Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Chapitre non-corrigé, parce que je suis (encore) à la bourre et qu'en plus je n'ai plus aucune nouvelles d'Aangelik…

Merci à Cheschire (pour son mp), Emmawh, Philou, Alamane-kun, Isis Nephtys, Shinrie, Patapich, Gayl, Paquerette-san et Dadanelle-la-lectrice pour leurs reviews !

Philou : Merci pour ta review ! Et pour le titre du chapitre, je fais des étude d'histoire, c'est logique que je connaisse ça ^^ Pour le tableau, on voit la suite ci-dessous. Merci pour la faute, je la corrigerai quand j'aurai le temps de relire tous cela correctement. La mise au point des sentiments de Jack, j'y penserai, c'est vrai que ça pourrait être intéressant. Pour le passage sur la Chambre des Secrets, tout le crédit va à JKR, c'est son idée (et puis, elle aime apparemment bien mettre des évènements importants à cette date ^^). Bonne lecture !

Patapich : Merci pour ton énoooooorme review ! Je suis content que le point de vue de Mérida sur le rituel t'ait plu, c'est probablement ma partie préféré de ce chapitre (avec Fumseck). Il y aura encore des ingrédients et du risque ci-dessous. Et oui, l'élève aux cheveux gras dont parle le miroir, c'est bien Rogue ^^ Tu avais bien anticipé. Mais franchement, Mérida en couple, c'est vraiment improbable pour le moment :p Pour le fait que Jack décrive Mérida comme dangereuse… Et bien, c'est Jack, et sa relation avec notre Gryffondor reste plutôt houleuse, même s'ils s'aiment bien, au fond ^^

Pour la seconde partie de la review, oui, c'est le chevalier du Catogan. Pour Cédric, n'oublie pas qu'il a deux ans de plus dans le livre. Ici, Raiponce doit être sa première copine, peut-être la deuxième. On peut comprendre qu'il soit gêné, le pauvre ^^ Pour Andréa, et bien, c'est une jeune fille romantique ^^ Il faut penser que l'on n'a jamais vu Mrs Piedodu que du point de vue d'Harry, il est peut-être très bien ce salon ^^ Et pour la galerie des monstres, désolé, ça sera pour une autre fois (elle me servait juste de prétexte pour que tout le monde arrive dans le couloir ^^).

Pour Krokmou, j'en reparlerai dans un chapitre futur. J'avoue avoir mal géré ce truc-là, parce que je suis passé à dix kilomètres de mon objectif ^^ Pour Harold, oui, il a un don (que l'on revoit ici) dont on apprendra plus à Noël, normalement. La Voix, elle, reviendra bientôt ^^ Elle est encore là, mais comme on ne voit que des bribes de la vie de Jack, on rate ses moments :p (et hop, pirouette ^^). Bonne lecture !

Paquerette-san : Merci pour ta review ! Pour Fumseck, j'adore définitivement faire parler les animaux ^^ On revoit le tableau ici plus bas, on parlera du don de Mérida plus tard, et la Voix finira par revenir, ne t'inquiète pas ^^ Et les bêbêtes, c'est plus loin :p Merci pour ta compréhension et bonne lecture !

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 28 : Frayeurs

« - Bienvenus Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs à ce premier match de la saison qui opposera Gryffondor à Serpentard ! »

Un bruit assourdissant s'éleva du stade à cette annonce, chaque camp tentant de crier plus fort que celui adverse. Mérida elle-même, galvanisée par la foule, hurlait à s'en briser la voix.

« - Je vois que vous êtes motivés ! dit Lee Jordan, le commentateur. Accueillez comme il se doit les joueurs de GRYFFONDOR ! »

Sept joueurs parés de rouge et or surgirent des vestiaires, déclenchant des vivats de la part de leur maison. Ils firent un grand tour de terrain avant de se poser près de Mrs Bibine, l'arbitre.

« - Et maintenant, voici les SERPENTARDS, juchés sur les tout nouveaux Nimbus 2001 offerts par Lucius Malfoy. On ne se demande pas comment son rejeton a obtenu le poste d'attrapeur.

- Mr. Jordan ! contesta le Professeur Mcgonagall. Restez objectif, je vous prie.

- Je suis objectif ! Si je ne l'étais pas, j'aurai tout simplement traité ce gamin d'infâ…

- MR. JORDAN ! »

Pendant que le présentateur se faisait réprimander, l'équipe des verts et argents avait elle aussi fait le tour du terrain et s'était posée en face de ses adversaire. Faisant fi de la dispute entre Lee et le Professeur Mcgonagall qui continuait à résonner dans le stade, elle s'avança entre les deux équipes, en faisant avancer une malle en lévitation devant elle. Elle ouvrit cette dernière, libérant les cognards et le Vif. Attrapant le Souaffle, elle prit la parole.

« - Très bien. J'attends de vous du fair-play et un respect des règles exemplaire. A mon coup de sifflet… Trois, deux, un,… TRIIIIIIIII.

D'un geste vif, elle lança la balle en l'air, et le match commença.

Dans les gradins, Mérida sursauta quand Raiponce lui donna un coup de coude. Se tournant vers son amie, elle remarqua que celle-ci lui indiquait la loge des Professeurs, où siégeait maintenant Dumbledore, qui avait profité de l'agitation de début de match pour arriver discrètement.

Attrapant son calepin magique et une plume auto-encreuse, elle écrivit rapidement c'est quelques mots :

« Dumbledore est là »

Avec satisfaction, elle vit les mots disparaître, signe qu'Harold avait reçu le message. Ayant fait sa part du travail, elle rangea le carnet, tout en se faisant la remarque qu'elle allait devoir garder un œil sur le directeur. Il était bien capable de se barrer à la moitié de match.

Redirigeant son attention sur les joueurs, elle vit avec satisfaction que même si les Serpentards avaient de meilleurs balais, Gryffondor tenaient la distance. Les trois poursuiveuses et le gardien, avec l'aide des batteurs, parvenaient à maintenir le score à égalité. Tout se jouerait donc dans un duel d'attrapeurs.

Des attrapeurs qui, pour le moment, se contentaient de faire des cercles dans les airs, cherchant vainement le Vif d'Or. On voyait que c'était le premier match de Malfoy, car il calquait son attitude sur celle de l'attrapeur de Gryffondor, faisant de larges cercles autour du terrain. Technique très efficace pour quelqu'un qui, comme Potter, n'avait pas peur des plongeons ou de prendre des risques, mais qui l'était beaucoup moins pour ceux comme le petit blond, qui préférait jouer la sûreté d'après les échos que Mérida avait eu des entrainements de Serpentard.

Le match continua normalement, c'est-à-dire qu'il compta pas moins de douze fautes et deux blessés légers, pendant encore une quarantaine de minutes, jusqu'à ce que les choses prennent un tour inattendu.

« - Potter a un problème », souffla Raiponce.

Effectivement, le jeune lion était actuellement pourchassé par un cognard, qui semblait ne se focaliser que sur lui au lieu d'attaquer au hasard. Poussant son balai au maximum, l'adolescent enchaînait les vrilles et les loopings dans l'espoir d'échapper à la balle magique.

Les jumeaux Weasley, qui étaient les batteurs de l'équipe, avaient bien tenté d'aider leur coéquipier, mais le cognard était tellement déchaîné qu'il était parvenu à briser la batte de Fred. Les deux frères s'étaient donc résignés à voler en cercle sous Harry, histoire de le rattraper le garçon si il tombait de son balai. Pendant ce temps, les poursuiveurs adverses profitaient de l'absence des batteurs et de l'attention détournée des Gryffondors pour enchaîner les buts, amenant le score à 130 – 80 pour Serpentard.

Mérida, comme la majorité de ses comparses, avait totalement oublié les points et restait concentrée sur l'attrapeur de Gryffondor, qui fonçait maintenant d'un bout à l'autre du terrain, toujours poursuivit par la balle noire. Elle retint son souffle quand Potter effectua une roulade impressionnante, envoyant le cognard s'écraser dans une tribune. Elle se crispa quand le jeune homme reçu la balle magique en plein sur le bras, qui dut apparemment se briser vu comme il pendant maintenant le long du torse de l'adolescent, qui continuait à zigzaguer.

Et pourtant,… Elle ne pouvait s'empêcher de remarquer que ces zigzags n'étaient pas si anodins que ça. Harry Potter continuait à poursuivre le Vif d'Or !

Plus que le poursuivre, il l'attrapa ! Sautant presque de son balai, il se jeta sur la petite balle dorée, la cueillant au vol, avant d'atterrir brusquement sur le sable. Profitant du fait qu'il ne risquait plus de toucher son élève, Dumbledore fit jaillir un rayon blanc éclatant de sa baguette, faisant exploser le cognard fou.

Comme la majorité des Gryffondor, Mérida était descendue sur le terrain dès que le coup de sifflet final avait été donné. Affalé au sol, Potter était blanc comme un linge, se tenant son bras.

« - Harry, Harry, je peux prendre une photo ? S'il-te-plaît, Harry, piailla soudain un jeune garçon blond.

- Dégage Colin, grogna Harry.

- Laissez-moi passer, voyons. Allons, allons, laissez-moi passer », dit soudain une voix.

Gilderoy Lockhart venait d'apparaître. S'agenouillant près de l'attrapeur, elle saisit son bras sans la moindre délicatesse, tirant une légère plainte du blessé.

« - Le bras est cassé, énonça-t-il comme si il avait découvert le secret de la vie éternelle. Heureusement pour notre ami, je suis un très bon guérisseur.

- Professeur, intervint Hermione Granger, il vaudrait peut-être mieux l'emmener chez Mrs. Pomfresh.

- Ne dites pas de bêtises, jeune fille. N'allons pas ennuyer notre brave infirmière alors que je suis tout aussi compétent. Bon, ne bouge pas Harry. »

Pointant sa baguette sur le bras blessé, il afficha un air très concentré et prononça :

« - Poena aufertur(1) »

Le bras de Potter, au lieu de reprendre un angle normal, se fit soudain flasque. Pas simplement détendu, mais réellement mou, comme un gant de latex remplis de sable.

« - Eh bien, dit Lockhart, gêné… Ce sont des choses qui arrivent parfois. Au moins, il n'a plus mal !

- Plus mal ? Il n'a plus d'os du tout !

- Oui, euh, Miss Granger ? Veuillez emmener Mr. Potter à l'infirmerie, s'il-vous-plaît », se contenta de dire le Professeur, avant de disparaître à grandes enjambées.

Comme les autres élèves, Mérida quitta rapidement le terrain après cette scène, tout en plaignant Potter, qui allait sûrement devoir séjourner à l'infirmerie quelque temps après la bourde de Lockhart. Retournant au Château, elle se dirigea rapidement vers la salle n°27 où Harold devait attendre avec les plumes, si tout s'était bien passé. Effectivement, le jeune homme était là, installé dans le fauteuil.

« - Alors ?

- Nickel chrome », répondit le brun, en lui montrant de majestueuses plumes rouge et or.

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Le lendemain matin, alors qu'il se rendait à la Grande Salle, Jack se disait que cela allait être une bonne journée : il avait fini, avec plus ou moins de succès, tous ses devoirs. Marius aussi donc ils allaient pouvoir flâner à deux sans se préoccuper des cours toute la matinée. Et en plus, Harold avait réussi à avoir les plumes de Phénix, donc il allait pouvoir continuer la potion cette après-midi. Que du bonheur !

Malheureusement….

« - Il y a eu une nouvelle attaque ! »

C'était là la phrase qui pouvait résumer toutes les rumeurs qui circulaient ce matin dans la Grande Salle. Apparemment, il y avait eu une nouvelle pétrification, et c'était un élève qui en avait été victime. Un jeune Gryffondor du nom de Colin Crivey, connu pour son obsession envers Harry Potter et son amour de la photographie.

Et justement, le nom d'Harry Potter faisait lui aussi partie des rumeurs. Déjà qu'on l'avait retrouvé face au corps de Miss Teigne, alors maintenant que le petit blond, connu pour harceler le Survivant et s'être fait remballer par ce dernier la veille, alors qu'il voulait prendre sa blessure en photo, avait été pétrifié à son tour, autant dire que certains n'hésitaient pas à désigner Potter comme étant l'Héritier de Serpentard. Surtout que Crivey avait été découvert dans le couloir menant à l'infirmerie, où séjournait le joueur de Quidditch.

Cette histoire perturba Jack au point qu'il demanda aux trois autres membres du Projet A de reporter la potion de quelques jours. Cette phase se faisait avec des ingrédients trop précieux pour risquer de les gâcher à cause d'un esprit ailleurs. Aucun de ses camarades n'émit d'objections, car eux aussi étaient un peu chamboulés. Ce qui était compréhensible.

Après tout, Poudlard était censé être l'endroit le plus sûr au monde. Bon, évidemment, il y avait la Forêt Interdite, Peeves, le cerbère du couloir interdit, des accidents d'animaux domestiques comme des chats pétrifiés,… Mais on restait en sécurité tant que l'on respectait les règles.

Seulement voilà : Colin Crivey les avait respectées, les règles. Certes, il était dans le couloir mais avait, selon la rumeur, encore du temps avant le couvre-feu. Et il avait été pétrifié.

Et il n'y avait pas que Jack qui était perturbé par cet évènement. De nombreux élèves commençaient à craindre pour leur propre sécurité et certains avaient vu là le bon filon. Un véritable marché noir d'amulettes, plantes protectrices et sortilèges anti-pétrification s'était développé, profitant du climat de peur qui commençait à s'installer.

Il n'était donc pas rare de voir des élèves se balader avec des dizaines de colifichets probablement aussi efficace pour repousser les monstres que les boules de cristal de Trelawney pour lire l'avenir, des plantes toutes plus bizarres les unes que les autres, avec une mention spéciale pour l'espèce d'oignon malodorant qu'avait dégotté Neville Londubat, ou encore en train de marmonner des incantations supposées tenir tout danger à l'écart.

Même au sein de la maison Serpentard, cette pratique avait cours. Mais il n'était pas dit que Jack allait laisser des membres de sa maison se faire arnaquer.

« - Qu'est-ce que tu as là, Tim ? demanda-t-il au Serpentard de première année.

- Je… C'est Travers qui m'a vendu ça. Il dit que ça repousse les monstres.

- Et pourquoi tu as acheté ça ? Je ne suis pas un spécialiste, mais je peux t'assurer que c'est probablement la première racine que Travers a trouvé en allant à la lisière de la Forêt Interdite.

- Mais alors, je dois faire quoi ? Tu sais, je suis un sang-de-bourbe, alors…

- N'utilise pas ce mot, Tim. C'est une insulte, alors évites de te décrire avec.

- C'est comme ça que Draco m'appelle… »

Jack sentit la moutarde lui monter au nez. Malfoy… Il avait profité de l'ignorance des premières années pour provoquer leur « chef », ce qui faisait de lui le Prince des premières et des deuxièmes. Mais contrairement à Jack, qui n'appréciait pas trop de se coltiner une suite, dont il avait heureusement su se débarrasser, mais qui prenait quand même le temps de s'intéresser aux problèmes de ses « ouailles », comme les appelait Marius, le blond ne prenait que ce qu'il voulait et délaissait le reste. C'était par exemple Jack qui avait dû expliquer aux premières que non, Tim n'avait pas une tare parce qu'il était né-moldu et que les Serpentards ne devaient pas obligatoirement dénigrer ceux qui n'étaient pas de sang pur. Et voilà qu'en plus, Malfoy s'amenait en éructant des « sang-de-bourbe » à tout va, réduisant son travail à néant.

« - Jack ? Je le dirais plus, si tu n'aimes pas ça…

- Quoi ? demanda l'adolescent, avant de se rendre compte que Tim prenait probablement son air coléreux pour lui. Non, ne t'inquiète pas. Enfin, j'aimerai quand même mieux que tu n'utilises pas ce mot. Tu te souviens de ce que je t'ai dit.

- Le sang n'a pas d'importance. La puissance ne fait pas tout.

- Mais ce qu'on en fait dit ce que l'on est », termina Jack, récitant cette vieille phrase que sa mère lui avait apprise.

Souriant, Jack ébouriffa les cheveux du jeune garçon, qui lui rappelait énormément Veilleuse, avant de se diriger vers la bibliothèque et d'en tirer un vieux livre.

« - Allez, viens », dit-il en tapotant le canapé à côté de lui. Tim ne se fit pas prier et s'assit rapidement.

Délicatement, Jack ouvrit le livre nommé « Légendes de Serpentard ». C'était probablement le livre le plus complet et le plus fiable que l'on pouvait trouver à propos du fondateur. Il relatait sa vie, avec le plus d'objectivité possible. Il était malheureusement devenu assez difficile à trouver, car il ne collait pas à la vision « méchant mage noir » qu'avait la plupart des sorciers de Salazar Serpentard. L'exemplaire de la salle commune était probablement un des derniers.

« - Bon, regardons un peu ce que dit le livre à propos de ce fameux monstre. »

Feuilletant le livre, Jack finit par trouver la page parlant de la Chambre des Secrets.

« De toutes les légendes entourant Serpentard, celle de la Chambre des Secrets est probablement celle qui a fait couler le plus d'encre.

Censée être cachée dans le célèbre Château de Poudlard, elle contiendrait un monstre capable de débarrasser Serpentard de ses ennemis. De nombreux directeurs de l'école de magie ont tenté de découvrir son emplacement, sans succès.

D'après la légende, seul l'héritier de Serpentard serait capable de la trouver et de l'ouvrir, réveillant la bête pour protéger le Château ou, selon d'autres versions, chasser les né-moldus. Il semblerait cependant que ces versions ne soient apparues que des siècles plus tard, bien qu'aujourd'hui elles aient pris le pas sur la version originelle dans les esprits. (2) »

« - Tu vois ? Protéger le Château, voilà ce que devrait faire le monstre de Serpentard. Alors à mon avis, c'est bien plus un élève qui s'amuse au détriment des autres qu'un véritable monstre qui rôde dans les couloirs.

- Tu me le promets ?

- Je le promets. Maintenant, jette-moi cette racine avant que l'on ne découvre qu'elle est vénéneuse. »

Tim ne se fit pas prier et abandonner le végétal, avant de retourner dans son dortoir, sûrement pour répandre la bonne nouvelle.

De son côté, Jack resta dans le canapé, les yeux fermé. Il espérait de tout son cœur avoir raison. Parce que si le monstre existait vraiment et que Tim se faisait blesser par manque de prudence, il n'était pas sûr de pouvoir se le pardonner.

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Assis dans la clairière de Krokmou, la tête du dragon sur ses genoux, Harold respirait profondément, les yeux fermés. C'était une des techniques de méditation qu'il avait découvert en cherchant avec Raiponce laquelle serait la plus adaptée à la transformation animagus. Pour le moment, il ne savait pas si ça servirait à quoi que ce soit visant à rentrer en contact avec son animal totem, mais ça l'aidait à se calmer.

Et du calme, il allait en avoir besoin, vu ce qui était prévu aujourd'hui.

« - Ah, tu es déjà là ! dit soudain une voix bien connue.

- On avait rendez-vous il y a plus de vingt minutes, Mérida.

- Oh, ça va, le nombre de fois où tu me fais poireauter parce que tu étais plongé dans un livre. Bon, passons, tu as la liste de sort ? »

Sans un mot, le Gallois dégagea la tête du reptile de ses genoux et sortit un parchemin où étaient écrits différents enchantement, comme celui de discrétion, de camoufle-odeur ou encore le sortilège du Gecko.

La rousse attrapa la feuille, lut les sorts, puis se mit à les lancer un par un. Une fois qu'elle eut fini, elle fouilla dans la poche de son pull, qu'Harold avait coloré pour l'occasion en marron, histoire de passer inaperçu dans les bois, et en sortit une fiole qu'elle tendit à son comparse.

« - Cadeau de Jack.

- C'est la potion de vision d'aigle dont il m'avait parlé ?

- Non, il n'a pas su la faire. J'ai pas retenu le nom de celle-ci, mais apparemment elle va nous permettre de voir dans l'obscurité, du moment qu'il y a un minimum de lumière. Mais il m'a dit qu'elle ne durait qu'une heure, alors il ne faut la boire que quand on en a vraiment besoin.

- Espérons qu'elle ne nous lâche pas en plein milieu de la fosse, alors.

- Ça va aller, tu verras. Bon, on se met en route ? »

Harold soupira et se leva, avec l'impression d'avoir des pieds en plombs. Puis, emboitant le pas de Mérida, il prit la direction du Nid des Araignées.

Quelques minutes plus tard, les deux amis montèrent dans les arbres, aidés du sortilège du Gecko qui rendait leurs doigts adhésifs. Les végétaux étant devenus très serrés, il était devenu possible de voyager de branche en branche facilement. De plus, le feuillage dense diminuait fortement les chances de croiser les acromentules, car si leur taille les rendait beaucoup plus dangereuses, elles étaient aussi beaucoup moins agiles que leurs consœurs de taille normale, ce qui faisait qu'elles préféraient chasser au sol.

L'épaisseur de la canopée obligea les deux amis à boire leur potion. Voyant maintenant comme un plein jour, Harold repéra que le Nid n'était plus très loin, car les toiles se faisait de plus en plus nombreuses. C'était pour une de ces toiles qu'ils étaient là, car ils en avaient besoin pour la potion. Malheureusement, celles qui étaient là étaient bien trop abîmées pour être utilisables. Ils allaient devoir s'approcher un peu plus.

À côté de lui, Mérida lui fit comprendre silencieusement qu'ils feraient mieux de se séparer, histoire de récolter le plus possible de toile. Hochant la tête pour montrer son accord, Harold tapota sa baguette, histoire de lui dire d'être prudente, puis partit de son côté.

Continuant son chemin, le garçon se fit de plus en plus précautionneux, car les araignées géantes commençaient à être très nombreuses. Il venait de repérer une belle toile, quand il eut l'impression qu'une aiguille chauffée à blanc lui transperçait le cerveau.

« Peur »

« Danger »

« Fuir »

Des images, des pensées qui ne lui appartenaient pas se mettaient à tourner dans sa tête, traduisant toute la même sensation : Quelqu'un était terrifié. Mais qui ?

« - La bonne question est plutôt « Par quoi ? », intervint une voix à côté de l'oreille d'Harold, qui manqua de dégringoler en bas de l'arbre. Mais tu n'as jamais été bon pour te poser les bonnes questions. Reste à voir si tu trouves les bonnes réponses aux mauvaises.

- Le Chat ?

- Ton sens de la déduction est décidemment très affûté, même si tu ne réponds pas à la question.

- Êtes-vous fou d'apparaître ainsi ? J'ai failli tomber au milieu de ces bestioles !

- Mais tu ne l'as pas fait.

- J'aurais pu.

- Là n'est pas ma question. Alors, de quoi ont-elles peur, ces charmantes acromentules ?

- Ce sont d'elles que viennent ces sentiments ?

- De qui d'autre ?

- Mais qu'est-ce qui peut faire peur à des horreurs pareilles ?

- Qu'est-ce qui peut faire peur à l'horreur ? La question est intéressante, nous pourrions en discuter longtemps…

- J'ai un souvenir assez perturbant de notre dernière discussion, le Chat.

- … Mais la réponse de notre cas précis peut facilement être trouvée. Il te suffit d'écouter ce qui se passe dans leur tête.

- Quoi ? Mais c'est incompréhensible !

- Tu ne gères pas ton don. Canalises, de char d'assaut devient anguille.

- Vous êtes toujours aussi clair que la dernière fois.

- Vraiment ? Je fais des efforts, pourtant… Moi qui pensais arriver à t'embrouiller, voilà que tu enlèves tout le côté amusant de jeu. Mais mon conseil reste bon : canalise. »

« Canalise », il en avait de bonne ce vieux matou mité.

« - Mon pelage ne comporte aucune mite, je te rassure. »

Mité et télépathe. Bref. Harold essaya de faire comme il pouvait, appliquant les faibles bases de magie de l'esprit qu'il possédait. Tentant de toucher l'esprit d'une araignée, il allait abandonner quand…

« Peur »

Oui, mais peur de quoi ?

Des images et sensations affluèrent. Le froid. Le gout de la peur dans la chair des victimes. Des morts sans blessures. Recueillir les plus faibles en fuite.

« - Elles… Elles ont peur d'un autre animal. Qui peut apparemment les tuer sans infliger de blessures. Et toutes les araignées ont peur.

- On avance. Ou peut-être recule-t-on, va savoir.

- Merci.

- Au fait, ce que tu cherches est là », répondit simplement le Chat en pointant de sa queue panachée une toile qui semblait parfaitement propre.

Harold se dépêcha de récupérer la soie, avant de se tourner vers le Chat.

« - Pourquoi étiez-vous là ?

- Pourquoi pas ? Ici ou ailleurs… C'était sur mon chemin. Et le tien apparemment. »

Et le Chat disparut.

Soufflant de dépit, Harold fit demi-tour. Arrivant à l'arbre où il s'était séparé de Mérida, il remarqua que cette dernière était déjà là, avec elle aussi une belle quantité de soie d'acromentule.

« - Enfin ! J'ai cru qu'elles t'avaient bouffée.

- Moi ? Elles ne sauraient pas quoi faire de tous ces muscles ! »

Mérida retint un de ses bruyants éclats de rire, car le Nid n'était pas très loin, puis se remit en route, histoire de sortir des « Bois Perdus » avant que la potion de Jack ne fasse plus effet.

Derrière elle, Harold était pensif. Le Chat avait su ce qu'il devait faire pour mieux percevoir les pensées des araignées. Comment ? L'adolescent avait un peu de mal à croire que l'animal connaissait d'autres personnes avec son don. Peut-être sa propre télépathie s'approchait-elle de la capacité du Gallois ? Et il était encore revenu avec cette histoire de chemin…

Tout aussi perturbé que lors de sa dernière rencontre avec la créature magique, le Poufsouffle se fit la promesse d'extorquer ses secrets à l'animal lors de leur prochaine rencontre. En attendant, il sentait une nouvelle migraine pointer le bout de son nez. Maudite bestiole.

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Assise dans la salle n°27, Raiponce réflechissait. À la base, elle n'était pas venue ici pour ça, mais simplement pour se préparer à son aise pour son rendez-vous avec Cédric. Le premier, lors de la sortie de novembre, c'était plutôt bien passée même si le Poufsouffle avait été plutôt timide. Il s'était peu à peu détendu au fil de l'après-midi et la journée s'était finie d'une manière agréable, autour d'une bièraubeurre au Trois Balais, un moment que Raiponce avait bien plus apprécié que le début d'après-midi chez Mrs. Piedodu, où elle avait passé son temps à envoyer des regards désespéré à Jack, au milieu de cet excès de rose et de sucre. Elle aimait le rose, mais il y avait des limites.

Cédric et elle avaient continué à se tourner autour durant tout le mois et finalement, deux jours plus tôt, il l'avait embrassée et avait demandé si elle voulait bien l'accompagner à la sortie du six décembre, c'est-à-dire aujourd'hui.

Et apparemment, c'était la saison, car toutes ses camarades de dortoir étaient elles aussi invitées par différents garçons, autant dire que ça gloussait sec dans la chambre. C'était principalement pour ça que Raiponce s'était rapidement éclipsée. Mais pas assez vite pour ne pas entendre Marietta une de ses camarades, confier à Cho qu'elle pensait bien être amoureuse de Cormac McLaggen.

Cela avait amené Raiponce à se poser la question. Était-elle amoureuse de Cédric ? En y réfléchissant, elle ne ressentait pas ces « papillons » dont parlaient les autres filles, pas plus qu'elle ne se sentait « toute chose » quand Cédric lui adressait la parole. Au contraire, elle se sentait pleine d'énergie, comme d'habitude.

Alors pourquoi avait-elle accepté les rendez-vous ? Mentalement, elle se mit à lister ce qu'elle appréciait chez le Poufsouffle : il était gentil, doux, amusant, elle se sentait bien avec lui, il était aussi mois…. Usant, dirons-nous, que ne pouvaient l'être Mérida ou Jack. En fait, il ressemblait un peu à Harold. Mais elle était quasi-sûre de ne pas être amoureuse du Haddock. Elle avait simplement une envie constante de le protéger, même si elle savait maintenant qu'il était parfaitement capable tout seul, vu ce qu'il avait fait à Jack en deuxième année.

Retournant le problème dans tous les sens, elle finit par arriver à la conclusion que Cédric était plus qu'un simple ami, mais peut-être pas l'homme de sa vie. Et d'une manière purement pragmatique qui aurait probablement fait hurler d'horreur un auteur de romans Harlequin, elle décida de ne pas réfléchir plus loin et de profiter de la relation qu'elle construisait avec le Poufsouffle. Si ça marchait, tant mieux, sinon,… Eh bien, il y avait d'autres poissons dans la mer, elle attendrait de pêcher le bon.

Sortant de ses pensées, elle jeta un coup d'œil à la potion de chamanisme qui reposait tranquillement dans son coin. Quand Harold avait récupéré les plumes de Phénix, Jack avait continué à la préparer, ajoutant différents ingrédients, comme de la sauge ou des graines de tentacula vénéneuse, pour finalement ajouter les plumes de Phénix.

Deux semaines après, il avait pu retirer les plumes et passer à la dernière étape consistant à ajouter la menthe, puis la soie d'acromentule. Celle-ci flottait toujours dans le chaudron, se dissolvant lentement dans le liquide qui, pour le moment, arborait une couleur noir goudron pour engageante. Si tous se passait bien, d'ici deux semaines la soie aurait disparue et la potion aurait pris une teinte gris perle.

La potion amena la jeune fille à penser à Jack. Une semaine plus tôt, elle avait enfin pu lui montrer le couloir encombré qu'elle avait découvert le jour d'Halloween. Et sa réaction avait été plutôt intéressante.

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« - Raiponce, va moins vite, tu vas m'arracher le bras ! geignit Jack.

- Dépêche-toi !

- Mais enfin, ce couloir ne va pas disparaître.

- Si, justement, il pourrait. Alors grouille. »

Arrivée devant le tableau de la Dame aux Vouivres, elle prononça « Tremaine (3) », puis s'engagea dans le passage ainsi révélé, Jack toujours à sa suite.

D'un pas connaisseur, elle remonta le couloir qu'elle avait fini par appeler « le couloir fourre-tout », ne prêtant pas attention ni aux bravades du Chevalier de Catogan ni à Simone l'armure pleureuse. Rapidement, elle arriva devant le paysage enneigé qui lui était maintenant familier.

« - Jack ? Vous êtes là ?

- Euh, oui, vu que tu m'as trainé ici de force. Et pourquoi me vouvoies-tu ?

- Pas toi idiot. Le Jack du tableau.

- Le Jack du…

- Raiponce ! Je suis content de vous voir ! J'étais parti ennuyer un peu le baron Tepes, mais j'ai dû m'en aller quand il m'a menacé de me vider de mon sang. Pas pour rien qu'on l'a confiné à son tableau, celui-là !

- Je suis contente de vous voir, moi aussi. J'ai amené la personne du je vous avais parlé », répondit-elle en mettant Jack face au tableau.

Jack qui était bouche-bée depuis l'apparition de l'être de peinture. Ce dernier lui ressemblait trait pour trait, le même visage, les même cheveux blancs, les mêmes yeux bleus. Le personne du tableau semblait être un peu plus vieux, mais c'était bien la seule différence.

« - Voilà donc mon fameux descendant ? Du moins, un membre du clan Frost, selon Miss Raiponce. Je suppose que tu as deviné qui j'étais ?

- …

- Serais-tu muet ? Déjà que je ne vois pas grand monde, mais si les rares qui viennent son muet, ça ne m'avance pas des masses.

- Non je… Enfin, oui, je sais parler. Mais…. Vous êtes Jack Frost ? LE Jack Frost ?

- La dernière fois que j'ai vérifié, oui. Ce qui remonte à trente ans, quand c'était un tableau et non une armure qui siégeait sur le mur en face.

- Personne de m'aiiiiiiime, sanglota ladite armure.

- Mais non, Simone, on t'aime, tu le sais. Je disais ? Ah, oui, donc j'en avais profité pour regarder mon tableau de l'extérieur, ainsi que ma plaque de présentation. « Jack Frost », par W. Joyce.

- Mais… Qu'est-ce que vous faites à Poudlard ? Et enfermé dans ce vieux couloir avec des trucs rouillé et des tableaux suceurs de sang ?

- Je ne suis pas rouillée, ce n'est pas vrai, sanglota Simone.

- Simone, tais-toi un peu, tu vas finir par les faire fuir. Pourquoi je suis ici ? Eh bien, un de mes descendant, il y a un bout de temps maintenant, en a eu marre de moi, soi-disant que j'étais « trop dissipé » et que je « ne montrais pas le bon exemple aux enfants du Can ». C'était surtout qu'il n'avait pas apprécié que je raconte aux gamins qu'il avait fait dans son lit jusqu'à quatorze, le vieil idiot. Bref, on m'a amené ici, j'ai réussi à me mettre ces vieux barbons de « toiles de maîîîîîîîître » sur le dos et donc, on m'a bloqué ici.

- Je vois. Et… »

Discrètement, Raiponce s'éclipsa. Jack finirait bien par retrouver le chemin tout seul quand il aurait fini. Autant le laisser profiter de son ancêtre (4).

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Au final, Jack s'était perdu et n'était rentré dans sa salle commune qu'aux alentours de minuit, après s'être fait attrapé par Snape. Mais bon, l'important, c'était qu'il avait rencontré son ancêtre, non ?

Remarquant l'heure, Raiponce se relava, lissa les plis de sa robe, puis s'en alla à son rendez-vous. Arrivée en bas des escaliers, elle repéra Cédric, qui avançait à grande enjambées vers elle. Il lui sourit timidement, avant de l'embrasser avec douceur, comme si il avait peur de la casser. Roue de gêne, il balbutia quelques instants, avant de réussir à parler.

« - J'ai… J'ai réservé une table chez Mrs. Piedodu. J'ai vu que tu avais bien aimé la fois passée, donc… »

Mrs. Piedodu. Elle aurait peut-être dû refuser, finalement.

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(1) « Douleur, disparaît »

(2) Bon, les puristes de JKR (s'il y en a ici) vont sûrement hurler au meurtre en lisant cette version remixée de l'histoire de la Chambre des Secrets, mais je ne pouvais pas garder ce gros cliché « Serpentard méchant pas beau, Gryffondor grand héros » alors qu'un personnage principal et deux persos secondaires sont des Serpentards.

(3) C'est le nom de la belle-mère de Cendrillon. Je suis nul pour les mots de passe ^^

(4) Le couloir fourre-tout, Jack le tableau et Simone l'armure pleureuse sont la propriété d'Emmawh. Ils apparaissent dans l'OS n°2 de « One Hijack Summer », que je vous conseille sans hésiter. Vous avez compris ? Foncez ! (je ne l'ai pas crédité au chapitre précédent pour éviter le spoil, j'espère que vous comprendrez ^^)

Autant vous le dire tout de suite : je ne suis pas content de ce chapitre. J'ai même failli ne pas le publier aujourd'hui, pour tout dire. Mais bon, l'heure, c'est l'heure ! Et puis, si je me met à repousser les sorties parce que je trouve des défauts, autant mettre la fic en pose ^^

On a aussi vu le grand retour du Chat ! Il n'était absolument pas prévu mais c'est, avec Marius, le personnage que je maîtrise le moins : il apparaît quand il veut, moi je subis :p

Si je ne me trompe pas, le prochain chapitre devrait être le dernier de l'année 1992. Suivra un petit bonus, puis le chapitre centré sur Noël durant les fêtes.

Pour ceux que ça intéresse, on devrait probablement avoir les prompts de la Hijack Week de décembre sur ce site aujourd'hui : hijack-week . tumblr

Perso, je ne sais pas encore si j'y participe, faut voir les thèmes et comment se goupille mon mois de décembre. Si je n'ai vraiment pas le temps de tout faire, je m'essayerai peut-être à un ou deux os : )

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