Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

IMPORTANT : J'ai fit une toute petite modification dans la partie de Raiponce du chapitre précédent. Pas grand-chose, mais ça va lui retirer ce côté un peu trop « mage noir » qui n'était pas voulu. Bon, ce qu'il dit n'est toujours pas rose et violette, mais c'est moins dark ^^.

Chapitre corrigé ! Un énoooooorme merci à Ekemtsis, ma nouvelle bêta.

Merci à Cheschire, Lybiscus, InfiniteScorpioInuko, Emmawh, Philou, Alamane-Kun, ClaraJonesMalfoy (x2), Isis Nephtys, Ekemtsis (x2), Patapich, Paquerette-san et Shinrie pour leurs reviews.

Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, j'ai vu le dernier Hobbit. Je ne suis pas un grand fan des deux trilogies, mais je dois bien avouer qu'elles valent le coup d'œil. Pour les animaux de nos quatre amis, je vais disséminer des indices par ci par là, mais je ne sais pas encore avec exactitude quand est-ce que je dévoilerai qui à quel animal. Pour Raiponce, j'ai changé un peu cette partie, je t'invite à aller la relire. Mais pour t'expliquer, elle ne veut pas voler le pouvoir des autres, mais le sceller. A la base, elle veut le faire pour les aider (surtout Mérida et Jack) mais aussi parce qu'elle est jalouse de ne plus être aussi exceptionnelle en comparaison (un petit problème d'orgueil ^^). La résolution de cette sous-intrigue va devoir attendre, par contre. Bonne lecture !

Paquerette-san : Hello ! Merci pour ta review ! Pour Raiponce, petit changement dans le chapitre précédent que je t'invite à aller lire. Et pour Harold, je ne sais pas s'il sprintera encore ^^ Tout dépend de si l'occasion se présente :p Bonne lecture !

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 32 : Surprises et déceptions

A grands pas, Mérida suivait Harold. Les deux amis se rendaient dans la salle n°27, où Raiponce leur avait donné rendez-vous.

« - Et elle ne t'a pas dit pourquoi ? demanda la rousse.

- Non, simplement que c'était important. J'ai même pas eu le temps de lui demander quoi que ce soit qu'elle avait déjà filé à toute allure vers les cachots, probablement pour trouver Jack. Mais si on va dans la salle habituelle, c'est probablement pour le Projet A.

- Tu penses qu'elle a eue la sienne ?

- Je crois bien. Et c'est tant mieux. Je pense que ça la minait un peu d'être à la traine, surtout que c'est son idée à la base. »

Se contentant d'hocher la tête, Mérida se dit qu'effectivement, Raiponce avait semblée un peu plus distante ces temps-ci, comme si elle leur en voulait. Mais ça allait sûrement s'arranger maintenant qu'elle avait eue sa propre vision, comme elle le soupçonnait.

Arrivés à destination, les deux adolescents saluèrent la Reine Maëva avant d'entrer dans leur repaire, où les attendaient déjà Jack et Raiponce.

« - Enfin ! Qu'est-ce qui vous a prit aussi longtemps ?

- Le fait que la tour de Gryffondor soit à l'autre bout du Château ? On a fait aussi vite que possible, mais je te signale que l'on n'est pas censés se promener dans les couloirs, vu les évènements récents.

- Bref. Si je vous ai réunis ici aujourd'hui…

- Abrège, Raiponce. Si je tarde trop, les jumeaux auront vendus tous les bonbons qu'ils sont partis chiper à Pré-au-Lard le temps que je retourne à la tour », la coupa Mérida.

La blonde lui lança un regard noir, avant de reprendre comme si de rien n'était.

« - Je disais donc, si je vous ai réunis aujourd'hui, c'est parce que j'ai ENFIN eu ma vision. Ce qui veut dire… Que l'on va pouvoir passer à la prochaine étape ! »

D'un pas sautillant, la Serdaigle se rendit jusqu'à la petite table où reposait le livre des Maraudeurs, qu'elle attrapa. Le feuilletant rapidement, elle arriva à la page qui l'intéressait. Elle la parcouru en diagonale avant de relever la tête vers ses amis.

« - Bien. Apparemment, « tout » ce qui nous reste à faire est de méditer pour entrer en contact avec nos animaux. La potion a mis en place un premier lien, mais il va falloir le consolider.

- Juste en méditant ?

- C'est un peu plus compliqué que ça. En fait, pour imager, c'est comme si ton animal et toi étiez sur deux falaises séparées par un gouffre. Pour le moment, la potion a tendu un fil entre les deux pics. Théoriquement, on pourrait rejoindre notre animal et nous transformer dès maintenant, mais ce serait très dangereux, parce qu'il faudrait marcher en équilibre sur le fil et que tomber pourrait être fatal. De plus, on va devoir emprunter ce chemin à chaque transformation. En méditant et en se concentrant sur l'animal, on va pouvoir renforcer ce fil, jusqu'à le transformer en pont. C'est plus clair ?

- Plus ou moins.

- Ok. Avec Harold et à l'aide des bouquins que Mérida a ramené de chez elle, on a cherché les méthodes les plus efficaces et on a découvert qu'en fait, cette efficacité était très différente en fonction des individus. Donc, on a rassemblé toutes celles que l'on a trouvées dans ces livrets. Testez-les et essayez de déterminer laquelle vous va le mieux. Des questions ?

- Non chef ! s'exclama Jack, qui était resté muet jusque-là.

- Très bien. Avant que l'on ne s'y mettre, j'ai eu une idée : et si on faisait ça chacun de notre côté ?

- La méditation ?

- Tout ! Méditation et transformation. Comme ça, on pourrait garder la surprise de nos formes jusqu'au dernier moment ! »

Le silence répondit à l'enthousiasme de Raiponce, jusqu'à ce qu'Harold le brise.

« - Ce n'est pas un peu dangereux ? Je veux dire, si on perd le contrôle, qu'est-ce qu'on fait ?

- C'est pour ça que j'ai fait ceci ! répondit la blonde en tendant à chacun un paquet de six fioles.

- Qu'est-ce que c'est ? interrogea Mérida en suivant la lumière rouge qui flottait dans la fiole.

- Un sort en bouteille ! Ce sont des babioles que l'on trouve à Derviche&Bang. On peut y « ranger » des sorts basiques, comme le sortilège d'étincelles. Après, il suffit d'ouvrir ou de casser la bouteille pour que le sort s'en échappe. Ici, si la fiole est brisée, une pluie d'étincelles rouges va s'en échapper durant deux-trois minutes.

- Ca supposerait que l'on se mette dans un endroit où chacun peut voir les étincelles sans pour autant voir le propriétaire de la fiole. Tu comptes faire comment ?

- Ca aussi, j'ai prévu ! J'ai demandé aux Elfes de Maison, et ils m'ont trouvé ceci ! »

Ouvrant un coffre placé dans un coin de la salle, Raiponce en sorti de grandes tringles métalliques et des rideaux, semblables en tout points à ceux qui séparaient les lits de l'infirmerie, si ce n'est qu'ils étaient abîmés par endroits.

« - Apparemment, ils ont été réparés trop de fois pour que l'on puisse le faire une nouvelle fois, mais si on excepte les deux trois trous, ils sont parfaits, non ? »

Même s'ils n'étaient pas totalement convaincus, les trois autres acceptèrent de tenter le coup et aidèrent leur amie à installer les rideaux, séparant la salle en cinq, soit quatre parties « privées » et une partie commune où se trouvait la baie vitrée qui donnait sur le parc et le canapé. Heureusement que le matériel de potion avait disparu et que la salle n°27 était relativement grande, sinon ils se seraient vite marché sur les pieds.

Une fois cela fait, l'après-midi était déjà bien entamée, ils décidèrent donc de remettre la suite au lendemain.

Ils se retrouvèrent donc tous les quatre le dimanche vers 10 heures. Prenant chacun leur livret contenant les méthodes de méditation et leurs fioles à étincelles, ils partirent s'isoler dans un des espaces créés par les rideaux.

Installée au sol sur un tapis matelassé qu'elle avait métamorphosé à partir d'une couverture, Mérida ouvrit son livret. Survolant la table des matières, elle compta pas moins d'une dizaine de méthodes différentes, mais s'arrêta sur la sixième, dont le nom lui plaisait bien.

Ce que Raiponce avait sobrement appelé « La dérive » était une méthode relativement simple sur papier. Grosso modo, elle ne demandait rien d'autre que de vider son esprit. Le concept restait un peu obscur à Mérida, mais le livre conseillait cette méthode aux gens qui avait tendance à avoir du mal à se concentrer sur une seule chose.

La première étape consistait à s'installer quelque part et à laisser ses pensées « défiler » sans s'attarder sur une en particulier. Les indications précisaient cependant que l'on risquait fortement de s'endormir au début. Ce que Mérida fit. C'est ainsi qu'elle passa la première séance de méditation à roupiller comme une bienheureuse, jusqu'à ce que Jack ne lui balance un coussin, soi-disant qu'elle avait commencé à ronfler.

Il lui fallut deux autres séances avant de parvenir à ne plus s'endormir. Confortablement installée dans une masse de coussins, résidus des attaques de Jack qui survenaient à chaque fois qu'elle dormait un peu trop bruyamment, elle sentit que son esprit commençait à dériver vers des eaux inexplorées. Cela ressemblait beaucoup à la sensation qu'elle avait connue lors de sa première vision d'animagus, avec cette transition douce vers un « autre chose » que son ressenti d'humain habituel.

Comme la dernière fois, elle eut l'impression de se trouver en vol. Le vent lui fouettait le visage et elle avait le sentiment que le monde n'avait plus de limites. Elle qui n'avait jamais réellement aimé le balais, préférant le beaucoup plus sûr Angus, elle avait soudainement envie de faire des piqués vers les vertes forêts qu'elle savait être en dessous d'elle. Un simple mouvement d'aile lui permettrait d'accélérer et peut-être même attraper son dîner par la même occasion. Ah, il ne lui manquait réellement qu'un bon orage et elle serait au paradis…

C'est sur cette sensation agréable que la jeune fille ouvrit les yeux. Même si elle ressentait toujours les échos des sentiments de son animal en elle, une autre partie d'elle avait envie de se mettre dans un coin pour broyer du noir. Cette nouvelle transe venait consolider un peu plus la certitude qui l'avait prise lors de la première : à moins qu'il n'existe des ours volants, elle n'en était pas un.

Maintenant, en plus de devoir avouer à son père qu'elle était devenue animagus illégalement, ce qui arriverait fatalement lors de son seizième anniversaire, quand ce dernier voudrait apprendre cet art à sa fille, elle allait devoir lui dire qu'elle ne possédait pas la même forme que tous les membres de sa famille.

C'était pas pour tout de suite, mais le jour de ses seize ans s'annonçait très folklorique. Et pas vraiment dans le bon sens.

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Se baladant tranquillement dans un des couloirs sombres de son école, Dumbledore jeta un regard à sa montre. Une très jolie montre à gousset, qui avait douze aiguilles et des planètes qui virevoltaient en lieu et place des chiffres. À vrai dire, c'était une montre relativement inutile si on n'avait pas pensé à vérifier l'heure sur une vraie horloge pour avoir un point de comparaison.

Cela dit, si elle ne servait pas à grand-chose pour lire l'heure, elle avait une toute autre utilité : elle vendait du rêve. Elle faisait croire au citoyen lambda que le Grand Dumbledore possédait des facultés au-delà de l'imaginable, même pour simplement calculer le temps de cuisson des œufs à la coque.

En fait, la vie publique d'Albus Dumbledore était faite de croyances. Il était le plus puissant mage du siècle. Il possédait de nombreux dons de naissance. Sa vie était sans tâches. Etc. Beaucoup de ces croyances étaient fausses, bien sûr, mais elles entretenaient l'image.

Comme par exemple celle qui disait qu'il adorait les échecs. Elle le faisait passer pour un grand stratège. Mais en vérité, il détestait ce jeu, qu'il trouvait trop simple. Son vrai jeu préféré était le shogi. C'était un jeu de stratégie d'Asie qui partageait quelques ressemblances avec les échecs, mais dont la caractéristique majeure était que l'on pouvait « améliorer » ses pièces, les faire monter en grade. Par exemple, le « fou », qui pouvait se déplacer sur un nombre illimité de cases en ligne droite, pouvait être promu « cheval-dragon », une pièce plus puissante possédant les capacités du fou, mais pouvant aussi se déplacer sur les quatre cases en diagonale directe de sa position, ce qui avait la possibilité de changer totalement le cours de la partie(1).

C'était un jeu que le vieil homme adorait, mais il ne trouvait jamais d'adversaire, malheureusement. Il avait cependant trouvé une parade : il l'appliquait dans la vraie vie. Ainsi, il pouvait promouvoir ses partisans en leur apprenant de nouvelles choses. Ou récupérer des « pièces » adverses. C'était définitivement bien plus intéressant que les échecs.

D'ailleurs, si ses renseignements étaient exacts, il allait bientôt pouvoir initier un nouveau mouvement. D'un geste vif, il ressorti sa montre illisible, avant de se rendre compte qu'il avait oublié la position de départ qui indiquait 21h32 quand il avait quitté son bureau et qu'il ne pouvait donc pas déduire l'heure actuelle. Pestant, il trifouilla dans ses nombreuses poches, avant d'en sortir une montre mickey qu'il avait un jour emprunté à un élève puis oublié de lui rendre. 22h07. Le fou devait déjà être entré dans la zone adverse. S'il jouait bien, tout le bénéfice serait pour lui.

Discrètement, Dumbledore s'avança donc, fit glousser la poire et entra dans la cuisine.

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Installé à une petite table, Harold réfléchissait tout en grignotant sa brioche. Par terre, toujours sous forme féline, Krokmou vidait consciencieusement une coupelle de lait apportée par un elfe.

Le Gallois aimait bien venir se réfugier dans les Cuisines quand il devait réfléchir. Etonnamment, le brouhaha constant qui régnait ici aidait à le calmer. Peut-être était-ce parce que, par certains côté, cela lui rappelait la forge de Gueulfort, son refuge d'enfance face aux incompréhensions de son père.

Ce qui lui occupait actuellement l'esprit était ce même problème qui le tourmentait depuis le retour de vacances : que faire de Krokmou ? Le délai qu'il s'était fixé, à savoir attendre que le dragon ait atteint sa taille adulte pour le tuer, était presque à son terme, car l'animal aurait probablement fini sa croissance d'ici la fin de l'année.

Ses deux « Harold internes » se battaient actuellement, l'un prônant l'amélioration de sa condition de fils, l'autre le fait qu'il était pratiquement la mère du dragon et que de toute façon, tuer, c'était mal.

« Tuer c'était mal ». Une pensée qui n'aurait jamais traversé l'esprit d'un Beurkien, élevé dans le sang de dragon. Mais c'était le genre de pensée qu'avait de plus en plus souvent Harold. Des pensées qu'il essayait tant bien que mal de repousser, parce qu'il ne pouvait pas accepter d'être totalement à part de son village natal.

Perdu dans ses réflexions, le jeune homme n'entendit pas la porte-tableau s'ouvrir, ni les pas rapides qui s'approchaient de sa table. Ce ne fut que quand le nouveau-venu tira une chaise que l'adolescent s'aperçu de sa présence.

« - Bonsoir, Monsieur Haddock.

- Pro… Professeur Dumbledore ! Je… Je suis désolé, je ne devrai pas être ici en dehors du couvre-feu, mais le chat avait faim et…

- Ne vous inquiétez donc pas pour cela, jeune homme. Moi-même, étant jeune, je venais souvent ici à des heures indues. Ce que j'ai continué à faire quand j'ai intégré le corps professoral. Je ne vous tiendrai donc pas rigueur de votre irrespect pour ce point du règlement.

- Vrai… Vraiment ?

- Mais oui. Et puis, votre chat avait faim, répondit le vieux mage, caressant Krokmou. Ce qui est compréhensible, la têtologie a quelques effets secondaires, dont l'apparition d'un appétit vorace.

- Oui, Esmée Ciredutemps en fait mention dans son livre. Mais… commença Harold, avant de se rendre compte de la situation.

- Ah, Miss Ciredutemps. Un esprit brillant. Et plus affûté qu'un tiroir de couteaux. Une véritable experte en têtologie, elle en a pratiquement inventé la pratique actuelle. Je vous la présenterai, un jour, je suis sûr que vous l'apprécieriez.

- Vous… Vous savez…

- Pour votre dragon actuellement transformé en chat à l'aide de la têtologie et le soutien de vos amis ? Oui. Magnifique prestation, si je puis me permettre. Il est assez inattendu pour quatre élèves de quatorze ans de réussir une telle transformation sur base de magie mentale. A vrai dire, c'est presque plus étonnant qu'un étudiant qui élève un dragon au sein de l'école.

- Mais comment ?

- Un centaure vous a vu. Ils évitent de se mêler des affaires humaines, d'habitude, mais ils veillent sur les « poulains » et celui-là paraissait vous apprécier, au point de se faire du souci pour vous. Notre ami commun a donc pensé bon de me prévenir de vos frasques. »

Harold sentait les larmes lui monter aux yeux. Cette fois, c'était fini : il allait être renvoyé, son père découvrirai Krokmou, il n'aurait plus le choix, serait obligé de le tuer et…

« - Voyons, Monsieur Haddock, calmez-vous. Ce n'est pas le moment de faire une crise d'hyperventilation, même si les elfes sont d'excellents soigneurs.

- Mais je… Vous…

- Je ne vais pas vous renvoyer, si c'est ce qui vous inquiète.

- Pardon ? Mais j'ai enfreins AU MOINS la moitié du règlement, sans parler des lois ministérielles !

- Oh. Vous voulez être renvoyé ?

- NON. Mais…

- Mais quoi ? Je vous ai connu plus éloquent.

- Je ne comprends pas pourquoi vous vous contentez de me sourire ainsi.

- Voyez-vous, Monsieur Haddock, chaque année il arrive à Poudlard des élèves avec des difficultés familiales. J'essaye de les aider aux mieux, mais je ne peux parfois rien faire, comme c'est le cas pour vous. Cependant, ce dragon vous a permis de vous en sortir, de grandir sur une autre voie. De ce point de vue-là, je ne peux pas vous reprocher de l'avoir élevé.

- J'ai peur d'être perdu.

- Bien. Je vais m'aider d'une phrase que vous connaissez, alors : « Il est parfois intéressant de se perdre dans les ténèbres, ne serait-ce que pour mieux voir ce que nous montre la lumière. » »

Harold sursauta en reconnaissant la phrase que lui avait dite le Chat quelques mois auparavant.

« - Ah, je vois que vous l'avez reconnue. Celui que vous appelez « Le Chat », même s'il est souvent obscur, reste très intéressant à écouter. Il vous avait prévenu, indirectement, que vous écarter du chemin de vos ancêtres risquerait de vous montrer tous les défauts de ce chemin. Mais vous l'avez fait. Vous avez arrêté d'être Harold Horrib'Haddock, fils de Stoik, et êtes devenu « Simplement Harold ». Quel genre de directeur punirait un élève pour avoir tracé sa propre voie ?

- Je…

- Il n'est pas nécessaire de me répondre maintenant. Il n'est même pas nécessaire de me répondre tout court. Sachez juste que tant que vous ne serez pas un danger pour les autres, je vous laisserez vous écarter du chemin autant que vous le voulez. Qui sait ce que vous rencontrerez ? Sur ce, Monsieur Haddock, je vous souhaite une bonne nuit. Il est temps pour mon vieux corps de retrouver sa bouillote. »

Et aussi rapidement qu'il était apparu, le vieil homme s'évanouit dans les airs, laissant un Harold plus que perplexe.

« - Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, pour le coup. »

Il détestait VRAIMENT les « personnages mystérieux ». Chats ou humains, ils étaient simplement incompréhensibles.

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Avançant d'un pas léger vers son bureau, Dumbledore se retenait tout juste de siffler de contentement. L'opération avait été un succès, et son fou était maintenant un cheval-dragon. Il ne restait plus qu'à attendre le bon moment pour le jouer.

Oh oui, Albus Dumbledore adorait réellement le shogi.

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Assise dans le vestiaire des Serdaigles, Raiponce ajustait ses gants tandis que ses coéquipiers finissaient eux-aussi de s'équiper. Elle s'apprêtait à vérifier une dernière fois son équipement, car après tout le match ne commençait que dans une petite demi-heure, quand Ris surgit dans son dos.

« - Raiponce ? Je peux te parler en privé ?

- Maintenant ?

- Oui, je… Je pense que c'est important. Mon bureau devrait être idéal. »

Hochant la tête, la jeune fille suivit le plus vieux.

« - Bien, dit celui-ci une fois la porte refermée. Je vais être bref : tu sais que je m'en vais à la fin de l'année, n'est-ce pas ? Comme Alizée et Brad sont partis l'année passée et que Zélie aura elle aussi fini cette année, tu seras le plus ancien membre de l'équipe l'année prochaine.

- Où veux-tu en venir ?

- Je vais te recommander comme capitaine auprès de Flitwick. Il va donc falloir que tu m'observes bien à partir de ce match.

- Pardon ? »

Raiponce bloqua quelques instants. Capitaine ? Elle n'avait jamais pensé obtenir ce poste. C'était prestigieux. Mais c'était aussi beaucoup de responsabilités : organiser les sélections, établir un planning d'entrainement, faire des réunions avec les autres capitaines, créer des tactiques,… En gros :

« - Je refuse.

- Tu quoi ?

- Je refuse. Je ne pourrais pas assumer ce poste en plus du reste.

- Mais… Mais c'est le rêve de tout joueur de Quidditch de Poudlard de devenir Capitaine !

- Je sais. Mais je ne peux vraiment pas. Pourquoi ne pas faire la proposition à Roger ? Il m'a l'air d'avoir les qualités pour.

- C'était mon deuxième choix, mais j'aimerai vraiment que tu y réfléchisses avant de me donner une réponse aussi catégorique.

- C'est tout réfléchis, Mickael.

- Prends au moins jusqu'à la semaine prochaine, s'il-te-plaît.

- D'accord, soupira Raiponce. Mais ne t'attends pas à grand-chose.

- Bien. Maintenant, il est temps d'aller gagner ce match ! »

Sortant du bureau, Raiponce attrapa son balai, avant de sortir sur le terrain, accompagnée par le reste de l'équipe.

Une fois face à l'autre équipe, la première personne qu'elle vit fut Cédric. Et apparemment, celui-ci la regardait aussi. Ils s'étaient séparés quelques jours auparavant, et elle n'avait pas eu l'occasion de lui parler depuis. Ni vraiment l'envie, d'ailleurs. Si la relation s'était finie, c'était principalement parce qu'elle s'ennuyait. Leur relation n'était composée que de baisers et de rendez-vous niais chez Mrs. Piedodu. Il ne se passait positivement rien et en plus, elle ne ressentait toujours pas les fameux « papillons » de Marietta.

Elle avait essayé de faire comprendre à son petit-ami qu'elle avait besoin d'un peu plus de frisson, d'aventure, mais il n'avait rien compris. Elle avait attendu un peu, mais comme la situation s'embourbait, elle avait fini par y mettre un terme.

Autant dire que le Capitaine avait légèrement crisé quand il avait apprit qu'elle n'avait même pas prit la peine d'attendre que le match soit passé pour se séparer de l'Attrapeur adverse, car « ça risquait de la perturber quand elle se retrouverait face à lui ».

Raiponce, elle, n'y voyait pas de problèmes. Elle était assez intelligente pour faire la part des choses, et elle savait que Cédric aussi. Du moins, elle le pensait. Mais maintenant qu'elle se retrouvait face à lui et le retrouvait en train de faire des yeux de chiot abandonné, elle commençait à douter des capacités du Poufsouffle.

Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas le commentateur présenter les joueurs, mais elle perçut bien le coup de sifflet de Mrs. Bibine. Décollant du sol, elle se mit rapidement en position avec Roger et Zélie Thorn, l'autre poursuiveuse.

Interceptant le souaffle, elle s'élança vers les buts, avant de passer la balle à son coéquipier. Rapidement, elle retrouva les sensations grisantes habituelles. Les matchs, s'était définitivement autre chose que de simples entrainements.

Mais cette fois, une autre sensation revenait : la même qui l'habitait durant ses visions d'animagus. Cette même impression de liberté et de bonheur. Un piqué, un looping, puis un deuxième. Et maintenant, vol en marche arrière !

« - Concentre-toi, Raiponce ! lui hurla Ris. C'est pas le moment de te donner en spectacle, les Poufsouffles sont en train de reprendre la main ! »

Se reprenant, la jeune fille remercia son capitaine de l'avoir « réveillée » d'un signe de la tête avant de se remettre au jeu.

Plus haut dans les gradins, deux paires d'yeux inquiets la suivaient du regard.

« - Qu'est-ce qui lui prend ? demanda Mérida.

- Je ne sais pas. D'habitude, elle ne se laisse pas aller à des figures pareilles. Elle dit toujours que c'est bien bon pour les attrapeurs m'as-tu-vu, pas pour les poursuiveurs, répondit Harold.

- Tu penses que c'est en rapport avec le Projet A ?

- Pour ?

- Bah, quand elle m'en parlait, elle semblait dire que son alter-ego était un oiseau. Peut-être qu'elle a des résidus de ses activités du dimanche.

- C'est possible ? On a rien trouvé de pareil dans les notes.

- Peut-être que ce n'est pas courant. Ou que ça n'est tout simplement pas arrivé à nos prédécesseurs.

- Faudra lui en parler dès que possible. Ca peut vite devenir dangereux, surtout pour elle.

- Et Serdaigle MARQUE ! »

Raiponce, de son côté, fit un rapide tour du stade, fière du coup qu'elle venait de réaliser.

Le match ne s'éternisa pas, Cédric attrapant le Vif d'Or une trentaine de minutes plus tard. Heureusement, les Poursuiveurs de Serdaigle avaient particulièrement bien joué, ce qui permit de réduire l'écart à seulement dix points. C'était même une assez bonne nouvelle d'avoir perdu, car ça signifiait que les aigles allaient se retrouver face aux Serpentards au match officiel suivant. Une équipe particulièrement connue ces dernières années pour son jeu peu fair-play. Les Serdaigles auraient donc probablement de nombreux penaltys pour eux, et autant de possibilités de marquer des points. La Coupe de Quidditch n'était pas loin.

Une demi-heure plus tard, les vestiaires de l'équipe bleue et bronze étaient vides, la plupart des joueurs étant parti « fêter » la défaite dans la Salle Commune, comprenez avaler autant de Bièraubeurre que leur estomac pouvait en supporter. Ne restait que Raiponce, qui profitait du calme pour prendre une longue douche chaude et laver correctement ses cheveux, ce qui était loin d'être une mince affaire.

Savonnant consciencieusement ses mèches, elle se laissa dériver vers les pensées qui concernaient la magie des sceaux. Quelques jours auparavant, elle avait commencé à construire ses premiers sceaux, des dessins simples qui absorbaient les sortilèges d'étincelles. Pour l'instant, elle ne rencontrait pas vraiment de franc succès. Quand le sceau fonctionnait, ce qui n'arrivait environ qu'une fois sur trois, le parchemin censé contenir la magie brûlait instantanément et relâchait le sortilège par la même occasion. A ce rythme, elle n'allait jamais pouvoir venir en aide à ces amis. Amis auxquels elle n'avait toujours pas révélé ses découvertes. Non, cela allait rester son seul triomphe, il le fallait.

La jeune fille finissait de se rhabiller, quand la porte du vestiaire s'ouvrit.

« - Raiponce ? Tu es toujours là ?

- Cédric ? »

C'était effectivement le jeune homme qui se tenait, l'air gêné, dans l'encadrement.

« - Cho m'avait bien dit que je te trouverais là.

- Il y a un problème ?

- En fait… J'aimerai te demander si tu es vraiment sûre que tu veux mettre en terme à notre relation. »

Soupirant, la blonde ferma son casier avant de se tourner vers le Poufsouffle.

« - Cédric... On en a déjà parlé.

- Je sais mais… Je suis prêt à faire des efforts ! Je sais que tu as besoin de plus de « rebondissements », je t'assure que je vais essayer. Donne-nous juste une autre chance.

- Je pense que ça ne changera rien. »

Raiponce se savait dure, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Elle-même avait pensé se laisser une seconde chance avec le brun, mais elle s'était rendu-compte qu'elle n'en avait même pas envie.

« - Tu… Tu es sûre de ne pas le regretter ?

- Je ne pense pas. Je, j'ai été bien avec toi. Mais franchement si on continue, ça sera du mensonge. Je ne suis plus amoureuse de toi, Cédric. Je préfère couper court maintenant plutôt que de laisser trainer les choses et rendre la séparation plus douloureuse. »

Elle se donnait l'horrible impression d'être froide. Mais elle connaissait l'adolescent, si elle lui laissait le moindre espoir, il allait s'accrocher. C'était peut-être cliché, mais elle croyait sincèrement qu'il pouvait se trouver quelqu'un de mieux pour lui.

« - Je suppose que tu ne reviendras pas sur ta décision, alors…

- Probablement pas, Cédric, répondit la jeune fille avec douceur. »

Quelques minutes plus tard, l'adolescente était de nouveau seule dans le vestiaire. La conversation s'était finalement bien passée. Elle espérait vraiment que Cédric avait comprit.

Jetant un coup d'œil à sa montre, elle remarqua qu'il n'était que seize heures. Si elle se dépêchait, elle allait pouvoir tester son nouveau glyphe. Elle était sûre que celui-là allait marcher.

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Jack était malade.

Oh, pas malade à rester couché toute la journée avec de la fièvre et à vomir tout ce qui avait le malheur de faire le chemin jusque son estomac. Quoique, il n'était pas sûr pour le deuxième symptôme.

Car ce qui rendait malade Jack, c'était une overdose de rose. Une overdose due à une personne qui s'était mise en tête qu'il fallait absolument que Poudlard fête la Saint-Valentin dignement : Gilderoy Lockhart.

Celui-ci s'était donc apparemment levé aux aurores pour redécorer entièrement la Grande Salle en de multiples nuances de roses. Du rose aux murs, sous forme d'immenses cœurs en papier crépon et autres banderoles fêtant les amoureux. Du rose au plafond, avec un ciel tout en dégradé de fuschia, saumon et autres couleurs de cette acabit. Et même du rose dans l'assiette, avec des aliments colorés de cette merveilleuse couleur. Autant dire que peu de gens avaient envie de manger. Les haricots roses, ce n'était vraiment pas appétissant. Parce que c'était des haricots, d'abord, et que Jack n'aimait pas ça. Et surtout, si on avait omis de le dire, parce que c'était ROSE.

« - Arrête de jouer avec ta nourriture, Jack, et mange-là, intervint Marius, en sa qualité de mère poule.

- J'aime pas les haricots.

- Fallait pas en prendre alors.

- C'est ce qui a l'air le moins immangeable.

- Je suis sûr que si tu fermes les yeux, ça a le même goût que d'habitude.

- C'est pour ça que tu te contentes de boire de l'eau depuis tantôt, le seul truc qui n'a pas subi, pour une raison obscure, une coloration ? »

Gêné, Marius vida d'une traite ledit verre d'eau, avant de le reremplir.

« - Rien à voir. Je n'ai juste pas faim.

- Tu m'as dit tantôt que tu mourrais de faim parce que tu n'avais rien mangé au matin, vu que tout était déjà de cette maudite couleur rose.

- Ouais, mais l'eau, ça remplit bien le ventre, tu sais. Maintenant, arrête de jouer avec ta nourriture et mange ton assiette. Tu n'arrêtes pas de le faire, ces temps-ci, alors qu'avant tu avalais tout ce qui te tombais sous la main en prenant à peine le temps de respirer. Tu es malade ? »

Oui, il était malade. Mais juste à cause de ce maudit Lockhart. Mais c'était vrai qu'il avait tendance à jouer avec sa nourriture, ces derniers temps. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il trouvait ça divertissant. Surement une nouvelle lubie qui s'effacerait dans peu de temps.

Les deux amis s'apprêtait à quitter la table, quand l'Irlandais vit avec horreur un cupidon s'approcher de lui. D'aucuns trouveraient ça mignon, mais c'était parce qu'ils n'avaient jamais croisé un des cupidons de Lockhart : haut d'un petit mètre, la tête avec la forme et la couleur d'une pomme de terre, quelques verrues parsemées sur le visage, des yeux globuleux et des dents pointues. Le tout agrémenté d'une couche, de deux ailes duveteuses et d'un petit arc, évidemment, rose bonbon.

Mais ce n'était pas le pire. Non, l'arme la plus terrible de ces angelots de seconde zone n'était pas leur apparence, bien qu'elle fut repoussante, mais leur petite voix couinante et ce qu'ils en faisaient. Car Lockhart ne les avait pas juste engagés pour faire décoration, mais aussi pour transmettre des messages d'amour en ce jour de la Saint-Valentin.

Les petites pestes avaient déjà faites plusieurs victimes au cours de la journée. La plus emblématique restait sans aucun doute Potter, qui avait reçu un poème de Ginny Weasley, la petite sœur de son meilleur ami. Un poème qui, entre autre, soulignait la ressemblance entre les yeux du Survivant et un « crapaud frais du matin ». Un compliment que le Gryffondor avait relativement mal prit.

C'était pour cette raison que Jack était tellement terrifié. Surtout qu'Andréa avait disparue depuis un gros quart d'heure, ce qui lui laissait bien assez de temps pour pondre un poème.

Le « cupidon » s'approcha encore.

« - Jack Overland ? demanda-t-il.

- Euh… Non ?

- Karjot. Mais ce n'est pas le sujet. Jack Overland ?

- Non.

- Je - m'appelle - Karjot, répondit le, hum, « truc ». Quel – est – le – vôtre ? redemanda-t-il en parlant lentement, comme si Jack était légèrement demeuré.

- Je viens de vous le dire, je ne suis pas Jack Overland.

- Yeux bleus, cheveux blancs, Serpentard, accompagné d'un garçon brun banal. Vous êtes Jack Overland. J'ai un message pour vous.

- Je… On est obligé de l'écouter ici ?

- L'expéditeur m'a bien dit de le prononcer devant le plus grand public possible. Hum hum :

« Ses cheveux blancs tels la bave coulant de son menton au levé,

Je ne peux me lasser de les ébouriffer.

Ses yeux bleus tels des fleurs d'aconit fraichement écrabouillées

Je ne peux m'empêcher de les contempler.

Oh Jack, mon amour,

Je suis tellement désolée de m'être moquée de toi

Même à quinze ans, tenir trois minutes, c'est pas mal

Même si ça ne fais pas de toi l'homme idéal.

Oh Jack, pourra-t-on un jour,

Se retrouver toi et moi ?

Au plumard de notre salle secrète

Pour que mon corps te fasse encore perdre la tête ? (2)»

Jack avait l'impression d'être rouge des pieds à la tête, ce qui était probablement vrai, du moins pour la tête. Et ce qui, entre autre, jurait abominablement avec ses cheveux. Il ne savait pas qui avait écrit ce truc, mais ce n'était sûrement pas Andréa. Par contre, quand elle entendrait la rumeur, qui n'allait pas manquer d'apparaître, quant au fait qu'il partageait le lit d'une jeune demoiselle, elle allait l'étriper. Et il ne parlait même pas du reste du poème, tellement charmant qu'il était digne de Mérida dans ses meilleurs jours.

« - Mérida », siffla-t-il, réalisant que c'était probablement elle la fautive.

Arrachant des mains du gnome le parchemin et plantant là un Marius mort de rire, le Serpentard se dirigea à grands pas vers la table de Gryffondors, où Mérida discutait à l'aide de grands mouvements de bras, comme à son habitude.

« - Oh, Jack ! Comment tu vas ? demanda-t-elle quand elle aperçut son ami.

- J'allais on ne peut mieux jusqu'à l'intervention de ce nain débile. Je suppose que c'est à toi que je dois ce machin ? demanda-t-il en tendant le poème à la rousse.

- Tu as préféré quelle partie ? Celle sur tes cheveux ou celle sur tes compétences au lit ?

- Je… Pardon ?

- J'ai parié avec Harold que tu préfèrerais la première strophe, alors que lui est convaincu que la deuxième te marquerait plus.

- Tu as entrainé HAROLD là-dedans ?

- Entrainé ? Il était aussi partant que moi, même si j'avoue que c'est moi l'auteur du poème ! Allez, Jack, c'est qu'une petite blague.

- Une petite blague ? Ca n'a rien d'amusant !

« Vas-tu les laisser se moquer de toi ? »

« - Jack, on est désolé si ça t'a blessé », intervint Harold, qui était arrivé entretemps.

« C'est facile de s'excuser après-coup », persifla la Voix.

« - Je… Je ne vois pas ce qui a de drôle !

- J'avoue, c'était pas malin. Mais tu ris pour des trucs plus débiles que ça, d'habitude. »

« Un petit coup de froid, et on en parle plus. Cela serait tellement plus simple. »

« - Ce n'est que de la moquerie, ça ! Autant ça ne m'étonne pas de Mérida, autant j'aurai espéré autre chose de ta part, Harold. »

« Ouiiiiii, laisse-toi aller. »

Jack sentait l'air autour de sa main se refroidir. C'était mauvais.

« - Overland ? Intervint un préfet, Percy Weasley s'il se souvenait bien. Calme-toi maintenant, c'est bon. Ils ont été idiots, ce n'est pas la peine d'en faire une scène.

« Tais-toi, le rouquin, c'est pas tes affaires. »

« - Tais-toi, le rouquin, c'est pas tes affaires, dit Jack, avant de se rendre compte qu'il venait de répéter mot pour mot ce qu'avait dit la Voix.

- Pardon ? Je suis préfet, alors calme tes ardeurs, Overland. Le parc est assez grand pour que t'ailles te défouler sur un arbre. Sinon, j'appelle un professeur et le problème se règlera rapidement.

- C'est bon, foutez-moi la paix. »

Et sur ces mots, Jack tourna les talons et sortit de la Grande Sale, laissant ses interlocuteurs étonnés, voire inquiets pour Mérida et Harold.

Une fois dehors, Jack se laissa aller contre un mur. Il perdait de nouveau le contrôle. Et c'était de plus en plus vicieux. Il avait à peine sentit que la Voix prenait le pas, cette fois-ci, avant de se rendre compte qu'il répétait ce qu'elle disait.

« Toujours aussi rabat-joie. Tu ne prends jamais le temps de t'amuser, quand l'occasion se présente ? Nous aurions pu leur offrir un joli spectacle. »

« - La ferme. »

« Tu n'as rien d'autre en stock, mon jeune ami ? Je sens que tu perds peu à peu la mainmise que tu avais sur ce corps. Bientôt, je pourrais enfin me divertir un peu. Ton esprit devient ennuyeux, au bout de quinze ans, tu sais ? »

« - Tais-toi, je te dis. »

Oh oui, ça devenait vraiment mauvais.

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(1) Le Shogi est un jeu qui existe et le mouvement (du fou au cheval-dragon) existe bel et bien. Maintenant, n'ayant jamais joué, j'ai peut-être un peu massacré les subtilités du jeu, j'espère que vous m'en excuserez…

(2) Mettons-nous d'accord de suite : ce truc est nul ^^ Bon, il est censé l'être, vous allez le voir (ou l'avez déjà vu) un peu après le poème. Et puis, il est 21h30, j'ai pas le patience de faire un truc mieux :)

Et voilà ! Quand je lis ce chapitre, je me dis qu'une semaine en plus n'était pas cher payé. Sans orgueil déplacé, je le trouve bon (ce qui est rare, éternel insatisfait que je suis).

Les semaines à venir risques d'être, elles aussi, un peu chaotique. Pour vous faire un topo rapide : je suis actuellement en stage jusqu'au 27 février. Du 2 au 13 je retourne à mon école, mais je serai de nouveau en prépa, car je repars en stage du 16 au 27 mars. Donc, jusque-là, il risque d'y avoir des chapitres décalés, même si je vais faire mon possible pour que ça n'arrive pas. Si ça se présente, je ferai comme cette fois-ci et posterai une note.

A dans deux semaines !

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