Dix-sept ? Moi qui pensais que t'avais passé ton temps à baver sur ton partenaire de travail ! Tu m'impressionnes, je dois l'avouer, même si ça me fait mal de le dire.
— Je suis trop intelligent, qu'est-ce que tu veux. Tu t'en es sortie comment, toi ?
— Quinze.
— Pas mal non plus.
— Non... mais j'aurais dû insister pour corriger les parties de Selphie. Elle écrit vraiment comme un cul.
— Charmante comparaison.
— Elle mérite pas mieux, pour le coup. Enfin, ça aurait pu être pire. J'arrive pas à croire que t'aies eu plus que moi. J'imagine que Ven a fait le gros du truc.
— J'ai travaillé aussi.
— Mouais.
Il attrapa sa canette de soda et la vida d'un trait.
— En parlant de Ventus, reprit Kairi, t'as eu des nouvelles de lui récemment ?
Pour une fois, elle ne souriait pas en abordant le sujet. Vanitas haussa les épaules.
— Bof, pas vraiment. T'avais raison, je suppose. Il m'évite comme la peste. Et apparemment, lui et Sora sont devenus super potes.
— Le ciel t'en veut. Il fallait t'y attendre.
— Je lui ai rien fait, au ciel. S'il pouvait me laisser tranquille, ça m'arrangerait.
— Il te trouve trop con, en fait. Il essaie juste de te le faire comprendre gentiment.
Il lui envoya un coussin au visage et elle l'évita avec élégance.
— Ce genre d'attaque ne fonctionne plus contre moi depuis qu'on a onze ans, se moqua-t-elle en reposant le coussin dans le coin du divan. Je suis une pro.
— Je m'en fous, de toute façon. Je trouverai bien un moyen.
— On verra, on verra. On a toute la soirée devant nous, voire toute la nuit, autant la mettre à profit.
— Genre. Tu veux m'aider ?
Kairi lui adressa un sourire resplendissant.
— Évidemment que je veux t'aider ! Comment oses-tu douter de moi ?
— Je me le demande.
— Et puis... à vrai dire, c'est surtout que j'ai la flemme, en ce moment. Je veux dire, regarde-nous. C'est la Saint Sylvestre, on est que tous les deux, et on a déjà fini douze parties de Mario Kart. Il nous reste quoi ? On va quand même pas se remater encore l'intégrale d'Harry Potter.
— Je comprends pourquoi t'aimes tant ces films, d'un coup. Le côté démoniaque, j'imagine.
— Je n'arrive pas à croire que maman m'ait lâchée. Elle avait promis qu'elle n'irait pas à des resto louches avec des types rencontrés la veille au bar du coin.
— Tu le ferais aussi, si tu pouvais manger gratos. Je veux dire, entre ça et un mac do, y a pas photo. On devait pas commander des pizzas, nous ?
— C'est fermé, mec. C'est le nouvel an.
— On mange quoi, du coup ?
Kairi s'enfonça dans le divan et laissa échapper un long soupir.
— Je crois qu'on va devoir fouiller les armoires, comme l'an passé.
— Pourquoi tu m'as pas prévenu, aussi ? grommela Vanitas.
— J'en sais rien, j'ai oublié. Et puis j'adore t'affamer, c'est instinctif chez moi.
Il ne lui répondit pas et se dirigea directement vers la cuisine pour ouvrir le frigo. Il le referma après quelques instants.
— Rien, hein ? J'en étais sûre, ça fait deux jours qu'on marche aux restes. Regarde dans le congélo.
— Pareil, que dalle.
— Merde, elle tient vraiment à me faire mourir de faim. Tout ça parce que j'ai osé dire qu'elle avait des goûts un peu désuets en matière de déco. Elle voulait mettre des tentures à fleurs, qu'est-ce qu'elle voulait que je lui dise ?
Vanitas tira une chaise à lui et s'y laissa tomber en secouant la tête.
— Notre destin est donc scellé, soupira-t-il.
— Elles étaient vraiment laides, ces tentures.
— Tu crois que le Mac Do est ouvert ?
— Exagère pas, ils ferment plus tôt, le 31. Mêmes les étudiants pauvres ont droit à des vacances. Je vais voir dans la réserve secrète de vivres à peu près impérissables. Il doit bien y rester deux ou trois trucs, limite du riz... non, j'ai horreur de ça.
— Comment on peut détester le riz ?
— Ça goûte rien. Puis c'est soit trop dur, soit spongieux, ça me donne la nausée.
Elle ouvrit le placard coincé dans un coin de la cuisine et chassa une toile d'araignée qui s'était accrochée à sa main au passage. Vanitas réprima un frisson dégoûté. Son hôte sortit une boîte, regarda le couvercle, la reposa au fond d'une étagère sombre. Elle répéta plusieurs fois le manège avant de laisser apparaître un grand sourire.
— J'ai exactement ce qu'il nous faut.
— Pas du cassoulet, par pitié.
— Mieux encore !
Elle lui lança la boîte et il l'attrapa au vol.
— Tu te fous de moi ? Du couscous en boîte ?
— Bah quoi ? C'est mieux que rien, et pas pire qu'un Mac Do.
— C'est immangeable, tu veux rire !
— La date d'expiration est dans une semaine. C'est l'occasion idéale. Et puis rien de tel qu'un repas de merde pour terminer une année de merde, non ? T'en penses quoi ?
Ce n'était pas comme s'il avait le choix. Il ouvrit la boîte avec dépit. Elle n'avait pas tort, après tout ; c'était toujours mieux que rien, même si ça avait une odeur abominable.
Ils déposèrent assiette et couverts sur la petite table de bois du salon, allumèrent la télé et attendirent que le micro-onde fasse son travail pour fêter comme il se devait la fin de l'année. Vanitas regardait d'un œil morne un présentateur faire une démonstration de sa médiocrité en faisant succéder les blagues idiotes les unes après les autres. Kairi ne tarda pas à le rejoindre avec leur repas et tous deux commencèrent à manger en commentant vaguement les invités qui passaient à l'écran.
Pendant un moment de silence, Kairi arrêta tout mouvement, les yeux dans le vague, sa fourchette à quelques centimètres de sa bouche. Puis un étrange sourire étira ses lèvres.
— Dis, Vanitas.
Il haussa un sourcil. Le ton qu'elle avait utilisé ne présageait rien de bon.
— Quoi ? soupira-t-il quand même.
— Tu te souviens de ce gars... celui qui était avec nous quand on avait quoi, dix ans ? Un petit nouveau dans notre classe. Il s'appelait comment, encore ? Y avait un rapport avec un putois.
Vanitas plongea dans ses souvenirs et en ressortit avec un drôle de sourire.
— Joshua.
— Joshua ! Quel rapport avec un putois, d'ailleurs ?
— On jouait à « avec quoi rime ton nom » et ça a fini par lui rester.
— Ça rime même pas, fit-elle remarquer.
— Ça rime quand on a dix ans. Joshua le putois. Kairi le bikini...
— Vanitas la connasse !
Il se passa lentement un doigt sur le menton.
— Je n'ai aucun souvenir de ça.
— Tu parles ! T'étais à la limite de pleurer à chaque fois ! Quelqu'un l'avait même écrit dans ton journal de classe, discrétos. Et les petits mots secrets dans ton banc, là, tu te rappelles ?
— T'as dû rêver.
Elle passa un bras autour de ses épaules.
— J'avoue, c'était moi, les petits mots. Mais comprends-moi, t'étais vraiment casse-pieds. Tu m'avais volé mon verni à ongles.
— Ah, je me souviens de ça.
— Tu te souviens du verni mais pas de Vanitas la connasse ? Note qu'il y avait des étoiles argentées dedans. C'est pour ça que je l'aimais bien. T'en avais fait quoi, d'ailleurs ? Tu t'étais peint les doigts de pieds ?
Il resta silencieux. Décidée à découvrir la vérité, Kairi lui pinça la joue.
— Hé, gamin, on a des comptes à régler, toi et moi. Tu veux régler ça maintenant ?
— Régler ça comment ?
— En jouant à Jungle Speed, évidemment.
— Pour me faire lacérer les mains par tes ongles de sorcière ? Non merci.
— Naze. Tu l'as utilisé pour quoi, du coup ?
Silence. Elle l'attrapa par la nuque et s'approcha dangereusement de son oreille.
— Alors, Don Juan ?
Traversé par un frisson de dégoût, il se dégagea de son emprise et frotta vigoureusement son oreille pour se débarrasser de l'impression de chaleur que le souffle de Kairi lui avait laissé.
— Putain, protesta-t-il, arrête de faire ce genre de truc, tu me fous les boules.
— Avoue tout. Tu veux du bon karma pour l'année prochaine, ou quoi ? Et puis, il n'y a pas de raison d'avoir honte. Il y a prescription, depuis le temps.
Elle ne le pensait pas, il le savait très bien. N'ayant aucune envie de l'avoir une heure de plus sur le dos, il finit cependant par céder.
— Je l'ai utilisé pour décorer une lettre.
Elle haussa les sourcils.
— Une lettre ? Pour qui ?
— Ma grand-mère. Elle était à l'hosto.
— Ah... oui.
Ça n'avait rien de drôle. Elle reprit une bouchée de couscous froid et laissa échapper un nouveau soupir, inconscient cette fois.
— Mais... reprit Vanitas avec un léger sourire.
— Mais quoi ?
— Tu te souviens de la lettre anonyme qu'il avait reçue ?
— Qui ? Joshua ?
Il hocha la tête. Kairi resta silencieuse un long moment, consultant ses souvenirs enfouis. Après quelques secondes, sa bouche s'arrondit sur la surprise et elle se mit debout sur le canapé en le pointant du doigt.
— C'était toi ? C'était toi ? Sérieux ? Putain de merde, c'était toi depuis le début ! J'aurais dû m'en douter, merde, j'ai cru que t'étais trop...
— Trop quoi ? Et rassieds-toi, on n'est pas au théâtre, bordel.
Elle l'ignora et s'appuya sur sa tête en secouant vivement la sienne, toujours plongée dans le déni le plus total.
— Mais ça ne peut pas être toi !
— Et pourtant. Le plus grand mystère de l'école primaire enfin résolu.
— Merde ! Mon Dieu, si j'avais su...
— Tu me l'aurais rappelé chaque jour de ma vie. Heureusement que je suis pas con, hein ?
Elle se laissa tomber à genoux.
— Quand je pense que je me foutais de ta gueule... je savais que t'étais amoureux de lui, ça se voyait à des centaines de mètres, mais je pensais pas que c'était vraiment vrai, tu comprends ? Je croyais que tu m'envoyais chier parce que tu t'assumais pas, mais t'étais vraiment...
— Hé ouais, pendant que tu me traitais – et je te cite – de petit pédé en croyant que c'était une blague, je le hameçonnais avec des lettres d'amour torrides pleines de ton verni à étoiles en plastoc. J'y avais vraiment travaillé, en plus. J'y avais mis mon âme.
— Et elle n'est jamais revenue, paix à elle. Et pour le « petit pédé », j'avais dix ans, OK ? Je faisais que répéter ce que j'entendais à la maison.
— Charmante famille, en tout cas. Sorciers et homophobes, intéressant mélange.
— C'était mon père, au passage.
— C'était avant ou après qu'il se barre avec le petit gars de la station essence ?
— Cet épisode de ma vie a été supprimé de ma mémoire, par le plus grand des bonheurs.
— Il était assez sexy, tu sais. Même à douze piges, je l'avais compris. Malheureusement, il accrochait pas trop aux gamins. Il a préféré un trentenaire au top de sa forme qui, ma foi, n'était pas si mal non plus.
— J'ai une idée. Et si t'arrêtais de commenter le physique de mon père ? Et puis, ce mec – Zack ? – c'était et c'est toujours un gros con. Je veux dire OK, il était pas mal foutu, mais...
— Ah ! Alors t'admets, hein ? Pas étonnant qu'il ait sorti un refoulé du placard. Il lui suffisait d'un regard pour lancer les moteurs.
Elle s'efforça de ne pas effacer l'expression suffisante du visage de son meilleur ami à l'aide d'une bonne vieille gifle et se concentra sur sa canette déjà presque vide.
— N'empêche, fit-elle après un moment de réflexion silencieuse, Joshua l'avait bien aimée, cette lettre. Ça m'avait brisé le cœur. C'était le coup de foudre, pour moi, et il était persuadé qu'il avait une mystérieuse admiratrice quelque part dans la cour de récré.
— Tu pouvais pas faire le poids contre moi, Sabrina. J'avais du verni pailleté.
— Il n'est pas resté longtemps, en tout cas. Je me demande où il était parti. Mon premier chagrin d'amour, ah.
— Et moi, alors ? J'avais le cœur brisé.
— Tu parles. T'en avais rien à foutre.
— J'en ai fait des cauchemars pendant des jours.
Elle plissa les yeux comme pour vérifier qu'il disait la vérité.
— Merde, jura-t-elle, t'étais vraiment amoureux de lui.
— Puisque je te le dis.
— Ça explique pourquoi t'es devenu aussi chiant, après ça.
— Il m'avait répondu.
— Quoi ?
— Pour la lettre.
Un sourire nostalgique étira ses lèvres et il croisa les bras derrière la tête, perdu dans ses pensées.
— Il m'avait répondu, répéta-t-il en se tournant vers Kairi qui fronçait les sourcils, incapable de savoir s'il la menait ou non en bateau.
Elle reposa ses couverts et s'assit en tailleurs, les bras croisés.
— Tu me fais marcher.
— Je te jure que non.
— Comment il pouvait savoir que c'était toi ? Tu te fous de moi.
— J'en sais rien, il a deviné ? Mais il m'a laissé une réponse, et même pas dans mon banc.
— Il te l'a filée dans une ruelle sombre entre deux pelles ?
— On avait dix ans, exagère pas. Mais à trois ou quatre ans près...
— Crade.
— Non, continua-t-il, il l'avait joliment mise dans une enveloppe et déposée dans ma boîte aux lettres. Je sais que c'était lui, je l'ai vu l'y mettre.
— C'est la soirée confession, on dirait. Alors, qu'est-ce que ça disait ?
— Oh, rien, juste merci. Et que je pouvais aller me faire voir, grosso modo, mais gentiment. C'était un mec bien.
— Je suis sûre que tu me racontes des couilles.
— Je l'ai encore quelque part au fond d'un meuble, si tu tiens à avoir une preuve.
— Tu l'as gardée, en plus ? Wow.
— C'était la première fois que quelqu'un me remerciait au lieu de me traiter de « petit pédé ». Ça mérite un hommage quotidien. Bon, c'est bien sympa, mais t'as bien un truc pour le dessert, hein, rassure-moi ? Je veux dire, on est censés faire la fête et au lieu de ça on remue de vieux souvenirs enfouis. C'est triste.
— Je crois que j'ai des yoghourts glacés...
— Sérieux ? Dégueulasse.
— Bof, ça goûte le gervais, on s'en fout. Sinon j'ai bien du yoghourt non-glacé, mais...
— Va pour le glacé, je ferai semblant que c'est mangeable.
— Tu es l'invité idéal, Vanitas, ne laisse jamais personne prétendre le contraire.
Lorsqu'ils eurent terminé leur dessert malgré les commentaires désobligeants de l'adolescent, ils décidèrent de quitter un moment la maison vide et un peu trop silencieuse pour profiter de la neige qui, une fois encore, tombait lentement dans la nuit au-dehors. Kairi referma son manteau, remit convenablement son écharpe et son bonnet avant de regarder Vanitas d'un œil critique. Ce dernier avait simplement enfilé une veste noire et lui répondit par un haussement de sourcil.
— Tu devrais te couvrir un peu plus.
— Merci du conseil, maman, répondit-il avec sarcasme. J'y penserai la prochaine fois.
— Non mais je m'en fous, hein. Je pense à tes pauvres petites oreilles, c'est tout.
— Tu crois vraiment que je vais mettre un bonnet ? Cette coupe demande beaucoup d'entretien.
— T'as qu'à crever de froid, de toute façon. Et mets au moins une écharpe, sinon tu vas encore attraper la mort et prétendre que c'est de ma faute.
— Faut savoir, je dois crever de froid ou pas ?
Elle l'ignora et lui jeta une écharpe en laine bleu marine avec un grand sourire.
— Il faut faire attention à ton look, mon chéri. Maman serait triste si elle voyait que tu ne veux pas porter la jolie écharpe en laine qu'elle t'a tricoté avec amour.
Il l'enroula autour de son cou et jeta un œil critique à son reflet dans le miroir près de la porte d'entrée.
— J'ai l'air super gay.
— Tu es super gay. Ne fais pas comme si ça t'embêtait. Tout le monde le sait, de toute façon.
— Tu m'as eu.
Ils sortirent et Kairi prit soin de vérifier que la porte était bien fermée avant de s'éloigner de sa demeure avec un sourire aux lèvres. Elle se sentait bien. Elle regarda le ciel qui était d'un noir d'encre et laissa échapper un soupir de contentement. Vanitas, les mains enfoncées au fond de ses poches, ne le remarqua pas.
Ils marchèrent en silence dans la rue presque vide où habitait la jeune fille en jetant de temps en temps un regard aux fenêtres éclairées pour deviner comment s'y passaient les festivités. Leurs pas ne tardèrent pas à les mener dans une grande rue illuminée par des centaines de guirlandes dorées et blanches qui se balançaient au gré du vent. Kairi s'arrêta devant le grand sapin qui avait été installé sur une petite place quelques semaines plus tôt.
— Magnifique, soupira Vanitas en levant les yeux au ciel.
— J'aime bien, moi, rétorqua-t-elle.
Elle s'assit sur un banc humide après l'avoir dégagé de la fine couche de neige qui s'y était déposée et inspira l'air froid d'un air heureux. Vanitas l'accompagna après une brève hésitation.
— T'as l'air contente, fit-il remarquer.
— Je suis contente. C'est noël. Enfin, non, mais l'ambiance est toujours là. Et puis...
Elle fit un petit tas avec la neige à côté d'elle et y traça un visage souriant.
— J'ai l'impression que cette année sera bonne.
— Une intuition démoniaque ? Les esprits t'ont parlé ?
Elle resta silencieuse pendant un moment. D'un mouvement vif, elle attrapa une poignée de neige et la fourra dans le col de son meilleur ami qui hurla.
— Mais ça va pas ? Tu veux ma mort ?
— C'est mon souhait le plus cher.
— Putain !
— Ça t'apprendra à te foutre de moi. Tu mériterais vraiment que je me mette à la magie noire. Et j'aurai aucun retour de karma : même les pires entités démoniaques doivent te détester. Je suis sûre que t'es dans la liste noire de Satan en personne.
Elle lui tira la langue en prime et il croisa les bras, dépité.
— T'es pire que moi, marmonna-t-il en réprimant un frisson.
De l'eau glaciale coulait le long de sa colonne vertébrale et il retint un juron.
— Je suis désolée, Vanitas. Je suis une fille gentille, en général. C'est toi qui a une mauvaise influence sur ma nature douce et innocente.
— Tu parles. T'étais déjà comme ça quand je t'ai rencontrée. Une vraie peste. Je te détestais.
— Et regarde-nous, maintenant. Le destin fait de drôles de choses, parfois.
— Je suis pas sûr de lui en être reconnaissant.
— T'as plutôt intérêt. Si j'étais pas là, tu serais un pauvre petit connard sans amis. Mais regarde : grâce à moi, t'as droit à une vie sociale !
— Et à du couscous en boîte au nouvel an. Le futur dont j'ai toujours rêvé.
Un jeune couple passa devant eux et les regarda longuement avant de se murmurer quelque chose en riant. Vanitas leur lança une boule de neige qui n'atteignit pas sa cible.
— Loupé, commenta Kairi.
— C'était fait exprès.
— Bien sûr.
— Pourquoi ils nous regardaient, aussi ?
— Ils devaient penser qu'on faisait un joli couple.
— Tu parles.
— Ou bien ils se disaient que t'avais vraiment trop l'air gay. Parce que t'en as vraiment l'air, avec ta petite écharpe et ton manteau de meuf.
Il remonta l'écharpe jusqu'à son menton.
— Ta gueule, Kairi.
— Voyons, c'était un compliment. T'es tout mignon, comme ça. Je suis sûre que Ven craquerait tout de suite.
— Au risque de me répéter...
— Tu te souviens de ton coming out ?
Elle prit un air rêveur et il se renfrogna un peu plus.
— C'était trop triste, se rappela-t-elle avec un sourire. Tu pleurais comme un bébé. J'en avais presque mal au cœur.
— Ça avait rien de drôle.
— Tu parles. Tu me l'as dit y a quoi, deux ans ? Et t'arrêtais pas de pleurer. Je me souviens avoir pensé quelque chose comme : « ça m'étonne pas ». Mon pauvre petit Vanitas. Je regrette de ne pas avoir pris de vidéo.
— Je te l'aurais fait bouffer.
— C'est bien ce que je pensais.
— Et c'était la première fois que je le disais à quelqu'un, t'es trop conne. De quoi tu voulais que j'ai l'air ?
Elle lui tapota la joue.
— Adorable.
— Va chier.
— Je suis sûre que Ven te tomberait dans les bras s'il savait ça. Enfin, non. Tu restes un mec bizarroïde et un peu flippant, même si on l'ajoute à ton dossier.
— Aah, je suis un incompris, c'est tout.
Elle se releva et regarda à nouveau le sapin.
— À la rentrée, déclara-t-elle, Roxas n'aura plus nulle part où se cacher.
— Et on dit que je suis flippant.
— Une nouvelle année, de nouvelles résolutions. Je ne te laisserai aucune chance.
— Tu veux rire. T'es arrivée à rien, ces dernières semaines.
— J'ai décidé de tenter une nouvelle approche.
— Quel genre ?
— Tu verras bien.
— Tu vas essayer le vaudou ?
— Très drôle.
Elle remit son bonnet en place et le frappa sur l'épaule.
— T'es un comique, hein ? dit-elle. On y va ? J'en ai marre de traîner dehors.
— On aurait pu attendre minuit.
— Et finir gelés ? Non merci. Et puis, il y a des super bons restes de vieux paquets de biscuits qui n'attendent plus que nous à la maison.
— Vite, courons ! s'exclama-t-il en lui attrapant le bras. Ça me met l'eau à la bouche.
— J'ai suffisamment de mal à marcher sans me péter la gueule, merci.
— C'est moi ou tu deviens vulgaire, ces temps-ci ?
— Ta mauvaise influence, je te dis.
Ils reprirent la route, elle en sifflotant, lui plongé dans ses pensées. Il en fut rapidement arraché, cependant ; Kairi lui secouait vivement l'épaule et montrait un couple un peu à l'écart dans l'ombre.
— Vanitas, tu vois ce que je vois ?
Il plissa les yeux et sa bouche s'ouvrit lentement sans qu'aucun son n'en sorte.
— Je rêve, murmura-t-il enfin.
— C'est lui, non ?
Ils échangèrent un long regard.
— Ça alors, Hayner dans le club des homos, dit-elle. Si j'avais su.
— J'arrive pas à y croire. Il est sérieux ?
— Si j'en crois ce que je vois, plutôt, oui.
Le jeune homme qui venait de détacher ses lèvres de celles d'Hayner tourna la tête vers eux et ils s'enfuirent discrètement.
Une fois arrivés chez Kairi, ils se débarrassèrent de leurs vestes et écharpes avant de s'affaler dans le canapé avec un verre de soda à la main.
— Je me demande s'il nous a vu, fit-elle en fronçant les sourcils.
— Ça m'étonnerait. Il faisait noir.
— Pas là où on était. Enfin, au pire, on s'en fout. Qu'est-ce que ça peut lui faire ? On est juste les deux gamins bizarres assis au fond de la classe, pour lui.
— Mouais...
— Avec qui il était, d'ailleurs ?
— Pas reconnu.
— Bon...
Elle reposa son verre sur la table et un sourire mystérieux apparut à nouveau sur ses lèvres.
— Quoi ? demanda Vanitas.
Il détestait quand elle faisait ça.
— Rien. Je me disais juste que ça réduisait encore tes chances.
— En quoi ça diminue mes chances, exactement ?
Elle lui lança un regard de profonde pitié.
— Voyons, Vanitas. Trois homos dans la même classe ? Ça fait beaucoup, quand même. Rien qu'à deux, vous explosez les statistiques.
— Comme si ça avait le moindre rapport.
— Vois le bon côté des choses ; si ça marche pas avec ce cher petit Ventus, t'auras toujours un plan B.
— Avec lui ? Plutôt crever. Quelle horreur, il est pire que Roxas.
— Quand je pense qu'il a un mec et pas toi. C'est presque drôle.
— Oh, ferme-la.
— C'est drôle, en fait.
Il vida son verre d'un trait puis se cala au fond du canapé.
— Ce sera beaucoup moins drôle quand je t'aurai battue.
— T'y crois encore ? Ah, l'esprit de noël.
Il lui lança un coussin sur la figure. Elle fut incapable de l'éviter, cette fois.
Elle se leva et prépara ses munitions avec un air mortellement sérieux. Elle lança un petit coussin gris en l'air et pencha un peu la tête.
— Tu veux la guerre ?
Un nouveau coussin vola vers son visage et elle se baissa juste à temps. Vanitas lui lança un regard de défi. Elle plissa un peu les yeux. Elle ne le laisserait pas gagner comme ça.
Cette bataille se solderait par sa victoire, comme le feraient toutes les suivantes. Un sourire de défi étira ses lèvres.
— Tu l'auras voulu.
VanKai = BROTP.
Résumé de ce chapitre : Vanitas est trop gay adieu
Je vais pas me risquer à dire quand je sortirai le prochain chapitre, alors à bientôt /o/ Merci pour votre lecture et n'hésitez pas à poster une review, j'adooore ça *wink suggestif*
