Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Chapitre non-corrigé. Plus de nouvelles d'Aangelik. Si quelqu'un est intéressé par le poste de bêta, qu'il me fasse signe ! J'ai contacté des gens via le site, mais pas de réponse pour le moment.

Merci à Alamane-kun, Inuko/InfiniteScorpioInoku, Anthae, Philou, Isis Nephtys, Emmawh, DeadlyFury, halowii'n (x3), Paquerette-san, Lybiscus (x5) et Casey June pour leurs reviews !

Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, Raiponce sert souvent de « résumé », pour le moment, mais ça va changer ^^ Pour Harold, et bien il a quatorze et jamais bu grand-chose de sa vie, c'est logique qu'il ne tienne pas, surtout vu sa constitution. Le traineau ferra une apparition un jour ou l'autre. Je suis content que le rituel t'ait plu, mais on n'en saura pas vraiment plus pour le moment. Pour Brunehilde, je l'avais moi aussi imaginée comme Galadrielle, surtout que je venais de voir le Hobbit. Pour Nessa, comme je le disais la dernière fois, en fin de chapitre, c'est un reine des légendes celtiques, même si ce n'était pas vraiment une guerrière. Mais elle était mariée à un Fergus dont le description colle pas mal à celui de Rebelle. Je te laisse lire la suite !

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 31 : Le Feu de Saint-Antoine

Penchés au-dessus du grand chaudron caché dans la salle n°27, Harold, Raiponce, Jack et Mérida regardait le liquide gris qui y reposait, un peu circonspects.

« - Tu es sûr que la potion est correcte ? demanda la Gryffondor du groupe.

- Oui. Enfin, presque… répondit Jack, un peu hésitant.

- Presque, comme ça, presque ?

- Ben, faut quand même se dire qu'il y a pas mal de trucs toxiques, là-dedans. Normalement, on ne devrait pas être empoisonné, j'ai vérifié les balances. Mais… »

Ce « Mais… » flotta dans l'air quelques instants. Il résumait à peu près toutes les craintes du groupe face à cette potion. Après tout, c'était un philtre que l'on disait presque irréalisable sans un maître des potions. Bon, apparemment, les « Maraudeurs » avaient réussi à la finir, eux-aussi. Et vu que leurs notes avaient été trouvées dans une cache, complètes, on pouvait supposer qu'ils n'étaient pas morts empoisonnés dans un coin obscur du Château.

« - Bon, on va pas y passer la journée ! » s'exclama Raiponce.

Saisissant la louche, elle remplit les quatre gobelets qui trônaient sur la table de la quantité indiquée par les Maraudeurs, avant de saisir le sien et de l'avaler d'une traite. Inquiet, les trois autres la regardèrent, histoire d'agir si elle se mettait à se tordre de douleur.

« - Ça… ça va ? demanda Harold.

- Je ne sens rien de différent. J'ai juste l'impression d'être un peu éblouie. »

Le Gallois hésita une seconde, avant de saisir son propre gobelet et de la boire, vite suivi par Mérida. Jack prit lui aussi son verre, mais se contenta de le regarder, comme si les lettres « POISON » allaient soudainement se mettre à se former à la surface du liquide.

« - Et ben alors, Jack, on a peur ? » le nargua Mérida.

Jetant un regard noir à la rousse, l'adolescent prit une grande inspiration, avant d'avaler son verre cul-sec.

Comme lui avait dit Raiponce, il ne sentait rien de différent. Ses entrailles ne se tordaient pas, il n'avait pas envie de vomir et il n'avait pas la sensation qu'il allait s'évanouir. La seule chose de différente, c'est que le monde lui paraissait plus clair. Il avait l'impression de « comprendre » ce qu'il voyait au lieu de simplement le regarder. C'était réellement étrange.

Cependant, cette sensation s'estompa bien vite. Quand les effets furent totalement dissipés chez les quatre membres, Raiponce ouvrit le livre constitué des notes des Maraudeurs, s'arrêtant à la page « Méditation ».

« - Apparemment, la potion a des effets différents selon les personnes : on va tous avoir une première vision « personnelle », puis on pourra seulement se mettre en méditation.

- Et cette vision arrive quand ?

- C'est ça qui est propre à chacun. Apparemment, quand les Maraudeurs ont bu leur potion, le premier a eu sa vision le lendemain mais le dernier a dû attendre plus deux semaines.

- Carrément deux semaines ?

- Hmmm. Bon, je propose que l'on arrête les réunions pour le Projet jusqu'à ce que tout le monde ait eu sa vision. Essayez juste de mettre au propre la liste de qualité/défauts que vous avez trouvés pour que ce soit plus facile d'entrer en méditation. Et surtout, dès que vous avez votre vision, prévenez les autres.

- Bien chef ! s'exclama Mérida. Sinon, le livre dit quelque chose à propos de la première vision ? Comme des signes qu'elle arrive ou ce genre de choses ?

- Non, rien. Si on remarque quelque chose, on le rajoutera dans la version finale. D'autres questions ? »

Comme personne n'en avait, les quatre adolescents se séparèrent.

Jack, pour sa part, décida de retourner aux cachots. Il avait toujours son maudit devoir pour Lockhart à faire, et il devait le rendre demain. Mais avec un peu de chance, Andréa accepterait de l'aider.

Ce qu'elle accepta. Et donc, en à peine une demi-heure, l'adolescent eu finit de rédiger son magnifique parchemin sur le thème « Quels sont les gels idéaux pour les situations suivantes, sachant que la coiffure doit rester intacte ? Choisissez et argumentez. » Sincèrement, Jack plaignait les élèves de cinquième et de septième qui allait devoir bosser trois fois plus que nécessaire pour leur BUSE et ASPIC et Défense.

Quand dix heures sonnèrent, le Serpentard décida qu'il était temps de se mettre au lit, que Marius avait rejoint il y a un petit quart d'heure. Par habitude, il ne prit pas la peine de se rendre dans la salle de bain pour se changer et retira sa chemise dans le dortoir. Il allait faire de même avec son pantalon, quand une voix légèrement endormie s'éleva.

« - Qu'est-ce qui est arrivé à ton dos ? »

Jack grimaça. Il avait oublié les marques dans son dos. Comment expliquer à Marius qu'il avait participé à un rituel qui faisait quasiment ressembler sa famille à une secte et qu'il était tombé évanoui sur de la glace sans que ce dernier n'appelle Snape pour lui dire que son ami avait perdu la tête ?

« - Rien, je suis juste tombé sur le dos en faisant de la luge pendant le weekend.

- Il n'a pas neigé, pourtant.

- Tu oublies à qui tu parles, répondit Jack en faisait tomber quelques flocons sur le nez de Marius.

- Oh. Oui, c'est pas faux. »

Content d'avoir désamorcé la situation, l'Irlandais se changea rapidement avant de s'enfoncer dans son lit. Il était prêt à s'endormir quand…

« - Jack ?

- Hmmm ?

- Tu mens mal. »

Cette petite phrase empêcha l'adolescent de fermer l'œil de la nuit. « Tu mens mal ». Qu'est-ce que Marius allait bien pouvoir imaginer ? Que Jack s'était battu et qu'il ne voulait pas le dire ? Que sa famille le maltraitait ? Ou le pire, qu'il n'avait tout simplement pas confiance en lui ?

Au final, le soleil se leva et Jack n'avait dormi qu'une paire d'heures. Les yeux cernés, il se traina tant bien que mal jusqu'à la Salle de Bain, tentant de se réveiller grâce à une douche chaude, ce qui fonctionna à moitié.

Mais il s'avéra que Jack s'était empêché de dormir pour rien, car Marius agit de manière parfaitement normale, comme si rien ne s'était passé. La journée se déroula plutôt normalement, à l'exception de la chouette de Mérida qui plongea en piqué sur la table des Gryffondor durant le déjeuner et qui emporta une corbeille entière de fruits, jusqu'au cours de Potion.

La leçon du jour portait sur l'utilité du Bézoard, dans la continuité du cours du premier quadrimestre portant sur les antidotes. Jack et Raiponce avaient hérité d'une potion particulièrement difficile, le Philtre Régénérateur du Bézoard, un dérivé de celui à la mandragore qui allait servir à réveiller les victimes du Monstre de Serpentard.

C'était une potion qui demandait une attention de tous les instants, mais elle n'était pas bien compliquée pour deux personnes ayant réussi à fabriquer une potion de chamanisme. Cependant, le blanc restait quand même prudent histoire que le chaudron ne lui explose pas à la figure. Il était en train de couper sa racine de valériane, quand son regard se perdit dans les flammes.

Une drôle de sensation lui remonta le long de la colonne vertébrale. Il avait envie… de s'approcher du feu. De sentir sa chaleur sur son visage. Et puis, comme lorsqu'il avait avalé la potion la veille, son vue s'éclaircit. Il remarqua une forme floue se faufiler un peu plus loin, et suivant un instinct venu tout droit de ses tripes, il s'élança. La forme sortit rapidement de la salle, Jack à ses trousses. Elle tourna dans un couloir sombre, mais le changement de luminosité de gêna l'adolescent que quelques secondes avant que tout ne redevienne clair comme en plein jour. Il sentait déjà le sang chaud de la forme, parce qu'il était sûr de l'attraper, couler dans sa gorge. Il voulait juste la rattraper, et peut-être en offrir la moitié à Andréa, s'il la trouvait. Cela lui ferait sûrement plaisir. Cela…

Cela fit « BOUM ».

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Assise sur une chaise de l'infirmerie, Mérida attendait. Quoi ? Et bien que cet idiot d'Overland se décide à se réveiller. Il était dans les vapes depuis hier matin et Raiponce avait décidé qu'il fallait absolument qu'il y ait quelqu'un du Projet avec lui le plus souvent possible. Parce que s'il se réveillait et annonçait soudain avoir eu une vision, ce que les autres membres du groupe soupçonnaient, ils allaient avoir du mal à l'expliquer au corps professoral.

Quand il avait été décidé que Mérida passerait ses heures de libres du mercredi à veiller le comateux, elle avait protesté, mais uniquement pour la forme. Au final, elle était plutôt contente d'avoir un peu de temps pour réfléchir.

La jeune fille se demandait quand est-ce que sa vision arriverait et à quoi elle ressemblerait. Elle avait discrètement questionné son père pendant les vacances, qui s'était montré ravi que sa progéniture s'intéresse à la possibilité de devenir animagus. D'après lui, sa vision avait été celle d'une grande caverne confortable qui donnait sur la forêt.

Logiquement, Mérida devrait avoir une vision très semblable, vu qu'elle allait se transformer en ours, comme tous les Dunbroch depuis l'affaire d'Arthur et Mor'du. Mais il y avait une chose que son père avait absolument voulu garder pour lui, c'était la sensation que donnait le fait de « voir » par les yeux de son animal totem. Elle avait hâte de demander à Jack une fois qu'il serait réveillé.

Elle hésita une seconde. Était-ce vraiment nécessaire d'attendre qu'il soit éveillé ? Elle avait fini par comprendre que ses visions étaient liées à ce qu'elle touchait, alors peut-être qu'en prenant la main de Jack et en se concentrant, elle allait parvenir à en provoquer une montrant la vision de jeune homme.

Il ne fallut que quelques secondes à la jeune fille pour se décider. Après tout, elle n'était jamais arrivée à rien en hésitant, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait commencer.

Saisissant la main qui reposait sur le lit, Mérida ferma les yeux et se concentra sur sa magie, comme quand Harold transformait Krokmou. Son don ne pouvant être que magique, elle ne voyait pas vraiment quoi d'autre faire.

Les secondes s'écoulèrent sans que rien ne se passe et la Gryffondor allait abandonner quand elle sentit la sensation familière qui indiquait une vision. Mais contrairement à d'habitude, elle ne combattit pas le « tiraillement », mais le laissa venir.

Elle s'attendait à ressentir une sensation plus « primaire », mais la vision qui vint à elle fut totalement différente. Avant qu'elle ne puisse faire quoique ce soit, elle se retrouva prise dans une tempête d'images, où la seule constante était le manteau neigeux qui recouvrait le sol.

Prise de panique, elle tenta de refouler la vision, mais quelque chose « l'agrippa mentalement ».

« - Ne crois pas t'en tirer si facilement, petite fille.

- Qui… ?

- Jack Frost, pour te servir.

- Vous n'êtes pas Jack !

- Oh que si. Mais disons que je suis la part qu'il n'aime pas montrer. Alors comme ça, tu voulais t'immiscer dans ses pensées ? Tu sais que ce n'est pas bien ?

- Laissez-moi ! Je voulais juste savoir qu'elle avait été sa vision !

- Quand on ne maîtrise pas son don, on s'abstient, petite sotte. Tu as failli faire une grosse bêtise, crois-moi. Maintenant, tu vas me jurer que tu n'essayeras plus jamais d'entrer dans la tête de Jack, dans MA tête.

- Ou sinon quoi ? rétorqua-t-elle, alors que son ventre se tordait d'angoisse.

- Ou sinon, les jolies aiguilles de glace actuellement pointées sur toi vont se faire un plaisir de te transpercer de part en part.

- Si… Si vous faites ça, Jack aura des ennuis.

- Et alors ? Que crois-tu, qu'une prison me retiendra ? JE SUIS JACK FROST, RIEN NE SOUMETTRA L'HIVER QUI M'HABITE ! »

Mérida allait répondre, quand elle fut soudainement réveillée par Raiponce, qui lui secouait l'épaule.

« - Mérida ? Ça va ?

- Oui, je… Je vais bien, répondit la rousse après avoir repris ses esprits.

- Tu es sûre ? Tu pleures. »

Passant sa main sur ses joues, la jeune fille se rendit compte qu'effectivement, ces dernières étaient toutes mouillées. Inconsciemment, Jack Frost lui avait fait si peur que cela ?

« - C'est rien, juste un mauvais rêve. Je crois que je ferais mieux d'aller me coucher un peu. Tu prends ma place.

- Oui, c'était pour cela que j'étais venue. Va dormir, ne t'inquiète pas. »

Ne se faisant pas priée, la Gryffondor prit le chemin de la Tour, histoire de se reposer un peu avant le diner.

Au final, ce « combat » contre Jack Frost avait dû l'épuiser plus qu'elle ne le pensait, car elle ne se réveilla que le lendemain matin, mourante de faim.

Une fois lavée, elle descendit rapidement jusque la Grande Salle, où elle retrouva les autres filles de Gryffondor, qui parurent soulagée de la voir debout.

« - Ah, te voilà. Tu vas mieux ? On n'a pas réussi à te réveiller hier, donc on a été voir Pomfresh, qui a dit que tu étais simplement épuisée. Mais elle exige qui tu ailles la voir dès que possible.

- Ah. Bon ben j'irai après les cours. Il ne s'est rien passé hier soir ?

- Nope. Ah, si, Overland est sorti de l'infirmerie. Mais il avait encore un peu secoué. C'est sûr que se prendre un chaudron qui explose en pleine face, même avec le Protego de Snape, ça doit faire quelque chose. A part ça, rien. »

Mérida, s'installant, continua à discuter avec Angelina, qui calculait le score idéal qui devrait résulter du match Poufsouffle – Serdaigle pour que Gryffondor soit bien placé pour la coupe, tout en notant mentalement qu'il fallait qu'elle voie Jack et les autres le plus vite possible.

Engloutissant son petit déjeuner, la jeune fille se demanda si elle devait parler à Jack de sa rencontre avec son « jumeau maléfique ». Une partie d'elle trouvait ça important, mais une autre lui rappelait que cette rencontre s'était faire suite à l'incursion de son propre esprit dans celui du Serpentard, même si elle ne savait pas comment elle avait fait.

Sans avoir trouvé de réponse, elle finit de manger avant de se diriger vers son premier cours, celui de sortilège. Gryffondor partageant ce cours avec Poufsouffle, elle s'installa à côté d'Harold. Elle comptait lui demander si Jack avait dit quelque chose, mais à peine l'eut-elle salué que Flitwick, le professeur de Sortilège, entama son cours.

« - Bonjour à tous. Aujourd'hui, nous allons étudier une variante du Sortilège de Lévitation qui nous avons étudié en première. Mais contrairement à ce dernier, le sortilège « Fugis » permet de faire voler aussi bien les objets inanimés, tout comme « Wigardium Leviosa », mais aussi les êtres vivants. Cependant, pour commencer, je vous demanderez de revoir le sortilège de base sur la plume qui est devant vous. »

Se saisissant de sa baguette, Mérida prononça le sortilège sans hésiter, tout en appliquant le bon mouvement. Comme si un courant d'air passait en-dessous, sa plume se mit à léviter. Faisant aller sa baguette, la jeune fille s'amusa à la faire aller de gauche à droite et elle fut vite rejointe par celle d'Harold, entamant un véritable ballet aérien.

Concentrée sur son sort, elle se rendit à peine compte que sa vue « s'éclaircissait ». Et soudain, les murs de classe se désagrégèrent, de même que les autres élèves. Ne restait qu'un immense ciel où flottaient des nuages cotonneux et des bruits d'ailes. Des nuages gris apparaissaient à l'horizon et, sans hésiter, la jeune fille plongea dessus, ramenant les ailes qu'elle venait de remarquer contre son corps. Arrivant sous le nuage, elle sentit avec bonheur la pluie glisser sur elle sans l'atteindre. Ah, si elle le pouvait, elle resterait la pour toujours.

Et aussi soudainement qu'ils avaient disparu, les élèves et la classe de Sortilèges réapparurent autour d'elle. Faisant revenir sa plume sur son banc, Mérida se rendit compte de deux choses :

Elle venait d'avoir sa vision d'animagus.

Et elle n'était pas un ours.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Profitant de la pause de midi, Harold se rendit dans le Jardin Ouest, histoire de passer un peu de temps avec Krokmou. Malgré le weekend qui venait de passer, il n'avait pas encore trouvé le temps de le retransformer, et c'était donc un chat qui gambadait dans le carré d'herbe.

Assis au pied de l'arbre, Harold réfléchissait, tout en gardant un œil sur son animal. Il se demandait quand est-ce que sa vision allait enfin arriver. Jack et Mérida avaient déjà eu la leur, et Raiponce avait beau dire qu'il suffisait d'attendre, l'impatience commençait tout doucement à le rendre fou. Après tant d'effort, il avait envie de savoir en quoi il allait pouvoir se transformer. Quelque part, il espérait obtenir un animal totem impressionnant. Comme un grand félin. Ou alors un oiseau majestueux. Il avait toujours eu envie d'explorer le ciel autrement qu'avec un balai.

Cette réflexion l'amena à penser à une autre remarque de son amie de Serdaigle : il allait bien falloir penser à apprendre à voler et à chasser à Krokmou, ne serait-ce que par facilité. Il devait avouer que l'idée n'était pas mauvaise. A vrai dire, il aurait pu y penser lui-même, mais au départ, il n'avait jamais prévu de laisser le dragon vivre aussi vieux.

Parce qu'il fallait bien se l'avouer, Krokmou était maintenant adulte. C'est-à-dire plus ou moins le moment où Harold, quand il avait pris la décision d'élever la bête, avait pensé le tuer pour prouver sa force à son père.

Seulement voilà, à l'époque, il ne s'était pas attaché à Krokmou et surtout, il était le seul au courant de son existence. Cela allait être difficile d'expliquer à ses trois amis la disparition de l'animal.

Pourtant, une partie de lui soulignait l'impact que pourrait avoir un tel acte sur les relations qu'il entretenait avec son père. C'est sûr, cela les améliorerait grandement. Stoick la Brute pourrait enfin être fier de son fils et ce dernier deviendrait autre chose qu' « Harold l'Inutile ».

Mais une autre portion de son esprit lui remontrait les images de Simon sortant de sa Soif de Sang et de la promesse qu'il s'était fait alors. Pouvait-il revenir sur sa parole simplement pour se faire bien voir de son village ?

La sonnerie le fit sortir de ses pensées. Il avait Métamorphose, il n'avait pas intérêt à être en retard.

Un petit quart d'heure plus tard, tranquillement installé à son banc habituel, toujours un peu distrait et occupé à faire des mouvements inutiles à l'aide de sa baguette, le jeune homme ne vit pas le Professeur Mcgonagall s'approcher de lui. Mal lui en prit.

« - Mr. Haddock, je vous prierai de vous concentrer un peu sur la leçon. Et retirez votre écharpe, s'il-vous-plaît. »

Merde, son écharpe. Jusqu'à présent, il avait réussi à la garder en tout temps. Mais Mcgonagall, qu'il n'avait pas eu depuis la rentrée, était la plus intransigeante des professeurs sur la tenue. Il avait toutefois gardé un peu d'espoir qu'elle ne dise rien, mais ça n'avait apparemment pas été suffisant.

Soupirant, il porta ses mains à son cou retirant le morceau de tissu et dévoilant une marque violette sur sa gorge.

« - Qu'est-ce qui t'es arrivé ? demanda Mérida en désignant la marque violette.

- Rien, rien. Tu m'expliques l'exercice ? Je suis un peu perdu. »

La jeune fille entreprit donc ses explications, qu'Harold n'écouta que d'une oreille, la question de Mérida le renvoyant plus de deux semaines en arrière.

OoO

Plaqué contre un arbre, le jeune Haddock se prit à regretter ses paroles envers Brunehilde. Bon, certes, il n'en pensait pas moins que ce qu'il avait dit. Mais il aurait peut-être dû s'exprimer un peu plus poliment. Cela lui aurait peut-être évité d'être à deux doigts de la mort.

« - Sale petit bâtard, siffla Brunehilde le monstre. Quand je pense que je t'offre une vie éternelle, loin de ces cancrelats d'humains et que tu oses me cracher à la figure.

- Je ne pensais pas que vous pouviez vous mettre en colère, sincèrement. Ça vous enlaidit, vous savez. »

Nom de Dieu, quand allait-il savoir contrôler sa langue ? A croire que quand il avait peur, il disait n'importe quoi.

« - Comme Valhallarama, toujours le mot pour envenimer la situation. Mais cette fois-ci, sa lignée va s'éteindre. »

Joignant le geste à la parole, la Reine resserra sa main autour du coup frêle. Harold commençait à voir des étoiles suite au manque d'oxygène, mais l'air retrouva soudain le chemin de ses poumons.

Brunehilde, toujours aussi laide, était plaquée à terre par une dryade qu'Harold aurait reconnue entre mille : Svafa. Celle-ci tentait de maîtriser la Reine de la forêt qui se débattait comme une véritable diablesse.

« - Mais qu'est-ce que tu attends ? hurla Svafa. Fuis ! »

Sans avoir besoin de l'entendre une deuxième fois, Harold prit ses jambes à son cou. Arrivé au Gouffre aux Corbeaux, il attendit la voix de Brunehilde résonner au travers des arbres.

« - Tu le regretteras, petite erreur de la nature. Je ne te donne pas dix ans avant de venir pleurer à mes pieds pour nous rejoindre. Pas dix ans avant que l'humain en toi ne te dégoûte. »

D'autres imprécations suivirent, mais le jeune homme était trop loin pour les entendre. Courant au travers de la forêt, il prit quand même le temps de renverser deux trois arbres, histoire que Simon et les enfants n'atteignent pas le territoire des dryades le lendemain. Il valait mieux pour eux rester aussi loin possible de cette furie, surtout après la soirée qui venait de se terminer.

Arrivé chez lui, il monta discrètement jusqu'à sa chambre. Allumant la lumière, il se dépêcha d'inspecter son cou devant la glace. Une belle marque en forme de main aux longs doigts effilés trônait sur tout le devant de sa gorge. Nul doute que cela allait rester au moins une bonne semaine. Probablement plus au vu des pouvoirs de Brunehilde.

En parlant de ça… Il espérait que Svafa s'en était sortie. Parce que la Reine était réellement en rage, quand il était parti.

OoO

Cela faisait maintenant près de trois semaines que cela était arrivé, et la marque c'était au final à peine éclaircie. Pour ce qui était de Svafa, il avait eu un signe de vie de sa part quelques jours après les faits, sous la forme d'un gland reposant sur sa table de chevet. Le même genre de gland, aux reflets dorés, que Svafa, Dryade de l'Enfance, portait à la ceinture à chacune de leur rencontre.

Avec nostalgie, Harold se dit qu'il ne verrait probablement plus jamais la dryade. Ni l'arbre de sa mère. Et pourtant, en ce moment même, il avait l'impression de revoir la clairière où siégeaient les Arbres des nymphes. Même s'ils lui paraissaient infiniment plus grands que d'habitude. Il avait l'impression de pouvoir se faufiler entre leurs racines, ce qu'il s'empressa de faire.

Mais aussitôt installé, quelque chose lui tirailla l'estomac : il avait faim. Une faim dévorante, une faim frénétique. Quittant son abri, il se mit à la recherche d'une proie. Peu importe sa rapidité, peu importe son agilité, Harold se sentait, se SAVAIT capable de l'attraper. Il suffisait juste d'en trouver une, et il n'aurait plus faim. Enfin, pour le moment.

Une odeur délicieuse venait de titiller ses narines quand…

« - MR. HADDOCK ! C'est la deuxième fois aujourd'hui ! Si vous ne vous sentez pas capable de suivre le cours, vous pouvez sortir. »

Toujours un peu abasourdi, et affamé, Harold répondit faiblement à son professeur et se remit au travail.

Il venait d'avoir sa vision. Et il n'était pas sûr d'en être si content, finalement.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Assise sur un banc au milieu de la serre n°7, Raiponce lisait.

Un bien drôle d'endroit pour lire, dirait certains. Il est vrai que les serres de Poudlard n'étaient pas l'endroit le plus hospitalier dont on puisse rêver. Mais il y avait deux choses importantes à savoir :

Premièrement, la serre n°7 n'avait de serre que le nom. C'était plus une roseraie, vu que les murs n'étaient pas attachés entre eux et que le toit était inexistant. De plus, les seules plantes de la serre n°7 étaient des fleurs parfaitement inoffensives.

Deuxièmement, c'était un emplacement assez éloigné du Château en lui-même, donc tranquille. Évidemment, avec les restrictions actuelles signifiant que personne n'était autorisé à se balader seul(1), Raiponce n'aurait pas dû venir ici. Mais sincèrement, elle avait besoin d'être seule.

Pourquoi ? Eh bien, parce qu'elle était encore à la traîne. Cela faisait plus d'une semaine qu'ils avaient avalé la potion et elle était la seule à ne pas encore avoir eu sa vision, alors qu'elle était la plus douée en métamorphose.

Et encore. Elle ne l'était que parce que Mérida ne se donnait pas la peine de travailler, sans quoi elle la battrait à plate couture.

En fait, Raiponce s'était rendu compte qu'exceptait ses cheveux, elle n'avait rien d'exceptionnel.

Mérida était forte, de toutes les manières possibles, autant physiquement que mentalement. Sans parler de sa magie, qui à elle toute seule pouvait faire passer Krokmou de chat à dragon. Parce qu'il fallait l'avouer, ce n'était pas avec son faible taux de résonnance à la magie d'Harold qu'elle servait à grand-chose lors de ces transformations.

En parlant d'Harold… Harold et son dragon, Harold qui parlait aux animaux, Harold qui maîtrisait les runes à se faire envier de beaucoup de septièmes années. Là où le Gallois manquait de puissance, il contrebalançait avec ses connaissances. Et dire que c'était elle le Serdaigle du groupe…

Restait le cas Jack, que Raiponce avait à peine envie d'aborder. Jack qui maîtrisait la glace, ce qui faisait déjà de lui quelqu'un de relativement exceptionnel. Mais en plus, il s'offrait le luxe de réussir une potion de niveau « Maître » quasiment tout seul.

Qu'était-elle à côté d'eux ? Une pauvre petite fille, tout juste capable de manipuler les plus forts pour qu'ils réalisent ses plans. Elle était pitoyable. Et jalouse. Incroyablement jalouse de ses amis trop hors-normes pour celle qui s'était toujours crue exceptionnelle.

C'était pourquoi, lors de ses recherches pour aider Mérida et Jack avec leurs problèmes, elle n'avait pas hésité une seule seconde avant de voler ce livre dans la réserve. Après tout, c'était de la faute de l'école : si ce livre était dangereux, ils n'avaient qu'à mieux le protéger.

Depuis le vol, elle l'avait caché ici, dans un petit coffre dissimulé au milieu des rosiers. Un livre qui allait lui permettre de surpasser tout le monde, parce qu'elle serait bientôt capable de supprimer leurs dons si ennuyeux ! Eux iraient mieux et elle redeviendrait exceptionnelle, tout le monde serait gagnant !

Ce livre ce nommait « Arts Interdits Volume III : Les Sceaux ». Ce recueil, et la magie qu'il expliquait, était officiellement interdit par le ministère, car trop dangereux. Mais Raiponce s'en fichait pas mal, parce que vu où elle en était vis-à-vis de la légalité, un peu plus ou un peu moins, ça n'allait pas changer grand-chose.

La magie des Sceaux, selon le livre, était un peu comme l'antithèse des runes. Basés principalement sur l'arithmétique, un sceau absorbait l'énergie au lieu de la libérer comme le font les runes.

Chaque énergie avait besoin d'un sceau spécifique, mais toutes pouvaient être absorbées. Une fois les calculs faits, il fallait simplement dessiner le sceau.

Ça, c'était le principe de base. La vraie magie des Sceaux allait bien plus loin, mais pour le moment, Raiponce allait se concentrer sur la partie « absorption ». Avec ça, elle allait pouvoir aider Jack et Mérida. Elle allait enfin être spéciale pour un talent propre, et non ces stupides cheveux.

Une demi-heure plus tard, Raiponce reposa le livre et laissa ses yeux s'égarer dans les plantes. Perdue dans ses pensées, elle se dit qu'elle n'avait pas volé depuis longtemps. Peut-être cela aiderait-il à chasser toutes ces idées noires qui la poursuivaient ces temps-ci ?

Continuant à regarder les fleurs, qui semblaient de plus en plus nombreuses, elle se fit la réflexion qui lui suffisait de battre des ailes pour voler, après tout. S'élançant dans le ciel, elle se mit à faire des figures, tout en s'arrêtant de temps à autre sur les fleurs odorantes. Que demander de plus ? Des fleurs et le vol, c'est tout ce qu'il fallait à son bonheur.

Continuant de voler, elle tenta de monter le plus haut possible, avant de se mettre en marche arrière. Elle enchaîna avec un looping, puis un deuxième, avant de passer juste en dessous de la canopée, à moins d'un centimètre d'une branche couverte de liane. Dieu que c'était bon de voler…

Un gros bruit la ramena sur terre. C'était le livre qui venait de tomber du banc. Du banc ? Mais n'était-elle pas dans les airs quelques secondes auparavant ? Il lui fallut quelques secondes pour comprendre : elle venait d'avoir sa vision !

Ramassant le livre, elle se dépêcha de le cacher, avant de retourner au Château. Au diable ses états d'âme, elle devait trouver les autres.

Elle tomba plutôt rapidement sur Harold, au détour d'un couloir. Sans même lui expliquer, elle lui dit qu'il fallait absolument qu'il trouve Mérida et l'amener à la salle n°27. Elle se chargerait de Jack.

Toquant au tableau de la salle commune de Serpentard, elle se retrouva face à un garçon probablement plus jeune qu'elle mais TRES baraqué.

« - Qu'esse tu veux ? demanda-t-il.

- Voir Jack Overland. C'est important.

- On dérange pas le Prince des Troisièmes pour rien. Tu lui veux quoi ?

- Dis-lui simplement que Raiponce le demande, il comprendra.

- Tu lui veux quoi ? »

Raiponce se retint de sortir sa baguette. Elle avait bien envie de tester ses bases de Sceaux sur lui, tient.

« - Crabbe ? Que se passe-t-il ?

- Y'a une fille qui veut voir Jack.

- Quoi ? Laisse-moi voir. »

Cette fois-ci, ce fut un petit blond au nez pointu qui se présenta.

« - Bonjour. On m'a dit que vous vouliez voir Jack Overland ?

- Oui, c'est possible ? C'est réellement important. Dis-lui que c'est Raiponce Tower qui veut le voir, s'il-te-plaît. »

Le plus jeune, peut-être une deuxième année, sembla la juger de haut en bas, avant de se tourner vers son complice.

« - Va le chercher.

- Oui Draco. »

Jack se montra rapidement, un peu étonné qui Raiponce vienne le chercher jusqu'ici.

« - Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai eu la mienne ! J'ai envoyé Harold chercher Mérida, faut qu'on les rejoigne à la salle habituelle. Dépêche-toi ! »

Attrapant la main de Jack, la jeune fille l'entraina vers le tableau de Maëva. Elle les avait enfin rattrapés. Maintenant, plus question de se laisser dépasser par ces trois zigotos. Foi de Tower, elle se transformerait avant tout le monde ! Elle le jurait.

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(1) On m'a fait un commentaire assez intéressant soulignant qu'il manquait une dose d'angoisse, de peur à l'atmosphère de cette partie, alors qu'elle était très présente dans le tome original. Je l'avoue, c'est en partie à cause de mon style d'écriture. Mais je pense que c'est aussi à cause de ce détail, présent dans les livres, que j'avais oublié.

Et voilà, j'espère qu'il vous a plu !

Pour le titre, petite explication : « Le Feu de Saint-Antoine » est un des noms donné à l'ergotisme. L'ergotisme, c'est un empoisonnement dû à un champignon, l'ergot de seigle. Un champignon dont le dérivé est le LSD, une drogue hallucinogène. Je suis tombé là-dessus en cherchant un titre parlant d'hallucination. Le vrai « Feu de Saint-Antoine » va bien au-delà, toute une histoire de gangrène et autres trucs peu ragoûtant, mais ça me bottait, comme titre.

JE SUIS CHARLIE

Certains trouveront peut-être ça étrange, de mettre ça là, mais j'y tiens. Pour ceux n'étant pas au courant, une attaque à main armée s'est déroulée mercredi dernier dans les locaux de Charlie Hebdo, faisant douze morts.

Charlie Hebdo, vous le savez peut-être, c'est ce journal satirique qui a eu le malheur de dire ce qui ne plaisait pas, de rire de ce qui ne fallait pas. En clair, de s'exprimer sans se soucier du risque, ce que tout le monde devrait pouvoir faire.

Ces meurtres sont donc des atteintes à la liberté d'expression. Et quel meilleur endroit pour en parler qu'ici ? Parce que sans liberté d'expression, fanfiction . net ne serait sans doute pas.

Alors hier, aujourd'hui et demain :

JE SUIS CHARLIE

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