Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Merci à Aangelik pour sa correction !

Merci à Cheschire, Emmawh, Alamane-kun, Philou, Patapich, DeadlyFury et Paquerette-san pour leurs reviews !

Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, ils grandissent (et oui, Jack a de la moustache ^^ Emmawh a été traumatisée par l'image :p ). Mérida a bien un « pouvoir » qui va se montrer un peu plus présent dans cette partie, même si on en a déjà un peu vu dans la précédente. Et Mérida n'est pas la plus malchanceuse au niveau parental : Fergus, même si je n'en parle pas souvent, est un relativement bon père et Élinor veut simplement le meilleur pour sa fille. Pour Lockhart, on va déjà la voir ici et je vais essayer de le faire apparaître de temps à autre (en priant pour bien le faire, parce qu'apparemment vous êtes tous fans ^^). Pour les ingrédients, ils sont loin d'être tous acquis : pour le moment, ils en ont six (le rayon de lune, la mandragore et les 4 du Chemin de Traverse), et il y a en tout 28. Pour les vacances, oui je commence à manquer un peu d'imagination, donc si je vous avais fait quelque chose, cela aurait surement laissé une impression de déjà-vu.

Paquerette-san : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, il y aura des apparitions du trio, et elles seront plus que probablement plus conséquente que dans la partie précédente. Et je te renvoi ci-dessous pour la rencontre avec Lockhart ^^

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 25 : Blondinet, chat et projets.

« - Dépêche-toi, Mérida ! Nous allons être en retard !

- Je fais ce que je peux, râla la jeune fille. SI vous ne m'aviez pas enfoncée dans cette robe trop petite, j'avancerais peut-être plus vite.

- Si tu n'avais pas fait tant de manières pour mettre ladite robe, tu serais déjà à bord du train, répliqua Élinor, qui allongeait le pas tout en soulevant le bas de sa propre robe.

- Pardon ? Je signale que si vous ne teniez pas temps à prendre votre maudit carrosse, on ne devrait pas venir du Chaudron Baveur et donc on ne serait pas en retard ! »

Voyant qu'elles approchaient du passage vers la voie 9 ¾, Élinor ne répliqua pas. Quelques secondes plus tard, les deux Écossaises se trouvaient sur la célèbre voie sorcière, où attendait le Poudlard Express.

Mérida salua sa mère, puis monta en vitesse dans le train, histoire de ne pas rester sur le quai. Tandis qu'elle tentait tant bien que mal de tirer sa malle à bord, elle vit au loin les Weasley, facilement reconnaissable, traverser la barrière. Cette année, Ginny, la dernière de la fratrie et la seule fille des Weasley, allait rentrer à Poudlard. Il faudrait qu'elle pense à aller lui dire bonjour durant le voyage.

Entendant le sifflet du chef de gare retentir, elle se dépêcha de tirer sa malle. Pris de pitié, un septième année, probablement majeur et donc autorisé à faire de la magie en dehors de Poudlard, allégea le bagage. Le remerciant de la tête, elle se jura qu'un jour elle s'offrirait une de ces fameuses valises pourvues de dizaines de pieds qui se déplaçaient toutes seules à la suite de leur maître. Mais en attendant, elle était condamnée à tirer sa malle. Maudite restriction de l'usage de la magie chez les mineurs.

Déambulant dans les wagons, la jeune fille chercha du regard la chevelure blonde de Raiponce. Son amie devait probablement partager un wagon avec Harold et lui avoir gardée une place. En tous cas, elle l'espérait.

La Gryffondor finit par trouver ses deux amis, qui lui avaient effectivement gardé une place. Cependant, contrairement à d'habitude, il y avait une troisième personne avec eux.

« - Diggory ? s'étonna-t-elle.

- Oh ! Salut Dunbroch.

- Mérida ! s'exclama Raiponce. On se demandait quand est-ce que tu allais arriver. J'ai invité Cédric à venir avec nous, ça ne te dérange pas ? »

Sans répondre, la rousse laissa son regard glisser sur l'autre garçon du wagon. Harold n'était pas très expansif d'habitude, mais là il avait l'air encore pire. La main perdue dans la fourrure de Krokmou, il fixait le paysage, le visage fermé. Au fond, Diggory en tant que tel ne la dérangeait pas. Obliger Harold à rester en compagnie du garçon qui l'avait abandonné aux mains de Jack Overland par peur, c'était autre chose. Parce que les choses auraient pu mal tourner suite à la fuite de Diggory, même si cela n'avait pas été le cas. Et parce que, même sans le vouloir, Raiponce avait probablement obligé le Gallois à accepter, ne serait-ce que pour lui faire plaisir.

Sentant qu'elle le fixait, le Poufsouffle se tourna vers elle et hocha la tête, l'air de dire que ça ne le dérangeait pas que son ancien ami soit là. Haussant les épaules, la rousse se laissa donc tomber sur la banquette.

Une demi-heure plus tard, alors qu'elle avait enfin réussi à tirer Harold de son mutisme, Mérida vit soudain surgir Percy, le plus âgé des frères Weasley encore à Poudlard.

« - Ah, Mérida. Est-ce que tu as vu Ron ?

- Euh, non, pourquoi ?

- Apparemment, il n'est pas monté à bord du train. Du moins, ni les jumeaux, ni Ginny, ni Hermione ne l'ont vu. Harry non plus n'est pas là, d'ailleurs. J'espérais que ce n'était qu'une mauvaise blague de leur part…

- Ils ont peut-être raté le train ? Tu as pensé à envoyer un message à tes parents, au cas où ils seraient restés sur le quai ?

- Je vais le faire. J'ai préféré vérifier avant. »

Saluant les occupants de la cabine, Percy s'en alla. Très vite, les ronronnements de Krokmou recommencèrent à envahir la pièce, alors que Mérida tentait une nouvelle fois de convaincre Harold de jouer à la bataille explosive.

Plusieurs heures plus tard, alors que l'Écossaise avait les sourcils roussis suite à ses quatre défaites consécutives aux cartes, que Cédric Diggory était retourné dans son wagon et que les trois étudiants restant avaient enfilé leurs robes de sorciers, le train commença à ralentir, signe que l'on arrivait à la gare de Pré-au-Lard.

Quand le train fut totalement arrêté, les trois amis attendirent que le plus gros de la foule estudiantine soit passé, avant de s'engager dans le couloir, laissant leurs bagages derrière eux. Comme de coutume, les elfes s'occuperaient de tout transférer à Poudlard.

Grimpant dans une calèche, Mérida aperçut au loin la silhouette du Château. Perdue dans ses pensées, elle sursauta quand la voix de Raiponce s'éleva.

« - Quand est-ce que l'on pourra s'attaquer à la potion ?

- Dès la semaine prochaine. J'ai encore un ou deux ingrédients à récupérer pour pouvoir lancer la première phase. Après, il y a une étape où la potion doit reposer près de trois semaines, je récupèrerai le reste pendant ce temps.

- Au final, la potion sera finie quand, si on commence lundi prochain ?

- Le 15 décembre, selon mes calculs, répondit Harold. Un peu moins d'une semaine avant que nous ne partions. Mais je pense qu'il vaudra mieux mettre la potion de côté et la boire à notre retour.

- Pourquoi ? demanda Mérida.

- Je ne sais pas trop ce que provoquera exactement la potion. Le livre parle de la nécessité de rentrer en transe pour établir le contact avec notre animal totem, mais je ne sais pas si cela ne risque pas de nous provoquer des « visions » incontrôlables, ce qui serait gênant si cela arrivait pendant un repas de famille. Mieux vaut attendre de rentrer à Poudlard.

- Et à Poudlard, avoir des visions en plein milieu des cours ne sera pas suspect ?

- Moins que chez nous. Il arrive tout le temps des trucs bizarres aux élèves, alors des visions, ça ne choquera pas grand monde. »

Mérida se contenta d'hocher la tête. Elle espérait que la potion ne provoquerait pas réellement de visions. Elle avait déjà bien assez à faire avec celles qui se déclenchaient déjà de temps à autre sans qu'elle parvienne à en déterminer la cause pour en rajouter.

Alors que la calèche se mettait doucement en branle un cri résonna sur le quai.

« - Attendez-nous ! »

Harold, qui était le plus près de la porte, passa sa tête par la fenêtre, pour apercevoir Jack en train de courir, son ami Marius sur les talons. Ouvrant la porte et tendant la main, il attrapa celle de Jack. Malheureusement, son poids plume ne fut pas suffisant pour tirer le Serpentard à l'intérieur de la calèche et il ne dut qu'à Mérida et Raiponce de ne pas se retrouver le nez dans la boue.

Quelques minutes plus tard, les deux garçons, qui étaient restés sur le quai pour regarder le train partir, étaient enfin montés dans la calèche.

« - Eh ben, c'était tout juste, soupira Marius. Merci de nous avoir aidés.

- Pas de quoi, répondit Mérida. En plus, paraît que c'est Rusard et Snape qui s'occupent des retardataires. Ça aurait été vache de vous laisser avec ces deux-là. »

Le trajet continua calmement, ponctué par les bruyants éclats de rire de Mérida. Elle n'avait jamais réellement côtoyé Dixon, mais elle aimait décidemment beaucoup son humour.

Arrivés au Château, les cinq adolescents se séparèrent, chacun allant à sa table. Assise à celle des Gryffondor, la rousse remarqua que Ron n'était réellement pas là, tout comme son ami Harry Potter.

Avec ennui, elle écouta la sempiternelle chanson du Choixpeau, applaudit avec force la répartition de Ginny Weasley à Gryffondor et haussa les sourcils d'étonnement en apprenant que ce n'était pas une fan girl de Lockhart qui avait été engagée comme professeur de Défense, mais Gilderoy Lockhart lui-même.

Quand le repas fut fini, et que Percy lui eut appris que Ron était finalement arrivé à Poudlard, à bord d'une voiture volante qui s'était crashée sur le saule cogneur, Mérida prit la direction de sa Salle Commune, histoire de retrouver son lit douillet.

Alors qu'elle parvenait enfin à s'extraire de la cohue que formaient les élèves fatigués, elle fut soudainement bousculée et se retrouva à terre.

« - Oh, pardon, Miss. Je suis désolé. Laissez-moi vous aider. »

Alors qu'une main saisissait la sienne, une voix retentit soudain.

« OUBLIETTE ! »

Sursautant, l'Écossaise bondit sur ses pieds et pointa sa baguette sur… Gilderoy Lockhart en personne.

« - Doucement, jeune demoiselle, dit ce dernier avec un sourire éclatant. Voilà de bien jolis réflexes. Même s'ils ne sont pas aussi bons que les miens, évidemment. Je ne vous ai pas fait mal ?

- Quoi ? Euh, non, non Professeur Lockhart. Désolée pour ma baguette. C'est, hum, un réflexe, comme vous dites.

- Il n'y a pas de mal. Après tout, je n'aurais pas su me sortir du nid des Harpies d'Utena sans mes propres excellents réflexes. Je pense qu'une bonne nuit de sommeil vous sera bénéfique, Miss. Sans oublier que c'est très bon pour le teint, évidemment.

- Je… Je vais faire ça, Professeur. Bonne nuit.

- Bonne nuit, Miss. »

Perplexe, Mérida regarda Lockhart s'éloigner. Quel drôle de personnage. Mais il était sûrement compétent, sinon Dumbledore ne l'aurait pas engagé.

Se ressaisissant, elle reprit le chemin de la Tour des Gryffondors. Ce n'était pas tout ça, mais elle avait un cousin à féliciter. Après tout, peu de personnes pouvaient se targuer d'être arrivées à Poudlard à bord d'une voiture volante volée, d'avoir atterri sur le teigneux Saule Cogneur, de s'être fait pincer par Rogue et d'être encore à Poudlard. Ron était bien un Weasley.

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« - TIG – TAM – TOUTING ! IL EST SEPT HEURES ! TIN – TAM – TOU…

- Silencio ! »

Et le réveil se tut. Retombant avec félicité dans le moelleux de ses coussins, Jack bénit le sort de silence et le fait que la magie soit autorisée dans les dortoirs. Il allait enfin pouvoir finir sa nuit.

« - Oh non non non ! intervint la voix de Marius. Hors de question que tu te rendormes ! On a cours de Défense en première heure et il est déjà 7h30 !

- Laisse-moi dormir. Suis fatigué.

- T'avais qu'à aller coucher tôt. Debout-debout ! chantonna le Serpentard, en tirant d'un coup sec sur la couette du paresseux. Paresseux qui se réveilla d'un coup.

« - Hey, rends-moi ça !

- Oh, je vois, se moqua Marius. Le petit Jack aurait-il fait de jolis rêves mettant en scène Andréa ?

- Lâche-moi la grappe.

- Oh, ça va, pas la peine de prendre la mouche. Ça arrive à tout le monde de se réveiller avec un piquet de tente. Bon, pas aux filles, bien sûr, mais à tous les garçons. Rassure-moi, tu sais que c'est nécessaire pour faire des bébés, hein (1)?

- Par pitié Marius, j'ai déjà eu droit à cette conversation à la maison pendant les vacances et c'était suffisamment gênant pour que je n'ai pas envie de t'entendre partir dans un trip pareil. »

Se levant, Jack, rouge tomate, ce qui jurait quelque peu avec ses cheveux, traversa le dortoir à grands pas pour aller s'enfermer dans la salle de bain. Jetant un regard sombre vers la partie fautive de son anatomie. Se déshabillant prestement, il fila sous la douche, qu'il régla sur « froid ». La pratique n'était peut-être pas agréable, mais elle était rapide et efficace.

Repensant aux paroles de Marius à propos d'Andréa, il sentit ses joues recommencer à chauffer, signe qu'il rougissait. Le pire était que son ami n'avait pas réellement tort : depuis la fin de l'année passée, il lui arrivait de laisser son regard dériver sur les nouvelles formes de sa « petite-amie autoproclamée ». Cela pouvait donner lieu à des réactions gênantes, qui engendraient des situations encore plus gênantes. Comme quand Andréa, à l'instar d'hier soir, décidait de s'installer sur ses genoux et de ne pas cesser de bouger.

Chassant toutes ces pensées quelque peu dérangeantes, Jack se lava et s'habilla, avant de ressortir de la salle de bain.

« - Alors, calmé ? » demanda Marius, toujours un sourire légèrement moqueur aux lèvres.

Sans répondre, Jack attrapa son sac et se dirigea vers la sortie. Rapidement, son ami le rattrapa.

« - Tu vas pas bouder pour ça, quand même ?

- Non. Mais j'ai faim, alors dépêche. »

Accélérant le pas, Jack prit la direction de la Grande Salle. Ayant déjà oublié ses problèmes d'adolescent, il ne pouvait que penser au délicieux petit-déjeuner qui l'attendait. Ces montagnes de toasts et de pancakes qui l'attendaient sagement…

Au final, le Serpentard courait quasiment au moment d'arriver à destination. Alors qu'il s'était installé et était prêt à se servir, une voix retentit à côté de lui. Une voix qui l'avait légèrement troublé ce matin.

« - Jack !

- Oh, salut Andréa.

- Tu ne m'as pas attendu ce matin ! Tu m'avais promis hier soir. »

Ah, oui. Jack se souvenait vaguement d'avoir dit quelque chose comme ça, durant une période où Andréa gigotait beaucoup et qu'il se concentrait pour essayer de garder la tête froide.

« - Désolé. Ça a été plutôt précipité ce matin et j'ai un peu oublié.

- Je me doute bien. Bon, c'est pas grave, je te pardonne. Mais tu as intérêt à m'attendre, demain ! »

Hochant la tête, Jack se décala un peu pour lui laisser de la place, avant de commencer à se servir. Il réfléchissait à comment il pouvait agencer son assiette pour prendre le plus de nourriture possible, tout en écoutant d'une oreille distraite ce que lui racontait Andréa et Marius, quand soudain :

« - Eh, Weasley Junior a reçu une beuglante ! » s'écria un autre Serpentard.

Suite à cette déclaration, tous ceux qui l'avaient entendue tournèrent la tête vers Ron Weasley. Les Beuglantes, charmantes lettres parlantes qui hurlaient au visage du destinataire, étaient rares mais très appréciées des étudiants. Du moins, tant que c'était un autre qui recevait ladite lettre, évidemment.

« - Tu sais ce qu'il a fait ? demanda Jack à Marius, qui était toujours au courant des derniers potins.

- Tout le monde le sait, Jack ! Apparemment, lui et Potter ont loupé le train. Et plutôt que d'attendre le retour des parents Weasley, ils ont décidé d'emprunter la voiture familiale pour venir à Poudlard. Sauf que Weasley père est un bricoleur et qu'il avait trafiqué la voiture pour qu'elle vole ! Ce qui fait que nos deux Gryffondor ont traversé une bonne partie du Royaume-Uni dans une vieille bagnole, à la vue de pas mal de moldus. Et pire, ils ont même réussi à atterrir en plein dans le Saule Cogneur. »

Jack grimaça. De toutes les plantes magiques qu'il connaissait, le Saule Cogneur arrivait en premier lieu dans sa liste « à éviter à tout prix », juste devant la mandragore. Au moins, cette dernière vous tuait proprement et rapidement. Le Saule Cogneur, arbre teigneux et malveillant, préférait vous battre à mort.

Soudain, la Beuglante beugla.

« RONALD WEASLEY ! TE RENDS-TU COMPTE DE CE QUE TU AS FAIT ? VOLER LA VOITURE DE TON PÈRE, TRAVERSER L'ANGLETERRE ET TE FAIRE VOIR DES MOLDUS ! JE N'AI JAMAIS ÉTÉ AUSSI HONTEUSE DE TOUTE MA VIE QU'EN RECEVANT LA LETTRE DU PROFESSEUR DUMBLEDORE A TON SUJET ! ENCORE UNE SEULE BÊTISE ET TU RENTRES IMMÉDIATEMENT À LA MAISON ! »

« - Eh ben, elle a de la voix la Weasley, constata Marius, un peu hébété.

- Mmmm, répondit Jack, avant d'avaler une nouvelle bouchée. Au fait, on commence par quoi ?

- Défense, répondit son ami, en jetant un coup d'œil à l'horaire que la préfète avait distribué quelques temps plus tôt. Avec les Serdaigles. D'ailleurs, il serait temps d'y aller, où on va se retrouver tout devant. Ça va probablement déjà être limite. »

L'Irlandais hocha la tête, avala un dernier toast, puis se leva, suivi de ses deux amis. Contrairement à ce qu'avait prédit Marius, ils ne se retrouvèrent pas devant. À vrai, dire se fut plutôt le contraire, les filles allant jusqu'à se battre pour les premiers rangs. Même Andréa voulu s'asseoir dans les premiers bancs et, à l'inverse d'habitude, ne se mit même pas à côté de Jack quand celui-ci se fut assis.

Alors que Marius et lui tentait de comprendre ce qui provoquait un comportement tellement étrange de la part des filles de la classe, la réponse fut soudain claire quand le professeur entra. Du haut de son estrade, habillé d'un véritable costume de cérémonie tout en dorures et fanfreluches, il arriva par un mystérieux moyen à faire soupirer une bonne partie de la population féminine des Serpentards-Serdaigles de quatrième année. Nom de Dieu se disait Jack, même Raiponce semblait sous le charme.

« - Bonjour à tous ! Je me présente, Gilderoy Lockhart. Expert en magie, Ordre de Merlin, deuxième classe, cinq fois lauréat du sourire le plus charmeur, prix décerné par les lectrices de Sorcière-Hebdo et évidemment, votre Professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

- Tu crois qu'il a réussi à tuer quelqu'un à force de lui sourire ? » souffla Marius à Jack.

S'efforçant de rire le plus discrètement possible, l'adolescent regarda le blond attraper un paquet de feuilles sur son bureau. Il est vrai que, à le voir, on aurait du mal à croire qu'il s'était battu contre des harpies, des goules et des trolls à travers toute l'Europe. Et pourtant, c'était bien ce qu'assurait ses livres.

« - Bien ! Pour commencer l'année sur de bonnes bases, je vous ai concocté un petit questionnaire. J'espère que vous avez bien lu vos livres ! »

Alors qu'une légère vague de protestation traversait la classe, Lockhart se mit à distribuer des rouleaux de parchemins plutôt conséquents qui firent pâlir Jack. Il n'avait plus qu'à espérer que cela ne soit pas côté !

En lisant la première question, Jack cessa de s'inquiéter pour les points et pensa plutôt à son année.

« - Quelle est la couleur préférée de Gilderoy Lockhart ? »

Sérieusement ? Il y a deux ans, un homme qui faisait concurrence au professeur Binns en terme de capacité à transmettre des connaissances, l'année passée un trouillard agité de TOCs qui s'était finalement révélé être possédé et maintenant ça ? Mais qu'est-ce qui clochait, avec ce poste ?

Manquerait plus qu'un vampire ou un loup-garou l'année prochaine, parce que Jack priait pour que ce type ne reste qu'un an, et ce serait le pompon, tiens !

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Aujourd'hui, on était le lundi 7 septembre et Raiponce souriait. Pourquoi donc sourire un lundi, le plus horrible jour de la semaine ? Eh bien parce qu'aujourd'hui, après plus d'un an et demi, elle et ses partenaires allaient enfin pouvoir commencer à réaliser la potion de chamanisme.

Prenant le chemin maintenant bien connu de la salle n°27, la jeune fille repensa à tous ce qui s'était passé depuis sa découverte des parchemins des Maraudeurs au début de sa seconde année. Elle avait d'abord dû recruter Mérida, puis lui expliquer qu'elles allaient avoir un peu de travail administratif avant de pouvoir réellement se lancer dans l'expérience.

Ensuite, elle avait dû monter son plan pour que la rousse accepte que Jack entre dans le groupe. L'Encyclopédie de la menthe avait clairement était un coup de maître. Malheureusement, le Serpentard avait choisi ce moment-là pour disparaître de la circulation et ne réapparaître qu'à la fin de l'année, ce qui avait encore retardé le départ.

Puis, début de l'année précédente, elle avait proposé à l'Irlandais d'intégrer le projet. Deux semaines plus tard, il acceptait, pour leur apprendre qu'il fallait encore reporter la mise en pratique, parce qu'il ne savait pas dire si la potion allait fonctionner ou purement et simplement les empoisonner.

S'était ensuite rajouté un élément inattendu : Harold Haddock. Raiponce devait l'avouer, elle n'avait absolument pas prévu d'avoir besoin du Poufsouffle. Après, tout, elle avait déjà Mérida, dont la famille était connue pour son animagus héréditaire, Jack pour préparer la potion et elle-même, la meilleure élève en métamorphose de leur promotion. De quoi avait-elle besoin en plus ?

Le problème s'était posé quand il avait fallu commencer à réunir les ingrédients. Où allaient-ils trouver tout cela ? Étonnamment, c'était Mérida qui avait proposé la solution. Apparemment, et contre toute attente, elle et Harold parcouraient la forêt pour dresser une carte, carte sur laquelle étaient repérés les nids d'animaux et la localisation des plantes. Mieux encore, le Gallois avait, toujours selon Mérida, une connaissance quasi-encyclopédique sur la récolte des végétaux de toutes sortes. Tout ce qu'il leur fallait.

Cependant, Mérida avait mis du temps à contacter Harold et quand elle avait enfin réussi à lui parler, il avait non seulement refusé, mais il était aussi trop tard pour commencer la potion et espérer l'avoir fini pour la fin de l'année ! Cela n'avait pas empêché Raiponce de prendre les choses en main et d'aller elle-même à la rencontre de l'adolescent. Il lui avait fallu deux semaines et pas mal de filatures, mais elle été finalement arrivée à coincer le brun et à lui faire avouer, en échange de son propre Secret, ce qui l'empêchait d'entrer dans le groupe. La réponse l'avait d'ailleurs surprise au plus haut point : le sage petit Harold élevait un dragon !

Un dragon dont elle et les deux autres s'étaient occupés pour aider leur nouveau partenaire et qu'ils avaient même transformé en chat d'une manière que Raiponce n'était toujours pas sûre de comprendre. D'ailleurs, Harold allait probablement bientôt se pointer pour leur dire qu'il était temps pour Krokmou de retrouver sa forme première.

Autant dire que le parcours pour finalement arriver à la partie pratique avait été long et cahoteux. Mais finalement, FINALEMENT, ils allaient enfin pouvoir s'y mettre et devenir de vrais animagus.

Forte de cette constatation, Raiponce salua la Reine Maëva, avant d'ouvrir en grand la porte et d'entrer d'un pas conquérant à l'intérieur de la salle 27.

Mais contrairement à ses attentes, elle ne trouva pas ses amis déjà prêt à travailler, où alors en train de discuter entre eux, mais simplement Harold en train de lire, qui releva la tête une demi-seconde pour lui dire bonjour avant de retourner à sa lecture. Aucun sens du spectacle, décidemment. Où étaient les chaudrons fumants ? Où étaient les décoctions bizarres ? Où étaient les ingrédients dégoutants ? Où étaient… Où étaient Jack et Mérida ?

« - Tu es tout seul ? demanda-t-elle à Harold.

- Apparemment. Les deux autres sont probablement en retard. Cela dit, tu l'es aussi.

- Euh, oui, bref. Je suppose qu'ils vont arriver. Tu as bien tous les ingrédients ?

- Pour la troisième fois depuis ce matin, oui Raiponce, je les ai. »

S'asseyant au côté du garçon dans le canapé, elle attrapa le cahier dans lequel ils recopiaient le processus étape par étape. Pour le moment, seule la potion y figurait, mais d'ici quelques semaines, les jalons suivants seraient ajoutés pour au final obtenir un livre révélant la méthode pour devenir animagus. Un livre qu'elle irait remettre dans la cachette des Maraudeurs, une sorte de legs aux futurs élèves assez malins pour trouver la cachette.

Cinq minutes plus tard, Mérida arriva enfin, suivie de près par Jack.

« - Vous êtes en retard !

- La faute de Jack, répondit simplement la rousse.

- Quoi ? Je n'avais rien fait !

- Tu es la seule personne assez idiote pour faire exploser tous les coussins servant au sort d'expulsion. Des coussins bourrés de plumes !

- J'y peux rien si ma langue a fourché.

- C'est sûr qu'entre « expulso » et « crepito » il n'y a qu'un pas », ironisa Mérida.

Harold se dépêcha d'intervenir avant qu'une énième dispute n'éclate.

« - Et si on s'y mettait ?

- Bonne idée », se dépêcha de répondre la Serdaigle du groupe.

D'un geste précautionneux, le brun attrapa son sac, qu'il commença à vider sur la table.

« - Alors : la corne de bicorne, les feuilles de sisymbres, le jus de bubobulb, les œufs de runespoor et l'aconit. Tu as les écailles de Magyar, Mérida ?

- Yep ! répondit-elle en tirant de son propre sac un bocal où reposaient de larges écailles noires aux reflets rougeâtres.

- Ok. On n'aura pas besoin de tous cela aujourd'hui, mais comme la potion ne doit reposer que deux jours avant la seconde phase, j'ai préféré tout prendre.

- Et les autres ingrédients ?

- Je profiterai des deux semaines de repos entre la phase deux et la phase trois pour les récupérer.

- Ça va. Jack, tu t'occupes de la suite ? »

Hochant la tête, le jeune Serpentard prit les choses en main.

« - Bon, alors, voyons voir. Mérida ?

- Hmmm ?

- Tu peux m'apporter trois litres d'eau et la mettre à chauffer dans le grand chaudron ? Mets le thermomètre sonore sur 32°C.

- Je m'en occupe.

- Pendant ce temps, Harold, lave les feuilles de sisymbre. Surtout, ne les déchire pas. Enfin, je suppose que tu en as pris plus que nécessaire ?

- Oui.

- Fais quand même attention. Raiponce, pèse la corne de bicorne. Quinze grammes précisément. Pendant ce temps, je m'occupe des écailles. »

Avec un couteau d'argent, Jack découpa délicatement les écailles de dragon avec une facilité un peu déconcertante pour qui ne savait pas que c'était la magie draconique qui donnait sa résistance aux écailles et que celles-ci n'étaient pas beaucoup plus dures que du carton une fois détachées de la source de magie, c'est-à-dire le dragon.

Ne gardant que l'arête centrale, Jack finit son travail, avant de mettre ce qu'il avait prélevé dans un bol prévu à cet effet. Cet ingrédient n'allait pas servir dans l'immédiat, mais il devait reposer ainsi découpé 20 jours avant d'être utilisable.

Une fois son ouvrage terminé, il se tourna vers ses trois « assistants ». Constatant qu'ils avaient fini, il se dirigea vers le chaudron.

Avec une espèce de fascination, Raiponce regarda le blanc vérifier la température de l'eau, avant de verser la corne de bicorne dans le chaudron. Toujours mortellement sérieux, il fixa sa montre, avant de lancer un sortilège de compte à rebours d'une durée de cinq minutes. Une fois le temps écoulé, elle le vit ajouter une à une les feuilles de sisymbre dans la potion devenue verte. Entre chaque feuille, Jack touillait dans sa potion, réalisant un tour complet de chaudron avec la spatule. A chaque tour, la potion devenait plus claire. Tout cela sans une seule seconde d'hésitation. C'était vraiment étrange d'assister à cela quand on connaissait un peu Jack.

Au final, le liquide devint complètement blanc et se mit à faire des bulles qui n'éclataient pas mais se contentaient de gonfler et de dégonfler. Et dire qu'ils allaient finir par devoir avaler ça… Il n'y avait plus qu'à espérer que le mélange aurait meilleure mine à ce moment-là.

« - Voilà, dit soudain Jack, redevenu plus joyeux. Reste plus qu'à attendre 48 heures et ce sera bon. Ce qui nous amène à mercredi en fin d'après-midi. C'est ok ? »

Les trois autres donnèrent leur assentiment. Finalement, comme il ne restait plus rien à faire excepter attendre, ils se séparèrent. Seule Raiponce resta encore un peu dans la salle, fixant la potion qui continuait à faire ses bulles increvables. Elle voyait dans ces bulles une promesse. La promesse que bientôt, elle pourrait enfin réellement imaginer se transformer en animal. Et elle n'en pouvait déjà plus d'attendre.

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Assis sur un banc à la lisière de la Forêt Interdite, Harold attendait avec une légère inquiétude le début du cours de Soin aux Créatures Magiques. C'était relativement étonnant quand on connaissait le don qu'Harold avait pour calmer les animaux et communiquer avec eux, mais cela l'était moins quand on savait qu'au dernier cours, Brulôpot avait annoncé avec un sourire tellement grand que l'on pouvait voir sa molaire en or, qu'ils allaient plus que probablement adorer la créature qui serait étudiée le cours suivant. La dernière fois qu'il avait dit cela, Harold s'était retrouvé nez-à-bec avec un hippogriffe et n'avait pas su se débarrasser des images de viandes que lui avait envoyé la bestiole avant deux jours. Autant dire qu'il appréhendait plutôt pas mal la surprise que cachait maintenant ces cages recouvertes par des draps.

La bon côté, c'était que les cages étaient relativement petite, plus ou moins la taille d'un bureau d'écolier. La mauvaise, c'est que la liste des créatures mortelles pouvant rentrer dans cette cage était plutôt longue…

Perdu dans ses pensées, Harold ne vit pas le professeur arriver de sa démarche claudicante et sursauta donc quand, après s'être mis devant sa classe, Brulôpot prit la parole.

« - Bonjour tout le monde. Comme promis à la fin du cours dernier, je vous ai apporté des créatures assez exceptionnelles. Avant même de vous les présenter, je vous demanderais de faire attention à vos paroles : nos amis ici présent sont très intelligents et il est rare qu'ils acceptent de se laisser étudier. Ils nous font donc une grande faveur et sachez que quiconque vexera l'un d'eux sera sévèrement réprimandé, voir même pire si j'arrive à faire entendre ma voix auprès du Directeur. »

Harold entendit clairement ses camarades Poufsouffles et Gryffondors de quatrième année déglutir. Brulôpot n'était pas un tendre et ses menaces étaient toujours à prendre au sérieux. Et ces mêmes menaces faisaient grandir une curiosité brulante dans le ventre du jeune Gallois : quelle créature rare pouvait bien se cacher là-dedans pour mériter de tels égards ?

« - J'espère que vous m'avez tous compris. Alors permettez-moi de vous présenter les Chats du Cheshire. »

Soulevant d'un coup de baguette les draps recouvrant les cages, Harold et ses camarades purent découvrir un groupe de douze chats tigrés de différentes couleurs, toutes inhabituelles pour un félin, même un du monde magique : l'un était turquoise, l'autre rose fuchsia, un autre était orné de rayures de vert vif jurant avec le jaune presque fluo de son voisin. Mais tous avaient des yeux perçant qui vous gelaient sur place quand ils vous fixaient. Chose que faisait justement le chat rose à Harold.

« - Comme d'habitude, je vous ferai cours une heure, avant de vous laisser vous débrouiller avec les chats. Aujourd'hui, grande chance pour vous, suffisamment d'entre eux ont accepté de venir pour que vous puissiez travailler seuls. »

Perturbé, Harold continuait de regarder le chat rose. Ou plutôt, ce dernier ne cessait de le fixer, tout en continuant à sourire. Si la couleur rose n'était déjà pas très naturelle, le sourire rajoutait encore de l'étrange à la situation, ce qui n'était pas peu dire quand on vivait à Poudlard.

« - Pour commencer, nous allons parler de leur habitat. Comme le dit leur nom, ils vivent principalement dans le Cheshire. Cependant, leur comportement essentiellement solitaire les a poussés, au fur et à mesure de la croissance de la population, à élargir leur territoire, ce qui fait que l'on peut actuellement en retrouver depuis l'Écosse jusqu'au Yorkshire. »

Nom de nom, Harold aurait pu le jurer, l'animal venait de lui faire un clin d'œil. Était-ce seulement physiquement possible pour un chat de faire ça ?

« - Par contre, contrairement à ce que l'on pourrait penser au regard de leurs pelages voyants, ils sont passés maîtres dans l'art du camouflage. Ils ont la capacité de se rendre non pas invisible, comme on pourrait le croire en lisant les textes les concernant, mais intangible. Ils se dissipent dans l'air. D'ailleurs, les cages ici présentes ne servent qu'à garantir leur tranquillité. Vous êtes incapables de les atteindre, mais eux peuvent sortir quand cela leur chante. »

Mais allait-il arrêter de le fixer comme ça ? Le Poufsouffle avait l'impression d'être un morceau de viande, ou alors un spécimen d'insecte particulièrement intéressant. Une part de lui priait avec ferveur pour la deuxième solution.

« - Les Chats de Cheshire sont doués de parole et d'une intelligence assez exceptionnelle. Cependant, ils préfèrent souvent parler par énigme voir par nonsense et essayer de dérouter leur interlocuteur. Ils ne mentent que rarement, mais aiment bien ne dévoiler qu'une partie de la vérité. »

Toujours en écoutant Brulôpot d'une oreille distraite, Harold continua de fixer le chat. Quelque chose lui disait que peu importe la suite des évènements, il allait finir avec ce spécimen en particulier à étudier. Il n'était pas vraiment sûr de le vouloir.

Une grosse demi-heure plus tard, le professeur mit fin à son exposé. Il se tourna vers les cages, avant d'énoncer :

« - Messieurs les chats, je vous serais maintenant gré de choisir un partenaire pour l'heure qui suit. Je vous autorise bien évidemment à griffer quiconque vous offensera. »

Sans un mot, les chats se dissipèrent doucement dans l'air, depuis la queue jusqu'à la tête, laissant le sourire en dernier, jusqu'à ce qu'il s'efface à son tour. Puis, moins d'une seconde plus tard, ils réapparurent auprès des élèves, du sourire jusqu'au bout de leur queue. Harold ne fut pas surpris de découvrir le félin rose et mauve à ses côtés.

« - Euh,… Bonjour ? tenta-t-il

- Bonjour, répondit le Chat.

- Je… Je pense qu'il serait mieux de se mettre un peu à l'écart, pour être tranquille. »

Sans répondre, et sans se départir de son sourire, le félin se leva avant de se diriger vers un emplacement en plein soleil, soleil qui donnait bien en ce début septembre. C'était peut-être une créature magique, mais c'était avant tout un chat, après tout.

S'asseyant par terre, Harold sortit son cahier a dessin avant de commencer à croquer le chat. Chose qu'il réussit plutôt rapidement, l'animal étant plutôt placide.

« - Tu n'es pas très bavard, dit le Chat.

- Oh, pardon. J'ai l'habitude de me taire quand je dessine. Mais si vous voulez parler, on…

- Qui a parlé de parler ?

- Mais vous avez dit… ?

- Que tu n'étais pas bavard. Pas que je voulais parler ou qu'il fallait parler. Ou encore que je voulais que ça continue. Simplement que tu n'étais pas bavard. Ce qui est étrange, par ailleurs.

- Qu'est-ce qui est étrange ?

- Les fous se taisent souvent, ou alors ils parlent sans s'arrêter. Es-tu fou ?

- Quoi ? Mais de quoi parlez-vous ?

- Je parle, simplement. Cela fait-il de moi un fou ?

- Je ne comprends pas, décidemment.

- Le reconnaître est une bonne chose. Tout du moins meilleure que de ne pas le reconnaître. Mais sans nul doute moins bonne que de comprendre. »

Perturbé, Harold retourna à son dessin. Le Professeur Brulôpot les avait prévenus, le discours des Chats de Cheshire était souvent assez dur à suivre. Mais Harold ne s'était pas attendu à ce que ce soit aussi perturbant.

« - Te voilà redevenu taiseux. Bien que je n'arrive pas à savoir si je préfère cela ou pas, réattaqua le Chat quelques minutes plus tard.

- Je… Je préfère me taire plutôt que parler pour ne rien dire, répondit Harold, priant que l'animal ne prenne pas ça pour de l'irrespect, même si ça l'était un peu.

- Chemin intéressant. Est-ce le tien ?

- Mon chemin ?

- Ton chemin. Mais ils sont souvent durs à suivre, parce qu'ils s'enfoncent dans le noir. Alors nous préférons la plupart du temps la lumière rassurante des sentiers anciens. Préfères-tu les ténèbres ou la lumière ?

- La lumière, évidemment. Je n'aime pas me retrouver dans le noir, comme tout le monde. Mais quel rapport avec le chemin ? Ou plutôt, avec le fait de parler ?

- Rapport il y a, mais le verras-tu ? Et il est parfois intéressant de se perdre dans les ténèbres, ne serait-ce que pour mieux voir ce que nous montre la lumière. »

Harold ne répondit pas, et la conversation s'arrêta là. De temps à autre, il échangeait quelques mots avec le Chat, mais rien d'aussi étrange que précédemment. L'heure passa plutôt vite, et Brulôpot finit par rappeler ses élèves.

« - Très bien. J'espère que vous avez bien profité de l'heure. Contrairement aux années précédentes, je ne vous demanderai pas de me rendre votre devoir la semaine prochaine, mais de l'intégrer dans un dossier. Ce dossier sera notre projet de fin d'année et devra normalement compter trente-cinq fiches, vu que la semaine passée nous avons fait deux heures de théorie et que celle sur nos amis est donc la première. Vous pouvez y aller, mais n'oubliez pas de saluer le Chat qui vous a tenu compagnie. »

Se retournant vers l'animal rose, Harold se demanda s'il devait lui gratter la tête ou quelque chose du genre. Heureusement, le chat mit fin à son dilemme.

« - Heureux d'avoir fait ta connaissance, Harold Haddock. Si tu choisis le bon chemin, peut-être recroiseras-tu le mien. »

Puis il disparut, ne laissant qu'un sourire qui flotta quelques secondes en l'air.

Toujours un peu perturbé par la rencontre, Harold se dirigea vers le Château, rapidement rattrapé par Mérida.

« - Eh, Harold, attends-moi ! s'écria-t-elle avant d'arriver à sa hauteur. Ça va ?

- Quoi ? Oh, oui, ne t'inquiète pas.

- Si tu le dis. Ça tient toujours pour faire « tu-sais-quoi » avec Krokmou ce soir ?

- Oui, répondit laconiquement le Gallois.

- Tant que j'y pense : tu te souviens de ce dont on a parlé avec Raiponce mercredi ? »

Se reconcentrant un peu, Harold fit remonter de ce mémoire la conversation qu'ils avaient eu à quatre alors qu'ils entamaient la seconde phase de la potion. S'il se souvenait bien, Raiponce parlait du fait qu'ils allaient finir par s'embrouiller entre les projets scolaires, appellation apparemment populaire cette année auprès des profs, et leur projet à eux.

« - Et ?

- Ben j'ai eu une idée de nom pour notre projet. Tu vois, histoire que l'on sache de quoi on parle quand on en parle. Mais je préfère t'en parler d'abord, avant de proposer aux autres.

- Vas-y, alors.

- Oui, voilà. En fait, j'ai pensé à un nom qui passera facilement inaperçu. Qu'est-ce que tu penses de « Projet A » ? »

« Le Projet A ». Projet parce que c'était la dénomination qu'ils utilisaient depuis le début, A pour Animagus. Sauf que personne de sain d'esprit ne songerait à l'option « animagus » pour le projet quelconque de quatre ados. Simple, discret.

« Le Projet A ». Oui, décidemment, ce nom plaisait à Harold.

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(1) Rassurez-vous, je ne compte pas vous expliquer le principe de la reproduction, juste clarifier une petite chose : ça peut paraître étonnant que Marius, à 14 ans, tienne un tel discours. Mais ayez en tête qu'il vit dans une famille de Sang-Pur traditionnaliste, dans une société somme toute moyenâgeuse où il ne semble pas étrange que des adolescents de 17 ans soient pleinement majeurs et fiancés depuis un moment. Donc, je suppose que les sang-purs tiennent à leurs enfants la fameuse « Discussion » plus tôt, au moment de leur entrée à Poudlard où l'année qui suit.

Et voilà un nouveau chapitre. J'ai encore dû courir pour le finir à temps ^^ Mais reconnaissez qu'il est d'une taille plus que respectable (15 pages word et 6500 mots, quand même). Et je ne suis pas fan du titre, mais je n'en trouve pas d'autre. A la base, c'était « Gilderoy Lockhart », mais il n'apparaît pas assez pour que cela se justifie.

En tous cas, j'espère qu'il vous a plu. Il se passe plus de choses que la dernière fois, et nos bébés grandissent encore. Vous ne pouvez pas imaginer comme je me suis amusé à écrire la scène du réveil de Jack. Et je prie pour avoir réussi les parties avec Lockhart. Vous m'avez foutu la trouille en disant que vous l'adoriez tous…

Par ailleurs, un gros morceau de la partie d'Harold concerne le Chat de Cheshire. Si vous voulez une image et une voix en tête, imaginé celui de Disney (probablement un des meilleurs Chat de Cheshire, avec celui d'American McGee's). Et attendez-vous à revoir cet animal de temps à autre parce que l'ADORE ! (sauf celui de Burton. Chouette voix, mais je déteste son caractère)

Oh, et réflexion un peu bête : en l'écrivant, je me suis fait la remarque que le nom « Les Chats du Cheshire » pourrait limite faire un nom de groupe de musique. Voilà.

A dans deux semaines !

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