Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Chapitre non-corrigé
Merci à ClaraJonesMalfoy, Paquerette-san, Alamane-kun, Philou, Isis Nephtys, Emmawh et Gayl pour leur review.
Paquerette-san : Hello ! Merci pour ta review. Content que ce chapitre te plaise. Oui, Krokmou est un sacré vicieux ^^ Style « Hey guy, j'suis libre et pas toi ! ». Pour Charlie, totalement d'accord, son métier à la classe. Et Tchoupi ne vient pas du livre, mais d'une vieille fic HP où un dragon malade se nommait comme ça. Bonne lecture !
Philou : Hello ! Merci pour ta review. Content que le chapitre t'ait plu. Pour Pratchett, je ne peux que te conseiller une chose : cours, vole ! (bon, je ne suis peut-être pas super objectif ^^). Ahah, oui, le « tout Harold » a dû être une surprise. J'ai voulu vous prévenir le chapitre précédent, mais j'ai oublié… C'est un chapitre auquel je tiens particulièrement parce que comme tu dis, il est doux. Ca change des autres, même si je les aime aussi ^^. Pour son homosexualité, je suis soulagé que ça ne te gêne pas. Je me souvenais que tu m'avais dit que tu espérais qu'il ne le soit pas. Après, dans un cas comme dans l'autre, la romance ne va jamais être prépondérante, ou alors ça sera juste pour enchainer l'action. Et oui, le dragon est beau. Enfin, je l'ai imaginé beau, plus fin et gracieux que les mastodontes que l'on voit dans HP4. Dans ce chapitre, retour sur les autres (avec du Harold quand même, parce qu'on aime Harold !). Pour la fiction sur Harold en Roumanie, ce que je comptais faire, c'est plus un « nouvel UA », en fait, qu'une description complète des vacances de notre héros. A voir. Bonne lecture !
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Chapitre 36 : Le chaud et le froid
« - Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Harold.
- Eh bien, je suis une Weasley de sang et c'est la Grande Réunion des Weasley. C'est plus étonnant que toi, tu sois ici. Charlie a décidé de te présenter à la famille ? »
Intriguée, la rousse vit son ami rougir. Elle ne voyait pas vraiment pourquoi. D'après Fred, Charlie n'avait pas arrêté de parler de son extraordinaire stagiaire durant toutes leurs vacances, alors qu'est-ce qu'il y avait d'étrange à venir faire un petit bonjour ? Elle savait le Gallois un peu gêné de nature, mais pas à ce point.
« - Non, c'est juste que comme il ne connaît pas Beurk et que je n'ai pas de photo, il ne savait pas y transplaner directement. Donc, je devais prendre la cheminée ici. Mais apparemment, elle est un peu encombrée…
- Et elle va le rester encore longtemps. Les Moon doivent encore arriver, et ils sont assez nombreux. Je pense que tu en as pour une bonne demi-heure. Et c'est tant mieux !
- Tant mieux ?
- Tu n'imagines pas comme je m'ennuie ici !
- T'ennuyer ? Dans la maison où habitent Fred et George Weasley ?
- Tu parles. Regarde-les, ces deux-là », répondit la jeune fille.
A l'endroit qu'elle désignait se tenaient les jumeaux, sages comme des images. Au point qu'Harold se demanda un moment si leur mère ne les avait pas pétrifiés d'un sort.
« - Qu'est-ce qui leur arrive ?
- Leur mère les a menacés de leur donner le poste de gardiens de Tante Muriel pour la journée s'ils faisaient ne serait-ce qu'un pas de travers.
- Tante Muriel, c'est celle qui n'aime pas les gens qui restent trop longtemps immobiles ?
- C'est Charlie qui t'a dit ça ? Oui, c'est elle. En fait, elle leur lance carrément des sorts. L'année passée, on a dû rectifier la mémoire de trois pauvres scouts qui voulaient lui vendre des gâteaux.
- A ce point ?
- Tu n'imagines même pas. Mais comme c'est la Matriarche de la famille, on ne peut pas faire sans l'inviter. Alors on désigne une ou deux personnes qui sont chargées de la tenir occuper. Ce qui est très loin d'être amusant. Bon, allez, vient, je vais te faire faire le tour. »
Entrainant son ami, la rousse entreprit de lui indiquer qui était chaque personne et quel lien elle avait avec les Weasley. Ce n'était pas la chose la plus passionnante, mais ça tuait le temps.
Ils auraient pu continuer comme ça encore longtemps, quand quelque chose attrapa Harold par la manche. Un quelque chose qui se révéla être un enfant.
« - Diiiiiiiiis,…
- Oui ?
- C'est vrai que t'es un dragonnier ? Comme Charlie ?
- Euh, en quelque sorte. J'ai travaillé à la Réserve pendant les vacances.
- Trop cool ! »
Et avant d'avoir pu dire ouf, le Gallois se retrouva ensevelit de gamins posant mille questions. Morte de rire face à son ami envahit par les enfants, Mérida parvint toutefois à reprendre son souffle.
« - Ca, c'est un coup de Charlie ! A chaque fois, il se fait courser par les mômes pour qu'il leur parle de son métier. Il a dû se dire que ça ferait une bonne blague de te les envoyer.
- Mérida, oh secours ! Je t'en supplie… »
Histoire de ne pas le laisser s'étouffer, l'Ecossaise attrapa la main d'Harold et ils se mirent à courir vers le jardin, les enfants à leur suite. Heureusement, la jeune fille connaissait plutôt bien le Terrier et parvint à rejoindre un arbre dans lequel se cacher.
« - Je pense qu'on est sauf.
- On l'a échappé belle. Je lui revaudrai ça, à Charlie !
- Bah, au moins, on a bien rigolé ! conclu Mérida. Au fait, tu as déjà tes affaires pour Poudlard ?
- Non. Je comptais aller au Chemin de Traverse demain ou vendredi, pourquoi ?
- Eh bien, avec Raiponce et Jack, on comptait se faire une sortie samedi. On y allait sans vraiment avoir de but, juste pour prendre le soleil et pour que je puisse échapper à mes leçons, surtout que Raiponce a reçu de l'argent de sa Mère, en récompense d'avoir été nommée Préfète. On voulait aller faire un tour dans les magasins donc on peut très bien acheter tes fournitures en même temps.
- Ca serait chouette. Va pour samedi, alors. Vers quelle heure ?
- On avait prévu 10h, mais on peut s'arranger. Ca te va ?
- Ca marche. Au fait, tu as reçu quelque chose de Poudlard, toi ?
- Rien du tout. Mais Dumbledore sait pour Krok', donc ce n'est pas étonnant. Je suppose que tu n'as pas été nommée Préfète, toi ?
- J'aurais refusé, répondit la jeune fille avec un petit sourire. Trop de boulot. Bon, ils doivent s'être calmés. On y retourne ? »
Alors que les deux amis sautaient en bas de l'arbre, un homme s'approcha.
« - Ah, je me disais bien que je vous avais vu venir par ici.
- Oncle Arthur ? Il y a un problème ?
- Rien de grave, ne t'inquiète pas. J'ai juste un petit service à vous demander. Et pour ça, j'avais besoin que nous soyons assez loin de Molly. »
Mérida fronça les sourcils. Son oncle et sa tante étaient fusionnels. Ils se faisaient très rarement des cachotteries.
« - Qu'est-ce qu'il se passe.
- Vous n'êtes pas sans savoir que Sirius Black s'est échappé d'Azkaban, n'est-ce pas ?
- Pardon ? s'exclama Harold.
- Ah oui, j'ai oublié que tu étais en Roumanie tout ce temps. »
On pouvait comprendre l'étonnement d'Harold : Déjà, s'échapper d'Azkaban, la prison des sorciers, était considéré comme impossible. Petit ilot perdu dans la mer de Nord, ses terribles gardiens s'arrangeaient pour que personne ne sorte de la prison sans leur consentement, qu'ils n'accordaient que de mauvaise grâce, sur ordre express du Ministère. De plus, l'évadé n'était pas n'importe qui Sirius Black, le second de Voldemort. Il était un des sorciers les plus dangereux encore en vie.
« - Je suppose que vous connaissez la raison pour laquelle Black a été emprisonné. On pense qu'il va chercher à venger son maître.
- Venger son maître ? Comment ?
- Il va plus que probablement s'attaquer à Harry Potter. Surtout que les gardiens disent que ces derniers temps, ils parlaient sans cesse de Poudlard dans son sommeil. C'est là qu'intervient ma demande : j'aimerai que vous gardiez un œil sur Harry.
- Garder un œil sur Potter ? Ce serait plutôt à Ron ou aux jumeaux qu'il faudrait demander ça.
- Les jumeaux sont incapables de se garder eux-mêmes. Quant à Ron, il est trop jeune et il ira probablement aussitôt en parler à Harry. Dumbledore ne veut pas que le garçon soit au courant.
- Mais il doit l'être ! se récria Mérida. C'est de sa sécurité dont il s'agit.
- Je suis bien d'accord avec toi. C'est pourquoi j'essayerai de lui en parler avant qu'il ne parte à Poudlard. Mais Harry a tendance à aller à la rencontre du danger. Il vaudrait mieux pour lui que vous le surveilliez un peu. Je peux compter sur vous ? »
Les deux adolescents hochèrent la tête, faisant sourire le plus âgé.
« - Bien. Et si nous y allions ? Harold, je crois que la cheminée est libre. »
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« - HAROLD ! cria-t-on en bas des escaliers. DESCENDS, TU VEUX. »
Soufflant, l'adolescent s'assura que Krokmou était bien attaché au pied du lit, attrapa son sac et sorti de sa chambre. Trois jours qu'il était revenu à Beurk et il ne rêvait que de retourner en Roumanie. Même les dragons avaient des cris plus mélodieux que Stoick.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Tiens, voilà ma liste de course. Et la clef du coffre.
- Ah, ouais. Il te faut vraiment tout ça ? demanda Harold en parcourant la liste. Qu'est-ce que tu vas faire avec du mascara ?
- C'est pour Mme Jenkins.
- Et le couteau à huîtres ? Tu déteste les huîtres.
- Pour le vieux Gaël.
- Le livre sur les choux ?
- Mildiou.
- Je vois… Je fais les courses pour tous le village, en somme. Après tout, c'est pas comme si le Couloir des Vents ou le Chemin de Traverse n'était pas à deux secondes en cheminée.
- C'est important pour un chef de rendre service aux habitants. Ca sera ton rôle, plus tard.
- Si tu le dis. Bon, j'y vais. Je ne rentrerai probablement pas avant ce soir, donc ne t'inquiète pas trop. Pense à nourrir Krok' à midi. J'ai préparé, c'est dans le frigo.
- Ca va. Je serai chez Gueulfort à partir de 17h, pour la partie de carte. »
Harold hocha la tête, avant de se diriger vers la cheminée. Machinalement, il jeta la poudre de cheminette dans l'âtre et prononça distinctement le nom « Chemin de Traverse ».
Atterrissant au Chaudron Baveur avec un petit quart d'heure d'avance, il s'installa et commanda une bierraubeurre. Tout en sirotant sa boisson, il se prit le temps de réfléchir à sa situation. Surtout à la relation qu'il avait avec son père. Elle n'avait jamais été facile, encore moins depuis qu'il s'était mis à répondre quand le moment l'exigeait, comme quand son paternel avait voulu le retirer de Poudlard. Mais depuis qu'il était revenu de son job d'été, il constatait une chose assez dérangeante : en fait, la relation qu'il partageait avec Stoick la brute n'était plus vraiment celle d'un père et de son fils. Ils étaient plus une sorte de « cohabitants », chacun indiquant à l'autre les moments où il était absent et pourquoi, partageant les repas et les tâches ménagères, mais rien d'autre.
Quand est-ce que leur relation était devenue comme ça ?
Il allait se recommander une deuxième bierraubeurre, quand un de ses rendez-vous pointa le bout de son nez.
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« - Prochain arrêt : le Chemin de Traverse ! »
S'arrachant au spectacle des poteaux et poubelles bondissants hors du passage du Magicobus, Jack se releva tant bien que mal de son siège, prenant bien garde à se tenir aux barres de soutien, histoire ne pas finir les quatre fers en l'air.
« - Tu y retournes encore ! s'exclama Stan Rocade, le nouveau contrôleur du Magicobus. Je vais finir par croire que tu donnes rendez-vous à ta petite-amie au Chaudron Baveur. Et entre nous, c'est pas très romantique.
- Rien de tout ça, juste des potes que je retrouve.
- Si tu le dis, répondit l'autre homme avec un clin d'œil, très, appuyé. Bon, dans une vingtaine de minutes, ça ira ?
- Compte plutôt une grosse demi-heure.
- Bien reçu ! »
Et sur ces mots, il laissa Jack descendre du bus violet.
Entrant dans le pub sorcier, l'Irlandais repéra vite son ami, assis à une table. Plus il s'approchait, plus il pouvait constater qu'Harold avait changé : plus grand, déjà. Plus large et costaud, aussi, même si pas beaucoup. Il restait une crevette, mais une crevette qu'on ne pouvait plus qualifier de « rachitique ». Et apparemment, le soleil de Roumanie lui avait fait plus de bien que la neige de Beurk les années précédentes, au vu de son teint plus foncé.
« - Yo !
- Salut Jack !
- Alors, ces vacances ? »
Le blanc écouta son ami lui raconter ses deux derniers mois, quand les demoiselles du groupe daignèrent enfin faire grâce de leur présence.
« - Enfin ! J'ai cru que j'aillais devoir supporter ses histoires de reptiles pendant une heure !
- Fallait pas poser la question si tu ne voulais pas savoir.
- C'était par politesse !
- Bon, ça suffit vous deux, coupa Raiponce. Vous vous chamaillerez plus tard. On n'aura pas le temps de faire tout ce qu'on a prévu si on traine. »
Pour confirmer les dires de son amie, Mérida attrapa la chope d'Harold, la vida, puis entraina les deux garçons vers la porte de sortie du Chaudron Baveur.
« - Attend une minute, on ne devait pas aller au Chemin de Traverse ? »
- Ah mais c'est prévu, lui répondit la blonde. Mais seulement au soir. Pour le moment, on va te faire découvrir notre nouveau terrain de jeu : le Londres moldu. »
Se retrouvant en plein milieu de Charing Cross Road, les deux filles se tournèrent alors vers Jack, qui tira un plan de sa poche.
« - Alors… Notting Hill est par là, à environ 20 minutes en bus moldu. Mais je me suis arrangé avec Stan, le Magicobus peut nous déposer en deux secondes. Et pour le prix d'un seul billet.
- Ca marche. J'ai jamais pris le Magicobus. Mère trouve ça trop dangereux.
- Ta mère trouve probablement que la pluie est quelque chose de trop dangereux, Raiponce, répondit Mérida.
- Eh bien, elle dit toujours que le meilleur moyen de tomber malade, c'est de sortir par temps de pluie. »
Haussant les épaules, le rousse vérifia que personne ne regardait, sorti sa baguette et la leva en l'air. Moins de quelques secondes plus tard, dans un grand BOUM, le Magicobus était là.
Et effectivement, moins de deux secondes plus tard, ils se retrouvaient six kilomètres plus loin, en plein milieu du Carnaval de Notting Hill(1).
Avec plaisir, Jack se laissa entrainer au milieu des plumes et des danseurs, dans une ambiance digne des fêtes des Caraïbes. La Samba coulait à flot et des dizaines de petits bars avaient éclos un peu partout sur Notting Hill. C'est à un de ces bars qu'il retrouva ses amis, quelques minutes plus tard. Enfin, ses amis moins un.
« - Où est Raiponce ? demanda-t-il à une Mérida qui sirotait sa limonade en papotant avec Harold et un autre jeune homme qui s'était incrusté au passage.
- Elle est partie danser par là-bas.
- Fait faire gaffe à pas la perdre. Sa mère aura ma tête s'il lui arrive quoi que ce soit.
- Je la surveille du coin de l'œil avec Harold.
- Au fait, c'est qui, lui ? demanda Jack en désignant le basané accoudé à la table.
- Je me nomme Joe, répondit ledit basané alors qu'Harold décochait un regard noir à son ami pour son impolitesse. En fait, mon petit frère a invité votre amie à danser donc je les surveille aussi.
- Je vois. Bon, je vais chercher à boire, vous voulez quelque chose ? »
Devant le refus de ses amis, qui avaient encore leurs verres bien remplis, Jack se dirigea vers le bar.
Quand il revint, Raiponce était revenue, essoufflée et ravie, toujours en train de papoter avec son partenaire de danse. Partenaire qui blanchit quand la jeune fille attrapa le verre de Jack, qu'il avait déjà entamé sur le chemin, et en bu une gorgée avant de le rendre au blanc. Apparemment, dans la tête du jeune homme, cela voulait dire que Jack et Raiponce étaient ensemble et qu'il était présentement en train de marcher sur les plates-bandes d'un autre mec. Mec qui s'amusait à avoir l'air le moins aimable possible, histoire de faire flipper le gars en face de lui. On s'amuse comme on peut.
« - Alors, repris Joe, vous venez d'où comme ça ?
- Oh, d'un peu partout, répondit Mérida. Jack vient d'Irlande, Harold d'un bled du Pays de Galles, Raiponce habite près de Canterbury et moi, je vis en Ecosse.
- Ah ouais, quand même. Et vous vous connaissez d'où ?
- On va à la même école, un collège privé. Et comme Harold est parti sur le continent toutes les vacances pour travailler, on a décidé de se retrouver à Londres une journée avant de retourner à l'école.
- Sacré truc, tiens ! Moi qui ne suis jamais sorti de Londres, ça me fait bizarre de me dire que vous venez des quatre coins du Royaume-Uni. Qu'est-ce qu'elle a de spécial, votre école, pour attirer les gens d'aussi loin. Vous êtes les x-mens, c'est ça ? »
Jack resta perplexe devant l'appellation « x-men ». Qu'est-ce que pouvait bien être ce truc ? Heureusement, Raiponce ne se laissa pas décontenancer.
« - Souvent, on y va par tradition familiale. On a aussi des élèves « surdoués » que l'école repère. Mais l'école n'a pas grand-chose de particulier, si ce n'est que ça fait bien sur le CV.
- Une école de bourges, quoi, conclut « le petit frère ».
- Si on veut.
- Et le Carnaval vous plaît ? Ce serait triste d'être venu jusqu'ici sinon.
- Oh oui, j'adore ! Je n'étais jamais venu à une fête pareille, mais c'est génial ! s'exclama la blonde, qui était manifestement dans son élément. D'ailleurs, ça dit quelqu'un de d'aller danser ? »
Malheureusement pour elle, son partenaire ne paraissait plus vouloir, de même que Joe, Mérida, Jack et Harold. Cependant, elle ne laissa pas le choix au dernier, qu'elle entraina de force vers la foule.
Souriant, Jack porta son verre à ses lèvres. La journée ne faisait que commencer, mais elle était réellement prometteuse.
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Une heure plus tard, Harold était à moitié mort. Il fallait dire que Raiponce ne lui avait pas laissé le choix et l'avait entrainé dans la foule durant une bonne demi-heure. Et si ses deux mois en Roumanie l'avaient un peu fortifié, pas au point de résister à un truc pareil. Qu'on se le dise : la samba, c'est épuisant.
Heureusement pour lui, ses amis avaient eu pitié et, après avoir salués Joe et son petit frère, avaient accepté de partir manger dans un fast food. Une fois rassasiés, ils l'avaient emmené dans un endroit de rêve : Portobello Road.
C'était une immense rue colorée qui s'étendait au travers de tout Notting Hill. Une rue remplie de petits magasins et, le samedi, de brocanteurs proposant antiquités, livres et un tas d'autres choses, parfois un peu incongrues. Harold tentait toujours de comprendre l'utilité du gratte-dos de 2m50 qu'avait essayé de lui vendre un vieil homme quelques minutes auparavant.
Alors qu'il fouinait à droite à gauche, espérant trouver son bonheur, grâce à l'argent moldu que Raiponce lui avait gracieusement prêté, avant qu'ils ne partent vers Hyde Park pour la fin de l'après-midi, le jeune homme se retrouva face à un étrange étal complètement couverts d'objets sculptés en forme d'ours.
Il venait de se saisir d'un étrange objet qui ressemblait à ces oiseaux de bois qui trempaient éternellement leur bec dans l'eau, mais en mode « ours », quand une ombre surgit derrière lui.
« - Cet objet vous intéresse ? Je fais de très bon prix !
- Bon prix ! Bon prix ! croassa le corbeau sur son épaule. »
Parvenant tant bien que mal à récupérer un rythme cardiaque normal, le Gallois inspecta son interlocuteur : une vieille femme voutée par le poids des ans, portant une longue robe et enroulée dans un châle d'un vert passé. Ses, grandes, oreilles étaient ornées de boucles d'oreilles dépareillées et ses cheveux emmêlés étaient ramené vers l'arrière. Elle possédait aussi un nez crochu et quelques dents manquaient à l'appel dans sa bouche. Un corbeau noir et ébouriffé complétait le tableau. En gros, elle aurait été parfaite pour un rôle de sorcière dans une pièce de théâtre.
« - Je regarde juste.
- Vous allez me dire que vous n'êtes pas charmé par cette magnifique gravure ? demanda-t-elle en tendant à Harold une plaque de bois où dansaient trois ours en bas-relief.
- Euh… Pas vraiment.
- Un client difficile… Que diriez-vous de ce beau porte-couteau ?
- C'est… Assez malsain, déclara le jeune homme en inspectant la statue garnie d'encoches au niveau du dos, comme si on avait effectivement planté des couteaux dedans au lieu de creuser les emplacements.
- Y en a qui aiment, répondit la femme en haussant les épaules. Et ce pendentif ? » continua-t-elle en montrant un présentoir.
Se penchant vers les colliers, le Gallois constata que ces derniers n'étaient pas si laids, décorés de motifs celtiques et, évidemment, d'ours. Mais son regard accrocha vers un pendentif qui était un peu caché par les autres. Contrairement aux autres, il était relativement sobre, ne comportant que trois ours d'entrelasques(2). Et il était étrangement attirant.
« - Celui-là, vous le faites à combien ?
- Ce… Ce collier-là ? Vous êtes sûr ? Ce n'est pas mal plus belle pièce. Et il vous irait mal.
- Ce n'est pas pour moi, c'est un cadeau. Je pense qu'elle préfèrera celui-là.
- Ooooh, roucoula la dame. C'est pour votre aimée ?
- Juste une amie chère. Alors, combien ce collier.
- Cinq livres. Mais si c'est pour votre amoureuse, je vous le fais à deux. Et si vous l'offrez à la bonne personne, vous aurez une jolie surprise, croyez-moi.
- Ce n'est pas mon amoureuse. Mais si vous y tenez. Voilà vos deux livres.
- Excellent ! Vous ne le regretterez pas ! Si vous repassez par Portobello Road la semaine prochaine, il y aura une réduction sur les planches à fromages. Pensez-y, ça fait toujours plaisir, une bonne planche à fromage ! Je vous l'emballe ?
- Si vous voulez bien.
- Et voilà ! dit la vendeuse en tendant à Harold un paquet d'un beau vert bouteille, qu'il mit aussitôt dans sa sacoche. Bonne journée.
- A vous… aussi ? » répondit le jeune homme en relevant la tête vers un emplacement soudainement vide.
La disparition de la vieille femme perturba Harold le reste de l'après-midi, même s'il passa un excellent moment à Hyde Park et sur le Chemin de Traverse, histoire de quand même acheter ses fournitures.
Pourquoi diable avait-elle disparu comme ça ? COMMENT avait-elle fait pour disparaître ?
« - Par pitié, souffla-t-il en se laissant tomber sur son lit, quelques heures plus tard. J'ai déjà donné avec les femmes bizarres. »
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« - Et tu fais bien attention à toi.
- Oui Mère.
- Tu n'oublies pas de m'appeler avec le miroir régulièrement.
- Oui Mère.
- Je t'aime ma chérie.
- Moi encore plus.
- Et moi bien plus que cela, finit Gothel en serrant sa fille contre elle.
- Je dois y aller, Mère, dit Raiponce à moitié étouffée dans la poitrine de la plus âgée.
- Dire que je ne t'ai pas vue depuis deux semaines et tu veux déjà t'en aller…
- Le train va partir sans moi si je traine encore. Je vous parle ce soir.
- J'y compte bien. »
Souriant une dernière fois à sa mère, la jeune fille empoigna sa valise et monta dans le train, partant à la recherche de ses amis. Elle savait que Mérida arriverait pile à l'heure, comme toujours, mais les garçons gardaient normalement une cabine.
Se baladant dans les wagons, elle sentit la tension ambiante aussi fort que si elle avait été solide. La population était inquiète face à l'évasion de Black, surtout qu'on ne l'avait toujours pas rattrapé et qu'à chaque fois qu'il se faisait repérer, il semblait se rapprocher de l'Ecosse.
Les rumeurs disaient que le Ministère avait même détaché des gardiens de la prison d'Azkaban pour protéger Poudlard. Elle n'avait jamais eu affaire à eux, mais rien qu'à leur réputation, Raiponce n'avait vraiment pas envie de les rencontrer.
Au bout d'une dizaine de minutes d'errances, la jeune fille trouva ses amis. Elle avait probablement un peu trop trainé en route, vu que même Mérida était arrivée avant elle.
« - Enfin ! On a cru que tu t'étais perdue.
- Je crois que je suis montré dans le train à l'opposé de cette cabine, avec ma chance habituelle. »
Ils l'aidèrent à mettre sa malle dans le filet, puis elle s'installa sur la vieille banquette du Poudlard Express. Vu qu'Harold était plongé dans un roman acheté à Portobello Road, écrit par un certain « Jules Vernes ». Elle ne savait pas ce que ça racontait, mais ça avait l'air passionnant.
Jack, lui, venait de partir à la recherche de Marius et Andréa, même si c'était un peu à reculons. Apparemment, il y avait de l'eau dans le gaz entre la jeune fille et lui. Espérons que Marius limiterait les dégâts.
Avant que son amie restante ne s'endorme, Raiponce se dépêcha donc de lui proposer une partie d'échecs, histoire de s'occuper un peu.
Plusieurs heures plus tard, alors que les deux filles avaient depuis longtemps arrêté de jouer, le train se mit à ralentir.
« - On est déjà arrivé ? demanda Harold en fronçant les sourcils.
- Il doit rester encore au moins une heure de voyage, répondit la blonde en consultant sa montre. C'est étrange. »
Le train continua à ralentir jusqu'à s'arrêter d'une manière plutôt brusque. Au même moment, les lampes s'éteignirent toutes ensemble, plongeant le wagon dans le noir, le soleil étant entièrement caché par les nuages.
« - Aïe ! s'exclama soudain Mérida.
- Désolé, s'excusa Jack.
- Mais qu'est-ce que tu fais ?
- J'essaie de voir ce qu'il se passe dehors. Je n'ai jamais entendu que le Poudlard Express s'arrêtait ainsi au milieu du chemin. »
Raiponce comprenait son étonnement. Qu'est-ce qui pouvait bien justifier une chose pareille ? Ce n'était pas comme si il y avait des gares où s'arrêter entre Londres et Pré-au-Lard. Perdue dans ses pensées, elle remarqua tout de même du coin de l'œil les fleurs de givre qui commençaient à couvrir la fenêtre. Des fleurs de givre en plein été ?
« - Jack, arrête ça.
- Arrêter quoi ?
- Le givre sur la fenêtre.
- J'ai rien fait !
- Tu m'expliques comment c'est possible, alors ? Il fait une bonne quinzaine de degrés, dehors !
- Eh bien je sais pas. Mais ce n'est pas ma faute à chaque fois qu'il gèle quelque part.
- On va dire dans 99 pourcents des cas, alors », lança Mérida.
Les deux amis commencèrent à se chamailler, mais Raiponce ne se préoccupa pas, se concentrant sur Harold.
« - Tu le sens aussi ? demanda-t-elle.
- Faiblement. Comme si quelque chose d'immonde approchait. Et toi ?
- C'est juste dérangeant. Mon don réagit, mais ce n'est pas comme quand il me soigne. Là, j'ai juste l'impression que toute ma magie veut sortir et se battre. »
Les quatre adolescents restèrent dans la cabine cinq-six minutes supplémentaires, bercés par les piques que se lançaient Jack et Mérida, quand l'atmosphère s'alourdit soudain.
Raiponce avait de plus en plus l'impression que ses cheveux allaient se dresser et attaquer tout ce qui passerait la porte. Et quand elle vit ce qui tentait d'ouvrir, elle eut bien envie de les laisser faire.
Une main décharnée, recouverte de croûtes, ouvrait lentement la porte, dévoilant une grande silhouette enveloppée d'étoffes d'un noir profonds déchirées. Les lambeaux de ces vêtements flottaient dans un vent invisible et laissaient voir l'absence de pieds de ce qui les portait, la créature flottant à plusieurs centimètres du sol.
La chose avait la tête recouverte d'une cagoule et pour rien au monde, Raiponce n'aurait voulu qu'elle la retire. La créature s'avança un peu plus et la jeune fille vit la couleur déserter les visages de ses amis, alors qu'elle-même se sentait de moins en moins bien. Elle avait l'impression que toute sa joie de vivre était peu à peu aspirée hors d'elle, comme si le soleil n'allait plus jamais se lever.
Au loin, elle entendait une voix. Celle-ci se rapprocha peu à peu, jusqu'à former des mots.
« - Tu…Tu es un genre de démon, c'est ça ? Comme ceux dont parles la Bible ? Je savais bien que c'était trop beau pour être normal…
- Quoi ? NON ! Je ne suis pas un démon, j'ai juste des cheveux magiques qui s'illuminent quand je chante.
- Tu ne m'auras pas, monstre »
Flynn. C'était la voix de Flynn. Quand il l'avait abandonné. Quand il avait eu peur d'elle.
Alors que le désespoir s'apparaît peu à peu d'elle, elle lâcha la bride de son don et ses cheveux se mirent soudainement à briller de plus en plus fort, miroitant de magie.
La créature cessa d'avancer et tenta de se protéger avec ses bras cadavérique, tandis que son corps tout entier commençait à fumer
Bien plus vite qu'elle n'était entrée, la chose s'enfuit, ne laissant qu'une porte ouverte et un malaise bien présent.
« - Qu'est-ce que c'était que cette chose ? haleta Raiponce.
- Un détraqueur, répondit Mérida, l'experte en créatures magiques. Un gardien d'Azkaban. Ils aspirent le bonheur et les souvenirs heureux, faisant remonter les pires moments de notre vie.
- Et qu'est-ce qu'ils foutent ici ? demanda Harold, qui semblait être le moins affecté des quatre.
- Ils cherchent probablement Black. Le Ministère veut montrer qu'il agit. Mais c'est idiot : Black n'aurait jamais pu monter dans le train. Même les parents ne peuvent pas monter. Seuls ceux qui ont un billet enregistré à leur nom dans les protections le peuvent. »
Le silence reprit ses droits sur la cabine. Ce qui permit à Raiponce de remarquer que Jack était celui qui avait apparemment le plus mal vécu la visite du détraqueur.
« - Jack ? appela-t-elle. Ça va ?
- J'ai froid.
- Tu as… Froid ?
- J'avais jamais eu froid. Les Frost n'ont pas froid. Comment on arrête ça ? Je ne veux pas avoir froid. »
Voyant que son ami était réellement perturbé, elle entreprit de le réchauffer du mieux qu'elle pouvait.
« - On va s'en occuper, dit Mérida. Toi, va jusqu'au wagon de tête et ramène du chocolat. Tu ne devrais pas risquer grand-chose avec tes cheveux, même si je ne suis pas sûre de comprendre pourquoi.
- Du chocolat ?
- Oui. N'importe lequel. Le livre disait que ça aidait à se remettre. Prends-en pas mal, je crois qu'il va en avoir besoin. »
Sortant de la cabine, Raiponce se dit que cette année commençait définitivement sur les chapeaux de roues…
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Jetant un coup d'œil au panneau, il constata qu'il n'était plus qu'à une quinzaine de kilomètres de Scarborough. S'il continuait à cette allure, il attendrait sa destination d'ici un mois. Le temps de se remettre et pour fin octobre, il pourrait exercer sa revanche.
Enfin.
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(1) Vous allez trouver ça étonnant, mais en faisant mes recherches sur Notting Hill, j'ai découvert qu'il y avait un Carnaval la veille du dernier lundi d'Aout (qui n'est pas toujours le dernier dimanche). C'était pas prévu mais j'ai trouvé ça super chouette. Seulement, je voulais aussi que nos héros aillent à un autre endroit, qui n'est ouvert que le samedi. Donc, on va dire que dans la fic, le Carnaval se déroule du samedi au lundi ^^
(2) L'entrelasque consiste à créer des êtres déformés mais souvent reconnaissables à partir de lignes emmêlées les unes aux autres. C'est typique de l'art celte. On peut faire des trucs magnifiques, avec ça. Vous trouverez facilement en cherchant sur le net.
Ce chapitre a un découpage particulier, je sais. Mais il a changé de tête au milieu quand je me suis rendu compte que j'avais commencé la partie de Jack avec Harold mais que je l'aimais bien donc je l'ai laissé. Puis la sortie dans Londres à prit plus de temps et d'autres morceaux sont passés dans le chapitre suivant… Bref, vous voyez le topo ^^
Et je ne sais pas vous, mais j'adore les détraqueurs. Si je devais féliciter Rowling pour UNE invention, ça serait celle-là. Et le troisième film leur a fait une transposition merveilleuse, avec leur apparence, mais aussi en leur rajoutant ce pouvoir d'absorber jusqu'à la vie (notamment avec la scène où ils arrivent à Poudlard et que l'on voit les fleurs se geler sous la main du détraqueur, scène tout simplement magnifique.)
Je suis très content de ce chapitre. La partie de Mérida n'est pas vraiment au top, mais elle se défend. Je suis tout particulièrement fier de la partie de Raiponce.
A dans deux semaines !
